{"id":963,"date":"2021-03-06T16:34:58","date_gmt":"2021-03-06T16:34:58","guid":{"rendered":"http:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/?page_id=963"},"modified":"2022-02-22T11:32:16","modified_gmt":"2022-02-22T11:32:16","slug":"chapitre-9","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/la-bataille-darmaguedon\/chapitre-9\/","title":{"rendered":"Chapitre 9"},"content":{"rendered":"<p>(P 413)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00c9TUDE IX<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">LE CONFLIT IRR\u00c9PRESSIBLE<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">LE T\u00c9MOIGNAGE DES SAGES DE CE MONDE<\/p>\n<p>La connaissance g\u00e9n\u00e9rale, un nouveau facteur qui exerce son influence, dans tous l\u00e9s domaines. \u2014 Points de vue du S\u00e9nateur Ingall, du R\u00e9v. Lyman Abbott, de l&#8217;\u00e9v\u00eaque Newman [Episc. M\u00e9thod.], du Col. Robert Ingersoll. \u2014 L&#8217;Hon. J. L. Thomas \u00e0 propos de la l\u00e9gislation. &#8211; L&#8217;opinion de Wendell Phillips. \u2014 La pr\u00e9diction de l&#8217;historien Macaulay. \u2014 Les esp\u00e9rances de l&#8217;Hon. Chauncey Depew. \u2014 Interview de l&#8217;\u00e9v\u00eaque Worthington [protestant \u00e9piscopal]. \u2014 R\u00e9ponse de W. J. Bryan. &#8211; Une opinion anglaise. \u2014 L&#8217;expos\u00e9 de la situation par Edward Bellamy. \u2014 L&#8217;opinion du R\u00e9v. J. T. Mc Glynn. &#8211; Le point de vue du Prof. Graham. \u2014 Celui d&#8217;un Juge de la Cour supr\u00eame. \u2014 Une opinion fran\u00e7aise, une \u00ab M\u00eal\u00e9e sociale \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Les hommes rendant l&#8217;\u00e2me de peur et \u00e0 cause de l&#8217;attente des choses qui viennent sur la terre habit\u00e9e [la soci\u00e9t\u00e9], car les puissances des cieux [les gouvernements \u2014 eccl\u00e9siastiques et civils] seront \u00e9branl\u00e9es \u00bb. &#8211; Luc 21 : 26 (D.).<\/p>\n<p>PARTOUT, des sages de ce monde reconnaissent qu&#8217;un grand conflit social approche et qu&#8217;il est irr\u00e9pressible, qu&#8217;on ne peut rien faire pour le d\u00e9tourner. Ils ont cherch\u00e9 des rem\u00e8des, mais n&#8217;en ont trouv\u00e9 aucun qui f\u00fbt \u00e0 la hauteur de la maladie ; aussi, abandonnant tout espoir, ils ont conclu que l\u2019\u00c9volution doit \u00eatre exacte, savoir que \u00ab tout se d\u00e9roule dans la nature selon une loi de la survivance du plus fort comme \u00e9tant le plus apte, et la destruction du plus faible comme \u00e9tant impropre \u00e0 la vie \u00bb. Des philosophes leur enseignent que \u00ab ce qui existe a d\u00e9j\u00e0 exist\u00e9 \u00bb, que notre civilisation n&#8217;est que la r\u00e9p\u00e9tition des civilisations grecque et romaine ; et que d&#8217;une mani\u00e8re semblable, elle s&#8217;effondrera pour ce qui concerne les masses, tandis que la richesse et le gouvernement passeront de nouveau dans les<\/p>\n<p>(P 414) mains de quelques individus, alors que les masses, comme dans les premi\u00e8res civilisations orientales, ne feront qu&#8217;exister.<\/p>\n<p>D&#8217;une mani\u00e8re tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rale, ces sages manquent de remarquer dans le conflit le nouvel \u00e9l\u00e9ment jamais rencontr\u00e9 auparavant, savoir la diffusion plus g\u00e9n\u00e9rale de la connaissance \u00e0 travers le monde, sp\u00e9cialement \u00e0 travers la chr\u00e9tient\u00e9. Cet \u00e9l\u00e9ment que nombre d&#8217;hommes oublient, est port\u00e9 \u00e0 l&#8217;attention de ceux qui sont assez sages pour chercher la vraie sagesse \u00e0 sa source, la Parole de Dieu. Ceux-l\u00e0 sont inform\u00e9s qu&#8217;\u00ab au temps de la fin, plusieurs courront \u00e7\u00e0 et l\u00e0, et la connaissance sera augment\u00e9e&#8230; et que ce sera un temps de d\u00e9tresse tel qu&#8217;il n&#8217;y en a pas eu depuis qu&#8217;il existe une nation \u00bb (Dan. 12 : 1-4). Ils discernent l&#8217;accomplissement stup\u00e9fiant des all\u00e9es et venues pr\u00e9dites des hommes ; ils discernent \u00e9galement l&#8217;augmentation g\u00e9n\u00e9rale de la connaissance, et pour ceux-l\u00e0 le temps de d\u00e9tresse pr\u00e9dit dans le m\u00eame passage signifie, non pas une r\u00e9p\u00e9tition de l&#8217;histoire, non pas une soumission des masses \u00e0 quelques privil\u00e9gi\u00e9s, mais un renversement prodigieux de l&#8217;histoire provoqu\u00e9 par les nouvelles conditions remarqu\u00e9es. De plus, la d\u00e9claration, faite par le m\u00eame proph\u00e8te \u00e0 ce propos, qu&#8217;\u00ab en ce temps-l\u00e0 se l\u00e8vera Mica\u00ebl [Christ] \u00bb qui prendra son glorieux pouvoir et r\u00e8gne, est d&#8217;accord avec la pens\u00e9e que la d\u00e9tresse \u00e0 venir mettra fin au r\u00e8gne d&#8217;\u00e9go\u00efsme du \u00ab prince de ce monde \u00bb [Satan], et inaugurera le Royaume b\u00e9ni d&#8217;Emmanuel. Mais \u00e9coutons quelques-uns des sages de ce monde nous dire ce qu&#8217;ils voient !<\/p>\n<p>L&#8217;Hon. J. J. Ingalls est un homme tol\u00e9rant, de fortune modeste et ancien S\u00e9nateur des Etats-Unis. Il a fourni \u00e0 la presse une vue large et un expos\u00e9 lib\u00e9ral et sans passion de la lutte pour la richesse et l&#8217;\u00e9crasement des classes pauvres qui en r\u00e9sulte. Nous en reproduisons de larges extraits, parce que c&#8217;est un expos\u00e9 mod\u00e9r\u00e9 de la question, et parce qu&#8217;il montre que m\u00eame des hommes d&#8217;\u00e9tat bien \u00e9veill\u00e9s qui discernent la difficult\u00e9, ne connais- sent aucun rem\u00e8de qui puisse \u00eatre appliqu\u00e9 pour gu\u00e9rir la maladie et sauver les victimes.<\/p>\n<p>(P 415)<\/p>\n<p>Le S\u00e9nateur Ingalls \u00e9crivait :<\/p>\n<p>\u00ab La libert\u00e9 est quelque chose de plus qu&#8217;un mot. Celui qui d\u00e9pend de la volont\u00e9 d&#8217;un autre pour se loger, se v\u00eatir et se nourrir ne peut pas \u00eatre un homme libre dans le sens large, complet de ce terme. L&#8217;homme, dont le pain quotidien pour lui-m\u00eame et pour sa famille d\u00e9pend du salaire qu&#8217;un employeur peut lui donner ou lui retirer \u00e0 son gr\u00e9, n&#8217;est pas libre. L&#8217;homme qui n&#8217;a que l&#8217;alternative de mourir de faim ou de se soumettre aux conditions d&#8217;un patron est un esclave.<\/p>\n<p>\u00ab La libert\u00e9 ne consiste pas en d\u00e9finitions. D\u00e9clarer que la vie, la libert\u00e9 et la recherche du bonheur sont les droits inali\u00e9nables de chaque \u00eatre humain ne rend pas l&#8217;homme ind\u00e9pendant. Le droit \u00e0 la libert\u00e9 est une d\u00e9rision et une tromperie si le pouvoir d&#8217;\u00eatre libre n&#8217;existe pas aussi. La libert\u00e9 n&#8217;est pas simplement la lev\u00e9e des contraintes l\u00e9gales, la permission d&#8217;aller et venir. En plus de cela doivent exister la capacit\u00e9 et l&#8217;occasion favorable que seule l&#8217;exemption de la n\u00e9cessit\u00e9 \u2022d&#8217;un labeur quotidien incessant peut apporter. Pour paraphraser Shakespeare : la Pauvret\u00e9 et la Libert\u00e9 sont un couple mal assorti. La libert\u00e9 et la d\u00e9pendance sont incompatibles. D\u00e8s les premiers temps, l&#8217;abolition de la pauvret\u00e9 a \u00e9t\u00e9 le r\u00eave des visionnaires et l&#8217;esp\u00e9rance des philanthropes.<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;in\u00e9galit\u00e9 des fortunes et l&#8217;\u00e9vidente injustice de la r\u00e9partition disproportionn\u00e9e de la richesse parmi les hommes ont rendu perplexes les philosophes. C&#8217;est l&#8217;\u00e9nigme non r\u00e9solue de l&#8217;\u00e9conomie politique ! La civilisation n&#8217;a pas de paradoxe plus myst\u00e9rieux que l&#8217;existence de la faim \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 il y a surabondance de nourriture, de la mis\u00e8re au milieu du superflu. On ne peut comprendre sur quelles bases est \u00e9difi\u00e9e une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle un homme peut poss\u00e9der tant de richesses qu&#8217;il est m\u00eame incapable, si prodigue soit-il, de les gaspiller toutes, tandis qu&#8217;un autre, comp\u00e9tent et d\u00e9sireux de travailler, doit mourir faute de combustible, de haillons et d&#8217;une cro\u00fbte de pain. Un tel \u00e9tat de choses fait de la charte des droits humains une \u00e9nigme. Aussi longtemps que de telles conditions subsistent, la cl\u00e9 du myst\u00e8re de la destin\u00e9e n&#8217;est pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, la fraternit\u00e9 humaine n&#8217;est qu&#8217;une expression, la justice une formule, et le code divin un code illisible.<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;exasp\u00e9ration des pauvres, \u00e0 la vue de l&#8217;insolente ostentation des riches, a renvers\u00e9 des empires. Le soulagement des indigents a \u00e9t\u00e9 l&#8217;objet de lois humaines et de lois divines. Les lamentations des mis\u00e9rables constituent le th\u00e8me principal de l&#8217;histoire. Job \u00e9tait un millionnaire. Que l&#8217;\u0153uvre litt\u00e9raire incomparable qui porte son nom soit une parabole ou une biographie,<\/p>\n<p>(P 416) elle est d&#8217;un profond int\u00e9r\u00eat, car le patriarche \u00e9tait pr\u00e9occup\u00e9 des m\u00eames questions qui nous troublent actuellement. n d\u00e9peint, tel un Populiste ceux qui d\u00e9robent l&#8217;\u00e2ne de l&#8217;orphelin et le b\u0153uf de la veuve, ceux qui d\u00e9placent les bornes des champs, ceux qui r\u00e9coltent le bl\u00e9 et le fruit de la vigne du pauvre qu&#8217;ils d\u00e9pouillent de ses v\u00eatements, le laissant nu sous les averses des montagnes et sans refuge contre le rocher.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les proph\u00e8tes h\u00e9breux r\u00e9serv\u00e8rent aux extorsions et \u00e0 la volupt\u00e9 des riches leurs mal\u00e9dictions de choix, et Mo\u00efse promulgua des lois r\u00e9glant la remise des dettes, la redistribution des terres et la limitation des fortunes priv\u00e9es. A Rome, pendant des si\u00e8cles, la propri\u00e9t\u00e9 de biens immeubles \u00e9tait limit\u00e9e pour chaque citoyen \u00e0 300 acres, et le cheptel et le nombre d&#8217;esclaves devait \u00eatre proportionn\u00e9 \u00e0 la surface cultiv\u00e9e. Cependant, les lois donn\u00e9es par le Tout-Puissant aux Juifs par l&#8217;interm\u00e9diaire de Mo\u00efse furent aussi inefficaces que celles de Lycurgue et de Licinius contre l&#8217;indomptable \u00e9nergie de l&#8217;homme et les conditions organiques de son \u00eatre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au temps de C\u00e9sar, 2 000 ploutocrates poss\u00e9daient pratiquement tout l&#8217;Empire romain, et plus de 100 000 chefs de famille \u00e9taient des mendiants soutenus par l&#8217;assistance du tr\u00e9sor public. La m\u00eame lutte s&#8217;est poursuivie \u00e0 travers le Moyen Age jusque dans le dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle. Il n&#8217;y a aucun rem\u00e8de prescrit aujourd&#8217;hui qui n&#8217;ait \u00e9t\u00e9 administr\u00e9, mais en vain, \u00e0 d&#8217;innombrables malades autrefois : aucune exp\u00e9rience en mati\u00e8re de finance et d&#8217;\u00e9conomie politique propos\u00e9e qui n&#8217;ait \u00e9t\u00e9 \u00e0 maintes reprises essay\u00e9e, sans autre r\u00e9sultat que le d\u00e9sastre pour les individus et la ruine pour la nation.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Enfin, apr\u00e8s bien des t\u00e2tonnements et de nombreux combats sanglants et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s contre des rois et des dynasties, contre les privil\u00e8ges, les castes et les pr\u00e9rogatives, les abus d&#8217;autrefois, contre des ordres, des titres et des classes formidablement retranch\u00e9s, on a r\u00e9alis\u00e9 ici l&#8217;id\u00e9al d\u00e9finitif de Gouvernement. C&#8217;est le peuple qui a l&#8217;autorit\u00e9 supr\u00eame. Les pauvres, les travailleurs, les ouvriers sont les gouvernants. Ce sont eux qui font les lois, qui constituent les institutions. Louis XIV disait : \u00ab L\u2019\u00c9tat, c&#8217;est moi \u00bb. Ici, les salari\u00e9s, les agriculteurs, les forgerons, les p\u00eacheurs, les artisans disent : \u00ab L\u2019\u00c9tat, c&#8217;est nous \u00bb. La confiscation, le pillage et l&#8217;enrichissement des favoris du roi sont inconnus ici. Chaque homme, quelles que puissent \u00eatre sa naissance, sa capacit\u00e9, son \u00e9ducation ou sa moralit\u00e9, a des chances \u00e9gales \u00e0 celles des autres dans la course de la vie.<\/p>\n<p>(P 417) La l\u00e9gislation, qu&#8217;elle soit bonne ou mauvaise, est d\u00e9cid\u00e9e par la majorit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Il y a moins d&#8217;un si\u00e8cle, la condition sociale aux \u00c9tats-Unis \u00e9tait celle d&#8217;une \u00e9galit\u00e9 r\u00e9elle. Dans notre premi\u00e8re p\u00e9riode de recensement, il n&#8217;y avait ni millionnaires, ni indigents, ni vagabonds dans le pays. Le premier citoyen am\u00e9ricain \u00e0 poss\u00e9der un million de dollars fut le premier des Astor vers 1806. Fils d&#8217;un boucher, il avait \u00e9migr\u00e9 d&#8217;Allemagne peu d&#8217;ann\u00e9es avant 1806, et le point de d\u00e9part de sa fortune fut un paquet de fourrures. Avant cette \u00e9poque, la plus grande fortune appartenait \u00e0 George Washington ; \u00e0 sa mort, survenue en 1799, elle fut \u00e9valu\u00e9e \u00e0 650 000 $.<\/p>\n<p>\u00ab La grande partie des gens \u00e9taient des agriculteurs et des p\u00eacheurs, vivant contents des produits de leur labeur. Le d\u00e9veloppement du continent, gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;introduction des chemins de fer, des machines agricoles et des applications scientifiques de la vie moderne, a fait de nous la nation la plus riche du monde. La masse totale des possessions du pays d\u00e9passe probablement 100 000 000 000 $ dont la moiti\u00e9, dit-on, est g\u00e9r\u00e9e directement par moins de 30 000 personnes et soci\u00e9t\u00e9s. Les plus grandes fortunes personnelles du monde ont \u00e9t\u00e9 accumul\u00e9es aux \u00c9tats-Unis, dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du si\u00e8cle.<\/p>\n<p>\u00ab En outre, nos ressources mat\u00e9rielles sont \u00e0 peine entam\u00e9es. Moins du quart de notre terre arable a \u00e9t\u00e9 labour\u00e9e. Nos mines cachent des tr\u00e9sors plus riches que ceux d&#8217;Ophir et de Potosi. Nos usines et notre commerce sont relativement r\u00e9cents, mais d\u00e9j\u00e0, ils ont donn\u00e9 naissance \u00e0 une aristocratie de riches qui ne porte ni jarreti\u00e8res, ni couronne, qui n&#8217;est annonc\u00e9e par aucun h\u00e9raut, mais qui, souvent, est la bienvenue dans les cours des princes et dans les palais des rois.<\/p>\n<p>\u00ab Si la distribution in\u00e9gale des d\u00e9penses et des profits de la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9pend de la l\u00e9gislation, des institutions et du gouvernement, alors dans une organisation comme la n\u00f4tre, l&#8217;\u00e9quilibre devrait \u00eatre r\u00e9tabli. Si la richesse r\u00e9sulte de lois injustes, et la pauvret\u00e9 de l&#8217;oppression l\u00e9gislative, alors le rem\u00e8de est entre les mains des victimes. Si elles souffrent, cela provient de blessures qu&#8217;elles s&#8217;infligent elles-m\u00eames. Nous n&#8217;avons ni tenures f\u00e9odales, ni droit d&#8217;a\u00eenesse, ni substitution ; il n&#8217;y a aucune occasion favorable qui ne soit ouverte \u00e0 tous. La justice, l&#8217;\u00e9galit\u00e9, la libert\u00e9 et la fraternit\u00e9 sont les fondements de l\u2019\u00c9tat. Chaque homme a dans sa main un bulletin de vote. L&#8217;\u00e9cole offre l&#8217;instruction \u00e0 tous. La presse est libre. La parole, la pens\u00e9e et la conscience sont libres.<\/p>\n<p>(P 418)<\/p>\n<p>\u00ab Pourtant, le suffrage universel n&#8217;a pas donn\u00e9 la preuve qu&#8217;il \u00e9tait une panac\u00e9e pour gu\u00e9rir les maux de la soci\u00e9t\u00e9. La pauvret\u00e9 n&#8217;est pas supprim\u00e9e. Bien que la richesse se soit accumul\u00e9e au-del\u00e0 de tout ce que pouvait esp\u00e9rer la cupidit\u00e9, l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 de sa r\u00e9partition est aussi grande qu&#8217;au temps de Job, de Salomon et d&#8217;Agis. Non seulement le vieux probl\u00e8me n&#8217;est pas r\u00e9solu, mais ses conditions se sont compliqu\u00e9es et intensifi\u00e9es. Un pouvoir politique plus \u00e9tendu est affermi dans les mains de quelques-uns, et dans une r\u00e9publique plus encore que dans une monarchie, des fortunes prodigieuses sont acquises par des individus.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le grand ab\u00eeme qui s\u00e9pare les riches et les pauvres s&#8217;\u00e9largit de plus en plus de jour en jour. Les forces du travail et du capital qui devraient \u00eatre des alli\u00e9es, des auxiliaires et des amies sont rang\u00e9es en ordre de bataille les unes contre les autres comme des arm\u00e9es hostiles se tenant dans des camps fortifi\u00e9s et se pr\u00e9parant pour le si\u00e8ge ou le combat. Des millions sont annuellement perdus en salaires, en destruction de biens p\u00e9rissables, en d\u00e9t\u00e9rioration de mat\u00e9riel et en diminution de b\u00e9n\u00e9fices, dus aux gr\u00e8ves et aux lock-out qui sont devenus la condition normale de la guerre entre patrons et ouvriers.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&#8217;Utopie est encore un pays qui reste \u00e0 d\u00e9couvrir. Comme le mirage du d\u00e9sert, la perfection id\u00e9ale dans la soci\u00e9t\u00e9 s&#8217;\u00e9loigne au fur et \u00e0 mesure qu&#8217;on s&#8217;en approche. La nature humaine demeure inchang\u00e9e dans tous les milieux.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Avec le progr\u00e8s de la civilisation, la condition des masses s&#8217;est incommensurablement am\u00e9lior\u00e9e. Aujourd&#8217;hui, le plus pauvre artisan jouit librement de choses confortables tables et d&#8217;avantages mat\u00e9riels que des monarques, m\u00eame avec leurs tr\u00e9sors ne pouvaient acheter il y a cinq si\u00e8cles. Cependant, De Toqueville observait la singuli\u00e8re anomalie que, au fur et \u00e0 mesure que la condition des masses s&#8217;am\u00e9liore, celles-ci la trouvent plus intol\u00e9rable et le m\u00e9contentement augmente. Les besoins et les d\u00e9sirs augmentent bien plus rapidement que les moyens de les satisfaire. L&#8217;instruction, les journaux quotidiens, les voyages, les biblioth\u00e8ques, les parcs publics, les mus\u00e9es et les vitrines d\u00e9s magasins ont \u00e9largi l&#8217;horizon des ouvriers et des ouvri\u00e8res, augment\u00e9 leur capacit\u00e9 d&#8217;en profiter, les ont familiaris\u00e9s avec des objets de luxe et les avantages de la richesse. L&#8217;instruction politique leur a appris l&#8217;\u00e9galit\u00e9 de l&#8217;homme et leur a fait conna\u00eetre la puissance du bulletin de vote. De faux instructeurs les ont convaincus que toute la richesse est cr\u00e9\u00e9e par le travail, et que chaque homme qui poss\u00e8de plus qu&#8217;il ne peut gagner avec ses mains par un salaire journalier est un voleur, que le capitaliste est un ennemi, et le millionnaire<\/p>\n<p>(P 419) un ennemi public qu&#8217;on devrait mettre hors-la-loi et fusiller sur-le-champ.<\/p>\n<p>\u00ab De grandes fortunes personnelles sont ins\u00e9parables de hautes civilisations. A notre \u00e9poque; la communaut\u00e9 la plus riche du monde, par t\u00eate, est la tribu des Indiens Osage. Sa richesse r\u00e9unie est, toutes proportions gard\u00e9es, dix fois plus \u00e9lev\u00e9e que celle des \u00c9tats-Unis. Elle est poss\u00e9d\u00e9e en commun. Il est possible que la propri\u00e9t\u00e9 en commun ne soit pas la cause de barbarie, mais dans chaque \u00c9tat o\u00f9 l&#8217;on se rapproche de l&#8217;\u00e9galit\u00e9 sociale et \u00e9conomique, et o\u00f9 la richesse est \u00ab cr\u00e9\u00e9e par le travail \u00bb sans l&#8217;intervention du capital, comme en Chine et en Inde, les salaires sont bas, le travailleur est d\u00e9consid\u00e9r\u00e9 et le progr\u00e8s impossible. Si, en ce moment, la richesse des \u00c9tats-Unis \u00e9tait \u00e9galement distribu\u00e9e parmi ses habitants, la somme que chacun poss\u00e9derait serait, selon le recensement, d&#8217;environ 1 000 $.<\/p>\n<p>\u00ab Si cette \u00e9galisation se poursuivait, le progr\u00e8s cesserait de toute \u00e9vidence. Si, d\u00e8s le commencement cette condition avait pr\u00e9valu, nous serions demeur\u00e9s stationnaires. Ce n&#8217;est que lorsque les richesses sont concentr\u00e9es que la nature peut \u00eatre soumise et ses forces mises au service de la civilisation. Jusqu&#8217;\u00e0 ce que le capital puisse, par les machines, se servir de la vapeur, de l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 et de la gravitation, et exempter l&#8217;homme de la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;un labeur constant pour se procurer la subsistance, l&#8217;humanit\u00e9 reste dans l&#8217;immobilisme ou r\u00e9trograde. Les chemins de fer, les t\u00e9l\u00e9graphes, les flottes, les villes, les biblioth\u00e8ques, les mus\u00e9es, les universit\u00e9s, les cath\u00e9drales, les h\u00f4pitaux \u2014 toutes les grandes entreprises qui exaltent et embellissent l&#8217;existence et am\u00e9liorent les conditions de la vie humaine \u2014 proviennent de la concentration de l&#8217;argent dans les mains de quelques-uns.