{"id":932,"date":"2020-06-05T08:53:16","date_gmt":"2020-06-05T08:53:16","guid":{"rendered":"http:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/?page_id=932"},"modified":"2022-02-07T16:56:59","modified_gmt":"2022-02-07T16:56:59","slug":"chapitre-6","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/la-bataille-darmaguedon\/chapitre-6\/","title":{"rendered":"Chapitre 6"},"content":{"rendered":"<p>(P157)<\/p>\n<p>ETUDE VI<\/p>\n<p>BABYLONE DEVANT LA COUR SUPREME.<\/p>\n<p>SA CONFUSION DANS LE DOMAINE RELIGIEUX.<\/p>\n<p>La v\u00e9ritable Eglise, connue de l&#8217;Eternel, n&#8217;a point part au jugement frappant Babylone. \u2014 L&#8217;\u00e9tat religieux de la chr\u00e9tient\u00e9 est aussi lamentable que son \u00e9tat politique. \u00adLa grande confusion. \u2014 C&#8217;est au clerg\u00e9 qu&#8217;incombe la responsabilit\u00e9 de pr\u00e9senter la d\u00e9fense de la chr\u00e9tient\u00e9. \u2014 L&#8217;esprit de la grande R\u00e9formation est mort. \u2014 Les chefs religieux et le peuple dans la m\u00eame situation. \u2014 Accusations port\u00e9es. \u2014 La d\u00e9fense. \u2014 Proposition d&#8217;une f\u00e9d\u00e9ration. \u2014 Recherche d&#8217;une solution. \u2014 Les moyens adopt\u00e9s. \u2014 L&#8217;esprit de compromission est g\u00e9n\u00e9ral. \u2014 Le jugement en action contre les institutions religieuses de la chr\u00e9tient\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Il lui dit : je te jugerai par ta propre parole, m\u00e9chant esclave \u00bb. \u2014 Luc 19 : 22 (D.).<\/p>\n<p>TANDIS que nous examinons ici avec attention le jugement actuel de la grande \u00e9glise pr\u00e9tendue chr\u00e9tienne (ou \u00e9glise nominale \u2014 Trad.), n&#8217;oublions pas qu&#8217;il existe \u00e9galement une Eglise r\u00e9elle de Christ, \u00e9lue, pr\u00e9cieuse, consacr\u00e9e \u00e0 Dieu et \u00e0 sa v\u00e9rit\u00e9, au milieu d&#8217;une g\u00e9n\u00e9ration impie et perverse. Ses membres ne sont pas connus du monde comme un ensemble r\u00e9uni (\u00ab a compact body \u00bb \u2014 Trad.), mais comme individus, ils sont connus par l\u2019\u00c9ternel qui juge non simplement par la vue ou par l&#8217;ou\u00efe, mais qui discerne et juge les pens\u00e9es et les intentions du c\u0153ur. ils peuvent \u00eatre grandement dispers\u00e9s, mais qu&#8217;ils soient isol\u00e9s comme \u00ab froment \u00bb au milieu de l&#8217;\u00ab ivraie \u00bb, ou qu&#8217;ils soient assembl\u00e9s avec d&#8217;autres, l&#8217;\u0153il de Dieu repose toujours sur eux. Eux habitent dans la demeure secr\u00e8te du Tr\u00e8s-Haut (sanctifi\u00e9s, enti\u00e8rement<\/p>\n<p>(P158) mis \u00e0 part pour Dieu) ; ils reposent \u00e0 l&#8217;ombre du Tout-Puissant, tandis que les jugements de l\u2019\u00c9ternel sont appliqu\u00e9s aux grands syst\u00e8mes religieux qui portent son nom dans l&#8217;infid\u00e9lit\u00e9 (Ps. 91 : 1, 14-16). Les membres de la classe de l&#8217;Eglise r\u00e9elle n&#8217;ont point part au jugement de la grande Babylone, mais apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9clair\u00e9s, ils ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 sortir d&#8217;elle (Apoc. 18 : 4). Cette classe est d\u00e9crite et re\u00e7oit la b\u00e9n\u00e9diction du r\u00e9confort dans les Psaumes 91 et 46. Au sein d&#8217;un simple formalisme et d&#8217;un simulacre de pi\u00e9t\u00e9, l&#8217;\u0153il vigilant de l\u2019\u00c9ternel, discerne les fid\u00e8les et les conduits dans les gras p\u00e2turages et pr\u00e8s des eaux tranquilles. Il r\u00e9jouit leur c\u0153ur par sa v\u00e9rit\u00e9 et par son amour. \u00ab Le Seigneur conna\u00eet ceux qui sont siens \u00bb (2 Tim. 2 : 19) ; ils constituent, dans son estimation, l&#8217;Eglise r\u00e9elle, la. Sion que l\u2019\u00c9ternel a choisie (Ps 132 : 13-16), et dont il est \u00e9crit : \u00ab Sion l&#8217;a entendu, et S&#8217;est r\u00e9jouie ; et les filles de Juda se sont \u00e9gay\u00e9es \u00e0 cause de tes jugements, \u00f4 \u00c9ternel ! \u00bb (Ps. 97 : 8). L\u2019\u00c9ternel les conduira \u00e0 bon port comme un berger conduit ses brebis. Retenons donc qu&#8217;il y a une telle classe, une Eglise r\u00e9elle, dont chaque membre est connu et aim\u00e9 de l\u2019\u00c9ternel, qu&#8217;il nous soit connu ou inconnu. Il faut que ces membres soient ignor\u00e9s ici-bas, lorsque nous consid\u00e9rons ceux qui pr\u00e9tendent \u00eatre l&#8217;\u00e9glise, et ceux que le monde accepte comme \u00e9tant l&#8217;\u00e9glise, ceux auxquels les proph\u00e8tes font allusion sous de nombreuses appellations significatives qui d\u00e9signent la grande \u00e9glise nominale, d\u00e9chue de la gr\u00e2ce. Il faut qu&#8217;il en soit ainsi \u00e9galement quand nous discernons que le jugement de Dieu la frappe dans cette p\u00e9riode de la moisson de l&#8217;Age de l\u2019\u00c9vangile.<\/p>\n<p>S&#8217;il est vrai que les pouvoirs civils de la chr\u00e9tient\u00e9 sont dans l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9, et que partout se manifeste la d\u00e9tresse des nations, il est non moins certain que la situation religieuse ne pr\u00e9sente pas, par contraste, une situation de paix et de s\u00e9curit\u00e9 qui puisse apporter l&#8217;espoir : le cl\u00e9ricalisme moderne, en effet, comme les nations, est pris au pi\u00e8ge dans ses propres filets. Si les nations qui ont sem\u00e9 au vent les semences de l&#8217;iniquit\u00e9, sont sur le point de r\u00e9colter une abondante moisson dans un tourbillon d&#8217;affliction, de son c\u00f4t\u00e9 la grande \u00e9glise nominale, la chr\u00e9tient\u00e9 eccl\u00e9siastique,<\/p>\n<p>(P159) qui a particip\u00e9 aux semailles, aura part aussi \u00e0 la r\u00e9colte.<\/p>\n<p>Depuis longtemps, la grande \u00e9glise nominale a enseign\u00e9 les pr\u00e9ceptes des hommes au lieu des doctrines bibliques ; m\u00e9prisant dans une grande mesure la Parole de Dieu comme la seule r\u00e8gle de foi et de vie pieuse, elle a annonc\u00e9 avec audace des doctrines pleines de contradictions et d\u00e9shonorantes \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de Dieu ; elle a \u00e9t\u00e9 infid\u00e8le en proportion de la v\u00e9rit\u00e9 qu&#8217;elle avait retenue. Elle a manqu\u00e9 de cultiver et de manifester l&#8217;esprit de Christ, et elle s&#8217;est laiss\u00e9e envahir par l&#8217;esprit du monde. Elle a baiss\u00e9 les barri\u00e8res de la bergerie, invit\u00e9 les boucs et m\u00eame encourag\u00e9 les loups \u00e0 entrer et \u00e0 accomplir leur mauvais travail. Il lui a plu de laisser le diable semer l&#8217;ivraie parmi le froment, et maintenant, elle se r\u00e9jouit du produit de ses semailles, du champ florissant d&#8217;ivraie. On appr\u00e9cie bien peu les comparativement rares \u00e9pis de \u00ab froment \u00bb qui restent encore, et l&#8217;on ne fait gu\u00e8re d&#8217;effort pour emp\u00eacher qu&#8217;ils soient \u00e9touff\u00e9s par P\u00ab ivraie \u00bb. Le \u00ab froment \u00bb a perdu sa valeur sur les march\u00e9s de la chr\u00e9tient\u00e9, et le fid\u00e8le enfant de Dieu lui-m\u00eame, comme le fut son Seigneur, se trouve m\u00e9pris\u00e9 et rejet\u00e9 des hommes, bless\u00e9 dans la maison de ceux qu&#8217;il supposait \u00eatre ses amis. Des formes de pi\u00e9t\u00e9 ont remplac\u00e9 sa puissance, et des c\u00e9r\u00e9monies fastueuses supplantent consid\u00e9rablement le culte sinc\u00e8re.<\/p>\n<p>Il y a longtemps, des doctrines oppos\u00e9es ont divis\u00e9 l&#8217;\u00e9glise nominale en de nombreuses sectes antagonistes, chacune pr\u00e9tendant \u00eatre la seule \u00e9glise r\u00e9elle que le Seigneur et les Ap\u00f4tres avaient fond\u00e9e. Ensemble, elles ont r\u00e9ussi \u00e0 donner au monde une telle d\u00e9formation du caract\u00e8re et du plan de notre P\u00e8re c\u00e9leste, que beaucoup de gens intelligents s&#8217;en d\u00e9tournent ainsi avec d\u00e9go\u00fbt, m\u00e9prisent leur Cr\u00e9ateur, et m\u00eame essaient de nier son existence.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9glise de Rome, qui pr\u00e9tend \u00eatre infaillible, d\u00e9clare que le dessein divin est de vouer au tourment \u00e9ternel de feu et de soufre tous les \u00ab h\u00e9r\u00e9tiques \u00bb qui rejettent ses doctrines \u00e0 elle.<\/p>\n<p>(P 160) Pour d&#8217;autres, elle fournit un tourment limit\u00e9 appel\u00e9 Purgatoire duquel on peut sortir gr\u00e2ce \u00e0 des p\u00e9nitences, des je\u00fbnes, des pri\u00e8res, des cierges b\u00e9nits, de l&#8217;encens et des \u00ab sacrifices \u00bb bien pay\u00e9s de la messe. Ainsi met-elle de c\u00f4t\u00e9 l&#8217;efficacit\u00e9 du sacrifice de r\u00e9conciliation de Christ, et place-t-elle la destin\u00e9e \u00e9ternelle de l&#8217;homme entre les mains de pr\u00eatres rus\u00e9s qui pr\u00e9tendent de cette mani\u00e8re poss\u00e9der le pouvoir d&#8217;ouvrir le ciel ou de le fermer \u00e0 celui qui leur pla\u00eet. A la puissance vitale de la pi\u00e9t\u00e9 elle substitue une apparence de pi\u00e9t\u00e9, et dresse des statues et des tableaux pour les faire adorer par ses fid\u00e8les, au lieu d&#8217;exalter dans le c\u0153ur le Dieu invisible et son cher Fils, notre Seigneur et Sauveur. Elle \u00e9l\u00e8ve aux honneurs une classe de pr\u00eatres qui re\u00e7oivent l&#8217;ordination des hommes pour r\u00e9gner sur l&#8217;\u00e9glise, ce qui est contraire aux enseignements de notre Seigneur : \u00ab Mais vous, ne soyez pas appel\u00e9s : Rabbi ; car un seul est votre conducteur [le christ] et vous, vous \u00eates tous fr\u00e8res. Et n&#8217;appelez personne sur la terre votre p\u00e8re ; car un seul est votre p\u00e8re, celui qui est dans les cieux \u00bb (Matt. 23 : 8, 9). En fait, la Papaut\u00e9 pr\u00e9sente la contrefa\u00e7on la plus compl\u00e8te du vrai christianisme (\u00ab Christianity \u00bb \u2014 Trad.), et elle pr\u00e9tend effront\u00e9ment \u00eatre la seule vraie \u00e9glise (<em>Vol. II, chapitre 9 et vol. III, chapitre 3.<\/em>).<\/p>\n<p>Le mouvement de la \u00ab R\u00e9formation \u00bb a \u00e9limin\u00e9 quelques-unes des fausses doctrines de la Papaut\u00e9 et a conduit nombre de personnes hors de ce syst\u00e8me inique. Les r\u00e9formateurs attir\u00e8rent l&#8217;attention sur la Parole de Dieu et affirm\u00e8rent le droit pour chacun de l&#8217;\u00e9tudier en faisant usage de son jugement personnel ; ils reconnurent \u00e9galement et n\u00e9cessairement que chaque enfant de Dieu a le droit de pr\u00eacher la v\u00e9rit\u00e9 sans l&#8217;autorisation du pape et des \u00e9v\u00eaques qui pr\u00e9tendent faussement avoir re\u00e7u la succession d&#8217;autorit\u00e9 des douze ap\u00f4tres primitifs. Mais bient\u00f4t ce bon travail de protestation contre l&#8217;\u00e9glise romaine qui est la contrefa\u00e7on antichr\u00e9tienne et inique de la v\u00e9ritable Eglise, fut neutralis\u00e9 par l&#8217;esprit du monde. Bient\u00f4t, les protestants, comme on les appelait, form\u00e8rent de nouvelles organisations qui, avec les v\u00e9rit\u00e9s qu&#8217;elles avaient trouv\u00e9es, perp\u00e9tu\u00e8rent nombre des erreurs anciennes auxquelles elles en ajout\u00e8rent quelques nouvelles, et cependant, chacune d&#8217;elle continua \u00e0 d\u00e9tenir une petite v\u00e9rit\u00e9. Il en r\u00e9sulta un m\u00e9lange h\u00e9t\u00e9roclite<\/p>\n<p>(P 161) de credo en contradiction les uns avec les autres, avec la raison et avec la Parole de Dieu. Et comme l&#8217;\u00e9nergie d&#8217;investigation de la p\u00e9riode de la R\u00e9formation s&#8217;\u00e9teignit bient\u00f4t, ces cr\u00e9dos se fossilis\u00e8rent rapidement, et sont ainsi demeur\u00e9s jusqu&#8217;\u00e0 ce jour.<\/p>\n<p>On a consacr\u00e9 largement temps et talents pour \u00e9tablir et perp\u00e9tuer ces syst\u00e8mes de doctrines erron\u00e9es qu&#8217;on se pla\u00eet \u00e0 appeler \u00ab th\u00e9ologie syst\u00e9matique \u00bb. Ses savants ont \u00e9crit de volumineux ouvrages pour que d&#8217;autres les \u00e9tudient au lieu d&#8217;\u00e9tudier la Parole de Dieu ; pour atteindre ce but, on a fond\u00e9 des s\u00e9minaires de th\u00e9ologie bien dot\u00e9s d&#8217;o\u00f9 sont sortis de jeunes hommes, instruits dans leurs erreurs et qui sont all\u00e9s les enseigner au peuple et le convaincre. Le peuple, lui, qui a appris \u00e0 consid\u00e9rer ces hommes comme des ministres d\u00e9sign\u00e9s par Dieu, comme des successeurs des ap\u00f4tres, a accept\u00e9 leurs affirmations sans sonder les \u00c9critures comme le faisaient les nobles B\u00e9r\u00e9ens, au jour de Paul, afin de voir si les choses qu&#8217;on leur enseignait \u00e9taient bien exactes (Actes 17 : 11).<\/p>\n<p>Mais, \u00e0 pr\u00e9sent, la moisson de toutes ces semailles est arriv\u00e9e, le jour de rendre des comptes, et grande est la confusion, la perplexit\u00e9 de l&#8217;\u00e9glise nominale tout enti\u00e8re, et particuli\u00e8rement du clerg\u00e9 ; c&#8217;est \u00e0 lui qu&#8217;incombe la responsabilit\u00e9 de diriger la d\u00e9fense dans ce jour de jugement, en pr\u00e9sence de beaucoup d&#8217;accusateurs et de t\u00e9moins, et, si possible, de trouver quelque rem\u00e8de pour sauver d&#8217;une destruction compl\u00e8te ce qu&#8217;il consid\u00e8re comme l&#8217;\u00e9glise r\u00e9elle. Cependant, dans leur confusion pr\u00e9sente, et dans le d\u00e9sir de toutes les sectes de vivre en bonne harmonie les unes avec les autres par raison de politique, les eccl\u00e9siastiques ont presque cess\u00e9 de consid\u00e9rer leur secte particuli\u00e8re comme la seule vraie \u00e9glise, et parlent des autres sectes comme diverses \u00ab branches \u00bb de l&#8217;unique \u00e9glise, malgr\u00e9 leurs credo contradictoires qui, bien entendu, ne peuvent \u00eatre tous vrais.<\/p>\n<p>C&#8217;est un fait lamentable, h\u00e9las ! que dans cette heure critique, l&#8217;esprit salutaire de \u00ab La Grande R\u00e9formation \u00bb<\/p>\n<p>(P 162) soit mort. Le protestantisme n&#8217;est plus une protestation contre l&#8217;esprit de l&#8217;antichrist, ni contre le monde, la chair ou le diable. Ses credo, en guerre avec la Parole de Dieu, avec la raison, et les uns avec les autres, et illogiques avec eux-m\u00eames, il cherche \u00e0 les d\u00e9rober \u00e0 l&#8217;examen public. Ses volumineux ouvrages de th\u00e9ologie ne sont que du combustible pour alimenter le feu de ce jour du jugement de la chr\u00e9tient\u00e9. Ses principaux s\u00e9minaires de th\u00e9ologie sont des foyers d&#8217;incr\u00e9dulit\u00e9 r\u00e9pandant la contagion partout. Ses grands hommes tels que ses \u00e9v\u00eaques, ses docteurs en th\u00e9ologie, ses professeurs de th\u00e9ologie, ainsi que beaucoup de ses eccl\u00e9siastiques \u00e9minents et influents dans les grandes villes, deviennent les conducteurs d&#8217;une incr\u00e9dulit\u00e9 d\u00e9guis\u00e9e. Ils cherchent \u00e0 saper et \u00e0 d\u00e9truire l&#8217;autorit\u00e9 et l&#8217;inspiration des \u00c9critures sacr\u00e9es, \u00e0 supplanter par la th\u00e9orie humaine de l&#8217;\u00e9volution, le plan de salut r\u00e9v\u00e9l\u00e9 dans la Bible. Les \u00e9glises protestantes cherchent \u00e0 s&#8217;allier, \u00e0 imiter l&#8217;\u00e9glise de Rome ; elles recherchent ses faveurs, louent ses m\u00e9thodes, cachent ses crimes, et ce faisant, s&#8217;allient avec elle en esprit. Elles agissent \u00e9galement de plus en plus en \u00e9troite conformit\u00e9 avec l&#8217;esprit du monde en toutes choses, imitant sa vaine pompe et sa vaine gloire auxquelles elles pr\u00e9tendent avoir renonc\u00e9. Remarquez l&#8217;ostentation extravagante dans l&#8217;architecture des \u00e9glises, dans leurs d\u00e9corations, dans leur ameublement ; tout ceci a conduit ces \u00e9glises \u00e0 contracter de grosses dettes, c&#8217;est pourquoi elles ont constamment recours \u00e0 la mendicit\u00e9 et \u00e0 tout autre moyen pour se procurer l&#8217;argent ainsi n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Une remarquable d\u00e9viation dans ce sens, ce fut dans l&#8217;\u00e9glise m\u00e9thodiste de l&#8217;Avenue Lindeli \u00e0 Saint-Louis (Mo.), l&#8217;introduction d&#8217;une \u0153uvre d&#8217;art repr\u00e9sentant \u00ab la nativit\u00e9 \u00bb par R. Bringhurst. Elle est sculpt\u00e9e dans un bas-relief au-dessus de l&#8217;autel, du grand orgue et de la tribune du ch\u0153ur. L&#8217;\u0153uvre d&#8217;art forme un arc de quarante-six pieds de long sur cinquante de haut, et chaque personnage est de grandeur naturelle. Au point le plus \u00e9lev\u00e9 de l&#8217;arc se trouve le personnage de la Vierge, se tenant droit avec l&#8217;enfant J\u00e9sus dans ses bras. Prenant leur vol \u00e0 partir de ces deux personnages,<\/p>\n<p>(P 163) deux autres montrent des s\u00e9raphins avec des trompettes, proclamant le couronnement. De chaque c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;arc, une multitude d&#8217;anges montent toutes ailes d\u00e9ploy\u00e9es et adorent. A chaque pied de l&#8217;arc se trouve un personnage repr\u00e9sentant un ange tenant un rouleau orn\u00e9 de guirlandes ; celui de gauche porte l&#8217;inscription : \u00ab Paix sur la terre \u00bb, et celui de droite : \u00ab Bonne volont\u00e9 aux hommes \u00bb. Pour ajouter plus d&#8217;effet, le bas-relief est mont\u00e9 sur un \u00e9brasement \u00e0 un angle de 450 inclin\u00e9 vers la congr\u00e9gation, de fa\u00e7on \u00e0 mettre en un relief plus vigoureux la partie \u00e9lev\u00e9e de l&#8217;\u00e9tude et augmenter les ombres en proportion.<\/p>\n<p>Quelle approbation n&#8217;y voyons-nous pas, non seulement de l&#8217;esprit d&#8217;ostentation extravagante, mais \u00e9galement du culte des idoles de l&#8217;\u00e9glise de Rome ! Notez aussi que certaines \u00e9glises disposent de salles de billard ; certains ministres sont m\u00eame all\u00e9s au point de recommander l&#8217;introduction de vins l\u00e9gers, et dans certaines localit\u00e9s, on autorise g\u00e9n\u00e9reusement des repr\u00e9sentations de com\u00e9dies de salon, et des jeux.<\/p>\n<p>Dans bien des cas, les ouailles sont devenues les instruments dociles du clerg\u00e9, et \u00e0 son tour, celui-ci s&#8217;est g\u00e9n\u00e9reusement inspir\u00e9 des go\u00fbts et des pr\u00e9f\u00e9rences des paroissiens mondains et influents. Les gens ont abandonn\u00e9 leur droit et leur devoir d&#8217;user de leur jugement personnel ; ils ont cess\u00e9 de sonder les \u00c9critures pour \u00e9tablir ce qui est v\u00e9rit\u00e9, et de m\u00e9diter sur la loi de Dieu pour discerner ce qui est droit. Ils sont indiff\u00e9rents, mondains, amis du plaisir plus que de Dieu : ils sont aveugl\u00e9s par le dieu de ce monde et pr\u00eats \u00e0 \u00eatre conduits dans n&#8217;importe quel syst\u00e8me qui sert leurs ambitions et d\u00e9sirs mondains actuels. De son c\u00f4t\u00e9, le clerg\u00e9 encourage cet esprit et se pr\u00eate \u00e0 lui pour conserver ses avantages temporels personnels. Si, en effet, ces organisations religieuses venaient \u00e0 sombrer, les positions et les revenus, le prestige et les honneurs du clerg\u00e9 enfl\u00e9 d&#8217;orgueil s&#8217;effondreraient avec elles. C&#8217;est<\/p>\n<p>(P 164) pourquoi il est aussi soucieux de perp\u00e9tuer les institutions du christianisme nominal maintenant, que l&#8217;\u00e9taient les Scribes et les Pharisiens et les Docteurs de la Loi de perp\u00e9tuer le juda\u00efsme, et cela pour les m\u00eames raisons (Jean 11 : 47, 48, 53 ; Actes 4 : 15-18). A cause de leurs pr\u00e9jug\u00e9s et de leurs ambitions mondaines, des chr\u00e9tiens sont aussi aveugl\u00e9s quant \u00e0 la lumi\u00e8re de la nouvelle dispensation qui point, que l&#8217;\u00e9taient les Juifs au premier av\u00e8nement du Seigneur quant \u00e0 la lumi\u00e8re de la dispensation \u00e9vang\u00e9lique qui pointait alors.