{"id":965,"date":"2021-03-06T17:55:36","date_gmt":"2021-03-06T17:55:36","guid":{"rendered":"http:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/?page_id=965"},"modified":"2022-02-22T11:35:59","modified_gmt":"2022-02-22T11:35:59","slug":"chapitre-10","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/la-bataille-darmaguedon\/chapitre-10\/","title":{"rendered":"Chapitre 10"},"content":{"rendered":"<p>(P 469)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">ETUDE, X<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">REMEDES PROPOSES \u2014 SOCIAUX ET FINANCIERS<\/p>\n<p>Prohibition (de l&#8217;alcool) et suffrage f\u00e9minin. \u2014 Remon\u00e9tisation de l&#8217;argent et tarifs douaniers protecteurs. \u00ad\u00ab Communisme \u00bb. \u2014 \u00ab Ils avaient toutes choses communes \u00bb. \u2014 \u00ab Anarchisme \u00bb. \u2014 \u00ab Socialisme \u00bb ou \u00ab collectivisme \u00bb. \u2014 Babbitt sur l&#8217;\u00e9dification sociale. \u00adHerbert Spencer sur le socialisme. \u2014 Exemples de deux communaut\u00e9s socialistes. \u2014 \u00ab Nationalisme \u00bb. \u2014 L&#8217;instruction technique g\u00e9n\u00e9rale comme rem\u00e8de. \u2014 L&#8217; \u00ab imp\u00f4t foncier \u00bb comme rem\u00e8de. \u2014 La r\u00e9ponse de Henry George au pape L\u00e9on XIII au sujet du Travail. \u2014 Le Dr Lyman Abbott sur la situation. \u2014 Suggestions d&#8217;un \u00e9v\u00eaque m\u00e9thodiste \u00e9piscopal. \u2014 D&#8217;autres esp\u00e9rances et d&#8217;autres craintes. \u2014 La seule esp\u00e9rance. \u2014 \u00ab Cette esp\u00e9rance b\u00e9nie \u00bb. \u2014 L&#8217;attitude convenable pour le peuple de Dieu qui voit ces choses. \u2014 Etant dans le monde, mais non du monde.<\/p>\n<p>\u00ab N&#8217;y a-t-il point de baume en Galaad? N&#8217;y a-t-il point l\u00e0 de m\u00e9decin ? \u00bb \u00ab Nous avons trait\u00e9 Babylone, mais elle n&#8217;est pas gu\u00e9rie ; abandonnons-la, et allons-nous-en chacun dans son pays ; car son jugement, atteint aux cieux \u00bb. \u2014 J\u00e9r. 8 : 22 ; 51 : 7-9.<\/p>\n<p>DIVERS sont les rem\u00e8des pr\u00e9conis\u00e9s comme panac\u00e9es afin de soulager la cr\u00e9ation g\u00e9missante dans sa condition actuelle, reconnue comme \u00e9tant grave. Tous ceux qui \u00e9prouvent de la sympathie pour le \u00ab corps politique \u00bb souffrant, doivent \u00e9galement en \u00e9prouver pour les efforts faits par ses divers docteurs lesquels, ayant diagnostiqu\u00e9 la maladie, sont, chacun de leur c\u00f4t\u00e9, d\u00e9sireux que le malade essaie leur ordonnance. Les tentatives pour trouver un rem\u00e8de et pour l&#8217;appliquer sont certainement louables, et tous les c\u0153urs charitables savent les appr\u00e9cier. N\u00e9anmoins, un jugement sain, \u00e9clair\u00e9 par la Parole de Dieu, nous montre qu&#8217;aucun des rem\u00e8des pr\u00e9conis\u00e9s ne gu\u00e9rira la maladie. La pr\u00e9sence et les services du Grand M\u00e9decin avec ses rem\u00e8des, ses m\u00e9dicaments,<\/p>\n<p>(P 470) ses \u00e9clisses, ses bandages, ses camisoles de force et ses lancettes seront n\u00e9cessaires. Seul, un emploi \u00e9clair\u00e9 et pers\u00e9v\u00e9rant de ceux-ci apportera une gu\u00e9rison de la maladie de la d\u00e9pravation et de l&#8217;\u00e9go\u00efsme humains. Toutefois, examinons bri\u00e8vement les prescriptions d&#8217;autres docteurs ; nous pourrons ainsi remarquer jusqu&#8217;\u00e0 quel point certaines d&#8217;entre elles se rapprochent de la sagesse de Dieu, et pourtant, combien toutes en manquent. Nous ne ferons pas cela par amour de la controverse, mais pour que chacun puisse voir clairement de quel seul et unique c\u00f4t\u00e9 on peut attendre le secours esp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>LA PROHIBITION DE L&#8217;ALCOOL<\/p>\n<p>ET LE SUFFRAGE F\u00c9MININ PROPOS\u00c9S COMME REM\u00c8DES<\/p>\n<p>Ces deux rem\u00e8des sont g\u00e9n\u00e9ralement propos\u00e9s ensemble, car il est certain que la prohibition de l&#8217;alcool n&#8217;obtiendra jamais la majorit\u00e9 des suffrages si les femmes n&#8217;ont pas le droit de vote ; m\u00eame alors, on ne peut \u00eatre certain d&#8217;obtenir la majorit\u00e9. Ceux qui pr\u00e9conisent ce rem\u00e8de montrent des statistiques pour prouver que l&#8217;agitation et la pauvret\u00e9 dans la chr\u00e9tient\u00e9 sont dues en grande partie au commerce de l&#8217;alcool, et ils affirment que si ce trafic \u00e9tait aboli, la paix et l&#8217;abondance seraient la r\u00e8gle et non l&#8217;exception.<\/p>\n<p>Nous partageons de tout c\u0153ur la plupart des d\u00e9clarations qui sont faites \u00e0 ce sujet : l&#8217;ivrognerie est certainement l&#8217;un des fruits les plus pernicieux de la civilisation ; elle s&#8217;\u00e9tend rapidement aux semi-civilis\u00e9s et aux barbares. Nous nous r\u00e9jouirions de la voir abolie maintenant et \u00e0 jamais. Nous voulons bien admettre \u00e9galement que son abolition d\u00e9livrerait beaucoup de gens de la pauvret\u00e9 dont ils souffrent aujourd&#8217;hui, et que l&#8217;ivrognerie co\u00fbte chaque ann\u00e9e, des centaines de millions de dollars qui sont ainsi gaspill\u00e9s. Pourtant, ce n&#8217;est pas l\u00e0 le rem\u00e8de pour gu\u00e9rir les maux qui proviennent des conditions sociales actuelles, \u00e9go\u00efstes, ni pour affronter et esquiver l&#8217;\u00e9crasante pression de la Loi de l&#8217;offre et de la demande, laquelle progresserait aussi inexorablement que jamais, pressurant le sang vital des masses populaires.<\/p>\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, qui gaspille cet argent en boissons alcooliques par millions de dollars chaque ann\u00e9e ? Les tr\u00e8s pauvres ? Oh non ! Ce sont les riches ! Les<\/p>\n<p>(P 471) riches surtout, et en second lieu la classe moyenne. Si, demain le commerce de l&#8217;alcool \u00e9tait aboli, le r\u00e9sultat concernant le soulagement des tr\u00e8s pauvres de la pression financi\u00e8re, serait exactement le contraire. Des milliers de fermiers qui produisent maintenant les millions de bushels d&#8217;orge, de seigle, de raisin et de houblon employ\u00e9s dans la fabrication des boissons alcooliques, seraient oblig\u00e9s de cultiver d&#8217;autres produits, et par suite, de d\u00e9pr\u00e9cier davantage les produits de la ferme en g\u00e9n\u00e9ral. L&#8217;immense arm\u00e9e des dizaines de milliers de distillateurs, de tonneliers, de tonneliers-cavistes, de verriers, de charretiers, de cabaretiers et de barmans, qui travaillent dans ce commerce ou en vivent, seraient forc\u00e9s de trouver un autre emploi, accableraient davantage encore le march\u00e9 du travail, et par cons\u00e9quent, l&#8217;\u00e9chelle des salaires journaliers. Les millions et millions de capitaux, actuellement investis dans ce commerce,, iraient vers d&#8217;autres branches et pousseraient \u00e0 la concurrence commerciale.<\/p>\n<p>Tout cela ne doit pas nous emp\u00eacher de d\u00e9sirer la suppression de la mal\u00e9diction, s&#8217;il \u00e9tait possible d&#8217;obtenir une majorit\u00e9 pour y parvenir. Mais on ne trouvera jamais une majorit\u00e9 (sauf dans des localit\u00e9s exceptionnelles). La majorit\u00e9 se compose d&#8217;esclaves de cette passion et des gens qui s&#8217;y int\u00e9ressent financi\u00e8rement, soit directement, soit indirectement. La prohibition ne sera pas pleinement \u00e9tablie avant l&#8217;institution du Royaume de Dieu. Nous signalons simplement ici que si m\u00eame on parvenait \u00e0 lever cette mal\u00e9diction de l&#8217;alcool, cela ne gu\u00e9rirait pas ) la maladie sociale et financi\u00e8re.<\/p>\n<p>LA REMON\u00c9TISATION DE ,L&#8217;ARGENT<\/p>\n<p>ET LE TARIF DOUANIER PROTECTEUR COMME REM\u00c8DES<\/p>\n<p>Nous conc\u00e9dons franchement que la d\u00e9mon\u00e9tisation de l&#8217;argent op\u00e9r\u00e9e par la chr\u00e9tient\u00e9 fut un coup de ma\u00eetre de la politique \u00e9go\u00efste de la part des pr\u00eateurs en vue de diminuer le volume de l&#8217;\u00e9talon-argent et ainsi d&#8217;augmenter la valeur de leurs pr\u00eats, de permettre le maintien des taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat \u00e9lev\u00e9s sur ces dettes \u00e0 cause de la diminution de la monnaie l\u00e9gale, tandis que tous les autres investissements commerciaux, aussi bien que la main-d&#8217;oeuvre, souffrent<\/p>\n<p>(P 472) une d\u00e9pr\u00e9ciation constante comme r\u00e9sultats de l&#8217;augmentation croissante de la production et de la concurrence. Beaucoup de banquiers et de pr\u00eateurs sont des hommes \u00ab honn\u00eates \u00bb selon le niveau l\u00e9gal de l&#8217;honn\u00eatet\u00e9, mais h\u00e9las ! le niveau de certains est trop bas. Il fait dire : nous, banquiers et pr\u00eateurs, prenons garde \u00e0 nos int\u00e9r\u00eats et laissons les fermiers, moins sagaces, prendre garde aux leurs. Trompons les plus pauvres et les moins sagaces en appelant l&#8217;or \u00ab la monnaie honn\u00eate \u00bb, et l&#8217;argent, la \u00ab monnaie malhonn\u00eate \u00bb. Nombreux sont les pauvres qui d\u00e9sirent \u00eatre honn\u00eates ; on peut ainsi les traiter avec d\u00e9dain et, par la flatterie leur faire soutenir nos plans qui, pourtant, seront durs pour les \u00ab moissonneurs \u00bb. Sous l&#8217;influence de notre appellation de la \u00ab monnaie honn\u00eate \u00bb, de notre prestige comme hommes honorables, de notre position sociale comme financiers et comme riches, ils concluront que toutes opinions contraires aux n\u00f4tres doivent \u00eatre fausses ; ils oublieront que la monnaie d&#8217;argent a \u00e9t\u00e9\u2022 l&#8217;\u00e9talon mon\u00e9taire du monde d\u00e8s l&#8217;histoire ancienne, et que l&#8217;or, comme des pierres pr\u00e9cieuses, fut d&#8217;abord une marchandise jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;il f\u00fbt ajout\u00e9 \u00e0 l&#8217;argent pour satisfaire la demande croissante de monnaie en quantit\u00e9 suffisante pour faire les transactions du monde. Le taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat baisse dans nos centres mon\u00e9taires ; \u00e0 quel point ne tomberait-il pas si tout l&#8217;argent \u00e9tait monnay\u00e9 et que la monnaie serait ainsi plus abondante ! Notre prochaine \u00e9tape doit \u00eatre de retirer toute la monnaie de papier et ainsi de relever le taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Sous la loi de l&#8217;offre et de la demande, chaque emprunteur a int\u00e9r\u00eat \u00e0 avoir beaucoup d&#8217;argent en esp\u00e8ces : argent, or et papier ; sous la m\u00eame loi, chaque banquier, chaque pr\u00eateur a int\u00e9r\u00eat \u00e0 supprimer le papier-monnaie et \u00e0 discr\u00e9diter l&#8217;argent ; moins il y a d&#8217;argent liquide de nature \u00e0 r\u00e9gler une dette, plus ce peu de num\u00e9raire est recherch\u00e9. En cons\u00e9quence, alors que la valeur du travail et celle du commerce sont en train de baisser, l&#8217;argent en esp\u00e8ces est recherch\u00e9 et le taux de l&#8217;int\u00e9r\u00eat se maintient presque \u00e0 son niveau.<\/p>\n<p>Ainsi que nous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9, la proph\u00e9tie semble indiquer que l&#8217;argent ne sera pas r\u00e9tabli \u00e0 \u00e9galit\u00e9 de privil\u00e8ges avec l&#8217;or comme \u00e9talon mon\u00e9taire dans le monde civilis\u00e9. Mais il est<\/p>\n<p>(P 473) manifeste que, m\u00eame s&#8217;il \u00e9tait compl\u00e8tement r\u00e9tabli, son secours ne serait que temporaire : il supprimerait le stimulant particulier qui est donn\u00e9 \u00e0 pr\u00e9sent aux industriels du Japon, de l&#8217;Inde, de la Chine et du Mexique ; il soulagerait l&#8217;\u00e9l\u00e9ment agricole de la chr\u00e9tient\u00e9, et ainsi ferait dispara\u00eetre en partie la pression actuelle sous laquelle chacun travaille \u00ab pour joindre les deux bouts \u00bb, et de cette mani\u00e8re pourrait-il remettre l\u00e0 d\u00e9b\u00e2cle \u00e0 plus tard. Apparemment pourtant, Dieu ne d\u00e9sire pas retarder ainsi le \u00ab jour mauvais \u00bb ; c&#8217;est pourquoi l&#8217;\u00e9go\u00efsme humain, aveugle \u00e0 toute raison, dominera et provoquera la ruine le plus rapidement ; ainsi qu&#8217;il est \u00e9crit, \u00ab la sagesse de leurs sages p\u00e9rira \u00bb, et \u00ab ni leur argent ni leur or ne pourront les d\u00e9livrer au jour de la fureur de l&#8217;\u00c9ternel \u2014 Soph. 1 : 18 ; Ez\u00e9ch. 7 : 19 ; Esa\u00efe 14 : 4-7 (marge); 29 : 14.<\/p>\n<p>La protection, estim\u00e9e avec sagesse afin d&#8217;\u00e9viter la cr\u00e9ation de monopoles et de d\u00e9velopper toutes les ressources naturelles d&#8217;un pays, pr\u00e9sente sans aucun doute un certain avantage pour emp\u00eacher le nivellement rapide de la main-d\u2019\u0153uvre dans le monde entier. Cependant, sa limite extr\u00eame, ce n&#8217;est qu&#8217;un plan inclin\u00e9 sur lequel le salaire descendra vers le niveau le plus bas au lieu de passer au-dessus du pr\u00e9cipice gr\u00e2ce \u00e0 une violente secousse. T\u00f4t ou tard, sous le syst\u00e8me de concurrence qui pr\u00e9vaut actuellement, les marchandises aussi bien que les salaires seront presque amen\u00e9s de force \u00e0 un niveau commun dans le monde entier.<\/p>\n<p>Ni la \u00ab remon\u00e9tisation de l&#8217;argent \u00bb, ni le tarif douanier protecteur ne peuvent donc pr\u00e9tendre \u00eatre des rem\u00e8des aux maux actuels et aux maux imminents, mais ne sont que de simples palliatifs.<\/p>\n<p>LE COMMUNISME COMME REM\u00c8DE<\/p>\n<p>Le communisme propose un syst\u00e8me social o\u00f9 tous les biens seraient en commun, o\u00f9 toute propri\u00e9t\u00e9 serait poss\u00e9d\u00e9e en commun et exploit\u00e9e dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, et tous les profits du travail de tous consacr\u00e9s au bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral, \u00ab \u00e0 chacun selon ses besoins \u00bb. La tendance du<\/p>\n<p>(P 474) communisme fut illustr\u00e9e par la Commune fran\u00e7aise. Le R\u00e9v. Joseph Cook en donne la d\u00e9finition suivante : \u00ab Le Communisme signifie l&#8217;abolition de l&#8217;h\u00e9ritage, l&#8217;abolition de la famille, l&#8217;abolition des nationalit\u00e9s, l&#8217;abolition de la religion, l&#8217;abolition de la propri\u00e9t\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Il y a certains aspects du communisme que nous pourrions recommander (voir socialisme), mais dans son ensemble, il est tout \u00e0 fait impraticable. Un tel arrangement conviendrait probablement tr\u00e8s bien pour le ciel o\u00f9 tous sont parfaits, purs et bons, et o\u00f9 l&#8217;amour r\u00e8gne, mais un peu de r\u00e9flexion devrait prouver aux hommes de jugement et d&#8217;exp\u00e9rience que, dans la condition actuelle du c\u0153ur humain, un tel plan est compl\u00e8tement impraticable. Le r\u00e9sultat serait de faire de tous, des paresseux. Nous aurions bient\u00f4t une comp\u00e9tition pour qui ferait le moins de travail et le plus mauvais travail, et la soci\u00e9t\u00e9 tomberait bient\u00f4t dans la barbarie et l&#8217;immoralit\u00e9, pour aboutir \u00e0 l&#8217;extinction rapide de la race.<\/p>\n<p>Cependant, certains s&#8217;imaginent que la Bible enseigne le Communisme, et qu&#8217;en cons\u00e9quence, ce doit \u00eatre le v\u00e9ritable rem\u00e8de, le rem\u00e8de donn\u00e9 par Dieu. Pour beaucoup, c&#8217;est l\u00e0 le plus fort argument en sa faveur. La supposition qu&#8217;il fut institu\u00e9 par notre Seigneur et les Ap\u00f4tres et qu&#8217;il aurait d\u00fb continuer \u00e0 \u00eatre appliqu\u00e9 par les chr\u00e9tiens comme leur r\u00e8gle et leur pratique, est tr\u00e8s r\u00e9pandue. En cons\u00e9quence, sur ce point du sujet, nous pr\u00e9sentons ci-dessous un article tir\u00e9 de notre propre revue p\u00e9riodique, The Watch Tower :<\/p>\n<p>ILS AVAIENT TOUTES CHOSES COMMUNES \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Et tous les croyants \u00e9taient en un m\u00eame lieu, et ils avaient toutes choses communes ; et ils vendaient leurs possessions et leurs biens, et les distribuaient \u00e0 tous, selon que quelqu&#8217;un pouvait en avoir besoin. Et tous les jours ils pers\u00e9v\u00e9raient d&#8217;un commun accord dans le temple ; et, rompant le pain dans leurs maisons, ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicit\u00e9 de c\u0153ur, louant Dieu, et ayant la faveur de tout le peuple. \u00bb \u2014 Actes 2 : 44-47.<\/p>\n<p>Tel \u00e9tait le sentiment g\u00e9n\u00e9reux de l&#8217;Eglise primitive : l&#8217;\u00e9go\u00efsme faisait place \u00e0 l&#8217;amour et \u00e0 l&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Exp\u00e9rience b\u00e9nie ! Et sans aucun doute, un sentiment semblable, plus ou moins clairement d\u00e9fini, vient au c\u0153ur de tout<\/p>\n<p>(P 475) v\u00e9ritable converti. Lorsque, pour la premi\u00e8re fois, nous e\u00fbmes une id\u00e9e nette de l&#8217;amour et du salut de Dieu, lorsque nous nous donn\u00e2mes compl\u00e8tement \u00e0 l&#8217;Eternel et que nous discern\u00e2mes tous les dons qu&#8217;il nous fait non seulement pour cette vie pr\u00e9sente, mais \u00e9galement pour celle qui est \u00e0 venir, nous \u00e9prouv\u00e2mes une joie exub\u00e9rante qui voyait en chaque co-p\u00e8lerin, en route vers le. Canaan c\u00e9leste, un fr\u00e8re ou une s\u0153ur en qui nous avions confiance parce qu&#8217;il (ou elle) \u00e9tait apparent\u00e9 (e) au Seigneur et ayant son esprit ; nous \u00e9tions dispos\u00e9s \u00e0 agir avec eux tous, comme nous l&#8217;aurions fait avec le Seigneur, et \u00e0 partager notre tout avec eux comme nous l&#8217;aurions fait avec notre R\u00e9dempteur. En bien des cas, c&#8217;est par un coup rude que nous pr\u00eemes conscience du fait que ni nous-m\u00eames, ni les autres ne sont parfaits dans la chair que quelle que soit la mesure de l&#8217;esprit du Ma\u00eetre que ses disciples peuvent poss\u00e9der maintenant, ils \u00ab ont ce tr\u00e9sor dans des vases terrestres \u00bb de fragilit\u00e9 &#8216;et de d\u00e9fectuosit\u00e9 humaines.<\/p>\n<p>Alors nous appr\u00eemes non seulement que l&#8217;on doit tenir compte des faiblesses de la chair d&#8217;autrui, mais que nous devons veiller \u00e0 cause de nos propres faiblesses de la chair. Nous trouv\u00e2mes que si tous participent \u00e0 la chute d&#8217;Adam, tous ne sont pas d\u00e9chus au m\u00eame degr\u00e9, ni exactement sur les m\u00eames points. Tous sont d\u00e9chus de l&#8217;image et de l&#8217;esprit d&#8217;amour de Dieu et ont l&#8217;image et l&#8217;esprit d&#8217;\u00e9go\u00efsme de Satan ; de m\u00eame que l&#8217;amour agit diversement, ainsi agit l&#8217;\u00e9go\u00efsme. C&#8217;est pourquoi chez l&#8217;un l&#8217;\u00e9go\u00efsme a produit le d\u00e9sir du bien-\u00eatre, de la paresse, de l&#8217;indolence ; chez l&#8217;autre, l&#8217;\u00e9nergie, l&#8217;activit\u00e9 pour obtenir les plaisirs de cette vie, pour assouvir ses propres d\u00e9sirs, etc.<\/p>\n<p>Parmi ceux qui sont actifs dans leur \u00e9go\u00efsme, certains trouvent leur satisfaction personnelle \u00e0 amasser une fortune pour qu&#8217;on dise d&#8217;eux : ils sont riches ; d&#8217;autres satisfont leur \u00e9go\u00efsme en recherchant les honneurs des hommes ; d&#8217;autres, dans la toilette, d&#8217;autres dans les voyages, d&#8217;autres dans la d\u00e9bauche et dans les formes les plus viles de l&#8217;\u00e9go\u00efsme.<\/p>\n<p>Quiconque est engendr\u00e9 \u00e0 la nouvelle vie en Christ, ayant son nouvel esprit d&#8217;amour, trouve un conflit naissant, des luttes int\u00e9rieures et ext\u00e9rieures, car le nouvel esprit combat toute forme d&#8217;\u00e9go\u00efsme ou de d\u00e9pravation qui jusqu&#8217;ici nous dominait. L&#8217; \u00ab esprit de Christ \u00bb [\u00ab mind \u00bb], dont les principes sont la justice et l&#8217;amour, s&#8217;affirme et rappelle \u00e0 la volont\u00e9 qu&#8217;elle doit \u00eatre fid\u00e8le \u00e0 ce changement qu&#8217;elle a accept\u00e9 par contrat. Les d\u00e9sirs de la chair (les d\u00e9sirs \u00e9go\u00efstes, quelle que soit leur tendance), encourag\u00e9s \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur par l&#8217;influence d&#8217;amis, argumentent et discutent la question, pr\u00e9conisant de ne pas prendre des mesures radicales, qu&#8217;une telle<\/p>\n<p>(P 476) ligne de conduite serait stupide, insens\u00e9e, impossible. La chair insiste en montrant qu&#8217;on ne peut pas changer son ancienne conduite, mais acceptera de l\u00e9g\u00e8res modifications et non des choses tout \u00e0 fait contraires \u00e0 celles d&#8217;autrefois.<\/p>\n<p>La grande majorit\u00e9 du peuple de Dieu semble \u00eatre &#8216; d&#8217;accord avec cette mani\u00e8re de faire laquelle est encore en r\u00e9alit\u00e9 le r\u00e8gne de l&#8217;\u00e9go\u00efsme. D&#8217;autres, par contre, insistent en disant que c&#8217;est l&#8217;esprit ou la mentalit\u00e9 \u00abmind \u00bb de Christ qui doit dominer. Le combat qui s&#8217;ensuit est un combat difficile (Gal. 5 : 16-17); mais la nouvelle volont\u00e9 devrait remporter la victoire, et le moi, avec son propre \u00e9go\u00efsme, ou ses d\u00e9sirs d\u00e9prav\u00e9s, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme mort. \u2014 Col. 2 : 20 ; 3 : 3 ; Rom. 6 : 2-8.<\/p>\n<p>Pourtant, est-ce l\u00e0 la fin de la lutte du chr\u00e9tien ? Non point.