<\/p>\n<p>\u00ab M\u00eame s&#8217;il \u00e9tait d\u00e9sirable de limiter l&#8217;accumulation des richesses, la soci\u00e9t\u00e9 ne poss\u00e8de aucun moyen de le faire. L&#8217;esprit (\u00ab mind \u00bb) est indomptable. Les diff\u00e9rences qui existent entre les hommes sont d&#8217;ordre organique et fondamental. Elles sont fond\u00e9es par des ordonnances de la Puissance supr\u00eame et ne peuvent \u00eatre abrog\u00e9es par un d\u00e9cret du Congr\u00e8s. Dans les conflits entre les cerveaux et la sup\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique de l&#8217;adversaire, les cerveaux ont toujours gagn\u00e9 et gagneront toujours.<\/p>\n<p>\u00ab La maladie sociale est grave et mena\u00e7ante, mais le mal lui-m\u00eame n&#8217;est pas aussi dangereux que le sont les docteurs et les drogues. Les charlatans politiques, avec leur salsepareille, leurs empl\u00e2tres et leurs pilules, soignent les sympt\u00f4mes au lieu de la maladie. La frappe libre de l&#8217;argent, l&#8217;accroissement du revenu par t\u00eate, la restriction de l&#8217;immigration, le scrutin australien et la qualit\u00e9 du vote sont des questions importantes, mais elles pourraient<\/p>\n<p>(P 420) \u00eatre toutes appliqu\u00e9es sans amener la moindre am\u00e9lioration de la condition des masses ouvri\u00e8res des \u00c9tats-Unis. Au lieu de priver du droit de vote les pauvres ignorants, il serait bien d&#8217;augmenter leurs biens et leur information, et de les rendre aptes \u00e0 voter. Une classe proscrite devient in\u00e9vitablement une classe de conspirateurs, et de libres institutions ne peuvent \u00eatre obtenues que par l&#8217;instruction, la prosp\u00e9rit\u00e9 et le contentement de ceux qui les \u00e9tablissent. \u00bb<\/p>\n<p>Voil\u00e0 l&#8217;expos\u00e9 des faits, mais o\u00f9 est celui du rem\u00e8de ? Il n&#8217;y en a aucun. Pourtant l&#8217;auteur n&#8217;\u00e9prouve aucune sympathie pour les faits sur lesquels il appelle l&#8217;attention : il pr\u00e9f\u00e9rerait, s&#8217;il le pouvait, mettre en \u00e9vidence un moyen d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 ce qu&#8217;il juge comme \u00e9tant in\u00e9vitable. C&#8217;est ce que voudrait aussi tout homme digne de ce nom. En ce qui concerne M. Ingalls, la preuve en est donn\u00e9e par l&#8217;extrait suivant d&#8217;un de ses discours prononc\u00e9s, au S\u00e9nat. des \u00c9tats-Unis (<em>Congressional Record, Vol. VII, pp. 1054-5.<\/em>). Il d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Nous ne pouvons cacher la v\u00e9rit\u00e9 que nous sommes au bord d&#8217;une r\u00e9volution imminente. Toutes les solutions d&#8217;autrefois sont sans effet. Les gens se rangent eux-m\u00eames d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 ou de l&#8217;autre d&#8217;une lutte mena\u00e7ante. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9, les capitalistes se retranchent solidement dans leurs privil\u00e8ges, arrogants \u00e0 la suite d&#8217;un triomphe continu, conservateurs, attach\u00e9s \u00e0 leurs vieilles conceptions, exigeant de nouvelles concessions, enrichis par les monopoles qu&#8217;ils d\u00e9tiennent dans leur propre pays et par le commerce avec l&#8217;\u00e9tranger, s&#8217;effor\u00e7ant de fixer toutes les valeurs \u00e0 leur propre \u00e9talon-or. De l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9, se tiennent les travailleurs qui r\u00e9clament du travail, faisant tous leurs efforts pour d\u00e9velopper l&#8217;industrie nationale, luttant contre les forces de la nature et ma\u00eetrisant le d\u00e9sert. Les ouvriers, clans les villes, meurent de faim et sont aigris ; ils sont r\u00e9solus \u00e0 renverser une organisation sociale qui permet aux riches de devenir encore plus riches et laissent les pauvres devenir plus pauvres, organisation qui laisse un Vanderbilt et un Gould entasser des fortunes d\u00e9passant les r\u00eaves les plus cupides, et qui condamne les pauvres \u00e0 une pauvret\u00e9 \u00e0 laquelle ils ne peuvent \u00e9chapper que par la mort. Les malheureux qui ont r\u00e9clam\u00e9 la justice ont \u00e9t\u00e9 accueillis avec indiff\u00e9rence et d\u00e9dain. Les ouvriers du pays, qui r\u00e9clament du travail, sont trait\u00e9s comme des mendiants impudents qui mendieraient leur pain \u00bb.<\/p>\n<p>(P 421)<\/p>\n<p>Ainsi d\u00e9clare-t-il clairement qu&#8217;il ne voit aucun espoir. Il ne conna\u00eet aucun rem\u00e8de pour la terrible maladie \u2014 l&#8217;\u00e9go\u00efsme.<\/p>\n<p>L&#8217;OPINION DU R\u00c9V. DR. LYMAN ABBOTT SUR LA SITUATION<\/p>\n<p>Dans un ancien num\u00e9ro du Literary Digest, nous trouvons le tableau synoptique suivant de l&#8217;opinion du Dr Abbott, le c\u00e9l\u00e8bre pr\u00e9dicateur, r\u00e9dacteur et collaborateur de Th\u00e9odore Roosevelt, sur les rapports entre le Capital et le Travail :<\/p>\n<p>\u00ab Le Dr Abbott affirme que la question de savoir si le salariat est un syst\u00e8me meilleur ou non que le f\u00e9odalisme ou l&#8217;esclavage, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9e ; toutefois, contre le syst\u00e8me industriel actuel il oppose les objections suivantes : (1) Ce syst\u00e8me n&#8217;accorde pas un emploi assur\u00e9 et permanent \u00e0 tous les ouvriers dispos\u00e9s \u00e0 travailler. (2) Il n&#8217;accorde pas non plus \u00e0 tous ceux qui sont employ\u00e9s sous ce r\u00e9gime des salaires qui permettent de vivre d\u00e9cemment et convenablement. (3) Il n&#8217;est pas suffisamment \u00e9ducatif en lui-m\u00eame et n&#8217;accorde pas suffisamment de loisirs pour le d\u00e9veloppement culturel des ouvriers. (4) Dans les conditions actuelles, il est, dans de nombreux cas, impossible de procurer aux ouvriers des logements sains, convenables. Selon le Dr Abbott, les pr\u00e9ceptes de J\u00e9sus-Christ sont en harmonie avec les principes d&#8217;une saine \u00e9conomie politique ; il soutient qu&#8217;il est d\u00e9sastreux d&#8217;ext\u00e9nuer des hommes, des femmes et des enfants \u00e0 seule fin de produire des marchandises \u00e0 bas prix. Le travail, d\u00e9clare-t-il, n&#8217;est pas une \u00ab marchandise \u00bb, et il ajoute :<\/p>\n<p>\u00ab Je crois que l&#8217;organisation qui divise la soci\u00e9t\u00e9 en deux classes, les capitalistes et les ouvriers, n&#8217;est que temporaire. Je crois aussi que l&#8217;agitation industrielle actuelle est le r\u00e9sultat d&#8217;une lutte aveugle en vue d&#8217;\u00e9tablir une d\u00e9mocratie de richesses, dans laquelle ceux qui manient les outils en seront \u00e9galement les possesseurs ; dans cette d\u00e9mocratie, ce sera le travail qui engagera le capital et non l&#8217;inverse ; ce seront les hommes et non l&#8217;argent, qui dirigeront l&#8217;industrie, comme ils dirigent maintenant le gouvernement. Mais la doctrine qui pr\u00e9tend que le travail est une marchandise, et que le capital sert \u00e0 l&#8217;acheter au plus bas prix, n&#8217;est pas logique, m\u00eame temporairement ; du point de vue \u00e9conomique, elle est fausse comme elle est injuste du point de vue moral.<\/p>\n<p>\u00ab Le travail n&#8217;est pas du tout une marchandise ; cela n&#8217;existe pas. Lorsqu&#8217;un ouvrier va \u00e0 l&#8217;atelier, un lundi matin, il n&#8217;a rien \u00e0 vendre, il a les mains vides ; il est venu pour produire quelque chose par son travail, et ce quelque chose, une fois produit, va \u00eatre vendu ; une<\/p>\n<p>(P 422) part du produit de la vente lui reviendra de droit parce qu&#8217;il a aid\u00e9 \u00e0 la production. De m\u00eame qu&#8217;il n&#8217;existe pas de marchandise-travail \u00e0 vendre, il n&#8217;existe pas de march\u00e9 du travail o\u00f9 l&#8217;on peut le vendre. Un march\u00e9 libre suppose une vari\u00e9t\u00e9 de vendeurs avec diff\u00e9rentes marchandises et une vari\u00e9t\u00e9 d&#8217;acheteurs ayant diff\u00e9rents besoins ; le vendeur est parfaitement libre de vendre ou de ne pas vendre, et l&#8217;acheteur est parfaitement libre d&#8217;acheter ou de ne pas acheter. Il n&#8217;existe aucun march\u00e9 de ce genre pour le travail. Les ouvriers sont, dans leur grande majorit\u00e9,&#8217; aussi fermement attach\u00e9s \u00e0 leurs villes par pr\u00e9vention, par ignorance du monde ext\u00e9rieur et de ses besoins, par des consid\u00e9rations familiales, par leurs modestes biens (leur maison et leur lot de terrain) et par des liens religieux, que s&#8217;ils \u00e9taient enracin\u00e9s au sol. Ils n&#8217;ont aucune vari\u00e9t\u00e9 de talents \u00e0 offrir ; en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, l&#8217;ouvrier ne sait bien faire qu&#8217;une seule chose, ne sait bien employer qu&#8217;un seul outil ; il doit trouver quelqu&#8217;un qui poss\u00e8de cet outil et qui d\u00e9sire qu&#8217;un ouvrier le fasse servir, sinon l&#8217;ouvrier doit \u00eatre oisif. \u00ab Un marchand \u00bb, dit Fr\u00e9d\u00e9ric Harrison, \u00ab s&#8217;assied \u00e0 sa caisse, et par quelques lettres ou imprim\u00e9s, il transporte et distribue les marchandises d&#8217;une ville enti\u00e8re de continent \u00e0 continent. Dans d&#8217;autres cas, pour le boutiquier par exemple, les all\u00e9es et venues d&#8217;une multitude de clients suppl\u00e9ent \u00e0 l&#8217;absence de transport pour ses marchandises. Ce sont ses clients qui le font pour lui. Cela, c&#8217;est un vrai march\u00e9. La concurrence, ici, joue rapidement, pleinement, simplement, loyalement. Mais il en va tout autrement pour un journalier qui n&#8217;a pas de marchandise \u00e0 vendre. Il doit \u00eatre pr\u00e9sent en personne \u00e0 chaque march\u00e9, ce qui implique un moyen de locomotion personnel et co\u00fbteux. Il ne peut pas correspondre avec son patron ; il ne peut pas lui envoyer un \u00e9chantillon de sa force ; des patrons ne viennent pas non plus frapper \u00e0 sa porte \u00bb. Il n&#8217;y a ni marchandise-travail \u00e0 vendre, ni march\u00e9-travail pour la vendre. Tous deux sont des fictions de l&#8217;\u00e9conomie politique. Voici quels sont, les faits r\u00e9els :<\/p>\n<p>\u00ab La plupart des marchandises de notre \u00e9poque (m\u00eame les marchandises agricoles viennent graduellement sous cette r\u00e9glementation) sont produites par un corps organis\u00e9 d&#8217;ouvriers qui ex\u00e9cutent leur travail sous la direction d&#8217;un \u00ab capitaine d&#8217;industrie \u00bb, et par l&#8217;emploi d&#8217;outils co\u00fbteux. Ceci exige la coop\u00e9ration de trois classes : le propri\u00e9taire de l&#8217;outillage ou capitaliste, le directeur ou l&#8217;administrateur, et l&#8217;usager ou ouvrier. Le r\u00e9sultat est le produit r\u00e9alis\u00e9 en commun par leur travail. (car l&#8217;outil lui-m\u00eame n&#8217;est qu&#8217;un produit d&#8217;industrie de r\u00e9serve) : il leur appartient donc en commun. Il appartient<\/p>\n<p>(P 423) donc \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie politique de d\u00e9terminer comment partager \u00e9quitablement les valeurs entre ces partenaires d&#8217;une entreprise commune. Telle est, en une phrase, la question du travail. Il n&#8217;est pas vrai que l&#8217;ouvrier a droit \u00e0 la totalit\u00e9, ni qu&#8217;il la r\u00e9clame, quelles que soient les revendications que certains des soutiens d\u00e9raisonnables de sa cause aient pu pr\u00e9senter pour lui. Le directeur a droit \u00e0 sa part, et \u00e0 une large part. Diriger une telle industrie, savoir quels produits sont demand\u00e9s dans le monde, leur trouver un acheteur \u00e0 un prix qui donnera un profit l\u00e9gitime au travail de production, tout cela exige un travail de haute qualit\u00e9, et un travail qui m\u00e9rite une g\u00e9n\u00e9reuse compensation. Celui qui poss\u00e8de l&#8217;outillage a droit \u00e0 une r\u00e9mun\u00e9ration. On peut supposer que lui, ou quelqu&#8217;un qui lui a transmis cet outillage, avait \u00e9pargn\u00e9 l&#8217;argent que ses compagnons, eux, ont d\u00e9pens\u00e9 pour leur bien-\u00eatre ou pour des plaisirs douteux ; il a donc droit d&#8217;\u00eatre r\u00e9compens\u00e9 pour son \u00e9conomie et son \u00e9pargne, bien qu&#8217;on puisse se demander si notre organisation industrielle moderne ne r\u00e9compense pas trop la vertu d&#8217;acquisition, en faisant ainsi d&#8217;une vertu un vice. L&#8217;ouvrier a droit \u00e0 une compensation. Depuis l&#8217;abolition de l&#8217;esclavage, personne ne lui refuse ce droit. Ce qui est difficile, c&#8217;est de d\u00e9terminer comment sera fait le partage du produit de ce travail en commun. Mais il est certain que ce ne peut \u00eatre fait par un syst\u00e8me d&#8217;organisation qui pousse le capitaliste \u00e0 payer des salaires les plus bas possibles pour les services rendus, et l&#8217;ouvrier \u00e0 rendre le moins de services possible pour le salaire re\u00e7u. Quelle que soit la m\u00e9thode juste, celle-ci n&#8217;est certainement pas la bonne \u00bb.<\/p>\n<p>Le Dr Abbott semble poss\u00e9der un c\u0153ur ardent et sympathique \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des masses populaires ; il para\u00eet avoir saisi clairement leur situation. Il \u00e9tablit le diagnostic de la maladie politique sociale et financi\u00e8re, mais ne r\u00e9ussit pas \u00e0 trouver un rem\u00e8de. Il fait bien allusion \u00e0 ce que serait le rem\u00e8de si l&#8217;on pouvait y parvenir, mais il ne sugg\u00e8re aucun moyen de l&#8217;obtenir ; il pense voir se d\u00e9velopper<\/p>\n<p>\u00ab Une lutte aveugle en vue d&#8217;\u00e9tablir une d\u00e9mocratie de richesses, dans laquelle ceux qui manient les outils en seront \u00e9galement les possesseurs ; dans cette d\u00e9mocratie, ce sera le travail qui engagera le capital \u00bb.<\/p>\n<p>Cette phrase fait penser que son auteur avait lu r\u00e9cemment l&#8217;histoire de la Lampe d&#8217;Aladin des Nuits arabes,<\/p>\n<p>(P 424) et qu&#8217;il esp\u00e9rait trouver et employer une \u00ab baguette magique \u00bb. Elle montre ou bien qu&#8217;il a une connaissance limit\u00e9e des finances, ou bien qu&#8217;il attend une r\u00e9volution dans laquelle ceux qui manient l&#8217;outillage l&#8217;enl\u00e8veront de force au capital, en violation de toutes les lois de la soci\u00e9t\u00e9 reconnues actuellement. A supposer qu&#8217;un tel transfert des outils de la direction des propri\u00e9taires actuels \u00e0 celle des ouvriers puisse se faire d&#8217;une mani\u00e8re ou d&#8217;une autre, qui ne peut discerner que les nouveaux propri\u00e9taires des outils deviendraient rapidement, \u00e0 cause de leur nouvelle condition de propri\u00e9taires, des capitalistes ? Avons-nous une raison quelconque de supposer que les nouveaux propri\u00e9taires des outils seraient plus g\u00e9n\u00e9reux ou moins \u00e9go\u00efstes que les propri\u00e9taires d&#8217;outils actuels ? Avons-nous une raison quelconque de supposer que le c\u0153ur naturel aurait chang\u00e9 davantage chez les propri\u00e9taires des outils que chez les ouvriers ou que tous les travailleurs seraient invit\u00e9s par les nouveaux propri\u00e9taires des outils \u00e0 partager \u00e9galement les b\u00e9n\u00e9fices des machines ? Toute l&#8217;exp\u00e9rience faite avec la nature humaine dit : Non ! On se rend compte de la maladie, on se rend compte de la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une prompte gu\u00e9rison, mais aucun rem\u00e8de ne peut gu\u00e9rir la \u00ab cr\u00e9ation g\u00e9missante \u00bb. Ses g\u00e9missements et ses douleurs de l&#8217;\u00ab enfantement \u00bb doivent persister et augmenter, comme l&#8217;indique l&#8217;Ap\u00f4tre, jusqu&#8217;\u00e0 la manifestation des fils de Dieu, le Royaume de Dieu. \u2014 Rom. 8 : 22, 19.<\/p>\n<p>Le fait de nier qu&#8217;il y ait une maladie (\u00ab trouble \u00bb) ne la, gu\u00e9rit pas. L&#8217;affirmation que \u00ab le travail n&#8217;est nullement une marchandise \u00bb ne corrigera pas ou ne changera pas le fait que le travail est une marchandise et ne peut \u00eatre rien d&#8217;autre sous nos lois et circonstances sociales actuelles. A une certaine \u00e9poque et concernant certains peuples, l&#8217;esclavage a pu \u00eatre une institution avantageuse sous des ma\u00eetres bienveillants et raisonnables. Sous le syst\u00e8me f\u00e9odal d&#8217;une semi-civilisation, le servage a pu pr\u00e9senter des caract\u00e9ristiques utiles adapt\u00e9es \u00e0 son \u00e9poque et \u00e0 ses conditions ; il en est de m\u00eame du syst\u00e8me de salariat. Le travail, comme marchandise, soumis \u00e0 l&#8217;achat et \u00e0 la vente, pr\u00e9sente quelques caract\u00e9ristiques excellentes, et a fait beaucoup pour d\u00e9velopper l&#8217;habilet\u00e9 mentale et physique ; en v\u00e9rit\u00e9, dans le pass\u00e9, il a \u00e9t\u00e9 un tr\u00e8s pr\u00e9cieux bienfait pour le Travail. Il ne serait pas non plus sage<\/p>\n<p>(P 425) de d\u00e9truire cette valeur du travail consid\u00e9r\u00e9 comme une marchandise m\u00eame maintenant, car les ouvriers qui exercent leur cerveau, qui poss\u00e8dent et exercent l&#8217;habilet\u00e9 et l&#8217;\u00e9nergie m\u00e9ritent qu&#8217;on recherche leur travail et qu&#8217;on les paie mieux que les incapables et les inintelligents ; c&#8217;est \u00e9galement n\u00e9cessaire pour stimuler les inintelligents et les indolents. Ce qu&#8217;il faut, c&#8217;est un gouvernement juste, sage, paternel qui maintiendra des restrictions et des encouragements salutaires, et en ajoutera, tout en prot\u00e9geant en m\u00eame temps chaque classe d&#8217;ouvriers contre l&#8217;arrogance de la classe imm\u00e9diatement au-dessus d&#8217;elle, et en les d\u00e9fendant tous contre la puissance hercul\u00e9enne du Capital actuel avec son immense et croissante arm\u00e9e de machines-esclaves ; finalement, apr\u00e8s de compl\u00e8tes instructions g\u00e9n\u00e9rales pratiques dans la droiture, sous la loi d&#8217;amour, ce gouvernement d\u00e9truira tous ceux qui aiment l&#8217;\u00e9go\u00efsme et le p\u00e9ch\u00e9. La Bible seule sugg\u00e8re un tel gouvernement ; elle le d\u00e9crit en d\u00e9tails, elle le promet d&#8217;une mani\u00e8re positive \u2022et il attend seulement qu&#8217;ait \u00e9t\u00e9 choisie l\u2019\u00c9glise de Dieu dont les membres seront les rois et les pr\u00eatres de ce gouvernement comme coh\u00e9ritiers d&#8217;Emmanuel. \u2014 Apoc. 5 : 10 ; 20 6.<\/p>\n<p>LE POINT DE VUE DE FEU L&#8217;\u00c9V\u00caQUE J. P. NEWMAN<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9v\u00eaque Newman, de l&#8217;\u00e9glise \u00e9piscopale m\u00e9thodiste, discerna le conflit irr\u00e9pressible entre le Capital et le Travail. Il vit les droits et les torts des deux c\u00f4t\u00e9s de la question. Dans un article qui parut un jour dans les journaux de sa d\u00e9nomination, il pr\u00e9senta les propositions et les suggestions suivantes :<\/p>\n<p>\u00ab Est-ce de l&#8217;impi\u00e9t\u00e9 que d&#8217;\u00eatre riche ? La pauvret\u00e9 est-elle essentielle \u00e0 la saintet\u00e9 ? N&#8217;y a-t-il que des mendiante qui soient saints ? Le ciel est-il une maison de pauvres ? Que ferons-nous alors d&#8217;Abraham qui \u00e9tait tr\u00e8s riche en cheptel, en argent et en or ? Que ferons-nous alors de Job qui avait 7 000 brebis, 3 000 chameaux, 4 000 b\u0153ufs, 500 \u00e2nes ; qui poss\u00e9dait 30 000 acres de terre et 3 000 serviteurs ?&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;acquisition de la richesse est un don divin. Le travail et la sobri\u00e9t\u00e9 sont les lois de l&#8217;\u00e9conomie. Amasser de grandes fortunes est un talent sp\u00e9cial. De m\u00eame que les po\u00e8tes, les philosophes et les orateurs sont n\u00e9s ainsi, le financier a le g\u00e9nie de la richesse.<\/p>\n<p>(P 426) Par intuition, il est familier avec les lois de l&#8217;offre et de la demande ; il semble dou\u00e9 de la vision d&#8217;un voyant des fluctuations futures du march\u00e9 ; il sait quand acheter et quand vendre, et quand conserver. Il pr\u00e9voit l&#8217;accroissement de la population et ses cons\u00e9quences sur les biens immobiliers. Comme le po\u00e8te doit chanter parce que la muse est en lui, ainsi le financier doit gagner de l&#8217;argent. Il ne peut pas s&#8217;en emp\u00eacher. Le don de ce talent est annonc\u00e9 dans les \u00c9critures : \u00ab L\u2019\u00c9ternel, ton Dieu, te donne de la force pour acqu\u00e9rir ces richesses \u00bb (Deut. 8 : 18). Et toutes ces promesses trouvent leur accomplissement dans la condition financi\u00e8re actuelle des nations chr\u00e9tiennes qui dirigent les finances du monde.<\/p>\n<p>\u00ab Contre ces droits naturels et l\u00e9gitimes de la possession de biens, s&#8217;\u00e9l\u00e8ve la revendication en vue de distribuer les biens parmi ceux qui n&#8217;en ont acquis ni par h\u00e9ritage, ni par la capacit\u00e9 ou par l&#8217;activit\u00e9. C&#8217;est l\u00e0 un commu\u00adnisme qui n&#8217;a aucun fondement, ni dans la constitution de la nature, ni dans l&#8217;ordre social du genre humain. C&#8217;est l\u00e0 le cri incoh\u00e9rent et d\u00e9raisonnable du Travail contre le Capital entre lesquels, de par l&#8217;\u00e9conomie naturelle et l&#8217;\u00e9conomie politique, il ne devrait y avoir aucun bas antagonisme \u00bb.