<\/p>\n<p>ACCUSATIONS PORT\u00c9ES CONTRE LE CL\u00c9RICALISME<\/p>\n<p>Les accusations port\u00e9es contre l&#8217;\u00e9glise chr\u00e9tienne de nom sont les sentiments du monde et des Chr\u00e9tiens qui s&#8217;\u00e9veillent, \u00e0 la fois au sein de Babylone et au-del\u00e0 de ses limites territoriales. Soudainement, au cours des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es surtout, l&#8217;attention du monde entier s&#8217;est port\u00e9e sur la pr\u00e9tendue \u00e9glise chr\u00e9tienne mise bien en vue pour la critique. Cette critique est si pr\u00e9dominante que nul ne peut manquer de l&#8217;entendre ; elle est dans l&#8217;air m\u00eame ; on l&#8217;entend dans les conversations priv\u00e9es, dans les rues, dans les trains, dans les ateliers et dans les magasins ; elle inonde le monde par la presse quotidienne, elle est un sujet vivant dans tous les journaux les plus importants, profanes ou religieux. Les chefs de l&#8217;\u00e9glise reconnaissent bien que cette critique g\u00e9n\u00e9rale ne signifie rien de bon pour ses institutions, et ils sentent la n\u00e9cessit\u00e9 de la combattre promptement et sagement (selon leurs propres id\u00e9es), s&#8217;ils veulent pr\u00e9server leurs institutions du danger qui les menace.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9glise chr\u00e9tienne de nom est accus\u00e9e (1) d&#8217;\u00eatre en contradiction avec elle-m\u00eame. Le monde m\u00eame remarque la diff\u00e9rence consid\u00e9rable qui existe entre ce qu&#8217;elle pr\u00e9tend \u00eatre son mod\u00e8le de doctrine, la Bible, et ses credo \u00e0 elle qui sont en contradiction avec la Bible, et \u00e0 beaucoup d&#8217;\u00e9gards, absurdes. La doctrine blasph\u00e9matoire du tourment \u00e9ternel est repouss\u00e9e<\/p>\n<p>(P 165) avec m\u00e9pris et ne peut plus d\u00e9sormais servir \u00e0 faire entrer les hommes dans l&#8217;\u00e9glise par la crainte ; il y a quelque temps, la secte presbyt\u00e9rienne et d&#8217;autres sectes calvinistes se sont trouv\u00e9es dans une v\u00e9ritable temp\u00eate de critiques de leurs v\u00e9n\u00e9rables credo, et sont terriblement \u00e9branl\u00e9es. En raison des longues discussions sur le sujet et les tentatives d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es de la part du clerg\u00e9 pour se d\u00e9fendre, tout le monde est au courant. Il est tout \u00e0 fait \u00e9vident que la t\u00e2che de la d\u00e9fense est des plus fastidieuses, et qu&#8217;elle serait heureuse de s&#8217;en d\u00e9barrasser, mais le clerg\u00e9 ne peut l&#8217;\u00e9viter et doit assumer cette d\u00e9fense le mieux qu&#8217;il peut. Le R\u00e9v. T. De Witt Talmage s&#8217;est fait l&#8217;\u00e9cho des sentiments qui pr\u00e9valent parmi ce clerg\u00e9, disant :<\/p>\n<p>\u00ab J&#8217;aurais souhait\u00e9 que cette malheureuse controverse au sujet de la confession de foi n&#8217;ait pas \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9glise, mais puisqu&#8217;il en est ainsi maintenant, je dis \u00ab Finissons-en, et ayons un credo nouveau\u00bb.<\/p>\n<p>A une autre occasion, le m\u00eame monsieur dit :<\/p>\n<p>e Je d\u00e9clare, une fois pour toutes, que toute cette controverse \u00e0 travers la chr\u00e9tient\u00e9 est diabolique et satanique. Une tentative des plus diaboliques se poursuit pour diviser l&#8217;\u00e9glise ; si on ne l&#8217;arr\u00eate pas, il s&#8217;ensuivra pour la Bible un m\u00e9pris \u00e9gal \u00e0 celui qu&#8217;on a pour un almanach de 1828 qui dit ce qu&#8217;\u00e9tait le temps six mois auparavant et dans quel quartier de la lune il vaut mieux semer des navets.<\/p>\n<p>\u00ab Quelle position prendrons-nous face \u00e0 ces controverses ? Restons \u00e0 l&#8217;\u00e9cart. Pendant que ces tumultes religieux sont au loin, restez chez vous et vaquez \u00e0 vos occupations. Voyons ! Comment voulez-vous qu&#8217;un homme qui ne mesure que cinq ou six pieds puisse passer \u00e0 gu\u00e9 \u00e0 travers un oc\u00e9an de mille pieds de profondeur ?&#8230; Les jeunes gens qui entrent maintenant dans le minist\u00e8re sont lanc\u00e9s dans la brume la plus \u00e9paisse qui ait jamais couvert une c\u00f4te. Les questions que les docteurs (en th\u00e9ologie) essaient de trancher ne le seront qu&#8217;au jour qui suivra le jour du jugement \u00bb.<\/p>\n<p>Cela est tr\u00e8s vrai ; le jour apr\u00e8s ce jour du jugement verra toutes ces questions perplexes r\u00e9solues, et la v\u00e9rit\u00e9 et la droiture \u00e9tablies sur la terre.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re fastidieux de la t\u00e2che de la d\u00e9fense et la crainte de l&#8217;issue de la controverse furent \u00e9galement exprim\u00e9es avec beaucoup de force dans<\/p>\n<p>(P 166) une r\u00e9solution des membres du clerg\u00e9 presbyt\u00e9rien r\u00e9unis \u00e0 Chicago, peu de temps apr\u00e8s que vinrent les convocations au jugement. Voici la r\u00e9solution :<\/p>\n<p>\u00ab D\u00e9cidons : Que nous consid\u00e9rons avec tristesse les controverses qui troublent notre \u00e9glise bien-aim\u00e9e comme nuisibles \u00e0 sa r\u00e9putation, \u00e0 son influence et \u00e0 son utilit\u00e9 ; que si elles continuent, elles peuvent provoquer un d\u00e9sastre, non seulement pour l&#8217;\u0153uvre de notre \u00e9glise, mais pour notre christianisme commun. Nous conseillons donc ardemment \u00e0 nos fr\u00e8res, que d&#8217;une part, ils \u00e9vitent d&#8217;appliquer de nouvelles \u00e9preuves d&#8217;orthodoxie, l&#8217;emploi rude de la force et la r\u00e9pression d&#8217;une recherche honn\u00eate et pieuse de la v\u00e9rit\u00e9, et que, d&#8217;autre part, nous conseillons instamment \u00e0 nos fr\u00e8res de ne pas imposer \u00e0 l&#8217;\u00e9glise des th\u00e9ories non v\u00e9rifi\u00e9es, d&#8217;\u00e9viter les questions de discussion douteuse, et en particulier l\u00e0 o\u00f9 elles ont, ou, dans certaines circonstances, pourraient avoir une tendance \u00e0 \u00e9branler la foi de ceux qui ne sont pas vers\u00e9s dans les Saintes \u00c9critures. Par \u00e9gard pour notre \u00e9glise et pour tous ses pr\u00e9cieux int\u00e9r\u00eats et ses activit\u00e9s, nous sollicitons ardemment une tr\u00eave et la cessation du litige eccl\u00e9siastique \u00bb.<\/p>\n<p>The Presbyteran Banner a publi\u00e9 \u00e9galement l&#8217;allusion suivante qu&#8217;elle y fait avec tristesse, et qui contient quelques aveux remarquables de la condition maladive de l&#8217;\u00e9glise presbyt\u00e9rienne. On lit<\/p>\n<p>\u00ab Un tapage ou une alerte dans un h\u00f4pital ou dans un asile pourrait se prouver funeste \u00e0 quelques-uns de ses pensionnaires. Dans une institution charitable, un monsieur d&#8217;un certain \u00e2ge s&#8217;amusa quelque temps \u00e0 battre le tambour avant le lever du soleil. En fin de compte, les autorit\u00e9s pri\u00e8rent ce \u00ab charmant fr\u00e8re \u00bb d&#8217;emmener son instrument \u00e0 une distance respectueuse. Ceci explique pourquoi des pasteurs s\u00e9rieux s&#8217;alarment lorsque des troubles s&#8217;\u00e9l\u00e8vent dans l&#8217;\u00e9glise. L&#8217;\u00e9glise est comme un h\u00f4pital o\u00f9 sont assembl\u00e9s des malades du p\u00e9ch\u00e9 qui, dans un sens spirituel, sont fi\u00e9vreux, l\u00e9preux, paralytiques, bless\u00e9s et \u00e0 demi-morts. Un trouble, tel que la cruelle confusion actuelle qui r\u00e8gne dans certains s\u00e9minaires de th\u00e9ologie, pourrait d\u00e9truire certaines \u00e2mes qui traversent actuellement une crise. Le Prof. Briggs voudrait-il marcher doucement et retirer son tambour ?<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9glise nominale est accus\u00e9e (2) de manquer grandement de pi\u00e9t\u00e9 et de saintet\u00e9 qu&#8217;elle pr\u00e9tend avoir,<\/p>\n<p>(P 167) bien qu&#8217;on admette que quelques \u00e2mes vraiment pieuses se trouvent encore ici et l\u00e0 parmi les humbles. En v\u00e9rit\u00e9, le simulacre et l&#8217;hypocrisie s&#8217;imposent, et la richesse et l&#8217;arrogance montrent assez que les pauvres ne sont pas les bienvenus dans les temples terrestres \u00e9rig\u00e9s au nom de Christ. Les masses l&#8217;ont compris et ont examin\u00e9 dans leurs Bibles pour voir si tel \u00e9tait l&#8217;esprit du grand Fondateur de l&#8217;\u00e9glise ; et l\u00e0 elles ont appris que l&#8217;une des preuves qu&#8217;il donna de sa qualit\u00e9 de ,Messie \u00e9tait que \u00ab l&#8217;\u00e9vangile \u00e9tait annonc\u00e9 aux pauvres \u00bb et qu&#8217;il dit \u00e0 ses disciples : \u00ab Les pauvres, vous les avez toujours avec vous \u00bb, et qu&#8217;ils ne devaient avoir aucune pr\u00e9f\u00e9rence pour l&#8217;homme ayant un anneau d&#8217;or au doigt et rev\u00eatu de beaux v\u00eatements, etc. Elles ont aussi trouv\u00e9 la r\u00e8gle d&#8217;or et elles l&#8217;ont appliqu\u00e9e \u00e0 la conduite de l&#8217;\u00e9glise, collectivement et individuellement. Ainsi, \u00e0 la lumi\u00e8re de la Bible, elles concluent rapidement que l&#8217;\u00e9glise est d\u00e9chue de la gr\u00e2ce. La conclusion est si manifeste que ses d\u00e9fenseurs se trouvent couverts de confusion.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9glise nominale est accus\u00e9e (3) de manquer d&#8217;accomplir ce qu&#8217;elle a pr\u00e9tendu \u00eatre sa mission, savoir : convertir le monde au christianisme. Comment le monde a-t-il d\u00e9couvert que le moment est arriv\u00e9 o\u00f9 le travail de l&#8217;\u00e9glise devrait montrer quelques signes d&#8217;ach\u00e8vement ? Cela para\u00eet inexplicable ; n\u00e9anmoins, de m\u00eame qu&#8217;\u00e0 la fin de l&#8217;Age juda\u00efque tous les hommes \u00e9taient dans l&#8217;attente de quelque grand changement qui devait s&#8217;accomplir (Luc 3 : 15), ainsi, maintenant, \u00e0 la fin de l&#8217;Age de l\u2019\u00c9vangile, tous les hommes sont dans une attente semblable. Ils se rendent compte que nous sommes dans une p\u00e9riode de transition, et que l&#8217;horoscope du 20e si\u00e8cle est rempli de terreurs et d&#8217;avertissements de grands changements r\u00e9volutionnaires. L&#8217;inqui\u00e9tude actuelle a \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9e avec force par l&#8217;Hon. Henry Grady, dans un \u00e9loquent discours devant les soci\u00e9t\u00e9s de l&#8217;Universit\u00e9 \u00e0 Charlottesville (Va.).<\/p>\n<p>(P 168)<\/p>\n<p>Voici ce qu&#8217;il d\u00e9clara : \u00ab Nous sommes au point du jour&#8230; Les \u00e9toiles fixes disparaissent insensiblement du ciel et nous marchons \u00e0 t\u00e2tons dans une lumi\u00e8re incertaine. Avec la nuit sont venues des formes \u00e9tranges. Des chemins anciens se sont \u00e9vanouis, des routes nouvelles \u00e9garent, et des champs qui s&#8217;\u00e9largissent s&#8217;\u00e9tendent \u00e0 perte de vue. L&#8217;agitation de l&#8217;aube nous fait marcher de long en large, mais le Doute s&#8217;\u00e9tend au sein de la confusion, et m\u00eame sur les sentiers battus, des foules mouvantes sont arr\u00eat\u00e9es, et \u00e0 travers des t\u00e9n\u00e8bres les sentinelles crient : \u00ab Qui va l\u00e0 ? \u00bb. Dans l&#8217;obscurit\u00e9 du matin, des forces terribles sont \u00e0 l&#8217;\u0153uvre. Rien n&#8217;est ferme ou approuv\u00e9. Les miracles du pr\u00e9sent d\u00e9mentent les simples v\u00e9rit\u00e9s du pass\u00e9. L&#8217;\u00e9glise est assi\u00e9g\u00e9e au-dehors et trahie au-dedans. A l&#8217;arri\u00e8re-plan des tribunaux se consume la torche de l&#8217;\u00e9meutier et se dessine la potence des anarchistes. Le gouvernement est l&#8217;enjeu des partisans et la proie des pilleurs. Le n\u00e9goce est inquiet sous l&#8217;\u00e9treinte du monopole, et le commerce encha\u00een\u00e9 par la limitation. Les villes sont surpeupl\u00e9es et les campagnes sont d\u00e9sert\u00e9es. La splendeur rayonne du ch\u00e2teau et la mis\u00e8re se tapit dans la chaumi\u00e8re. La fraternit\u00e9 universelle dispara\u00eet, et le peuple se divise en classes sociales. Le \u00ab sifflet \u00bb d\u00e9sapprobateur du nihiliste inqui\u00e8te les bien-nantis, et le grondement de la populace se fait entendre en public \u00bb.<\/p>\n<p>Il est impossible \u00e0 l&#8217;\u00e9glise de nier que la fin de l&#8217;Age est arriv\u00e9e, le jour du r\u00e8glement des comptes, car, qu&#8217;elle discerne ou non le temps \u00e0 la lumi\u00e8re de la proph\u00e9tie, les faits du jugement lui sont impos\u00e9s, et le r\u00e9sultat en sera discern\u00e9 avant la fin de cette p\u00e9riode de la moisson.<\/p>\n<p>LE MONDE ECCL\u00c9SIASTIQUE PREND POSITION<br \/>\nET INDIRECTEMENT REND LES COMPTES DE L&#8217;\u00c9GLISE<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9glise sait que les yeux du monde entier sont tourn\u00e9s vers elle, que d&#8217;une mani\u00e8re ou d&#8217;une autre, on a d\u00e9couvert que, si sa mission a \u00e9t\u00e9 comme elle l&#8217;a pr\u00e9tendu, de convertir le monde, le temps \u00e9tait venu o\u00f9 ce travail devrait \u00eatre sinon compl\u00e8tement achev\u00e9, du moins sur le point de l&#8217;\u00eatre, et qu&#8217;en somme, en d\u00e9pit de ses d\u00e9clarations publiques, elle diff\u00e8re bien peu du monde.<\/p>\n<p>(P 169)<\/p>\n<p>Ayant consid\u00e9r\u00e9 que telle est sa mission actuelle, elle a&#8217; perdu de vue le v\u00e9ritable dessein de cet Age de l\u2019\u00c9vangile, \u00e0 savoir : \u00ab pr\u00eacher cet \u00e9vangile du royaume dans la terre habit\u00e9e tout enti\u00e8re, en t\u00e9moignage \u00e0 toutes les nations \u00bb, aider \u00e0 proclamer l&#8217;appel et \u00e0 assister \u00e0 la pr\u00e9paration d&#8217;un \u00ab petit troupeau \u00bb qui constituera (avec le Seigneur) ce Royaume mill\u00e9naire lequel b\u00e9nira alors toutes les familles de la terre (Matt. 24 : 14 ; Actes 15 : 14-17). Elle est plac\u00e9e devant le fait qu&#8217;apr\u00e8s dix-huit si\u00e8cles, elle est plus \u00e9loign\u00e9e des r\u00e9sultats (que ses pr\u00e9tentions exigeraient qu&#8217;elle e\u00fbt obtenus) qu&#8217;elle ne l&#8217;\u00e9tait \u00e0 la fin du premier si\u00e8cle. En cons\u00e9quence, des justifications, des excuses, une v\u00e9rification des calculs et de nouveaux calculs, le r\u00e9tablissement des faits, des pr\u00e9dictions extravagantes. de grandes r\u00e9alisations dans un tr\u00e8s proche avenir, sont maintenant \u00e0 l&#8217;ordre du jour. C&#8217;est ainsi que, forc\u00e9e par l&#8217;esprit de curiosit\u00e9 et par le d\u00e9sir de v\u00e9rifier les faits qui caract\u00e9risent les temps actuels, elle essaie de se d\u00e9fendre devant ses nombreux accusateurs.<\/p>\n<p>Pour relever l&#8217;accusation qui lui est faite d&#8217;avoir une doctrine incompatible avec le mod\u00e8le qu&#8217;elle reconna\u00eet, la Bible, nous la voyons grandement perplexe, car elle ne peut nier que ses credo se contredisent. Aussi a-t-elle recours \u00e0 diverses m\u00e9thodes que les gens r\u00e9fl\u00e9chis ne sont pas lents \u00e0 discerner comme \u00e9tant la preuve de sa grande confusion. Toutes les d\u00e9nominations se cramponnent aux anciens credo parce que ce sont l\u00e0 les cordes par lesquelles elles ont \u00e9t\u00e9 li\u00e9es ensemble en organisations distinctes. Les d\u00e9truire soudainement serait dissoudre les organisations. Cependant, le clerg\u00e9 tout sp\u00e9cialement s&#8217;abstient le plus possible d&#8217;en parler, car il en est profond\u00e9ment honteux \u00e0 la lumi\u00e8re p\u00e9n\u00e9trante de ce jour de jugement.<\/p>\n<p>Il en est certains qui sont si honteux de ces credo que, oubliant leur prudence mondaine, ils pr\u00e9f\u00e8rent les rejeter tous. D&#8217;autres sont plus conservateurs, et pensent qu&#8217;il est plus prudent de les abandonner graduellement et de les remplacer petit \u00e0 petit par<\/p>\n<p>(P 170) de nouvelles doctrines, pour amender, r\u00e9viser, etc. Chacun conna\u00eet les longues discussions qui ont lieu sur la r\u00e9vision des credo presbyt\u00e9riens ; on conna\u00eet aussi les tentatives de la pr\u00e9tendue \u00ab haute-critique \u00bb pour saper l&#8217;autorit\u00e9 et l&#8217;inspiration des \u00c9critures sacr\u00e9es, et pour sugg\u00e9rer une inspiration du vingti\u00e8me si\u00e8cle et une th\u00e9orie d&#8217;\u00e9volution totalement subversive du divin plan de salut concernant la chute d&#8217;Adam que la Bible affirme, mais qu&#8217;eux rejettent. En outre, il se trouve une autre classe de nombreux membres du clerg\u00e9 qui favorisent une th\u00e9ologie \u00e9clectique ou de compromis, n\u00e9cessairement tr\u00e8s sommaire et tr\u00e8s lib\u00e9rale, son objet \u00e9tant d&#8217;\u00e9carter toutes les objections de tous les bigots, chr\u00e9tiens et pa\u00efens, et si possible, de \u00ab les amener tous dans un seul camp \u00bb selon l&#8217;expression de certains. Bon nombre de gens d&#8217;\u00e9glise se vantent des grandes choses qui sont sur le point de s&#8217;accomplir gr\u00e2ce aux moyens mis r\u00e9cemment en \u0153uvre, l&#8217;id\u00e9e motrice \u00e9tant l&#8217;union ou la coop\u00e9ration des chr\u00e9tiens. Lorsqu&#8217;une telle union sera obtenue (et on nous assure qu&#8217;elle aura lieu sous peu), alors la conversion du monde au christianisme, suppose-t-on, s&#8217;ensuivra rapidement.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9glise, accus\u00e9e de manquer de pi\u00e9t\u00e9 et de vie pieuse, fait \u00e9galement \u00e9talage d&#8217;\u00ab \u0153uvres merveilleuses et nombreuses \u00bb qui font souvent penser aux paroles de reproche du Seigneur rapport\u00e9es en Matt. 7&#8242;: 22, 23. Mais ces vanteries servent bien peu les int\u00e9r\u00eats de Babylone, car l&#8217;absence de l&#8217;esprit de la loi d&#8217;amour de Dieu en elle, est h\u00e9las ! trop douloureusement manifeste pour \u00eatre cach\u00e9e. A tout prendre, la d\u00e9fense, pr\u00e9sent\u00e9e par l&#8217;\u00e9glise d\u00e9chue, ne rend que plus visible la condition d\u00e9plorable dans laquelle elle se trouve. Si ce grand syst\u00e8me eccl\u00e9siastique, \u00e9tait r\u00e9ellement la v\u00e9ritable Eglise de Dieu, combien il serait \u00e9vident que Dieu aurait \u00e9chou\u00e9 dans son plan qui est de se choisir un peuple pour son nom !<\/p>\n<p>Cependant, tandis que l&#8217;\u00e9glise pr\u00e9sente ces diverses excuses, apologies, promesses et vanteries, ses conducteurs se rendent tr\u00e8s clairement compte qu&#8217;elles ne serviront plus longtemps \u00e0 la pr\u00e9server dans sa condition actuelle<\/p>\n<p>(P171) de division, de trouble et de confusion. Ils discernent qu&#8217;il s&#8217;ensuivra sous peu la d\u00e9sagr\u00e9gation et la destruction \u00e0 moins qu&#8217;un puissant effort puisse unir ses sectes et ainsi, lui donner non seulement une meilleure position devant le monde, mais aussi une puissance accrue pour renforcer son autorit\u00e9. C&#8217;est pourquoi nous entendons beaucoup parler d&#8217;union chr\u00e9tienne et chaque pas dans cette direction est proclam\u00e9 comme \u00e9tant la preuve d&#8217;accroissement dans l&#8217;esprit d&#8217;amour et de communion chr\u00e9tienne. Cependant, le mouvement n&#8217;est pas suscit\u00e9 par un amour et une communion chr\u00e9tienne croissants, mais par la peur. La temp\u00eate d&#8217;indignation et de col\u00e8re qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9dite s&#8217;approche rapidement, et les diverses sectes doutent s\u00e9rieusement de pouvoir r\u00e9sister seules au choc de cette temp\u00eate.<\/p>\n<p>C&#8217;est pourquoi toutes les sectes plaident l&#8217;union, mais la r\u00e9alisation de cette union est le probl\u00e8me angoissant \u00e0 cause de leurs credo oppos\u00e9s les uns aux autres. Diverses m\u00e9thodes sont sugg\u00e9r\u00e9es. L&#8217;une consiste \u00e0 s&#8217;efforcer d&#8217;unir les sectes qui ont \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame doctrine, comme par exemple, les diverses branches des m\u00eames familles : presbyt\u00e9rienne, baptiste, m\u00e9thodiste, catholique, etc., en vue de la plus grande union propos\u00e9e. Une autre m\u00e9thode consiste \u00e0 cultiver chez les gens un d\u00e9sir d&#8217;union, et une disposition \u00e0 n\u00e9gliger la doctrine, et \u00e0 offrir une g\u00e9n\u00e9reuse communion \u00e0 tous ceux qui ont de bonnes dispositions morales et \u00e0 rechercher leur coop\u00e9ration dans ce qu&#8217;ils appellent l&#8217;\u0153uvre chr\u00e9tienne&#8230; Un tel sentiment trouve ses plus ardents soutiens parmi les jeunes et les personnes d&#8217;\u00e2ge m\u00fbr.