<\/p>\n<p>\u00ab Au repos content ne t&#8217;adonne<\/p>\n<p>Ni ne te crois victorieux ;<\/p>\n<p>Tu n&#8217;es certain de la couronne<\/p>\n<p>Qu&#8217;apr\u00e8s le combat glorieux. \u00bb<\/p>\n<p>Ah ! certes, jour apr\u00e8s jour, il nous faut renouveler le combat, implorer et recevoir l&#8217;aide divine, pour qu&#8217;avec joie nous puissions achever notre course. Non seulement nous devons conqu\u00e9rir notre \u00ab moi \u00bb, mais nous devons, comme le fit l&#8217;Ap\u00f4tre, tenir notre corps assujetti (1 Cor. 9 : 27 \u2014 Seg.). Cette exp\u00e9rience qui est la n\u00f4tre, d&#8217;\u00eatre constamment sur nos gardes contre l&#8217;esprit d&#8217;\u00e9go\u00efsme, et de soutenir et de d\u00e9velopper en nous-m\u00eames l&#8217;esprit d&#8217;amour, est l&#8217;exp\u00e9rience de tous ceux qui, pareillement, se sont \u00ab rev\u00eatus de Christ \u00bb et ont accept\u00e9 et ont aban&#8212;- donn\u00e9 leur volont\u00e9 pour faire la sienne, d&#8217;o\u00f9 la justesse de la remarque faite par l&#8217;Ap\u00f4tre : &#8216;\u00ab D\u00e9sormais, nous ne connaissons personne [en Christ] selon la chair \u00bb (2 Cor. 5 : 16). Nous connaissons ceux en Christ selon leur nouvel esprit, et non selon leur chair d\u00e9chue. Si parfois, nous les voyons tomber, serait-ce m\u00eame \u00e0 chaque pas \u00e0 un certain degr\u00e9, et que cependant, nous discernons des preuves que la nouvelle mentalit\u00e9 lutte pour avoir le dessus, nous sommes \u00e9quitablement dispos\u00e9s \u00e0 sympathiser avec eux plut\u00f4t qu&#8217;\u00e0 les r\u00e9primander durement pour de petits manquements ; \u00ab prenant garde \u00e0 nous-m\u00eames, de peur que nous aussi nous ne soyons tent\u00e9s [par notre vieille nature \u00e9go\u00efste, en violant quelque peu ce qu&#8217;exige la loi parfaite d&#8217;amour].<\/p>\n<p>Dans \u00ab la d\u00e9tresse actuelle \u00bb, par cons\u00e9quent, o\u00f9 chacun a bien \u00e0 faire pour assujettir son corps et pour que l&#8217;esprit d&#8217;amour le domine, le sobre bon sens, aussi bien que l&#8217;exp\u00e9rience et la Bible, nous enseignent qu&#8217;il vaut mieux ne pas compliquer les choses en essayant d&#8217;appliquer des plans communistes ; mais que chacun fasse des sentiers aussi droits que possible \u00e0 ses propres pieds, afin que<\/p>\n<p>(P 477) ce qui est boiteux en notre propre chair ne se d\u00e9voie pas enti\u00e8rement du chemin, mais plut\u00f4t se gu\u00e9risse.<\/p>\n<p>(1) Un jugement sain nous dit que si les saints, avec l&#8217;aide divine, ont une lutte continuelle \u00e0 soutenir pour&#8217; soumettre l&#8217;\u00e9go\u00efsme \u00e0 l&#8217;amour, une colonie ou une communaut\u00e9 promiscue ne r\u00e9ussirait certainement pas \u00e0 se gouverner par une loi totalement \u00e9trang\u00e8re \u00e0 l&#8217;esprit de la majorit\u00e9 de ses membres. Il ne serait pas possible non plus d&#8217;\u00e9tablir un communisme de saints seulement, parce que nous ne pouvons pas lire dans les c\u0153urs &#8212; seul, \u00ab le Seigneur conna\u00eet ceux qui sont siens \u00bb. Si une telle colonie de saints pouvait voir le jour, et prosp\u00e9rer ayant toutes choses en commun, toutes sortes de mauvaises personnes chercheraient \u00e0 s&#8217;emparer de leurs possessions ou \u00e0 les partager ; si, toutefois, on r\u00e9ussissait \u00e0 les exclure, elles diraient alors toutes sortes de mal contre elle, et ainsi, si m\u00eame elle se maintenait, l&#8217;entreprise ne serait, pas un succ\u00e8s positif.<\/p>\n<p>Certains saints, et beaucoup des gens du monde, sont tellement tomb\u00e9s dans une indolence \u00e9go\u00efste que la n\u00e9cessit\u00e9 seule les aidera \u00e0 \u00ab n&#8217;\u00eatre pas paresseux, mais fervents en esprit, servant le Seigneur \u00bb. Beaucoup d&#8217;autres sont si \u00e9go\u00efstement ambitieux qu&#8217;ils ont besoin des coups de l&#8217;insucc\u00e8s et de l&#8217;adversit\u00e9 pour les assagir et les rendre capables de sympathiser avec d&#8217;autres, ou m\u00eame pour les amener \u00e0 les traiter avec \u00e9quit\u00e9. Pour ces deux classes, la \u00ab communaut\u00e9 \u00bb ne servirait simplement qu&#8217;\u00e0 les emp\u00eacher d&#8217;apprendre les le\u00e7ons convenables et n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>De telles communaut\u00e9s, laiss\u00e9es sous la direction de la majorit\u00e9, tomberaient bien vite au niveau de cette derni\u00e8re, car la minorit\u00e9 progressiste, active, s&#8217;apercevant qu&#8217;il n&#8217;y a rien \u00e0 gagner par l&#8217;\u00e9nergie et l&#8217;\u00e9conomie pour contrebalancer l&#8217;insouciance et la paresse, deviendrait \u00e9galement et de plus en plus insouciante et paresseuse. Si ces communaut\u00e9s \u00e9taient dirig\u00e9es par des organisateurs de forte volont\u00e9 comme directeurs et administrateurs \u00e0 vie, sur un principe de paternalisme, le r\u00e9sultat serait meilleur du point de vue financier, mais les masses, priv\u00e9es de responsabilit\u00e9 personnelle, d\u00e9g\u00e9n\u00e9reraient en simples outils et esclaves des administrateurs.<\/p>\n<p>Pour un jugement sain, il est donc clair que la m\u00e9thode de l&#8217;individualisme, avec sa libert\u00e9 et sa responsabilit\u00e9, est la meilleure pour le d\u00e9veloppement d&#8217;\u00eatres intelligents, m\u00eame si elle provoque souvent des difficult\u00e9s \u00e0 tous, et parfois \u00e0 beaucoup.<\/p>\n<p>Un jugement sain peut discerner que si le Royaume mill\u00e9naire \u00e9tait \u00e9tabli sur la terre, avec ses gouverneurs divins<\/p>\n<p>(P 478) qui ont \u00e9t\u00e9 promis pour cette \u00e9poque, soutenus par une sagesse infaillible et ayant pleins pouvoirs de l&#8217;employer, mettant \u00ab le jugement pour cordeau, et la justice pour plomb \u00bb, gouvernant non par le consentement de majorit\u00e9s, mais par un jugement droit, comme \u00ab avec une verge de fer \u00bb, alors le communisme pourrait r\u00e9ussir ; ce serait probablement la meilleure des conditions ; si cela \u00e9tait, ce serait la m\u00e9thode que choisirait le Roi des rois ; mais pour cela, nous devons attendre. N&#8217;ayant ni la puissance ni la sagesse pour employer un tel pouvoir th\u00e9ocratique, l&#8217;esprit de sobre bon sens attend l&#8217;heure du Seigneur, en priant \u00ab Que ton r\u00e8gne vienne, que ta volont\u00e9 soit faite sur la terre comme au ciel \u00bb. Apr\u00e8s que le Royaume de Christ aura ramen\u00e9 \u00e0 Dieu et \u00e0 la droiture tous les humains bien dispos\u00e9s, et qu&#8217;il aura d\u00e9truit tous les rebelles, alors quand l&#8217;amour sera la r\u00e8gle de conduite sur la terre comme elle l&#8217;est dans le ciel, il nous est permis&#8217; de supposer que tous les hommes participeront en commun aux b\u00e9n\u00e9dictions de la terre, comme les anges participent aux lib\u00e9ralit\u00e9s du ciel.<\/p>\n<p>(2) L&#8217;exp\u00e9rience prouve l&#8217;\u00e9chec du communisme dans le temps pr\u00e9sent. Il y a eu plusieurs communaut\u00e9s de ce genre, et le r\u00e9sultat a toujours \u00e9t\u00e9 un \u00e9chec. La communaut\u00e9 d&#8217;Qneida \u00e0 New York en est une dont l&#8217;\u00e9chec a \u00e9t\u00e9 depuis longtemps reconnu. Une autre, the Harmony Society de Pennsylvanie, d\u00e9\u00e7ut rapidement les esp\u00e9rances de ses fondateurs, car la discorde pr\u00e9valut \u00e0 tel point que la soci\u00e9t\u00e9 se s\u00e9para. La branche connue sous le nom des Economites si\u00e9gea pr\u00e8s de Pittsburgh (Pie). Elle prosp\u00e9ra pour un temps, dans une certaine mesure, mais elle a maintenant disparu, et l&#8217;on se dispute \u00e0 pr\u00e9sent la possession de ses biens dans la Soci\u00e9t\u00e9 et dans les tribunaux.<\/p>\n<p>D&#8217;autres soci\u00e9t\u00e9s communistes surgissent actuellement qui auront bien moins de succ\u00e8s que ces derni\u00e8res parce que les temps sont diff\u00e9rents : l&#8217;ind\u00e9pendance est plus grande, le respect et la crainte scrupuleuse sont en baisse, les majorit\u00e9s veulent gouverner, et sans conducteurs surhumains, il est certain que ces soci\u00e9t\u00e9s \u00e9choueront. Des conducteurs mondains habiles cherchent leurs propres int\u00e9r\u00eats, tandis que de sages chr\u00e9tiens s&#8217;affairent dans d&#8217;autres branches pour ob\u00e9ir au commandement du Seigneur : \u00ab Va et pr\u00eache l&#8217;Evangile \u00bb.<\/p>\n<p>(3) La Bible n&#8217;enseigne pas le Communisme, mais elle enseigne l&#8217;Individualisme affectueux, plein d&#8217;\u00e9gards pour autrui sauf dans le sens du communisme familial, chaque famille agissant comme une unit\u00e9 dont le p\u00e8re est le Chef et l&#8217;\u00e9pouse en unit\u00e9 avec lui, sa coh\u00e9riti\u00e8re de la gr\u00e2ce de vie, sa partenaire dans toutes les joies, tous les bienfaits, aussi bien que dans l&#8217;adversit\u00e9 et dans le chagrin.<\/p>\n<p>(P 479)<\/p>\n<p>Dieu permit un arrangement communiste dans l&#8217;Eglise primitive, ainsi que nous le notions au d\u00e9but de cet article mais il est possible que cela eut lieu dans le dessein de nous d\u00e9montrer le d\u00e9faut de sagesse de la m\u00e9thode, et aussi de crainte que plus tard, certains ne supposent que les ap\u00f4tres n&#8217;ordonn\u00e8rent ni n&#8217;organis\u00e8rent des communaut\u00e9s, parce qu&#8217;ils manquaient de sagesse pour \u00e9laborer et ex\u00e9cuter de telles m\u00e9thodes. On ne peut, en effet, citer aucune parole de notre Seigneur ou des ap\u00f4tres soutenant le communisme ; par contre, on pourrait en citer beaucoup soutenant le contraire.<\/p>\n<p>Pierre (et probablement d&#8217;autres ap\u00f4tres) eut connaissance de ce premier arrangement communiste et y coop\u00e9ra, m\u00eame s&#8217;il n&#8217;enseigna pas le syst\u00e8me. On a pr\u00e9tendu aussi que la mort d&#8217;Ananias et de Saphira fut une indication qu&#8217;il y avait obligation pour tous les croyants de donner tous leurs biens, mais il n&#8217;en est rien : leur p\u00e9ch\u00e9 fut d&#8217;avoir menti comme le d\u00e9clara Pierre en examinant l&#8217;affaire. Pendant qu&#8217;ils avaient le terrain, il n&#8217;y avait aucun mal pour eux de le conserver s&#8217;ils l&#8217;avaient acquis honn\u00eatement, et m\u00eame apr\u00e8s l&#8217;avoir vendu, ils pouvaient en conserver le produit ; ce qui \u00e9tait mal \u00e9tait de faire croire que la somme d&#8217;argent remise aux ap\u00f4tres \u00e9tait la somme tout enti\u00e8re, alors que ce n&#8217;\u00e9tait -pas vrai. Ils essayaient ainsi de tromper les autres en ayant part \u00e0 leur tout sans eux-m\u00eames donner leur tout personnel.<\/p>\n<p>C&#8217;est un fait que la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne \u00e0 J\u00e9rusalem fut un \u00e9chec. \u00ab Il s&#8217;\u00e9leva un murmure \u00bb, \u00ab parce que leurs veuves \u00e9taient n\u00e9glig\u00e9es dans le service journalier \u00bb. Bien que sous l&#8217;inspection apostolique, l&#8217;Eglise f\u00fbt vierge et exempte d&#8217;ivraie, et que tous poss\u00e9daient le tr\u00e9sor du nouvel esprit ou \u00ab mentalit\u00e9 de Christ \u00bb (\u00ab mind \u00bb), cependant, il est \u00e9vident que ce tr\u00e9sor \u00e9tait dans des vases terrestres d\u00e9form\u00e9s et tortueux qui ne pouvaient lui convenir parfaitement.<\/p>\n<p>Les ap\u00f4tres trouv\u00e8rent bient\u00f4t que l&#8217;administration de la communaut\u00e9 g\u00eanerait beaucoup leur v\u00e9ritable travail, la pr\u00e9dication de l&#8217;\u00e9vangile. Aussi abandonn\u00e8rent-ils ces choses \u00e0 d&#8217;autres. Paul et d&#8217;autres voyag\u00e8rent de ville en ville pr\u00eachant Christ et Christ crucifi\u00e9, mais pour autant que cela nous soit rapport\u00e9, ils ne firent jamais mention du communisme et n&#8217;organis\u00e8rent jamais une communaut\u00e9 ; et pourtant saint Paul d\u00e9clare : \u00ab Je n&#8217;ai mis aucune r\u00e9serve \u00e0 vous annoncer tout le conseil de Dieu \u00bb. Cela prouve que le Communisme ne fait pas partie du conseil de Dieu pour cet Age.<\/p>\n<p>(P 480)<\/p>\n<p>Au contraire, Paul exhorta et instruisit l&#8217;Eglise \u00e0 faire des choses qu&#8217;il serait totalement impossible \u00e0 faire comme membres d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 communiste : pour chacun d&#8217; \u00ab avoir soin des siens \u00bb, \u00ab que chaque premier jour de la semaine chacun mette \u00bb de l&#8217;argent pour le service du Seigneur, selon que le Seigneur l&#8217;aura fait prosp\u00e9rer, que les serviteurs ob\u00e9issent \u00e0 leurs ma\u00eetres, qu&#8217;ils les servent d&#8217;autant plus si leurs ma\u00eetres sont aussi des fr\u00e8res en Christ, et que les ma\u00eetres traitent leurs serviteurs comme devant en rendre compte au grand Ma\u00eetre, Christ. \u2014 1 Tim. 5 : 8 ; 6 :1 ; 1 Cor. 16 : 2 ; Eph. 6 : 5-9.<\/p>\n<p>Non seulement J\u00e9sus n&#8217;\u00e9tablit pas de communaut\u00e9 pendant sa vie terrestre, mais il n&#8217;enseigna jamais qu&#8217;il fallait en \u00e9tablir. Au contraire, dans ses paraboles, il enseigna que tous ne re\u00e7oivent pas le m\u00eame nombre de talents, mais que chacun est un intendant et devrait individuellement (et non collectivement, en commun) administrer ses propres affaires et rendre personnellement ses comptes (Matt. 25 : 14-28 ; Luc 19 : 12-24 ; Jacques 4 : 13, 15). En mourant, J\u00e9sus confia sa m\u00e8re aux soins de Jean qui, selon Jean 19 : 27, \u00ab d\u00e8s cette heure-l\u00e0, la prit chez lui \u00bb. Jean avait donc son chez soi, de m\u00eame que Marthe, Marie et Lazare avaient le leur. Si notre Seigneur avait fond\u00e9 une communaut\u00e9, il lui aurait sans doute confi\u00e9 sa m\u00e8re au lieu de la recommander \u00e0 Jean.<\/p>\n<p>En outre, la formation d&#8217;une communaut\u00e9 de croyants se trouve en opposition avec le but et les m\u00e9thodes de l&#8217;Age de l&#8217;Evangile. L&#8217;objet de cet Age est de porter t\u00e9moignage de Christ au monde, et ainsi d&#8217; \u00ab en tirer un peuple pour son nom \u00bb ; \u00e0 cette fin, chaque croyant est exhort\u00e9 \u00e0 \u00eatre une lumi\u00e8re ardente et brillante devant les hommes, le monde en g\u00e9n\u00e9ral, et non devant quelques-uns seulement. C&#8217;est pourquoi, apr\u00e8s avoir permis l&#8217;\u00e9tablissement de la premi\u00e8re Communaut\u00e9 chr\u00e9tienne afin de montrer que ce n&#8217;\u00e9tait pas par n\u00e9gligence qu&#8217;on n&#8217;en \u00e9tablit pas partout, le Seigneur l&#8217;avait dissoute et en avait dispers\u00e9 les croyants dans toutes les directions pour pr\u00eacher l&#8217;Evangile. Nous lisons : \u00ab Or, en ce temps-l\u00e0, il y eut une grande pers\u00e9cution contre l&#8217;assembl\u00e9e qui \u00e9tait \u00e0 J\u00e9rusalem ; et tous furent dispers\u00e9s dans les contr\u00e9es de la Jud\u00e9e et de la Samarie, except\u00e9 les ap\u00f4tres \u00bb, et ils allaient de lieu en lieu, pr\u00eachant l&#8217;Evangile. \u2014 Actes 8 : 1, 4 ; 11 : 19.<\/p>\n<p>(P 481)<\/p>\n<p>La t\u00e2che qui incombe aujourd&#8217;hui encore au peuple de Dieu est de briller comme des lumi\u00e8res au milieu du monde et non pas de s&#8217;enfermer dans des couvents, des , clo\u00eetres ou dans des communaut\u00e9s. Les promesses du Paradis ne se r\u00e9aliseront pas en se joignant \u00e0 de telles communaut\u00e9s. Le d\u00e9sir de se joindre \u00e0 de telles \u00ab conf\u00e9d\u00e9rations \u00bb n&#8217;est qu&#8217;une manifestation de l&#8217;esprit g\u00e9n\u00e9ral de notre \u00e9poque, contre lequel nous sommes mis en garde (Esa\u00efe 8 : 12). \u00ab Demeure tranquille, appuy\u00e9 sur l&#8217;Eternel, et attends-toi \u00e0 lui \u00bb (Ps. 37 : 7). \u00ab Veillez donc, priant en tout temps, afin que vous soyez estim\u00e9s dignes d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 toutes ces choses qui doivent arriver, et de vous tenir devant le Fils de l&#8217;Homme. \u00bb \u2014 Luc 21 : 36.<\/p>\n<p>L&#8217;ANARCHIE COMME REM\u00c8DE<\/p>\n<p>Les anarchistes veulent la libert\u00e9 jusqu&#8217;au point de m\u00e9priser toute loi. Ils sont apparemment arriv\u00e9s \u00e0 la conclusion que toutes les m\u00e9thodes de coop\u00e9ration humaine se sont trouv\u00e9es \u00eatre des \u00e9checs, et ils proposent de d\u00e9truire toutes les restrictions humaines de coop\u00e9ration. L&#8217;anarchie est donc exactement le contraire du Communisme, bien que certains les confondent l&#8217;une avec l&#8217;autre. Tandis que le Communisme voudrait d\u00e9truire tout Individualisme et obliger le monde entier \u00e0 partager le m\u00eame sort, l&#8217;Anarchie voudrait d\u00e9truire toute loi et toute restriction sociale afin que chaque individu p\u00fbt faire comme il lui pla\u00eet. L&#8217;Anarchisme ne cherche qu&#8217;\u00e0 d\u00e9truire et, pour autant que nous puissions le discerner, il ne pr\u00e9sente pas d&#8217;aspects constructifs. Il consid\u00e8re probablement qu&#8217;il a une t\u00e2che suffisante \u00e0 d\u00e9truire le monde, et qu&#8217;il vaut mieux laisser l&#8217;avenir prendre les mesures n\u00e9cessaires en mati\u00e8re de reconstruction.<\/p>\n<p>Voici des extraits d&#8217;une brochure de seize pages publi\u00e9e par les Anarchistes de Londres et distribu\u00e9e \u00e0 leur grand d\u00e9fil\u00e9 du 1&#8243; mai ; ils donnent une certaine id\u00e9e de leurs conceptions \u00e9tranges et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es :<\/p>\n<p>L&#8217;opinion qu&#8217;il faut qu&#8217;il y ait une autorit\u00e9 quelque part et que l&#8217;on soit soumis \u00e0 cette autorit\u00e9, est la source de toutes nos mis\u00e8res. Comme rem\u00e8de, nous conseillons une lutte pour la vie ou pour la mort contre toute autorit\u00e9 : l&#8217;autorit\u00e9 physique incarn\u00e9e dans l&#8217;Etat, ou l&#8217;autorit\u00e9 doctrinale, r\u00e9sultat de si\u00e8cles<\/p>\n<p>(P 482) d&#8217;ignorance et de superstition, telles que la religion, le patriotisme, l&#8217;ob\u00e9issance aux lois, la croyance en l&#8217;utilit\u00e9 d&#8217;un gouvernement, la soumission aux riches et \u00e0 ceux qui sont en place ; en bref, une lutte contre toutes mystifications destin\u00e9es \u00e0 abrutir et \u00e0 asservir les travailleurs. Il faut, de toute n\u00e9cessit\u00e9, que ceux-ci d\u00e9truisent l&#8217;autorit\u00e9&#8230; Le patriotisme et la religion sont des sanctuaires et des remparts pour les gredins ; la religion est la plus grande mal\u00e9diction de la race humaine. N\u00e9anmoins, il se trouve des hommes qui avilissent le noble terme \u00ab travail \u00bb en l&#8217;associant au terme r\u00e9pugnant \u00ab \u00e9glise \u00bb dans l&#8217;expression \u00ab Eglise du Travail \u00bb. On pourrait aussi bien parler d&#8217;une \u00ab Police du Travail \u00bb.<\/p>\n<p>Nous ne partageons pas l&#8217;opinion de ceux qui croient que l&#8217;on peut convertir l&#8217;Etat en une institution de bienfaisance. Il serait aussi difficile d&#8217;op\u00e9rer ce changement que de convertir un loup en un agneau. Nous ne croyons pas davantage \u00e0 la centralisation de toute la production et de toute la consommation comme le voudraient les socialistes. Ce ne serait rien d&#8217;autre que l&#8217;Etat actuel sous une nouvelle forme, avec une autorit\u00e9 accrue, un v\u00e9ritable monstre de tyrannie et d&#8217;esclavage.<\/p>\n<p>Ce que veulent les anarchistes, c&#8217;est la libert\u00e9 \u00e9gale pour tous. Les talents et les penchants de tous les hommes diff\u00e8rent chez les uns et chez les autres. Chacun conna\u00eet le mieux ce qu&#8217;il peut faire et ce dont il a besoin ; des lois et des ordonnances ne font qu&#8217;embarrasser, et le travail forc\u00e9 n&#8217;est jamais agr\u00e9able. Dans l&#8217;Etat esp\u00e9r\u00e9 par les anarchistes, chacun fera le travail qui lui pla\u00eet le mieux, et satisfera ses besoins en pr\u00e9levant ce qui lui pla\u00eet le mieux sur le stock commun. \u00bb<\/p>\n<p>Il semble que m\u00eame le jugement le plus m\u00e9diocre et que la moindre exp\u00e9rience ne verraient, dans cette proposition, rien d&#8217;autre qu&#8217;une compl\u00e8te absurdit\u00e9. On n&#8217;y voit aucun rem\u00e8de qui soit propos\u00e9 ou esp\u00e9r\u00e9 : ce n&#8217;est que le grincement de dents de la fureur du d\u00e9sespoir ; telle est pourtant la situation tr\u00e8s critique vers laquelle les multitudes sont entra\u00een\u00e9es par la force des circonstances mue par l&#8217;\u00e9go\u00efsme.<\/p>\n<p>LE SOCIALISME OU COLLECTIVISME COMME REM\u00c8DE<\/p>\n<p>Comme gouvernement civil, le Socialisme proposerait d&#8217;assurer la reconstruction de la soci\u00e9t\u00e9, l&#8217;augmentation des richesses et une<\/p>\n<p>(P 483) distribution plus \u00e9gale des produits du travail, gr\u00e2ce \u00e0 la possession collective publique des terres et des capitaux (des richesses autres que les immeubles), et l&#8217;administration d&#8217;une mani\u00e8re collective par le public de toutes les industries. Sa devise est : \u00ab A chacun selon ses \u0153uvres \u00bb.<\/p>\n<p>Le Socialisme diff\u00e8re du \u00ab Nationalisme \u00bb en ce qu&#8217;il ne propose pas de r\u00e9compenser tous les individus de la m\u00eame fa\u00e7on. Il diff\u00e8re du \u00ab Communisme \u00bb en ce qu&#8217;il ne soutient pas une communaut\u00e9 de biens et de propri\u00e9t\u00e9. Dans notre jugement, il \u00e9vite ainsi les erreurs des deux ; il constitue une th\u00e9orie tr\u00e8s pratique si l&#8217;on pouvait l&#8217;introduire d&#8217;une mani\u00e8re graduelle et par des hommes sages, mod\u00e9r\u00e9s, d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s. Dans diverses localit\u00e9s, ce principe a d\u00e9j\u00e0 fait beaucoup de bien sur une petite \u00e9chelle. Dans nombre de villes aux Etats-Unis, la fourniture de l&#8217;eau, les embellissements des rues, le service scolaire, les services d&#8217;incendie et de police sont administr\u00e9s de cette fa\u00e7on pour le bien de tous. Cependant, l&#8217;Europe est en avance sur nous dans ce domaine, car beaucoup de ses chemins de fer et de ses t\u00e9l\u00e9graphes sont administr\u00e9s ainsi. En France, le commerce du tabac avec tous ses profits appartient au gouvernement, au peuple. En Russie, le commerce des boissons fortes a \u00e9t\u00e9 saisi par le gouvernement, et depuis lors, doit \u00eatre administr\u00e9 par lui au profit financier du public, et \u00e9galement dit-on \u00e0 son profit moral.<\/p>\n<p>Voici des statistiques int\u00e9ressantes, extraites de<\/p>\n<p>L&#8217;\u00c9DIFICATION SOCIALE \u00bb<\/p>\n<p>par E. D. Babbitt, LL.D. du College de Fine Forces (New Jersey) :<\/p>\n<p>Soixante-huit gouvernements poss\u00e8dent leurs propres lignes t\u00e9l\u00e9graphiques.<\/p>\n<p>Cinquante-quatre gouvernements poss\u00e8dent leurs chemins de fer en totalit\u00e9 ou en partie, tandis que dix-neuf seulement dont les Etats-Unis ne les poss\u00e8dent pas.<\/p>\n<p>En Australie, on peut parcourir en chemin de fer 1 000 miles [1 609 km environ \u2014 Trad.] \u00e0 travers le pays pour 5,50 $, ou six miles [9,656 km environ \u2014 Trad.] pour 2 \u00ab cents \u00bb, et les employ\u00e9s de chemin de fer sont pay\u00e9s davantage pour huit heures de travail qu&#8217;ils ne le sont aux Etats-Unis pour dix heures de travail. Est-ce\u2022 que cela appauvrit le pays ?