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9v\u00eaque affirme que \u00ab le patron et l&#8217;ouvrier ont des droits inviolables, le premier d&#8217;employer qui il peut pour ce qu&#8217;il peut et le dernier d&#8217;accepter (\u00ab to respond \u00bb) quand il peut \u00bb. L&#8217;\u00e9v\u00eaque assure que l&#8217;envie et la jalousie des classes ouvri\u00e8res ne sont pas soulev\u00e9es contre ceux qui poss\u00e8dent d&#8217;immenses fortunes, mais contre le bien-\u00eatre supr\u00eame et la supr\u00eame indiff\u00e9rence des riches. Il continue ainsi :<\/p>\n<p>\u00ab La richesse a la plus noble des missions. Elle n&#8217;est pas donn\u00e9e pour \u00eatre amass\u00e9e, ni pour se satisfaire \u00e9go\u00efstement ni pour faire \u00e9talage de pompe et de puissance. Les riches sont les aum\u00f4niers du Tout-Puissant, ses agents payeurs. Ils sont les gardiens des pauvres. Ils doivent inaugurer ces grandes entreprises qui apporteront un profit aux masses, non pas les plus substantiels dividendes, mais la plus grande prosp\u00e9rit\u00e9. Le capital. peut permettre aux ouvriers de jouir d&#8217;un bonheur qui accompagne une activit\u00e9 honn\u00eate. C&#8217;est aux riches d&#8217;am\u00e9liorer les foyers des pauvres, mais plus d&#8217;une \u00e9curie d&#8217;homme riche est un palais si on la compare \u00e0 la demeure de l&#8217;ouvrier honn\u00eate et intelligent.<\/p>\n<p>(P 427)<\/p>\n<p>\u00ab Lorsque les riches seront les patrons de ces r\u00e9formes sociales qui \u00e9l\u00e8vent la soci\u00e9t\u00e9, alors ils recevront la b\u00e9n\u00e9diction des pauvres. C&#8217;est \u00e0 eux de donner au l\u00e9gislateur des directives essentielles \u00e0 la protection de tous les droits et int\u00e9r\u00eats d&#8217;une communaut\u00e9. Lorsqu&#8217;ils b\u00e2tiront des biblioth\u00e8ques de savoir, des mus\u00e9es d&#8217;art et des temples de pi\u00e9t\u00e9, ils seront consid\u00e9r\u00e9s comme les bienfaiteurs de leur race. Lorsque la richesse du Capital s&#8217;unira \u00e0 la richesse de l&#8217;intelligence, \u00e0 la richesse du muscle et \u00e0 la richesse de la bont\u00e9 pour le bien commun, alors le Travail et le Capital seront estim\u00e9s \u00e0 \u00e9galit\u00e9 comme \u00e9tant les agents qui donnent \u00e0 chaque homme la vie, la libert\u00e9 et la recherche du bonheur \u00bb.<\/p>\n<p>Il est \u00e9vident que l&#8217;\u00e9v\u00eaque s&#8217;effor\u00e7ait d&#8217;avoir une vue raisonnable des deux c\u00f4t\u00e9s de la controverse actuelle et de la lutte prochaine, mais d&#8217;une mani\u00e8re sans nul doute inconsciente, l&#8217;association \u00e0 la richesse et le fait de d\u00e9pendre d&#8217;elle influent \u00e9videmment sur son jugement. C&#8217;est un fait que beaucoup des anciens \u00e9taient tr\u00e8s riches, Abraham, par exemple. Cependant, l&#8217;histoire du s\u00e9jour d&#8217;Abraham, d&#8217;Isaac et de Jacob dans le pays de Canaan, montre que bien que la terre, en ce temps-l\u00e0 appartenait \u00e0 des propri\u00e9taires, n\u00e9anmoins elle n&#8217;\u00e9tait pas cl\u00f4tur\u00e9e mais elle \u00e9tait libre aux usagers. Ces trois patriarches, ainsi que leurs serviteurs, leur gros b\u00e9tail et leur petit b\u00e9tail err\u00e8rent \u00e0 volont\u00e9 \u00e0 travers le pays des Canan\u00e9ens pendant pr\u00e8s de deux si\u00e8cles, et pourtant ne pr\u00e9tendirent pas en poss\u00e9der une parcelle (Actes 7: 5). Dans le royaume-type de Dieu, Isra\u00ebl, le code des lois pourvoyait aux besoins des pauvres, n\u00e9s dans le pays ou \u00e9trangers., Personne ne devait mourir de faim : les champs ne, devaient pas \u00eatre moissonn\u00e9s \u00e0 fond, mais les angles devaient \u00eatre laiss\u00e9s aux pauvres pour le glanage. Ceux qui avaient faim pouvaient entrer dans un verger, dans une vigne ou dans un champ et manger sur place \u00e0 sati\u00e9t\u00e9. Lorsque le pays de la Palestine fut partag\u00e9 parmi les tribus et les familles d&#8217;Isra\u00ebl, la clause sp\u00e9ciale touchant l&#8217;annulation des hypoth\u00e8ques sur toutes les terres, et de toutes les dettes, \u00e0 chaque cinquanti\u00e8me ann\u00e9e, emp\u00eachait l&#8217;appauvrissement et la mise en esclavage r\u00e9el du peuple dans son ensemble par quelques riches.<\/p>\n<p>(P 428)<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9v\u00eaque semblait oublier que les lois et les arrangements de la chr\u00e9tient\u00e9 ne sont pas un code de source divine; que de m\u00eame que tous les plans de t\u00eates et de c\u0153urs imparfaits, ces lois ne sont pas infaillibles ; que si, \u00e0 un certain moment, on ne pouvait faire mieux, les changements de conditions sociales et financi\u00e8res rendirent n\u00e9cessaires ceux du pass\u00e9 ; que d&#8217;autres changements sont maintenant reconnus n\u00e9cessaires et convenables, bien qu&#8217;\u00e0 ce moment-l\u00e0, ils \u00e9taient contrecarr\u00e9s par l&#8217;\u00e9go\u00efsme et l&#8217;ultra-conservatisme. Si, donc, on admet que nos lois sont simplement humaines et faillibles, et si elles ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 chang\u00e9es et amend\u00e9es pour s&#8217;adapter aux conditions chang\u00e9es, n&#8217;est-il pas incons\u00e9quent pour l&#8217;\u00e9v\u00eaque de les traiter maintenant comme \u00e9tant sacr\u00e9es, indiscutables et inalt\u00e9rables, de pr\u00e9tendre que des droits une fois conc\u00e9d\u00e9s sont par cons\u00e9quent \u00ab inviolables \u00bb, \u00ab naturels \u00bb et \u00ab indiscutables \u00bb soit dans l&#8217;ordre de la nature soit dans la constitution du genre humain \u00bb, et que la suggestion m\u00eame d&#8217;une modification des lois et des r\u00e8glements sociaux afin de les mieux adapter aux conditions actuelles est \u00ab incoh\u00e9rente \u00bb et \u00ab d\u00e9raisonnable \u00bb ?<\/p>\n<p>On remarquera que l&#8217;\u00e9v\u00eaque prenait la raison oppos\u00e9e \u00e0 celle pr\u00e9sent\u00e9e par le Dr Abbott sur la question du travail comme marchandise, soumise aux conditions de l&#8217;offre et de la demande. Il voyait en cela la loi de notre syst\u00e8me social actuel, et disait qu&#8217;elle doit continuer. Il avait raison de juger que le Travail doit continuer d&#8217;\u00eatre une marchandise (d&#8217;\u00eatre achet\u00e9 aussi bon march\u00e9 que peut l&#8217;acheter le Capital, et d&#8217;\u00eatre vendu au prix le plus \u00e9lev\u00e9 que peut en obtenir le Travail) aussi longtemps que dure le syst\u00e8me social actuel. Cela ne durera pas, cependant, de nombreuses ann\u00e9es encore d&#8217;apr\u00e8s la proph\u00e9tie et comme le discernent d&#8217;autres esprits capables en \u00e9troit contact avec le peuple et son agitation.<\/p>\n<p>Du point de vue de l&#8217;\u00e9v\u00eaque, la seule esp\u00e9rance d&#8217;une solution pacifique pour mettre fin au conflit existant entre le Capital et le Travail est (1) une conversion de tous les riches aux conditions aimantes et bienveillantes d\u00e9taill\u00e9es dans les deux derniers paragraphes cit\u00e9s plus haut ; et (2) une conversion de toutes les classes pauvres<\/p>\n<p>(P 429) et moyennes \u00e0 cette pi\u00e9t\u00e9 et \u00e0 ce contentement qui leur permettrait d&#8217;accepter avec reconnaissance ce que les riches voudraient bien leur abandonner des biens de la terre, et de crier \u00ab Heureux pauvres sommes-nous ! Ceci, nous l&#8217;admettons, r\u00e9soudrait rapidement et compl\u00e8tement la question du Travail, mais aucune personne sens\u00e9e ne s&#8217;attend \u00e0 une telle solution dans un avenir imm\u00e9diat, et les Ecritures ne l&#8217;indiquent pas non plus. Nous ne pouvons pas supposer que cet \u00e9v\u00eaque intelligent pr\u00e9sente r\u00e9ellement ses suggestions comme un rem\u00e8de, mais plut\u00f4t qu&#8217;il parle ainsi parce qu&#8217;il ne voit rien d&#8217;autre que cette solution impossible et que par cons\u00e9quent la civilisation sera bient\u00f4t frapp\u00e9e de la mal\u00e9diction de l&#8217;Anarchie. Il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 souhaitable qu&#8217;il ait pu discerner le rem\u00e8de de Dieu pour lequel notre Seigneur nous apprit \u00e0 esp\u00e9rer et \u00e0 prier \u00ab Que ton r\u00e8gne vienne \u00bb, et comprendre comment ce Royaume doit \u00eatre \u00e9tabli en puissance et en autorit\u00e9 souveraine. \u2014 Dan. 2 : 44, 45 ; 7 : 22, 27 ; Apoc. 2 : 27.<\/p>\n<p>OPINION D&#8217;UN DOCTE JURISTE<\/p>\n<p>Un juriste de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 mondiale, s&#8217;adressant \u00e0 des \u00e9tudiants en droit achevant leurs \u00e9tudes dans un coll\u00e8ge renomm\u00e9 des \u00c9tats-Unis, s&#8217;exprima dans les termes suivants, tels qu&#8217;ils ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s par le Journal de Kansas City :<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;histoire de la race arrogante et rapace \u00e0 laquelle nous appartenons, a \u00e9t\u00e9 le r\u00e9cit de luttes incessantes et sanglantes pour la libert\u00e9 personnelle. Des guerres ont \u00e9t\u00e9 faites, des dynasties renvers\u00e9es, et des monarques d\u00e9capit\u00e9s, non pas par esprit de conqu\u00eate, d&#8217;ambition, de gloire, mais pour que l&#8217;homme puisse \u00eatre libre. A travers de nombreux si\u00e8cles sanguinaires, privil\u00e8ges et pr\u00e9rogatives durent c\u00e9der, malgr\u00e9 l&#8217;ent\u00eatement et la r\u00e9pugnance \u00e0 le faire, \u00e0 l&#8217;indomptable passion de la libert\u00e9 individuelle. De la Grande Charte \u00e0 Appomattox (<em>village de la Virginie (E.-U.) o\u00f9 Lee se rendit \u00e0 Grant, le 9 avril 1865 \u2014 dict.<\/em>), il y a un grand intervalle de temps ; pourtant, \u00e0 aucun moment de ces 652 ann\u00e9es, la race n&#8217;a cess\u00e9 ou a h\u00e9sit\u00e9 dans sa bataille r\u00e9solue et intr\u00e9pide pour obtenir l&#8217;\u00e9galit\u00e9 de tous les hommes devant la loi. Ce fut pour cela que les barons menac\u00e8rent le roi John ; que Latimer fut br\u00fbl\u00e9 ; qu&#8217;Hamden tomba ; que<\/p>\n<p>(P 430) l&#8217;accord fut fait dans la cabine du Mayflower (<em>bateau sur lequel vinrent les P\u00e8lerins (pionniers puritains) en Am\u00e9rique (1620)<\/em>) ; que la D\u00e9claration de l&#8217;Ind\u00e9pendance fut promulgu\u00e9e ; que John Brown d&#8217;Osawatomie mourut ; que les l\u00e9gions de Grant et de Sheridan march\u00e8rent et vainquirent, pr\u00e9f\u00e9rant renoncer \u00e0 la vie et \u00e0 tous ses biens plut\u00f4t que d&#8217;abandonner des libert\u00e9s.<\/p>\n<p>&#8216;A quoi servent la charrue et la voile<br \/>\nou la vie ou la terre, si la libert\u00e9 \u00e9choue ?&#8217;<\/p>\n<p>\u00ab Le r\u00eave des si\u00e8cles s&#8217;est enfin r\u00e9alis\u00e9. Emergeant de l&#8217;agitation brutale et sanguinaire de l&#8217;histoire, l&#8217;homme est enfin ma\u00eetre de lui-m\u00eame ; \u2022 pourtant les \u00e9nigmes troublantes de la foi demeurent. Les hommes sont \u00e9gaux, mais il n&#8217;y a pas d&#8217;\u00e9galit\u00e9. Le suffrage est universel, mais le pouvoir politique est exerc\u00e9 par une poign\u00e9e d&#8217;hommes ; la pauvret\u00e9 n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e. Les charges et les privil\u00e8ges de la soci\u00e9t\u00e9 ne sont pas support\u00e9s dans l&#8217;\u00e9galit\u00e9. Certains ont une fortune qu&#8217;ils seraient incapables de dissiper m\u00eame en faisant de folles d\u00e9penses, et d&#8217;autres prient en vain pour obtenir leur pain quotidien. D\u00e9concert\u00e9s et contrari\u00e9s par ces absurdit\u00e9s, exasp\u00e9r\u00e9s au possible par la souffrance et la mis\u00e8re, d\u00e9\u00e7us quant aux r\u00e9sultats de la libert\u00e9 politique sur le bonheur et la prosp\u00e9rit\u00e9 individuels, beaucoup se sont abandonn\u00e9s \u00e0 une anxi\u00e9t\u00e9 si vive et si profonde qu&#8217;elle manifeste la n\u00e9cessit\u00e9 pour les forces conservatrices de notre soci\u00e9t\u00e9 de s&#8217;unir d&#8217;une mani\u00e8re active.<\/p>\n<p>Dans le mouvement \u00e9volutif o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 des \u00c9tats-Unis est entr\u00e9e, il n&#8217;y a aucun pr\u00e9c\u00e9dent dans l&#8217;histoire parce que les conditions sont anormales ; en cons\u00e9quence, toute solution scientifique est impossible. Alors que les conditions des masses populaires ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9es par le progr\u00e8s social, par l&#8217;application de la science \u00e0 l&#8217;industrie et par l&#8217;invention de machines, on ne peut douter que la pauvret\u00e9 soit plus hostile que jamais auparavant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, plus dangereuse aux institutions de gouvernement d\u00e9mocratique et \u00e0 la libert\u00e9 individuelle qui a \u00e9t\u00e9 acquise apr\u00e8s tant de si\u00e8cles de luttes. Les raisons en sont \u00e9videntes. L&#8217;ouvrier est libre ; c&#8217;est un \u00e9lecteur ; sa dignit\u00e9 personnelle s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9e ; sa sensibilit\u00e9 est devenue d\u00e9licate ; ses besoins se sont multipli\u00e9s plus rapidement que les moyens de les satisfaire ; l&#8217;instruction l&#8217;a \u00e9lev\u00e9 au-dessus de la condition d&#8217;une vile besogne. Le journal quotidien l&#8217;a familiaris\u00e9 avec les avantages que la fortune conf\u00e8re \u00e0 ceux qui la poss\u00e8dent. On lui a enseign\u00e9 que<\/p>\n<p>(P 431) tous les hommes ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s \u00e9gaux, et il croit que si les droits sont \u00e9gaux, les occasions ne sont pas \u00e9gales. La science moderne l&#8217;a muni d&#8217;armes formidables, et lorsqu&#8217;on a faim, rien n&#8217;est plus sacr\u00e9 que le n\u00e9cessaire pour la femme et les enfants.<\/p>\n<p>La crise sociale dans tous les pays civilis\u00e9s, et sp\u00e9cialement dans le n\u00f4tre, devient de plus en plus redoutable. Le grondement lointain du m\u00e9contentement obstin\u00e9 se rapproche de plus en plus d&#8217;heure en heure. Bien que je croie que le g\u00e9nie calme et r\u00e9solu de la race anglo-saxonne se prouvera une fois de plus \u00e0 la hauteur de la situation, et n&#8217;abandonnera pas les biens qu&#8217;il a acquis au prix d&#8217;incroyables sacrifices, il appara\u00eet pourtant que la bataille n&#8217;est pas termin\u00e9e, que l&#8217;homme ne se contente plus d&#8217;\u00e9galit\u00e9 des droits ni d&#8217;\u00e9galit\u00e9 des occasions, mais qu&#8217;il exigera l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des conditions comme loi de l&#8217;\u00e9tat id\u00e9al.<\/p>\n<p>Il est \u00e9galement \u00e9vident que la d\u00e9gradation sociale est contraire \u00e0 un gouvernement du peuple par le peuple, et qu&#8217;une pauvret\u00e9 sans espoir et impuissante est incompatible avec la libert\u00e9 individuelle. L&#8217;homme qui d\u00e9pend absolument d&#8217;un autre pour avoir les moyens de vivre pour lui-m\u00eame et pour sa famille, moyens que le patron peut lui enlever \u00e0 volont\u00e9, n&#8217;est en aucun sens exact, libre. En une centaine d&#8217;ann\u00e9es, nous sommes devenus la plus riche de toutes les nations. Nos ressources sont gigantesques. Les statistiques de nos gains et de nos r\u00e9serves \u00e9tonnent m\u00eame les cr\u00e9dules. L&#8217;argent, la nourriture sont en abondance ; les produits faits \u00e0 la machine et \u00e0 la main sont en abondance, mais malgr\u00e9 cette f\u00e9condit\u00e9, le paradoxe de la civilisation demeure : la majorit\u00e9 des gens luttent pour leur existence et une fraction subsiste dans une abjecte et mis\u00e9rable p\u00e9nurie.<\/p>\n<p>Le fait que de telles conditions puissent exister semble mettre la Sagesse supr\u00eame en accusation. Admettre que la n\u00e9cessit\u00e9, la mis\u00e8re ou l&#8217;ignorance sont un h\u00e9ritage in\u00e9vitable, fait de la fraternit\u00e9 de l&#8217;homme le comble de l&#8217;ironie et rend inintelligible le code de l&#8217;univers moral. La d\u00e9ception engendr\u00e9e par ces conditions se change en une m\u00e9fiance \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des principes sur lesquels est fond\u00e9e la soci\u00e9t\u00e9, et en une disposition \u00e0 changer la base sur laquelle elle repose. C&#8217;est \u00e0 vous que revient la mission tr\u00e8s importante de calmer cette m\u00e9fiance et l&#8217;une de vos t\u00e2ches les plus importantes est de r\u00e9sister \u00e0 cette r\u00e9volution.<\/p>\n<p>On peut, grosso modo, classer en deux groupes les rem\u00e8des populaires propos\u00e9s pour r\u00e9former<\/p>\n<p>(P 432) les choses mauvaises, les d\u00e9fauts et les faiblesses de la soci\u00e9t\u00e9 moderne ; le premier propose de redresser les torts en changeant les institutions politiques. Cette m\u00e9thode est erron\u00e9e et doit \u00eatre inefficace parce qu&#8217;elle repose sur l&#8217;illusion que la prosp\u00e9rit\u00e9 mat\u00e9rielle est la cons\u00e9quence de la libert\u00e9, tandis que la v\u00e9rit\u00e9 est que la libert\u00e9 politique est la cons\u00e9quence et non la cause du progr\u00e8s mat\u00e9riel. Des po\u00e8tes et des r\u00eaveurs ont beaucoup chant\u00e9 la pauvret\u00e9, et l&#8217;on a accus\u00e9 l&#8217;amour de l&#8217;argent comme \u00e9tant la racine de tous les maux ; cependant, le fait demeure que si l&#8217;argent est acquis honn\u00eatement et employ\u00e9 avec sagesse, il n&#8217;y a aucune forme de puissance aussi substantielle, aussi positive et aussi palpable que celle qui accompagne la possession de l&#8217;argent.<\/p>\n<p>Il n&#8217;y a pas de condition plus d\u00e9plorable, plus d\u00e9primante, plus destructive de tout ce qui est le plus noble dans l&#8217;homme, de ce qui est le plus exaltant dans la vie priv\u00e9e, de tout ce qui donne le plus d&#8217;inspiration dans la destin\u00e9e, que la pauvret\u00e9, l&#8217;indigence, la faim sans espoir, sordide, impuissante, les salaires au rabais, les je\u00fbnes, les haillons et un cro\u00fbton de pain. En tournant votre intelligence exerc\u00e9e vers l&#8217;examen des probl\u00e8mes de l&#8217;heure, vous ne manquerez pas d&#8217;observer que cet \u00e9l\u00e9ment de notre soci\u00e9t\u00e9 est en constant d\u00e9veloppement \u00bb.<\/p>\n<p>Nous avons ici un expos\u00e9 des faits, clair et excellent ainsi que tous, riches ou pauvres, doivent le reconna\u00eetre. Pourtant il ne renferme aucun rem\u00e8de, pas m\u00eame la suggestion que la nouvelle fourn\u00e9e d&#8217;hommes de loi et de politiciens devrait chercher un rem\u00e8de. On leur conseille simplement de calmer la m\u00e9fiance chez d&#8217;autres, alors qu&#8217;eux-m\u00eames l&#8217;\u00e9prouvent, et de r\u00e9sister \u00e0 tout changement de l&#8217;organisation sociale actuelle, alors qu&#8217;eux-m\u00eames cherchent \u00e0 se tenir hors de son oppression.<\/p>\n<p>Pourquoi cet avis ? Est-ce parce que cet homme capable m\u00e9prise son fr\u00e8re plus humble ? En aucune fa\u00e7on ; mais parce qu&#8217;il se rend compte de, l&#8217;action in\u00e9vitable de la libert\u00e9, de l&#8217;\u00ab individualisme \u00bb, de l&#8217;\u00e9go\u00efsme avec la libert\u00e9 que cela implique d&#8217;entrer en concurrence et pour chacun de faire le mieux qu&#8217;il peut pour lui-m\u00eame. En consid\u00e9rant le pass\u00e9, il dit : \u00ab Ce qui a \u00e9t\u00e9 sera \u00bb. Il ne voit pas que nous sommes \u00e0 la fin du pr\u00e9sent Age, \u00e0 l&#8217;aube du Mill\u00e9nium, que seule la puissance du Roi Oint de l\u2019\u00c9ternel de toute la terre peut faire sortir l&#8217;ordre de toute<\/p>\n<p>(P 433) cette confusion ; il ne voit pas non plus que, dans la sage providence de Dieu, les hommes sont amen\u00e9s face \u00e0 face \u00e0 ces probl\u00e8mes embarrassants qu&#8217;aucune sagesse humaine ne peut r\u00e9soudre, et \u00e0 des conditions calamiteuses qu&#8217;aucune pr\u00e9voyance ou politique humaine ne peut emp\u00eacher ou \u00e9carter, de sorte qu&#8217;au temps marqu\u00e9, dans leur situation tr\u00e8s critique et dans leur p\u00e9ril, ils seront contents de reconna\u00eetre l&#8217;intervention divine et de s&#8217;y soumettre, de cesser leurs propres \u0153uvres et de se laisser enseigner par Dieu. Celui qui a droit au Royaume est sur le point de \u00ab prendre sa grande puissance et son r\u00e8gne \u00bb [Apoc. 11 : 17], de faire sortir l&#8217;ordre du chaos, de glorifier son \u00ab \u00e9pouse \u00bb, et avec elle et par elle, de mettre fin aux afflictions de la cr\u00e9ation g\u00e9missante charg\u00e9e du p\u00e9ch\u00e9, et de b\u00e9nir toutes les familles de la terre. Seuls, ceux qui ont la \u00ab vraie lumi\u00e8re \u00bb peuvent discerner l&#8217;issue glorieuse de la sombre \u00e9poque actuelle qui embarrasse les sages,<\/p>\n<ol>\n<li>ROBERT G. INGERSOLL, COMME D&#8217;AUTRES, COMPRIT LA CONDITION DES HUMAINS ET LA D\u00c9PLORA, MAIS NE PROPOSA AUCUN REM\u00c8DE<\/li>\n<\/ol>\n<p>Le Col. Ingersoll avait la r\u00e9putation d&#8217;\u00eatre un sage selon&#8221;, le monde. Il \u00e9tait connu comme incr\u00e9dule, mais il \u00e9tait un homme dou\u00e9 de talents remarquables, d&#8217;un sain jugement exceptionnel, sauf en mati\u00e8re religieuse ; dans ce domaine-l\u00e0, nul n&#8217;a une saine appr\u00e9ciation s&#8217;il n&#8217;est guid\u00e9 par la Parole et par l&#8217;esprit du Seigneur. Comme avocat, son avis \u00e9tait si hautement appr\u00e9ci\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait connu pour donner une consultation d&#8217;une demi-heure au tarif de 250 $. Ce cerveau actif a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 pr\u00e9occup\u00e9 des grands probl\u00e8mes de notre \u00e9poque troubl\u00e9e, mais Ingersoll n&#8217;eut cependant aucun rem\u00e8de \u00e0 proposer. Il exposa longuement ses id\u00e9es sur la situation dans le journal Twentieth Century d&#8217;o\u00f9 nous extrayons ce qui suit :<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;invention a rempli le monde de concurrents, non seulement d&#8217;ouvriers, mais de techniciens, de techniciens de la<\/p>\n<p>(P 434) plus haute capacit\u00e9. De nos jours, l&#8217;ouvrier ordinaire est, le plus souvent, une dent d&#8217;engrenage. 