<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la tendance d&#8217;ignorer nombre des doctrines controvers\u00e9es du pass\u00e9 a aid\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper dans l&#8217;\u00e9glise une classe de jeunes gens qui repr\u00e9sentent bien le sentiment d&#8217;\u00ab union \u00bb de la chr\u00e9tient\u00e9. Ignorant les luttes sectaires du pass\u00e9, ils ne sont pas travaill\u00e9s par la confusion qui r\u00e8gne parmi leurs a\u00een\u00e9s concernant la pr\u00e9destination, l&#8217;\u00e9lection, la gr\u00e2ce libre, etc. Mais ils re\u00e7oivent encore, d\u00e8s leur enfance (en h\u00e9ritage de Rome et des<\/p>\n<p>(P 172) Si\u00e8cles de t\u00e9n\u00e8bres), l&#8217;enseignement de la doctrine n\u00e9faste du tourment \u00e9ternel pour tous ceux qui n&#8217;entendent et n&#8217;acceptent pas l&#8217;\u00e9vangile dans l&#8217;Age pr\u00e9sent, et de celle suivant laquelle la mission de l&#8217;\u00e9vangile serait de convertir le monde dans l&#8217;Age pr\u00e9sent, et de cette mani\u00e8re de le sauver de ce tourment. Tous ceux-l\u00e0 sont group\u00e9s sous diverses appellations : Unions chr\u00e9tiennes de jeunes gens, Soci\u00e9t\u00e9s chr\u00e9tiennes d&#8217;encouragement, Ligues d&#8217;Epworth, Filles du Roi et Arm\u00e9es du Salut. Beaucoup d&#8217;entre eux ont vraiment \u00ab un z\u00e8le pour Dieu \u00bb, mais non selon la connaissance \u00bb. \u2014 Rom. 10 : 2.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 leurs conceptions erron\u00e9es et non scripturales, ils projettent qu&#8217;un \u00ab rel\u00e8vement social du monde \u00bb ait lieu imm\u00e9diatement. Il est louable que leurs efforts soient faits non pour le mal, mais pour le bien. Leur grande erreur est de poursuivre leurs propres plans ; ceux-ci, aussi bienveillants et sages puissent-ils \u00eatre dans l&#8217;estimation humaine, sont de toute n\u00e9cessit\u00e9 inf\u00e9rieurs \u00e0 la sagesse divine et au plan divin qui, seul, sera couronn\u00e9 de succ\u00e8s. Tous les autres plans sont vou\u00e9s \u00e0,1 l&#8217;\u00e9chec. Ce serait grandement \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction des vrais sinc\u00e8res parmi eux s&#8217;ils pouvaient discerner le plan divin, savoir : la s\u00e9lection (\u00ab \u00e9lection \u00bb) actuelle d&#8217;un \u00ab petit troupeau \u00bb sanctifi\u00e9, et bient\u00f4t, du rel\u00e8vement du monde par les membres de ce petit &#8216;troupeau lorsqu&#8217;ils seront au complet et souverainement exalt\u00e9s, r\u00e9gnant avec Christ comme ses co-h\u00e9ritiers du Royaume mill\u00e9naire. S&#8217;ils pouvaient discerner cela, l&#8217;effet en serait ou en devrait \u00eatre la sanctification de tous les sinc\u00e8res parmi eux (une faible minorit\u00e9 naturellement), car la majorit\u00e9 de ceux qui se joignent \u00e0 ces soci\u00e9t\u00e9s, le font \u00e9videmment pour diverses raisons autres qu&#8217;une enti\u00e8re cons\u00e9cration et d\u00e9votion \u00e0 Dieu et \u00e0 son service, \u00ab jusqu&#8217;\u00e0 la mort m\u00eame \u00bb.<\/p>\n<p>Ces jeunes gens chr\u00e9tiens qui n&#8217;ont pas re\u00e7u les le\u00e7ons de l&#8217;histoire de l&#8217;\u00e9glise et qui ignorent les doctrines, deviennent facilement partisans de l&#8217;\u00ab Union \u00bb. Ils concluent que \u00ab dans le pass\u00e9, ce sont les doctrines qui ont caus\u00e9 des divisions ! Obtenons donc l&#8217;union et laissons de c\u00f4t\u00e9 les doctrines ! Ils<\/p>\n<p>(P 173) n&#8217;arrivent pas \u00e0 appr\u00e9cier le fait que dans le pass\u00e9 tous les chr\u00e9tiens \u00e9taient aussi en souci d&#8217;obtenir l&#8217;union que le sont les gens de nos jours, mais ils la voulaient bas\u00e9e sur la v\u00e9rit\u00e9 ou sinon pas du tout. Leur r\u00e8gle de conduite fut : \u00ab Combattez pour la foi qui a \u00e9t\u00e9 une fois enseign\u00e9e aux saints \u00bb, \u00ab N&#8217;ayez rien de commun avec les \u0153uvres infructueuses des t\u00e9n\u00e8bres, mais plut\u00f4t reprenez-les aussi \u00bb (Jude 3 ; Eph. 5 : 11). Beaucoup de gens, aujourd&#8217;hui, n&#8217;arrivent pas \u00e0 discerner que certaines doctrines sont de toute importance pour une vraie union parmi de vrais chr\u00e9tiens, une union agr\u00e9able \u00e0 Dieu, et que la faute du pass\u00e9 fut que les chr\u00e9tiens avaient trop de pr\u00e9jug\u00e9s favorables touchant leurs propres credo humains pour pouvoir les \u00e9prouver et les corriger, ainsi que toutes les doctrines, avec la Parole de Dieu.<\/p>\n<p>(C&#8217;est pourquoi l&#8217;union, la f\u00e9d\u00e9ration propos\u00e9e et recherch\u00e9e, ignorant la doctrine biblique, mais tenant ferme aux doctrines humaines concernant le tourment \u00e9ternel, l&#8217;immortalit\u00e9 naturelle, etc., et domin\u00e9e simplement par un jugement humain quant \u00e0 l&#8217;objet et aux m\u00e9thodes, est la chose la plus dangereuse qui pourrait arriver. Il est certain qu&#8217;elle tomberait dans une erreur extr\u00eame, parce qu&#8217;elle rejette les \u00ab doctrines de Christ \u00bb et \u00ab la sagesse qui vient d&#8217;en-haut \u00bb pour se reposer sur la sagesse de ses propres sages, laquelle est folie lorsqu&#8217;elle s&#8217;oppose aux m\u00e9thodes et conseils divins. \u00ab La, sagesse de ses sages p\u00e9rira \u00bb. \u2014 Es. 29 : 14.<\/p>\n<p>Ensuite, il y a aussi de nombreuses id\u00e9es qui sont avanc\u00e9es par des membres progressifs (?) du clerg\u00e9 et autres quant \u00e0 ce que devraient \u00eatre le caract\u00e8re et la mission de l&#8217;\u00e9glise dans le proche avenir. Ils proposent d&#8217;abaisser l&#8217;\u00e9glise, davantage encore qu&#8217;elle ne l&#8217;est maintenant, au niveau des id\u00e9es du monde. Son \u0153uvre, para\u00eet-il, est d&#8217;introduire en elle le monde non r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 pour s&#8217;assurer ainsi un patronage financier lib\u00e9ral ; pour y parvenir, il est n\u00e9cessaire d&#8217;introduire toutes sortes de divertissements. Quel est le vrai chr\u00e9tien qui n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9 en observant dans son pays les tendances dans cette direction ou en prenant connaissance par la lecture de celles d&#8217;ailleurs ?<\/p>\n<p>(P 174)<\/p>\n<p>Quelle meilleure preuve pourrions-nous avoir du d\u00e9clin de la vraie pi\u00e9t\u00e9 que ce qui suit, \u00e9crit par un membre du clerg\u00e9 m\u00e9thodiste et publi\u00e9 dans un journal m\u00e9thodiste \u00ad\u00ab The Northwestern Christian Advocate \u2014 et intitul\u00e9 par le R\u00e9dacteur en Chef \u00ab Satire amicale sur l&#8217;\u00e9tat actuel de l&#8217;\u00e9glise m\u00e9thodiste \u00bb. Ce titre \u00e0 lui seul reconna\u00eet l&#8217;\u00e9tat de choses existant. Que ce soit d&#8217;ailleurs une approbation ou une satire, cela n&#8217;a pas d&#8217;importance, les faits sont les faits, quels que soient les informateurs, mais ils sont plus convaincants encore lorsqu&#8217;ils sont une sorte de confession faite par un ministre directement int\u00e9ress\u00e9 et qui les relate dans le journal de sa propre \u00e9glise. Nous reproduirons en entier cet article dans lequel nous avons soulign\u00e9 certaines parties en italiques :<\/p>\n<p>\u00ab QUELQUES ASPECTS DU M\u00c9THODISME AM\u00c9RICAIN \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Le r\u00e9veil religieux du dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle, sous la direction des Wesleys et de Whitefield, purifia le caract\u00e8re moral de la race anglo-saxonne ; de nouvelles forces furent mises en action pour l&#8217;\u00e9l\u00e9vation de ceux qui n&#8217;avaient pas encore re\u00e7u l\u2019\u00c9vangile. Des historiens la\u00efques, anglais et am\u00e9ricains, furent unanimes \u00e0 mettre au cr\u00e9dit du mouvement cr\u00e9\u00e9 par ces hommes remarquables, presque toute l&#8217;organisation de l&#8217;\u00e9glise moderne et la d\u00e9claration actuelle de la doctrine qui tend \u00e0 r\u00e9pandre et \u00e0 implanter notre civilisation. La doctrine du \u00ab libre arbitre \u00bb, pr\u00each\u00e9e par ces hommes et par leurs successeurs, a \u00e9t\u00e9, avec l&#8217;\u00e9volution des exp\u00e9riences modernes dans les gouvernements du monde, l&#8217;un des dogmes les plus populaires qui ait occup\u00e9 l&#8217;esprit humain. Cette doctrine se r\u00e9pandit d&#8217;une mani\u00e8re toute particuli\u00e8re parmi nos anc\u00eatres am\u00e9ricains. Rejetant le joug des rois, et \u00e9c\u0153ur\u00e9s d&#8217;une \u00e9glise nationalis\u00e9e et domin\u00e9e par des pr\u00eatres, rien ne pouvait mieux les r\u00e9jouir, et \u00eatre en harmonie avec leurs aspirations politiques que la doctrine qui proclame que tout homme est libre de faire sa propre destin\u00e9e, bonne ou mauvaise, ici-bas et dans l&#8217;au-del\u00e0.<\/p>\n<p>\u00ab La doctrine de la \u00ab nouvelle naissance \u00bb, sur laquelle les m\u00e9thodistes insistaient, et que Whitefield pr\u00eacha dans la Nouvelle Angleterre, produisit l&#8217;effet d&#8217;une histoire r\u00e9cente et inou\u00efe. Les effets de cette doctrine furent tels que les mondains et m\u00eame les irr\u00e9ligieux les prirent en consid\u00e9ration en les approuvant. En effet, cette doctrine exigeait non seulement un \u00ab changement de c\u0153ur \u00bb, mais<\/p>\n<p>(P 175) aussi un changement dans la vie quotidienne tel, qu&#8217;un m\u00e9thodiste se distinguait facilement d&#8217;un homme du monde par sa conduite. Le grand dessein pour lequel l&#8217;\u00e9glise existait \u00e9tait de \u00ab r\u00e9pandre la saintet\u00e9 dans ces pays \u00bb. Telle \u00e9tait la devise sur sa banni\u00e8re, et avec ce cri de guerre, elle vainquit.<\/p>\n<p>\u00ab Une autre raison qui explique le succ\u00e8s ph\u00e9nom\u00e9nal du M\u00e9thodisme dans ce pays est le fait que le commun peuple \u00e9tait accueilli avec plaisir \u00e0 son service simple et populaire. Il n&#8217;y a que deux qui n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 familiaris\u00e9s avec les rites qui peuvent appr\u00e9cier ce fait apparemment insignifiant mais en r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s important. Savoir que vous pouvez entrer dans une \u00e9glise o\u00f9 vous pouvez prendre part au service sans risquer de montrer votre ignorance des formes et des c\u00e9r\u00e9monies est de la plus grande importance si vous n&#8217;avez aucun d\u00e9sir de vous mettre en \u00e9vidence. Ainsi, le service simple, naturel, de l&#8217;\u00e9glise m\u00e9thodiste am\u00e9ricaine primitive convenait-il exactement aux gens qui n&#8217;avaient que depuis peu abandonn\u00e9 la pompe des religions du Vieux Monde. Les manches de linon, les chapeaux saints, les diad\u00e8mes, les couronnes et les robes r\u00e9pugnaient \u00e0 leurs go\u00fbts rustiques et simples. La religion qui leur enseignait qu&#8217;ils pouvaient adresser leurs pri\u00e8res au Tout-Puissant sans un interm\u00e9diaire d&#8217;aucune sorte, faisait ressortir la dignit\u00e9 et la grandeur de leur nature humaine et plaisait \u00e0 leur amour de l&#8217;ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>\u00ab Les remarquables triomphes de cette \u00e9glise peuvent \u00e9galement \u00eatre attribu\u00e9s en partie au fait qu&#8217;elle n&#8217;avait pas en ce temps-l\u00e0 d\u00e9pos\u00e9 le fouet \u00e0 petites cordes du Ma\u00eetre. Dans ces premiers jours, il y avait de temps en temps une purification de l&#8217;\u00e9glise des fourbes et des indignes, purification qui avait un effet des plus salutaires, non seulement sur l&#8217;\u00e9glise elle-m\u00eame, mais \u00e9galement sur la collectivit\u00e9 environnante. Apr\u00e8s les orages qui accompagnaient souvent \u00ab l&#8217;expulsion \u00bb des sans foi, l&#8217;atmosph\u00e8re morale du voisinage tout entier \u00e9tait purifi\u00e9e, et m\u00eame les moqueurs se rendaient compte que faire partie de l&#8217;\u00e9glise signifiait quelque chose.<\/p>\n<p>\u00ab Un facteur qui aidait aussi au succ\u00e8s dont je viens de faire \u00e9tat \u00e9tait le caract\u00e8re purement itin\u00e9rant du minist\u00e8re alors accord\u00e9. Sans aucun doute, il y eut \u00e0 cette \u00e9poque des h\u00e9ros et des g\u00e9ants moraux. L&#8217;influence d&#8217;un homme vigoureux, courageux, poss\u00e9d\u00e9 par l&#8217;id\u00e9e qu&#8217;ici-bas il n&#8217;avait pas de \u00ab cit\u00e9 permanente \u00bb, ne pr\u00e9voyant rien pour ses vieux jours, n&#8217;exigeant aucun contrat pour s&#8217;assurer son soutien ou salaire, se refusant \u00e0 lui-m\u00eame les choses m\u00eames que<\/p>\n<p>(P 176) les gens \u00e9taient des plus avides \u00e0 obtenir, enflamm\u00e9 d&#8217;un z\u00e8le qui devait bient\u00f4t le consumer, une telle influence devait \u00eatre durable et bienfaisante partout o\u00f9 elle s&#8217;exer\u00e7ait.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le chant, du temps des premiers m\u00e9thodistes, joua un grand r\u00f4le dans l&#8217;acquisition par cette \u00e9glise d&#8217;une position \u00e9minente, dans ce pays. Des paroles graves, impressionnantes, pleines de doctrines, jointes \u00e0 des m\u00e9lodies qui existent encore et pr\u00e9valent, exer\u00e7aient non seulement une grande attraction musicale, mais renfermaient un enseignement th\u00e9ologique ; les gens, quelque rudes qu&#8217;ils aient pu \u00eatre, \u00e9taient ainsi endoctrin\u00e9s dans les principaux dogmes de l&#8217;\u00e9glise. Une v\u00e9rit\u00e9 chant\u00e9e dans l&#8217;\u00e2me d&#8217;un enfant ou d&#8217;un homme y demeure avec une puissance bien plus grande que celle qu&#8217;on peut trouver dans n&#8217;importe quelle m\u00e9thode d&#8217;instruction de Kindergarten ou de Quincy. C&#8217;est ainsi que, sans discussion, les doctrines \u00e9taient fix\u00e9es dans l&#8217;esprit des enfants ou des convertis, si bien qu&#8217;aucune controverse subs\u00e9quente ne pouvait les \u00e9branler. Il nous reste maintenant \u00e0 montrer que<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0CES ELEMENTS DE SUCC\u00c8S SONT MAINTENANT SURANNES ET QU&#8217;UNE NOUVELLE M\u00c9THODE MIEUX APPROPRI\u00c9E A \u00c9T\u00c9 ADOPTE DANS L&#8217;EGLISE EPISCOPAL M\u00c9THODISTE.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je ne veux pas jouer le r\u00f4le d&#8217;un vantard, mais plut\u00f4t celui d&#8217;un annaliste de faits publics, un narrateur de l&#8217;histoire r\u00e9cente. En ce qui concerne la r\u00e8gle de doctrine, il n&#8217;y a aucun changement dans la position soutenue par l&#8217;\u00e9glise, mais la mani\u00e8re d&#8217;agir et l&#8217;esprit qui pr\u00e9valent dans presque toutes ses affaires montrent tout de suite les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s et les innovations qui apportent la lumi\u00e8re. Le caract\u00e8re et la condition de cette puissante \u00e9glise sont chang\u00e9s \u00e0 tel point que tous ceux qui se soucient de la prosp\u00e9rit\u00e9 spirituelle de l&#8217;Am\u00e9rique doivent \u00e9tudier ce changement avec un profond int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La doctrine de la \u00ab nouvelle naissance \u00bb (\u00ab vous devez na\u00eetre de nouveau \u00bb) reste la m\u00eame, mais le progr\u00e8s moderne a \u00e9loign\u00e9 le rigorisme d&#8217;autrefois qui emp\u00eachait beaucoup de bonnes gens d&#8217;entrer dans cette \u00e9glise parce qu&#8217;elles ne pouvaient pas accepter cette doctrine et parce qu&#8217;elles n&#8217;avaient jamais eu ce qu&#8217;on appelait alors une \u00ab religion exp\u00e9rimentale \u00bb. De nos jours, par contre, universalistes et unitaires sont souvent en parfaite communion et accomplissent bravement leur devoir.<\/p>\n<p>Les ministres d&#8217;aujourd&#8217;hui, raffin\u00e9s et cultiv\u00e9s comme ils le sont dans les \u00e9glises importantes, sont trop bien \u00e9lev\u00e9s pour insister sur la \u00ab saintet\u00e9 \u00bb de la fa\u00e7on dont les p\u00e8res comprenaient cette gr\u00e2ce ; au lieu de cela, ils pr\u00eachent cette<\/p>\n<p>(P 177) saintet\u00e9 plus large qui ne pense mal de personne, pas m\u00eame d&#8217;un homme qui n&#8217;est pas enti\u00e8rement sanctifi\u00e9. Celui qui \u00e9pouserait cette doctrine du chemin \u00e9troit d&#8217;autrefois, ne serait pas bien vu actuellement dans les cercles de Chautauqua et dans les associations d&#8217;Epworth.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le culte simple d&#8217;autrefois subsiste encore parmi les populations rurales ; dans les centres urbains et cultiv\u00e9s, par contre, on a le go\u00fbt de la belle musique, de l&#8217;art et de la litt\u00e9rature ; dans bien des cas, un rituel \u00e9l\u00e9gant a remplac\u00e9 les pri\u00e8res spontan\u00e9es et les invocations bruyantes qui caract\u00e9ris\u00e8rent jadis les anc\u00eatres. Contester la valeur de telles am\u00e9liorations \u00e9quivaudrait \u00e0 mettre en doute la sup\u00e9riorit\u00e9 de la culture sur la grossi\u00e8ret\u00e9 et le manque d&#8217;\u00e9ducation.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dans ses d\u00e9buts, l&#8217;\u00e9glise fut sans doute sage d&#8217;\u00eatre aussi stricte que l&#8217;\u00e9taient alors ses conducteurs. Il n&#8217;y avait pas grand-chose \u00e0 perdre en ce temps-l\u00e0. De nos jours, par contre, des hommes sages, discrets et prudents, refusent avec raison de compromettre la prosp\u00e9rit\u00e9 d&#8217;une \u00e9glise riche et influente en administrant d&#8217;une mani\u00e8re bigote et rigoureuse les affaires de l&#8217;\u00e9glise, ce qui indisposerait les riches et les intellectuels. Si les gens ne sont pas flexibles, l&#8217;\u00e9vangile l&#8217;est s\u00fbrement. L&#8217;\u00e9glise a \u00e9t\u00e9 faite pour sauver les hommes, et non pour les chasser et les d\u00e9courager. Aussi, nos id\u00e9es plus larges et modernes ont-elles fait d\u00e9border et jaillir la notion \u00e9triqu\u00e9e et \u00e9go\u00efste que nous sommes meilleurs que d&#8217;autres gens lesquels devraient \u00eatre exclus de notre communion.<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;agape fraternelle avec ses pr\u00e9jug\u00e9s dogmatiques, et la r\u00e9union de la classe qui, pour beaucoup d&#8217;esprits \u00e9tait presque aussi mauvaise que le confessionnal, ont \u00e9t\u00e9 grandement abandonn\u00e9es en faveur des associations d&#8217;Epworth et des soci\u00e9t\u00e9s d&#8217;encouragement.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0De nos jours, plus qu&#8217;\u00e0 aucun autre moment de l&#8217;histoire de l&#8217;\u00e9glise, les distingu\u00e9s ministres de culte se conforment \u00e0 l&#8217;injonction du Ma\u00eetre d&#8217;\u00eatre \u00ab prudents comme d\u00e8s serpents et simples comme des colombes \u00bb. 1 Lequel d&#8217;entre eux commettrait l&#8217;absurdit\u00e9 des pr\u00e9dicateurs d&#8217;antan de dire au membre officiel le plus riche de son \u00e9glise qui roule sur l&#8217;or, de vendre tout ce qu&#8217;il a pour Dieu et pour l&#8217;humanit\u00e9, de prendre sa croix et-de suivre Christ ? Celui-l\u00e0 (je veux dire le ministre) pourrait s&#8217;en aller en pleurant.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Alors que l&#8217;\u00e9volution est la loi, et le progr\u00e8s le mot d&#8217;ordre, on doit toujours d\u00e9plorer l&#8217;imprudence et l&#8217;extr\u00e9misme, mais le ministre moderne est rarement coupable de l&#8217;une ou de l&#8217;autre. Le pr\u00e9dicateur rigoureux, rude qui, autrefois, accusait le Dieu d&#8217;amour d&#8217;\u00eatre courrouc\u00e9 a disparu pour faire place \u00e0 son successeur, lequel soigne son style, a une diction \u00e9l\u00e9gante,<\/p>\n<p>(P178) et dont les pens\u00e9es, les sensations et les sentiments sont po\u00e9tiques et inoffensifs.