<\/p>\n<p>(P 484) A Victoria o\u00f9 existent ces tarifs, le revenu net pour 1894 fut suffisant pour r\u00e9gler les imp\u00f4ts f\u00e9d\u00e9raux.<\/p>\n<p>En Hongrie, o\u00f9 les chemins de fer sont la propri\u00e9t\u00e9 de l&#8217;Etat, on peut parcourir six \u00ab miles \u00bb pour un \u00ab cent \u00bb, et depuis que le gouvernement a achet\u00e9 les chemins de fer, les salaires ont doubl\u00e9.<\/p>\n<p>En Belgique, les tarifs voyageurs et les tarifs marchandises ont baiss\u00e9 de moiti\u00e9, et les salaires doubl\u00e9. Mais pour tout cela, les chemins de fer paient au gouvernement un revenu annuel de 4 000 000 de $.<\/p>\n<p>En Allemagne, les chemins de fer qui appartiennent au gouvernement transportent un voyageur sur quatre \u00ab miles \u00bb pour un \u00ab cent \u00bb, tandis que les salaires des employ\u00e9s sont 120 % plus \u00e9lev\u00e9s que lorsque les chemins de fer appartenaient \u00e0 des compagnies priv\u00e9es. Un tel syst\u00e8me s&#8217;est-il r\u00e9v\u00e9l\u00e9 ruineux ? Non. Durant les dix derni\u00e8res ann\u00e9es, les b\u00e9n\u00e9fices nets ont augment\u00e9 de 41 %. L&#8217;an dernier (1894), les chemins de fer ont pay\u00e9 au gouvernement allemand un b\u00e9n\u00e9fice net de 25 000 000 de $.<\/p>\n<p>On a estim\u00e9 que la possession des chemins de fer par le gouvernement \u00e9conomiserait au peuple des Etats-Unis un milliard de dollars en argent, et accorderait de meilleurs salaires aux employ\u00e9s dont l&#8217;effectif n\u00e9cessaire serait alors de deux millions au lieu des 700 000 actuels.<\/p>\n<p>Berlin, en Allemagne, est appel\u00e9e la ville la plus propre, la mieux pay\u00e9e et la mieux administr\u00e9e du monde entier. Elle poss\u00e8de des services de gaz, d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 et des eaux, ses tramways, ses t\u00e9l\u00e9phones urbains et m\u00eame son assurance contre l&#8217;incendie, et elle fait ainsi, chaque ann\u00e9e, un b\u00e9n\u00e9fice de 5 000 000 de marks, soit 1 250 000 $, toutes d\u00e9penses faites. Dans cette ville, les citoyens peuvent parcourir cinq \u00ab miles \u00bb aussi souvent qu&#8217;il leur pla\u00eet chaque jour durant toute l&#8217;ann\u00e9e pour 4,50 $, alors que deux voyages par jour sur les chemins de fer des rues de New York co\u00fbteraient 36,50 $.<\/p>\n<p>\u00ab Dans le Twentieth Century, M. F. G. R. Gordon a donn\u00e9 les statistiques qui se rapportent \u00e0 l&#8217;\u00e9clairage d&#8217;un certain nombre de villes am\u00e9ricaines ; il trouve que le prix moyen de l&#8217;\u00e9clairage de chaque lampe \u00e0 arc est de 52,12 1\/2 $ par an quand c&#8217;est la municipalit\u00e9 qui s&#8217;en charge, tandis que le prix moyen pay\u00e9 \u00e0 des compagnies priv\u00e9es par les diverses, villes est de 105,13 $ par lampe chaque ann\u00e9e, soit un peu plus que le double du prix pay\u00e9 lorsque les villes se chargent elles-m\u00eames de l&#8217;\u00e9clairage.<\/p>\n<p>\u00ab Le prix moyen des t\u00e9l\u00e9grammes aux Etats-Unis \u00e9tait, en 1891, de trente-deux \u00ab cents \u00bb et demi. En Allemagne, o\u00f9 les t\u00e9l\u00e9graphes appartiennent au gouvernement; on exp\u00e9die des messages de dix mots dans toutes les parties du pays pour cinq \u00ab cents \u00bb.<\/p>\n<p>(P 485) Ici, en raison des distances plus grandes et des prix plus \u00e9lev\u00e9s de la main-d\u2019\u0153uvre, nous devrions probablement payer de cinq \u00e0 vingt \u00ab cents \u00bb, suivant la distance. Le remarquable avantage\u2022 d&#8217;avoir chaque municipalit\u00e9 g\u00e9rant ses propres services de gaz, d&#8217;eau, de charbon et des voies ferr\u00e9es dans ses rues, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 par&#8230; des villes de Grande-Bretagne. \u00bb<\/p>\n<p>A tout, cela, nous r\u00e9pondons : tr\u00e8s bien. Et pourtant, aucun homme sens\u00e9 ne pr\u00e9tendra que les pauvres d&#8217;Europe jouissent des b\u00e9n\u00e9dictions du Mill\u00e9nium, m\u00eame si ces doctrines socialistes sont en application au milieu d&#8217;eux. Aucun homme bien inform\u00e9 ne se chargera de dire que les classes ouvri\u00e8res d&#8217;Europe sont, quelque part, presque \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec des travailleurs des Etats-Unis en g\u00e9n\u00e9ral. Ce pays-ci est encore \u00e0 leurs yeux le Paradis, et l&#8217;on \u00e9tablit m\u00eame des lois maintenant pour restreindre les milliers d&#8217;entre eux \u2022qui d\u00e9sirent toujours avoir part \u00e0 ce Paradis.<\/p>\n<p>Cependant, tout en nous r\u00e9jouissant de chaque am\u00e9lioration apport\u00e9e \u00e0 la condition des pauvres en Europe. n&#8217;oublions pas que le mouvement de nationalisation, \u00e0 l&#8217;exception de la Grande-Bretagne, r\u00e9sulte non pas d&#8217;une sagacit\u00e9 plus grande de la part du peuple, ni de la bienveillance ou de l&#8217;indolence de la part du Capital, mais d&#8217;une autre cause qui n&#8217;op\u00e8re pas aux Etats-Unis : des gouvernements eux-m\u00eames. Ils ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des nationalisations (gaz, eau, charbon, etc.) afin d&#8217;\u00e9viter la faillite. Ils ont d&#8217;immenses d\u00e9penses \u00e0 faire pour entretenir des arm\u00e9es, des marines, des forteresses, etc. ; aussi leur faut-il une source de revenus. Les bas tarifs de voyage ont pour but de plaire aux citoyens et aussi d&#8217;attirer les affaires, car si les tarifs n&#8217;\u00e9taient pas bon march\u00e9, la masse de ceux qui ont de faibles salaires ne pourraient pas voyager. Dans la situation actuelle, les wagons de quatri\u00e8me classe, en Allemagne, sont des wagons \u00e0 marchandises, sans aucun si\u00e8ge.<\/p>\n<p>En consid\u00e9rant bien de tels faits, ne nous faisons pas d&#8217;illusion en supposant que ces mesures r\u00e9soudraient le probl\u00e8me du Travail, ou m\u00eame redresseraient la situation pour plus de six ann\u00e9es, et cela dans une bien faible mesure.<\/p>\n<p>Nous avons des raisons de croire que le Socialisme fera de grands progr\u00e8s au cours des prochaines ann\u00e9es. Cependant,<\/p>\n<p>(P 486) ces progr\u00e8s seront faits fr\u00e9quemment avec un manque de sagesse et de mod\u00e9ration : le succ\u00e8s en grisera certains de ses d\u00e9fenseurs, et l&#8217;\u00e9chec en d\u00e9sesp\u00e9rera d&#8217;autres ; il en r\u00e9sultera de l&#8217;impatience qui m\u00e8nera \u00e0 la catastrophe. Le Capitalisme et le Monarchisme consid\u00e8rent le Socialisme comme un ennemi, et d\u00e9j\u00e0 ils s&#8217;opposent \u00e0 lui autant qu&#8217;ils osent le faire, en raison de l&#8217;opinion publique. L&#8217;\u00e9glise nominale, bien que remplie d&#8217;ivraie et de mondanit\u00e9, est toujours un puissant facteur dans cette situation, car elle repr\u00e9sente et domine largement les classes moyennes sur qui repose l&#8217;\u00e9quilibre du pouvoir entre les classes extr\u00eames de la soci\u00e9t\u00e9. A celles-ci, l&#8217;image du Socialisme a \u00e9t\u00e9 jusqu&#8217;ici consid\u00e9rablement d\u00e9form\u00e9e par ses amis dont la plupart ont \u00e9t\u00e9 des incroyants. Les gouvernants, les capitalistes et les membres du clerg\u00e9, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, se saisiront des premi\u00e8res mesures extr\u00eames du Socialisme pour l&#8217;attaquer, le stigmatiser d&#8217;infamie et l&#8217;\u00e9trangler pour un temps, en s&#8217;encourageant par des arguments sp\u00e9cieux que l&#8217;int\u00e9r\u00eat personnel et la peur leur sugg\u00e9reront.<\/p>\n<p>Nous ne pouvons que nous r\u00e9jouir de discerner que des principes d&#8217;\u00e9quit\u00e9 sont mis en mouvement, m\u00eame si ce n&#8217;est que temporairement et partiellement. Tous ceux dont les int\u00e9r\u00eats seraient affect\u00e9s \u00e0 cette occasion devraient s&#8217;efforcer de prendre une position lib\u00e9rale et abandonner une partie de leur avantage personnel pour le bien g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Comme nous l&#8217;avons donn\u00e9 \u00e0 entendre, le mouvement sera \u00e9touff\u00e9 par la puissance combin\u00e9e de l&#8217;\u00e9glise, de l&#8217;Etat et du Capital, et conduira plus tard \u00e0 la grande explosion de l&#8217;anarchie, dans laquelle, comme l&#8217;indiquent les Ecritures, sombreront toutes les institutions actuelles \u2014 \u00ab un temps de d\u00e9tresse tel, qu&#8217;il n&#8217;y en a pas eu depuis qu&#8217;il existe une nation \u00bb.<\/p>\n<p>M\u00eame si le Socialisme \u00e9tait appliqu\u00e9 enti\u00e8rement, il se r\u00e9v\u00e9lerait n&#8217;\u00eatre qu&#8217;un soulagement temporaire, aussi longtemps que l&#8217;\u00e9go\u00efsme est le principe moteur dans les c\u0153urs de la majeure partie des humains. Il y a des intrigants-n\u00e9s qui trouveraient rapidement le moyen de s&#8217;approprier pour eux-m\u00eames les travaux publics les plus int\u00e9ressants et des compensations. Des parasites pulluleraient et prosp\u00e9reraient au d\u00e9triment de l&#8217;\u00e9difice social<\/p>\n<p>(P 487) et l&#8217;on trouverait partout des \u00ab combines \u00bb [\u00ab rings \u00bb \u2014 Trad.]. Aussi longtemps que les gens reconna\u00eetront un principe et le respecteront, ils s&#8217;y conformeront plus ou moins : par cons\u00e9quent, le Socialisme pourrait \u00eatre tout d&#8217;abord comparativement pur, et ses repr\u00e9sentants en fonction, des serviteurs fid\u00e8les du public et pour le bien public. Mais que le Socialisme devienne populaire, et les m\u00eames intrigants, malins, \u00e9go\u00efstes, qui sont maintenant ses adversaires, le p\u00e9n\u00e9treront et le domineront \u00e0 leurs fins \u00e9go\u00efstes.<\/p>\n<p>Les Communistes et les Nationalistes comprennent qu&#8217;aussi &#8216;longtemps que les diff\u00e9rences de r\u00e9mun\u00e9ration seront permises, l&#8217;\u00e9go\u00efsme pervertira et d\u00e9formera la v\u00e9rit\u00e9 et la justice, et que, pour satisfaire l&#8217;orgueil et l&#8217;ambition, il s&#8217;\u00e9l\u00e8vera au-dessus de toutes les barri\u00e8res que les hommes peuvent dresser contre la pauvret\u00e9. Pour faire face \u00e0 cette difficult\u00e9, ils ont recours \u00e0 des mesures impraticables qu&#8217;ils revendiquent : impraticables parce que les hommes sont des p\u00e9cheurs, et non des saints ; \u00e9go\u00efstes et non remplis d&#8217;amour.<\/p>\n<p>L&#8217;OPINION DE HERBERT SPENCER SUR LE SOCIALISME<\/p>\n<p>Herbert Spencer, le c\u00e9l\u00e8bre philosophe et \u00e9conomiste anglais, mentionnant la d\u00e9claration selon laquelle le socialiste italien Ferri soutient ses doctrines, \u00e9crivit : \u00ab L&#8217;assertion que l&#8217;une quelconque de mes vues soutient le Socialisme me cause une grande irritation. Je crois que l&#8217;av\u00e8nement du Socialisme est le plus grand d\u00e9sastre que le monde ait jamais connu. \u00bb<\/p>\n<p>Tandis que de grands penseurs sont d&#8217;accord pour trouver que la concurrence ou l&#8217; \u00ab individualisme \u00bb pr\u00e9sente des tares qui exigent des rem\u00e8des \u00e9nergiques, ils protestent contre l&#8217;asservissement de l&#8217;individu \u00e0 une organisation sociale, ou plut\u00f4t l&#8217;ensevelissement de toute individualit\u00e9 dans le Socialisme comme \u00e9tant \u00e9ventuellement le plus grand d\u00e9sastre ; il cr\u00e9erait en effet des arm\u00e9es de fonctionnaires publics, ferait plus encore que maintenant un commerce de la politique, et en cons\u00e9quence ouvrirait la voie plus que jamais aux \u00ab combines \u00bb et \u00e0 la corruption g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>L&#8217;extrait suivant de Literary Digest du 10 ao\u00fbt 1895 a , un rapport avec le sujet que nous examinons, et montre que<\/p>\n<p>(P 488) les principes socialistes ne persisteraient pas \u00e0 moins d&#8217;\u00eatre soutenus par une force quelconque tant est puissant l&#8217;\u00e9go\u00efsme dans tous le genre humain :<\/p>\n<p>DEUX COMMUNAUT\u00c9S SOCIALISTES \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Deux exp\u00e9riences pratiques de socialisme attirent l&#8217;attention de ceux qui \u00e9tudient l&#8217;\u00e9conomie sociale \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Dans les deux cas, les promoteurs originaux des communaut\u00e9s socialistes r\u00e9ussissent plut\u00f4t bien, et m\u00eame dans l&#8217;une d&#8217;elles ils sont florissants. Pourtant, dans les deux cas, la tentative de vivre conform\u00e9ment aux enseignements des th\u00e9oriciens socialistes a \u00e9chou\u00e9. Les communistes des premiers jours sont retourn\u00e9s \u00e0 des m\u00e9thodes qui diff\u00e8rent \u00e0 peine de celles de la bourgeoisie qui les environne. Il y a un peu plus de deux ans, un groupe d&#8217;ouvriers australiens, fatigu\u00e9s d&#8217;une vie d&#8217;esclaves salari\u00e9s soulag\u00e9e seulement par les difficult\u00e9s d&#8217;une oisivet\u00e9 forc\u00e9e, partirent pour le Paraguay o\u00f9 ils obtinrent de la terre qui convient \u00e0 des fermiers ne disposant pas de grandes machines. Ils appel\u00e8rent leur colonie \u00ab la nouvelle Australie \u00bb, et ils esp\u00e9raient en faire un Eldorado de l&#8217;ouvrier. Le minist\u00e8re britannique des Affaires \u00e9trang\u00e8res, dans son tout dernier rapport officiel, donne un bref historique du mouvement qui a amen\u00e9 beaucoup d&#8217;hommes \u00e0 quitter l&#8217;Australie, \u00ab l&#8217;Eldorado du travailleur \u00bb pour l&#8217;Am\u00e9rique du Sud. Nous citons de ce rapport l&#8217;extrait suivant :<\/p>\n<p>Les desseins de la colonie furent expos\u00e9s dans sa constitution ; dans l&#8217;un des articles, nous lisons : \u00ab Notre intention est de former une communaut\u00e9 dans laquelle tout le travail sera produit dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat de chaque membre, et o\u00f9 il sera impossible \u00e0 quiconque d&#8217;en tyranniser un autre. Chaque individu aura le devoir de consid\u00e9rer le bien-\u00eatre de la communaut\u00e9 comme son principal but, assurant ainsi un degr\u00e9 de confort, de bonheur et d&#8217;instruction impossible \u00e0 trouver dans la condition d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 personne n&#8217;est assur\u00e9 de ne pas mourir de faim. \u00bb<\/p>\n<p>Cet id\u00e9al n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9. Quatre-vingt-cinq des colons furent bient\u00f4t las des restrictions qui leur \u00e9taient impos\u00e9es par la majorit\u00e9, et refus\u00e8rent d&#8217;ob\u00e9ir. De nouvelles arriv\u00e9es d&#8217;Australie compens\u00e8rent la perte occasionn\u00e9e par cette s\u00e9cession, mais les nouveaux arriv\u00e9s m\u00e9contents du conducteur du mouvement \u00e9lirent un chef de leur choix, de sorte qu&#8217;il y a maintenant, trois partis dans la colonie. Le partage \u00e9gal du produit<\/p>\n<p>(P 489) de leur travail m\u00e9contenta bient\u00f4t un certain nombre de travailleurs, lesquels, contrairement aux r\u00e8gles socialistes, demand\u00e8rent une part proportionnelle au travail qu&#8217;ils avaient fait. La stricte application de la Prohibition fut une autre cause de m\u00e9contentement, surtout parce que toute violation de cette interdiction \u00e9tait passible d&#8217;expulsion sans aucune chance de reprendre le capital original englouti dans les remboursements de l&#8217;entreprise. La colonie \u00e9tait sur le point de se s\u00e9parer, lorsque l&#8217;ancien conducteur du mouvement r\u00e9ussit \u00e0 se faire nommer juge par les autorit\u00e9s du Paraguay, et \u00e0 s&#8217;entourer d&#8217;une force de police. On esp\u00e8re que la colonie va maintenant devenir prosp\u00e8re, mais les principes socialistes ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&#8217;exp\u00e9rience des mineurs de Monthieux est quelque peu diff\u00e9rente. Dans leur cas, ce fut la prosp\u00e9rit\u00e9 qui provoqua l&#8217;abandon des doctrines socialistes. Le Gewerbe Zeitung de Berlin nous conte ainsi leur histoire :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0A Monthieux, pr\u00e8s de Saint-Etienne, se trouve un puits abandonn\u00e9 par la compagnie qui l&#8217;avait poss\u00e9d\u00e9 quelques ann\u00e9es auparavant et avait cong\u00e9di\u00e9 les mineurs. Comme ils n&#8217;avaient aucune chance de trouver un emploi dans le voisinage, ils demand\u00e8rent \u00e0 la compagnie de leur transf\u00e9rer le puits ; les propri\u00e9taires ne crurent pas que le puits serait rentable, aussi consentirent-ils. Les mineurs n&#8217;avaient aucune machine, mais ils travaill\u00e8rent de tout leur c\u0153ur et parvinrent \u00e0 trouver de nouvelles veines. Ils firent des efforts presque surhumains et s&#8217;arrang\u00e8rent pour \u00e9conomiser suffisamment sur leurs gains pour acheter des machines, et les mines abandonn\u00e9es de Monthieux devinrent une source de richesse pour les nouveaux propri\u00e9taires. Les anciens propri\u00e9taires essay\u00e8rent alors de reprendre possession des mines, mais perdirent leur proc\u00e8s, et la presse ouvri\u00e8re ne manqua pas de mettre en contraste l&#8217;avarice des capitalistes avec la I noblesse des mineurs qui faisaient un partage \u00e9gal du produit de leur travail. On mit en vedette les mines de Monthieux comme un exemple du triomphe du Collectivisme sur l&#8217;exploitation du capital priv\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pendant ce temps, les mineurs augment\u00e8rent les op\u00e9rations au point qu&#8217;ils ne purent faire d\u00e9sormais tout le travail sans une aide suppl\u00e9mentaire. D&#8217;autres mineurs furent embauch\u00e9s et firent de leur mieux pour avancer le travail. Mais les hommes qui avaient les premiers entrepris de rendre le puits productif, refus\u00e8rent de partager \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec les nouveaux venus. Ils savaient que la richesse qui reposait sous leurs pieds avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte par eux et au prix d&#8217;efforts<\/p>\n<p>(P 490) presque surhumains ; ils avaient, pour ainsi dire, fait quelque chose de rien, pourquoi devraient-ils partager les r\u00e9sultats de leur labeur avec les nouveaux venus qui avaient en fait, travaill\u00e9 pendant tout ce temps-l\u00e0 mais ailleurs ? Pourquoi devraient-ils donner aux nouveaux camarades quelque chose de la moisson qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas sem\u00e9e ? Les nouveaux venus devaient \u00eatre bien pay\u00e9s, mieux que dans d&#8217;autres mines, mais ils ne devaient pas devenir des copropri\u00e9taires. Et lorsque les nouveaux venus provoqu\u00e8rent de l&#8217;agitation, les ouvriers capitalistes all\u00e8rent chercher la police. \u00bb<\/p>\n<p>LE NATIONALISME COMME REM\u00c8DE<\/p>\n<p>Le Nationalisme est une doctrine qui s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9e plus tard en rapport avec le socialisme. Il pr\u00e9tend que toutes les industries devraient \u00eatre dirig\u00e9es par la nation, sur le principe d&#8217;une obligation commune de travailler et une garantie g\u00e9n\u00e9rale de moyens d&#8217;existence : tous les travailleurs doivent fournir la m\u00eame somme de travail et re\u00e7oivent le m\u00eame salaire.<\/p>\n<p>Les nationalistes pr\u00e9tendent que :<\/p>\n<p>\u00ab Les unions, trusts et syndicats dont les gens se plaignent \u00e0 pr\u00e9sent, d\u00e9montrent la possibilit\u00e9 pratique de notre principe fondamental d&#8217;association. Nous cherchons simplement \u00e0 \u00e9tendre un peu plus ce principe en obtenant que toutes les industries travaillent dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat de tous sous la direction de la nation, le peuple organis\u00e9, l&#8217;unit\u00e9 organique du peuple tout entier.<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;organisation industrielle actuelle se prouve d\u00e9fectueuse par les torts immenses qu&#8217;elle engendre ; elle se r\u00e9v\u00e8le comme \u00e9tant absurde par l&#8217;immense gaspillage concomitant d&#8217;\u00e9nergie et de mat\u00e9riel. Contre ce syst\u00e8me, nous \u00e9levons notre protestation : pour abolir le servage qu&#8217;il a op\u00e9r\u00e9 et qu&#8217;il voudrait perp\u00e9tuer, nous engageons nos meilleurs efforts. \u00bb<\/p>\n<p>Sous le titre \u00ab Le Socialisme ou Collectivisme comme rem\u00e8de \u00bb, nous avons indiqu\u00e9 favorablement certains points avantageux, communs aux deux doctrines ; cependant, tout bien consid\u00e9r\u00e9, le Nationalisme est tout \u00e0 fait impraticable, les objections que nous pouvons lui faire \u00e9tant en g\u00e9n\u00e9ral les m\u00eames que celles que nous avons pr\u00e9sent\u00e9es plus haut contre le Communisme. Bien que le Nationalisme ne menace pas, d&#8217;une mani\u00e8re directe comme le Communisme, de d\u00e9truire la famille, la tendance serait<\/p>\n<p>(P 491) s\u00fbrement dans cette direction. Parmi ses d\u00e9fenseurs, se trouvent beaucoup d&#8217;\u00e2mes lib\u00e9rales, philanthropiques, dont certaines ont aid\u00e9, sans esp\u00e9rer d&#8217;avantage personnel, \u00e0 fonder des colonies o\u00f9 les principes du Nationalisme devaient \u00eatre appliqu\u00e9s comme exemples publics. Certaines de ces colonies ont \u00e9t\u00e9 des \u00e9checs complets, et m\u00eame celles qui, sur le plan pratique, ont eu du succ\u00e8s, ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9es de laisser de c\u00f4t\u00e9 des principes nationalistes en faisant affaire avec le monde, en dehors de leurs colonies ; comme on pouvait s&#8217;y attendre, elles ont toutes eu beaucoup de friction interne.. Si, avec \u00ab un seul Seigneur, une seule foi et un seul bapt\u00eame \u00bb les saints de Dieu trouvent difficile de \u00ab garder l&#8217;unit\u00e9 de l&#8217;esprit par le lien de la paix \u00bb et ont besoin d&#8217;\u00eatre exhort\u00e9s \u00e0 se supporter l&#8217;un l&#8217;autre dans l&#8217;amour, comment pourrait-on esp\u00e9rer que des groupes mixtes, n&#8217;ayant aucun esprit semblable pour lien, pourraient r\u00e9ussir \u00e0 vaincre l&#8217;esprit \u00e9go\u00efste du monde, la chair et le diable ?