11 travaille avec la machine infatigable, il alimente la machine insatiable. Lorsque le monstre arr\u00eate, l&#8217;homme est sans travail, sans pain. Il n&#8217;a rien \u00e9pargn\u00e9. La machine qu&#8217;il a nourrie ne l&#8217;a pas nourri, lui ; l&#8217;invention n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 faite pour son avantage \u00e0 lui. L&#8217;autre jour, j&#8217;ai entendu dire par un homme que pour des milliers de bons ouvriers sp\u00e9cialistes, il \u00e9tait presque impossible de &#8216; trouver un emploi, et qu&#8217;\u00e0 son avis, le gouvernement devrait fournir un emploi aux gens. Quelques minutes apr\u00e8s, j&#8217;en entendis un autre dire qu&#8217;il vendait un brevet pour la coupe de v\u00eatements, que l&#8217;une des machines pouvait faire le travail de vingt tailleurs, qu&#8217;une semaine seulement auparavant, il en avait vendu deux \u00e0 une grande maison de New York, et que plus de quarante ouvriers coupeurs avaient \u00e9t\u00e9 cong\u00e9di\u00e9s. Le capitaliste se pr\u00e9sente avec sa sp\u00e9cialit\u00e9. Il raconte au travailleur qu&#8217;il doit \u00eatre \u00e9conome, et cependant, avec le syst\u00e8me actuel, l&#8217;\u00e9conomie ne fait que diminuer les salaires. Sous la grande loi de l&#8217;offre et de la demande, chaque travailleur \u00e9conome, \u00e9pargnant, qui se refuse des plaisirs, fait inconsciemment tout ce qu&#8217;il peut pour diminuer sa r\u00e9mun\u00e9ration et celle des autres. La machine-outil semble attester que les salaires sont suffisamment \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00ab Le Capital a toujours revendiqu\u00e9 et revendique encore le droit de se grouper. Les industriels se r\u00e9unissent et fixent les prix, m\u00eame en d\u00e9pit de la grande loi de l&#8217;offre et de la demande. Les travailleurs ont-ils le m\u00eame droit de se consulter et de s&#8217;unir ? Les riches se rencontrent dans la banque, dans un club ou dans un salon. Les travailleurs, lorsqu&#8217;ils se coalisent, s&#8217;assemblent dans la rue. Toutes les forces organis\u00e9es de la soci\u00e9t\u00e9 sont contre eux. Le Capital poss\u00e8de l&#8217;arm\u00e9e et la marine, la l\u00e9gislature, les pouvoirs judiciaire et ex\u00e9cutif. Lorsque les riches se coalisent, c&#8217;est dans le dessein \u00ab d&#8217;\u00e9changer des id\u00e9es \u00bb. Lorsque les pauvres se coalisent, c&#8217;est un \u00ab complot \u00bb. S&#8217;ils agissent de concert, si ils font r\u00e9ellement quelque chose, c&#8217;est une \u00ab \u00e9meute \u00bb. S&#8217;ils se d\u00e9fendent, c&#8217;est une \u00ab trahison \u00bb. Comment se fait-il que les riches ont la haute main sur les minist\u00e8res du gouvernement? Il arrive parfois que des gueux deviennent des r\u00e9volutionnaires, o\u00f9 un chiffon devient une banni\u00e8re sous laquelle les plus nobles et les plus braves se rangent pour se battre pour le droit.<\/p>\n<p>\u00ab Que faisons-nous pour r\u00e9gler le conflit in\u00e9gal entre l&#8217;homme et la machine ? Les machines seront-elles en fin de compte associ\u00e9es aux travailleurs ? Peut-on dominer ces forces de la nature<\/p>\n<p>(P 435) au profit des enfants de la nature qui souffrent ? La prodigalit\u00e9 accompagnera-t-elle toujours la capacit\u00e9 ? Les travailleurs deviendront-ils assez intelligents et assez forts pour devenir les propri\u00e9taires de leurs machines ? L&#8217;homme peut-il devenir assez intelligent pour \u00eatre g\u00e9n\u00e9reux, pour \u00eatre juste, ou bien est-il dirig\u00e9 par la m\u00eame loi ou le m\u00eame fait qui dirige le monde animal ou le monde v\u00e9g\u00e9tal ? A l&#8217;\u00e9poque du cannibalisme, les forts d\u00e9voraient les faibles, mangeaient r\u00e9ellement leur chair. Malgr\u00e9 toutes les lois que l&#8217;homme a faites, malgr\u00e9 tous les progr\u00e8s de la science, les forts, les sans-c\u0153ur, continuent \u00e0 vivre aux d\u00e9pens des faibles, des malheureux et des sots. Lorsque je prends en consid\u00e9ration les tourments de la vie civilis\u00e9e \u2014 les \u00e9checs, les anxi\u00e9t\u00e9s, les larmes, les espoirs d\u00e9\u00e7us, les&#8217; am\u00e8res r\u00e9alit\u00e9s, la faim, le crime, l&#8217;humiliation, la honte \u2014 je suis presque forc\u00e9 de mis\u00e9ricordieuse sous laquelle l&#8217;homme ait jamais v\u00e9cu dire que le cannibalisme, apr\u00e8s tout, est la forme la plus de son semblable.<\/p>\n<p>Il est impossible \u00e0 un homme qui a bon c\u0153ur d&#8217;\u00eatre satisfait du monde tel qu&#8217;il est actuellement. Aucun homme, ne peut vraiment jouir m\u00eame de ce qu&#8217;il gagne \u2014 de ce qu&#8217;il sait comme lui appartenant \u2014 en sachant que des millions de ses semblables sont dans la mis\u00e8re et dans le besoin. Lorsque nous pensons aux affam\u00e9s, nous sentons qu&#8217;il est presque cruel de manger. La rencontre de gens en haillons et qui grelottent vous rend presque honteux d&#8217;\u00eatre bien habill\u00e9s et d&#8217;avoir chaud \u2014 il vous semble que votre c\u0153ur est aussi froid que leur corps.<\/p>\n<p>\u00ab Ne surviendra-t-il pas de changement ? Les \u00ab lois de l&#8217;offre et de la demande \u00bb, l&#8217;invention et la science, le monopole et la concurrence, le capital et la l\u00e9gislation doivent-ils \u00eatre toujours les ennemis de ceux qui peinent ? Les travailleurs seront-ils toujours assez ignorants et assez sots pour d\u00e9penser leur salaire \u00e0 des choses inutiles ? Entretiendront-ils des millions de soldats pour tuer les fils d&#8217;autres travailleurs ? B\u00e2tiront-ils toujours des temples tandis qu&#8217;eux-m\u00eames vivront dans des taudis et des bicoques ? Permettront-ils \u00e0 jamais \u00e0 des parasites et \u00e0 des vampires de vivre de leur sang ? Resteront-ils les esclaves des coquins qu&#8217;ils entretiennent ? Les hommes honn\u00eates continueront-ils \u00e0 tirer leur chapeau devant les voleurs de la haute finance ? Le travail tombera-t-il toujours \u00e0 genoux devant la paresse couronn\u00e9e ? Les ouvriers comprendront-ils que des mendiants ne peuvent pas \u00eatre g\u00e9n\u00e9reux, et que tout homme en bonne sant\u00e9 doit gagner par son travail le droit de vivre ? Diront-ils en fin de compte que l&#8217;homme qui a eu des privil\u00e8ges \u00e9gaux \u00e0 ceux de tous les autres n&#8217;a aucun droit de se plaindre, ou bien suivront-ils l&#8217;exemple donn\u00e9 par leurs oppresseurs ?<\/p>\n<p>(P 436) Apprendront-ils que pour arriver au succ\u00e8s, la force doit \u00eatre guid\u00e9e par la r\u00e9flexion, et que tout ce qui doit subsister doit reposer sur la pierre angulaire de la justice ? \u00bb.<\/p>\n<p>Le raisonnement expos\u00e9 ici est pauvre, faible ; il ne donne ni espoir, ni proposition de rem\u00e8de. Venant d&#8217;un homme sage et d&#8217;un excellent logicien, il d\u00e9montre simplement que les hommes sages de ce monde discernent la maladie mais ne peuvent discerner aucun rem\u00e8de. Cet homme instruit signale avec suffisamment de clart\u00e9 les causes de la difficult\u00e9 et son caract\u00e8re in\u00e9vitable, et ensuite, il dit en fait aux travailleurs : \u00ab Ne vous laissez pas \u00e9craser et opprimer par elles (l&#8217;invention, la science, la concurrence, etc.) ! \u00bb. Mais il ne propose aucun moyen de d\u00e9livrance sauf sous la forme d&#8217;une question : \u00ab Les travailleurs deviendront-ils assez intelligents et assez forts pour devenir les propri\u00e9taires des machines ? \u00bb.<\/p>\n<p>Mais supposez qu&#8217;ils aient les machines et des capitaux suffisants pour les faire fonctionner ! De telles usines et de telles machines pourraient-elles fonctionner avec plus de succ\u00e8s que d&#8217;autres ? Pourraient-elles fonctionner longtemps et avec succ\u00e8s comme des affaires de bienfaisance et non de profit ? Ne chercheraient-elles pas aussi \u00e0 augmenter la \u00ab surproduction \u00bb et \u00e0 provoquer des cessations de travail laissant ainsi leurs propres travailleurs et d&#8217;autres, oisifs ? Ne savons-nous pas que si l&#8217;usine ou la fabrique devaient fonctionner sur le principe de salaire \u00e9gal pour tous les employ\u00e9s, ou bien ce serait rapidement la faillite parce que les salaires seraient trop \u00e9lev\u00e9s, ou bien les plus capables seraient attir\u00e9s vers d&#8217;autres situations mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es, ou bien vers des op\u00e9rations priv\u00e9es faites leur propre compte ? En un mot, l&#8217;int\u00e9r\u00eat personnel, l&#8217;\u00e9go\u00efsme, est si enracin\u00e9 dans la nature de l&#8217;homme d\u00e9chu et fait tant partie de la structure sociale actuelle que quiconque n&#8217;en tient pas compte apprendra vite son erreur.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re phrase cit\u00e9e est tr\u00e8s plaisante, mais elle n&#8217;offre aucune aide dans la circonstance. Elle ressemble \u00e0 un nichet en verre. Elle sert de solution jusqu&#8217;\u00e0 ce que vous le brisiez et que vous essayiez de le manger. \u00ab Apprendront-ils [les travailleurs]<\/p>\n<p>(P 437) que la force, pour r\u00e9ussir, doit avoir derri\u00e8re elle la pens\u00e9e ? \u00bb. Oui, tous le savent, et savent que cette pens\u00e9e doit avoir des cerveaux et que ces cerveaux doivent \u00eatre de bonne qualit\u00e9 et bien ordonn\u00e9s. Tous peuvent comprendre que si tous avaient des cerveaux de m\u00eame calibre et de force \u00e9gale, la lutte entre l&#8217;homme et l&#8217;homme serait si \u00e9gale qu&#8217;une tr\u00eave interviendrait rapidement, et que les uns les autres respecteraient mutuellement leurs droits et leurs int\u00e9r\u00eats, ou plus probablement, que la lutte se serait produite plus t\u00f4t et d&#8217;une mani\u00e8re plus cruelle. Mais personne ne sait mieux que M. Ingersoll ne le savait lui-m\u00eame qu&#8217;aucune puissance terrestre ne pourrait cr\u00e9er une telle condition d&#8217;\u00e9galit\u00e9 mentale.<\/p>\n<p>Le quatri\u00e8me paragraphe cit\u00e9 fait le plus grand honneur au grand homme. Il trouve un \u00e9cho dans toutes les \u00e2mes nobles que nous croyons \u00eatre nombreuses. Mais d&#8217;autres, dans des conditions modestes, ou m\u00eame riches comme M. Ingersoll, d\u00e9cident, comme il le fit sans nul doute, qu&#8217;ils sont aussi impuissants \u00e0 g\u00eaner ou \u00e0 alt\u00e9rer le cours de la soci\u00e9t\u00e9 qui coule rapidement dans le canal de la nature humaine d\u00e9chue que s&#8217;ils voulaient arr\u00eater les chutes du Niagara en s&#8217;y jetant. Dans l&#8217;un comme dans l&#8217;autre cas, il y aurait un bruit et un trouble momentan\u00e9s, et c&#8217;est tout.<\/p>\n<p>L&#8217;HONORABLE J. L. THOMAS SUR LA L\u00c9GISLATION DU TRAVAIL<\/p>\n<p>On affirme fr\u00e9quemment que le Travail a \u00e9t\u00e9 injustement trait\u00e9 par une l\u00e9gislation \u2022qui favorise les riches et est pr\u00e9judiciable aux pauvres, et qu&#8217;il suffirait de faire l&#8217;inverse pour porter rem\u00e8de \u00e0 tout. Rien n&#8217;est plus loin de la v\u00e9rit\u00e9, et nous sommes heureux d&#8217;avoir dans le New York Tribune du 17 octobre 1896 un r\u00e9sum\u00e9 de la l\u00e9gislation du travail aux \u00c9tats-Unis, fait par un homme distingu\u00e9 aussi qualifi\u00e9 que l&#8217;ancien Avocat g\u00e9n\u00e9ral assistant des E.-U., Thomas. Il \u00e9crit :<\/p>\n<p>Pour \u00e9crire l&#8217;histoire de la l\u00e9gislation des cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es, concernant l&#8217;am\u00e9lioration des conditions de la classe pauvre et de la classe des travailleurs, il faudrait des volumes mais on peut la r\u00e9sumer comme suit :<\/p>\n<p>(P 438)<\/p>\n<p>L&#8217;emprisonnement pour des dettes a \u00e9t\u00e9 aboli.<\/p>\n<p>Des lois ont \u00e9t\u00e9 vot\u00e9es pour exempter les maisons et d\u00e9pendances et une grande partie des biens personnels du recours contre les d\u00e9biteurs qui sont chefs de famille, contre leurs veuves et contre leurs orphelins.<\/p>\n<p>Des gages ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s par la loi aux artisans et aux ouvriers sur la terre ou la chose sur laquelle ils rendent un travail pour leur salaire.<\/p>\n<p>Il est permis aux personnes pauvres d&#8217;avoir recours aux tribunaux d\u2019\u00c9tat ou de la Nation, sans avoir \u00e0 payer les frais de justice ou \u00e0 d\u00e9poser une caution.<\/p>\n<p>Les tribunaux, d\u2019\u00c9tat ou de la Nation, d\u00e9signent des avocats pour d\u00e9fendre, gratuitement, des personnes pauvres devant les tribunaux criminels et dans certaines circonstances devant les tribunaux civils.<\/p>\n<p>Dans de nombreuses circonstances, les tribunaux sont charg\u00e9s de rendre un jugement en faveur d&#8217;un ouvrier qui est oblig\u00e9 d&#8217;intenter un proc\u00e8s pour entrer en possession de son salaire ou pour faire valoir ses droits contre une soci\u00e9t\u00e9, afin qu&#8217;il obtienne une somme fixe lui permettant de couvrir les honoraires de son avocat.<\/p>\n<p>Par voie l\u00e9gale, la dur\u00e9e d&#8217;une journ\u00e9e de travail dans un service public ou dans des travaux publics a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e dans certains cas \u00e0 sept heures, et en d&#8217;autres cas, \u00e0 huit ou neuf heures.<\/p>\n<p>Dans la liquidation de biens en faillite, les salaires des travailleurs ont la priorit\u00e9, et dans certains cas les salaires ont la priorit\u00e9 en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>Des lois ont \u00e9t\u00e9 vot\u00e9es pour r\u00e9glementer les tarifs des chemins de fer pour les voyageurs et pour les mar\u00adchandises, les tarifs d&#8217;autres lignes de transport, ainsi que ceux des entrep\u00f4ts et des ascenseurs ; des commissions d\u2019\u00c9tat et de la Nation ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es afin de contr\u00f4ler le mouvement des chemins de fer, ce qui a permis de r\u00e9duire les charges de deux tiers ou plus.<\/p>\n<p>Des lois ont \u00e9t\u00e9 vot\u00e9es dans presque tous les \u00c9tats pour r\u00e9duire le taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat, et pour prolonger le temps de rachat apr\u00e8s la forclusion des hypoth\u00e8ques ou des actes fiduciaires. On exige des chemins de fer qu&#8217;ils cl\u00f4turent leurs lignes ou qu&#8217;ils paient au double les dommages r\u00e9sultant d&#8217;un manque de cl\u00f4ture ; on exige \u00e9galement qu&#8217;ils fournissent des postes et du mat\u00e9riel de s\u00e9curit\u00e9 pour leurs travailleurs.<\/p>\n<p>On exige des industriels et des exploitants des mines qu&#8217;ils fournissent des postes et des engins pour la s\u00e9curit\u00e9 et le bien-\u00eatre de leurs employ\u00e9s.<\/p>\n<p>La loi a autoris\u00e9 la l\u00e9gislation des organisations ouvri\u00e8res.<\/p>\n<p>On a fait de la Journ\u00e9e du Travail une f\u00eate nationale.<\/p>\n<p>(P 439)<\/p>\n<p>Des membres de Commissions du Travail, de l\u2019\u00c9tat et de la Nation, sont charg\u00e9s de recueillir des statistiques, et autant que possible, d&#8217;am\u00e9liorer la condition des classes laborieuses.<\/p>\n<p>On a cr\u00e9\u00e9 le Minist\u00e8re de l&#8217;Agriculture, et son Chef f ait partie du Cabinet.<\/p>\n<p>Des semences, d&#8217;une valeur de 150 000 $, sont distribu\u00e9es gratuitement chaque ann\u00e9e au peuple.<\/p>\n<p>Dans de nombreux \u00c9tats, on consid\u00e8re comme un d\u00e9lit le fait de mettre \u00e0 l&#8217;index un pauvre homme qui a \u00e9t\u00e9 cong\u00e9di\u00e9 de son emploi ou qui n&#8217;a pas r\u00e9ussi \u00e0 payer ses dettes ; on consid\u00e8re comme un d\u00e9lit le fait de menacer, par voie postale et sur carte postale, de poursuivre en justice un d\u00e9biteur ou de le bl\u00e2mer par tout autre moyen.<\/p>\n<p>Afin de prot\u00e9ger les imprudents et les na\u00effs, on refuse l&#8217;usage du courrier postal \u00e0 ceux qui voudraient effectuer des op\u00e9rations frauduleuses ou de hasard par ce moyen.<\/p>\n<p>Les tarifs postaux ont \u00e9t\u00e9 abaiss\u00e9s, imposant au gouvernement une perte annuelle de 8 000 000 de $ pour le transport du courrier, permettant ainsi aux gens d&#8217;avoir en franchise les journaux de province ; les meilleures revues et les meilleurs p\u00e9riodiques sont devenus si bon march\u00e9 qu&#8217;ils sont \u00e0 la port\u00e9e des pauvres.<\/p>\n<p>Les polices d&#8217;assurance sur la vie et les souscriptions \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s de construction et de pr\u00eats ne sont pas frapp\u00e9es de d\u00e9ch\u00e9ance par suite de non-paiement de primes ou de droits apr\u00e8s un temps limit\u00e9.<\/p>\n<p>Les banques, qu&#8217;elles soient d\u2019\u00c9tat ou de la Nation, sont assujetties au contr\u00f4le public, et leur comptabilit\u00e9 \u00e0 l&#8217;inspection publique.<\/p>\n<p>Dans le service public, les employ\u00e9s ont droit \u00e0 un cong\u00e9 r\u00e9tribu\u00e9 de trente jours dans certains cas et de quinze jours dans d&#8217;autres cas ; en outre, ils ont droit \u00e0. trente jours de cong\u00e9 en cas de maladie pour eux-m\u00eames ou pour leur famille.<\/p>\n<p>Ont \u00e9t\u00e9 interdits par la loi le trafic des coolies, l&#8217;importation de travailleurs sous contrat, le travail des condamn\u00e9s des \u00c9tats-Unis, une nouvelle immigration de Chinois, l&#8217;importation de marchandises fabriqu\u00e9es par des for\u00e7ats et le syst\u00e8me de travail impos\u00e9 au d\u00e9biteur pour s&#8217;acquitter de ses dettes.<\/p>\n<p>Des Conseils d&#8217;arbitrage, \u00e0 l&#8217;\u00e9chelon d\u2019\u00c9tat ou de la Nation, ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s pour le r\u00e8glement des litiges du travail.<\/p>\n<p>Dans le service public, les employ\u00e9s, ont droit \u00e0 un cong\u00e9 r\u00e9tribu\u00e9 de trente jours dans certains cas et de quinze jours dans d&#8217;autres cas ; en outre, ils ont droit k trente jours de cong\u00e9 en cas de maladie pour eux-m\u00eames ou pour leur famille.<\/p>\n<p>Ceux qui sont employ\u00e9s dans le service public ont les cong\u00e9s nationaux pay\u00e9s : le 1er janvier, le 22 f\u00e9vrier, la Journ\u00e9e du Souvenir, le 4 juillet, le Jour du Travail, le Jour d&#8217;actions de Gr\u00e2ces, et le 25 d\u00e9cembre.<\/p>\n<p>(P 440)<\/p>\n<p>Des fermes ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es gratuitement \u00e0 ceux qui voudraient s&#8217;y installer, et d&#8217;autres terres ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es \u00e0 ceux qui voudraient y planter et faire pousser des arbres.<\/p>\n<p>Le vote australien [bulletin de vote portant les noms de tous les candidats, et que l&#8217;\u00e9lecteur pointe secr\u00e8tement] et d&#8217;autres lois ont \u00e9t\u00e9 vot\u00e9es pour prot\u00e9ger les citoyens dans leur droit de voter sans \u00eatre molest\u00e9s et intimid\u00e9s.<\/p>\n<p>Quatre millions d&#8217;esclaves ont \u00e9t\u00e9 affranchis, \u00e0 la suite de quoi des centaines de milliers de propri\u00e9taires ont \u00e9t\u00e9 appauvris.<\/p>\n<p>Des biblioth\u00e8ques publiques ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es sur les fonds publics.<\/p>\n<p>Des h\u00f4pitaux publics ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9s pour prendre soin des malades et des pauvres.<\/p>\n<p>Cent quarante millions de dollars sont pay\u00e9s chaque ann\u00e9e par le Tr\u00e9sor public aux soldats de nos guerres, \u00e0 leurs veuves et \u00e0 leurs orphelins.<\/p>\n<p>Enfin \u2014 et ce n&#8217;est pas de moindre importance \u2014 on a cr\u00e9\u00e9 des \u00e9coles publiques, de sorte ,que maintenant, la d\u00e9pense annuelle rien que pour l&#8217;enseignement qu&#8217;on y dispense, s&#8217;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus de 160 millions de dollars, et pour les b\u00e2timents, les int\u00e9r\u00eats des emprunts et pour d&#8217;autres d\u00e9penses, probablement \u00e0 la somme suppl\u00e9mentaire de 40 millions de dollars ou plus.