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le \u00ab temps-limite \u00bb durant lequel un ministre peut demeurer dans la m\u00eame charge pendant cinq ann\u00e9es, sera abandonn\u00e9 en 1896 \u00e0 la prochaine Conf\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale. Au d\u00e9but, il ne pouvait servir que six mois dans la m\u00eame charge, puis la dur\u00e9e fut \u00e9tendue \u00e0 une ann\u00e9e, puis \u00e0 deux, puis \u00e0 trois, et derni\u00e8rement \u00e0 cinq. Mais \u00e0 pr\u00e9sent,&#8217; les milieux dirigeants et cultiv\u00e9s de l&#8217;\u00e9glise estiment que si son prestige .social et sa prosp\u00e9rit\u00e9 doivent faire bonne figure en comparaison avec les autres \u00e9glises, ses pasteurs, doivent avoir une situation stable, afin que ses habiles pr\u00e9dicateurs puissent devenir les \u00e9l\u00e9ments directeurs de cercles sociaux et litt\u00e9raires. Il faut en effet se souvenir que le r\u00f4le du pr\u00e9dicateur n&#8217;est plus aujourd&#8217;hui ce qu&#8217;il \u00e9tait souvent, savoir, de tenir d&#8217;ennuyeuses r\u00e9unions et d&#8217;\u00eatre un \u00e9vang\u00e9liste. Personne ne comprend mieux cela que les pr\u00e9dicateurs eux-m\u00eames. Ceux qui, dans le pass\u00e9, lanc\u00e8rent les grands revivals ou r\u00e9veils religieux, \u00e9taient un genre de pr\u00e9dicateurs tr\u00e8s \u00e0 la mode dans les \u00e9glises, et chaque ann\u00e9e; ils avaient l&#8217;habitude de pr\u00e9senter le nombre de conversions op\u00e9r\u00e9es au cours de l&#8217;ann\u00e9e. De nos jours, cependant, la\u00efques et eccl\u00e9siastiques ont des id\u00e9es diff\u00e9rentes, moins excentriques. Les \u00e9glises plus importantes veulent des pasteurs qui aient le sens de l&#8217;esth\u00e9tique, qui sachent aussi d\u00e9tourner les coups du scepticisme moderne et attirer dans l&#8217;\u00e9glise les classes intellectuelles et distingu\u00e9es. Lors de la conf\u00e9rence annuelle o\u00f9 le pr\u00e9dicateur pr\u00e9sente un rapport g\u00e9n\u00e9ral, ce qui en fait l&#8217;objet essentiel c&#8217;est le produit de ses collectes missionnaires. Le pr\u00e9dicateur m\u00e9thodiste moderne a des talents remarquables pour recueillir l&#8217;argent ; \u2022 il sait p\u00e9n\u00e9trer au fond du c\u0153ur de ses paroissiens par des m\u00e9thodes beaucoup mieux appropri\u00e9es que les exhortations et les appels d&#8217;autrefois.<\/p>\n<p>\u00ab Quelle grande le\u00e7on ont bien apprise ces dirigeants de la pens\u00e9e chr\u00e9tienne, \u00e0 savoir que l&#8217;\u00e9vangile ne doit jamais froisser le go\u00fbt des gens cultiv\u00e9s et distingu\u00e9s. Si une \u00e9glise sait se conformer aux exigences de l&#8217;\u00e9poque avec toute la souplesse voulue, elle voit s&#8217;ouvrir devant elle toutes grandes, les portes de la prosp\u00e9rit\u00e9 future qui l&#8217;accueille \u00e0 bras ouverts. La devise la mieux appropri\u00e9e pour une \u00e9glise n&#8217;est-elle pas celle qui fut chant\u00e9e par les anges messagers : \u00ab Paix sur la terre, bonne volont\u00e9 envers les hommes \u00bb ?<\/p>\n<p>Sign\u00e9 : R\u00e9v. Chas. A. Crane \u00bb.<\/p>\n<p>Ce qui suit, de la plume de l&#8217;\u00e9v\u00eaque R. S. Foster, de l&#8217;\u00e9glise m\u00e9thodiste \u00e9piscopale, est un extrait du journal \u00ab Gospel Trumpet \u00bb. Il donne le m\u00eame t\u00e9moignage, bien qu&#8217;en des termes diff\u00e9rents. Certains de ses paroissiens trouv\u00e8rent peut-\u00eatre ces v\u00e9rit\u00e9s un peu trop franches, car depuis lors, l&#8217;\u00e9v\u00eaque a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 la retraite, malgr\u00e9 lui et malgr\u00e9 ses larmes.<\/p>\n<p>(P 179)<\/p>\n<p>D\u00c9CLARATION DE L&#8217;\u00c9V\u00caQUE FOSTER :<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;\u00e9glise de Dieu, aujourd&#8217;hui, courtise l\u00e9 monde. Ses membres essaient de la faire descendre au niveau des impies. Le bal, le th\u00e9\u00e2tre, le nu et la lubricit\u00e9 dans l&#8217;art, le luxe social avec son rel\u00e2chement moral, tout ceci s&#8217;est fray\u00e9 un chemin, a p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans l&#8217;enceinte secr\u00e8te de l&#8217;\u00e9glise. Pour compenser toute cette mondanit\u00e9, les chr\u00e9tiens d\u00e9ploient une grande activit\u00e9 pendant le Car\u00eame, P\u00e2ques et le Vendredi-saint et dans la d\u00e9coration de l&#8217;\u00e9glise. C&#8217;est la vieille astuce de Satan. L&#8217;\u00e9glise juda\u00efque a heurt\u00e9 contre ce roc ; l&#8217;\u00e9glise romaine a fait naufrage sur le m\u00eame roc, et l&#8217;\u00e9glise protestante ne va pas tarder \u00e0 subir le m\u00eame sort.<\/p>\n<p>\u00ab Tels que nous les discernons, les grands dangers que nous courons sont : l&#8217;assimilation au monde, l&#8217;oubli des pauvres, la substitution de la forme ext\u00e9rieure \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la pi\u00e9t\u00e9, l&#8217;abandon de la discipline, un pastorat mercenaire, un \u00e9vangile impur, en bref, une \u00e9glise \u00e0 la mode. Le fait que les m\u00e9thodistes soient sujets \u00e0 une telle issue, et qu&#8217;\u00e0 cent ans de son d\u00e9part, il puisse y avoir dans leur \u00e9glise de tels signes, semble \u00eatre presque le miracle de l&#8217;histoire ; pourtant, quel est celui qui, regardant autour de lui aujourd&#8217;hui, pourrait ne pas s&#8217;en rendre compte ?<\/p>\n<p>\u00ab Les m\u00e9thodistes, en violation de la Parole de Dieu et de leur propre discipline, ne s&#8217;habillent-ils pas d&#8217;une mani\u00e8re aussi extravagante selon la mode que n&#8217;importe quelle autre classe ? Les dames, et souvent les \u00e9pouses et les filles du pasteur, ne portent-elles pas \u00ab de l&#8217;or, des perles et des parures co\u00fbteuses \u00bb ? La robe simple, conseill\u00e9e par John Wesley et l&#8217;\u00e9v\u00eaque Asbury, et que port\u00e8rent Hester Ann Rogers, Lady Huntington et beaucoup d&#8217;autres \u00e9galement distingu\u00e9es, serait-elle consid\u00e9r\u00e9e maintenant dans les milieux m\u00e9thodistes comme du fanatisme ? Celui qui p\u00e9n\u00e8tre dans l&#8217;\u00e9glise m\u00e9thodiste de n&#8217;importe laquelle de nos grandes villes, peut-il distinguer les v\u00eatements des communiants de ceux que portent les personnes qui vont au th\u00e9\u00e2tre ou au bal ? Ne sent-on pas l&#8217;esprit mondain dans la musique ? Dans les ch\u0153urs, les chanteurs et chanteuses, habill\u00e9s avec soin et par\u00e9s, ne faisant pas, dans la plupart des cas, profession de religion mais \u00e9tant souvent des moqueurs incr\u00e9dules, font une froide interpr\u00e9tation artistique ou \u00e0 la fa\u00e7on d&#8217;un op\u00e9ra, -ce qui est autant en harmonie avec un culte spirituel que l&#8217;est un op\u00e9ra ou un th\u00e9\u00e2tre. Avec une ex\u00e9cution aussi mondaine, la spiritualit\u00e9 se refroidit et meurt.<\/p>\n<p>\u00ab Jadis, chaque m\u00e9thodiste fr\u00e9quentait la \u00ab classe \u00bb et donnait le t\u00e9moignage d&#8217;une religion v\u00e9cue. A pr\u00e9sent, la r\u00e9union du \u00ab groupe \u00bb<\/p>\n<p>(P 180) est suivie par un tr\u00e8s petit nombre, et dans de nombreuses \u00e9glises, elle a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e. Il est rare que les tr\u00e9soriers, les fond\u00e9s de pouvoir et les conducteurs de l&#8217;\u00e9glise fr\u00e9quentent la classe. Autrefois, presque tous les m\u00e9thodistes priaient, t\u00e9moignaient ou exhortaient dans la r\u00e9union de pri\u00e8res. Maintenant, on n&#8217;en entend plus que quelques-uns. Autrefois, on entendait des acclamations et des louanges : maintenant, de telles d\u00e9monstrations d&#8217;un saint enthousiasme et d&#8217;une sainte joie sont consid\u00e9r\u00e9es comme du fanatisme.<\/p>\n<p>\u00ab Des parties, des foires, des festivals, des concerts mondains et d&#8217;autres choses semblables ont remplac\u00e9 les rassemblements religieux, les r\u00e9unions de r\u00e9veils religieux, les r\u00e9unions de \u00ab classe \u00bb et de pri\u00e8res des premiers temps.<\/p>\n<p>\u00ab Il est bien vrai que la discipline m\u00e9thodiste est lettre morte. Ses r\u00e8glements interdisent le port d&#8217;or, de perles et de parures co\u00fbteuses ; cependant, jamais personne ne pense \u00e0 reprendre les membres qui les enfreignent. Ces r\u00e8glements interdisent la lecture de livres impies ou les distractions qui ne servent pas la pi\u00e9t\u00e9 ; cependant, l&#8217;\u00e9glise elle-m\u00eame va aux spectacles, aux amusements, aux festivals et aux foires qui d\u00e9truisent la vie spirituelle des jeunes aussi bien que des vieux. Il est effrayant de constater \u00e0 quel point ceci a lieu maintenant.<\/p>\n<p>\u00ab Les premiers pasteurs, m\u00e9thodistes partaient pour sacrifier et souffrir pour Christ. Ils ne recherchaient pas des places en vue et le confort, mais celles de privation et de souffrance. Ils ne se glorifiaient pas de leurs gros traitements, de membres \u00e9minents, et de leurs congr\u00e9gations cultiv\u00e9es, mais des \u00e2mes qu&#8217;ils avaient gagn\u00e9es pour J\u00e9sus. Oh ! Comme tout cela a chang\u00e9 ! Un pasteur mercenaire sera un faible ministre, timide, servile, sans opinion personnelle, sans foi, sans endurance et sans force de saintet\u00e9. Autrefois, le m\u00e9thodisme s&#8217;occupait de la grande v\u00e9rit\u00e9 centrale. A pr\u00e9sent, les chaires discutent amplement de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s et s&#8217;occupent de conf\u00e9rences populaires. On entend rarement dans les chaires pr\u00eacher la glorieuse doctrine de la sanctification compl\u00e8te, et on la porte peu souvent en t\u00e9moignage \u00bb.<\/p>\n<p>Tandis que des efforts sp\u00e9ciaux sont faits pour engager les sympathies et la coop\u00e9ration des jeunes gens des \u00e9glises dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat de l&#8217;union religieuse en les rassemblant d&#8217;une mani\u00e8re sociale, et en \u00e9vitant la controverse religieuse et l&#8217;enseignement doctrinal, des efforts plus directs encore sont faits pour amener les membres adultes en sympathie avec le mouvement d&#8217;union. C&#8217;est \u00e0 cette fin que les conducteurs de toutes tes d\u00e9nominations font des projets et travaillent, et beaucoup d&#8217;efforts de modeste importance<\/p>\n<p>(P 181) ont abouti au grand Congr\u00e8s des Religions qui se tint \u00e0 Chicago pendant l&#8217;\u00e9t\u00e9 de 1893. L&#8217;objet du Congr\u00e8s \u00e9tait tr\u00e8s clair dans l&#8217;esprit des dirigeants et fut exprim\u00e9 d&#8217;une mani\u00e8re tr\u00e8s claire, mais le commun des fid\u00e8les des \u00e9glises suivit les conducteurs sans la moindre consid\u00e9ration apparente du principe en jeu, savoir que c&#8217;\u00e9tait l\u00e0 un grand compromis de la chr\u00e9tient\u00e9 avec tout ce qui n&#8217;est pas chr\u00e9tien. Et maintenant qu&#8217;il y a un projet d&#8217;extension du mouvement en une f\u00e9d\u00e9ration universelle de tous les corps religieux qui aurait lieu en 1913, et en raison du fait que l&#8217;Union chr\u00e9tienne est activement orient\u00e9e dans cette voie du compromis, que tous ceux qui d\u00e9sirent demeurer fid\u00e8les \u00e0 Dieu remarquent bien les principes exprim\u00e9s par ces conducteurs religieux.<\/p>\n<p>Alors que le R\u00e9v. J. H. Barrows, D.D., l&#8217;esprit dirigeant du Congr\u00e8s mondial des Religions \u00e0 Chicago, s&#8217;occupait de promouvoir l&#8217;extension de ce dernier, un journal de San Francisco aurait rapport\u00e9 qu&#8217;il avait d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 son repr\u00e9sentant au sujet du travail sp\u00e9cial qu&#8217;il accomplissait en vue de l&#8217;unit\u00e9 religieuse :<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;union des religions \u00bb, dit-il en bref, se fera de l&#8217;une des deux mani\u00e8res possibles. En premier lieu, les \u00e9glises qui ont une base de foi et de doctrine presque commune doivent s&#8217;unir, les diverses branches du m\u00e9thodisme et du presbyt\u00e9rianisme par exemple. Ensuite, lorsque les sectes seront unies entre elles, tout le protestantisme en g\u00e9n\u00e9ral s&#8217;unira. La compr\u00e9hension augmentant, catholiques et protestants d\u00e9couvriront que les diff\u00e9rences qui les s\u00e9parent ne sont r\u00e9ellement pas majeures, et ils envisageront de s&#8217;unir. Ceci accompli, l&#8217;union avec d&#8217;autres religions diff\u00e9rentes [c&#8217;est-\u00e0-dire le mahom\u00e9tisme, le bouddhisme, le brahmanisme, le confucianisme, etc. \u2014 des religions pa\u00efennes] n&#8217;est plus qu&#8217;une question de temps.<\/p>\n<p>\u00ab En second lieu, les religions et les \u00e9glises pourraient s&#8217;unir sur une base civile et morale, selon les vues de M. Stead [une victime du Titanic, un spirite]. Les organisations religieuses ont des int\u00e9r\u00eats et des devoirs communs dans les collectivit\u00e9s o\u00f9 elles existent, et il est possible qu&#8217;elles s&#8217;associent pour promouvoir et accomplir ces desseins.<\/p>\n<p>(P 182) Quant \u00e0 moi, je m&#8217;attends \u00e0 voir cette union se r\u00e9aliser par le premier moyen. Quelle que soit la mani\u00e8re, les congr\u00e8s de religion commencent \u00e0 prendre forme. Le R\u00e9v. Theo. E. Seward mentionne le succ\u00e8s croissant de sa \u00ab Fraternit\u00e9 de l&#8217;unit\u00e9 chr\u00e9tienne \u00bb \u00e0 New York, tandis qu&#8217;\u00e0 Chicago a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e tr\u00e8s r\u00e9cemment, sous la direction de C.C. Bonney, une grande et vigoureuse \u00ab Association pour l&#8217;avancement de l&#8217;unit\u00e9 religieuse \u00bb.<\/p>\n<p>LE GRAND CONGR\u00c8S DES RELIGIONS<\/p>\n<p>Le \u00ab Chicago Herald \u00bb, commentant favorablement les travaux du Congr\u00e8s (nous soulignons en italiques) d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Jamais depuis la confusion de Babel, autant de religions, autant de credo, se sont tenus c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, la main dans la main, et presque c\u0153ur \u00e0 c\u0153ur, comme ce fut le cas dans ce grand amphith\u00e9\u00e2tre hier soir. Jamais depuis que l&#8217;histoire \u00e9crite existe, des humains de toutes races n&#8217;ont \u00e9t\u00e9 si fortement li\u00e9s par la cha\u00eene d&#8217;or de l&#8217;Amour. Les nations de la terre, les credo de la chr\u00e9tient\u00e9, bouddhistes et baptistes, mahom\u00e9tans et m\u00e9thodistes, catholiques et disciples de Confucius, brahmanes et unitaires, shinto\u00efstes et \u00e9piscopaux, presbyt\u00e9riens et panth\u00e9istes, monoth\u00e9istes et polyth\u00e9istes, repr\u00e9sentant toutes les nuances de la pens\u00e9e et des conditions humaines, se sont enfin rencontr\u00e9s dans les liens communs de la sympathie, de l&#8217;humanit\u00e9 et du respect \u00bb.<\/p>\n<p>Comme il est significatif le fait que la pens\u00e9e de cet approbateur enthousiaste m\u00eame du grand Congr\u00e8s se soit report\u00e9e au temps de la m\u00e9morable confusion des langues \u00e0 Babel ! N&#8217;\u00e9tait-ce pas, en v\u00e9rit\u00e9, qu&#8217;il reconnaissait instinctivement en ce Parlement un antitype remarquable ?<\/p>\n<p>Le R\u00e9v. Barrows, cit\u00e9 plus haut, parla avec enthousiasme des rapports amicaux qui se manifest\u00e8rent parmi les ministres protestants, les pr\u00eatres catholiques, les rabbins juifs et, en fait, les conducteurs de toutes les religions existantes, par leur accord \u00e0 propos du grand Congr\u00e8s de Chicago. Il d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;id\u00e9e ancienne que la religion \u00e0 laquelle j&#8217;appartiens est la seule vraie, n&#8217;est plus de saison. On peut apprendre quelque chose de toutes les religions, et aucun homme n&#8217;est digne de la<\/p>\n<p>(P 183) religion qu&#8217;il repr\u00e9sente s&#8217;il n&#8217;accepte pas de saisir un homme par la main en le consid\u00e9rant comme son fr\u00e8re. Quelqu&#8217;un a dit que le moment est maintenant propice pour que la meilleure religion vienne au premier plan. Le temps est pass\u00e9 o\u00f9 un homme prenait un air de sup\u00e9riorit\u00e9 au sujet de sa religion. Ici se r\u00e9uniront le sage, l&#8217;\u00e9rudit et le prince de l&#8217;Orient en toute amiti\u00e9 avec l&#8217;archev\u00eaque, le rabbin, le missionnaire, le pr\u00e9dicateur et le pr\u00eatre. Pour la premi\u00e8re fois, ils prendront place ensemble au Congr\u00e8s. On esp\u00e8re que cela aidera \u00e0 supprimer les barri\u00e8res des credo \u00bb.<\/p>\n<p>Le R\u00e9v. T. Chalmers, de l&#8217;\u00e9glise des Disciples, dit :<\/p>\n<p>\u00ab Ce premier Congr\u00e8s des religions para\u00eet \u00eatre le pr\u00e9curseur d&#8217;une fraternit\u00e9 plus grande encore, une fraternit\u00e9 qui combinera en une seule religion mondiale ce qu&#8217;il y a. de mieux, non pas dans une seule religion, mais dans toutes les grandes confessions de foi historiques. Il se pourrait que, conduits par cette plus grande esp\u00e9rance, nous dussions r\u00e9viser notre phras\u00e9ologie et parler davantage d&#8217;unit\u00e9 religieuse que d&#8217;unit\u00e9 chr\u00e9tienne. Je me r\u00e9jouis de ce que tous les grands cultes vont se rapprocher les uns des autres, et que J\u00e9sus viendra prendre place aux c\u00f4t\u00e9s de Gautama, Confucius et Zoroastre \u00bb.<\/p>\n<p>Le New York Sun, dans un \u00e9ditorial sur ce sujet, dit :<\/p>\n<p>\u00ab Nous ne pouvons distinguer exactement ce que le Congr\u00e8s se propose d&#8217;accomplir&#8230; Il est toutefois possible que le plan de Chicago soit de mettre sur pied une sorte de religion nouvelle et combin\u00e9e (\u00ab compound \u00bb \u2014 Trad.), qui comprendra et satisfera chaque vari\u00e9t\u00e9 d&#8217;opinion religieuse et irr\u00e9ligieuse. C&#8217;est Une entreprise consid\u00e9rable que d&#8217;\u00e9tablir une religion nouvelle et \u00e9clectique qui satisfasse tout le monde ; mais Chicago a confiance \u00bb.<\/p>\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, ce serait une chose bien \u00e9trange si, soudainement, l&#8217;esprit de Christ et l&#8217;esprit du monde se prouvaient \u00eatre en harmonie, et si ceux qui sont anim\u00e9s d&#8217;esprits contraires comprenaient les choses de la m\u00eame fa\u00e7on. Mais il n&#8217;en est pas ainsi. Il est toujours vrai que l&#8217;esprit du monde est toujours inimiti\u00e9 contre Dieu (Jacques 4 : 4) ; que ses conceptions et ses philosophies sont vaines et insens\u00e9es, et que, seule, la r\u00e9v\u00e9lation divine contenue dans les \u00c9critures inspir\u00e9es des ap\u00f4tres et des proph\u00e8tes est la seule v\u00e9rit\u00e9 divinement inspir\u00e9e.