<\/p>\n<p>Plusieurs de ces colonies bas\u00e9es sur le Nationalisme ont \u00e9t\u00e9 fond\u00e9es et ont \u00e9chou\u00e9 au cours des quelques ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es, aux Etats-Unis. L&#8217;un des \u00e9checs les plus connus est celui de la colonie connue sous le nom de Altruria Colony, de Californie, fond\u00e9e par le R\u00e9v. E. B. Payne, sur le principe \u00ab Un pour tous et tous pour un \u00bb. Elle avait de nombreux avantages sur d&#8217;autres colonies en ce qu&#8217;elle choisissait ses membres, n&#8217;acceptant pas n&#8217;importe qui. De plus, elle avait une forme ma\u00e7onnique de pouvoir absolu. Son fondateur, donnant les raisons de l&#8217;\u00e9chec d\u00e9clara, dans l&#8217;Examiner de San-Francisco, en date du 10 d\u00e9cembre 1896 :<\/p>\n<p>\u00ab Altruria n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 un \u00e9chec complet ; &#8230; nous avons d\u00e9montr\u00e9 que la confiance, la bonne volont\u00e9 et la sinc\u00e9rit\u00e9 qui pr\u00e9valurent pour un temps, rendirent la vie communautaire heureuse, et d&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, que la suspicion, l&#8217;envie et des mobiles \u00e9go\u00efstes d\u00e9monisent la nature humaine et ne font pas que la vie m\u00e9rite d&#8217;\u00eatre v\u00e9cue. &#8230; Nous n&#8217;avons pas continu\u00e9 \u00e0 avoir confiance et \u00e0 nous consid\u00e9rer les uns les autres comme nous le faisions d&#8217;abord, mais nous sommes retomb\u00e9s dans les voies du reste du monde. \u00bb<\/p>\n<p>Ce que certaines personnes \u00e9prouvent par exp\u00e9rience, d&#8217;autres le savent par un raisonnement inductif, bas\u00e9 sur la connaissance de la nature<\/p>\n<p>(P 492) humaine. Quiconque a besoin d&#8217;une le\u00e7on sur la futilit\u00e9 d&#8217;esp\u00e9rer quelque chose de ce genre de source alors que l&#8217;\u00e9go\u00efsme gouverne toujours le c\u0153ur humain, peut obtenir son exp\u00e9rience \u00e0 meilleur march\u00e9 en logeant pendant une semaine chacune \u00e0 trois ou quatre pensions de famille de seconde classe.<\/p>\n<p>L&#8217;ENSEIGNEMENT G\u00c9N\u00c9RAL DE LA M\u00c9CANIQUE COMME REM\u00c8DE<\/p>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, dans The Forum, parut un article \u00e9crit par M. Henry Holt, dans lequel il essayait de montrer que l&#8217;enseignement devrait \u00eatre surtout industriel, afin de rendre un technicien capable de passer d&#8217;un travail \u00e0 un autre, autrement dit il devrait \u00ab apprendre une douzaine \u00bb de M\u00e9tiers. Si, pour un temps, ceci pourrait bien aider quelques individus, il est clair qu&#8217;une telle mesure ne r\u00e9soudrait pas le probl\u00e8me. Il est d\u00e9j\u00e0 assez p\u00e9nible \u2022que des pl\u00e2triers et des ma\u00e7ons puissent avoir du travail alors que des cordonniers et des tisserands ch\u00f4ment, mais quel serait le r\u00e9sultat si ces derniers pouvaient aussi ma\u00e7onner et pl\u00e2trer ? La concurrence serait multipli\u00e9e dans tous les m\u00e9tiers, si tous les ch\u00f4meurs pouvaient se disputer les m\u00e9tiers en activit\u00e9. Cependant, ce monsieur traite bien ces deux v\u00e9rit\u00e9s au sujet desquelles il est n\u00e9cessaire d&#8217;\u00eatre enseign\u00e9. Il dit :<\/p>\n<p>\u00ab La v\u00e9rit\u00e9 la plus simple des deux est la n\u00e9cessit\u00e9 in\u00e9vitable, m\u00eame si elle est cruelle, de la s\u00e9lection naturelle. Je ne dis pas sa justice, car la Nature ignore totalement la justice. Ses forces et ses lois frappent impitoyablement et sans rel\u00e2che sous forme de conditions difficiles, mais apr\u00e8s tout, elles font sortir de ces conditions le meilleur de ce qu&#8217;elles peuvent donner. Il est vrai qu&#8217;elle a d\u00e9velopp\u00e9 en nous une intelligence pour diriger un peu sa course, et c&#8217;est en employant cette intelligence que la fonction de la justice se pr\u00e9sente \u00e0 notre consid\u00e9ration_ Cependant, nous ne pouvons diriger la Nature que dans des canaux adapt\u00e9s \u00e0 ses propres courants, sinon nous sommes submerg\u00e9s. Or, aucun de ses canaux n&#8217;est plus large ni plus clairement indiqu\u00e9 que celui de la S\u00e9lection naturelle, et dans l&#8217;exercice de nos quelques libert\u00e9s et privil\u00e8ges, nous ne sommes jamais aussi sages que lorsque nous agissons en accord avec la s\u00e9lection naturelle&#8230; Nous sommes extr\u00eamement plus aptes \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer les d\u00e9magogues, et alors nous souffrons. Le Socialisme propose d&#8217;\u00e9tendre le danger de cette souffrance dans le champ de<\/p>\n<p>(P 493) la production. Actuellement, les grands industriels sont choisis simplement par la s\u00e9lection naturelle \u2014 au moins avec une irr\u00e9gularit\u00e9 tr\u00e8s mod\u00e9r\u00e9e dans l&#8217;action de l&#8217;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9, irr\u00e9gularit\u00e9 qui se dissipe rapidement : si le fils n&#8217;h\u00e9rite pas des aptitudes requises, il cesse bient\u00f4t de survivre. Mais avec la libert\u00e9 croissante de la concurrence, et des facilit\u00e9s croissantes pour des hommes capables sans capitaux, d&#8217;en obtenir, il est r\u00e9ellement vrai que l&#8217;industrie est maintenant dirig\u00e9e par une s\u00e9lection naturelle. A celle-ci, le Socialisme propose de substituer une s\u00e9lection artificielle, et cela par un vote populaire. Une connaissance g\u00e9n\u00e9rale de la sup\u00e9riorit\u00e9 de la m\u00e9thode naturelle gu\u00e9rirait de cette folie.<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;autre v\u00e9rit\u00e9, si difficile \u00e0 communiquer clairement, mais dont n n&#8217;est pas impossible de donner une certaine compr\u00e9hension, est la plus importante. Cela est difficile non pas parce qu&#8217;elle exige une instruction pr\u00e9paratoire mais plut\u00f4t parce que le dogme la combat depuis des milliers d&#8217;ann\u00e9es, et la combat encore. A la plupart de ceux qui lisent ceci, chacune de ces affirmations para\u00eetra probablement \u00e9trange, quand cette v\u00e9rit\u00e9 sera d\u00e9sign\u00e9e sous l&#8217;appellation famili\u00e8re : \u00ab Le r\u00e8gne universel de la Loi \u00bb. Pourtant, c&#8217;est un fait qu&#8217;une foule d&#8217;hommes qui s&#8217;imaginent croire en cette v\u00e9rit\u00e9, prient chaque jour pour qu&#8217;elle ne soit pas vraie, c&#8217;est-\u00e0-dire pour qu&#8217;elle comporte des exceptions en leur faveur. D&#8217;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les gens, les l\u00e9gislateurs, en mati\u00e8re de physiologie, enverraient chercher un docteur ; ou bien, en mati\u00e8re de m\u00e9canisme, demanderaient un m\u00e9canicien ; ou un chimiste pour une question de chimie, et suivraient son avis avec une foi enfantine, mais en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9conomie politique, ils ne veulent aucune autre opinion que la leur. Ils n&#8217;ont aucune id\u00e9e que ces mati\u00e8res, comme des mati\u00e8res physiques, sont sous l&#8217;influence de lois naturelles ; que pour trouver ces lois, ou pour apprendre celles d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9es, il est n\u00e9cessaire de se livrer \u00e0 une \u00e9tude sp\u00e9ciale, et qu&#8217;aller \u00e0 leur encontre par ignorance doit conduire \u00e0 la catastrophe aussi fatalement que -de le faire volontairement&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab D\u00e8s lors, l&#8217;ouvrier a besoin, non seulement de recevoir une instruction concernant sa profession et certains faits \u00e9conomiques, mais \u00e9galement le genre d&#8217;instruction en science et en histoire qui lui donnera une certaine conception de la Loi naturelle. Sur le fondement ainsi fourni, on pourrait \u00e9difier quelque notion sur le moyen de s&#8217;en servir tant dans le domaine social que dans le domaine mat\u00e9riel ; on pourrait \u00e9galement faire comprendre que la loi humaine est futile, ou pire, si elle ne se conforme pas \u00e0 la Loi naturelle gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9tude s\u00e9rieuse et une exp\u00e9rience prudente. Par suite, on aurait la conviction qu&#8217;aucune loi humaine ne saurait faire survivre les incapables, sauf aux<\/p>\n<p>(P 494) d\u00e9pens de quelqu&#8217;un d&#8217;autre, et que le seul moyen de leur permettre de se maintenir \u00e0 leurs propres d\u00e9pens est de leur donner de la capacit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Il est bien que tous apprennent que ces deux lois dominent dans notre organisation sociale actuelle et qu&#8217;il n&#8217;est pas dans le pouvoir de l&#8217;homme de changer la nature ou des lois de la nature ; que, par cons\u00e9quent, il lui est impossible d&#8217;obtenir autre chose qu&#8217;une l\u00e9g\u00e8re modification des conditions sociales actuelles, et qu&#8217;une Il l\u00e9g\u00e8re am\u00e9lioration temporaire. Les lois nouvelles et plus d\u00e9sirables n\u00e9cessaires \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 parfaite, id\u00e9ale, exigeront des puissances surnaturelles pour \u00eatre introduites. Cette le\u00e7on, retenue, aidera \u00e0 produire (au lieu d&#8217;un m\u00e9contentement qui s&#8217;aggrave) \u00ab la pi\u00e9t\u00e9 avec le contentement \u00bb, tout en attendant le Royaume &#8216;de Dieu et en priant : \u00ab Que ton r\u00e8gne vienne, que ta volont\u00e9 soit faite sur la terre comme au ciel \u00bb.<\/p>\n<p>L&#8217;IMP\u00d4T FONCIER COMME REM\u00c8DE<\/p>\n<p>C&#8217;est sans doute parce qu&#8217;il discerna les effets du Communisme, du Nationalisme et du Socialisme, comme cela a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 plus haut, que M. Henry George imagina un plan de quelque m\u00e9rite, connu sous l&#8217;appellation de Doctrine de l&#8217;imp\u00f4t foncier. On peut dire que, par certains c\u00f4t\u00e9s, elle est l&#8217;oppos\u00e9 du Socialisme. Elle pr\u00e9sente de nombreuses caract\u00e9ristiques importantes de l&#8217;Individualisme. Elle laisse l&#8217;individu aux ressources de son propre caract\u00e8re, de ses efforts personnels et de son entourage, sauf qu&#8217;elle pr\u00e9serverait \u00e0 chacun un droit inali\u00e9nable de participation aux bienfaits du Cr\u00e9ateur pour tous : l&#8217;air, l&#8217;eau et la terre. Elle propose tr\u00e8s peu de changements directs \u00e0 l&#8217;organisation sociale. Affirmant que les in\u00e9galit\u00e9s actuelles de fortune, pour autant qu&#8217;elles sont tyranniques et malfaisantes, sont enti\u00e8rement le r\u00e9sultat de la possession priv\u00e9e de la terre, la doctrine propose que toutes les terres deviennent une fois de plus la propri\u00e9t\u00e9 de la race d&#8217;Adam comme un tout ; elle pr\u00e9tend que tous les maux de notre syst\u00e8me social se corrigeraient rapidement d&#8217;eux-m\u00eames. Elle propose que cette redistribution de la terre<\/p>\n<p>(P 495) se fasse, non pas en la partageant proportionnellement entre la famille humaine, mais en la consid\u00e9rant toute comme une immense propri\u00e9t\u00e9 unique, et en permettant \u00e0 chaque personne en tant qu&#8217;habitant d&#8217;en employer autant qu&#8217;elle peut choisir de ce qu&#8217;elle poss\u00e8de, et de percevoir un imp\u00f4t foncier ou une location de chaque occupant, proportionnellement \u00e0 la valeur du terrain (\u00e0 part de la valeur, de ses b\u00e2timents ou autres embellissements). Ainsi, une parcelle de terrain inoccup\u00e9e serait frapp\u00e9e d&#8217;un imp\u00f4t aussi lourd qu&#8217;une autre parcelle voisine b\u00e2tie, et un champ en friche autant que le champ voisin en plein rapport. L&#8217;imp\u00f4t ainsi lev\u00e9 constituerait un fonds -qui servirait pour le bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral : pour les \u00e9coles, les rues, les routes, l&#8217;eau, etc., et pour le gouvernement local et pour le gouvernement g\u00e9n\u00e9ral, d&#8217;o\u00f9 le nom de cette doctrine l&#8217;imp\u00f4t unique, ou foncier.<\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat serait, bien entendu, d&#8217;ouvrir \u00e0 une occupation r\u00e9elle des milliers de terrains en ville et des champs improductifs d\u00e9tenus \u00e0 des fins sp\u00e9culatives. Tous les imp\u00f4ts \u00e9tant r\u00e9duits \u00e0 un imp\u00f4t unique, tous les imp\u00f4ts actuels frappant le b\u00e9tail, les machines, les affaires et les am\u00e9liorations de toutes sortes \u00e9tant supprim\u00e9s et concentr\u00e9s sur les terrains feraient de l&#8217;imp\u00f4t foncier une chose tr\u00e8s importante mais gradu\u00e9e de fa\u00e7on \u00e0 ne pas montrer de favoritisme ; les terres pauvres ou \u00e9loign\u00e9es des routes seraient moins impos\u00e9es en proportion que des terres meilleures et que celles proches des moyens de transport. D&#8217;une mani\u00e8re analogue, les terrains urbains seraient impos\u00e9s selon la valeur, l&#8217;emplacement et les environs.<\/p>\n<p>. Pareille loi, rendue applicable dix ann\u00e9es apr\u00e8s son vote, aurait imm\u00e9diatement pour effet de diminuer les valeurs fonci\u00e8res, et au moment o\u00f9 elle entrerait en vigueur, des millions d&#8217; \u00ab acres \u00bb [1 acre = 40,46 ares environ] et des milliers de terrains urbains seraient accessibles \u00e0 quiconque pourrait s&#8217;en servir et payer les imp\u00f4ts fix\u00e9s. M. Henry George profita du fait que le pape L\u00e9on XIII avait fait une encyclique sur le Travail, pour publier en r\u00e9plique un pamphlet intitul\u00e9 \u00ab Lettre ouverte au pape L\u00e9on XIII \u00bb, etc. Comme ce pamphlet renferme quelques bonnes pens\u00e9es en rapport avec nos sujets, et qu&#8217;il compl\u00e8te<\/p>\n<p>(P 496) la doctrine en discussion, nous en citons de larges extraits :<\/p>\n<p>EXTRAIT D&#8217;UNE LETTRE OUVERTE DE M. HENRY GEORGE<br \/>\nAU PAPE L\u00c9ON XIII,<br \/>\nEN R\u00c9PONSE A L&#8217;ENCYCLIQUE DE CE DERNIER<br \/>\nSUR LA QUESTION EMBARRASSANTE DU TRAVAIL<\/p>\n<p>\u00ab Il nous semble que votre Saintet\u00e9 manque de trouver la r\u00e9elle signification de cette question lorsqu&#8217;elle donne \u00e0 entendre que Christ, en devenant le fils d&#8217;un charpentier et en travaillant lui-m\u00eame comme charpentier, montra simplement \u00ab qu&#8217;il n&#8217;y a pas \u00e0 avoir honte de chercher son pain en travaillant \u00bb. Dire cela c&#8217;est presque dire qu&#8217;en ne volant pas les gens, il montra qu&#8217;il n&#8217;y a pas \u00e0 avoir honte d&#8217;\u00eatre honn\u00eate ! Si vous voulez convenir combien, d&#8217;un point de vue g\u00e9n\u00e9ral, est conforme \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 la classification de tous les hommes en travailleurs, mendiants et voleurs, vous verrez qu&#8217;il \u00e9tait moralement impossible que Christ, durant son s\u00e9jour sur terre, e\u00fbt pu \u00eatre autre chose qu&#8217;un travailleur, \u00e9tant donn\u00e9 que celui qui vint pour accomplir la loi devait dans les actes aussi bien que dans les paroles, ob\u00e9ir \u00e0 la loi divine du travail.<\/p>\n<p>\u00ab Voyez de quelle fa\u00e7on parfaite et admirable la vie de Christ sur terre a illustr\u00e9 cette loi. Quand, dans la faiblesse de l&#8217;enfance, il commen\u00e7a notre vie terrestre comme nous sommes tous appel\u00e9s \u00e0 le faire, Il re\u00e7ut avec amour ce qui, dans l&#8217;ordre naturel, est donn\u00e9 avec amour, savoir la nourriture acquise par le travail qu&#8217;une g\u00e9n\u00e9ration doit \u00e0 ses successeurs imm\u00e9diats. Devenu adulte, il gagna sa propre subsistance par ce travail ordinaire gr\u00e2ce auquel la majorit\u00e9 des hommes doivent la gagner et la gagnent. Ensuite, passant \u00e0 une sph\u00e8re sup\u00e9rieure, tr\u00e8s sup\u00e9rieure de travail, il gagna sa subsistance en enseignant des v\u00e9rit\u00e9s morales et spirituelles, en recevant le salaire mat\u00e9riel dans les offrandes faites par amour de la part d&#8217;auditeurs reconnaissants, et en ne refusant pas le nard de grand prix avec lequel Marie oignit ses pieds. Aussi, quand il choisit ses disciples, il n&#8217;alla pas vers les propri\u00e9taires terriens ou d&#8217;autres accapareurs, mais vers d&#8217;humbles travailleurs. Et lorsqu&#8217;il les appela \u00e0 une sph\u00e8re de travail sup\u00e9rieure et qu&#8217;il les envoya enseigner des v\u00e9rit\u00e9s morales et spirituelles, il leur dit d&#8217;accepter, sans condescendance d&#8217;une part,<\/p>\n<p>(P 497) ou sans se sentir d\u00e9shonor\u00e9 d&#8217;autre part, ce qu&#8217;on leur donnerait affectueusement pour un tel travail, leur disant que \u00ab l&#8217;ouvrier est digne de son salaire \u00bb, montrant ainsi, comme nous le soutenons, que tout travail ne consiste pas en ce qu&#8217;on appelle le travail manuel, mais que quiconque aide \u00e0 augmenter la pl\u00e9nitude de vie mat\u00e9rielle, intellectuelle, morale et spirituelle est \u00e9galement un travailleur (<em>\u00ab On ne doit pas oublier non plus que le chercheur, le philosophe, l&#8217;instituteur ou le professeur, l&#8217;artiste, le po\u00e8te, le pr\u00eatre, bien que non engag\u00e9s dans la production de richesses, sont non seulement occup\u00e9s l, produire des choses utiles et des satisfactions pour lesquelles la production de richesses n&#8217;est seulement qu&#8217;un moyen mais en acqu\u00e9rant le savoir et en le diffusant, en stimulant les facult\u00e9s mentales et en \u00e9levant le sens moral, ils peuvent accro\u00eetre grandement la capacit\u00e9 de produire la richesse. Car l&#8217;homme ne vit pas seulement de pain&#8230; Celui qui, par n&#8217;importe quel exercice de l&#8217;esprit ou du corps, augmente la masse de richesses dont on peut jouir, accro\u00eet la somme de savoir humain, ou donne \u00e0 la vie humaine une plus grande \u00e9l\u00e9vation ou une plus grande pl\u00e9nitude, celui-l\u00e0 est, dans le sens large des termes, un \u00ab producteur \u00bb, un \u00ab ouvrier &#8220;, un \u00ab travail\u00adleur &#8216;, et il gagne loyalement un salaire honn\u00eate. Mais celui qui sans rien faire pour rendre l&#8217;humanit\u00e9 plus riche, plus sage, meilleure, plus heureuse, vit sur le labeur des autres, celui-l\u00e0, quel que soit le titre honorifique qu&#8217;il porte ou quelle que soit la vigueur avec laquelle Ies pr\u00eatres de Mammon peuvent balancer leurs encensoirs devant lui, n&#8217;est, en. derni\u00e8re analyse, qu&#8217;un mendiant ou un voleur. \u00bb<\/em>).<\/p>\n<p>\u00ab En admettant que des ouvriers, pr\u00e9cis\u00e9ment des travailleurs manuels ordinaires, sont naturellement pauvres, vous ignorez le fait que le travail est le producteur de richesse, et vous attribuez \u00e0 la loi naturelle du. Cr\u00e9ateur une injustice qui provient de la violation impie par l&#8217;homme de la bienveillante intention divine. Dans l&#8217;\u00e9tat le plus primitif des techniques, il est possible, l\u00e0 o\u00f9 pr\u00e9vaut la justice, \u00e0 tous les hommes valides de gagner leur vie. Avec les instruments de notre temps qui \u00e9conomisent la main-d\u2019\u0153uvre, il devrait \u00eatre possible \u00e0 tous de gagner davantage. Ainsi, en d\u00e9clarant que la pauvret\u00e9 n&#8217;est pas une honte, vous exprimez une implication d\u00e9raisonnable. Car la pauvret\u00e9 devrait \u00eatre une honte, parce que dans une condition de justice sociale, la pau\u00advret\u00e9 non impos\u00e9e par une malchance in\u00e9vitable, impliquerait l&#8217;insouciance ou la paresse.<\/p>\n<p>\u00ab La sympathie de votre Saintet\u00e9 semble s&#8217;adresser exclusivement aux pauvres, aux travailleurs. Cela devrait-il \u00eatre ainsi ? Ne devrait-on pas avoir piti\u00e9 \u00e9galement des riches oisifs ? D&#8217;apr\u00e8s l&#8217;Evangile, ce sont les riches plut\u00f4t que les pauvres qui sont \u00e0 plaindre. A quiconque croit en une vie future, la condition de celui qui se r\u00e9veille pour trouver que les millions qu&#8217;il ch\u00e9rissait ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s \u00e0 sa mort, doit para\u00eetre digne de compassion. Pourtant, m\u00eame dans la vie pr\u00e9sente, combien les riches sont vraiment pitoyables. Le mal n&#8217;est pas dans la richesse elle-m\u00eame \u2014<\/p>\n<p>(P 498) dans sa domination sur les choses mat\u00e9rielles ; il est dans la possession de richesses tandis que d&#8217;autres sont plong\u00e9s dans la pauvret\u00e9 &#8216; \u2022 il est dans le fait que son possesseur est au-dessus de tout contact avec la vie de l&#8217;humanit\u00e9, de son travail et de ses luttes, de ses esp\u00e9rances et de ses craintes, et pardessus tout, de l&#8217;amour qui adoucit la vie, des sympathies bienveillantes et des actes g\u00e9n\u00e9reux qui fortifient la foi en l&#8217;homme et la confiance en Dieu. Remarquez comment les riches voient le c\u00f4t\u00e9 mesquin de la nature humaine ; comment ils sont entour\u00e9s de flatteurs et de parasites ; comment ils trouvent des instruments pr\u00eats non seulement \u00e0 assouvir leurs m\u00e9chantes impulsions, mais encore \u00e0 les inspirer et \u00e0 les stimuler ; comment ils doivent \u00eatre constamment sur leurs gardes de peur d&#8217;\u00eatre escroqu\u00e9s ; comment ils doivent souvent soup\u00e7onner une arri\u00e8re-pens\u00e9e derri\u00e8re une bonne action ou une parole amicale ; comment, s&#8217;ils essaient d&#8217;\u00eatre g\u00e9n\u00e9reux, ils sont assaillis par des mendiants impudents et des imposteurs intrigants ; comment les affections de famille, sont souvent froides \u00e0 leur \u00e9gard, et leur mort anticip\u00e9e avec une joie mal dissimul\u00e9e dans l&#8217;attente de poss\u00e9der leurs richesses. Le pire mal de la pauvret\u00e9 n&#8217;est pas dans le d\u00e9sir des choses mat\u00e9rielles, mais dans l&#8217;arr\u00eat de la croissance des plus hautes qualit\u00e9s et leur d\u00e9formation. De m\u00eame, bien que d&#8217;une autre mani\u00e8re, la possession de richesses imm\u00e9rit\u00e9es emp\u00eache ce qu&#8217;il y a de plus noble dans l&#8217;homme de se d\u00e9velopper et le d\u00e9forme.