<\/p>\n<p>D&#8217;innombrables autres lois de moindre importance, concernant les m\u00eames domaines que ceux qui viennent d&#8217;\u00eatre indiqu\u00e9s et entrant dans les plus petits d\u00e9tails des rapports entre employeurs de main-d\u2019\u0153uvre (que ce soit des soci\u00e9t\u00e9s, des associations ou des individus) et des employ\u00e9s, ont \u00e9t\u00e9 vot\u00e9es par le Congr\u00e8s et par les assembl\u00e9es l\u00e9gislatives des divers \u00c9tats.<\/p>\n<p>Toutes ces lois ont \u00e9t\u00e9 vot\u00e9es et ces bienfaits admis par les riches aussi bien que par les pauvres. En v\u00e9rit\u00e9, l&#8217;histoire de ce pays pour le dernier quart de si\u00e8cle, montre que des hommes et des femmes de toutes les classes ont mis au maximum \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve leur esprit inventif pour concevoir des lois pour le profit, l&#8217;instruction et l&#8217;\u00e9l\u00e9vation des masses populaires, et cela a \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9 si loin que beaucoup d&#8217;hommes r\u00e9fl\u00e9chis craignent, si cela continue, qu&#8217;on en arrive au socialisme d\u2019\u00c9tat. Il n&#8217;y a aucun doute que, depuis de nombreuses ann\u00e9es, la tendance de l&#8217;opinion publique parmi le peuple va dans cette direction \u00bb.<\/p>\n<p>Ainsi donc, si tout ce qu&#8217;il \u00e9tait possible de faire l\u00e9galement l&#8217;a \u00e9t\u00e9, et que l&#8217;inqui\u00e9tude augmente, il est \u00e9videmment inutile de trouver un rem\u00e8de de ce c\u00f4t\u00e9. Il est certain que M. Thomas<\/p>\n<p>(P 441) \u00e9tait \u00e9galement arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion que le conflit est in\u00e9vitable.<\/p>\n<p>Remarquez dans quels termes cet homme, capable et noble,<\/p>\n<p>WENDELL PHILLIPS, A EXPRIM\u00c9 SON OPINION<\/p>\n<p>Aucune r\u00e9forme, morale ou intellectuelle, n&#8217;est jamais venue de la classe sup\u00e9rieure de la soci\u00e9t\u00e9. Chacune des r\u00e9formes, et toutes, sont venues de la protestation des martyrs et des victimes. L&#8217;\u00e9mancipation des travailleurs doit \u00eatre acquise par les travailleurs eux-m\u00eames \u00bb.<\/p>\n<p>Cela est tr\u00e8s vrai, tr\u00e8s sage, mais M. Phillips non plus n&#8217;a propos\u00e9 de suggestion pratique pour montrer comment les travailleurs doivent s&#8217;affranchir eux-m\u00eames du r\u00e9sultat certain des principes \u00e9go\u00efstes de la Loi de l&#8217;Offre et de la. Demande (soutenus par des in\u00e9galit\u00e9s mentales et physiques), inexorable comme l&#8217;est la loi de la gravitation. Il ne savait ce qu&#8217;il fallait recommander. Comme tous le savent, la R\u00e9volution pourrait op\u00e9rer des changements locaux et temporaires, b\u00e9n\u00e9fiques ou autrement, mais \u00e0 quoi pourrait servir la r\u00e9volution contre des conditions et une concurrence universelles ? Nous pourrions aussi bien nous r\u00e9volter contre la mar\u00e9e, montante de l&#8217;oc\u00e9an, et essayer de la refouler avec des balais, ou de recueillir l&#8217;exc\u00e9dent dans des tonneaux.<\/p>\n<p>LA PR\u00c9DICTION DE MACAULAY<\/p>\n<p>Le Figaro de Paris cite les extraits suivants d&#8217;une lettre \u00e9crite en 1857 par M. Macaulay, le grand historien anglais, \u00e0 un ami des \u00c9tats-Unis ;<\/p>\n<p>\u00ab Il est clair comme le jour que votre gouvernement ne sera jamais capable de maintenir sous sa direction une majorit\u00e9 souffrante et irrit\u00e9e, parce que dans votre pays, le gouvernement est entre les mains des masses populaires, et que les riches qui sont en minorit\u00e9, sont absolument \u00e0 leur merci. Un jour viendra dans l\u2019\u00c9tat de New York, o\u00f9, entre la moiti\u00e9 d&#8217;un d\u00e9jeuner et l&#8217;esp\u00e9rance de la moiti\u00e9 d&#8217;un d\u00eener, la multitude \u00e9lira vos l\u00e9gislateurs.<\/p>\n<p>(P 442) Est-i1 possible d&#8217;avoir un doute quelconque sur le genre de l\u00e9gislateurs qui sera \u00e9lu ?<\/p>\n<p>\u00ab Vous serez oblig\u00e9s de faire les choses qui rendent la prosp\u00e9rit\u00e9 impossible. Alors quelque C\u00e9sar ou Napol\u00e9on prendra en mains les r\u00eanes du gouvernement. Votre R\u00e9publique sera pill\u00e9e et ravag\u00e9e dans le vingti\u00e8me si\u00e8cle, exactement comme l&#8217;empire romain le fut par les barbares du cinqui\u00e8me si\u00e8cle, avec cette diff\u00e9rence, que les d\u00e9vastateurs de l&#8217;empire romain, les Huns et les Vandales, venaient du dehors, tandis que vos barbares seront les gens de votre propre pays et le produit de vos propres institutions \u00bb.<\/p>\n<p>Il n&#8217;est pas venu \u00e0 l&#8217;esprit de cet homme qui a une grande connaissance de la nature humaine, \u00e0 la fois chef les riches et chez les pauvres, de sugg\u00e9rer comme une probabilit\u00e9 que les riches pourraient, sans \u00e9go\u00efsme, \u00e9pouser la cause de la majorit\u00e9 et donner leur assentiment \u00e0 la promulgation de lois importantes et bienveillantes qui \u00e9l\u00e8veraient graduellement les masses \u00e0 la comp\u00e9tence et rendraient impossible \u00e0 quiconque d&#8217;amasser plus d&#8217;un demi-million de dollars de fortune. Non ; M. Macaulay savait qu&#8217;une telle proposition \u00e9tait indigne de consid\u00e9ration, d&#8217;o\u00f9 sa pr\u00e9diction qui est en rapport avec le t\u00e9moignage de Dieu quant au r\u00e9sultat de l&#8217;\u00e9go\u00efsme, savoir : un grand temps de d\u00e9tresse.<\/p>\n<p>En outre, depuis qu&#8217;il a \u00e9crit cette lettre, le droit de vote a \u00e9t\u00e9 exig\u00e9 par les propres compatriotes de M. Macaulay, le public britannique, et a \u00e9t\u00e9 obtenu. Il a \u00e9t\u00e9 exig\u00e9 et Obtenu par les Belges et les Allemands. Il a \u00e9t\u00e9 exig\u00e9 et obtenu de force par les Fran\u00e7ais. On le r\u00e9clame en Autriche-Hongrie, et avant peu les Italiens l&#8217;obtiendront. De sorte que la catastrophe m\u00eame pr\u00e9dite avec tant d&#8217;assurance pour les \u00c9tats-Unis menace \u00e9galement la \u00ab chr\u00e9tient\u00e9 \u00bb tout enti\u00e8re. Macaulay ne voyait aucune esp\u00e9rance, et n&#8217;avait pas d&#8217;autres suggestions \u00e0 offrir que celles que d&#8217;autres offraient \u00e9galement, c&#8217;est-\u00e0-dire que les riches et les gens influents s&#8217;emparent par la force de la direction des affaires et s&#8217;assoient sur la soupape de s\u00fbret\u00e9 aussi longtemps que possible \u2014 jusqu&#8217;\u00e0 ce que l&#8217;explosion se produise.<\/p>\n<p>(P 443)<\/p>\n<p>LES ESP\u00c9RANCES DE M. CHAT.INCEY M. DEPEW<\/p>\n<p>Parmi les penseurs capables et profonds du monde d&#8217;aujourd&#8217;hui, on trouve \u00e9galement l&#8217;Hon. Chauncey M. Depew, LL. D. Homme sage, il est fr\u00e9quemment de bon conseil, et nous sommes heureux d&#8217;avoir son opinion sur la situation actuelle. Parlant \u00e0 la classe d&#8217;examen de l&#8217;Universit\u00e9 de Chicago, et \u00e0 d&#8217;autres, en qualit\u00e9 d&#8217;orateur \u00e0 sa 10&#8242; Assembl\u00e9e, il d\u00e9clara entre autres choses :<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;instruction n&#8217;a pas seulement rendu possible la mer- veilleuse croissance de notre pays et la prodigieuse occasion favorable qu&#8217;elle offre \u00e0 la profession et \u00e0 la fortune, mais elle a \u00e9lev\u00e9 notre peuple en le faisant sortir des, m\u00e9thodes et des coutumes du pass\u00e9, et nous ne pouvons plus d\u00e9sormais vivre comme le firent nos anc\u00eatres.<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;\u00e9cole primaire et l&#8217;\u00e9cole secondaire, avec leurs avantages sup\u00e9rieurs, nous ont form\u00e9s de telle fa\u00e7on que l&#8217;am\u00e9lioration des conditions de vie fait des hommes plus lib\u00e9raux et plus intelligents et des femmes mieux dou\u00e9es, plus belles et \u00e0 l&#8217;\u00e2me plus g\u00e9n\u00e9reuse. Elle les \u00e9l\u00e8ve sur un plan sup\u00e9rieur \u00e0 celui du paysan europ\u00e9en. Tandis que l&#8217;instruction et la libert\u00e9 ont fait des Am\u00e9ricains un peuple ph\u00e9nom\u00e9nal, elles ont, dans une certaine mesure, \u00e9lev\u00e9 le standard de vie et ses exigences dans les pays plus anciens de l&#8217;Europe. L&#8217;ouvrier indien peut vivr\u00e9 sous un toit de chaume dans une pi\u00e8ce unique, avec un pantalon rapi\u00e9c\u00e9 pour se v\u00eatir et une terrine de riz pour se nourrir. Mais l&#8217;artisan am\u00e9ricain d\u00e9sire avoir un logis avec plusieurs pi\u00e8ces. Il a appris, et ses enfants ont appris la valeur des \u0153uvres d&#8217;art. Ils connaissent tous \u00e0 pr\u00e9sent quelle est la meilleure nourriture, le meilleur v\u00eatement et la vie la meilleure, le tout n&#8217;\u00e9tant pas du luxe mais du confort qui satisfait et devrait satisfaire les citoyens de notre R\u00e9publique.<\/p>\n<p>\u00ab Des hommes habiles, tr\u00e8s courageux et tr\u00e8s perspicaces ont saisi l&#8217;occasion favorable en Am\u00e9rique pour amasser d&#8217;immenses fortunes. Les masses populaires qui n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 aussi fortun\u00e9es, consid\u00e8rent ces hommes et disent : Nous ne b\u00e9n\u00e9ficions pas comme eux de ces occasions favorables. Ce n&#8217;est pas ici la place, et nous n&#8217;avons pas le temps, de faire m\u00eame allusion \u00e0 la solution de ces difficult\u00e9s ou \u00e0 la r\u00e9solution de ces probl\u00e8mes. Aucun homme de bon sens ne peut douter que le g\u00e9nie existe parmi nous pour y faire face Si besoin est par la l\u00e9gislation ou par d&#8217;autres moyens. Nous r\u00e9clamons pour<\/p>\n<p>(P 444) notre \u00e9poque plus d&#8217;instruction, plus d&#8217;\u00e9tudiants dans les coll\u00e8ges et plus de facilit\u00e9s pour aller au coll\u00e8ge. Tout jeune homme qui sort de ces institutions pour entrer dans le monde, sort tel un missionnaire porteur de lumi\u00e8re et de connaissance. Dans la communaut\u00e9 o\u00f9 il s&#8217;installera, il prendra une position en faveur d&#8217;une appr\u00e9ciation intelligente, large et patriotique, de la situation dans le pays et dans le voisinage. Les dipl\u00f4m\u00e9s des quatre cents universit\u00e9s du pays sont les lieutenants et les capitaines, les colonels, les g\u00e9n\u00e9raux de brigade et les g\u00e9n\u00e9raux de division de cette arm\u00e9e de progr\u00e8s am\u00e9ricain \u00e0 laquelle nous appartenons tous.<\/p>\n<p>\u00ab Le monde dans lequel entre aujourd&#8217;hui notre jeune homme est un monde tr\u00e8s diff\u00e9rent de celui que connurent son p\u00e8re ou son grand-p\u00e8re ou ses anc\u00eatres cent ans auparavant. Il y a cinquante ans, il aurait pris ses grades universitaires dans un coll\u00e8ge confessionnel et serait entr\u00e9 dans les vues de l&#8217;\u00e9glise de ses p\u00e8res et de sa facult\u00e9. Il y a cinquante ans, il aurait adh\u00e9r\u00e9 au parti auquel appartenait son p\u00e8re. Il aurait accept\u00e9 le credo religieux du pasteur du village, et les principes politiques du programme national \u00e9labor\u00e9 par le parti de son p\u00e8re. Mais aujourd&#8217;hui, il prend ses grades universitaires dans un coll\u00e8ge o\u00f9 la ligne confessionnelle est vaguement trac\u00e9e, et il s&#8217;aper\u00e7oit que les membres de sa famille ont fr\u00e9quent\u00e9 toutes les \u00e9glises et professent tous les credo ; aussi doit-il choisir pour lui-m\u00eame l&#8217;\u00e9glise dans laquelle il se sentira \u00e0 l&#8217;aise, et les doctrines sur lesquelles il basera sa foi. Il d\u00e9couvre que les liens du parti ont \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9s par de faux conducteurs ou des conducteurs incomp\u00e9tents, et par l&#8217;incapacit\u00e9 des organisations de partis de faire face aux exigences du pays et \u00e0 celles du d\u00e9veloppement extraordinaire de l&#8217;\u00e9poque. Ceux qui devraient \u00eatre ses conseillers lui disent : \u00ab Fils, juge pour toi-m\u00eame et pour ton pays \u00bb. Ainsi, au seuil m\u00eame de la vie, il demande une connaissance dont son p\u00e8re n&#8217;avait pas eu besoin pour remplir ses obligations comme citoyen ou pour baser sa foi et ses principes. Il se dispose \u00e0 partir, \u00e0 la fin I de ce merveilleux dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle pour s&#8217;entendre dire, du haut d&#8217;une chaire et d&#8217;une tribune et par la presse, et pour discerner \u00e0 la suite de ses observations personnelles, qu&#8217;il y a des conditions r\u00e9volutionnaires dans le monde politique, financier et industriel qui menacent la stabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat, la position de l&#8217;\u00e9glise, les bases de la soci\u00e9t\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9. Pourtant,<\/p>\n<p>(P 445) alors que le pr\u00e9cepte et la proph\u00e9tie annoncent la catastrophe, il ne devrait pas d\u00e9sesp\u00e9rer&#8230; Tous les jeunes hommes devraient croire que demain sera meilleur qu&#8217;aujourd&#8217;hui, ,et \u00eatre impatients de voir arriver le lendemain dans une esp\u00e9rance ind\u00e9fectible, tout en accomplissant pleinement son devoir aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>\u00ab Nous admettons tous que les probl\u00e8mes sont difficiles et la situation poignante. Cependant, il appartient \u00e0 l&#8217;instruction de r\u00e9soudre des probl\u00e8mes et de rem\u00e9dier \u00e0 des -conditions d\u00e9licates. Notre \u00e9poque est celle du paradoxe de la civilisation. Jusqu&#8217;ici, notre ligne de conduite a \u00e9t\u00e9 affaire d&#8217;interpr\u00e9tation facile et d&#8217;ex\u00e9cution ais\u00e9e en se basant sur l&#8217;histoire du pass\u00e9. Mais nous voici \u00e0 cinq &#8211; ann\u00e9es du vingti\u00e8me si\u00e8cle, face \u00e0 des conditions qui sont presque aussi nouvelles que si un bouleversement consid\u00e9rable nous avait pr\u00e9cipit\u00e9s violemment dans l&#8217;espace et que nous nous soyons trouv\u00e9s assis pr\u00e8s de l&#8217;un des canaux de Mars.<\/p>\n<p>\u00ab La vapeur et l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 ont fait compter pour rien les si\u00e8cles de l&#8217;\u00e8re chr\u00e9tienne jusqu&#8217;au n\u00f4tre. Elles ont amen\u00e9 une harmonie de la production et des march\u00e9s qui bouleverse tous les calculs et tous les principes d&#8217;action du pass\u00e9. Elles ont uni le monde en une communication instantan\u00e9e qui a renvers\u00e9 les limitations autrefois r\u00e9gl\u00e9es par le temps et la distance ou que la l\u00e9gislation pouvait fixer. Les prix du coton sur le Gange ou sur l&#8217;Amazone, du bl\u00e9 sur le plateau de l&#8217;Himalaya, ou dans le delta du Nil, ou dans l&#8217;Argentine, de ce matin, avec tous les facteurs de cours, de climat et de salaire, qui r\u00e8glent le co\u00fbt de leur production, sont imm\u00e9diatement annonc\u00e9s \u00e0 midi \u00e0 Liverpool, \u00e0 la Nouvelle-Orl\u00e9ans, \u00e0 Savannah, \u00e0 Mobile, \u00e0 Chicago et \u00e0 New York. Elles envoient un tressaillement ou frisson \u00e0 travers les plantations du Sud et les fermes de l&#8217;Ouest. Les agriculteurs d&#8217;Europe et d&#8217;Am\u00e9rique se plaignent \u00e0 juste titre de leur condition. Les populations rurales se ruent vers les grandes villes et augmentent consid\u00e9rablement les difficult\u00e9s des municipalit\u00e9s. Les capitalistes s&#8217;efforcent de former des unions qui flotteront avec la mar\u00e9e ou lutteront contre elle, tandis que les organisations ouvri\u00e8res essaient, avec un succ\u00e8s limit\u00e9, de cr\u00e9er une situation qu&#8217;elles croient \u00eatre la meilleure pour elles-m\u00eames. Le progr\u00e8s extraordinaire des cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es, les r\u00e9volutions qui ont \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9es par la vapeur, l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 et l&#8217;invention, le rapport des forces agissant sur un c\u00f4t\u00e9 du globe et<\/p>\n<p>(P 446) produisant des effets instantan\u00e9s sur l&#8217;autre, ont tellement chang\u00e9 les relations des peuples et des industries que le monde ne s&#8217;y est pas: encore adapt\u00e9. On doit se confier aujourd&#8217;hui et demain sur l&#8217;instruction, de fa\u00e7on que l&#8217;intelligence supr\u00eame puisse faire sortir l&#8217;ordre du chaos&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab Il y a toujours eu des crises dans le monde. Elles ont \u00e9t\u00e9 les efforts et les aspirations de l&#8217;humanit\u00e9 pour quelque chose de meilleur et de plus \u00e9lev\u00e9, et ont en fin de compte abouti en quelque mouvement extraordinaire en faveur de la libert\u00e9. Ces r\u00e9volutions ont \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9es de souffrances infinies, du massacre de millions de gens et de la d\u00e9vastation de provinces et de royaumes. Les Croisades ont sorti l&#8217;Europe de l&#8217;esclavage du f\u00e9odalisme, la R\u00e9volution fran\u00e7aise a bris\u00e9 les cha\u00eenes des castes. Napol\u00e9on fut le guide et le prodigieux artisan, bien que d&#8217;une mani\u00e8re \u00e9go\u00efste, du suffrage universel moderne et du gouvernement parlementaire moderne. L&#8217;aspiration de tous les si\u00e8cles a \u00e9t\u00e9 vers la libert\u00e9, vers toujours plus de libert\u00e9. On a toujours esp\u00e9r\u00e9 que lorsque la libert\u00e9 serait acquise, le bonheur et la paix universels r\u00e9gneraient. Les peuples de langue anglaise se sont assur\u00e9 la libert\u00e9 dans son sens le plus large et le plus complet, cette libert\u00e9 o\u00f9 les gens sont leurs propres gouverneurs, l\u00e9gislateurs et ma\u00eetres. Le paradoxe dans tout cela est qu&#8217;avec la libert\u00e9 que nous tenons tous comme \u00e9tant notre plus grande b\u00e9n\u00e9diction, est venu un m\u00e9contentement plus grand que celui que le monde ait jamais connu. Le mouvement socialiste en Allemagne augmente de cent mille voix il y a dix ans \u00e0 quelques millions de voix en 1894. Les \u00e9l\u00e9ments r\u00e9publicains en France deviennent plus radicaux et plus mena\u00e7ants de mois en mois. Les troubles agraires et ouvriers de la Grande-Bretagne sont au-dessus de toute capacit\u00e9 de ses hommes d&#8217;\u00e9tat pour \u00eatre surmont\u00e9es sauf par des exp\u00e9dients au jour le jour. Il y a eu \u00e0 Chicago une \u00e9meute anarchiste, et seule la valeur disciplin\u00e9e d&#8217;un petit corps de police sauva la grande ville des horreurs du pillage et de la mise \u00e0 sac. Un seul homme a cr\u00e9\u00e9 en peu de mois une organisation des employ\u00e9s de chemin de fer, si puissante que sur son ordre, vingt millions de personnes furent paralys\u00e9es dans leurs industries et leurs mouvements, et tous les \u00e9l\u00e9ments qui constituent le soutien des communaut\u00e9s temporairement suspendus. Le soul\u00e8vement fut si puissant que deux gouverneurs d\u00e9missionn\u00e8rent et le Maire de notre m\u00e9tropole occidentale prit ses ordres aupr\u00e8s du conducteur de la r\u00e9volte. Seul,<\/p>\n<p>(P 447) le bras puissant du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral emp\u00eacha des pertes industrielles et commerciales d&#8217;une importance consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>\u00ab Un autre des paradoxes de notre quart de si\u00e8cle est que chaque artisan et chaque ouvrier sp\u00e9cialis\u00e9, que le travailleur de n&#8217;importe quel secteur aujourd&#8217;hui, re\u00e7oit pour moins d&#8217;heures de travail vingt-cinq pour cent, et en de nombreux cas cinquante pour cent, de plus qu&#8217;il ne le faisait il y a trente ans. Tout en recevant ainsi un tiers de plus qu&#8217;il ne le faisait il y a trente ans, son dollar lui permettra d&#8217;acheter deux fois plus de v\u00eatements et de nourriture qu&#8217;il y a trente ans. On pourrait penser que le travailleur devrait \u00eatre supr\u00eamement heureux quand il compare le pass\u00e9 avec le pr\u00e9sent, et qu&#8217;apr\u00e8s avoir fait face \u00e0 ses besoins, il devrait pouvoir d\u00e9poser \u00e0 la Caisse d&#8217;\u00e9pargne le fonds qui ferait rapidement de lui un capitaliste. Et pourtant, il \u00e9prouve un m\u00e9contentement que son p\u00e8re, il y a trente ans, avec un salaire \u00e9gal au tiers du sien et son dollar lui permettant d&#8217;acheter la moiti\u00e9 de ce que lui ach\u00e8te, n&#8217;a jamais connu. Tout ceci vient de l&#8217;instruction ! \u00bb.<\/p>\n<p>[M. Depew ne tient pas compte du fait qu&#8217;il y a trente ans, il y avait abondance de travail. La production de l&#8217;habilet\u00e9 humaine et du muscle \u00e9tant, tr\u00e8s inf\u00e9rieure \u00e0 la demande, les hommes \u00e9taient pouss\u00e9s \u00e0 faire \u00ab double poste \u00bb sur les chemins de fer aussi bien que dans les filatures et les usines, tandis que des \u00e9migrants vinrent \u00e9galement par millions et trouv\u00e8rent rapidement du travail. Mais \u00e0 pr\u00e9sent la production du travail exc\u00e8de de beaucoup et en tous sens la demande, \u00e0 cause des machines. Maintenant, bien que les salaires ne soient pas mauvais, le peuple, les masses, ne peuvent s&#8217;assurer une offre et un emploi fermes pour leurs services, et in\u00e9vitablement, les salaires baissent].