<\/p>\n<p>(P 184)<\/p>\n<p>L&#8217;un des objets d\u00e9clar\u00e9s de ce Congr\u00e8s, d&#8217;apr\u00e8s son. pr\u00e9sident, M. Bonney, \u00e9tait de rassembler toutes les religions du monde \u00ab afin que puissent \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s leurs buts communs et leurs bases communes d&#8217;union, et que le merveilleux progr\u00e8s religieux du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle puisse \u00eatre reconsid\u00e9r\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>En fait, le v\u00e9ritable et seul objet de cette reconsid\u00e9ration \u00e9tait \u00e9videmment de r\u00e9pondre \u00e0 l&#8217;esprit investigateur des temps actuels \u2014 de cette heure du jugement \u2014 afin de pr\u00e9senter sous son meilleur jour possible la marche de l&#8217;\u00e9glise, et d&#8217;inspirer l&#8217;espoir qu&#8217;apr\u00e8s tout l&#8217;\u00e9chec apparent de la chr\u00e9tient\u00e9, l&#8217;\u00e9glise est juste sur le point de remporter une, victoire \u00e9clatante, que bient\u00f4t, tr\u00e8s bient\u00f4t, sa pr\u00e9tendue mission aura accompli la conversion du monde. Et maintenant, remarquez de quelle fa\u00e7on elle se propose d&#8217;y parvenir, et observez qu&#8217;au lieu que ce soit par l&#8217;esprit de v\u00e9rit\u00e9 et de droiture, ce sera par celui de compromission, d&#8217;hypocrisie et de tromperie. L&#8217;objet d\u00e9clar\u00e9 du Congr\u00e8s \u00e9tait la fraternisation et l&#8217;union religieuse ; ce qui s&#8217;y manifestait d&#8217;une fa\u00e7on marqu\u00e9e \u00e9tait le d\u00e9sir ardent d&#8217;y parvenir \u00e0 tout prix. Pour disposer favorablement les bigots pa\u00efens, ils \u00e9taient m\u00eame consentants, selon leurs d\u00e9clarations pr\u00e9cit\u00e9es, de r\u00e9viser leur phras\u00e9ologie et de l&#8217;appeler l&#8217;unit\u00e9 religieuse, en abandonnant le nom offensant de chr\u00e9tien et en \u00e9tant tout \u00e0 fait satisfaits de priver J\u00e9sus de sa sup\u00e9riorit\u00e9 pour lui faire prendre humblement place aux c\u00f4t\u00e9s des sages pa\u00efens Gautama, Confucius et Zoroastre. L&#8217;esprit de doute et de perplexit\u00e9, de compromission et d&#8217;infid\u00e9lit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de la part des chr\u00e9tiens protestants, l&#8217;esprit de vantardise, de donneur de conseils (\u00ab counsel \u00bb) et d&#8217;autorit\u00e9 de la part des catholiques romains et de tous les autres bigots, tels furent les aspects les plus frappants du grand Congr\u00e8s. Sa premi\u00e8re session fut ouverte avec la pri\u00e8re d&#8217;un catholique romain \u2014 le Cardinal Gibbons \u2014 et sa derni\u00e8re session fut termin\u00e9e par la b\u00e9n\u00e9diction d&#8217;un catholique romain \u2014 l\u2019\u00c9v\u00eaque Keane. Pendant la derni\u00e8re session, un pr\u00eatre shinto\u00efste du Japon invoqua<\/p>\n<p>(P 185) sur l&#8217;assembl\u00e9e disparate la b\u00e9n\u00e9diction de huit millions de divinit\u00e9s.<\/p>\n<p>Le R\u00e9v. Barrows a \u00e9t\u00e9 depuis deux ann\u00e9es en correspondance avec les repr\u00e9sentants pa\u00efens des autres pays, lan\u00e7ant par le monde le cri mac\u00e9donien \u00e0 tous les pr\u00eatres et ap\u00f4tres pa\u00efens : \u00ab Passez ici, et aidez-nous ! \u00bb. Que cet appel ait \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 repr\u00e9sentativement par l&#8217;\u00e9glise presbyt\u00e9rienne qui, depuis plusieurs ann\u00e9es, subit une ardente \u00e9preuve de jugement, fut \u00e9galement un fait significatif de la confusion et d&#8217;une inqui\u00e9tude qui pr\u00e9valent dans cette d\u00e9nomination et dans toute la chr\u00e9tient\u00e9. Ainsi, la chr\u00e9tient\u00e9 \u00e9tait-elle pr\u00eate pour la grande convocation.<\/p>\n<p>Pendant dix-sept jours, des repr\u00e9sentants chr\u00e9tiens de toutes les d\u00e9nominations prirent place en conseil aupr\u00e8s des repr\u00e9sentants de toutes les diverses religions pa\u00efennes. A ces derniers, les orateurs chr\u00e9tiens firent \u00e0 maintes reprises allusion\u00a0 en termes complimenteurs comme \u00e0 \u00ab des sages de l&#8217;Orient \u00bb ; cette expression est emprunt\u00e9e aux \u00c9critures o\u00f9, en fait, elle fut appliqu\u00e9e \u00e0 une classe tr\u00e8s diff\u00e9rente, savoir aux quelques personnes pieuses croyant au Dieu d&#8217;Isra\u00ebl et aux proph\u00e8tes d&#8217;Isra\u00ebl qui avaient pr\u00e9dit l&#8217;av\u00e8nement de l&#8217;Oint de l\u2019\u00c9ternel ; ces personnes attendaient patiemment et guettaient sa venue, en ne pr\u00eatant aucune attention aux esprits s\u00e9ducteurs de la sagesse mondaine qui ne connaissaient point Dieu. A ceux-l\u00e0 qui \u00e9taient vraiment des sages, aussi humbles qu&#8217;ils pussent \u00eatre, Dieu r\u00e9v\u00e9la son message b\u00e9ni de pair et d&#8217;esp\u00e9rance.<\/p>\n<p>Le th\u00e8me annonc\u00e9 pour le dernier jour du Congr\u00e8s, fut \u00ab \/\/union religieuse de la famille humaine tout enti\u00e8re \u00bb, o\u00f9 seraient consid\u00e9r\u00e9s \u00ab Les \u00e9l\u00e9ments de religion parfaite tels qu&#8217;ils sont reconnus et expos\u00e9s dans les diff\u00e9rentes croyances \u00bb, en vue de d\u00e9terminer \u00ab les caract\u00e9ristiques de la religion d\u00e9finitive \u00bb et \u00ab le centre de l&#8217;unit\u00e9 religieuse prochaine des humains \u00bb.<\/p>\n<p>Est-il possible que, de leur propre aveu, des ministres chr\u00e9tiens (?) soient incapables, apr\u00e8s si longtemps, de d\u00e9terminer ce qui devrait \u00eatre le centre de l&#8217;unit\u00e9 religieuses, ou les<\/p>\n<p>(P 186) caract\u00e9ristiques d&#8217;une religion parfaite ? Sont-ils vraiment si d\u00e9sireux d&#8217;avoir une \u00ab religion mondiale\u00bb qu&#8217;ils soient pr\u00eats \u00e0 sacrifier l&#8217;un quelconque des principes, ou tous les principes d&#8217;un vrai christianisme, et m\u00eame le nom de \u00ab chr\u00e9tien \u00bb, si n\u00e9cessaire, pour l&#8217;obtenir ? C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu&#8217;ils avouent. \u00ab Je te jugerai par ta propre bouche, m\u00e9chant esclave \u00bb, dit l\u2019\u00c9ternel. Les jours qui pr\u00e9c\u00e9d\u00e8rent la conf\u00e9rence furent r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9sentation, par leurs repr\u00e9sentants respectifs, des diverses religions.<\/p>\n<p>Le projet \u00e9tait audacieux et hasardeux, mais il aurait d\u00fb ouvrir les yeux de tout v\u00e9ritable enfant de Dieu devant plusieurs faits qui furent tr\u00e8s manifestes, savoir : (1) que l&#8217;\u00e9glise chr\u00e9tienne nominale a atteint son dernier espoir dans la capacit\u00e9 de se maintenir, sous les jugements p\u00e9n\u00e9trants de ce jour alors que \u00ab l\u2019\u00c9ternel a un d\u00e9bat avec son peuple \u00bb, Isra\u00ebl spirituel nominal (Mich\u00e9e 6 : 1, 2) ; (2) qu&#8217;au lieu de se repentir de leurs apostasies et de leur manque de foi, de z\u00e8le et de pi\u00e9t\u00e9, et ainsi de chercher \u00e0 retrouver la faveur divine, ces diff\u00e9rentes \u00e9glises s&#8217;efforcent, par une certaine sorte d&#8217;union et de coop\u00e9ration, \u00e0 se soutenir les unes les autres, et \u00e0 faire appel \u00e0 l&#8217;aide du monde pa\u00efen pour les aider \u00e0 r\u00e9sister aux jugements de l\u2019\u00c9ternel qui r\u00e9v\u00e8lent les erreurs de leurs credo humains et les d\u00e9formations de son noble caract\u00e8re ; (3) qu&#8217;elles sont pr\u00eates \u00e0 sacrifier en partie (\u00ab compromise \u00bb) Christ et son \u00c9vangile, afin d&#8217;obtenir l&#8217;amiti\u00e9 du monde et les avantages qu&#8217;il accorde en pouvoir et en influence ; (4) que leur aveuglement est tel qu&#8217;elles ne peuvent distinguer entre la v\u00e9rit\u00e9 et l&#8217;erreur, ou entre l&#8217;esprit de la v\u00e9rit\u00e9 et l&#8217;esprit du monde ; et (5) qu&#8217;elles ont d\u00e9j\u00e0 perdu de vue les doctrines de Christ.<\/p>\n<p>Sans doute, une aide temporaire viendra des sources o\u00f9 on la cherche avec tant d&#8217;enthousiasme, mais ce ne sera qu&#8217;une \u00e9tape pr\u00e9paratoire qui engagera le monde entier dans la condamnation imminente de Babylone, amenant les rois,<\/p>\n<p>(P 187) les marchands et les commer\u00e7ants de la terre enti\u00e8re \u00e0 pleurer et \u00e0 se lamenter sur cette grande cit\u00e9. \u2014 Apoc. 18 : 9, 11, 17-19.<\/p>\n<p>En consid\u00e9rant l&#8217;\u00e9volution du grand Congr\u00e8s, notre attention est fortement attir\u00e9e par plusieurs points remarquables : (1) L&#8217;esprit et l&#8217;attitude de doute et de compromission de la chr\u00e9tient\u00e9 nominale, \u00e0 l&#8217;exception des \u00e9glises catholiques romaine et grecque. (2) L&#8217;attitude assur\u00e9e et assertive du catholicisme et de toutes les autres religions. (3) Les distinctions tr\u00e8s nettes, observ\u00e9es par les sages pa\u00efens, entre le christianisme enseign\u00e9 dans la Bible et celui enseign\u00e9 par les missionnaires chr\u00e9tiens des diverses sectes de la chr\u00e9tient\u00e9 qui, en m\u00eame temps que la Bible, apportent leurs credo d\u00e9raisonnables et contradictoires dans les pays \u00e9trangers. (4) L&#8217;estimation par les pa\u00efens de l&#8217;effort missionnaire, et les futures perspectives de cet effort dans leurs pays. (5) L&#8217;influence de la Bible sur nombre de gens dans les pays \u00e9trangers, malgr\u00e9 ses mauvaises interpr\u00e9tations par ceux qui l&#8217;apportent au loin. (6) L&#8217;influence actuelle et les r\u00e9sultats probables du grand Congr\u00e8s. (7) Son aspect g\u00e9n\u00e9ral du point de vue proph\u00e9tique.<\/p>\n<p>LA COMPROMISSION DE LA V\u00c9RIT\u00c9<\/p>\n<p>Le grand Congr\u00e8s religieux a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 par des chr\u00e9tiens \u2014 des chr\u00e9tiens protestants ; il eut lieu dans un pays ouvertement protestant, et sous la direction et l&#8217;impulsion de chr\u00e9tiens protestants, de sorte que les protestants peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme responsables de toutes ses assises. Qu&#8217;on veuille remarquer, alors, que l&#8217;esprit actuel du protestantisme est celui de compromission et d&#8217;incr\u00e9dulit\u00e9. Ce Congr\u00e8s a \u00e9t\u00e9 voulu afin de compromettre Christ et son \u00c9vangile pour gagner l&#8217;amiti\u00e9 de l&#8217;antichrist et du paganisme. On donna les honneurs \u00e0 la fois de l&#8217;ouverture et de la cl\u00f4ture de ses d\u00e9lib\u00e9rations aux repr\u00e9sentants de la papaut\u00e9. Il est \u00e0 remarquer aussi que si<\/p>\n<p>(P 188) les credo des diverses nations pa\u00efennes furent pr\u00e9sent\u00e9s d\u2019une mani\u00e8re convenable et d\u00e9taill\u00e9e par leurs repr\u00e9sentants, il n&#8217;y eut par contre, aucune pr\u00e9sentation syst\u00e9matique du christianisme dans aucune de ses phases, bien que des chr\u00e9tiens fissent des discours sur certains de ses th\u00e8mes. N&#8217;est-il vraiment pas \u00e9trange qu&#8217;une telle assembl\u00e9e ait laiss\u00e9 passer une pareille occasion de pr\u00eacher l\u2019\u00c9vangile de Christ \u00e0 des repr\u00e9sentants intelligents et influen\u00e7ables du monde pa\u00efen ? Les soi-disant repr\u00e9sentants de l\u2019\u00c9vangile de Christ \u00e9taient-ils honteux de cet \u00c9vangile ? (Rom. 1 : 16). Les catholiques romains eurent une part pr\u00e9pond\u00e9rante dans les discours, n&#8217;ayant pas \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9s moins de seize fois dans les sessions du Congr\u00e8s.<\/p>\n<p>Non seulement cela, mais il y eut de pr\u00e9tendus chr\u00e9tiens qui s&#8217;acharn\u00e8rent \u00e0 vouloir renverser les doctrines fondamentales du christianisme : ils firent part aux repr\u00e9sentants du monde pa\u00efen des doutes qu&#8217;ils avaient concernant l&#8217;infaillibilit\u00e9 des \u00c9critures chr\u00e9tiennes ; ils leur dirent que les r\u00e9cits de la Bible doivent \u00eatre re\u00e7us en tenant compte de leur faillibilit\u00e9, et que leurs enseignements doivent \u00eatre compl\u00e9t\u00e9s par la raison et la philosophie humaines, et accept\u00e9s seulement dans la mesure o\u00f9 ils s&#8217;accordent avec elles. Il y en eut d&#8217;autres, se pr\u00e9tendant des chr\u00e9tiens orthodoxes, qui rejet\u00e8rent la doctrine de la. Ran\u00e7on, laquelle est le seul fondement d&#8217;une vraie foi chr\u00e9tienne ; d&#8217;autres niant la chute de l&#8217;homme, proclam\u00e8rent la conception oppos\u00e9e de l&#8217;\u00e9volution, savoir que, l&#8217;homme ne fut jamais cr\u00e9\u00e9 parfait, qu&#8217;il ne tomba jamais, et que, par cons\u00e9quent, il n&#8217;avait pas besoin de r\u00e9dempteur ; depuis sa cr\u00e9ation, affirm\u00e8rent-ils, dans une condition tr\u00e8s inf\u00e9rieure et bien \u00e9loign\u00e9e de \u00ab l&#8217;image de Dieu \u00bb, il s&#8217;est \u00e9lev\u00e9 graduellement, et il est toujours en voie d&#8217;\u00e9volution dont la loi est la survivance des, plus aptes. Et cette conception qui est le contraire m\u00eame de la doctrine biblique de la Ran\u00e7on et du R\u00e9tablissement, fut la plus populaire.<\/p>\n<p>Ci-apr\u00e8s, nous donnons quelques brefs extraits qui font ressortir l&#8217;esprit de compromission du christianisme protestant, \u00e0 la fois dans son<\/p>\n<p>(P 189) attitude envers le grand syst\u00e8me anti-chr\u00e9tien, l&#8217;\u00e9glise de Rome, et \u00e9galement envers les confessions non chr\u00e9tiennes.<\/p>\n<p>Ecoutez le Dr A. Briggs, professeur dans une Facult\u00e9 de th\u00e9ologie presbyt\u00e9rienne, d\u00e9clamer contre les \u00c9critures sacr\u00e9es. Le monsieur fut introduit par le Pr\u00e9sident, le Dr Barrows, qui d\u00e9clara que \u00ab le savoir, le courage et la fid\u00e9lit\u00e9 de ce professeur \u00e0 ses convictions, lui avaient acquis une place \u00e9lev\u00e9e dans l&#8217;\u00e9glise universelle \u00bb, et le Dr Briggs fut accueilli&#8217; par de grands applaudissements. Voici ce qu&#8217;il d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Tout ce que nous pouvons dire, c&#8217;est que la Bible est inspir\u00e9e et qu&#8217;elle est exacte dans tout ce qui a trait aux enseignements religieux qu&#8217;elle donne. Dieu dit la v\u00e9rit\u00e9, il ne peut mentir ; il ne peut \u00e9garer et tromper ses cr\u00e9atures. Mais lorsque le Dieu infini parle \u00e0 l&#8217;homme born\u00e9, ne faut-il pas qu&#8217;il se serve de paroles qui soient de l&#8217;erreur ? [Comme cette question est absurde ! Si Dieu ne dit pas la v\u00e9rit\u00e9, alors bien entendu, il n&#8217;est pas v\u00e9ridique]. Cela d\u00e9pend non seulement du langage de Dieu, mais aussi de la compr\u00e9hension de l&#8217;homme, ainsi que des moyens de communication. entre Dieu et l&#8217;homme. Il est n\u00e9cessaire de d\u00e9montrer que l&#8217;homme a la capacit\u00e9 de recevoir la parole, avant que nous puissions \u00eatre s\u00fbrs qu&#8217;il la transmette d&#8217;une mani\u00e8re exacte. [Ce professeur de th\u00e9ologie \u00ab instruit et r\u00e9v\u00e9rend \u00bb (?) devrait se souvenir que Dieu \u00e9tait capable de choisir des instruments convenables tant pour transmettre sa v\u00e9rit\u00e9 que pour l&#8217;exprimer. Cela est \u00e9vident pour tous ceux qui \u00e9tudient sinc\u00e8rement sa Parole. Un tel argument avanc\u00e9 pour mettre en doute la v\u00e9racit\u00e9 des \u00c9critures sacr\u00e9es n&#8217;est qu&#8217;un simple subterfuge et fut une insulte \u00e0 l&#8217;intelligence d&#8217;un auditoire \u00e9clair\u00e9]. L&#8217;inspiration des saintes \u00c9critures ne comporte pas l&#8217;infaillibilit\u00e9 dans tous les d\u00e9tails \u00bb.<\/p>\n<p>Ecoutez comment le R\u00e9v. Th\u00e9odore Munger, de New Haven, d\u00e9tr\u00f4ne Christ et \u00e9l\u00e8ve \u00e0 sa place la pauvre humanit\u00e9 d\u00e9chue, d\u00e9clarant :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Christ est plus qu&#8217;un ressortissant de, la Jud\u00e9e crucifi\u00e9 sur le Calvaire. Christ est l&#8217;humanit\u00e9 telle qu&#8217;elle se d\u00e9veloppe sous la puissance et la gr\u00e2ce de Dieu, et tout livre s&#8217;inspirant de ce fait [non que J\u00e9sus fut le Fils oint de Dieu, mais que l&#8217;humanit\u00e9 \u00e9volu\u00e9e comme un tout constitue le Christ, l&#8217;Oint] appartient \u00e0 la litt\u00e9rature chr\u00e9tienne. \u00bb<\/p>\n<p>Il cita pour exemples Dante, Shakespeare, Goethe, Shelley, Matthew Arnold, Emerson et d&#8217;autres, et ensuite ajouta :<\/p>\n<p>(P 190)<\/p>\n<p>A quelques exceptions pr\u00e8s, la litt\u00e9rature \u2014 toute litt\u00e9rature inspir\u00e9e \u2014 est compl\u00e8tement bas\u00e9e sur l&#8217;humanit\u00e9, insiste sur la question \u00e9thique et \u00e0 des fins \u00e9thiques, et c&#8217;est cela l&#8217;essence du christianisme&#8230; Une th\u00e9ologie qui insiste sur un Dieu transcendant si\u00e9geant au-dessus du inonde dont il tisse les fils de sa destin\u00e9e, ne recueille pas l&#8217;approbation de ces esprits qui s&#8217;expriment dans la litt\u00e9rature ; le po\u00e8te, l&#8217;homme de g\u00e9nie, le penseur profond et universel, mettent de c\u00f4t\u00e9 une pareille th\u00e9ologie ; ces gens-l\u00e0 sont trop pr\u00e8s de Dieu pour se laisser tromper par de telles expressions de sa v\u00e9rit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Le R\u00e9v. Dr Rexford, de Boston (universaliste) d\u00e9clara<\/p>\n<p>J&#8217;aimerais que nous puissions tous reconna\u00eetre qu&#8217;une adoration sinc\u00e8re, n&#8217;importe o\u00f9 et partout dans le monde, est une adoration v\u00e9ritable&#8230; La confession de foi aujourd&#8217;hui la plus g\u00e9n\u00e9rale, quoique non formul\u00e9e, est, je le pr\u00e9sume, celle selon laquelle tout adorateur qui fl\u00e9chit les genoux devant l&#8217;Etre le meilleur qu&#8217;il connaisse, et marche en toute sinc\u00e9rit\u00e9 \u00e0 la plus pure lumi\u00e8re qui brille devant lui, a acc\u00e8s aux plus hautes b\u00e9n\u00e9dictions du ciel \u00bb.<\/p>\n<p>Cet homme r\u00e9v\u00e9la s\u00fbrement le sentiment religieux qui domine aujourd&#8217;hui, mais l&#8217;Ap\u00f4tre Paul, lui, s&#8217;adressa-t-il en termes semblables aux adorateurs du \u00ab Dieu inconnu \u00bb sur la colline de Mars, ou Elie prit-il de cette mani\u00e8re la d\u00e9fense des pr\u00eatres de Baal ? Paul d\u00e9clare que le seul acc\u00e8s \u00e0 Dieu n&#8217;a lieu que par la foi dans le sacrifice que Christ a fait pour nos p\u00e9ch\u00e9s, et Pierre dit : \u00ab Il n&#8217;y a point d&#8217;autre nom sous le ciel, qui soit donn\u00e9 parmi les hommes, par lequel il nous faille \u00eatre sauv\u00e9s \u00bb. \u2014 Actes 4 : 12 ; 17 : 23-31 ; 1 Rois 18 : 21, 22.<\/p>\n<p>Ecoutez le R\u00e9v. Lyman Abbot, R\u00e9dacteur du \u00ab Outlook et ancien pasteur de l&#8217;\u00e9glise de Plymouth, Brooklyn (N.Y.) pr\u00e9tendre que toute l&#8217;\u00e9glise a cette inspiration divine qui, par Christ et les douze ap\u00f4tres, nous donna le Nouveau Testament, afin que l&#8217;homme de Dieu put \u00eatre parfaitement accompli pour toute bonne \u0153uvre (2 Tim. 3: 17). Il dit :<\/p>\n<p>\u00ab Nous ne pensons pas que Dieu ait parl\u00e9 seulement en Palestine et aux quelques personnes qui habitaient cette petite province. Nous ne pensons pas qu&#8217;il se soit fait entendre \u00e0 la chr\u00e9tient\u00e9 seule et qu&#8217;il ait \u00e9t\u00e9 muet partout ailleurs. Non ! nous croyons qu&#8217;il est un Dieu qui parle \u00e0 toutes les \u00e9poques et dans tous les Ages \u00bb.<\/p>\n<p>(P 191)<\/p>\n<p>Mais comment Dieu parla-t-il aux proph\u00e8tes de Baal ? Il ne s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu&#8217;\u00e0 son peuple choisi, \u00e0 Isra\u00ebl selon la chair pendant l&#8217;Age juda\u00efque, et \u00e0 Isra\u00ebl selon l&#8217;esprit pendant l&#8217;Age de l\u2019\u00c9vangile. \u00ab Je vous ai connus, vous seuls, de toutes les familles de la terre D. &#8211; Amos 3 : 2 ; 1 Cor. 2 : 6-10.<\/p>\n<p>Une lettre de Lady Somerset (Angleterre), lue avec f\u00e9licitations par le pr\u00e9sident Barrows, faisait les concessions suivantes \u00e0 l&#8217;\u00e9glise de Rome :<\/p>\n<p>\u00ab J&#8217;\u00e9prouve de la sympathie pour tout effort tendant \u00e0 amener un accord parmi les hommes plut\u00f4t que leur antagonisme&#8230; La seule mani\u00e8re d&#8217;unir est de ne jamais aborder des sujets sur lesquels nous sommes irr\u00e9vocablement oppos\u00e9s. La question qui entra\u00eene aujourd&#8217;hui la plus grande divergence est peut-\u00eatre celle de l&#8217;\u00e9piscopat historique. Je ne crois pas \u00e0 cette institution et malgr\u00e9 cela, le grand et bon pr\u00e9lat qu&#8217;est l&#8217;Archev\u00eaque Ireland qui, lui, y croit, ne me refuserait pas son aide cordiale, non en tant que protestant, mais parce que je travaille dans l&#8217;\u0153uvre de temp\u00e9rance. Il en fut de m\u00eame, en Angleterre, du regrett\u00e9 conducteur le Cardinal Manning, et cela est encore vrai de nos jours de Mgr Nugent de Liverpool, pr\u00eatre populaire, universellement v\u00e9n\u00e9r\u00e9 et aim\u00e9. Un accord g\u00e9n\u00e9ral du public sur la m\u00e9thode pratique de r\u00e9aliser la r\u00e8gle d&#8217;or, \u00e9nonc\u00e9e d&#8217;une mani\u00e8re n\u00e9gative par Confucius et d&#8217;une mani\u00e8re positive par Christ, nous rassemblera tous dans un m\u00eame camp \u00bb.