<\/p>\n<p>\u00ab On ne peut pas \u00e9chapper impun\u00e9ment aux commandements de Dieu. Si Dieu a command\u00e9 que les hommes doivent gagner leur pain par le travail, les riches oisifs doivent souffrir. Et ils souffrent. Voyez le d\u00e9s\u0153uvrement absolu de ceux qui vivent pour le plaisir ; voyez les vices odieux engendr\u00e9s dans une classe qui, entour\u00e9e par la pauvret\u00e9, est repue de richesses. Voyez ce terrible ch\u00e2timent de l&#8217;ennui que les pauvres connaissent si peu qu&#8217;ils ne peuvent pas le comprendre ; voyez le pessimisme qui cro\u00eet parmi les classes riches, qui exclut Dieu, qui m\u00e9prise les hommes, qui consid\u00e8re l&#8217;existence en elle-m\u00eame comme un mal, et qui, craignant la mort, aspire cependant \u00e0 l&#8217;an\u00e9antissement.<\/p>\n<p>\u00ab Lorsque Christ dit au jeune homme riche qui le cherchait, de vendre tout ce qu&#8217;il avait et de le donner aux pauvres, ce n&#8217;est pas aux pauvres qu&#8217;il pensait, mais au jeune homme. Et &#8216;je ne doute pas que, parmi les riches et sp\u00e9cialement ceux qui sont parvenus \u00e0 la richesse, il s&#8217;en trouve beaucoup qui, parfois, du moins, sentent am\u00e8rement la folie de leurs richesses et craignen4 les dangers et les tentations auxquels ces richesses exposent leurs enfants. Mais la force d&#8217;une longue habitude, les suggestions de l&#8217;orgueil, l&#8217;excitation de gagner et de maintenir, ce qui est devenu pour eux<\/p>\n<p>(P 499) comme les jetons d&#8217;un jeu de cartes, les demandes de la famille qui ont pris le caract\u00e8re de droits, et la difficult\u00e9 r\u00e9elle qu&#8217;ils \u00e9prouvent \u00e0 faire un bon usage quelconque de , leur richesse, les encha\u00eenent \u00e0 leur fardeau comme un \u00e2ne fatigu\u00e9 sous le b\u00e2t, jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;ils tr\u00e9buchent dans le pr\u00e9cipice qui limite cette vie.<\/p>\n<p>\u00ab Les hommes qui sont certains d&#8217;avoir la nourriture quand ils en auront besoin, ne mangent que selon leur app\u00e9tit. Mais pour les tribus clairsem\u00e9es qui existent \u00e0 la limite des terres habit\u00e9es, la vie est soit une famine, soit un festin. Supportant la faim pendant des jours, la crainte de manquer les pousse \u00e0 se gorger comme des anacondas quand ils ont r\u00e9ussi \u00e0 trouver du gibier. Et ainsi, ce qui donne \u00e0 la richesse sa mal\u00e9diction est ce qui am\u00e8ne les hommes \u00e0 la rechercher, ce qui la fait tant envi\u00e9e et, admir\u00e9e : la crainte de manquer. De m\u00eame que les trop riches sont le corollaire des trop pauvres, ainsi ce qui, chez les riches, d\u00e9truit l&#8217;\u00e2me n&#8217;est que le r\u00e9flexe de l&#8217;indigence qui abrutit et d\u00e9grade. Le mal v\u00e9ritable se trouve dans &#8220;injustice d&#8217;o\u00f9 proviennent tant la possession anormale que la privation anormale.<\/p>\n<p>\u00ab Pourtant, on peut difficilement accuser des individus ou des choses de cette injustice. L&#8217;existence de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re priv\u00e9e est un grand mal social dont souffre la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, et dont les tr\u00e8s riches et les tr\u00e8s pauvres sont \u00e9galement des victimes, bien qu&#8217;aux extr\u00eames oppos\u00e9s. Etant donn\u00e9 ceci, il nous semble comme une violation de la charit\u00e9 chr\u00e9tienne de parler des riches comme s&#8217;ils \u00e9taient individuellement responsables des souffrances des pauvres. Pourtant, tout en faisant cela, vous insistez en disant qu&#8217;on ne doit pas toucher \u00e0 la cause d&#8217;une richesse monstrueuse et d&#8217;une pauvret\u00e9 d\u00e9gradante. Voici un homme portant une excroissance dangereuse et qui le d\u00e9figure. Un m\u00e9decin dit avec bont\u00e9, avec bienveillance, mais avec fermet\u00e9 qu&#8217;il voudrait l&#8217;enlever. Un autre docteur insiste pour qu&#8217;on ne l&#8217;enl\u00e8ve pas, mais dans le m\u00eame temps expose la victime \u00e0 l&#8217;aversion et au ridicule. Lequel des deux m\u00e9decins a raison ?<\/p>\n<p>En cherchant \u00e0 r\u00e9tablir tous les hommes dans leurs droits \u00e9gaux et naturels, nous ne cherchons pas le bien d&#8217;une classe, mais de toutes, car nous savons par la foi et nous le voyons par les faits, que l&#8217;injustice ne peut profiter \u00e0 personne et que la justice doit profiter \u00e0 tous.<\/p>\n<p>Nous ne cherchons pas non plus une, \u00ab \u00e9galit\u00e9 futile et ridicule \u00bb quelconque&#8230; L&#8217;\u00e9galit\u00e9 que&#8217; nous voudrions apporter n&#8217;est pas l&#8217;\u00e9galit\u00e9 de fortune, mais l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des chances qui s&#8217;offrent naturellement&#8230;<\/p>\n<p>En prenant, pour les usages de la soci\u00e9t\u00e9, ce qui, nous le voyons clairement, est le grand fonds que l&#8217;ordre divin a destin\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, nous ne l\u00e8verions pas le moindre imp\u00f4t sur les possesseurs<\/p>\n<p>(P 500) de richesses, quelle que soit l&#8217;\u00e9tendue de ces richesses. Non seulement nous estimons que de tels imp\u00f4ts sont une violation du droit de la propri\u00e9t\u00e9, mais nous voyons que, en vertu des magnifiques adaptations dans les lois \u00e9conomiques du Cr\u00e9ateur, il est impossible pour quiconque d&#8217;acqu\u00e9rir honn\u00eatement la richesse sans augmenter en m\u00eame temps la richesse du monde&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dans l&#8217;Encyclique, votre Saintet\u00e9 donne un exemple de cela. D\u00e9niant l&#8217;\u00e9galit\u00e9 de droit au fondement mat\u00e9riel de la vie, et conscient cependant qu&#8217;il y a un droit de vivre, vous revendiquez le droit des travailleurs \u00e0 l&#8217;emploi, et leur droit de recevoir de leurs employeurs un certain salaire ind\u00e9fini. Aucun de ces droits n&#8217;existe. Personne n&#8217;a le droit d&#8217;exiger qu&#8217;un autre l&#8217;emploie, ou d&#8217;exiger un salaire plus \u00e9lev\u00e9 .que celui que l&#8217;autre consent \u00e0 lui donner, ou en aucune mani\u00e8re de faire pression sur un autre pour l&#8217;obliger, contre sa volont\u00e9, d&#8217;augmenter ce salaire. Il ne , peut y avoir aucune meilleure justification morale \u00e0 de telles exigences de la part des ouvriers \u00e0 l&#8217;encontre des employeurs qu&#8217;il n&#8217;y en aurait de la part des employeurs d&#8217;exiger que des ouvriers soient oblig\u00e9s de travailler pour eux quand ils ne le veulent pas et d&#8217;accepter un salaire inf\u00e9rieur \u00e0 celui qu&#8217;ils d\u00e9sirent recevoir. Toute pr\u00e9tendue justification provient d&#8217;une injustice ant\u00e9rieure, le refus aux ouvriers de leurs droits naturels&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Christ a justifi\u00e9 David qui, press\u00e9 par la faim, commit ce qui, ordinairement, e\u00fbt \u00e9t\u00e9 un sacril\u00e8ge, en prenant du temple les pains de proposition. Mais en faisant cela, Christ \u00e9tait loin de dire que d\u00e9valiser des temples \u00e9tait un moyen convenable de gagner sa vie.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;Encyclique, cependant, vous recommandez l&#8217;application aux rapports ordinaires de la vie, dans des conditions normales, de principes qui, dans la morale, ne doivent \u00eatre que tol\u00e9r\u00e9s dans des conditions extraordinaires. Vous \u00eates amen\u00e9 \u00e0 cette revendication de faux droits par, votre refus des vrais droits. Le droit naturel que chaque homme a n&#8217;est pas celui d&#8217;exiger un emploi ou un salaire d&#8217;un autre homme, c&#8217;est celui de s&#8217;employer lui-m\u00eame, celui de donner toute son attention, par son propre travail au d\u00e9p\u00f4t in\u00e9puisable que le Cr\u00e9ateur a pourvu pour tous les hommes, la terre (ici, le terrain \u00e0 b\u00e2tir ou \u00e0 cultiver \u2014 Trad.). Si ce d\u00e9p\u00f4t \u00e9tait ouvert, comme nous voudrions l&#8217;ouvrir gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;imp\u00f4t unique, l&#8217;exigence naturelle d&#8217;avoir du travail suivrait l&#8217;offre, l&#8217;homme qui vendait son travail et l&#8217;homme qui l&#8217;achetait feraient d\u00e9sormais un libre \u00e9change \u00e0 leur avantage mutuel, et toute cause de querelle entre<\/p>\n<p>(P 501) ouvrier et employeur dispara\u00eetrait. D\u00e8s lors, tous \u00e9tant libres de s&#8217;employer eux-m\u00eames, la pure et simple occasion de travailler cesserait de para\u00eetre une faveur, et comme personne ne voudrait travailler, toutes choses consid\u00e9r\u00e9es, pour moins qu&#8217;il pourrait gagner en travaillant pour lui-m\u00eame, les salaires monteraient \u00e0 leur pleine valeur, et les rapports entre ouvrier et employeur seraient r\u00e9gl\u00e9s par l&#8217;int\u00e9r\u00eat et la convenance mutuels.<\/p>\n<p>C&#8217;est de cette seule mani\u00e8re que ces rapports peuvent \u00eatre r\u00e9gl\u00e9s \u00e0 la satisfaction de tous.<\/p>\n<p>Votre Saintet\u00e9 para\u00eet supposer qu&#8217;il y a un certain juste taux de salaire que les employeurs devraient consentir \u00e0 payer et que les ouvriers devraient \u00eatre contents de recevoir, et imaginer que si cela se r\u00e9alisait, ce serait la fin de toute lutte. Ce taux, vous pensez \u00e9videmment qu&#8217;il pourrait donner aux ouvriers une existence sobre, et qu&#8217;il leur permettrait peut-\u00eatre, par un rude travail et une stricte \u00e9conomie, de mettre un petit quelque chose de c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p>Mais comment peut-on fixer un juste taux des salaires sans le \u00ab marchandage habituel \u00bb plus qu&#8217;on ne peut le faire pour le juste prix du bl\u00e9 ou des porcs ou des navires ou des peintures ? Et une r\u00e9glementation arbitraire, dans l&#8217;un comme. dans l&#8217;autre cas, ne mettrait-elle pas en \u00e9chec ce jeu combin\u00e9 qui favorise d&#8217;une mani\u00e8re la plus effective l&#8217;ajustement \u00e9conomique des forces productives ? Pourquoi des acheteurs de travail, pas plus que des acheteurs de produits, devraient-ils \u00eatre oblig\u00e9s de payer des prix plus \u00e9lev\u00e9s que dans un march\u00e9 libre ? Pourquoi ceux qui vendent le travail devraient-ils se contenter de recevoir des prix inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux qu&#8217;ils peuvent obtenir dans un march\u00e9 libre ? Pourquoi des ouvriers devraient-ils se contenter d&#8217;une nourriture frugale quand le monde est si riche ? Pourquoi devraient-ils se satisfaire de toute une vie de labeur et de restriction quand le monde est si plein de ressources ? Pourquoi ne devraient-ils pas, eux aussi, d\u00e9sirer satisfaire les instincts sup\u00e9rieurs, les go\u00fbts plus raffin\u00e9s ? Pourquoi devraient-ils \u00e0 jamais se contenter de voyager en seconde classe quand d&#8217;autres trouvent la premi\u00e8re plus agr\u00e9able ?<\/p>\n<p>Ils ne le feront d&#8217;ailleurs pas. L&#8217;effervescence de notre \u00e9poque ne vient pas purement et simplement du fait que les ouvriers trouvent plus p\u00e9nible de vivre au m\u00eame niveau de confort. Elle est \u00e9galement due, et peut-\u00eatre plus -grandement encore, \u00e0 l&#8217;augmentation de leurs d\u00e9sirs d&#8217;avoir un niveau am\u00e9lior\u00e9 de confort. Cette augmentation &#8216;de d\u00e9sir doit continuer, car les ouvriers sont des hommes, et l&#8217;homme est un animal inassouvi.<\/p>\n<p>L&#8217;homme n&#8217;est pas un b\u0153uf dont on pourrait dire : tant<\/p>\n<p>(P 502) d&#8217;herbe, tant de grain, tant d&#8217;eau, et un peu de set, et il sera content. Plus l&#8217;homme re\u00e7oit, plus il d\u00e9sire ardemment. Quand il a suffisamment de nourriture, alors il d\u00e9sire une nourriture meilleure. Quand il obtient un abri, alors il en veut un autre plus commode et plus \u00e9l\u00e9gant. Quand ses besoins naturels sont satisfaits, alors naissent des d\u00e9sirs mentaux et spirituels.<\/p>\n<p>Ce m\u00e9contentement incessant fait partie de la nature de l&#8217;homme, de cette nature plus noble qui l&#8217;\u00e9l\u00e8ve au-dessus des animaux par un ab\u00eeme aussi incommensurable, et montre qu&#8217;il est vraiment cr\u00e9\u00e9 \u00e0 la ressemblance de Dieu. On ,ne doit pas trouver \u00e0 redire \u00e0 ce m\u00e9contentement, car il est le moteur de tout progr\u00e8s. C&#8217;est cela qui a dress\u00e9 le d\u00f4me de Saint-Pierre, et qui, sur une toile terne et sans vie, a fait rayonner le visage ang\u00e9lique de la Madone ; c&#8217;est cela qui a pes\u00e9 des ,soleils, analys\u00e9 des \u00e9toiles et ouvert page par page les \u0153uvres merveilleuses de l&#8217;intelligence cr\u00e9atrice ; c&#8217;est cela qui a r\u00e9tr\u00e9ci l&#8217;Atlantique jusqu&#8217;\u00e0 en faire une travers\u00e9e de l&#8217;oc\u00e9an en bac et a domestiqu\u00e9 l&#8217;\u00e9clair pour transporter nos messages dans les contr\u00e9es les plus recul\u00e9es ; c&#8217;est cela qui ouvre devant nous des possibilit\u00e9s en comparaison desquelles tout ce que notre civilisation moderne a accompli jusqu&#8217;ici para\u00eet petit. On ne pourrait pas le r\u00e9primer non plus sinon en avilissant et en abrutissant les hommes, en faisant de l&#8217;Europe une autre Asie.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;on atteigne un salaire qui peut \u00eatre gagn\u00e9 quand toutes les restrictions sur le travail sont lev\u00e9es, et qu&#8217;on assure \u00e0 tous l&#8217;acc\u00e8s aux opportunit\u00e9s naturelles sur un pied d&#8217;\u00e9galit\u00e9, il est impossible de fixer un taux quelconque de salaires qui sera estim\u00e9 juste, ou un taux quelconque de salaires qui puisse \u00e9viter aux ouvriers de lutter pour gagner davantage. Loin que cela rende les ouvriers plus contents d&#8217;am\u00e9liorer un peu leur condition, cela les rendra certainement plus m\u00e9contents encore.<\/p>\n<p>Vous ne demandez pas non plus la justice, lorsque vous invitez les employeurs \u00e0 payer \u00e0 leurs ouvriers plus qu&#8217;ils ne sont oblig\u00e9s de le faire, plus qu&#8217;ils ne pourraient en obliger d&#8217;autres \u00e0 faire le travail pour ce salaire. Vous demandez la charit\u00e9, car le surplus que le riche employeur donne de cette mani\u00e8re n&#8217;est pas en r\u00e9alit\u00e9 un salaire, c&#8217;est essentiellement une aum\u00f4ne.<\/p>\n<p>En parlant des mesures pratiques pour l&#8217;am\u00e9lioration de la condition du travail que votre Saintet\u00e9 sugg\u00e8re, je n&#8217;ai pas mentionn\u00e9 ce sur quoi vous mettez beaucoup d&#8217;insistance, la charit\u00e9. Il n&#8217;y a pourtant rien de pratique dans de telles recommandations pour rem\u00e9dier \u00e0 la pauvret\u00e9, et personne ne voudra non plus les consid\u00e9rer comme l&#8217;\u00e9tant. S&#8217;il \u00e9tait possible de supprimer la pauvret\u00e9 en faisant des aum\u00f4nes, il n&#8217;y aurait plus de pauvret\u00e9 dans la chr\u00e9tient\u00e9.<\/p>\n<p>(P 503)<\/p>\n<p>La charit\u00e9 est vraiment une noble et belle vertu, agr\u00e9able pour l&#8217;homme et approuv\u00e9e de Dieu. Mais la charit\u00e9 doit \u00eatre \u00e9difi\u00e9e sur la justice. Elle ne peut pas supplanter la justice.<\/p>\n<p>Ce qui est mal dans la condition du travail \u00e0 travers le monde chr\u00e9tien, c&#8217;est que le travail est frustr\u00e9 en partie. Aussi longtemps que vous justifiez la continuation de cette frustration, il est vain de recommander la charit\u00e9. Le faire, recommander la charit\u00e9 pour remplacer la justice, c&#8217;est en v\u00e9rit\u00e9 quelque chose de semblable en essence \u00e0 ces h\u00e9r\u00e9sies, condamn\u00e9es par vos pr\u00e9d\u00e9cesseurs, qui enseignaient que l&#8217;\u00e9vangile avait supplant\u00e9 la loi, et que l&#8217;amour de Dieu exemptait les hommes des obligations morales.<\/p>\n<p>\u00ab Tout ce que la charit\u00e9 peut faire o\u00f9 l&#8217;injustice existe est, ici et l\u00e0, d&#8217;adoucir quelque peu les effets de l&#8217;injustice. Elle ne peut pas y porter rem\u00e8de. Et m\u00eame le peu qu&#8217;elle peut faire pour adoucir les effets de l&#8217;injustice n&#8217;est-il pas exempt de mal ; en effet, ce qu&#8217;on peut appeler ici les vertus superpos\u00e9es, comme dans ce sens, des vertus secondaires, produisent du mal lorsque sont absentes les vertus fondamentales ou primaires. Ainsi, la sobri\u00e9t\u00e9 est une vertu, et la diligence est une vertu. Pourtant un voleur sobre et diligent est d&#8217;autant plus dangereux. De m\u00eame la patience est une vertu. Mais exercer la patience devant le mal, c&#8217;est fermer les yeux sur le mal. Ainsi, c&#8217;est une vertu de rechercher la connaissance et de s&#8217;efforcer de cultiver ses facult\u00e9s mentales. Mais l&#8217;homme m\u00e9chant devient plus capable de faire le mal \u00e0 cause de son intelligence. En pensant \u00e0 des d\u00e9mons, nous pensons toujours \u00e0 des \u00eatres intelligents.<\/p>\n<p>\u00ab C&#8217;est ainsi que la pseudo-charit\u00e9 qui rejette et refuse d&#8217;accorder la justice produit du mal. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9, elle d\u00e9moralise ceux qui la re\u00e7oivent en outrageant cette dignit\u00e9 humaine que, selon vos paroles, \u00ab Dieu lui-m\u00eame traite avec respect \u00bb ; elle transforme en mendiants et en indigents des hommes qui, pour devenir des citoyens qui subviennent \u00e0 eux-m\u00eames et se respectent, n&#8217;ont seulement besoin qu&#8217;on leur rende ce que Dieu leur a donn\u00e9. D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, elle agit comme un calmant sur la conscience de ceux qui vivent en volant leur prochain, et nourrit cette illusion morale et cet orgueil spirituel que Christ avait sans doute \u00e0 l&#8217;esprit lorsqu&#8217;il d\u00e9clara qu&#8217;il est plus facile pour un chameau de passer par un trou d&#8217;aiguille qu&#8217;un riche d&#8217;entrer dans le royaume des cieux. Car elle conduit les hommes, plong\u00e9s dans l&#8217;injustice, employant leur argent et leur influence \u00e0 soutenir l&#8217;injustice, \u00e0 penser qu&#8217;en faisant l&#8217;aum\u00f4ne, ils font quelque chose de plus que ce qu&#8217;ils doivent \u00e0 l&#8217;homme et m\u00e9ritent l&#8217;approbation de Dieu, et d&#8217;une mani\u00e8re vague \u00e0 attribuer \u00e0 leur bont\u00e9 personnelle ce qui,<\/p>\n<p>(P 504) en r\u00e9alit\u00e9, appartient \u00e0 la bont\u00e9 de Dieu. Car, r\u00e9fl\u00e9chissez : quel est Celui qui pourvoit \u00e0 tout ? Quel est Celui qui, comme vous dites, \u00ab doit \u00e0 l&#8217;homme un d\u00e9p\u00f4t qui ne manquera jamais \u00bb et qu&#8217; \u00ab il trouve seulement dans la fertilit\u00e9 in\u00e9puisable de la terre \u00bb ? N&#8217;est-ce pas Dieu ? Et donc, quand des hommes priv\u00e9s de la lib\u00e9ralit\u00e9 de Dieu, d\u00e9pendent de celle de leurs semblables, ces cr\u00e9atures ne se mettent-elles pas, pour ainsi dire, \u00e0 la place de Dieu pour s&#8217;attribuer \u00e0 elles-m\u00eames l&#8217;acquittement d&#8217;obligations qui, selon vous, reviennent \u00e0 Dieu ?<\/p>\n<p>Mais ce qui est peut-\u00eatre pire que tout autre chose. c&#8217;est la mani\u00e8re dans laquelle cette substitution de vagues injonctions \u00e0 la charit\u00e9 au lieu d&#8217;exigences pr\u00e9cises de la justice d\u00e9couvre un moyen facile pour les soi-disant professeurs de la religion chr\u00e9tienne de toutes les branches et confessions, d&#8217;apaiser Mammon tout en se persuadant qu&#8217;ils sont en train de servir Dieu.<\/p>\n<p>Non, votre Saintet\u00e9, comme la foi sans des \u0153uvres est morte, comme les hommes ne peuvent donner \u00e0 Dieu son d\u00fb tout en refusant \u00e0 leur prochain les droits qu&#8217;il lui a donn\u00e9s, ainsi la charit\u00e9, non bas\u00e9e sur la justice, ne peut rien faire pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me de la condition du travail qui existe maintenant. M\u00eame si les riches allaient jusqu&#8217;\u00e0 \u00ab distribuer tous leurs biens afin de nourrir les pauvres, et livrer leurs corps pour \u00eatre br\u00fbl\u00e9s \u00bb, la pauvret\u00e9 persisterait ainsi que la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re.<\/p>\n<p>Prenez le cas d&#8217;un homme riche d&#8217;aujourd&#8217;hui qui est honn\u00eatement d\u00e9sireux de consacrer sa fortune pour am\u00e9\u00adliorer la condition du travail. Que peut-il faire ?<\/p>\n<p>Consacrer sa fortune \u00e0 ceux qui en ont besoin ? Il peut en aider certains qui le m\u00e9ritent, mais il n&#8217;am\u00e9liorera pas les conditions g\u00e9n\u00e9rales, et contre le bien qu&#8217;il peut faire, il y aura le danger de causer du tort.<\/p>\n<p>B\u00e2tir des \u00e9glises ? C&#8217;est \u00e0 l&#8217;ombre des \u00e9glises que la pauvret\u00e9 se corrompt, et le vice qui en r\u00e9sulte se r\u00e9pand.<\/p>\n<p>B\u00e2tir des \u00e9coles et des coll\u00e8ges ? Sauf que cela peut amener les hommes \u00e0 discerner l&#8217;iniquit\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re priv\u00e9e, l&#8217;augmentation de l&#8217;instruction ne peut rien accomplir pour de simples ouvriers, car au fur et \u00e0 mesure que se r\u00e9pand l&#8217;instruction, la r\u00e9tribution de l&#8217;instruction diminue.<\/p>\n<p>Fonder des h\u00f4pitaux ? Eh bien ! Il appara\u00eet d\u00e9j\u00e0 aux ouvriers qu&#8217;il y a trop de gens qui cherchent du travail, et que sauver et prolonger la vie ne fait qu&#8217;ajouter \u00e0 la pression.<\/p>\n<p>Construire des habitations mod\u00e8les ? A moins de diminuer le prix de revient des installations, il ne fera qu&#8217;en \u00e9carter la classe qu&#8217;il voudrait<\/p>\n<p>(P 505) avantager, et s&#8217;il diminue le prix de revient des installations, il en am\u00e8ne davantage \u00e0 chercher du travail et il r\u00e9duit les salaires.