<\/p>\n<p>\u00ab Nous sommes en train de mener les batailles non seulement d&#8217;aujourd&#8217;hui, mais pour toujours ; nous sommes en train de d\u00e9velopper ce pays non seulement pour nous-m\u00eames mais pour la post\u00e9rit\u00e9. Nous avons vaincu l&#8217;esclavage, nous avons extirp\u00e9 la polygamie, et notre seul ennemi qui demeure, c&#8217;est l&#8217;ignorance.<\/p>\n<p>[Pourtant, si la destruction partielle de l&#8217;ignorance par l&#8217;instruction a apport\u00e9 tout le m\u00e9contentement et tous les maux \u00e9num\u00e9r\u00e9s plus haut, combien plus une instruction compl\u00e8te co\u00fbterait d&#8217;anarchie et de terrible tribulation ! M. Depew d\u00e9clare qu&#8217;il ne<\/p>\n<p>(P 448) discute pas ici du rem\u00e8de \u00e0 tous ces maux et \u00e0 ce m\u00e9contentement, mais sans doute aurait-il \u00e9t\u00e9 content de le faire s&#8217;il connaissait un rem\u00e8de : ici, il d\u00e9clare qu&#8217;on y rem\u00e9diera \u00ab d&#8217;une mani\u00e8re ou d&#8217;une autre \u00bb, ce qui est une admission tacite qu&#8217;il ne conna\u00eet aucun rem\u00e8de sp\u00e9cifique \u00e0 sugg\u00e9rer].<\/p>\n<p>\u00ab Les gens qui sont m\u00e9contents sont les gouverneurs et les dirigeants ; ils doivent r\u00e9soudre leurs propres probl\u00e8mes. Ils peuvent \u00e9lire leurs propres Congr\u00e8s et pr\u00e9sidents. Ils ne peuvent se r\u00e9volter contre eux-m\u00eames ni se couper la gorge. T\u00f4t ou tard, et d&#8217;une mani\u00e8re ou d&#8217;une autre, ils r\u00e9soudront leurs probl\u00e8mes, mais ce sera par la loi et au moyen de la loi. Ce sera par des m\u00e9thodes destructives ou constructives.<\/p>\n<p>\u00ab La question se pose naturellement : \u00ab Avec toute la prosp\u00e9rit\u00e9 et le progr\u00e8s du monde, pourquoi ce m\u00e9contentement ? \u00bb. La rapidit\u00e9 des inventions et les moyens offerts par l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 et la vapeur ont, dans ces vingt-cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, d\u00e9truit 60 % du capital dans le monde et jet\u00e9 40 % de ses travailleurs au ch\u00f4mage. La machine au triple rendement, l&#8217;invention d&#8217;un nouveau moteur, le redoublement des forces par une nouvelle application des machines rendent inutiles toutes les vieilles machines. Plus encore, elles forcent l&#8217;artisan capable qui perd l&#8217;outil avec lequel il gagnait sa vie et qui est d\u00e9sormais inutilisable, \u00e0 retomber dans la masse immense des ouvriers ordinaires. En m\u00eame temps, ces m\u00eames forces qui ont ainsi d\u00e9truit la plus grande partie des valeurs et mis au ch\u00f4mage tant de gens, ont cr\u00e9\u00e9 de nouvelles conditions qui ont augment\u00e9 d&#8217;une mani\u00e8re incalculable la richesse du monde et les moyens pour ses gens de mieux vivre, de jouir de plus de confort et de bonheur. Seulement, pour jouir de ces occasions favorables, de ce confort et de ce bonheur, une meilleure instruction devient n\u00e9cessaire \u00bb.<\/p>\n<p>Il est de toute \u00e9vidence que M. Depew est bien inform\u00e9 des questions concernant le travail et qu&#8217;il a fait une \u00e9tude des conditions qui ont conduit \u00e0 l&#8217;ordre de choses auquel le monde a \u00e0 faire face maintenant. Mais quel rem\u00e8de offre-t-il ? Ce n&#8217;est peut-\u00eatre que par convenance et par complaisance que ce gentleman fut amen\u00e9, en s&#8217;adressant \u00e0 une classe de coll\u00e8ge universitaire, \u00e0 sugg\u00e9rer que l&#8217;ignorance est l&#8217;\u00ab ennemi \u00bb qui occasionne les maux actuels et menace l&#8217;avenir.<\/p>\n<p>(P 449) Pourtant, mieux que personne, M. Depew sait que rien ne prouve que l&#8217;instruction soit un rem\u00e8de. Tr\u00e8s peu des millionnaires d&#8217;aujourd&#8217;hui ont re\u00e7u une instruction de coll\u00e8ge. Cornelius Vanderbilt \u00e9tait sans instruction, un passeur, dont le sens inn\u00e9 et p\u00e9n\u00e9trant des affaires le guida vers la fortune. Il pr\u00e9vit l&#8217;accroissement des voyages, et pla\u00e7a de l&#8217;argent dans les navires \u00e0 vapeur et les chemins de fer. Le premier John Jacob Astor \u00e9tait sans instruction, n\u00e9gociant en fourrures et en peaux. Pr\u00e9voyant la croissance de New York City, il pla\u00e7a son argent dans les immeubles et posa ainsi les fondements des richesses de la g\u00e9n\u00e9ration actuelle des Astors.<\/p>\n<p>La liste suivante des millionnaires am\u00e9ricains qui ont donn\u00e9 un million de dollars ou plus \u00e0 des coll\u00e8ges univer\u00adsitaires, a fait le tour de la presse accompagn\u00e9 du commentaire que pas un de ces hommes riches et intelligents n&#8217;avait jamais re\u00e7u une instruction de coll\u00e8ge :<\/p>\n<p>\u00ab Steph\u2022en Girard, au Coll\u00e8ge Girard : $ 8 000 000 ; John D. Rockefeller, \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Chicago : $ 7 000 000 ; George Peabody, \u00e0 diverses fondations : $ 6 000 000 ; Leland Standford, \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Standford : $ 5 000 000 ; Asa Packer, \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Lehigh : $ 3 500 000 ; Paul Tulane, \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Tulane (New Orl\u00e9ans) : $ 2 500 000 ; Isaac Rich, \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Boston : $ 2 000 000 ; Jonas G. Clark, \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Clark \u00e0 Worcester (Mass.) : $ 2 000 000 ; les Vanderbilts, \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Vanderbilt : au moins $ 1 775000 ; James Lick, \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Californie : $ 1 600 000 ; John C. Green, \u00e0 Princeton : $ 1 500 000 ; William C. DePauw, \u00e0 Asbury, maintenant Universit\u00e9 Depauw : $ 1 500 000 ; A. J. Drexel, \u00e0 l&#8217;Ecole industrielle Drexel : $ 1 500 000 ; Leonard Case, \u00e0 l&#8217;Ecole des Sciences Appliqu\u00e9es de Cleveland : $ 1 500 000 ; Peter Cooper, \u00e0 l&#8217;Union Cooper : $ 1 200 000 ; Ezra Cornell et Henry W. Sage, \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Cornell : chacun $ 1 100 000 ; Charles Pratt, \u00e0 l&#8217;Institut Pratt de Brooklyn : $ 2 700 000 \u00bb.<\/p>\n<p>Comme pour prouver l&#8217;exception \u00e0 cette r\u00e8gle, M. Seth Low, dipl\u00f4m\u00e9 et Pr\u00e9sident de Coll\u00e8ge universitaire, \u00e0 un moment donn\u00e9 fit don d&#8217;un million de dollars au Coll\u00e8ge de Columbia pour une biblioth\u00e8que.<\/p>\n<p>Bien qu&#8217;une instruction donn\u00e9e par un coll\u00e8ge soit pr\u00e9cieuse, elle ne constitue pas<\/p>\n<p>(P 450) du tout un rem\u00e8de aux conditions actuelles. En fait, si, en Europe et en Am\u00e9rique, chaque homme \u00e9tait un dipl\u00f4m\u00e9 de coll\u00e8ge universitaire aujourd&#8217;hui, les conditions seraient pires, au lieu d&#8217;\u00eatre meilleures, qu&#8217;elles ne le sont maintenant. M. Depew admet ceci dans la citation faite plus haut, lorsqu&#8217;il dit que l&#8217;artisan \u00ab \u00e9prouve un m\u00e9contentement que son p\u00e8re, il y trente ans, avec un salaire \u00e9gal au tiers du sien et son dollar lui permettant d&#8217;acheter la moiti\u00e9 de ce que lui ach\u00e8te, n&#8217;a jamais connu. \u00ab Tout ceci vient de l&#8217;instruction\u00bb. Oui, vraiment, et plus l&#8217;instruction est g\u00e9n\u00e9rale, plus g\u00e9n\u00e9ral est le m\u00e9contentement. L&#8217;instruction est excellente et doit \u00eatre grandement d\u00e9sir\u00e9e, mais elle ne constitue pas le rem\u00e8de. S&#8217;il est vrai que certains hommes droits et nobles ont \u00e9t\u00e9 riches, il est \u00e9galement vrai que certains des hommes les plus d\u00e9prav\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 des hommes instruits et que certains des hommes les plus saints ont \u00e9t\u00e9 des \u00ab ignorants \u00bb, tels les Ap\u00f4tres. Plus un homme m\u00e9chant a d&#8217;instruction, et plus grand est son m\u00e9contentement, et plus grand est son pouvoir de faire le mal_ Le monde a besoin de c\u0153urs nouveaux \u2014 \u00ab Cr\u00e9e-moi un c\u0153ur pur, \u00f4 Dieu ! et renouvelle au dedans de moi un esprit droit ! \u00bb (Ps. 51 : 10 \u2014 D.). La proph\u00e9tie d\u00e9clare ainsi de quoi le monde a besoin, et la d\u00e9monstration sera faite sous peu qu&#8217;il faut beaucoup plus que l&#8217;instruction et l&#8217;intelligence polir obtenir le bonheur et la paix, et \u00e0 la fin, cela sera reconnu d&#8217;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale. \u00ab La pi\u00e9t\u00e9 avec le contentement est un grand gain \u00bb ; et ce n&#8217;est que si ce fondement est pos\u00e9 que l&#8217;instruction peut \u00eatre la garantie d&#8217;une grande b\u00e9n\u00e9diction. Les c\u0153urs \u00e9go\u00efstes et l&#8217;esprit du monde sont en d\u00e9saccord avec l&#8217;esprit d&#8217;amour, et aucun compromis ne sera utile. L&#8217;instruction, \u00ab l&#8217;augmentation de la connaissance \u00bb parmi les masses est en train d&#8217;amener la crise sociale et son ultime r\u00e9sultat, l&#8217;anarchie.<\/p>\n<p>INTERVIEW DE L&#8217;\u00c9V\u00caQUE WORTHINGTON<\/p>\n<p>Alors que l\u2019\u00c9v\u00eaque Worthington se rendait \u00e0 une convocation de l\u2019\u00c9glise protestante \u00e9piscopale dans la ville de New York, un journaliste recueillit son opinion concernant l&#8217;agitation sociale<\/p>\n<p>(P 451) et la publia dans la presse le 25 octobre 1896a Voici ce qu&#8217;aurait dit l&#8217;\u00e9v\u00eaque :<\/p>\n<p>\u00ab La difficult\u00e9 que nous avons avec les fermiers, vient, dans mon jugement, de ce que nous avons pouss\u00e9 beaucoup trop loin notre syst\u00e8me d&#8217;enseignement gratuit. Naturellement, je sais que cette opinion sera consid\u00e9r\u00e9e comme un peu d&#8217;h\u00e9r\u00e9sie, mais cependant j&#8217;y crois. Les fils d&#8217;agriculteurs \u2014 un grand nombre d&#8217;entre eux \u2014 qui n&#8217;ont absolument aucune capacit\u00e9 pour s&#8217;\u00e9lever, go\u00fbtent \u00e0 l&#8217;instruction et continuent. Ils n&#8217;arriveront jamais \u00e0 rien \u00adc&#8217;est-\u00e0-dire beaucoup d&#8217;entre eux \u2014 et ils deviennent m\u00e9contents de suivre la carri\u00e8re \u00e0 laquelle Dieu les avait destin\u00e9s, et ils vont \u00e0 la d\u00e9rive dans les villes. C&#8217;est la sur-instruction \u00bb de ceux qui ne sont pas qualifi\u00e9s pour la recevoir qui emplit nos villes tandis que les fermes restent inactives \u00bb.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9v\u00eaque manifeste un point de vue oppos\u00e9 \u00e0 celui que soutient M. Depew. Il s&#8217;accorde mieux avec le Directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;Instruction en Russie dont nous avons d\u00e9j\u00e0 rapport\u00e9 la d\u00e9claration contre l&#8217;instruction des classes les plus pauvres. Nous sommes d&#8217;accord avec les deux quant au fait que, d&#8217;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, l&#8217;instruction d\u00e9veloppe les ambitions et l&#8217;incessant m\u00e9contentement. Pourtant, l&#8217;\u00e9v\u00eaque admettra s\u00fbrement que les choses sont d\u00e9j\u00e0 all\u00e9es trop loin, dans ce pays de libert\u00e9 et d&#8217;instruction, pour esp\u00e9rer supprimer le m\u00e9contentement naissant en \u00e9teignant la lampe de la connaissance. Bons ou mauvais, l&#8217;instruction et le m\u00e9contentement sont pr\u00e9sents et ne peuvent \u00eatre et ne seront pas oubli\u00e9s.<\/p>\n<p>LA R\u00c9PLIQUE DE L&#8217;HON. W. J. BRYAN<\/p>\n<p>A savoir si la suggestion de l&#8217;\u00e9v\u00eaque est juste, nous laissons le soin d&#8217;y r\u00e9pondre \u00e0 M. W. J. Bryan, en citant ce qui suit de sa r\u00e9plique rapport\u00e9e dans la presse :<\/p>\n<p>\u00ab Parler de la sur-instruction des fils de fermiers et attribuer les difficult\u00e9s qui nous entourent aujourd&#8217;hui \u00e0 la sur-instruction est, \u00e0 mon esprit, l&#8217;une des choses les plus cruelles qu&#8217;un homme ait jamais pu exprimer. Quelle id\u00e9e de dire que des fils de fermiers qui ne sont pas capables de s&#8217;\u00e9lever, prennent go\u00fbt \u00e0 l&#8217;instruction et en jouissent tant qu&#8217;ils le conservent et deviennent m\u00e9contents de la ferme et vont \u00e0 la d\u00e9rive dans<\/p>\n<p>(P 452) les villes ! Quelle id\u00e9e de dire qu&#8217;il y a sur-instruction parmi les fils de nos fermiers ! Mes amis, savez-vous ce que signifie ce langage ? Il signifie le contraire du progr\u00e8s de la civilisation et un retour vers les si\u00e8cles des t\u00e9n\u00e8bres.<\/p>\n<p>Comment pouvez-vous dire lequel des fils de fermiers va se r\u00e9v\u00e9ler \u00eatre un grand homme avant que vous ne les ayez tous instruits ? Devons-nous choisir une commission pour enqu\u00eater et trier ceux qui doivent \u00eatre cultiv\u00e9s ?<\/p>\n<p>Ah, mes amis, c&#8217;est pour une autre raison que les gens sont venus dans les villes et ont quitt\u00e9 les fermes. C&#8217;est parce que la l\u00e9gislation a provoqu\u00e9 la forclusion des hypoth\u00e8ques sur les fermiers et leurs fermes. C&#8217;est parce que votre l\u00e9gislation a fait la vie du fermier plus p\u00e9nible. pour lui ; c&#8217;est parce que les classes des non-producteurs font les lois et rendent la sp\u00e9culation sur les produits. de la ferme plus profitable que leur production.<\/p>\n<p>Quelle id\u00e9e de rejeter la responsabilit\u00e9 de la condition actuelle sur les fermiers ! Quelle id\u00e9e de sugg\u00e9rer comme. rem\u00e8de la fermeture des \u00e9coles afin que les gens ne puissent pas devenir m\u00e9contents ! Eh bien, mes amis, il y aura m\u00e9contentement aussi longtemps qu&#8217;existera la cause du. m\u00e9contentement. Au lieu d&#8217;essayer&#8217; d&#8217;emp\u00eacher les gens de se rendre compte de leur condition, pourquoi ces critiques n&#8217;essaient-ils pas d&#8217;am\u00e9liorer la condition des fermiers de ce pays ? \u00bb.<\/p>\n<p>Un journal anglais, The Rock, demanda \u00e0 \u00eatre \u00e9clair\u00e9 sur ce sujet, mais n&#8217;a obtenu aucune lumi\u00e8re. Nous citons :<\/p>\n<p>A travers le monde, une grande agitation, des conflits d&#8217;int\u00e9r\u00eats, et des courants contraires maintiennent l&#8217;humanit\u00e9 civilis\u00e9e dans un perp\u00e9tuel \u00e9tat d&#8217;excitation. La tension des nerfs et de l&#8217;esprit devient plus intense presque de semaine en semaine ; \u00e0 de brefs intervalles, quelque \u00e9v\u00e9nement sensationnel secoue le monde politique et commercial d&#8217;une force sismique, et les hommes se rendent compte quels \u00e9l\u00e9ments accumul\u00e9s de d\u00e9sastre se cachent sous la surface de la soci\u00e9t\u00e9. Tandis qu&#8217;ils s&#8217;efforcent de modifier le cours de ces forces, des politiciens admettent franchement qu&#8217;ils ne peuvent les dominer compl\u00e8tement ou en pr\u00e9dire les r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>\u00ab Dans la confusion des th\u00e9ories, propositions, exp\u00e9riences et proph\u00e9ties sans fin, les plus grands penseurs sont d&#8217;accord sur deux points. D&#8217;une part, ils discernent l&#8217;imminence d&#8217;une grande catastrophe qui bouleversera le monde entier et<\/p>\n<p>(P 453) \u00e9branlera la structure actuelle de la vie politique et sociale, les forces de destruction devant s&#8217;\u00e9puiser elles-m\u00eames avant que les forces formatives puissent reconstruire l&#8217;\u00e9difice social sur des fondations plus s\u00fbres. D&#8217;autre part, ils conviennent que jamais des nations n&#8217;ont soupir\u00e9 apr\u00e8s la paix, ou n&#8217;ont vu plus clairement le devoir et les avantages de cultiver l&#8217;unit\u00e9 et la concorde fraternelle qu&#8217;\u00e0 l&#8217;heure actuelle \u00bb.<\/p>\n<p>Il en est de m\u00eame \u00e0 travers le monde entier civilis\u00e9. Tous les gens intelligents voient le dilemme plus ou moins clairement, mais peu ont quelque chose \u00e0 sugg\u00e9rer comme rem\u00e8de. Pas tous cependant : certaines personnes bien intentionn\u00e9es pensent qu&#8217;elles peuvent r\u00e9soudre le probl\u00e8me, mais seulement parce qu&#8217;elles n&#8217;arrivent pas \u00e0 percevoir clairement la situation devant leur optique mentale. Nous examinons cette optique dans un prochain chapitre.<\/p>\n<p>LA D\u00c9CLARATION DE M. BELLAMY SUR LA SITUATION<\/p>\n<p>On lira avec int\u00e9r\u00eat l&#8217;extrait suivant d&#8217;un discours prononc\u00e9 par M. Edward Bellamy \u00e0 Boston. Il d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Si vous voulez avoir une claire conception de l&#8217;absurdit\u00e9 \u00e9conomique du syst\u00e8me fond\u00e9 sur la concurrence dans l&#8217;industrie, consid\u00e9rez simplement le fait que sa seule m\u00e9thode d&#8217;am\u00e9liorer la qualit\u00e9 ou d&#8217;abaisser le prix des marchandises, c&#8217;est d&#8217;en exag\u00e9rer la production. En d&#8217;autres termes, le bon march\u00e9 ne peut, dans la concurrence, \u00eatre obtenu que par la surproduction et le gaspillage de l&#8217;effort. Cependant, des choses qui sont produites en gaspillant l&#8217;effort sont en r\u00e9alit\u00e9 ch\u00e8res, quelle que soit leur appellation. En cons\u00e9quence, des marchandises produites dans la concurrence ne peuvent \u00eatre \u00e0 bon march\u00e9 qu&#8217;en les faisant ch\u00e8res. Telle est la reductio ad absurdum. C&#8217;est un fait souvent r\u00e9el que les marchandises que nous payons le moins cher sont, en fin de compte, les plus co\u00fbteuses \u00e0 la nation, \u00e0 cause de la concurrence ruineuse qui emp\u00eache les prix de monter. Tout gaspillage doit, \u00e0 la fin, signifier de la perte, et c&#8217;est pourquoi une fois tous les sept ans environ, le pays doit aller \u00e0 la faillite, r\u00e9sultat d&#8217;un syst\u00e8me qui oblige trois hommes \u00e0, se battre pour se disputer un travail qu&#8217;un seul homme pourrait faire.<\/p>\n<p>Parler de la tr\u00e8s grande injustice morale de la concurrence serait entrer dans un sujet trop vaste pour cette fois, et je fais seulement allusion en passant \u00e0 un seul aspect de notre syst\u00e8me industriel actuel,<\/p>\n<p>(P 454) dans lequel il serait difficile de dire si c&#8217;est l&#8217;inhumanit\u00e9 ou l&#8217;absurdit\u00e9 \u00e9conomique qui a pr\u00e9domin\u00e9, je veux parler de la mani\u00e8re grotesque avec laquelle est r\u00e9partie la charge du travail. Le gang-recruteur industriel vole le berceau et la tombe, enl\u00e8ve la femme et la m\u00e8re du foyer domestique, et le vieillard du coin de la chemin\u00e9e, pendant que dans le m\u00eame temps, des centaines de milliers d&#8217;hommes robustes remplissent le pays de leurs clameurs pour revendiquer du travail. Les femmes et les enfants sont livr\u00e9s aux surveillants, tandis que les hommes ne trouvent rien \u00e0 faire. Il n&#8217;y a pas . de travail pour les p\u00e8res, mais il y en a beaucoup pour les jeunes enfants.<\/p>\n<p>Quel est donc le secret de cette alarme \u00e0 propos du jugement prochain d&#8217;un syst\u00e8me dans, lequel rien ne peut \u00eatre fait convenablement sans le faire deux fois, qui ne peut faire aucune affaire sans exag\u00e9ration, qui ne peut rien produire sans surproduction, qui, dans un pays rempli de besoins, ne peut pas trouver d&#8217;emploi pour des mains habiles et impatientes, et finalement qui ne peut seulement avancer qu&#8217;au prix d&#8217;un \u00e9croulement total apr\u00e8s quelques ann\u00e9es, suivi d&#8217;une convalescence languissante ?<\/p>\n<p>Lorsqu&#8217;un peuple pleure son mauvais roi, il faut en conclure que l&#8217;h\u00e9ritier au tr\u00f4ne est encore plus mauvais. En fait, cela para\u00eet \u00eatre l&#8217;explication de la d\u00e9tresse actuelle concernant le d\u00e9clin du syst\u00e8me de concurrence. C&#8217;est parce que l&#8217;on craint d&#8217;aller de mal en pis, que l&#8217;on craint que le petit doigt de l&#8217;association ne soit plus \u00e9pais que les reins de la concurrence, et que si le dernier syst\u00e8me a ch\u00e2ti\u00e9 les gens avec des fouets, les Trusts pourraient les ch\u00e2tier avec des scorpions. A l&#8217;instar des enfants d&#8217;Isra\u00ebl dans le d\u00e9sert, ce p\u00e9ril nouveau et \u00e9trange am\u00e8ne les craintifs \u00e0 soupirer apr\u00e8s le spectre de fer du Pharaon. Voyons si, dans ce cas, il n&#8217;y a pas \u00e9galement une terre promise dont la perspective pourrait encourager des c\u0153urs d\u00e9faillants.