<\/p>\n<p>On fit rarement allusion \u00e0 la doctrine d&#8217;une r\u00e9conciliation par un substitut, et la plupart des orateurs la mirent franchement de c\u00f4t\u00e9 comme une relique du pass\u00e9, indigne du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle de lumi\u00e8re. Seules, quelques voix s&#8217;\u00e9lev\u00e8rent pour la d\u00e9fendre, mais non seulement ce fut une tr\u00e8s petite minorit\u00e9 du Congr\u00e8s, mais leurs conceptions furent plut\u00f4t mal accueillies. Le R\u00e9v\u00e9rend Joseph Cook fut l&#8217;un des membres de cette faible minorit\u00e9, et les remarques qu&#8217;il fit furent par la suite critiqu\u00e9es et rondement stigmatis\u00e9es du haut d&#8217;une chaire de Chicago. Dans son discours, M. Cook d\u00e9clara que la religion chr\u00e9tienne est la seule vraie religion, et son acceptation le seul moyen de s&#8217;assurer la f\u00e9licit\u00e9 apr\u00e8s la mort. S&#8217;appuyant pour illustrer l&#8217;efficacit\u00e9 de la r\u00e9conciliation (\u00ab atonement \u00bb) dans la purification des p\u00e9ch\u00e9s m\u00eame les plus vils, sur l&#8217;un des personnages de Shakespeare, il d\u00e9clara\u00a0:<\/p>\n<p>(P 192)<\/p>\n<p>\u00ab Voici L&#8217;ady Macbeth. Quelle religion peut laver la main droite rouge (de sang) de Lady Macbeth ? Voil\u00e0 la question que je pose aux quatre continents et aux \u00eeles de la mer, \u00e0 moins que vous ne puissiez r\u00e9pondre que vous \u00eates venus au Congr\u00e8s des Religions sans intention s\u00e9rieuse. Je me tourne vers l&#8217;Islamisme. Pouvez-vous laver sa main droite rouge de sang ? Je me tourne vers la religion de Confucius et celle de Bouddha. Pouvez-vous laver sa main droite rouge de sang ? \u00bb.<\/p>\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 cela, et apr\u00e8s le Congr\u00e8s, le R\u00e9v. Jenkin Lloyd Jones, Pasteur de l&#8217;\u00e9glise de Ail Soul, \u00e0 Chicago, et l&#8217;un des int\u00e9ress\u00e9s enthousiastes au Congr\u00e8s, d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Nous voulons d\u00e9voiler l&#8217;immoralit\u00e9 de l&#8217;expiation par substitution, cet arrangement du genre de \u00ab regarde \u00e0\u00ad J\u00e9sus-et-tu-seras-sauv\u00e9 \u00bb par lequel le grand orateur de Boston a entrepris de d\u00e9contenancer les repr\u00e9sentants des autres confessions et formes de pens\u00e9e au Congr\u00e8s. Pour ce faire, examinons de pr\u00e8s le caract\u00e8re de l&#8217;acte commis par Lady Macbeth ainsi que la mentalit\u00e9 de cette femme \u00e0 qui l&#8217;orateur promit une si rapide immunit\u00e9 si elle voulait seulement \u00ab regarder la croix \u00bb. Ce champion de l&#8217;orthodoxie a lanc\u00e9 avec indignation \u00e0 la face des repr\u00e9sentants de toutes les religions du monde l&#8217;affirmation qu&#8217;il est \u00ab impossible dans la nature m\u00eame des choses que quelqu&#8217;un entre dans le royaume des cieux s&#8217;il n&#8217;est n\u00e9 de nouveau \u00bb, gr\u00e2ce \u00e0 cette expiation faite par Christ, cette expiation surnaturelle par substitution qui lave la main rouge de Lady Macbeth, la blanchit, et fait d&#8217;une meurtri\u00e8re une sainte. Voici tout ce que j&#8217;ai \u00e0 dire \u00e0 un tel christianisme : je suis content de ne pas croire \u00e0 un tel christianisme, et j&#8217;invite tous ceux qui aiment la moralit\u00e9, tous les amis de la justice, tous ceux qui croient \u00e0 un Dieu infini dont la volont\u00e9 est la droiture, dont la providence est favorable \u00e0 la justice, de d\u00e9savouer un tel christianisme. Un tel \u00ab plan de salut \u00bb est non seulement d\u00e9raisonnable, mais il est immoral. Il est d\u00e9moralisant, il est une duperie et un pi\u00e8ge dans ce monde, quel qu&#8217;il puisse \u00eatre dans l&#8217;autre&#8230; Je me d\u00e9tourne du Calvaire si la vision que j&#8217;en ai me laisse assez \u00e9go\u00efste pour demander un salut qui laisse le Prince Sidartha en dehors d&#8217;un ciel o\u00f9 se trouve \u00e9ternellement Lady Macbeth ou n&#8217;importe quelle autre \u00e2me aux mains rouges de sang \u00bb.<\/p>\n<p>Ensuite, une \u00ab r\u00e9union de programme oriental \u00bb eut, lieu dans la m\u00eame \u00e9glise o\u00f9 le m\u00eame R\u00e9v\u00e9rend (?) gentleman lut des extraits choisis de Zoroastre, Mo\u00efse, Confucius,<\/p>\n<p>(P 193) Bouddha, Socrate et Christ, tendant tous \u00e0 montrer l&#8217;universalit\u00e9 de la religion ; vint ensuite le discours fait par un Catholique arm\u00e9nien. Apr\u00e8s ce discours, dit le reporter de la presse publique :<\/p>\n<p>\u00ab M. Jones d\u00e9clara qu&#8217;il avait eu la t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 de demander \u00e0 l&#8217;\u00e9v\u00eaque Keane, de l&#8217;Universit\u00e9 catholique de Washington, s&#8217;il assisterait \u00e0 cette r\u00e9union et s&#8217;il prendrait position sur un tel programme extr\u00e9miste. L&#8217;\u00e9v\u00eaque avait r\u00e9pondu en souriant qu&#8217;il serait \u00e0 Dubuque ou pourrait \u00eatre tent\u00e9 de venir. \u00ab Alors \u00bb, dit M. Jones, \u00ab je lui ai demand\u00e9 s&#8217;il ne pouvait pas proposer quelqu&#8217;un d&#8217;autre \u00bb. L&#8217;\u00e9v\u00eaque a r\u00e9pondu : \u00ab Vous ne devez pas \u00eatre trop press\u00e9. Nous avan\u00e7ons tr\u00e8s rapidement. Il se peut qu&#8217;avant longtemps je puisse le faire \u00bb (<em>Cependant, Rome a depuis conclu que le Congr\u00e8s de Chicago n&#8217;\u00e9tait ni un honneur pour elle, ni un attrait pour ceux qui la soutiennent, et elle a annonc\u00e9 que les papistes, \u00e0 l&#8217;avenir, n&#8217;auraient plus rien \u00e0 faire avec de tels Congr\u00e8s confus. De plus, il ne manque pas de signes de d\u00e9sapprobation papale \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des pr\u00e9lats romains qui ont pris une part si importante au Congr\u00e8s de Chicago. Les protestants peuvent en avoir toute la gloire !<\/em>).<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;\u00e9glise catholique romaine \u00bb, continua M. Jones, sous la direction d&#8217;hommes tels que le Cardinal Gibbons, l&#8217;Archev\u00eaque Ireland et l\u2019\u00c9v\u00eaque Spalding, avance, et ces hommes forcent les tra\u00eenards \u00e0 marcher. Des gens nous disent que nous avons abandonn\u00e9 le Congr\u00e8s des Religions aux catholiques d&#8217;une part et aux pa\u00efens d&#8217;autre part. Nous allons entendre maintenant nos amis pa\u00efens. Ce terme \u00ab pa\u00efens \u00bb n&#8217;a pas le m\u00eame sens qu&#8217;autrefois, et j&#8217;en remercie Dieu \u00bb.<\/p>\n<p>Le Prof. Henry Drummond figurait .sur le programme du Congr\u00e8s comme devant faire un discours sur le Christianisme et l&#8217;Evolution, mais comme il ne put venir, son discours \u00e9crit fut lu par le Dr Bristol. Faisant avec m\u00e9pris allusion \u00e0 la doctrine de la r\u00e9conciliation, que sa doctrine de l&#8217;Evolution voudrait rendre nulle et non avenue, le Prof. Drummond d\u00e9clarait dans ce discours qu&#8217;une meilleure compr\u00e9hension de la gen\u00e8se et de la nature du p\u00e9ch\u00e9 pourrait au moins modifier certains des essais de s&#8217;en d\u00e9barrasser.<\/p>\n<p>(P 194)<\/p>\n<p>QUELQUES D\u00c9FENSEURS DE LA FOI<\/p>\n<p>Au milieu de cet esprit de compromission, manifest\u00e9 d&#8217;une mani\u00e8re si impudente et si claironnante, ce fut en v\u00e9rit\u00e9 un r\u00e9confort de trouver quelques rares repr\u00e9sentants du christianisme protestant qui eurent le courage moral, face \u00e0 tant d&#8217;opposition tant secr\u00e8te que manifeste, de d\u00e9fendre la foi transmise une fois pour toutes aux saints, bien qu&#8217;ils fussent dans un certain embarras parce qu&#8217;ils ne discernent pas le divin plan des Ages et le rapport important qui existe entre les doctrines fondamentales du christianisme avec le merveilleux syst\u00e8me de la v\u00e9rit\u00e9 divine.<\/p>\n<p>Le Prof. W. C. Wilkinson, de l&#8217;universit\u00e9 de Chicago, parla de \u00ab l&#8217;attitude du christianisme envers d&#8217;autres religions \u00bb. Il attira l&#8217;attention de ses auditeurs sur les \u00e9crits de l&#8217;Ancien Testament et du Nouveau qui enseignent ce qu&#8217;est le christianisme, et sur les dispositions hostiles de ce dernier \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de toutes les autres religions, lesquelles doivent \u00eatre fausses si le christianisme est la vraie ; il leur parla ensuite de notre Sauveur qui affirma avoir seul le pouvoir de sauver, comme le prouvent les expressions suivantes :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nul ne vient au P\u00e8re [c&#8217;est-\u00e0-dire, aucun homme ne peut \u00eatre sauv\u00e9] que par moi \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je suis le pain de vie \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si quelqu&#8217;un a soif, qu&#8217;il vienne \u00e0 moi et qu&#8217;il boive \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je suis la lumi\u00e8re du monde \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je suis la porte des brebis \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je suis la porte : si quelqu&#8217;un entre par moi, il sera sauv\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce sont l\u00e0 \u00bb, dit-il, \u00ab quelques-unes des paroles sorties des l\u00e8vres de J\u00e9sus, du seul homme qui affirma \u00eatre le seul Sauveur de l&#8217;homme \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On peut r\u00e9pondre \u00e0 cela : mais J\u00e9sus a dit aussi : \u00ab Lorsque j&#8217;aurai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9, j&#8217;attirerai tous les hommes \u00e0 moi \u00bb ; nous pourrions donc croire que, parmi ces \u00e2mes appartenant \u00e0 d&#8217;autres religions, beaucoup seront sauv\u00e9es, attir\u00e9es consciemment ou inconsciemment \u00e0 J\u00e9sus, et malgr\u00e9 l&#8217;infortune de leur milieu religieux.<\/p>\n<p>(P 195)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je suis naturellement d&#8217;accord avec cette mani\u00e8re de voir. Je suis reconnaissant que tel semble \u00eatre l&#8217;enseignement du christianisme. [Mais cette esp\u00e9rance provient d&#8217;un c\u0153ur g\u00e9n\u00e9reux plut\u00f4t que de la connaissance du divin plan de salut. Le Prof. W. ne discernait pas alors que le monde ne sera attir\u00e9 par Christ que dans l&#8217;Age mill\u00e9naire, qu&#8217;actuellement seule l&#8217;Eglise est attir\u00e9e, et que la connaissance de l\u2019\u00c9ternel qui est la puissance d&#8217;attraction maintenant, sera \u00e0 ce moment-l\u00e0 cette puissance : \u00ab Car la terre sera pleine de la connaissance de la gloire de l\u2019\u00c9ternel, comme les eaux couvrent le fond de la mer \u00bb. \u2014 Hab. 2 : 14]. Je demande simplement que l&#8217;on garde fermement \u00e0 l&#8217;esprit que, pour le moment, nous ne discutons pas du tout de l&#8217;extension des avantages qui d\u00e9coulent du pouvoir exclusif qu&#8217;a J\u00e9sus de sauver, mais strictement de la question suivante : Le christianisme reconna\u00eet-il que les religions non chr\u00e9tiennes aient une part quelconque dans l&#8217;efficacit\u00e9 salvatrice ? En d&#8217;autres termes, y a-t-il dans les \u00c9critures un passage quelconque montrant que J\u00e9sus exerce sa puissance salvatrice, \u00e0 un degr\u00e9 quelconque, sup\u00e9rieur ou inf\u00e9rieur, par le moyen d&#8217;autres religions que la sienne ? S&#8217;il y a la moindre allusion \u00e0 cela, l&#8217;ombre m\u00eame d&#8217;une allusion faite dans la Bible, soit dans l&#8217;Ancien, soit dans le Nouveau Testament, dans le sens d&#8217;une r\u00e9ponse affirmative \u00e0 cette question, je confesse ne l&#8217;avoir jamais trouv\u00e9e. Des allusions bien loin d&#8217;\u00eatre chim\u00e9riques, j&#8217;en ai trouv\u00e9es et en abondance, mais dans le sens contraire \u00e0 cette question.<\/p>\n<p>\u00ab Il me faut vous prier d&#8217;observer qu&#8217;il n&#8217;est pas dans mon intention ici, dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat du christianisme, de porter en quoi que ce soit atteinte au m\u00e9rite des individus qui, parmi les nations, sont parvenus aux cimes les plus \u00e9lev\u00e9es de la morale sans avoir recours au christianisme historique, soit sous la forme du Nouveau Testament, soit sous celle de l&#8217;Ancien Testament. Je n&#8217;ai pas la t\u00e2che ici, de vous parler des personnes, soit en g\u00e9n\u00e9ral, soit individuellement. Je vous engage \u00e0 consid\u00e9rer seulement l&#8217;attitude prise par le christianisme \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des religions non chr\u00e9tiennes.<\/p>\n<p>\u00ab Passons maintenant des d\u00e9clarations directes de J\u00e9sus pour examiner celles qui furent faites par ses repr\u00e9sentants \u00e0 qui, selon le Nouveau Testament, il conf\u00e9ra le droit de parler avec une autorit\u00e9 \u00e9gale \u00e0 la sienne. Parlant, d&#8217;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, des adh\u00e9rents des religions pa\u00efennes, il emploie ce langage : \u00ab Se disant sages, ils sont devenus fous, et ils ont chang\u00e9 la gloire du Dieu incorruptible en la ressemblance de l&#8217;image<\/p>\n<p>(P 196) d&#8217;un homme corruptible et d&#8217;oiseaux et de quadrup\u00e8des et de reptiles \u00bb [Rom. 1 : 22, 23].<\/p>\n<p>\u00ab Homme, oiseau, b\u00eate, reptile \u2014 ces quatre sp\u00e9cifications dans leur \u00e9chelle d&#8217;origine semble indiquer chaque diff\u00e9rente forme de religion pa\u00efenne avec laquelle le christianisme, ancien ou moderne, est venu en contact. Les cons\u00e9quences &#8212; sanctionn\u00e9es par des ch\u00e2timents de la part du Dieu jaloux et offens\u00e9 des H\u00e9breux et des Chr\u00e9tiens, \u2014 d&#8217;une telle d\u00e9gradation de l&#8217;instinct inn\u00e9 de l&#8217;adoration, d&#8217;une telle profanation de l&#8217;id\u00e9e, autrefois pure dans le c\u0153ur humain, de Dieu l&#8217;incorruptible, sont d\u00e9crites par Paul en des termes dont la force sarcastique, incisive, caustique, p\u00e9n\u00e9trante, les a rendus c\u00e9l\u00e8bres et familiers : \u00ab C&#8217;est pourquoi Dieu les a aussi livr\u00e9s, dans les convoitises de leurs c\u0153urs, \u00e0 l&#8217;impuret\u00e9, en sorte que leurs corps soient d\u00e9shonor\u00e9s entre eux-m\u00eames : eux qui ont chang\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9 de Dieu en mensonge, et ont honor\u00e9 et servi la\u2022 cr\u00e9ature plut\u00f4t que celui qui l&#8217;a cr\u00e9\u00e9e, qui est b\u00e9ni \u00e9ternellement \u00bb [Rom. 1 : 24].<\/p>\n<p>\u00ab J&#8217;arr\u00eate ici la citation. Le reste du passage entre dans des d\u00e9tails de reproche bien connus, et bien connus pour \u00eatre, avec raison, mis au compte du monde pa\u00efen de l&#8217;antiquit\u00e9. Il n&#8217;y a ici aucune allusion \u00e0 des exceptions en faveur de points insuffisamment bons, ou au moins pas si mauvais, dans les religions condamn\u00e9es ; aucune restriction, aucune mitigation du ch\u00e2timent \u00e9voqu\u00e9. Partout l&#8217;accusation est accablante, \u00e9crasante. On n&#8217;y trouve aucune id\u00e9e \u00e9mise que, dans certains cas, on puisse trouver un culte vrai et acceptable qui soit cach\u00e9, d\u00e9guis\u00e9 et inconscient, sous des formes impropres. Il n&#8217;est pas possible d&#8217;envisager que certains idol\u00e2tres (si toutefois parmi eux, il s&#8217;en trouve quelques-uns) fassent une distinction entre l&#8217;idole qu&#8217;ils servent et le seul Dieu incorruptible et jaloux, et que pour ces quelques idol\u00e2tres exceptionnels, Dieu soit simplement symbolis\u00e9 dans l&#8217;idole qu&#8217;ils adorent avec ostentation. Il n&#8217;est pas possible non plus de faire de r\u00e9serve en faveur de certaines \u00e2mes initi\u00e9es, illumin\u00e9es, cherchant et trouvant une religion plus pure dans des \u00ab myst\u00e8res \u00bb \u00e9sot\u00e9riques interdits au vulgaire profane. Le christianisme ne laisse aucune \u00e9chappatoire aux religions antichr\u00e9tiennes jug\u00e9es et r\u00e9prouv\u00e9es avec lesquelles il vient en contact. Au lieu de cela, il ne manifeste qu&#8217;une damnation [condamnation] sans aucune distinction, jaillissant comme l&#8217;\u00e9clair de la gloire de sa puissance sur ces incorrigibles coupables du p\u00e9ch\u00e9 incrimin\u00e9, celui de l&#8217;adoration rendue \u00e0 des dieux autres que Dieu.<\/p>\n<p>(P 197)<\/p>\n<p>\u00ab Il n&#8217;y a le moindre adoucissement agr\u00e9able qui soit pr\u00e9vu quelque part pour donner l&#8217;assurance ou m\u00eame l&#8217;esp\u00e9rance possible, qu&#8217;un Dieu bienveillant tendra l&#8217;oreille avec bont\u00e9 aux imputations formellement faites \u00e0 un autre, comme si elles lui \u00e9taient virtuellement destin\u00e9es bien que d&#8217;une mani\u00e8re mal comprise. Une telle id\u00e9e, juste ou non, n&#8217;est pas scripturale. En fait, elle est antiscripturale, donc anti-chr\u00e9tienne. Le christianisme ne m\u00e9rite pas la louange d&#8217;une telle lib\u00e9ralit\u00e9. Touchant les pr\u00e9rogatives uniques, exclusives et incommunicables de Dieu, le christianisme est, admettons-le franchement, une religion \u00e9troite, stricte, s\u00e9v\u00e8re, jalouse. On peut pardonner \u00e0 Socrate, mourant, d&#8217;avoir propos\u00e9 qu&#8217;un coq soit offert en sacrifice \u00e0 Esculape, mais le christianisme, le christianisme de la Bible, ne nous donne la moindre raison de supposer qu&#8217;un tel acte d&#8217;idol\u00e2trie de sa part ait pu \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 par Dieu comme \u00e9tant un acte d&#8217;adoration que Lui-m\u00eame pouvait accepter.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pierre a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab En v\u00e9rit\u00e9, je comprends que Dieu ne fait pas acception de personnes, mais qu&#8217;en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice, lui est agr\u00e9able \u00bb [Actes 10 : 34, 35].<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Craindre Dieu d&#8217;abord, et ensuite pratiquer la justice, ce sont l\u00e0 des traits qui caract\u00e9risent toujours et partout l&#8217;homme agr\u00e9able \u00e0 Dieu. Mais il est \u00e9vident que, dans l&#8217;id\u00e9e du christianisme, craindre Dieu n&#8217;est pas en adorer un autre que lui. Ce sera donc dans la mesure o\u00f9 un homme \u00e9chappe \u00e0 la religion ethnique qui le domine, et s&#8217;\u00e9l\u00e8ve \u2014 non gr\u00e2ce \u00e0 elle, mais malgr\u00e9 elle \u2014 dans l&#8217;\u00e9l\u00e9ment transcendant du vrai culte divin, qu&#8217;il sera acceptable \u00e0 Dieu.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0De toute religion ethnique, peut-on alors dire que c&#8217;est une vraie religion, mais seulement qu&#8217;elle n&#8217;est pas parfaite ? Le christianisme dit : Non. Le christianisme exprime des paroles d&#8217;esp\u00e9rance ind\u00e9finie concernant ceux \u2014 certains d&#8217;entre eux \u2014 qui n&#8217;auront jamais entendu parler de Christ. Ces paroles, les chr\u00e9tiens bien entendu les soutiendront et les entretiendront selon leur valeur inestimable. Mais ne commettons pas l&#8217;erreur de leur pr\u00eater un rapport quelconque avec les religions erron\u00e9es de l&#8217;humanit\u00e9. Nulle part, les \u00c9critures ne repr\u00e9sentent ces religions comme des t\u00e2tonnements path\u00e9tiques et partiellement heureux pour trouver Dieu. Chacune d&#8217;elles et toutes sont repr\u00e9sent\u00e9es comme conduisant \u00e0 t\u00e2tons vers le bas, et non vers le haut. D&#8217;apr\u00e8s le christianisme, elles sont un obstacle et non une aide. L&#8217;adh\u00e9sion que leur apportent leurs fid\u00e8les est semblable \u00e0 l&#8217;\u00e9treinte aveugle des racines et des rochers par des hommes qui se noient, \u00e9treinte qui ne tend qu&#8217;\u00e0 les maintenir<\/p>\n<p>(P 198) au fond de la rivi\u00e8re. La v\u00e9rit\u00e9 qui se trouve dans la fausse religion peut aider, mais ce sera la v\u00e9rit\u00e9 qui le fera et non la fausse religion.