<\/p>\n<p>Installer des laboratoires, des \u00e9coles scientifiques, des usines pour des exp\u00e9riences physiques ? Il le fait que stimuler l&#8217;invention et la d\u00e9couverte, ces forces m\u00eames qui, agissant sur une soci\u00e9t\u00e9 bas\u00e9e sur la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re priv\u00e9e, sont en train d&#8217;\u00e9craser le travail comme entre la meule sup\u00e9rieure et la meule inf\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Favoriser l&#8217;\u00e9migration des pays o\u00f9 les salaires sont bas vers les pays o\u00f9 les salaires sont quelque peu sup\u00e9rieurs ? S&#8217;il le fait, m\u00eame ceux qu&#8217;il a d&#8217;abord aid\u00e9s \u00e0 \u00e9migrer se tourneront bient\u00f4t vers lui pour exiger qu&#8217;une telle \u00e9migration cesse parce qu&#8217;elle r\u00e9duit leur salaire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Abandonner ce qu&#8217;il peut poss\u00e9der de terre, ou refuser le loyer qu&#8217;il pourrait en recevoir, ou la louer moins ch\u00e8re que le prix du march\u00e9 ? Il fera purement et simplement de nouveaux propri\u00e9taires fonciers ou des propri\u00e9taires fonciers partiels ; il peut enrichir certains individus, mais il ne fera rien pour am\u00e9liorer la condition g\u00e9n\u00e9rale du travail.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ou bien, se souvenant de ces citoyens d&#8217;antan, d\u00e9vou\u00e9s \u00e0 la chose publique, qui d\u00e9pensaient d&#8217;\u00e9normes sommes pour embellir leurs cit\u00e9s natales, essaiera-t-il d&#8217;embellir la ville de sa naissance ou sa ville d&#8217;adoption ? Qu&#8217;il \u00e9largisse et redresse des rues \u00e9troites et tortueuses, qu&#8217;il construise des parcs et \u00e9difie des fontaines, qu&#8217;il installe des tramways et des voies ferr\u00e9es, ou que de toutes autres fa\u00e7ons, il rende sa ville pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e belle et attrayante, et quel en sera le r\u00e9sultat ? Ceux qui s&#8217;approprient la lib\u00e9ralit\u00e9 de Dieu, ne faut-il pas que ce soit eux \u00e9galement qui s&#8217;approprient la lib\u00e9ralit\u00e9 du m\u00e9c\u00e8ne ? Cela n&#8217;occasionnera-t-il pas une hausse de la valeur du terrain, et le r\u00e9sultat net de ses bienfaits ne sera-t-il pas une aug\u00admentation des loyers et une lib\u00e9ralit\u00e9 aux propri\u00e9taires fonciers ? Voyons ! Le simple fait d&#8217;annoncer qu&#8217;il est sur le point de faire ces choses provoquera la sp\u00e9culation et fera monter la valeur du terrain, \u00e0 une vitesse surprenante.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Alors, l&#8217;homme riche peut-il am\u00e9liorer la condition du travail ?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il ne peut rien faire du tout sauf d&#8217;employer sa force pour abolir la premi\u00e8re grande injustice qui frustre les hommes de leur droit de naissance. La justice de Dieu se moque des tentatives que font les hommes de lui substituer autre chose. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0*\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0*<\/p>\n<p>Tandis que, dans un cadre \u00e9troit, le trade-unionisme favorise l&#8217;id\u00e9e de la r\u00e9ciprocit\u00e9 des int\u00e9r\u00eats, et aide souvent<\/p>\n<p>(P 506) \u00e0 exciter le courage et \u00e0 augmenter l&#8217;instruction politique, et tandis qu&#8217;il a permis \u00e0 des classes limit\u00e9es de travailleurs d&#8217;am\u00e9liorer quelque peu leur condition, et \u00e0 obtenir pour ainsi dire le temps de respirer, cependant il ne remarque pas du tout les. causes g\u00e9n\u00e9rales qui d\u00e9terminent les conditions de travail, et il lutte pour \u00e9lever seulement une petite partie du grand corps par des moyens qui ne peuvent aider le reste. Visant \u00e0 restreindre la concurrence \u2014 la limitation du droit au travail \u2014 ses m\u00e9thodes sont comme celles d&#8217;une arm\u00e9e, lesquelles m\u00eame dans une cause juste sont subversives de la libert\u00e9, et sujettes aux abus tandis que son arme, la gr\u00e8ve, est destructrice dans sa nature \u00e0 la fois aux combattants et aux non-combattants, \u00e9tant une forme de guerre passive. Appliquer le principe des trade-unions \u00e0 toute l&#8217;industrie, comme certains r\u00eavent de la faire, serait asservir les hommes dans un syst\u00e8me de caste.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ou bien, prenez m\u00eame des mesures mod\u00e9r\u00e9es telles que la limitation des heures de travail et du travail des femmes et des enfants. Elles sont superficielles parce qu&#8217;elles ne consid\u00e8rent que l&#8217;avidit\u00e9 de la part d&#8217;hommes, de femmes et d&#8217;enfants \u00e0 travailler ind\u00fbment, et qu&#8217;elles leur proposent par la force de restreindre les heures suppl\u00e9mentaires tout en ignorant totalement la cause de leur surmenage, savoir l&#8217;aiguillon de la pauvret\u00e9 qui y oblige des \u00eatres humains. De plus, les m\u00e9thodes par lesquelles ces restrictions doivent \u00eatre appliqu\u00e9es, multiplient les employ\u00e9s, contrarient la libert\u00e9 personnelle, tendent \u00e0 la corruption et sont passibles d&#8217;abus.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quant \u00e0 l&#8217;application g\u00e9n\u00e9rale du socialisme qui doit \u00eatre le plus honor\u00e9 comme ayant le courage de ses convictions, elle porterait ces vices \u00e0 leur pleine expression. Tirant des conclusions h\u00e2tives, sans s&#8217;efforcer de d\u00e9couvrir les causes, le socialisme ne r\u00e9ussit pas \u00e0 discerner que l&#8217;oppression ne vient pas de la nature du capital, mais de l&#8217;injustice qui frustre le capital de son travail en le s\u00e9parant de la terre, et qui cr\u00e9e un capital fictif lequel est r\u00e9ellement un monopole de capitaux. Il ne r\u00e9ussit pas \u00e0 comprendre qu&#8217;il serait impossible au capital d&#8217;opprimer le travail si celui-ci avait libre acc\u00e8s aux mati\u00e8res naturelles de production ; que le syst\u00e8me du salaire en lui-m\u00eame r\u00e9sulte d&#8217;un avantage mutuel, \u00e9tant une forme de coop\u00e9ration dans laquelle l&#8217;une des parties pr\u00e9f\u00e8re un r\u00e9sultat certain \u00e0 un r\u00e9sultat conditionnel,; et que ce qu&#8217;il appelle la \u00ab loi de fer du salaire \u00bb n&#8217;est pas la loi naturelle du salaire, mais seulement la loi du salaire dans cette condition anormale dans laquelle les hommes sont rendus impuissants parce qu&#8217;ils sont priv\u00e9s de biens pour la vie et le travail. Il ne r\u00e9ussit pas \u00e0 comprendre que ce qu&#8217;il prend \u00e0 tort pour les maux de la concurrence sont en r\u00e9alit\u00e9 ceux de la concurrence limit\u00e9e ;<\/p>\n<p>(P 507) ils sont dus \u00e0 une concurrence partielle \u00e0 laquelle les hommes sont accul\u00e9s quand ils sont priv\u00e9s de terres tandis que ses m\u00e9thodes (l&#8217;organisation des hommes en des arm\u00e9es industrielles, la direction et le contr\u00f4le de toute la production et de l&#8217;\u00e9change par des bureaux gouvernementaux ou semi-gouvernementaux) si elles \u00e9taient appliqu\u00e9es \u00e0 fond, signifieraient le despotisme \u00e9gyptien.<\/p>\n<p>\u00ab Nous diff\u00e9rons des Socialistes dans notre diagnostic du mal, et nous diff\u00e9rons d&#8217;eux quant aux rem\u00e8des. Nous n&#8217;aires aucune crainte du capital que nous consid\u00e9rons comme le serviteur naturel du travail ; nous estimons l&#8217;int\u00e9r\u00eat en lui-m\u00eame comme naturel et juste ; nous ne voulons placer aucune limitation &#8216;\u00e0 l&#8217;accumulation (de biens), ni imposer aux riches un fardeau quelconque qui ne soit pas plac\u00e9 sur les pauvres ; nous ne voyons aucun mal \u00e0 la concurrence, mais consid\u00e9rons la concurrence sans restriction comme \u00e9tant aussi n\u00e9cessaire \u00e0 la sant\u00e9 de l&#8217;organisme industriel et social que la libre circulation du sang l&#8217;est \u00e0 la sant\u00e9 de l&#8217;organisme corporel ; nous la consid\u00e9rons comme \u00e9tant le moyen par lequel est assur\u00e9e la pleine coop\u00e9ration. Nous voudrions purement et simplement prendre pour la communaut\u00e9 ce qui lui appartient : la valeur qui s&#8217;attache \u00e0 la terre en raison de la croissance de la communaut\u00e9 ; laisser comme inviolable \u00e0 l&#8217;individu ce qui lui appartient, et en traitant les monopoles n\u00e9cessaires comme \u00e9tant des fonctions de l&#8217;\u00c9tat, abolir toutes les restrictions et prohibitions sauf celles qui sont n\u00e9cessaires pour la sant\u00e9 publique, sa s\u00e9curit\u00e9, sa moralit\u00e9 et son bien-\u00eatre.<\/p>\n<p>\u00ab Cependant, la diff\u00e9rence fondamentale, la diff\u00e9rence que je demande \u00e0 votre Saintet\u00e9 de remarquer en particulier r\u00e9side en ceci : dans toutes ses \u00e9tapes, le Socialisme consid\u00e8re que tous les maux de notre civilisation proviennent de l&#8217;insuffisance ou du d\u00e9faut d&#8217;harmonie des rapports naturels qui doivent \u00eatre organis\u00e9s ou am\u00e9lior\u00e9s d&#8217;une mani\u00e8re artificielle. Dans son id\u00e9e, il incombe \u00e0 l&#8217;Etat la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;organiser intelligemment les rapports industriels des hommes, la construction pour ainsi dire d&#8217;une grande machine dont les parties compliqu\u00e9es travailleront convenablement ensemble sous la direction de l&#8217;intelligence humaine. C&#8217;est la raison pour laquelle le socialisme tend vers l&#8217;ath\u00e9isme. Ne r\u00e9ussissant pas \u00e0 discerner l&#8217;ordre et la sym\u00e9trie de la loi naturelle, il ne r\u00e9ussit pas \u00e0 reconna\u00eetre Dieu.<\/p>\n<p>\u00ab D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, nous qui nous appelons nous-m\u00eames les \u00ab hommes de l&#8217;Imp\u00f4t unique \u00bb (appellation qui exprime simplement nos propositions pratiques), nous voyons dans les rapports sociaux et industriels des hommes, non pas une machine qui reste \u00e0 construire, mais un organisme qui a besoin seulement qu&#8217;on lui permette de grandir. Nous discernons<\/p>\n<p>(P 508) dans les lois naturelles, sociales et industrielles une harmonie telle que nous la discernons dans l&#8217;organisation du corps humain, et qui surpasse \u00e0 un tel degr\u00e9 le pouvoir de l&#8217;intelligence humaine d&#8217;ordonner et de diriger qu&#8217;il est au-dessus de l&#8217;intelligence de l&#8217;homme d&#8217;ordonner et de diriger les mouvements vitaux de son \u00eatre. Nous discernons dans ces lois sociales et industrielles un rapport si \u00e9troit avec la loi morale qu&#8217;elles doivent provenir du m\u00eame Auteur, et cela prouve que la loi morale est le guide s\u00fbr de l&#8217;homme, l\u00e0 o\u00f9 son intelligence errerait et s&#8217;\u00e9garerait. Ainsi, pour nous, tout ce qui est n\u00e9cessaire, pour rem\u00e9dier aux maux de notre temps, c&#8217;est de faire justice et de donner la libert\u00e9. C&#8217;est la raison pour laquelle notre conviction tend \u00e0 \u00eatre \u2014 bien plus, qu&#8217;elle est vraiment \u2014 la seule conviction compatible avec une foi ferme et r\u00e9v\u00e9rente en Dieu, et avec la reconnaissance de sa loi comme \u00e9tant la loi supr\u00eame que les hommes doivent suivre s&#8217;ils veulent s&#8217;assurer la prosp\u00e9rit\u00e9 et \u00e9viter la destruction. C&#8217;est la raison pour laquelle, pour nous, l&#8217;\u00e9conomie politique ne sert seulement qu&#8217;\u00e0 montrer la profondeur de la sagesse dans les v\u00e9rit\u00e9s simples que le peuple entendit des l\u00e8vres de Celui dont on dit avec \u00e9tonnement : \u00ab Celui-ci n&#8217;est-il pas le charpentier de Nazareth ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab C&#8217;est parce que dans ce que nous proposons \u2014 l&#8217;obtention par tous les hommes des occasions naturelles \u00e9gales d&#8217;exercer leurs facult\u00e9s et la suppression de toute restriction l\u00e9gale sur l&#8217;exercice l\u00e9gitime de ces facult\u00e9s \u2014 nous discernons l&#8217;adaptation de la loi humaine \u00e0 la loi morale, que nous soutenons avec confiance, non pas purement et simplement que ce soit l\u00e0 le rem\u00e8de suffisant pour tous les maux que vous d\u00e9crivez d&#8217;une mani\u00e8re si frappante, mais que c&#8217;est le seul rem\u00e8de possible.<\/p>\n<p>Et il n&#8217;y en a aucun autre. L&#8217;organisation de l&#8217;homme est telle, ses rapports avec le monde dans lequel il est plac\u00e9-sont tels \u2014 c&#8217;est-\u00e0-dire, les lois immuables de Dieu sont telles \u2014 qu&#8217;il n&#8217;est pas dans le pouvoir de l&#8217;ing\u00e9niosit\u00e9 humaine d&#8217;imaginer un moyen quelconque par lequel les maux provoqu\u00e9s par l&#8217;injustice qui frustre les hommes de leur droit de naissance, peuvent \u00eatre supprim\u00e9s autrement qu&#8217;en faisant justice, en accordant \u00e0 tous la lib\u00e9ralit\u00e9 que Dieu a pourvue pour tous.<\/p>\n<p>Puisque l&#8217;homme peut vivre seulement sur la terre et de (\u00ab from \u00bb) la terre, puisque la terre est le r\u00e9servoir de-la mati\u00e8re et de la force duquel le corps lui-m\u00eame de l&#8217;homme a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9, et sur lequel il doit puiser pour tout ce qu&#8217;il peut produire, ne s&#8217;ensuit-il pas d&#8217;une mani\u00e8re irr\u00e9sistible qu&#8217;en donnant \u00e0 certains hommes la terre en propri\u00e9t\u00e9 et en niant \u00e0 d&#8217;autres tout droit d&#8217;en avoir, on arrive ainsi \u00e0 diviser le genre humain en riches et en<\/p>\n<p>(P 509) pauvres, en privil\u00e9gi\u00e9s et en d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s. Ne s&#8217;ensuit-il pas que ceux qui n&#8217;ont aucun droit de poss\u00e9der de la terre ne peuvent vivre qu&#8217;en vendant leur pouvoir de travail \u00e0 ceux qui poss\u00e8dent la terre ? Ne s&#8217;ensuit-il pas que ce que les socialistes appellent \u00ab la loi de fer des salaires \u00bb, ce que les \u00e9conomistes politiques appellent \u00ab la tendance des salaires \u00e0 un minimum \u00bb doit enlever aux masses sans terre (les simples ouvriers qui, d&#8217;eux-m\u00eames, n&#8217;ont aucun pouvoir d&#8217;utiliser leur travail), tous les avantages de n&#8217;importe quel progr\u00e8s ou am\u00e9lioration qui ne change pas ce partage injuste de la terre ? Car, n&#8217;ayant aucun pouvoir de s&#8217;employer eux-m\u00eames, ils doivent, soit comme vendeurs de main-d\u2019\u0153uvre, soit comme fermiers, rivaliser les uns avec les autres pour avoir la permission de travailler. Cette rivalit\u00e9 entre des hommes exclus des r\u00e9serves in\u00e9puisables de Dieu, n&#8217;a de limite que la faim, et doit en fin de compte r\u00e9duire les salaires \u00e0 leur niveau le plus bas, au point o\u00f9 l&#8217;on peut tout juste se maintenir en vie et se reproduire.<\/p>\n<p>Ce n&#8217;est pas pour dire que tous les salaires doivent tomber \u00e0 ce point, mais que les salaires de cette couche n\u00e9cessairement la plus nombreuse des ouvriers qui n&#8217;ont qu&#8217;une connaissance, une capacit\u00e9 et une aptitude ordinaires, doivent tomber \u00e0 ce point. Les salaires des classes sp\u00e9ciales qui sont garanties contre la comp\u00e9tition gr\u00e2ce \u00e0 une connaissance, \u00e0 une comp\u00e9tence particuli\u00e8res ou \u00e0 d&#8217;autres causes, peuvent demeurer au-dessus de ce niveau ordinaire. Ainsi, l\u00e0 o\u00f9 la capacit\u00e9 de lire et d&#8217;\u00e9crire est rare, l&#8217;homme qui la poss\u00e8de peut obtenir un salaire plus \u00e9lev\u00e9 que l&#8217;ouvrier ordinaire. Mais comme la diffusion de l&#8217;instruction g\u00e9n\u00e9ralise la capacit\u00e9 de lire et d&#8217;\u00e9crire, cet avantage est perdu. Ainsi lorsqu&#8217;une vocation exige une \u00e9ducation ou une habilet\u00e9 sp\u00e9ciales, ou que son acc\u00e8s soit rendu difficile par des restrictions artificielles, le frein de la concurrence tend \u00e0 conserver les salaires dans cette vocation \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur. Et ainsi, ce n&#8217;est qu&#8217;aussi longtemps qu&#8217;elles sont sp\u00e9ciales que des \u2022qualit\u00e9s comme l&#8217;activit\u00e9, la prudence et l&#8217;\u00e9conomie peuvent permettre \u00e0 l&#8217;ouvrier ordinaire de maintenir une condition plus \u00e9lev\u00e9e que celle qui accorde une existence purement et simplement. L\u00e0 o\u00f9 ces qualit\u00e9s deviennent g\u00e9n\u00e9rales, la loi de la concurrence doit r\u00e9duire les salaires ou les \u00e9conomies de telles qualit\u00e9s au niveau g\u00e9n\u00e9ral ; la terre \u00e9tant monopolis\u00e9e et le travail impuissant, ce niveau ne peut \u00eatre que celui au-dessous duquel on cesse de vivre.<\/p>\n<p>Ou, pour dire la m\u00eame chose d&#8217;une autre mani\u00e8re : la terre \u00e9tant<\/p>\n<p>(P 510) n\u00e9cessaire pour la vie et le travail, ses possesseurs pourront, en \u00e9change de la permission qu&#8217;ils donnent de s&#8217;en servir, obtenir des simples ouvriers tout ce que le travail peut produire, \u00e0 part ce qu&#8217;il faut pour maintenir en vie ceux d&#8217;entre eux qui sont n\u00e9cessaires aux propri\u00e9taires fonciers et \u00e0 leurs familles.<\/p>\n<p>Ainsi, l\u00e0 o\u00f9 la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re priv\u00e9e a divis\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 en une classe poss\u00e9dant la terre et en une autre n&#8217;en poss\u00e9dant pas, il n&#8217;y a aucune invention (ou am\u00e9lioration) possible soit industrielle, sociale ou morale, qui aussi longtemps qu&#8217;elle n&#8217;affecte pas la possession de la terre, puisse emp\u00eacher la pauvret\u00e9 ou relever la condition g\u00e9n\u00e9rale des simples ouvriers. Car, qu&#8217;une invention (ou am\u00e9lioration) quelconque ait pour effet d&#8217;augmenter la production du travail ou de diminuer ce qu&#8217;il faut pour soutenir le travailleur, elle ne peut, aussit\u00f4t qu&#8217;elle se g\u00e9n\u00e9ralise, qu&#8217;augmenter le revenu des propri\u00e9taires fonciers, sans avantager en rien les simples ouvriers. En aucun cas, ceux qui poss\u00e8dent purement et simplement le pouvoir ordinaire de travailler, pouvoir compl\u00e8tement inutile sans les moyens n\u00e9cessaires au travail, ne peuvent tirer de leur salaire que ce qui leur permet tout juste de vivre.<\/p>\n<p>Nous pouvons voir combien cela est vrai dans les faits d&#8217;aujourd&#8217;hui. A notre \u00e9poque, l&#8217;invention et la d\u00e9couverte ont augment\u00e9 consid\u00e9rablement le pouvoir producteur du travail, et en m\u00eame temps r\u00e9duit grandement le co\u00fbt de beaucoup de choses n\u00e9cessaires \u00e0 l&#8217;entretien du travailleur. Ces am\u00e9liorations ont-elles, quelque part, augment\u00e9 le salaire du simple ouvrier ? Les b\u00e9n\u00e9fices ne sont-ils pas all\u00e9s surtout aux propri\u00e9taires de la terre ? N&#8217;ont-ils pas augment\u00e9 consid\u00e9rablement la valeur fonci\u00e8re ?<\/p>\n<p>Je dis \u00ab surtout \u00bb, car une certaine partie est all\u00e9e pour financer l&#8217;entretien de monstrueuses arm\u00e9es permanentes et les pr\u00e9paratifs de guerre ; une autre est all\u00e9e pour payer l&#8217;int\u00e9r\u00eat des grandes dettes publiques ; une autre, grandement d\u00e9guis\u00e9e en int\u00e9r\u00eats d&#8217;un capital fictif, est all\u00e9e aux possesseurs de monopoles autres que celui de la terre. Cependant, des am\u00e9liorations qui supprimeraient ce gaspillage ne profiteraient pas au travail ; ils augmenteraient simplement les profits des propri\u00e9taires fonciers. Si les arm\u00e9es permanentes et toutes leurs charges accessoires \u00e9taient abolies, si tous les monopoles autres que celui de la terre \u00e9taient supprim\u00e9s, si tous les gouvernements devenaient des mod\u00e8les d&#8217;\u00e9conomie, si tous les profits des sp\u00e9culateurs, des interm\u00e9diaires, de toutes sortes d&#8217;agents de banque \u00e9taient \u00e9vit\u00e9s, si chacun devenait si fonci\u00e8rement honn\u00eate qu&#8217;il ne serait n\u00e9cessaire d&#8217;avoir ni agents de police, ni tribunaux, ni prisons, ni aucune pr\u00e9caution contre la malhonn\u00eatet\u00e9, le r\u00e9sultat<\/p>\n<p>(P 511) ne diff\u00e9rerait pas de celui qui a suivi l&#8217;accroissement du pouvoir de production.<\/p>\n<p>Bien plus, ces b\u00e9n\u00e9dictions m\u00eames n&#8217;apporteraient-elles pas la faim \u00e0 nombre de ceux qui, maintenant, s&#8217;arrangent pour vivre ? N&#8217;est-il pas vrai que si l&#8217;on proposait aujourd&#8217;hui ce que tous les Chr\u00e9tiens devraient demander dans leur pri\u00e8re, savoir la dissolution de toutes les arm\u00e9es d&#8217;Europe, la perspective de jeter sur le march\u00e9 du travail tant de travailleurs sans emploi susciterait les plus grandes craintes ?<\/p>\n<p>On peut tr\u00e8s ais\u00e9ment discerner l&#8217;explication de ce paradoxe et d&#8217;autres semblables de notre \u00e9poque embrouill\u00e9e de tous les c\u00f4t\u00e9s. L&#8217;effet de toutes les inventions et am\u00e9liorations qui augmentent la puissance de production, qui \u00e9vitent le gaspillage et \u00e9conomisent l&#8217;effort, est de diminuer le travail exig\u00e9 pour un r\u00e9sultat donn\u00e9, et de cette mani\u00e8re pour \u00e9pargner du travail, de sorte que nous en parlons comme \u00e9tant des inventions ou des am\u00e9liorations qui all\u00e8gent le travail. D\u00e8s lors, dans un \u00e9tat naturel de la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les droits de tous \u00e0 l&#8217;usage de la terre sont reconnus, des am\u00e9liorations qui \u00e9conomisent de la main-d\u2019\u0153uvre pourraient \u00eatre pouss\u00e9es aussi loin qu&#8217;on peut l&#8217;imaginer sans diminuer la demande en hommes, puisque dans de telles conditions naturelles, cette demande en hommes d\u00e9pend de leur jouissance personnelle de la vie et des puissants instincts que le Cr\u00e9ateur a implant\u00e9s dans la nature humaine. Mais dans cet \u00e9tat contre nature de la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les masses d&#8217;hommes sont d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9es de tout sauf du pouvoir de travailler quand l&#8217;occasion favorable de travailler leur est accord\u00e9e par d&#8217;autres, alors la demande en hommes devient simplement la demande que font de leurs services ceux qui disposent de cette occasion, et l&#8217;homme lui-m\u00eame devient une marchandise. C&#8217;est pourquoi, bien que l&#8217;effet naturel de l&#8217;am\u00e9lioration dans l&#8217;\u00e9conomie de la main-d\u2019\u0153uvre soit d&#8217;augmenter les salaires, cependant, dans la condition contre nature que la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e de la terre engendre, l&#8217;effet \u2014 m\u00eame de ces am\u00e9liorations morales telles que la dissolution des arm\u00e9es et l&#8217;\u00e9pargne du travail que le vice impose \u2014 est en diminuant la demande commerciale, de diminuer les salaires et de r\u00e9duire les ouvriers ordinaires \u00e0 la faim ou \u00e0 l&#8217;indigence. Si les inventions et les am\u00e9liorations qui \u00e9conomisent la main-d\u2019\u0153uvre pouvaient \u00eatre men\u00e9es jusqu&#8217;au point m\u00eame d&#8217;abolir la n\u00e9cessit\u00e9 du travail, quel serait le r\u00e9sultat ? Ne serait-ce pas que les propri\u00e9taires fonciers pourraient alors obtenir toute la richesse que la terre est capable de produire, et n&#8217;auraient plus besoin du tout des ouvriers qui devraient alors, soit mourir de faim, soit vivre en d\u00e9pendant de la lib\u00e9ralit\u00e9 de ces propri\u00e9taires fonciers ?