<\/p>\n<p>\u00ab Demandons-nous d&#8217;abord si un retour \u00e0 l&#8217;ancien ordre de choses, le syst\u00e8me de la libre concurrence, est possible. Un bref examen des causes qui ont conduit au mouvement mondial actuel en faveur de la substitution de l&#8217;association en affaires au lieu de la concurrence, convaincra s\u00fbrement qui que ce soit que, de toutes les r\u00e9volutions, celle-ci est celle qui a le moins de chances de revenir en arri\u00e8re. Elle est le r\u00e9sultat de l&#8217;efficacit\u00e9 accrue de capitaux tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s, qui est la cons\u00e9quence des inventions de la derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration et de la g\u00e9n\u00e9ration actuelle. Aux \u00e9poques ant\u00e9rieures,<\/p>\n<p>(P 455) le volume et le champ d&#8217;action des entreprises commerciales \u00e9taient soumis \u00e0 des restrictions naturelles. Il y avait des limites au montant du capital qui pouvait \u00eatre employ\u00e9 d&#8217;une fa\u00e7on avantageuse par une seule direction. Aujourd&#8217;hui, il n&#8217;y a aucune limite au champ d&#8217;action de n&#8217;importe quelle entreprise commerciale, sauf les confins de la terre ; de plus, il n&#8217;y a non seulement aucune limite au montant du capital qui peut \u00eatre employ\u00e9 par une seule affaire, mais il y a efficacit\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 accrues de l&#8217;entreprise proportionnellement au montant du capital qu&#8217;elle poss\u00e8de. Les conditions \u00e9conomiques dans la gestion qui r\u00e9sultent de l&#8217;unification, aussi bien que la domination du march\u00e9 qui r\u00e9sulte du monopole d&#8217;une denr\u00e9e, sont \u00e9galement de solides raisons commerciales pour l&#8217;av\u00e8nement du Trust. On ne doit pas supposer, cependant, que le principe de l&#8217;association (\u00ab combination \u00bb) n&#8217;a \u00e9t\u00e9 \u00e9tendu qu&#8217;aux affaires qui s&#8217;appellent des Trusts. Ce serait l\u00e0 sous-estimer grandement le mouvement. Il existe de nombreuses formes d&#8217;association moins ferm\u00e9es que le Trust, et il y a maintenant comparativement peu d&#8217;affaires qui soient dirig\u00e9es sans une certaine entente ressemblant \u00e0 une association avec ses concurrents d&#8217;hier, association qui tend constamment \u00e0 devenir plus \u00e9troite.<\/p>\n<p>\u00ab A partir du moment o\u00f9 ces nouvelles conditions ont commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00e9valoir, les petites entreprises ont commenc\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre devant les plus grandes ; le processus n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 aussi rapide que se l&#8217;imaginent les gens dont l&#8217;attention n&#8217;a \u00e9t\u00e9 attir\u00e9e sur ce point que r\u00e9cemment. Durant ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, les grandes soci\u00e9t\u00e9s ont men\u00e9 une guerre d&#8217;extermination contre la multitude des petites entreprises industrielles qui sont les globules rouges du sang d&#8217;un syst\u00e8me de libre concurrence ; le d\u00e9clin de ces petites entreprises entra\u00eene la mort du syst\u00e8me. Pendant que les \u00e9conomistes ont sagement discut\u00e9 la question de savoir si oui ou non nous pouvions nous passer du principe de l&#8217;initiative individuelle dans les affaires, ce principe a disparu et appartient d\u00e9sormais \u00e0 l&#8217;histoire. Sauf dans quelques coins obscurs du monde des affaires, il n&#8217;y a \u00e0 pr\u00e9sent aucune occasion favorable pour l&#8217;initiative individuelle en affaires \u00e0 moins d&#8217;\u00eatre appuy\u00e9 par un gros capital, et l&#8217;importance du capital n\u00e9cessaire cro\u00eet rapidement. Pendant ce temps, le m\u00eame accroissement dans l&#8217;efficacit\u00e9 de capitaux \u00e9normes, qui a d\u00e9truit les petites entreprises, a r\u00e9duit les g\u00e9ants qui les avaient d\u00e9truits \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de faire des arrangements les uns avec les autres. De m\u00eame que dans la race future comme se l&#8217;imaginait Bulwer Lytton, les gens de Vril-ya durent renoncer \u00e0 la guerre parce que leurs armes devenaient si destructrices qu&#8217;elles<\/p>\n<p>(P 456) les mena\u00e7aient d&#8217;un an\u00e9antissement mutuel, ainsi le monde moderne des affaires trouve que l&#8217;augmentation en extension et en puissance des organisations du capital r\u00e9clame la suppression de la concurrence entre ses membres par instinct de conservation.<\/p>\n<p>\u00ab Le premier grand groupe des entreprises commerciales qui adopta le principe d&#8217;association au lieu de celui de la concurrence, rendit indispensable pour tous les autres groupes un peu plus t\u00f4t ou un peu plus tard \u00e0 faire de m\u00eame ou \u00e0 p\u00e9rir. En effet, de m\u00eame que la corporation est plus puissante que l&#8217;individu, ainsi le syndicat surpasse la corporation. L&#8217;action des gouvernements pour enrayer cette n\u00e9cessit\u00e9 logique de l&#8217;\u00e9volution \u00e9conomique ne peut produire rien de plus que des remous dans un courant que rien ne peut arr\u00eater. Chaque semaine voit quelque nouvelle zone de ce qui fut autrefois la grande mer ouverte de la concurrence o\u00f9 des aventuriers des affaires avaient coutume de voyager avec un petit capital en plus de leur courage, et rentraient charg\u00e9s ; chaque semaine voit maintenant de cette mer jadis ouverte \u2022quelque nouvelle zone ferm\u00e9e, endigu\u00e9e, et transform\u00e9e en vivier d&#8217;un syndicat. Ce n&#8217;est certainement pas risquer une d\u00e9claration totalement t\u00e9m\u00e9raire que de dire que, d&#8217;apr\u00e8s l&#8217;apparence des choses, la consolidation substantielle des divers groupes industriels dans le pays, sous quelques vingtaines de grands syndicats, sera vraisemblablement achev\u00e9e en moins de quinze ans (1889-1905).<\/p>\n<p>\u00ab Un changement \u00e9conomique aussi grand que celui qui consiste \u00e0 prendre la direction des industries du pays des mains du peuple pour la concentrer sous l&#8217;administration de quelques grands Trusts, ne pouvait pas, bien entendu, avoir lieu sans soulever une importante r\u00e9action sociale ; et cette r\u00e9action va toucher particuli\u00e8rement ce qu&#8217;on appelle la classe moyenne. Ce n&#8217;est plus d\u00e9sormais simplement une question pour les pauvres et les ignorants de savoir ce qu&#8217;ils doivent faire avec leur travail, mais pour les gens instruits et ais\u00e9s, \u00e9galement, de savoir o\u00f9 trouver \u00e0 faire des affaires et dans quelles affaires placer leur argent. Cette difficult\u00e9 ne peut manquer de cro\u00eetre, au fur et \u00e0 mesure qu&#8217;une zone apr\u00e8s l&#8217;autre du champ de libre concurrence d&#8217;autrefois est entour\u00e9e par un nouveau syndicat. La classe moyenne, la classe commer\u00e7ante, se trouve chang\u00e9e en une classe prol\u00e9tarienne.<\/p>\n<p>\u00ab Il n&#8217;est pas difficile de pr\u00e9voir l&#8217;issue finale de la concentration de l&#8217;industrie si celle-ci se fait dans les conditions indiqu\u00e9es \u00e0 pr\u00e9sent. \u00c9ventuellement, et dans une p\u00e9riode pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e, la soci\u00e9t\u00e9 doit \u00eatre partag\u00e9e en quelques centaines de familles<\/p>\n<p>(P 457) prodigieusement riches d&#8217;une part, une classe professionnelle d\u00e9pendant de leur faveur mais exclue de toute \u00e9galit\u00e9 avec elles et r\u00e9duite \u00e0 l&#8217;\u00e9tat de laquais d&#8217;autre part, et, en dessous, une immense population d&#8217;ouvriers et d&#8217;ouvri\u00e8res, absolument sans espoir d&#8217;am\u00e9liorer une condition qui, d&#8217;ann\u00e9e en ann\u00e9e, sombrera de plus en plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment dans le servage. Ce n&#8217;est pas un tableau agr\u00e9able, mais je suis s\u00fbr que ce n&#8217;est pas un expos\u00e9 exag\u00e9r\u00e9 des cons\u00e9quences sociales du syst\u00e8me des syndics \u00bb.<\/p>\n<p>M. Bellamy sugg\u00e8re le nationalisme comme le rem\u00e8de \u00e0 tous ces maux. Nous examinerons cela plus tard.<\/p>\n<p>L&#8217;OPINION DU R\u00c9V. DR. EDWARD MC GLYNN<\/p>\n<p>On se souviendra qu&#8217;il y a quelques ann\u00e9es, M. McGlynn entra en conflit avec ses sup\u00e9rieurs eccl\u00e9siastiques de l&#8217;\u00e9glise catholique romaine, parce qu&#8217;il soutenait la th\u00e9orie de la R\u00e9forme du Travail, et en particulier celle de l&#8217;Imp\u00f4t unique. Bien que r\u00e9concili\u00e9 avec l\u2019\u00c9glise de Rome, il demeura un partisan de cet imp\u00f4t. Nous donnons les extraits suivants, tir\u00e9s d&#8217;un de ses articles dans le Donahoe&#8217;s Magazine (Boston, juillet 1895). Comme introduction \u00e0 son sujet \u00ab Emp\u00eachons les grosses fortunes, et dressons l&#8217;\u00e9tendard des Travailleurs \u00bb, il dit :<\/p>\n<p>\u00ab Il est possible pour des hommes de faire honn\u00eatement (selon l&#8217;id\u00e9e que se fait \u00e0 pr\u00e9sent le monde de l&#8217;honn\u00eatet\u00e9, dans les affaires) des fortunes telles qu&#8217;en poss\u00e8dent les Vanderbiits, ou les Astors, et qui s&#8217;\u00e9l\u00e8vent \u00e0 des centaines de millions. Ce n&#8217;est pas parce que ces gens sont malhonn\u00eates que leurs fortunes augmentent, mais parce que les dirigeants du peuple sont soit des ignorants soit des indiff\u00e9rents qui ne surveillent pas les voies par lesquelles la richesse s&#8217;\u00e9coule du travailleur individuel au tr\u00e9sor public. C&#8217;est le m\u00e9canisme de distribution qui est en d\u00e9faut. Quand, donc, le travail a apport\u00e9 sa contribution journali\u00e8re pour entretenir le monde, si l&#8217;on \u00e9tudie avec soin le sort de cette contribution, depuis le moment o\u00f9 l&#8217;ouvrier touche la mati\u00e8re premi\u00e8re qu&#8217;il doit convertir en richesse jusqu&#8217;au moment o\u00f9 le produit fini est plac\u00e9 entre les mains de l&#8217;usager, on verra que ceux qui font des fortunes colossales, ont sous le couvert de la loi et des coutumes, pris<\/p>\n<p>(P 458) possession de chaque point important de la marche de cette contribution, et qu&#8217;au lieu de faire tomber la richesse dans la tr\u00e9sorerie des masses populaires, ils la font tomber dans la leur \u00bb.<\/p>\n<p>Le Dr McGlynn recommande qu&#8217;en cherchant \u00e0 expliquer les grosses fortunes et les bas salaires, on \u00e9tudie avec soin trois choses principales : (1) les terres et d&#8217;autres lib\u00e9ralit\u00e9s naturelles sur lesquelles l&#8217;homme exerce ses facult\u00e9s ; (2) les moyens de transport ; et (3) l&#8217;argent, le moyen qui facilite les \u00e9changes de produits. On trouvera, dit-il, que les gens ont \u00e9t\u00e9 indiff\u00e9rents quant \u00e0 ces points auxquels les amasseurs d&#8217;argent sont, eux, tr\u00e8s attentifs. Nous citons :<\/p>\n<p>\u00ab S&#8217;emparer de ces richesses naturelles, les monopoliser sous le couvert de la loi et des coutumes et faire payer d&#8217;avance tous les hommes pour le privil\u00e8ge de s&#8217;en servir, tel a toujours \u00e9t\u00e9 le but des amasseurs d&#8217;argent. C&#8217;est chose facile que de faire fortune de cent millions lorsque vous pouvez imposer pour deux ou trois d\u00e9cades les millions de gens qui doivent acheter le pain et la viande, le bois et le charbon, le coton et la laine, lesquels proviennent tous de la terre. C&#8217;est ce qui a \u00e9t\u00e9 fait directement dans les pays europ\u00e9ens o\u00f9, comme en Grande-Bretagne et en Irlande, des millions d&#8217;acres ont \u00e9t\u00e9 saisis par quelques-uns sous le couvert de la loi, et o\u00f9, ensuite, les gens ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de payer d&#8217;abord pour se rendre \u00e0 cette terre, puis pour obtenir la permission de continuer \u00e0 y travailler.<\/p>\n<p>La m\u00eame chose s&#8217;est produite ici, dans ce pays, d&#8217;une mani\u00e8re indirecte, lorsque des millions d&#8217;acres furent donn\u00e9s aux grands chemins de fer, et que des capitalistes purent en saisir d&#8217;autres millions par divers subterfuges, le tout devant \u00eatre solidement conserv\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 la mar\u00e9e de l&#8217;immigration qui fit monter des propri\u00e9t\u00e9s \u00e0 des prix inou\u00efs ; alors, elles furent liquid\u00e9es \u00e0 des taux qui firent des millionnaires dans ce pays et en Europe aussi commun\u00e9ment que des chevaliers en Angleterre. Les lecteurs de journaux sont bien au courant de la carri\u00e8re et des m\u00e9thodes des barons du charbon de la Pennsylvanie et d&#8217;ailleurs qui s&#8217;empar\u00e8rent des grandes r\u00e9gions houill\u00e8res sous le couvert de la loi, et ont pendant quarante ann\u00e9es, lev\u00e9 tribut sur les consommateurs et sur les mineurs<\/p>\n<p>(P 459) \u00e9galement, par tous les stratag\u00e8mes que l&#8217;ing\u00e9niosit\u00e9 humaine pourrait inventer sans aucun souci de la justice&#8230;<\/p>\n<p>De m\u00eame que cette minorit\u00e9 d\u00e9tient la domination, presque l&#8217;absolue domination des richesses naturelles, ainsi a-t-elle la haute main sur les moyens de transport dans un pays. On saisit mieux cela en disant que la soci\u00e9t\u00e9 ne peut pas progresser si elle ne peut \u00e9changer convenablement ses denr\u00e9es ; pour que la civilisation puisse progresser, il faut que les hommes aient les plus grandes facilit\u00e9s d&#8217;\u00e9changer le travail de leurs mains&#8230; La facilit\u00e9 de transport est donc, du point de vue vital, aussi n\u00e9cessaire aux travailleurs que la facilit\u00e9 de se procurer les richesses naturelles ; comme tous les hommes sont des travailleurs dans le vrai sens du mot, la minorit\u00e9 qui s&#8217;est charg\u00e9e elle-m\u00eame des facilit\u00e9s de transport d&#8217;une nation devient incroyablement riche dans le temps le plus bref, parce qu&#8217;elle impose plus compl\u00e8tement et d&#8217;une mani\u00e8re plus absolue chaque \u00eatre humain qui se trouve sous sa juridiction que ne le fait le gouvernement lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Les Vanderbilts sont peut-\u00eatre, aujourd&#8217;hui, riches d&#8217;un tiers de milliard. Comment l&#8217;ont-ils acquis ? Par un dur labeur ? Non. En usant des privil\u00e8ges qui leur ont \u00e9t\u00e9 stupidement accord\u00e9s par le peuple stupide : le droit de passer sur l\u2019\u00c9tat de New York ; le droit de fixer quels tarifs de transport et de voyage, les citoyens de la ville doivent payer pour se servir de leurs propres routes ; le droit d&#8217;\u00eatre en possession d&#8217;immenses domaines de l\u2019\u00c9tat comme s&#8217;ils \u00e9taient une cr\u00e9ation de leurs mains&#8230; On ne devrait permettre \u00e0 aucun individu ou \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;amasser des milliards gr\u00e2ce \u00e0 ces propri\u00e9t\u00e9s publiques&#8230;<br \/>\nOn peut en dire autant du moyen d&#8217;\u00e9change, l&#8217;argent.<\/p>\n<p>Ici encore, le monde semble ne rien comprendre quant aux principes \u00e9l\u00e9mentaires de ce probl\u00e8me&#8217;; seuls les pr\u00eateurs ont des principes fixes et profitables qui leur permettent d&#8217;imposer tout \u00eatre humain qui se sert de l&#8217;argent, pour qu&#8217;il puisse s&#8217;en servir et pour qu&#8217;il puisse continuer \u00e0 le faire. Ils se sont plac\u00e9s d&#8217;eux-m\u00eames entre les hommes et le moyen d&#8217;\u00e9change, exactement comme d&#8217;autres se sont plac\u00e9s d&#8217;eux-m\u00eames entre les hommes et les richesses naturelles, entre les hommes et les facilit\u00e9s de transporter des denr\u00e9es au march\u00e9. Comment peuvent-ils s&#8217;emp\u00eacher de gagner des millions ainsi que l&#8217;ont fait les Rothschilds, encore une fois des millions qui devraient passer pour une grande part dans la caisse de la communaut\u00e9 ? \u00bb.<\/p>\n<p>Le Dr McGlynn r\u00e9sume ainsi ses conclusions :<\/p>\n<p>(P 460)<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;organisation est utile pour soutenir le prix de la main-d\u2019\u0153uvre, pour obtenir une saine l\u00e9gislation, pour forcer les employeurs \u00e0 loger convenablement leurs ouvriers, les propri\u00e9taires \u00e0 fournir de bons logements et ainsi de suite ; mais la racine de toutes nos difficult\u00e9s, l&#8217;explication de nos conditions sociales in\u00e9gales, et la cause de nos grosses fortunes et de nos bas salaires, doivent \u00eatre trouv\u00e9es dans l&#8217;indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des trois choses n\u00e9cessaires \u00e0 la vie sociale et civilis\u00e9e. Avant de pouvoir \u00e9lever les salaires d&#8217;une mani\u00e8re permanente, de rendre les fortunes de Vanderbilt et de Carnegie aussi impossibles qu&#8217;elles sont superflues, nous devons apprendre comment emp\u00eacher les richesses naturelles, les moyens d&#8217;\u00e9change, et l&#8217;agent d&#8217;\u00e9change d&#8217;\u00eatre impos\u00e9s par les sp\u00e9culateurs, de subir leur intervention, leur tyrannie \u00bb.<\/p>\n<p>Le rem\u00e8de du Dr McGlynn est un \u00ab Imp\u00f4t unique \u00bb que nous allons examiner dans le chapitre suivant. Il est \u00e0 propos, toutefois, que nous appelions l&#8217;attention sur le fait que les Astors et les Vanderbilts ont gagn\u00e9 leur fortune sous les m\u00eames lois qui r\u00e9gissaient leurs concitoyens, et que ces lois ont \u00e9t\u00e9 jusqu&#8217;ici estim\u00e9es les lois les plus justes et les plus \u00e9quitables que le monde ait jamais connues. On doit remarquer \u00e9galement que les millions de Vanderbilt ont \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9s relativement \u00e0 un grand service public et au grand b\u00e9n\u00e9fice du public, bien que ce f\u00fbt inspir\u00e9 par l&#8217;int\u00e9r\u00eat personnel et non par l&#8217;int\u00e9r\u00eat du bien-\u00eatre public. Le point important qu&#8217;on doit remarquer c&#8217;est que la science et l&#8217;invention ont op\u00e9r\u00e9 dans l&#8217;\u00e9quilibre social, une r\u00e9volution compl\u00e8te par laquelle \u00e0 la fois le cerveau et le muscle sont d\u00e9valu\u00e9s par la possession de terres, de machines, de richesses. Un nouveau code de lois convenablement \u00e9tabli, adapt\u00e9 aux nouvelles conditions, est rendu n\u00e9cessaire. Mais c&#8217;est ici que se trouve la difficult\u00e9 : une adaptation satisfaisante ne peut \u00eatre faite parce que ni l&#8217;une ni l&#8217;autre des parties int\u00e9ress\u00e9es \u2014 le Capital et le Travail \u2014 ne veut adopter un point de vue mod\u00e9r\u00e9, raisonnable de la situation. On peut dire, en v\u00e9rit\u00e9, que ni l&#8217;une ni l&#8217;autre ne peut discerner droitement la question parce que toutes deux sont gouvern\u00e9es par l&#8217;\u00e9go\u00efsme, lequel, en g\u00e9n\u00e9ral, est aveugle sur l&#8217;\u00e9quit\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;il soit forc\u00e9 de la voir. Les nouvelles conditions exigent un rajustement des affaires sur le fondement de l&#8217;amour ;<\/p>\n<p>(P 461) or, cette qualit\u00e9 n&#8217;\u00e9tant poss\u00e9d\u00e9e que par une petite minorit\u00e9 dans chacune des parties en controverse, il s&#8217;ensuit que la d\u00e9tresse viendra ; non seulement elle renversera le pr\u00e9sent ordre social bas\u00e9 sur l&#8217;\u00e9go\u00efsme, mais elle pr\u00e9parera par l&#8217;exp\u00e9rience toutes les classes \u00e0 appr\u00e9cier le nouvel ordre social, les \u00ab nouveaux cieux et la nouvelle terre \u00bb qui doivent \u00eatre \u00e9tablis sous la domination du Messie.<\/p>\n<p>L&#8217;OPINION DU PROFESSEUR W. GRAHAM<\/p>\n<p>Un autre auteur, le Prof. W. Graham, dans The Nineteenth Century de f\u00e9vrier 1895, discutait la question sociale du point de vue connu en Angleterre sous le nom de \u00ab Collectivisme \u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire la doctrine selon laquelle c&#8217;est l\u00e9 peuple, comme un tout, qui devrait poss\u00e9der ou avoir la haute main sur les mati\u00e8res premi\u00e8res et les moyens de production, doctrine oppos\u00e9e \u00e0 l&#8217;individualisme. Le Prof. Graham conclut en disant que, puisqu&#8217;on ne peut supposer une transformation des coeurs humains, cette m\u00e9thode ne pourrait \u00eatre introduite qu&#8217;\u00e0 un degr\u00e9 limit\u00e9 et apr\u00e8s un temps long. Il dit :<\/p>\n<p>\u00ab Cette doctrine est impraticable \u00e0 moins que la nature humaine, dans son essence et ses d\u00e9sirs fondamentaux, inh\u00e9rents pour l&#8217;\u00e9ternit\u00e9 ou profond\u00e9ment enracin\u00e9s \u00e0 la suite de milliers d&#8217;ann\u00e9es de lente \u00e9volution sociale tendant \u00e0 les intensifier, soit simultan\u00e9ment chang\u00e9e dans la majorit\u00e9 des hommes par une sorte de, miracle g\u00e9n\u00e9ral. Je crois, en outre, que si jamais on essayait d&#8217;\u00e9tablir dans ce pays quelque chose ressemblant au Collectivisme et dans sa pl\u00e9nitude, m\u00eame par une majorit\u00e9 suppos\u00e9e dans quelque nouveau \u00ab Mad \u00bb Parlement repr\u00e9sentant m\u00eame une majorit\u00e9 de votants, il s&#8217;ensuivrait une forte r\u00e9sistance de la part de la minorit\u00e9, laquelle dans l&#8217;hypoth\u00e8se la plus hardie, ne peut jamais \u00eatre une faible minorit\u00e9 ; cette doctrine rencontrerait de la r\u00e9sistance, parce qu&#8217;elle entra\u00eenerait n\u00e9cessairement une confiscation aussi bien qu&#8217;une r\u00e9volution politique ,\u00e9conomique et sociale. Si, en fin de compte, par un concours extraordinaire de chances, elle \u00e9tait momentan\u00e9ment \u00e9tablie, comme on le pourrait concevoir dans un pays comme la France qui a un grand penchant pour elle aussi bien que certains souvenirs du collectivisme, cela ne pourrait durer longtemps. On ne pourrait m\u00eame pas la mettre en pratique, sauf d&#8217;une<\/p>\n<p>(P 462) mani\u00e8re nominale, en raison de son impraticabilit\u00e9 inh\u00e9rente ; d&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, si elle \u00e9tait appliqu\u00e9e en partie ou d&#8217;une mani\u00e8re nominale, elle ne tarderait pas (apr\u00e8s le premier grand partage g\u00e9n\u00e9ral dont les parts seraient vite dissip\u00e9es sans compter le chaos g\u00e9n\u00e9ral) \u00e0 amener des maux comprenant la pauvret\u00e9 pour toutes les classes, et une plus grande pauvret\u00e9 que celle qui pr\u00e9vaut maintenant \u00bb.