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0D&#8217;apr\u00e8s le christianisme, la fausse religion d\u00e9ploie toute sa force pour \u00e9touffer et tuer la v\u00e9rit\u00e9 qui se trouve en elle, d&#8217;o\u00f9 la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence historique repr\u00e9sent\u00e9e dans le premier chapitre de Romains comme affectant les fausses religions en g\u00e9n\u00e9ral. Si leurs efforts tendaient \u00e0 l&#8217;\u00e9l\u00e9vation, elles s&#8217;am\u00e9lioreraient de plus en plus. Si, en fait, comme l&#8217;enseigne Paul, elles empirent de plus en plus, ce doit \u00eatre parce que leurs efforts tendent \u00e0 la d\u00e9gradation.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0En cons\u00e9quence, l&#8217;attitude du christianisme \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des religions autres que la sienne est une attitude d&#8217;hostilit\u00e9 universelle, absolue, \u00e9ternelle, inapaisable, tandis qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9gard de tous les hommes partout, les adh\u00e9rents des fausses religions n&#8217;\u00e9tant nullement except\u00e9s, son attitude est une attitude de gr\u00e2ce, de mis\u00e9ricorde, de paix pour quiconque la veut [la recevra]. Combien en trouvera-t-on qui la voudront [recevront] ? C&#8217;est l\u00e0 un probl\u00e8me que le christianisme laisse sans solution \u00bb.<\/p>\n<p>Le R\u00e9v. James Devine, de la Ville de New York, parla \u00e9galement sur le message du christianisme aux autres religions, en pr\u00e9sentant clairement la doctrine de la r\u00e9demption gr\u00e2ce au sang pr\u00e9cieux de Christ. Il d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous en arrivons maintenant \u00e0 une autre v\u00e9rit\u00e9 fondamentale de l&#8217;enseignement chr\u00e9tien, la doctrine myst\u00e9rieuse de la r\u00e9conciliation (\u00ab atonement \u00bb). Le p\u00e9ch\u00e9 est un fait indiscutable. Il est universellement reconnu et avou\u00e9. Il donne lui-m\u00eame son t\u00e9moignage. Il est, de plus, une barri\u00e8re entre l&#8217;homme et son Dieu. La saintet\u00e9 divine et le p\u00e9ch\u00e9 avec sa r\u00e9pugnance, sa r\u00e9bellion, son horrible d\u00e9gradation et sa ruine sans espoir, ne peuvent s&#8217;unir dans aucun syst\u00e8me de gouvernement moral. Dieu ne peut tol\u00e9rer le p\u00e9ch\u00e9 ni temporiser avec lui, ni lui faire une place en sa pr\u00e9sence. Il ne peut parlementer avec lui ; il doit le punir. Il ne peut n\u00e9gocier avec lui ; il doit le juger \u00e0 la barre. Il ne peut pas l&#8217;ignorer ; il doit le vaincre. Il ne peut lui accorder un rang moral ; il doit l\u00e9 frapper de la condamnation qu&#8217;il m\u00e9rite.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La r\u00e9conciliation est la m\u00e9thode merveilleuse de Dieu pour justifier, une fois pour toutes, devant l&#8217;univers, son attitude \u00e9ternelle \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du p\u00e9ch\u00e9, par la prise en charge volontaire, dans l&#8217;esprit de sacrifice, de son ch\u00e2timent. Cela, il le fait dans la personne de J\u00e9sus-Christ. Les faits de la naissance de Christ, de sa vie, de sa mort et de sa<\/p>\n<p>(P 199) r\u00e9surrection prennent place dans le domaine de la v\u00e9ritable histoire, et la valeur morale et l&#8217;efficacit\u00e9 propitiatoire de son ob\u00e9issance parfaite et de sa mort en sacrifice deviennent un myst\u00e9rieux \u00e9l\u00e9ment d&#8217;une valeur infinie dans le cours de rajustement des relations du p\u00e9cheur avec son Dieu.<\/p>\n<p>Christ est accept\u00e9 par Dieu comme substitut. Le m\u00e9rite de son ob\u00e9issance et la dignit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e de son sacrifice sont tous deux utiles \u00e0 la foi. Le p\u00e9cheur humble, repentant et conscient de son indignit\u00e9, accepte Christ comme son r\u00e9dempteur, son intercesseur, son sauveur, et en toute simplicit\u00e9 croit en lui, confiant dans ses assurances et ses promesses, bas\u00e9es comme elles le sont, sur son intervention dans la r\u00e9conciliation ; il re\u00e7oit alors de Dieu comme don de l&#8217;amour souverain tous les avantages de l&#8217;\u0153uvre m\u00e9diatrice de Christ. Telle est la mani\u00e8re pour Dieu d&#8217;atteindre le but du pardon et de la r\u00e9conciliation. Telle est sa mani\u00e8re d&#8217;\u00eatre lui-m\u00eame juste tout en accomplissant pourtant la justification du p\u00e9cheur. Ici encore, nous avons le myst\u00e8re de la sagesse dans sa d\u00e9monstration la plus auguste.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tel est le c\u0153ur de l&#8217;\u00e9vangile. Il palpite d&#8217;un amour myst\u00e9rieux ; il bat avec les douleurs ineffables de la gu\u00e9rison divine ; il a un rapport vital avec le syst\u00e8me tout entier de gouvernement ; dans ses activit\u00e9s cach\u00e9es, il \u00e9chappe \u00e0 l&#8217;examen de la raison humaine, mais il fait couler le sang vital \u00e0 travers l&#8217;histoire et il donne au christianisme sa vitalit\u00e9 excellente et sa vigueur imp\u00e9rissable. C&#8217;est parce que le christianisme \u00e9limine le p\u00e9ch\u00e9 du probl\u00e8me que sa solution est compl\u00e8te et d\u00e9finitive.<\/p>\n<p>Le christianisme doit parler au nom de Dieu. C&#8217;est \u00e0 Dieu qu&#8217;il doit son existence, et le secret profond de sa dignit\u00e9 et de sa puissance est qu&#8217;il r\u00e9v\u00e8le Dieu. Ce serait pour le christianisme de l&#8217;effronterie que de parler simplement sous sa propre responsabilit\u00e9, ou m\u00eame au nom de la raison. Il n&#8217;a aucune philosophie d&#8217;\u00e9volution \u00e0 propager. Il a, de la part de Dieu, un message \u00e0 d\u00e9livrer. Il n&#8217;est pas en lui-m\u00eame une philosophie ; il est une religion. Il n&#8217;est pas n\u00e9 de la terre ; il est l&#8217;ouvrage de Dieu. Il ne vient pas de l&#8217;homme, mais de Dieu, et il est intens\u00e9ment vivant de sa puissance, actif de son amour, bienveillant de sa bont\u00e9, rayonnant de sa lumi\u00e8re, charg\u00e9 de sa v\u00e9rit\u00e9, envoy\u00e9 avec son message, inspir\u00e9 de son \u00e9nergie, rempli de sa sagesse, anim\u00e9 du don de gu\u00e9rison spirituelle et fort de sa supr\u00eame autorit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Il a une mission parmi les hommes, toutes les fois qu&#8217;il les rencontre et en quelque lieu<\/p>\n<p>(P 200) que ce soit, ce qui est aussi sublime que la cr\u00e9ation, aussi merveilleux que l&#8217;existence spirituelle et aussi rempli de signification myst\u00e9rieuse que l&#8217;\u00e9ternit\u00e9. Il trouve son foyer autant que son centre de rayonnement dans la personnalit\u00e9 de son grand r\u00e9v\u00e9lateur et instructeur que tous les doigts de lumi\u00e8re d\u00e9signaient avant son av\u00e8nement et duquel, depuis son incarnation, a resplendi toute la clart\u00e9 du jour.<\/p>\n<p>\u00ab Son esprit .est plein de sinc\u00e9rit\u00e9 naturelle, de majestueuse dignit\u00e9 et de tendre d\u00e9sint\u00e9ressement. Il vise \u00e0 donner une b\u00e9n\u00e9diction plut\u00f4t qu&#8217;\u00e0 soutenir une comparaison. Il est moins soucieux de se d\u00e9fendre que d&#8217;accorder ses bienfaits. Il est moins pr\u00e9occup\u00e9 \u00e0 s&#8217;assurer l&#8217;honneur supr\u00eame pour lui-m\u00eame qu&#8217;\u00e0 gagner le chemin du c\u0153ur. Il ne cherche pas \u00e0 railler, \u00e0 d\u00e9nigrer ou \u00e0 humilier son rival, mais plut\u00f4t \u00e0 le soumettre par l&#8217;amour, \u00e0 l&#8217;attirer par sa propre excellence et \u00e0 le supplanter par la vertu de sa propre sup\u00e9riorit\u00e9 incomparable. De lui-m\u00eame, il est incapable d&#8217;avoir un esprit de rivalit\u00e9, \u00e0 cause de son propre droit indiscutable de r\u00e9gner. Il n&#8217;a que faire du sarcasme, il peut se passer du m\u00e9pris, il ne porte aucune arme de violence, il ne s&#8217;adonne pas \u00e0 la discussion, il est incapable de fourberie ou de tromperie, et il r\u00e9pudie l&#8217;hypocrisie de langage. Il compte toujours sur son propre m\u00e9rite intrins\u00e8que, et base toutes ses affirmations sur son droit \u00e0 \u00eatre entendu et honor\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Son t\u00e9moignage des miracles est plut\u00f4t une exception qu&#8217;une r\u00e8gle. Le miracle \u00e9tait un signe pour aider la foi faible. C&#8217;\u00e9tait une concession faite dans l&#8217;esprit de condescendance. Les miracles sugg\u00e8rent la mis\u00e9ricorde tout autant qu&#8217;ils proclament la majest\u00e9. Lorsque nous consid\u00e9rons les sources illimit\u00e9es de puissance divine, et la facilit\u00e9 avec laquelle des signes et des prodiges eussent pu \u00eatre multipli\u00e9s dans une vari\u00e9t\u00e9 et une force d\u00e9concertantes, nous avons le sentiment d&#8217;une s\u00e9v\u00e8re conservation de puissance et un net refus de spectaculaire. Le myst\u00e8re de l&#8217;histoire chr\u00e9tienne est la parcimonie avec laquelle le christianisme a utilis\u00e9 ses ressources. Cela constitue, pour la foi, une \u00e9preuve souvent douloureusement s\u00e9v\u00e8re, de remarquer le visible manque d&#8217;\u00e9nergie et d&#8217;\u00e9lan, de force irr\u00e9sistible dans les progr\u00e8s apparemment lents de notre sainte religion. [Il doit en \u00eatre n\u00e9cessairement ainsi pour ceux qui ne sont pas encore arriv\u00e9s \u00e0 comprendre le divin plan des Ages].<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Sans doute Dieu a-t-il ses raisons, mais en attendant, nous ne pouvons que discerner dans le christianisme un esprit de r\u00e9serve myst\u00e9rieuse, de prodigieuse patience, de voix mise en sourdine et<\/p>\n<p>(P 201) de contrainte voulue. Il ne \u00ab crie pas et il n&#8217;\u00e9l\u00e8ve pas la voix et il ne la fait pas entendre dans la rue \u00bb. Des si\u00e8cles s&#8217;\u00e9coulent, le christianisme n&#8217;atteint que des portions de la terre, mais tout ce qu&#8217;il touche, il le transfigure. Il semble m\u00e9priser les accessoires mat\u00e9riels et ne compte comme victoires dignes d&#8217;\u00eatre remport\u00e9es que celles qui le sont par le contact spirituel avec l&#8217;\u00e2me individuelle. Son rapport avec d&#8217;autres religions a \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9 par une r\u00e9serve exceptionnelle, et ses progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9s par une dignit\u00e9 sans ostentation en accord avec l&#8217;attitude majestueuse de Dieu son auteur.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous avons donc raison de parler de l&#8217;esprit de ce message comme \u00e9tant totalement exempt du vulgaire sentiment de rivalit\u00e9, enti\u00e8rement au-dessus de l&#8217;emploi de m\u00e9thodes spectaculaires ou faussement attrayantes, infiniment \u00e9tranger \u00e0 tous les simples exp\u00e9dients ou \u00e0 l&#8217;effet dramatique, enti\u00e8rement libre d&#8217;affectation ou de duplicit\u00e9 d&#8217;esprit, ne se souciant pas d&#8217;alliance avec le pouvoir mondain ou le renom social, recherchant davantage une place d&#8217;influence dans un c\u0153ur humble qu&#8217;un si\u00e8ge de puissance sur un tr\u00f4ne royal, enti\u00e8rement absorb\u00e9 \u00e0 revendiquer l&#8217;affectueuse all\u00e9geance de l&#8217;\u00e2me et \u00e0 s&#8217;assurer la transformation morale du caract\u00e8re, afin que son propre esprit et ses principes puissent gouverner la vie spirituelle des hommes.<\/p>\n<p>Le christianisme parle donc aux autres religions avec une franchise et une simplicit\u00e9 sans r\u00e9serve, bas\u00e9es sur son propre droit incontestable d&#8217;\u00eatre entendu. Il reconna\u00eet l&#8217;indubitable sinc\u00e9rit\u00e9 de la conviction personnelle et l&#8217;ardeur intense du combat moral dans le cas de nombreuses \u00e2mes r\u00e9fl\u00e9chies qui, \u00e0 l&#8217;instar des Ath\u00e9niens du temps jadis, \u00ab l&#8217;adorent dans l&#8217;ignorance \u00bb ; il avertit et persuade et ordonne comme il en a le droit ; il parle comme le fit Paul sur la colline de Mars en pr\u00e9sence des pa\u00efens cultiv\u00e9s, de ce jour fix\u00e9 dans lequel le monde doit \u00eatre jug\u00e9, et de \u00ab cet homme \u00bb par qui il doit \u00eatre jug\u00e9 ; il r\u00e9p\u00e8te et r\u00e9p\u00e8te encore son appel invariable et inflexible \u00e0 la repentance ; il r\u00e9clame l&#8217;acceptation de ses r\u00e8gles morales ; il exige la soumission, la loyaut\u00e9, la r\u00e9v\u00e9rence et l&#8217;humilit\u00e9.<\/p>\n<p>Tout ceci, il le fait avec une expression magnifique et r\u00e9solue d&#8217;insistance tranquille. Il impose souvent son affirmation par l&#8217;argumentation, la supplication et la sollicitation affectueuse ; cependant, dans tout cela et au travers de tout cela, on doit discerner une expression claire, \u00e9clatante d&#8217;insistance sans compromis, r\u00e9v\u00e9lant cette volont\u00e9 personnelle supr\u00eame qui a donn\u00e9 naissance au christianisme, et au<\/p>\n<p>(P 202) nom de\u00a0laquelle ce dernier parle toujours. Il transmet son message avec un air de confiance paisible et de tranquille ma\u00eetrise. Nul souci de pr\u00e9s\u00e9ance, nul soin sp\u00e9cial pour l&#8217;apparence, nulle possibilit\u00e9 d&#8217;\u00eatre second\u00e9, nul esprit grossier de rivalit\u00e9. Au contraire, il s&#8217;exprime avec la persuasion intime de cette supr\u00e9matie simple, naturelle, incomparable, infinie qui d\u00e9sarme promptement la rivalit\u00e9, et \u00e0 la fin provoque l&#8217;admiration et impose la soumission des c\u0153urs exempte de malice et de ruse \u00bb.<\/p>\n<p>Parmi ces nobles discours pour la d\u00e9fense de la v\u00e9rit\u00e9, il y eut \u00e9galement celui du Comte Bernstorff d&#8217;Allemagne. Il d\u00e9clara :<\/p>\n<p>J&#8217;ai confiance que personne ici ne consid\u00e8re sa propre religion avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 [bien qu&#8217;il appr\u00eet certainement le contraire avant la cl\u00f4ture du Congr\u00e8s. Ceci fut dit \u00e0 son d\u00e9but]. En ce qui me concerne, je d\u00e9clare que je suis ici en simple chr\u00e9tien \u00e9vang\u00e9lique, et que je n&#8217;aurais mis un pied dans ce Congr\u00e8s si j&#8217;avais pens\u00e9 qu&#8217;il ne signifiait rien d&#8217;autre qu&#8217;un consentement sur l&#8217;id\u00e9e que toutes les religions sont pareilles, et qu&#8217;il est simplement n\u00e9cessaire d&#8217;\u00eatre sinc\u00e8re et droit. Je ne peux consentir \u00e0 rien de ce genre. Je crois que seule la Bible est vraie, et que le christianisme protestant est la seule vraie religion. Je ne d\u00e9sire aucun compromis d&#8217;aucune sorte.<\/p>\n<p>Nous ne pouvons nier que nous qui sommes dans ce Congr\u00e8s, sommes s\u00e9par\u00e9s par de grands et importants principes. Nous admettons que ces diff\u00e9rences ne peuvent \u00eatre rapproch\u00e9es, mais nous sommes r\u00e9unis en croyant que chacun a le droit d&#8217;avoir sa foi. Vous invitez chacun \u00e0 venir ici comme un sinc\u00e8re d\u00e9fenseur de sa propre foi. Pour ma part, je me tiens devant vous avec le m\u00eame d\u00e9sir que celui qui animait Paul alors qu&#8217;il se tenait devant les repr\u00e9sentants de la cour romaine et devant Agrippa, le roi juif. Pl\u00fbt \u00e0 Dieu que tous ceux qui m&#8217;entendent aujourd&#8217;hui fussent \u00e0 la fois presque et tout \u00e0 fait comme je suis. Je ne peux dire \u00ab hormis ces liens \u00bb. Je remercie Dieu d&#8217;\u00eatre libre, sauf pour tous les d\u00e9fauts et les imperfections qui sont en moi et qui m&#8217;emp\u00eachent d&#8217;embrasser mon credo comme j&#8217;aimerais le faire.<\/p>\n<p>\u00ab Mais alors, pourquoi nous r\u00e9unissons-nous, si nous ne pouvons montrer de la tol\u00e9rance ? Eh bien ! le terme tol\u00e9rance est employ\u00e9 de diff\u00e9rentes mani\u00e8res. Si les paroles du Roi Fr\u00e9d\u00e9ric de Prusse, \u00ab dans mon pays, chacun peut aller au ciel \u00e0 sa propre mani\u00e8re \u00bb sont employ\u00e9es comme une maxime de science politique, nous ne pourrions jamais<\/p>\n<p>(P 203) trop l&#8217;approuver. Quelle effusion de sang, quelle cruaut\u00e9 auraient \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9es dans le monde si elle avait \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e ! Mais si elle est l&#8217;expression de l&#8217;indiff\u00e9rence religieuse qui pr\u00e9vaut pendant ce dernier si\u00e8cle et \u00e0 la cour du Monarque qui \u00e9tait l&#8217;ami de Voltaire, alors nous ne devons pas, l&#8217;accepter.<\/p>\n<p>Dans son \u00e9p\u00eetre aux Galates, Saint Paul rejette toute autre doctrine, m\u00eame si elle \u00e9tait enseign\u00e9e par un ange du ciel. Comme chr\u00e9tiens, nous sommes des serviteurs de notre Ma\u00eetre, le Sauveur vivant. Nous n&#8217;avons aucun droit de compromettre la v\u00e9rit\u00e9 qui nous est confi\u00e9e, soit en la consid\u00e9rant \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re, soit en taisant le message qu&#8217;il nous a donn\u00e9 pour les humains. Mais nous sommes rassembl\u00e9s, chacun de nous d\u00e9sirant gagner les autres \u00e0 son propre credo. Ce Congr\u00e8s ne sera-t-il pas un Congr\u00e8s de guerre plut\u00f4t que de paix ? Ne va-t-il pas nous \u00e9loigner les uns des autres au lieu de nous rapprocher ? Je ne le pense pas, si nous maintenons la v\u00e9rit\u00e9 que nos grandes doctrines vitales ne peuvent \u00eatre d\u00e9fendues et propag\u00e9es que par des moyens spirituels. Une lutte ouverte avec des armes spirituelles ne doit pas brouiller les combattants ; au contraire, elle les rapproche souvent.<\/p>\n<p>Je pense que cette conf\u00e9rence aura agi suffisamment pour graver \u00e0 jamais son souvenir sur les feuillets de l&#8217;histoire si ce grand principe [la libert\u00e9 religieuse] est adopt\u00e9 par tous. Une lueur point dans chaque c\u0153ur, et le dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle nous a apport\u00e9 beaucoup de progr\u00e8s \u00e0 ce point de vue ; pourtant, nous risquons d&#8217;entrer dans le vingti\u00e8me si\u00e8cle avant que le grand principe de la libert\u00e9 religieuse ait trouv\u00e9 une acceptation universelle \u00bb.<\/p>\n<p>En contraste frappant avec l&#8217;esprit g\u00e9n\u00e9ral du Congr\u00e8s, fut \u00e9galement le discours de M. Grant, du Canada. Il d\u00e9clara :<\/p>\n<p>Il me semble que nous devrions ouvrir ce Congr\u00e8s des religions, non avec le sentiment que nous accomplissons une grande chose, mais avec des sentiments humbles, en confessant de tout notre c\u0153ur nos p\u00e9ch\u00e9s et nos \u00e9checs. Pourquoi les habitants du monde n&#8217;ont-ils pas re\u00e7u la v\u00e9rit\u00e9 ? C&#8217;est notre faute. L&#8217;ap\u00f4tre Paul, se reportant \u00e0 l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 Dieu guida si merveilleusement son peuple, en arriva \u00e0 discerner la clef de toutes les maximes de l&#8217;histoire de ce dernier : l\u2019\u00c9ternel a \u00e9tendu tout le jour ses mains vers un peuple rebelle et contredisant ; bien qu&#8217;il y ait toujours eu un petit nombre de justes, Isra\u00ebl, en tant que nation, ne comprit pas l\u2019\u00c9ternel et, de ce fait, ne put comprendre la merveilleuse mission qui lui avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e.