<\/p>\n<p>(P 512)<\/p>\n<p>\u00ab Ainsi, aussi longtemps que dure la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e de la terre \u2014 aussi longtemps que quelques hommes sont trait\u00e9s comme propri\u00e9taires de la terre et que d&#8217;autres hommes ne peuvent vivre sur elle que si les premiers le tol\u00e8rent \u2014 la sagesse humaine ne peut imaginer aucun moyen d&#8217;\u00e9viter les maux de notre condition actuelle. \u00bb<\/p>\n<p>Cette doctrine de la terre gratuite (sauf pour les imp\u00f4ts dont elle serait frapp\u00e9e) est une doctrine large et juste que nous serions heureux de voir appliquer de suite, bien que personnellement, nous n&#8217;en profiterions pas. Elle apporterait sans doute un soulagement \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, quoique sa destruction des valeurs fonci\u00e8res cr\u00e9erait une secousse \u00e9gale ou plus forte que ne le feraient les desseins socialistes, \u00e0 moins d&#8217;\u00eatre att\u00e9nu\u00e9e, gradu\u00e9e comme cela a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9 plus haut, par une annonce pr\u00e9alable. Elle se combinerait rapidement avec les aspects plus mod\u00e9r\u00e9s du socialisme et leur donnerait une plus grande permanence ; parce que la terre, source unique de richesse, \u00e9tant dans les mains de tous les gens dans de telles conditions, il ne serait jamais in\u00e9vitable que des personnes bien portantes, actives, meurent de faim : tous pourraient au moins r\u00e9colter des produits agricoles pour se nourrir. Nous croyons que cela serait une mesure sage et juste et en accord avec la loi divine comme le montre avec talent M. George ; pourtant, ce ne serait pas la panac\u00e9e pour tous les maux de l&#8217;humanit\u00e9. La cr\u00e9ation g\u00e9missante continuerait \u00e0 g\u00e9mir jusqu&#8217;\u00e0 ce que la droiture et la v\u00e9rit\u00e9 soient pleinement \u00e9tablies sur la terre et que tous les c\u0153urs soient amen\u00e9s en accord avec elles, et l&#8217;\u00e9go\u00efsme trouverait encore occasion de prendre \u00ab toute la cr\u00e8me \u00bb et de ne laisser que du \u00ab lait \u00e9cr\u00e9m\u00e9 \u00bb pour les stricts besoins des autres.<\/p>\n<p>Comme preuve qu&#8217;un imp\u00f4t unique sur la terre ne suffirait pas \u00e0 lui seul \u00e0 faire face aux exigences des difficult\u00e9s sociales et financi\u00e8res, ni \u00e0 d\u00e9tourner le d\u00e9sastre et la ruine sociale qui approchent, nous citons un exemple de son \u00e9chec manifeste. Pendant de longs si\u00e8cles, l&#8217;Inde a eu un imp\u00f4t unique, un imp\u00f4t foncier seulement, le sol \u00e9tant occup\u00e9 en commun et travaill\u00e9 sous la surveillance du village. Le r\u00e9sultat est que les deux tiers environ de sa population sont des agriculteurs \u2014 proportion plus \u00e9lev\u00e9e que chez n&#8217;importe quel autre peuple du<\/p>\n<p>(P 513) monde. Il n&#8217;y a que depuis ces derni\u00e8res ann\u00e9es que les Anglais y ont introduit la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re priv\u00e9e, et jusqu&#8217;ici sur une r\u00e9gion tr\u00e8s limit\u00e9e seulement. On peut dire que le peuple de l&#8217;Inde est satisfait et \u00e0 l&#8217;aise, mais ce n&#8217;est certainement pas parce qu&#8217;il est riche et pourvu d&#8217;objets de luxe et de bien-\u00eatre. Le machinisme moderne est en train de r\u00e9volutionner rapidement les affaires des Hindous, de r\u00e9duire leurs salaires d\u00e9j\u00e0 maigres et de les forcer \u00e0 toujours vivre de peu ou sinon \u00e0 mourir de faim. Nous avons d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 une autorit\u00e9 de valeur montrant que les, masses pauvres ne peuvent que rarement avoir les moyens de manger \u00e0 sati\u00e9t\u00e9 la nourriture la plus ordinaire. \u2014 Voir page 381 &#8230;<\/p>\n<p>Lorsque nous conc\u00e9dons que la proposition de l&#8217;imp\u00f4t unique (ou terre gratuite) ne se trouverait \u00eatre qu&#8217;un facteur de soulagement temporaire, c&#8217;est bien tout ce que nous pouvons conc\u00e9der, car si l&#8217;\u00e9go\u00efsme est contrari\u00e9 dans une direction, ce ne sera que pour percer ailleurs : rien ne servira d&#8217;une mani\u00e8re efficace sauf de \u00ab nouveaux c\u0153urs \u00bb et des \u00ab esprits droits \u00bb, et ceux-ci ne peuvent \u00eatre produits ni par la doctrine de l&#8217;Imp\u00f4t unique ni par aucune autre th\u00e9orie humaine.<\/p>\n<p>Supposez, par exemple, que les gens aient la, terre ; ce serait chose facile pour une union de capitaux de refuser d&#8217;acheter les produits agricoles sauf aux prix fix\u00e9s par elle, tout &#8216;justes suffisants pour permettre aux producteurs de vivre, et d&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, de diriger et de fixer des prix \u00e9lev\u00e9s sur tout ce que l&#8217;agriculteur doit n\u00e9cessairement acheter, depuis les engrais et le mat\u00e9riel agricole jusqu&#8217;aux v\u00eatements de sa famille et les choses n\u00e9cessaires \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>Il est certain que cette condition m\u00eame est proche : la Loi de l&#8217;Offre et de la Demande op\u00e8re trop lentement au gr\u00e9 de ceux qui sont avides de richesses. Le Travail ne peut arr\u00eater le fonctionnement de cette loi, et il est \u00e9cras\u00e9 \u00e0 la fois par la machine et la population croissante mais le Capital peut la contrecarrer tout au moins partiellement en formant des trusts, des associations, des syndicats, etc., pour avoir tout \u00e0 fait ou presque, la haute main sur les ressources et les prix. L&#8217;Entente du Charbon en est une illustration.<\/p>\n<p>(P 514)<\/p>\n<p>De quelle utilit\u00e9 serait, nous le demandons, l&#8217;Imp\u00f4t unique contre cet esprit d&#8217;\u00e9go\u00efsme ? Il serait impuissant !<\/p>\n<p>Supposez pourtant que la terre gratuite et l&#8217;imp\u00f4t unique soient mis en application demain ; supposez que les terres cultiv\u00e9es soient exemptes de tous imp\u00f4ts ; que chaque ferme soit dot\u00e9e d&#8217;une maison, d&#8217;un cheval, d&#8217;une vache, d&#8217;une charrue et d&#8217;autres choses utiles ; supposez que le r\u00e9sultat en soit le doublement de la surface actuelle en cultures et le doublement des r\u00e9coltes actuelles. Cela assurerait une abondance de bl\u00e9, de c\u00e9r\u00e9ales et de l\u00e9gumes pour la nourriture des bien-portants et de ceux qui prosp\u00e8rent ; mais le grand surplus abaisserait tellement les prix qu&#8217;ils ne couvriraient pas les frais pour l&#8217;exp\u00e9dier au march\u00e9, sauf dans des conditions favorables. Il en est ainsi parfois dans les conditions pr\u00e9sentes : on laisse pourrir des milliers de \u00ab bushels \u00bb de pommes de terre et de choux parce que leur valeur ne couvrirait pas les frais de manipulation. La premi\u00e8re ann\u00e9e pourrait attirer des villes vers les fermes susdites des milliers d&#8217;hommes robustes et d\u00e9cid\u00e9s, tr\u00e8s d\u00e9sireux de se servir : cela lib\u00e9rerait le march\u00e9 du travail urbain, ferait temporairement augmenter les salaires de ceux qui resteraient dans les villes, mais cela ne durerait seulement qu&#8217;une ann\u00e9e. Les fermiers, se rendant compte qu&#8217;ils ne pourraient acheter de v\u00eatements et les choses n\u00e9cessaires \u00e0 la maison avec le produit de la vente du bl\u00e9 et des pommes de terre, soit d&#8217;une mani\u00e8re directe ou par l&#8217;\u00e9change, abandonneraient l&#8217;agriculture, retourneraient dans les villes et se mettraient avec vigueur sur les rangs pour obtenir tout ce qu&#8217;il leur serait possible d&#8217;obtenir qui p\u00fbt leur fournir davantage que la simple subsistance \u2014 tout ce qui leur accorderait une part du bien-\u00eatre mat\u00e9riel et du luxe.<\/p>\n<p>Non ; la terre gratuite est utile pour \u00e9viter la famine, et c&#8217;est une condition convenable parce que notre g\u00e9n\u00e9reux Cr\u00e9ateur a donn\u00e9 la terre \u00e0 Adam et \u00e0 sa famille comme h\u00e9ritage commun ; ce serait d&#8217;un grand secours dans nos difficult\u00e9s pr\u00e9sentes, si le monde entier avait un Jubil\u00e9 de restitution de la terre et la remise des dettes tous les cinquante ans, comme en avaient les Juifs. Mais ces choses ne seraient purement et simplement que des palliatifs maintenant, comme elles le furent pour les Juifs, et comme elles le sont encore en Inde.<\/p>\n<p>(P 515) L&#8217;unique rem\u00e8de est le grand Jubil\u00e9 &#8211; antitype qui sera \u00e9tabli par le futur Roi de la terre \u2014 Emmanuel.<\/p>\n<p>D&#8217;AUTRES ESP\u00c9RANCES ET D&#8217;AUTRES CRAINTES<\/p>\n<p>Nous avons examin\u00e9 les principales th\u00e9ories propos\u00e9es pour am\u00e9liorer les conditions actuelles, mais il est clair qu&#8217;aucune d&#8217;elles n&#8217;est ad\u00e9quate aux besoins de la situation. Outre ces th\u00e9ories, il y a un certain nombre de gens qui, sans cesse, pr\u00eachent et prient sur ce qu&#8217;ils voient de mal, qui d\u00e9sirent que quelqu&#8217;un arr\u00eate la course du monde, mais qui ne voient ni ne sugg\u00e8rent quelque chose qui ait m\u00eame un semblant de possibilit\u00e9 pratique.<\/p>\n<p>Toutefois, \u00e0 ce propos, nous ne devons pas oublier de faire mention de quelques \u00e2mes honn\u00eates, mais qui manquent totalement d&#8217;esprit pratique ; elles imaginent vainement que si les \u00e9glises \u00e9taient conscientes de la situation, elles pourraient \u00e9viter la calamit\u00e9 sociale mena\u00e7ante, r\u00e9volutionner la soci\u00e9t\u00e9 et la r\u00e9tablir sur une nouvelle et meilleure base. Elles disent : si seulement on pouvait r\u00e9veiller les \u00e9glises, elles conquerraient le monde pour Christ et pourraient elles-m\u00eames \u00e9tablir sur la terre un Royaume de Dieu en le basant sur l&#8217;amour et la loyaut\u00e9 envers Dieu et l&#8217;amour du prochain comme soi-m\u00eame. Certaines d&#8217;entre elles affirment m\u00eame que cet esprit, l&#8217;esprit de Christ dans les \u00e9glises, serait la seconde venue de Christ.<\/p>\n<p>Il est \u00e0 peine n\u00e9cessaire de souligner combien cette th\u00e9orie est irr\u00e9m\u00e9diablement impraticable ! Ce que ces personnes consid\u00e8rent comme \u00e9tant sa force est en r\u00e9alit\u00e9 sa faiblesse : le nombre. Ils consid\u00e8rent le nombre de Chr\u00e9tiens \u2014 300 000 000 \u2014 et disent : \u00ab Quelle puissance ! \u00bb Nous consid\u00e9rons le m\u00eame nombre et disons : \u00ab Quelle faiblesse ! \u00bb<\/p>\n<p>Si ce chiffre \u00e9norme repr\u00e9sentait des saints, mus et dirig\u00e9s par l&#8217;amour, il y aurait vraiment une force derri\u00e8re cet argument, et il semblerait enti\u00e8rement pratique de dire que s&#8217;ils \u00e9taient conscients de la vraie situation, ils pourraient r\u00e9volutionner la soci\u00e9t\u00e9 et le feraient tout de suite. Mais h\u00e9las ! \u00ab ivraie \u00bb et la \u00ab balle \u00bb pr\u00e9dominent, et la classe du \u00ab froment \u00bb est peu nombreuse. Comme le d\u00e9clarait le grand Berger, son troupeau n&#8217;est qu&#8217;un Petit Troupeau,<\/p>\n<p>(P 516) d&#8217;aucune r\u00e9putation ni influence comme son Ma\u00eetre, et parmi ses membres il n&#8217;y a \u00ab pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup, de nobles \u00bb (1 Cor. 1 : 26). \u00ab Ecoutez, mes fr\u00e8res bien-aim\u00e9s, Dieu n&#8217;a-t-il pas choisi les pauvres quant \u00e0 ce monde, riches en foi et h\u00e9ritiers du Royaume qu&#8217;il a promis \u00e0 ceux qui l&#8217;aiment ? \u00bb \u2014 Jacques 2 : 5.<\/p>\n<p>Non, non ! L&#8217;esprit de Christ dans son Petit Troupeau n&#8217;est pas suffisant pour lui donner le Royaume ! L&#8217;Eglise n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9pourvue de ceux qui avaient cet esprit. Comme notre Seigneur le d\u00e9clara avant de nous quitter, savoir, qu&#8217;il serait avec nous jusqu&#8217;\u00e0 la fin de l&#8217;Age, ainsi en a-t-il \u00e9t\u00e9. Mais, il promit \u00e9galement que, de m\u00eame qu&#8217;il s&#8217;en allait (personnellement) \u00e0 la fin de l&#8217;Age juda\u00efque, ainsi reviendrait-il (personnellement) \u00e0 la fin de cet Age-ci. Il nous donna l&#8217;assurance que, durant son absence, tous ceux qui lui seraient fid\u00e8les \u00ab souffriraient la pers\u00e9cution \u00bb \u2014 que ses coh\u00e9ritiers du Royaume \u00ab souffriraient la violence \u00bb jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;il revienne et les re\u00e7oive aupr\u00e8s de lui. Alors, il r\u00e9compenserait leur fid\u00e9lit\u00e9 et leurs souffrances par la gloire, l&#8217;honneur et l&#8217;immortalit\u00e9, et une part \u00e0 son tr\u00f4ne et sa puissance pour b\u00e9nir le monde avec un gouvernement juste, droit, et la connaissance de la v\u00e9rit\u00e9, et finalement pour d\u00e9truire tous les ouvriers volontaires de l&#8217;iniquit\u00e9 d&#8217;entre les ouvriers de la droiture. Pour ceci, non seulement la cr\u00e9ation g\u00e9mis- sante, mais nous-m\u00eames \u00e9galement qui avons les pr\u00e9mices de l&#8217;esprit (Rom. 8 : 23) devons le d\u00e9sirer et attendre le moment du P\u00e8re et la mani\u00e8re de l&#8217;accorder du P\u00e8re. Il a montr\u00e9 clairement que le temps de ces b\u00e9n\u00e9dictions est proche, et qu&#8217;elles seraient introduites en ch\u00e2tiant le monde par un terrible temps de d\u00e9tresse auquel doit \u00e9chapper la majorit\u00e9 du Petit Troupeau en \u00e9tant chang\u00e9e et glorifi\u00e9e dans le Royaume.<\/p>\n<p>Cependant, afin que personne ne puisse jamais dire que la richesse et les avantages de l&#8217;instruction lui auraient permis de conqu\u00e9rir le monde, Dieu a donn\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment ces avantages \u00e0 l&#8217;\u00e9glise nominale, \u00e0 la \u00ab chr\u00e9tient\u00e9 \u00bb. Pourtant, ces occasions favorables paraissent agir<\/p>\n<p>(P 517) en sens inverse, cultivant l&#8217;orgueil, l&#8217;arrogance et l&#8217;incroyance appel\u00e9e \u00ab la critique sup\u00e9rieure \u00bb [Higher criticism], et se terminera par la ruine de la soci\u00e9t\u00e9. \u00ab Mais quand le fils de l&#8217;homme viendra, trouvera-t-il de la foi sur la terre ? \u00bb<\/p>\n<p>LA SEULE ESP\u00c9RANCE &#8211; \u00ab LA BIENHEUREUSE ESP\u00c9RANCE \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Attendant la bienheureuse esp\u00e9rance et l&#8217;apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur J\u00e9sus-Christ \u00bb. \u00ab &#8230;l&#8217;esp\u00e9rance propos\u00e9e,- laquelle nous avons comme une ancre de l&#8217;\u00e2me, s\u00fbre et ferme. \u00bb \u00ab C&#8217;est pourquoi, ayant ceint les reins de votre entendement et \u00e9tant sobres, esp\u00e9rez parfaitement dans la gr\u00e2ce qui vous sera apport\u00e9e \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation de J\u00e9sus-Christ. \u00bb \u2014 Tite 2 : 13 ; H\u00e9b. 6 : 19 ; 1 Pi. 1 : 13.<\/p>\n<p>En examinant cette question bien d\u00e9battue de l&#8217;Offre et de la Demande qui fait tant pour partager le monde en deux classes, les riches et les pauvres, nous avons autant que possible \u00e9vit\u00e9 de critiquer durement l&#8217;une ou l&#8217;autre des parties ; nous croyons fermement, comme nous nous sommes efforc\u00e9 de le montrer, que les conditions pr\u00e9sentes sont le r\u00e9sultat de la loi inh\u00e9rente \u00e0 l&#8217;\u00e9go\u00efsme (cons\u00e9quence de la chute d&#8217;Adam) qui domine la grande majorit\u00e9 autant des riches que des pauvres. Ces lois profond\u00e9ment \u00e9tablies de l&#8217;\u00e9go\u00efsme inh\u00e9rent \u00e0 la nature humaine d\u00e9chue sont d\u00e9test\u00e9es par un petit nombre de personnes (principalement les pauvres) qui,&#8217; ayant trouv\u00e9 Christ et s&#8217;\u00e9tant soumises de tout c\u0153ur \u00e0 son esprit et \u00e0 sa loi d&#8217;amour, voudraient joyeusement abandonner tout \u00e9go\u00efsme, mais ne le peuvent pas. Ces lois \u00e9crasent souvent marchands et entrepreneurs aussi bien qu&#8217;employ\u00e9s. Cependant, leur action est si certaine que si aujourd&#8217;hui, tous les riches mouraient et que leurs biens \u00e9taient distribu\u00e9s au prorata, ces lois en moins de quelques ann\u00e9es reproduiraient les m\u00eames conditions qu&#8217;aujourd&#8217;hui. En fait, nombre des millionnaires d&#8217;aujourd&#8217;hui ont \u00e9t\u00e9 des gar\u00e7ons pauvres. N&#8217;importe quel syst\u00e8me de lois que la majorit\u00e9 des hommes pourrait d\u00e9cr\u00e9ter et qui les priverait des occasions favorables pour exercer leurs propensions \u00e0 l&#8217;acquisition et \u00e0 l&#8217;\u00e9go\u00efsme, saperait la vie de progr\u00e8s et ferait revenir la civilisation en arri\u00e8re vers l&#8217;impr\u00e9voyance, l&#8217;indolence et la barbarie.<\/p>\n<p>La seule esp\u00e9rance du monde, c&#8217;est le Royaume de notre<\/p>\n<p>(P 518) Seigneur J\u00e9sus-Christ, le Royaume mill\u00e9naire. C&#8217;est le rem\u00e8de de Dieu, promis depuis longtemps, diff\u00e9r\u00e9 jusqu&#8217;au temps marqu\u00e9, et maintenant, Dieu merci proche, \u00e0 la porte m\u00eame. Une fois de plus, la situation tr\u00e8s critique de l&#8217;homme sera l&#8217;occasion favorable pour Dieu, \u00ab l&#8217;objet du d\u00e9sir de toutes les nations viendra \u00bb \u00e0 un Moment o\u00f9 l&#8217;ing\u00e9niosit\u00e9 et l&#8217;habilet\u00e9 de l&#8217;homme se seront \u00e9puis\u00e9es \u00e0 chercher un soulagement sans aucun r\u00e9sultat. En v\u00e9rit\u00e9, il semble que la m\u00e9thode divine consiste \u00e0 enseigner de grandes le\u00e7ons dans les \u00e9coles de l&#8217;exp\u00e9rience. C&#8217;est ainsi que les Juifs, d&#8217;une mani\u00e8re directe (et nous et tous les hommes d&#8217;une mani\u00e8re indirecte) ont re\u00e7u par l&#8217;Alliance de la Loi, la grande le\u00e7on que&#8217; par les \u0153uvres de la Loi aucune chair (d\u00e9chue) ne pouvait \u00eatre justifi\u00e9e devant Dieu. Ainsi, l&#8217;Eternel attire-t-il l&#8217;attention de ses \u00e9l\u00e8ves sur la meilleure Alliance de la Gr\u00e2ce par Christ.<\/p>\n<p>Le temps de d\u00e9tresse, le \u00ab jour de Ta vengeance \u00bb, par lequel se terminera l&#8217;Age pr\u00e9sent et s&#8217;ouvrira l&#8217;Age mill\u00e9naire, ne sera qu&#8217;une juste r\u00e9compense pour des privil\u00e8ges dont on a abus\u00e9, mais il tendra \u00e0 humilier l&#8217;arrogance des hommes et \u00e0 les rendre \u00ab pauvres en esprit \u00bb, et pr\u00eats pour les grandes b\u00e9n\u00e9dictions que Dieu est dispos\u00e9 \u00e0 r\u00e9pandre pour toute chair (Jo\u00ebl 2 : 28). Ainsi blesse-t-il pour gu\u00e9rir.<\/p>\n<p>Cependant, quelqu&#8217;un peu familier avec le programme divin, pourrait peut-\u00eatre demander : Comment le Royaume de Dieu peut-il \u00eatre \u00e9tabli si toutes ces m\u00e9thodes humaines ont \u00e9chou\u00e9 ? Quel plan diff\u00e9rent propose-t-il ? Si son plan est indiqu\u00e9 dans la Parole de Dieu, pourquoi les hommes ne peuvent-ils pas le mettre en action de suite et \u00e9viter ainsi la d\u00e9tresse ?<\/p>\n<p>Nous r\u00e9pondons \u00e0 cela : le Royaume de Dieu ne sera pas \u00e9tabli par un vote du peuple, ni par celui de l&#8217;aristocratie ou des dirigeants. Au temps marqu\u00e9 Celui \u00ab auquel appartient le droit \u00bb, celui qui l&#8217;acheta avec son pr\u00e9cieux sang, \u00ab prendra le Royaume \u00bb. Il \u00ab prendra sa grande puissance et son r\u00e8gne \u00bb. La force sera employ\u00e9e : \u00ab Il les [les nations] pa\u00eetra avec une verge de fer, comme sont bris\u00e9s les vases de poterie \u00bb (Apoc. 2 : 27). Il \u00ab rassemblera<\/p>\n<p>(P 519) les nations, et r\u00e9unira les royaumes pour verser sur eux son indignation, toute l&#8217;ardeur de sa col\u00e8re, car toute la terre sera d\u00e9vor\u00e9e par le feu de sa jalousie. Car alors [apr\u00e8s que les peuples seront rendus humbles et pr\u00eats \u00e0 \u00e9couter et \u00e0 suivre son conseil] il changera la [langue] des peuples en une langue purifi\u00e9e, pour qu&#8217;ils invoquent tous le nom de l&#8217;Eternel pour le servir d&#8217;un seul c\u0153ur. \u00bb \u2014 Soph. 3 : 8, 9.<\/p>\n<p>Non seulement le Royaume sera \u00e9tabli par la force et sera une puissance \u00e0 laquelle les hommes ne pourront r\u00e9sister, mais il en sera ainsi \u00e0 travers tout l&#8217;Age mill\u00e9naire, car le r\u00e8gne entier aura pour dessein sp\u00e9cifique de vaincre les ennemis de la droiture. \u00ab Car il faut qu&#8217;il r\u00e8gne jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;il ait mis tous les ennemis sous ses pieds \u00bb (1 Cor. 15 : 25). \u00ab Ses ennemis l\u00e8cheront la poussi\u00e8re \u00bb (Ps. : 72 : 9). \u00ab Il arrivera que toute \u00e2me qui n&#8217;\u00e9coutera [n&#8217;ob\u00e9ira] pas ce proph\u00e8te [le Christ &#8216;glorieux \u2014 antitype de Mo\u00efse] sera extermin\u00e9e d&#8217;entre le peuple \u00bb (Actes 3 : 23), dans la Seconde Mort.