<\/p>\n<p>Le Professeur se mettait en devoir de prouver l&#8217;exactitude de cette opinion, et demandait alors : le Collectivisme fonctionnerait-il d&#8217;une mani\u00e8re satisfaisante m\u00eame s&#8217;il \u00e9tait \u00e9tabli un tant soit peu et mis en route ? Il r\u00e9pond par la n\u00e9gative. Il d\u00e9clare :<\/p>\n<p>\u00ab Il y aurait un rel\u00e2chement d&#8217;effort partout, chez les inventeurs, les organisateurs, les contrema\u00eetres, m\u00eame dans la meilleure classe de travailleurs, s&#8217;ils n&#8217;\u00e9taient pas stimul\u00e9s par une r\u00e9mun\u00e9ration suppl\u00e9mentaire \u00e0 d\u00e9ployer leurs plus grands et leurs meilleurs efforts ; en bref, si le stimulant actuel, \u00e9norme et de grande port\u00e9e de l&#8217;int\u00e9r\u00eat personnel \u00e9tait enlev\u00e9 ou s\u00e9rieusement diminu\u00e9, le r\u00e9sultat in\u00e9vitable serait une production grandement r\u00e9duite en quantit\u00e9 et inf\u00e9rieure en qualit\u00e9. Il faudrait au moins donner des \u00ab primes d&#8217;encouragement en nature \u00bb, et aussi longtemps que les hommes sont tels qu&#8217;ils sont et vraisemblablement tels qu&#8217;ils sont appel\u00e9s \u00e0 \u00eatre, ils devraient \u00eatre trait\u00e9s avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Autrement, ce serait la pauvret\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale et \u00e9gale pour tous, et les ouvriers ordinaires n&#8217;auraient \u00e0 opposer \u00e0 leur pauvret\u00e9 que la maigre satisfaction de voir que les classes riches autrefois ont \u00e9t\u00e9 toutes forc\u00e9es de la partager avec eux. \u00bb<\/p>\n<p>Pour emp\u00eacher le d\u00e9clin de la civilisation et un retour \u00e0 la barbarie, continuait le Professeur, il serait bient\u00f4t n\u00e9cessaire de r\u00e9introduire l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 des salaires et l&#8217;entreprise priv\u00e9e. Graduellement, la concurrence, les emprunts priv\u00e9s, l&#8217;\u00e9change, l&#8217;int\u00e9r\u00eat, devraient \u00eatre permis, et \u00e0 la fin, on se rendrait compte que le nouveau syst\u00e8me diff\u00e8re bien peu de l&#8217;ordre actuel. Il concluait ainsi :<\/p>\n<p>\u00ab Les choses seraient modifi\u00e9es de plus en plus dans l&#8217;ancienne direction jusqu&#8217;\u00e0 ce que, finalement, il y aurait l&#8217;in\u00e9vitable contre-r\u00e9volution, probablement sans une nouvelle guerre civile, que la classe gouvernante n&#8217;aurait pas le<\/p>\n<p>(P 463) c\u0153ur de faire, en raison de la d\u00e9faillance de ses partisans et de son propre fanatisme d\u00e9faillant \u00e9galement. Il y aurait une grande restauration, non pas d&#8217;une dynastie, mais d&#8217;un Syst\u00e8me social le vieux syst\u00e8me bas\u00e9 sur la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, sur les contrats priv\u00e9s, qui a \u00e9merg\u00e9, comme une lente \u00e9volution sous chaque civilisation, comme \u00e9tant le syst\u00e8me le mieux adapt\u00e9 \u00e0 la nature humaine au sein d&#8217;une masse et qui est encore plus adapt\u00e9 et plus n\u00e9cessaire sous les circonstances actuelles, physiques et sociales, de notre civilisation moderne complexe. \u00bb<\/p>\n<p>Nous croyons que le collectivisme a d\u00e9j\u00e0 fait beaucoup pour les masses populaires : par exemple aux \u00c9tats-Unis, l&#8217;organisation de l&#8217;\u00e9cole publique, les organisations postales du monde civilis\u00e9, la propri\u00e9t\u00e9 municipale des installations de distribution d&#8217;eau, etc., et nous pensons qu&#8217;on pourrait faire beaucoup plus encore dans ces domaines. Cependant, tous les gens raisonnables doivent approuver l&#8217;argument selon lequel, si l&#8217;on tranche le nerf de l&#8217;\u00e9go\u00efsme qui fait agir le monde, en pla\u00e7ant tous les hommes sur le m\u00eame plan, une nouvelle puissance motrice (l&#8217;amour) serait n\u00e9cessaire pour le remplacer, sinon les affaires du monde seraient soudain dans un \u00e9tat de stagnation : la paresse remplacerait l&#8217;activit\u00e9, et la pauvret\u00e9 et le besoin supplanteraient le confort et l&#8217;opulence.<\/p>\n<p>Toutefois, nous exposons ces difficult\u00e9s, non pas parce&#8217; que nous poss\u00e9dons une th\u00e9orie personnelle \u00ab brevet\u00e9e \u00bb \u00e0 soutenir, mais pour que ceux qui recherchent la sagesse qui vient d&#8217;en-haut, par la Bible, puissent voir le plus clairement possible l&#8217;impuissance du genre humain dans la crise actuelle, et qu&#8217;ils puissent avec la plus grande confiance et la plus grande fermet\u00e9 s&#8217;appuyer par la foi sur l\u2019\u00c9ternel et sur le rem\u00e8de qu&#8217;il appliquera au temps convenable.<\/p>\n<p>L&#8217;OPINION D&#8217;UN MEMBRE DE LA COUR SUPR\u00caME<\/p>\n<p>Le magistrat Henry B. Brown, s&#8217;adressant aux \u00e9tudiants en droit du Coll\u00e8ge universitaire de Yale, prit comme th\u00e8me \u00ab Le vingti\u00e8me si\u00e8cle \u00bb. Il fit ressortir que les changements du vingti\u00e8me si\u00e8cle promettent d&#8217;\u00eatre sociaux plut\u00f4t<\/p>\n<p>(P 464) que politiques ou l\u00e9gaux, et il nomma alors les trois plus grands p\u00e9rils qui menacent l&#8217;avenir imm\u00e9diat des \u00c9tats-Unis : (1) La corruption municipale, (2) L&#8217;avidit\u00e9 des corporations, et (3) La tyrannie du Travail. Entre autres choses, il d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Il n&#8217;y a probablement aucun pays dans le monde dans lequel l&#8217;influence de la fortune soit plus puissante que dans ce pays-ci, et dans aucune autre p\u00e9riode de notre histoire o\u00f9 elle ait \u00e9t\u00e9 plus puissante que maintenant. Les populaces ne sont jamais logiques, et sont port\u00e9es naturellement \u00e0 s&#8217;emparer de pr\u00e9textes plut\u00f4t que de raisons pour assouvir leur vengeance sur des classes enti\u00e8res de la soci\u00e9t\u00e9. Il n&#8217;y eut probablement jamais une excuse plus insignifiante pour faire une \u00e9meute que la gr\u00e8ve sympathique de l&#8217;\u00e9t\u00e9 dernier [18951, mais derri\u00e8re elle, il y avait de r\u00e9els motifs de plainte. Si la fortune ne veut pas respecter les r\u00e8gles ordinaires de l&#8217;honn\u00eatet\u00e9 dans l&#8217;usage de sa puissance, il n&#8217;y aura aucune raison d&#8217;esp\u00e9rer la mod\u00e9ration ou le discernement de la part de ceux qui r\u00e9sistent \u00e0 ses empi\u00e9tements.<\/p>\n<p>J&#8217;ai parl\u00e9 de l&#8217;avidit\u00e9 des corporations comme d&#8217;une autre source de p\u00e9ril pour l\u2019\u00c9tat, La facilit\u00e9 avec laquelle on obtient des chartes a provoqu\u00e9 de grands abus. Des corporations sont form\u00e9es sous les lois d&#8217;un certain Etat dans le seul but de faire des affaires dans un autre, et l&#8217;on construit des chemins de fer en Californie sous des chartes qui sont accord\u00e9es par les \u00c9tats \u00e0 l&#8217;est du Mississipi, dans le dessein de transf\u00e9rer leurs litiges aux tribunaux f\u00e9d\u00e9raux. Les plus grandes escroqueries sont perp\u00e9tr\u00e9es dans la construction de telles voies par les directeurs eux-m\u00eames, sous le couvert d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 de construction, autre \u00ab corporation \u00bb, \u00e0 laquelle vont toutes les obligations, les hypoth\u00e8ques et autres garanties, sans s&#8217;inqui\u00e9ter du co\u00fbt r\u00e9el de la voie. La voie est \u00e9quip\u00e9e de la m\u00eame mani\u00e8re par une autre \u00ab corporation \u00bb, form\u00e9e de directeurs, qui ach\u00e8te le mat\u00e9riel de chemin de fer et le loue \u00e0 bail \u00e0 la voie, si bien que lorsque arrive l&#8217;in\u00e9vitable forclusion, les actionnaires se rendent compte qu&#8217;ils ont \u00e9t\u00e9 frustr\u00e9s au profit des cr\u00e9anciers hypoth\u00e9caires, et ceux-ci frustr\u00e9s au profit des directeurs. La propri\u00e9t\u00e9 ainsi acquise au m\u00e9pris de l&#8217;honn\u00eatet\u00e9 et de la moralit\u00e9 ne se trouve pas dans une position favorable pour invoquer l&#8217;aide protectrice de la loi.<\/p>\n<p>Cependant, il y a pire que cela, savoir l&#8217;union des \u00ab corporations \u00bb dans de soi-disant trusts, en vue de limiter la production, supprimer la concurrence et d\u00e9tenir le monopole des choses n\u00e9cessaires \u00e0 la vie.<\/p>\n<p>(P 465) Ceci a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 obtenu dans des proportions alarmantes, mais la proportion qui peut \u00eatre atteinte, d\u00e8s maintenant, est r\u00e9volutionnaire. La v\u00e9rit\u00e9 est que la l\u00e9gislation tout enti\u00e8re concernant les soci\u00e9t\u00e9s (\u00ab corporations \u00bb) a besoin d&#8217;\u00eatre s\u00e9rieusement revue, mais la difficult\u00e9 de susciter une action concurrente de la part des quarante-quatre \u00c9tats est apparemment insurmontable.<\/p>\n<p>D&#8217;un secteur totalement diff\u00e9rent provient le troisi\u00e8me et le plus imm\u00e9diat p\u00e9ril sur lequel j&#8217;ai attir\u00e9 votre attention, la tyrannie du travail. Il proc\u00e8de de l&#8217;incapacit\u00e9 de l&#8217;ouvrier de comprendre que les droits qu&#8217;il exige, il doit aussi les accorder. Les travailleurs peuvent d\u00e9fier les lois du pays, faire tomber sur leurs propres t\u00eates leurs maisons et celles de leurs employeurs ; ils sont n\u00e9anmoins dans l&#8217;impuissance de dominer les lois de la nature, cette grande loi de l&#8217;offre et de la demande, qui permet aux industries qui lui ob\u00e9issent de na\u00eetre, de prosp\u00e9rer pour un temps et de p\u00e9ricliter, et o\u00f9 tant le capital que le travail re\u00e7oivent leurs r\u00e9compenses appropri\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p>Le Juge Brown ne voit aucun espoir de r\u00e9conciliation entre le Capital et le Travail, \u00e9tant un esprit trop logique pour supposer que des corps qui se meuvent dans des directions oppos\u00e9es puissent jamais se rejoindre. Il dit en outre :<\/p>\n<p>\u00ab Le conflit entre eux se poursuit et augmente en \u00e2pret\u00e9 depuis des milliers d&#8217;ann\u00e9es, et un r\u00e8glement para\u00eet plus lointain que jamais. L&#8217;arbitrage obligatoire est une erreur de nom, une contradiction dans les termes. On pourrait aussi bien parler d&#8217;un aimable criminel ou d&#8217;une guerre amicale. Il est possible qu&#8217;on puisse trouver finalement un compromis sur la base d&#8217;une coop\u00e9ration ou d&#8217;une participation aux b\u00e9n\u00e9fices dans laquelle chaque travailleur deviendra, dans une certaine mesure, un capitaliste. Peut-\u00eatre qu&#8217;avec une instruction sup\u00e9rieure, une exp\u00e9rience plus \u00e9tendue et une intelligence plus vive, le travailleur du vingti\u00e8me si\u00e8cle pourra atteindre le sommet de son ambition dans sa capacit\u00e9 de disposer enti\u00e8rement du fruit de son labeur. \u00bb<\/p>\n<p>En faisant allusion au malaise social provenant des maux suscit\u00e9s par les soci\u00e9t\u00e9s, il propose comme palliatif, mais non comme un rem\u00e8de, la propri\u00e9t\u00e9 publique de ce qu&#8217;on appelle les \u00ab monopoles naturels \u00bb. Il pense que ces privil\u00e8ges devraient revenir directement \u00e0 l&#8217;\u00c9tat ou \u00e0 la municipalit\u00e9, plut\u00f4t<\/p>\n<p>(P 466) que de voir des soci\u00e9t\u00e9s se concurrencer et se disputer \u00e0 coups de pots-de-vin pour obtenir des franchises. Il d\u00e9clare<\/p>\n<p>\u00ab Il ne semble pas qu&#8217;il y ait une raison valable \u00e0 ce que de telles franchises qu&#8217;on accorde soi-disant au b\u00e9n\u00e9fice du public, ne soient pas exerc\u00e9es directement par ce public. Telle est, du moins, la tendance dans la l\u00e9gislation moderne de presque tous les \u00c9tats hautement civilis\u00e9s, sauf le n\u00f4tre. Ici, les grands int\u00e9r\u00eats des \u00ab corporations \u00bb, en insistant publiquement sur les dangers du paternalisme et du socialisme, ont r\u00e9ussi \u00e0 obtenir des franchises qui, en toute justice, appartiennent au public. \u00bb<\/p>\n<p>Cet homme distingu\u00e9 exprime \u00e9videmment ses honn\u00eates convictions, en toute libert\u00e9, sa position de membre de la Cour supr\u00eame des \u00c9tats-Unis \u00e9tant \u00e0 vie., Il pouvait, par cons\u00e9quent, sugg\u00e9rer (et il l&#8217;a probablement fait) tout ce qu&#8217;il sait en mati\u00e8re de rem\u00e8de aux conditions qu&#8217;il d\u00e9plore. Mais quel est le secours temporaire sugg\u00e9r\u00e9 ? Un article seulement du socialisme (la propri\u00e9t\u00e9 publique des \u00ab monopoles nationaux \u00bb) que tous les hommes, \u00e0 l&#8217;exception des banquiers et des actionnaires de soci\u00e9t\u00e9s, admettraient comme devant \u00eatre temporairement b\u00e9n\u00e9fique, rien de plus, et m\u00eame cela, il semble en admettre l&#8217;accomplissement incertain tant est puissamment retranch\u00e9 le Capital.<\/p>\n<p>\u00ab LA M\u00caL\u00c9E SOCIALE \u00bb DE CLEMENCEAU<\/p>\n<p>Le R\u00e9dacteur de La Justice (Paris) publiait, il y a quelque temps, un ouvrage \u00ab La M\u00eal\u00e9e sociale \u00bb qui re\u00e7ut un grand accueil, en raison de la pr\u00e9\u00e9minence de son auteur en tant que l\u00e9gislateur et r\u00e9dacteur. Cet ouvrage traite avec vigueur de la question sociale ; il soutient que la lutte cruelle, impitoyable, pour l&#8217;existence caract\u00e9rise aussi bien la soci\u00e9t\u00e9 humaine que le r\u00e8gne animal ou v\u00e9g\u00e9tal, et que la pr\u00e9tendue civilisation n&#8217;est qu&#8217;un mince vernis qui masque la brutalit\u00e9 essentielle de l&#8217;homme. L&#8217;auteur (comprend que toute l&#8217;histoire de la soci\u00e9t\u00e9 est symbolis\u00e9e ! en Ca\u00efn, le premier criminel, et pr\u00e9tend que le Ca\u00efn moderne, s&#8217;il ne tue pas directement son fr\u00e8re, s&#8217;efforce syst\u00e9matiquement de l&#8217;\u00e9craser si, par force ou par tromperie, il<\/p>\n<p>(P 467) a obtenu sur lui une sup\u00e9riorit\u00e9 de puissance. Nous donnons de cet ouvrage les quelques extraits frappants suivants :<\/p>\n<p>\u00ab N&#8217;est-ce pas vraiment un prodige que l&#8217;humanit\u00e9 ait eu besoin des m\u00e9ditations des si\u00e8cles, des observations, des recherches, de l&#8217;effort de pens\u00e9e des plus grands esprits pour aboutir \u00e0 d\u00e9couvrir, avec surprise, apr\u00e8s tant d&#8217;\u00e2ges \u00e9coul\u00e9s, le combat pour la vie ? \u00bb \u00ab Qui fera le compte de la douleur humaine accumul\u00e9e dans toute l&#8217;\u00e9tendue de la terre depuis l&#8217;apparition de la vie ? Qui sondera l&#8217;in\u00e9puisable r\u00e9serve de souffrances dont l&#8217;humanit\u00e9 se pr\u00e9pare \u00e0 faire l&#8217;avenir ? \u00bb.<\/p>\n<p>Esclavage, servage, travail libre du salari\u00e9, tous ces \u00e9tats de progr\u00e8s reposent sur la commune base de la d\u00e9faite du plus faible et de son exploitation par le plus fort. L&#8217;\u00e9volution a chang\u00e9 les conditions de bataille, mais sans les apparences pacifiques, le combat mortel est demeur\u00e9. S&#8217;accaparer de la vie d&#8217;autrui, pour s&#8217;en faire un secours de vie, voil\u00e0 du cannibale au propri\u00e9taire d&#8217;esclaves ou de serfs, au baron f\u00e9odal, \u00e0 l&#8217;employeur petit ou grand de nos jours, tout l&#8217;effort des activit\u00e9s majeures \u00bb.<\/p>\n<p>Voici comment M. Clemenceau expose le probl\u00e8me principal de la civilisation :<\/p>\n<p>La faim, voil\u00e0 l&#8217;ennemie de la race humaine&#8230; Tant que l&#8217;homme n&#8217;aura pas vaincu ce cruel et d\u00e9gradant ennemi, les d\u00e9couvertes de la science n&#8217;appara\u00eetront que comme une ironie de son triste sort, comme le luxe d&#8217;une existence \u00e0 laquelle il manque le n\u00e9cessaire \u00bb. Ainsi s&#8217;exprime M. Oscar Comettant dans un curieux article de La Nouvelle Revue, intitul\u00e9 La Faim. Je reconnais que c&#8217;est une suj\u00e9tion cruelle pour tout ce qui vit, que ce perp\u00e9tuel besoin d&#8217;alimentation qui contraint tous les \u00eatres vivants \u00e0 s&#8217;ing\u00e9nier, \u00e0 se torturer, s&#8217;entre-d\u00e9truire pour conserver \u00e0 tout prix ce bien ou ce mal supr\u00eame : la vie. C&#8217;est la loi.<\/p>\n<p>D&#8217;autres vies lui disputent le droit de vivre : il se d\u00e9fend, il s&#8217;organise en communaut\u00e9, pour sa d\u00e9fense. A la faiblesse physique, premi\u00e8re cause de d\u00e9faite, s&#8217;ajoute maintenant la faiblesse sociale. Et voici que la question se pose : en sommes-nous arriv\u00e9s \u00e0 ce degr\u00e9 de civilisation, que nous puissions concevoir et rechercher une organisation sociale d&#8217;o\u00f9 soit \u00e9limin\u00e9e la possibilit\u00e9 de la mort par la mis\u00e8re ou par la faim ? Les \u00e9conomistes n&#8217;h\u00e9sitent pas. Ils r\u00e9pondent carr\u00e9ment par la n\u00e9gative \u00bb&#8230;<\/p>\n<p>(P 468)<\/p>\n<p>Il est du devoir de l&#8217;\u00c9tat et des membres riches de la communaut\u00e9, selon M. Clemenceau, d&#8217;abolir la faim et de reconna\u00eetre le \u00ab droit de vivre \u00bb. La communaut\u00e9 devrait prendre soin des malheureux et des incapables, non seulement comme \u00e9tant un sujet de droit, mais aussi d&#8217;opportunit\u00e9. Nous citons encore :<\/p>\n<p>\u00ab N&#8217;est-ce pas le devoir des riches de secourir les malheureux ? Le jour viendra o\u00f9 le spectacle d&#8217;un seul homme mourant [de faim], alors qu&#8217;un autre homme a tant de millions qu&#8217;il ne sait qu&#8217;en faire, sera intol\u00e9rable \u00e0 toutes les communaut\u00e9s civilis\u00e9es \u2014 aussi intol\u00e9rables, en fait, que le serait de nos jours, dans cette communaut\u00e9, l&#8217;institution de l&#8217;esclavage. Les difficult\u00e9s du prol\u00e9tariat ne sont en aucune fa\u00e7on limit\u00e9es \u00e0 l&#8217;Europe. Elles paraissent \u00eatre exactement aussi mauvaises dans la \u00ab libre \u00bb Am\u00e9rique, le paradis de tous les pauvres mis\u00e9rables de ce c\u00f4t\u00e9-ci de l&#8217;Atlantique. \u00bb<\/p>\n<p>Ce qui pr\u00e9c\u00e8de est une opinion fran\u00e7aise. Elle peut ou non impliquer que les choses sont pires en France qu&#8217;aux \u00c9tats-Unis. Nous sommes reconnaissants, au moins d&#8217;une chose, c&#8217;est qu&#8217;ici gr\u00e2ce \u00e0 une taxation lib\u00e9rale aussi bien que par de g\u00e9n\u00e9reuses contributions, il n&#8217;est pas n\u00e9cessaire de mourir de faim. Ce que l&#8217;on d\u00e9sire est quelque chose de plus que la simple existence. Le bonheur est n\u00e9cessaire pour rendre l&#8217;existence d\u00e9sirable.<\/p>\n<p>M. Clemenceau discerne et stigmatise les d\u00e9fauts de l&#8217;organisation sociale actuelle, mais il ne propose aucune solution raisonnable \u00e0 ce probl\u00e8me ; d\u00e8s lors, son ouvrage n&#8217;est qu&#8217;un brandon de discorde et un perturbateur. Il est assez facile de se rendre et de rendre les autres plus m\u00e9contents et plus malheureux, et tout ouvrage ou tout article qui n&#8217;offre pas de baume gu\u00e9risseur, ni de conception ou d&#8217;esp\u00e9rance d&#8217;\u00e9chapper aux difficult\u00e9s, gagnerait beaucoup \u00e0 ne pas \u00eatre \u00e9crit ni publi\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, les \u00c9critures, non seulement apportent un baume de consolation, mais le seul rem\u00e8de infaillible pour gu\u00e9rir la maladie du monde, le p\u00e9ch\u00e9, la d\u00e9pravation par le p\u00e9ch\u00e9 et la mort. Ce rem\u00e8de sera appliqu\u00e9 par le grand M\u00e9diateur, le Bon M\u00e9decin et le Dispensateur de vie. Le pr\u00e9sent ouvrage s&#8217;efforce pr\u00e9cis\u00e9ment d&#8217;attirer l&#8217;attention sur ces rem\u00e8des c\u00e9lestes, mais incidemment, nous exposons le caract\u00e8re irr\u00e9m\u00e9diable de la maladie et l&#8217;inutilit\u00e9 des rem\u00e8des dont dispose le monde.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(P 413) \u00c9TUDE IX LE CONFLIT IRR\u00c9PRESSIBLE LE T\u00c9MOIGNAGE DES SAGES DE CE MONDE La connaissance g\u00e9n\u00e9rale, un nouveau facteur qui exerce son influence, dans tous l\u00e9s domaines. \u2014 Points de vue du S\u00e9nateur Ingall, du R\u00e9v. Lyman Abbott, de &hellip; <a href=\"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/la-bataille-darmaguedon\/chapitre-9\/\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":890,"menu_order":9,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/963"}],"collection":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=963"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/963\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1145,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/963\/revisions\/1145"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/890"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=963"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}