<\/p>\n<p>Satan sera li\u00e9 : chacune de ses influences trompeuses et d\u00e9cevantes sera entrav\u00e9e, de sorte que le mal n&#8217;appara\u00eetra plus d\u00e9sormais aux yeux des hommes comme \u00e9tant bon, ni le bien comme \u00e9tant ind\u00e9sirable, mauvais ; la v\u00e9rit\u00e9 n&#8217;appara\u00eetra plus d\u00e9sormais aux hommes comme (\u00e9tant fausse ni la fausset\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00e9tant vraie. \u2014 Apoc. 20 : 2.<\/p>\n<p>Toutefois, comme nous l&#8217;avons montr\u00e9 jusqu&#8217;ici, le r\u00e8gne ne sera pas un r\u00e8gne de force seulement ; c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te avec la force, il y aura la branche d&#8217;olivier de la mis\u00e9ricorde et de la paix pour tous les habitants du monde qui, lorsque les jugements de l&#8217;Eternel seront sur la terre, apprendront la justice (Esa\u00efe 26 : 9). Les yeux aveugl\u00e9s par le p\u00e9ch\u00e9 seront ouverts, et le monde verra le bien et le mal, la justice et l&#8217;injustice, sous un jour tout \u00e0 fait diff\u00e9rent de celui sous lequel il les voit maintenant \u2014 une lumi\u00e8re \u00ab septuple \u00bb (Esa\u00efe 30 : 26 ; 29 : 18-20). Les tentations externes actuelles seront en grande partie supprim\u00e9es, les mauvaises actions ne seront ni autoris\u00e9es, ni tol\u00e9r\u00e9es, mais un ch\u00e2timent s\u00fbr et rapide s&#8217;abattra sur les transgresseurs, mesur\u00e9 avec une justice infaillible par les juges glorifi\u00e9s et comp\u00e9tents de ce temps-l\u00e0 qui auront \u00e9galement compassion des faibles. \u2014 1 Cor. 6 : 2 ; Ps. 96 : 13 ; Actes 17 : 31.<\/p>\n<p>(P 520)<\/p>\n<p>Ces juges ne jugeront pas selon l&#8217;ou\u00efe de leurs oreilles, ni d&#8217;apr\u00e8s la vue de leurs yeux, mais ils jugeront avec justice (Esa\u00efe 11 : 3). On ne commettra aucune faute ; aucune mauvaise action ne restera sans sa juste r\u00e9tribution : m\u00eame des tentatives de commettre des crimes cesseront rapidement sous de telles conditions. Tout genou se ploiera [devant le pouvoir alors en action] et toute langue confessera [la justice de l&#8217;arrangement] (Phil. 2 : 10, 11). Alors, pour beaucoup sans doute, d&#8217;une mani\u00e8re graduelle, le nouvel ordre de choses commencera \u00e0 parler au c\u0153ur de certains, et ce qui, d&#8217;abord, \u00e9tait une ob\u00e9issance par la force, deviendra l&#8217;ob\u00e9issance par amour et par appr\u00e9ciation de la droiture. Finalement, tous les autres, tous ceux qui n&#8217;ob\u00e9iront que parce qu&#8217;ils y sont forc\u00e9s, seront retranch\u00e9s dans la Seconde Mort. \u2014 Apoc. 20 : 7-9 ; Actes 3 : 23.<\/p>\n<p>Le gouvernement et la loi d&#8217;Amour seront impos\u00e9s, non par le consentement de la majorit\u00e9, mais contre elle. Il s&#8217;agira d&#8217;enlever la civilisation \u00e0 ses id\u00e9es r\u00e9publicaines et de placer temporairement l&#8217;humanit\u00e9 sous un gouvernement autocratique pour mille ans. Un tel pouvoir autocratique serait terrible entre les mains d&#8217;un ma\u00eetre m\u00e9chant ou incapable ; mais Dieu nous soulage de toute crainte lorsqu&#8217;il nous informe que le Dictateur de cet Age-l\u00e0 sera le Prince de Paix, notre Seigneur J\u00e9sus-Christ : c&#8217;est lui qui a tant \u00e0 c\u0153ur le bonheur de l&#8217;homme qu&#8217;il a d\u00e9pos\u00e9 sa vie comme prix de ran\u00e7on pour nous, afin qu&#8217;il p\u00fbt avoir l&#8217;autorit\u00e9 de soustraire \u00e0 la souillure du p\u00e9ch\u00e9 et de r\u00e9tablir \u00e0 la perfection et \u00e0 la faveur divine tous ceux qui accepteront sa gr\u00e2ce par l&#8217;ob\u00e9issance \u00e0 la Nouvelle Alliance.<\/p>\n<p>Au commencement de l&#8217;Age mill\u00e9naire, il appara\u00eetra clairement \u00e0 tous que la ligne de conduite trac\u00e9e par Dieu est la seule qui soit adapt\u00e9e aux exigences de la condition du monde malade, du p\u00e9ch\u00e9 et de l&#8217;\u00e9go\u00efsme. Vraiment, certains voient d\u00e9j\u00e0 que le monde a un tr\u00e8s grand besoin d&#8217;un gouvernement fort et juste : ils commencent \u00e0 discerner, de plus en plus, que les seules personnes \u00e0 qui l&#8217;on peut sans danger confier une libert\u00e9 absolue sont celles qui ont \u00e9t\u00e9 loyalement converties,<\/p>\n<p>(P 521) qui ont une volont\u00e9 renouvel\u00e9e, un c\u0153ur renouvel\u00e9, l&#8217;esprit de Christ.<\/p>\n<p>L&#8217;ATTITUDE CONVENABLE DU PEUPLE DE DIEU<\/p>\n<p>Cependant, certains pourraient demander : Que devons-nous faire maintenant, nous qui voyons ces choses sous leur vrai jour ? Si nous poss\u00e9dons du terrain inoccup\u00e9, devons-nous en faire don ou l&#8217;abandonner ? Non, cela ne servirait \u00e0 rien d&#8217;utile, \u00e0 moins que vous ne le donniez \u00e0 quelque voisin pauvre qui en ait r\u00e9ellement besoin : cependant, s&#8217;il ne devait pas r\u00e9ussir dans l&#8217;usage qu&#8217;il en ferait, il vous reprocherait sans doute d&#8217;\u00eatre \u00e0 l&#8217;origine de ses malheurs.<\/p>\n<p>Si nous sommes des fermiers, des marchands ou des fabricants, essaierons-nous de faire des affaires en tablant sur les conditions qui existeront dans l&#8217;Age mill\u00e9naire ? Non, car comme nous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9, agir ainsi serait attirer sur vous un d\u00e9sastre financier, pr\u00e9judiciable \u00e0 vos cr\u00e9anciers et \u00e0 ceux qui d\u00e9pendent de vous, aussi bien qu&#8217;\u00e0 ceux que vous employez.<\/p>\n<p>Nous sugg\u00e9rons que tout ce que nous pouvons faire maintenant est que notre mod\u00e9ration soit connue de tous les hommes : ne pressurer personne ; payer un salaire raisonnable ou donner une part \u00e9quitable de nos profits, sinon n&#8217;engager personne \u00e0 notre service ; \u00e9viter la malhonn\u00eatet\u00e9 sous toutes ses formes ; \u00ab rechercher ce qui est bien devant tous les hommes \u00bb (Seg.); donner un exemple de ce qu&#8217;est \u00ab la pi\u00e9t\u00e9 avec le contentement \u00bb, et toujours, par la parole aussi bien que par les actes, montrer qu&#8217;on ne doit \u00eatre ni violent, ni m\u00eame m\u00e9content ; chercher \u00e0 conduire ceux qui sont fatigu\u00e9s et charg\u00e9s \u00e0 Christ et \u00e0 la parole de la gr\u00e2ce de Dieu, par la foi et une pleine cons\u00e9cration. Si, par la gr\u00e2ce de Dieu, vous devez \u00eatre l&#8217;intendant de plus ou moins de richesses, ne les adorez pas, ne cherchez pas \u00e0 voir non plus combien vous pouvez amasser pour vos h\u00e9ritiers qui pourraient se quereller au sujet de cet argent et en faire un mauvais usage, mais employez-le, conform\u00e9ment \u00e0 votre alliance, pour le service de Dieu et sous sa direction, vous souvenant que vos biens ne sont pas les v\u00f4tres mais ceux de Dieu, que vous ne pouvez les garder, ni les employer pour vous-m\u00eames, mais que Dieu vous les a confi\u00e9s \u00e0 vos soins, afin que vous les utilisiez joyeusement \u00e0 son service, pour la gloire de notre Roi.<\/p>\n<p>Comme suggestion de l&#8217;application pratique de ces<\/p>\n<p>(P 522) remarques concernant les affaires de la vie nous reproduisons ci-dessous, une lettre qui nous a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e par un lecteur de notre journal bimensuel, The Watch Tower, et notre r\u00e9ponse. Elle peut \u00eatre utile \u00e0 d&#8217;autres.<\/p>\n<p>DANS LE MONDE MAIS NON PAS DU MONDE<\/p>\n<p>Pennsylvanie<\/p>\n<p>CHER FR\u00c8RE : Dimanche dernier, \u00e0 notre r\u00e9union, nous avions une le\u00e7on sur Rom. 12 : 1, et parmi de nombreuses pens\u00e9es qui se d\u00e9gageaient d&#8217;un sujet aussi riche, il s&#8217;en trouvait quelques-unes concernant l&#8217;emploi que nous faisons de notre temps consacr\u00e9. Je suis occup\u00e9 dans une affaire d&#8217;\u00e9picerie, mais actuellement les conditions du commerce en g\u00e9n\u00e9ral exigent presque une \u00ab \u00e9ternelle vigilance \u00bb.<\/p>\n<p>La question qui s&#8217;est pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 moi de nombreuses fois est la suivante : Devrais-je, en tant que l&#8217;un des consacr\u00e9s, d\u00e9ployer de tels efforts pour faire et conserver une client\u00e8le comme il est n\u00e9cessaire de le faire maintenant ? Je distribue chaque semaine des listes de prix, en offrant souvent des marchandises \u00e0 un prix inf\u00e9rieur au prix co\u00fbtant pour attirer les clients, et pour des marchandises plus lucratives, je distribue des \u00ab cadeaux \u00bb ; ce n&#8217;est pas que je pr\u00e9f\u00e8re cette sorte de transaction, mais parce que, tous mes concurrents font la m\u00eame chose, et, pour conserver mon commerce et mon gagne-pain (car je ne suis pas riche), je suis oblig\u00e9 de suivre l&#8217;exemple.<\/p>\n<p>Un autre aspect r\u00e9pr\u00e9hensible de cette sorte de m\u00e9thode, c&#8217;est qu&#8217;elle opprime mes confr\u00e8res plus faibles dans le m\u00eame commerce. Je connais nombre d&#8217;entre eux ; parmi eux se trouvent des veuves qui essaient de gagner honn\u00eatement leur vie en vendant des marchandises, mais je suis forc\u00e9 de mettre de c\u00f4t\u00e9 tous mes meilleurs sentiments et de \u00ab foncer \u00bb quel que soit celui \u00e0 qui cela peut faire du tort. C&#8217;est l\u00e0 une triste confession pour quelqu&#8217;un qui essaie d&#8217;obtenir la mission d&#8217;assister notre Seigneur \u00e0 sortir l&#8217;humanit\u00e9 du gouffre de l&#8217;\u00e9go\u00efsme duquel elle doit \u00eatre sauv\u00e9e dans l&#8217;Age que nous croyons \u00eatre si proche maintenant. Je n&#8217;essaie pas d&#8217;obtenir de vous la justification de mes actions dans cette affaire, mais je d\u00e9sire avoir votre opinion quant \u00e0 la ligne de conduite recommandable pour des enfants de Dieu qui se d\u00e9clarent tels et qui sont engag\u00e9s dans les affaires de nos jours quand il s&#8217;agit, pour ainsi dire, du gros poisson d\u00e9vorant les plus petits.<\/p>\n<p>V\u00f4tre en Christ, &#8230;<\/p>\n<p>En r\u00e9ponse : Les conditions que vous sp\u00e9cifiez sont communes \u00e0 presque toutes les formes d&#8217;affaires, et pr\u00e9valent d&#8217;une mani\u00e8re croissante \u00e0 travers<\/p>\n<p>(P 523) le monde civilis\u00e9. Cela fait partie du \u00ab trouble \u00bb de notre \u00e9poque. L&#8217;augmentation de la capacit\u00e9 de la machine et l&#8217;accroissement de la famille humaine contribuent tous deux \u00e0 r\u00e9duire les salaires et \u00e0 rendre plus pr\u00e9caire l&#8217;emploi r\u00e9gulier. Il y a plus d&#8217;hommes qui cherchent \u00e0 s&#8217;engager dans les affaires ; la concurrence et les petits b\u00e9n\u00e9fices, tout en \u00e9tant b\u00e9n\u00e9fiques pour les pauvres, tuent commercialement le petit magasin et les prix \u00e9lev\u00e9s. En cons\u00e9quence, les petits magasins et les petites usines s&#8217;effacent devant de plus grands et de plus grandes qui, en raison de dispositions meilleures et plus \u00e9conomiques, permettent un meilleur service et des prix plus bas. De plus grands stocks de marchandises plus fra\u00eeches \u00e0 des prix inf\u00e9rieurs et avec un meilleur service sont \u00e0 l&#8217;avantage g\u00e9n\u00e9ral du public, en comparaison des petites boutiques d&#8217;antan avec des marchandises d\u00e9fra\u00eechies, des prix \u00e9lev\u00e9s et un service nonchalant, m\u00eame si, temporairement, certaines pauvres veuves ou les gens estimables peuvent souffrir \u00e0 cause d&#8217;une incapacit\u00e9 mentale, physique ou financi\u00e8re \u00e0 marcher de pair avec le nouvel ordre de choses. Pourtant, m\u00eame ces personnes, si elles sont capables d&#8217;examiner la situation avec largeur d&#8217;esprit et bienveillance, peuvent se r\u00e9jouir du bien-\u00eatre public m\u00eame si cela les oblige \u00e0 un changement d\u00e9favorable dans leurs propres affaires. Elles peuvent se r\u00e9jouir avec ceux qui en sont b\u00e9n\u00e9ficiaires, et attendre patiemment le Royaume prochain qui \u00e9tendra les b\u00e9n\u00e9dictions de Dieu de fa\u00e7on \u00e0 les rendre plus communes \u00e0 tous que maintenant. Mais, seuls, ceux qui ont la \u00ab nouvelle nature \u00bb et son amour peuvent consid\u00e9rer les choses ainsi, sans \u00e9go\u00efsme. La concurrence commerciale actuelle n&#8217;est donc pas un mal absolu. Elle est une des le\u00e7ons donn\u00e9es au monde comme une \u00e9tude pr\u00e9paratoire avant d&#8217;entrer dans l&#8217;Age mill\u00e9naire, lorsque les affaires du monde seront, en grande partie, sinon totalement, sur une base socialiste, non pour l&#8217;enrichissement ou pour l&#8217;avantage des individus, mais pour le bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;intervalle, cependant, la tendance \u00e9go\u00efste \u00e0 la concurrence augmente continuellement d&#8217;une mani\u00e8re plus irritante pour ceux qui poss\u00e8dent des impulsions nobles et g\u00e9n\u00e9reuses, qu&#8217;ils soient des chr\u00e9tiens ou non. Nous sommes heureux<\/p>\n<p>(P 524) de remarquer votre appr\u00e9ciation personnelle du sujet et votre m\u00e9contentement \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des conditions pr\u00e9sentes.<\/p>\n<p>Nous vous conseillons de garder une grande vigilance, et, si vous voyez quelque autre branche commerciale moins encombr\u00e9e de concurrents et par cons\u00e9quent plus favorable, prenez-la. Si non, ou jusqu&#8217;\u00e0 ce que vous trouviez une affaire plus favorable, ou des conditions plus favorables, nous vous conseillons de continuer l\u00e0 o\u00f9 vous \u00eates, et de modifier votre ligne de conduite jusqu&#8217;\u00e0 un certain point : par exemple, partager les choses aussi \u00e9quitablement que vous le pouvez entre les trois int\u00e9r\u00eats en opposition, savoir, les v\u00f4tres, ceux de vos concurrents et ceux de vos patrons ou de vos voisins. Si votre affaire fait face aux d\u00e9penses et vous permet un b\u00e9n\u00e9fice raisonnable, efforcez-vous de la conserver, mais ne la forcez pas pour essayer de devenir \u00ab riche \u00bb, car \u00ab ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans un pi\u00e8ge \u00bb (1 Tim. 6: 9). Nous devrions \u00e9viter toute concurrence d\u00e9loyale ou toute bassesse envers des concurrents, et toute d\u00e9pr\u00e9ciation des marchandises devant les clients. La justice et l&#8217;honn\u00eatet\u00e9 doivent \u00eatre maintenues \u00e0 tout prix ensuite, ajoutez-y toute la \u00ab mod\u00e9ration \u00bb en faveur de votre concurrent que l&#8217;amour peut sugg\u00e9rer et que les circonstances permettent.<\/p>\n<p>Nous ne devons pas oublier l&#8217;injonction : \u00ab Tu n&#8217;iras pas apr\u00e8s la foule pour mal faire \u00bb (Ex. 23 : 2), ni conseiller le plus l\u00e9ger compromis avec l&#8217;injustice. Votre question, nous le comprenons, n&#8217;est pas de savoir si vous pouvez ou non, commettre l&#8217;injustice, mais de savoir si oui ou non l&#8217;amour vous permettra de faire tout ce qui ne rencontrera pas l&#8217;opposition de la justice et que l&#8217;usage sanctionne. Le c\u0153ur mondain ne se fait aucun scrupule \u00e0 propos de telles \u00ab bagatelles \u00bb : c&#8217;est votre \u00ab nouvelle nature \u00bb, dont la loi est l&#8217;amour, qui pr\u00e9f\u00e9rerait voir prosp\u00e9rer votre concurrent, et d\u00e9sire ardemment faire le bien \u00e0 tous les hommes selon qu&#8217;elle en a l&#8217;occasion favorable, sp\u00e9ciale\u00adment \u00e0 la famille de la foi. Cultivez cette \u00ab nouvelle nature \u00bb en ob\u00e9issant \u00e0 sa loi d&#8217;amour de toute mani\u00e8re possible. \u00ab S&#8217;il est possible, autant que cela d\u00e9pend de vous, vivez en paix avec tous les hommes \u00bb, agissant avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et conform\u00e9ment \u00e0 l&#8217;amour. Celui qui est p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 de l&#8217;esprit d&#8217;amour<\/p>\n<p>(P 525) ne pense aucun mal \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de son concurrent et ne cherche pas purement et simplement son bien-\u00eatre personnel, et ne se r\u00e9jouirait pas de la faillite de son concurrent.<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 est que le monde entier continue sa course sur le principe corrompu de l&#8217;\u00e9go\u00efsme lequel n&#8217;est pas du tout conforme \u00e0 l&#8217;amour. Pour certains, le plan est sup\u00e9rieur, pour d&#8217;autres il est inf\u00e9rieur : certains limitent leur \u00e9go\u00efsme \u00e0 la borne de la justice, d&#8217;autres descendent dans l&#8217;\u00e9go\u00efsme jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;injustice et la malhonn\u00eatet\u00e9, et la tendance est toujours vers le bas. La \u00ab nouvelle-cr\u00e9ature \u00bb en Christ ne doit jamais \u2022 aller au-dessous de la justice et de l&#8217;honn\u00eatet\u00e9, et doit chercher autant que possible \u00e0 s&#8217;\u00e9lever au-dessus du niveau mondain le plus ,\u00e9lev\u00e9, vers l&#8217;amour parfait. Si les int\u00e9r\u00eats de l&#8217;acheteur sont toujours en opposition \u00e0 ceux du vendeur, la faute en est au syst\u00e8me actuel de concurrence. Aucune puissance ne peut corriger, diriger et modifier tout ceci sauf la seule puissance que Dieu a promise, le Royaume mill\u00e9naire qui imposera la r\u00e8gle d&#8217;amour et lib\u00e9rera des dispositions et des cha\u00eenes de l&#8217;\u00e9go\u00efsme tous ceux qui, lorsqu&#8217;ils discerneront et conna\u00eetront le meilleur chemin, accepteront l&#8217;assistance qui leur sera alors fournie.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">* \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0*\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0*<\/p>\n<p>Nous avons vu que sous la loi sociale actuelle, est in\u00e9vitable soit l&#8217;\u00e9crasement des masses humaines dans la fange, comme esclaves de la richesse et de l&#8217;intelligence, soit l&#8217;effondrement de l&#8217;ordre social actuel sous le r\u00e8gne de l&#8217;anarchie ; l&#8217;Ecriture d\u00e9clare que ce sera cet effondrement et que cela apportera une terrible r\u00e9tribution sur tous les hommes, riches et pauvres, savants et ignorants ; que par une d\u00e9monstration r\u00e9elle, cela enseignera aux hommes la folie de l&#8217;\u00e9go\u00efsme, et les aidera \u00e0 l&#8217;avenir \u00e0 appr\u00e9cier la sagesse de la loi d&#8217;amour de Dieu et que la \u00ab grande tribulation \u00bb enseignera \u00e0 tous une terrible le\u00e7on, mais en fin de compte des plus profitables. Nous sommes donc pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 examiner dans notre prochain chapitre ce que les Ecritures ont \u00e0 nous dire au sujet de la chute de Babylone, la chr\u00e9tient\u00e9, dans la grande lutte qui mettra fin au pr\u00e9sent Age.<\/p>\n<p>(P 526)<\/p>\n<p>Nous avons examin\u00e9 l&#8217;\u00e9chec de la chr\u00e9tient\u00e9 \u00e0 adopter l&#8217;esprit de l&#8217;enseignement de Christ, et vu comment la connaissance et la libert\u00e9 obtenues gr\u00e2ce \u00e0 ses enseignements \u00e9taient m\u00eal\u00e9es \u00e0 l&#8217;esprit du mal, de l&#8217;\u00e9go\u00efsme, et comme d&#8217;apr\u00e8s les signes annonciateurs actuels nous observons l&#8217;approche certaine de la terrible calamit\u00e9, de l&#8217;anarchie et de toute \u0153uvre mauvaise, nous comprenons que la permission de cette calamit\u00e9 est juste, nous y lisons la loi divine de r\u00e9tribution. Bien que nous d\u00e9plorions les malheurs qui vont apporter cette r\u00e9tribution, tout en en discernant la n\u00e9cessit\u00e9 et la justice, et ayant appris \u00e9galement les desseins de mis\u00e9ricorde qui doivent \u00eatre accomplis \u00e9ventuellement par ces m\u00eames moyens, nos c\u0153urs s&#8217;\u00e9crient : \u00ab Grandes et merveilleuses sont tes \u0153uvres, Eternel Dieu Tout-Puissant ! Justes et v\u00e9ritables sont tes voies, \u00f4 Roi des nations ! \u00bb \u2014 Apoc. 15 : 3.<\/p>\n<p>&#8220;Attendez le matin &#8211; il viendra en effet,<br \/>\nAussi s\u00fbrement que la nuit a donn\u00e9 le besoin ;<br \/>\nLes yeux impatients vont enfin tendre la vue,<br \/>\nLa lumi\u00e8re du matin ne sera plus sans r\u00e9ponse :<br \/>\nIls ne s&#8217;efforceront plus vainement \u00e0 travers les larmes<br \/>\nPour percer l&#8217;obscurit\u00e9 de tes doutes et de tes craintes,<br \/>\nMais, baign\u00e9s par la ros\u00e9e et les rayons de l&#8217;aube,<br \/>\nIls souriront avec ravissement \u00e0 la disparition des t\u00e9n\u00e8bres.<\/p>\n<p>&#8220;Attends le matin, \u00f4 enfant frapp\u00e9,<br \/>\nm\u00e9pris\u00e9, flagell\u00e9, pers\u00e9cut\u00e9 et injuri\u00e9,<br \/>\nAssoiff\u00e9 et affam\u00e9, personne n&#8217;a piti\u00e9 de toi,<br \/>\nCouronn\u00e9 par les \u00e9pines tordues de l&#8217;agonie &#8211;<br \/>\nPas la moindre lueur de soleil \u00e0 travers l&#8217;obscurit\u00e9 dense.<br \/>\ninfini des t\u00e9n\u00e8bres pour t&#8217;y conduire.<br \/>\nAttends le matin &#8211; il viendra en effet,<br \/>\nAussi s\u00fbrement que la nuit a donn\u00e9 le besoin.&#8221;<br \/>\n&#8211; James Whitcomb Riley<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(P 469) ETUDE, X REMEDES PROPOSES \u2014 SOCIAUX ET FINANCIERS Prohibition (de l&#8217;alcool) et suffrage f\u00e9minin. \u2014 Remon\u00e9tisation de l&#8217;argent et tarifs douaniers protecteurs. \u00ad\u00ab Communisme \u00bb. \u2014 \u00ab Ils avaient toutes choses communes \u00bb. \u2014 \u00ab Anarchisme \u00bb. \u2014 &hellip; <a href=\"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/la-bataille-darmaguedon\/chapitre-10\/\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":890,"menu_order":10,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/965"}],"collection":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=965"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/965\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1146,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/965\/revisions\/1146"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/890"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=965"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}