<\/p>\n<p>(P 204)<\/p>\n<p>\u00ab Si Saint Paul \u00e9tait ici aujourd&#8217;hui, ne ferait-il pas la m\u00eame triste confession touchant le dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle de la chr\u00e9tient\u00e9 ? Ne dirait-il pas que nous nous sommes enorgueillis de notre christianisme, au lieu de le laisser nous humilier et nous crucifier ? Ne dirait-il pas aussi que nous nous sommes enfl\u00e9s de poss\u00e9der le christianisme au lieu de lui permettre qu&#8217;il nous poss\u00e8de ? Ne dirait-iI pas que nous avons s\u00e9par\u00e9 le christianisme d&#8217;avec l&#8217;ordre moral et spirituel du monde, au lieu de comprendre que c&#8217;est le christianisme qui doit le p\u00e9n\u00e9trer, l&#8217;interpr\u00e9ter, le compl\u00e9ter et l&#8217;\u00e9prouver, et qu&#8217;ainsi nous avons cach\u00e9 sa gloire et obscurci sa puissance ? Tout le long du jour notre Sauveur a dit : \u00ab J&#8217;ai \u00e9tendu mes mains vers un peuple d\u00e9sob\u00e9issant et contredisant \u00bb. Mais la seule condition indispensable de succ\u00e8s, c&#8217;est que nous reconnaissions la cause de notre \u00e9chec, que nous la confessions dans un esprit humble, simple, repentant et ob\u00e9issant, et qu&#8217;avec un courage et une foi indomptables et dignes de l&#8217;Occident, nous allions de l&#8217;avant et agissions autrement \u00bb.<\/p>\n<p>Si de tels sentiments avaient au moins trouv\u00e9 un \u00e9cho dans ce grand Congr\u00e8s ! Mais, h\u00e9las ! Il n&#8217;en fut rien. Au contraire, il se caract\u00e9risa par beaucoup d&#8217;orgueil en se vantant des \u00ab merveilleux progr\u00e8s religieux du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle \u00bb. La premi\u00e8re impression du Comte Bernstorff fut justifi\u00e9e, car, en effet, il y eut de graves compromissions de la doctrine et des principes chr\u00e9tiens. C&#8217;est ce que l&#8217;on vit dans les sessions subs\u00e9quentes du Congr\u00e8s.<\/p>\n<p>CONTRASTE ENTRE LES ATTITUDES CATHOLIQUE, PA\u00cfENNE ET LE CHRISTIANISME PROTESTANT<\/p>\n<p>L&#8217;attitude assur\u00e9e et positive du catholicisme et des diverses religions pa\u00efennes \u00e9tait en contraste manifeste avec le scepticisme du christianisme protestant. Aucune phrase ne fut prononc\u00e9e par aucun d&#8217;entre eux contre l&#8217;autorit\u00e9 de leurs livres sacr\u00e9s ; ils lou\u00e8rent et recommand\u00e8rent leur religion, tandis qu&#8217;ils \u00e9cout\u00e8rent avec surprise les discours sceptiques et incr\u00e9dules des chr\u00e9tiens protestants contre la religion chr\u00e9tienne et contre la Bible pour lesquelles les pa\u00efens eux-m\u00eames montraient le plus grand respect.<\/p>\n<p>(P 205)<\/p>\n<p>Comme preuve de la surprise des \u00e9trangers lorsqu&#8217;ils apprirent cet \u00e9tat de choses parmi les chr\u00e9tiens, nous citons ce qui suit du discours publi\u00e9 de l&#8217;un des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du Japon \u00e0 une grande r\u00e9union tenue \u00e0 Yokohama pour f\u00eater leur retour et entendre leur rapport. L&#8217;orateur d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Lorsque nous re\u00e7\u00fbmes l&#8217;invitation d&#8217;assister au Congr\u00e8s des. Religions, notre organisation bouddhiste ne voulut pas nous envoyer comme ses repr\u00e9sentants. La grande majorit\u00e9 croyait \u00e0 une mesure adroite de la part des chr\u00e9tiens pour nous avoir l\u00e0-bas et ensuite pour nous tourner en ridicule ou pour essayer de nous convertir. En cons\u00e9quence, nous y all\u00e2mes en simples particuliers. Mais ce fut une merveilleuse surprise qui nous attendait. Nos id\u00e9es \u00e9taient toutes fausses. Le Congr\u00e8s \u00e9tait convoqu\u00e9 parce que les nations occidentales en sont arriv\u00e9es \u00e0 discerner la faiblesse et l&#8217;absurdit\u00e9 du christianisme, et elles souhaitaient r\u00e9ellement nous entendre parler de notre religion, et apprendre ainsi quelle est la meilleure religion. Il n&#8217;y a dans le monde aucun pays meilleur que l&#8217;Am\u00e9rique pour propager les enseignements du bouddhisme. En Am\u00e9rique, le christianisme n&#8217;est qu&#8217;un agr\u00e9ment de la soci\u00e9t\u00e9. Il n&#8217;est vraiment cru que par tr\u00e8s peu de gens. La grande majorit\u00e9 des chr\u00e9tiens boivent et commettent divers p\u00e9ch\u00e9s grossiers, et ont une vie tr\u00e8s dissolue, bien que le christianisme soit une croyance tr\u00e8s r\u00e9pandue et qu&#8217;elle serve d&#8217;agr\u00e9ment social. Son manque d&#8217;influence prouve sa faiblesse. Les assembl\u00e9es manifest\u00e8rent la grande sup\u00e9riorit\u00e9 du bouddhisme sur le christianisme, et le simple fait de convoquer les r\u00e9unions montra que le peuple am\u00e9ricain et les autres peuples occidentaux avaient perdu leur foi dans le christianisme et \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 accepter les enseignements de notre religion sup\u00e9rieure \u00bb.<\/p>\n<p>Il n&#8217;est pas surprenant qu&#8217;\u00e0 la cl\u00f4ture des discours, un chr\u00e9tien japonais ait d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab Comment des chr\u00e9tiens am\u00e9ricains ont-ils pu commettre une si grande faute en tenant un tel rassemblement et porter pr\u00e9judice au christianisme comme ces r\u00e9unions le feront au Japon ?<\/p>\n<p>Ceux qui sont au courant de l&#8217;histoire savent quelque chose de cette grande puissance antichr\u00e9tienne, l&#8217;\u00e9glise de Rome, dont les protestants recherchent si ardemment l&#8217;affiliation ; ceux qui gardent les yeux ouverts sur ses activit\u00e9s pr\u00e9sentes, savent que son c\u0153ur et son caract\u00e8re sont toujours inchang\u00e9s. Ceux qui sont quelque peu inform\u00e9s savent bien<\/p>\n<p>(P 206) que l&#8217;\u00e9glise catholique grecque a soutenu et approuv\u00e9, si vraiment elle n&#8217;en a pas \u00e9t\u00e9 l&#8217;instigatrice, la pers\u00e9cution russe des Juifs, des \u00ab Stundists \u00bb et de tous les autres chr\u00e9tiens qui, se r\u00e9veillant de l&#8217;aveuglement et de la superstition de l&#8217;\u00e9glise catholique grecque, cherchent et trouvent Dieu et la v\u00e9rit\u00e9 par l&#8217;\u00e9tude de sa Parole. Les pers\u00e9cutions incit\u00e9es par les pr\u00eatres catholiques grecs et poursuivies par la police sont du genre le plus cruel et le plus r\u00e9voltant. Mais n\u00e9anmoins, on recherche tr\u00e8s ardemment l&#8217;union et la coop\u00e9ration avec ces deux syst\u00e8mes, les \u00e9glises catholiques romaine et grecque, comme aussi avec toutes les formes de superstition et d&#8217;ignorance pa\u00efennes.<\/p>\n<p>LES \u00c9PAISSES T\u00c9N\u00c8BRES DU PAGANISME<\/p>\n<p>AVEC LESQUELLES DES CHR\u00c9TIENS D\u00c9SIRENT FAIRE ALLIANCE<\/p>\n<p>Des chr\u00e9tiens d\u00e9sirent maintenant la coop\u00e9ration et la sympathie du paganisme. Nous pouvons nous faire une id\u00e9e des \u00e9paisses t\u00e9n\u00e8bres de ce paganisme d&#8217;apr\u00e8s la r\u00e9plique indign\u00e9e que fit le Dr. Pentecost aux critiques que certains des \u00e9trangers adress\u00e8rent au christianisme et aux missions chr\u00e9tiennes. Il d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Je trouve regrettable que l&#8217;on fasse tendre toutes choses \u00e0 faire d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer les discussions de ce Congr\u00e8s en une suite d&#8217;accusations et de r\u00e9criminations ; n\u00e9anmoins, nous chr\u00e9tiens, nous sommes rest\u00e9s assis patiemment pour \u00e9couter une s\u00e9rie de critiques que certains repr\u00e9sentants des religions de l&#8217;Orient ont adress\u00e9es au christianisme touchant ses r\u00e9sultats. Par exemple; les bouges de Chicago et de New York, la perversit\u00e9 sans nom qui s&#8217;\u00e9tale, aux yeux m\u00eames des \u00e9trangers qui sont nos h\u00f4tes ; la licence, l&#8217;ivrognerie, les querelles, les assassinats, les crimes d&#8217;une certaine classe nous ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s. Les fautes commises par les Parlements et les gouvernements tant en Angleterre qu&#8217;en Am\u00e9rique ont \u00e9t\u00e9 mis sur le compte du christianisme. Le commerce de l&#8217;opium, le trafic du rhum, les violations de trait\u00e9s, les lois barbares et inhumaines contre les Chinois, etc., tout a \u00e9t\u00e9 mis sur le compte de<\/p>\n<p>(P 207) l&#8217;\u00e9glise chr\u00e9tienne. [Mais si les chr\u00e9tiens pr\u00e9tendent que ces nations sont des nations chr\u00e9tiennes, peuvent-ils raisonnablement bl\u00e2mer ces repr\u00e9sentants pa\u00efens de penser et de les juger en cons\u00e9quence ?].<\/p>\n<p>\u00ab Il semble \u00e0 peine n\u00e9cessaire de dire toutes ces choses, l&#8217;immoralit\u00e9, l&#8217;ivrognerie, les crimes, le manque de fraternit\u00e9, et la rapacit\u00e9 de ces divers trafics n\u00e9fastes que nos pays ont introduits en Orient n&#8217;ont rien \u00e0 voir avec le christianisme. [Si, si ces nations sont des nations chr\u00e9tiennes. En affirmant qu&#8217;elles le sont, l&#8217;\u00e9glise est responsable de leurs p\u00e9ch\u00e9s ; c&#8217;est donc \u00e0 juste titre qu&#8217;on l&#8217;en accuse]. L&#8217;Eglise de Christ travaille nuit et jour \u00e0 corriger et \u00e0 abolir ces crimes. C&#8217;est d&#8217;une voix unanime que l&#8217;\u00e9glise chr\u00e9tienne condamne le trafic de l&#8217;opium, celui de l&#8217;alcool, les lois oppressives contre les Chinois et toutes les formes de vice et de cupidit\u00e9 dont se plaignent nos amis orientaux.<\/p>\n<p>\u00ab Nous consentons \u00e0 \u00eatre critiqu\u00e9s, mais quand je rappelle le fait que ces critiques viennent en partie de messieurs qui repr\u00e9sentent un syst\u00e8me de religion dont les temples, servis par les castes les plus \u00e9lev\u00e9es de pr\u00eatres brahmanes, sont les clo\u00eetres autoris\u00e9s et \u00e9tablis d&#8217;un syst\u00e8me d&#8217;immoralit\u00e9 et de d\u00e9bauche sans parall\u00e8le en aucun pays occidental, je sens que garder le silence devant ces critiques serait les accepter. Je pourrais vous emmener dans dix mille temples, plus ou moins \u2014 plut\u00f4t plus que moins \u2014 dans toutes les parties de l&#8217;Inde, auxquels sont attach\u00e9es deux \u00e0 quatre cents pr\u00eatresses, dont les vies ne sont pas toutes ce qu&#8217;elles devraient \u00eatre.<\/p>\n<p>J&#8217;ai vu cela de mes propres yeux, et personne ne le nie en Inde. Si vous en parlez aux Brahmanes, ils vous diront que c&#8217;est une partie de leur syst\u00e8me concernant le commun peuple. Retenez bien que ce syst\u00e8me est l&#8217;institution autoris\u00e9e de la religion hindoue. Il n&#8217;est que de regarder les abominables sculptures sur les temples, \u00e0 la fois des Hindous et des Bouddhistes, les symboles hideux des anciens syst\u00e8mes phalliques qui sont les objets les plus populaires ador\u00e9s dans l&#8217;Inde, pour \u00eatre impressionn\u00e9 par la corruption des religions. Retenez bien que ces derni\u00e8res ne sont pas seulement tol\u00e9r\u00e9es, mais \u00e9tablies, dirig\u00e9es et domin\u00e9es par les pr\u00eatres de la religion. Seuls les peintures et portraits ind\u00e9cents de l&#8217;ancienne Pomp\u00e9i \u00e9galent en obsc\u00e9nit\u00e9 les choses qui sont \u00e0 la vue de tous dans les temples de l&#8217;Inde et autour de leurs entr\u00e9es.<\/p>\n<p>(P 208)<\/p>\n<p>Il semble un peu p\u00e9nible que nous devions supporter les critiques que ces repr\u00e9sentants de l&#8217;hindouisme font contre la partie impie des pays occidentaux, alors qu&#8217;ils vivent dans des \u00e9normes maisons de verre comme celles-ci, chacune d&#8217;elles \u00e9tant \u00e9rig\u00e9e, prot\u00e9g\u00e9e et d\u00e9fendue par les conducteurs de leur propre religion.<\/p>\n<p>Nous avons entendu beaucoup parler de la \u00ab paternit\u00e9 de Dieu et de la fraternit\u00e9 de l&#8217;homme&#8217;\u00bb comme \u00e9tant l&#8217;une des doctrines essentielles des religions orientales. En fait, je n&#8217;ai jamais \u00e9t\u00e9 capable de trouver \u2014 et j&#8217;ai mis au d\u00e9fi d&#8217;en produire un dans l&#8217;Inde enti\u00e8re \u2014 un seul texte dans l&#8217;une quelconque des litt\u00e9ratures hindoues qui justifie ou m\u00eame sugg\u00e8re la doctrine de la \u00ab paternit\u00e9 de Dieu et de la fraternit\u00e9 de l&#8217;homme \u00bb. C&#8217;est l\u00e0 un pur plagiat aux d\u00e9pens du christianisme. Nous nous r\u00e9jouissons qu&#8217;ils l&#8217;aient adopt\u00e9e et assimil\u00e9e. Comment un Brahmane qui consid\u00e8re tous les hommes d&#8217;une caste inf\u00e9rieure, et sp\u00e9cialement les pauvres parias avec un esprit de d\u00e9go\u00fbt, et les estime comme appartenant \u00e0 un ordre diff\u00e9rent d&#8217;\u00eatres, provenant de singes et de d\u00e9mons, peut-il oser nous dire qu&#8217;il croit en la paternit\u00e9 de Dieu et en la fraternit\u00e9 de l&#8217;homme ? Si un Brahmane croit, en la fraternit\u00e9 de l&#8217;homme, pourquoi refuse-t-il les am\u00e9nit\u00e9s sociales et l&#8217;hospitalit\u00e9 ordinaire aux hommes des autres castes, aussi bien qu&#8217;\u00e0 ses fr\u00e8res occidentaux qu&#8217;il \u00e9treint, si magnifiquement dans les bras condescendants de sa doctrine trouv\u00e9e depuis peu de la paternit\u00e9 de Dieu et de la fraternit\u00e9 de l&#8217;homme ?<\/p>\n<p>\u00ab S&#8217;il y a une fraternit\u00e9 quelconque de l&#8217;homme en Inde, l&#8217;observateur le plus distrait ne peut h\u00e9siter \u00e0 dire qu&#8217;il n&#8217;y a pas de fraternit\u00e9 touchant les s\u0153urs qui soit reconnue d&#8217;eux. Que les horreurs sans nom, dont les femmes hindoues de l&#8217;Inde sont les victimes, r\u00e9pondent \u00e0 cette d\u00e9claration.<\/p>\n<p>\u00ab Jusqu&#8217;\u00e0 ce que le gouvernement anglais ait renvers\u00e9 d&#8217;une main ferme l&#8217;ancienne institution religieuse hindoue de Suttee [veuve hindoue \u2014 Trad.], chaque ann\u00e9e, des centaines de veuves hindoues se jetaient de bon c\u0153ur sur le b\u00fbcher fun\u00e9raire de leur mari mort, embrassant ainsi les flammes qui br\u00fblaient leur corps plut\u00f4t que de se livrer aux horreurs sans nom et \u00e0 l&#8217;enfer vivant du veuvage hindou. Que nos amis hindous nous disent ce que leur religion a fait pour la veuve hindoue, et en particulier pour l&#8217;enfant veuve avec sa t\u00eate ras\u00e9e comme une criminelle,<\/p>\n<p>(P 209) d\u00e9pouill\u00e9e de ses ornements, v\u00eatue de haillons, r\u00e9duite \u00e0 une position d&#8217;esclave pire que celle que nous pouvons concevoir, devenue le souffre-douleur de la famille, et souvent vou\u00e9e \u00e0 des usages pires encore et sans nom. C&#8217;est \u00e0 cet \u00e9tat et \u00e0 cette condition que se trouve r\u00e9duite la pauvre veuve sous la sanction de l&#8217;hindouisme. Il y a deux ann\u00e9es seulement, on demanda au gouvernement britannique de voter une nouvelle loi s\u00e9v\u00e8re \u00e9levant \u00ab l&#8217;\u00e2ge de consentement \u00bb \u00e0 douze ans, \u00e2ge o\u00f9 il \u00e9tait l\u00e9gal pour un hindou de consommer les rapports de mariage avec sa femme-enfant. Les h\u00f4pitaux chr\u00e9tiens, remplis de petites filles abus\u00e9es \u00e0 peine sorties de leur enfance, devinrent un fait si outrageant que le gouvernement dut intervenir pour arr\u00eater ces crimes qui \u00e9taient perp\u00e9tr\u00e9s au nom de la religion. L&#8217;agitation fut si grande \u00e0 ce sujet en Inde qu&#8217;on craignit comme imminente une r\u00e9volution religieuse qui aurait presque tourn\u00e9 en soul\u00e8vement.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9s par nos amis orientaux nous reprochant de juger avec un jugement ignorant et pr\u00e9venu, parce qu&#8217;au d\u00e9but de ce Congr\u00e8s, un d\u00e9fi fut lanc\u00e9 auquel cinq personnes seulement furent capables de dire qu&#8217;elles avaient lu la Bible de Bouddha ; d\u00e8s lors, on supposa que notre jugement \u00e9tait ignorant et injuste. On aurait pu lancer le m\u00eame d\u00e9fi en Birmanie ou \u00e0 Ceylan, et en dehors de la pr\u00eatrise, il est presque permis de dire qu&#8217;il y aurait eu moins de cinq personnes qui auraient \u00e9t\u00e9 capables de dire qu&#8217;elles avaient lu leurs propres \u00e9critures. Les Badas des Hindous sont des objets d&#8217;adoration. Personne sauf un Brahme ne peut les enseigner, encore moins les lire. Avant que les missions chr\u00e9tiennes n&#8217;aillent en Inde, le sanscrit \u00e9tait pratiquement une langue morte. Si les \u00e9critures indiennes ont \u00e9t\u00e9 enfin traduites dans la langue indig\u00e8ne ou donn\u00e9e aux nations occidentales, c&#8217;est parce que les missions chr\u00e9tiennes et des \u00e9rudits occidentaux les ont red\u00e9couvertes, d\u00e9terr\u00e9es, transport\u00e9es et apport\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re du jour. La somme des, \u00c9critures en sanscrit connue par l&#8217;Indien ordinaire qui a re\u00e7u une instruction occidentale n&#8217;est constitu\u00e9e que de ces portions qui ont \u00e9t\u00e9 traduites en anglais ou en langue indig\u00e8ne par des \u00e9rudits europ\u00e9ens ou occidentaux. Le commun peuple, c&#8217;est-\u00e0-dire les 99 % des Hindous ne conna\u00eet que la tradition. Mettons cette exclusivit\u00e9 d&#8217;inertie de la part de ces religions indiennes en contraste avec le fait que le chr\u00e9tien a traduit sa Bible en plus de<\/p>\n<p>(P 210) trois cents langues et dialectes, et qu&#8217;il l&#8217;a r\u00e9pandue \u00e0 des centaines de millions d&#8217;exemplaires parmi les nations, langues et peuples de la terre. Nous recherchons la lumi\u00e8re, mais il semblerait que les Bibles de l&#8217;Orient aiment les t\u00e9n\u00e8bres plut\u00f4t que la lumi\u00e8re parce qu&#8217;elles ne supportent pas cette lumi\u00e8re publi\u00e9e dans l&#8217;univers.<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;hindouisme nouveau et meilleur de nos jours est un d\u00e9veloppement accompli sous l&#8217;influence de l&#8217;ambiance chr\u00e9tienne, mais il n&#8217;a pas encore atteint le niveau \u00e9thique que lui donne le droit de donner \u00e0 l&#8217;\u00e9glise chr\u00e9tienne une le\u00e7on de moralit\u00e9. Jusqu&#8217;\u00e0 ce que l&#8217;Inde ait purg\u00e9 ses temples d&#8217;une souillure pire que celle d&#8217;Augias, et que ses pandits et ses pr\u00eatres aient d\u00e9savou\u00e9 et stigmatis\u00e9 les actes horribles commis au nom de la religion, qu&#8217;elle soit modeste quand elle proclame la moralit\u00e9 aux autres nations et aux autres peuples \u00bb.<\/p>\n<p>DES R\u00c9FORMATEURS PA\u00cfENS CHERCHENT DIEU<\/p>\n<p>Tandis que, dans ses repr\u00e9sentants, la chr\u00e9tient\u00e9 se tenait devant ceux du monde pa\u00efen, orgueilleuse de ses progr\u00e8s religieux et ne sachant pas qu&#8217;elle \u00e9tait \u00ab pauvre et aveugle, et mis\u00e9rable et nue \u00bb (Apoc. 3 : 17), le contraste \u00e9tait tr\u00e8s grand d&#8217;une recherche \u00e9vidente de Dieu de la part de certains pa\u00efens ; d&#8217;autre part, la finesse avec laquelle ils discernaient et d&#8217;une mani\u00e8re indirecte critiquaient les contradictions des chr\u00e9tiens, m\u00e9rite d&#8217;\u00eatre soulign\u00e9e d&#8217;une fa\u00e7on toute sp\u00e9ciale.<\/p>\n<p>Deux discours habiles prononc\u00e9s par des repr\u00e9sentants hindous nous donnent quelque id\u00e9e du remarquable mouvement en Inde, des t\u00e9n\u00e8bres dans les pays pa\u00efens, et aussi de l&#8217;influence de notre Bible que les missionnaires y portent. La Bible a accompli une \u0153uvre qui n&#8217;a pu \u00eatre d\u00e9truite bien qu&#8217;elle ait \u00e9t\u00e9 g\u00ean\u00e9e par les credo contradictoires qui l&#8217;accompagnent et pr\u00e9tendent l&#8217;interpr\u00e9ter. Nous apprenons qu&#8217;au Japon existent des conditions semblables. Ci-dessous, nous ajoutons des extraits de trois discours remarquables pour leur \u00e9vidente sinc\u00e9rit\u00e9, leur profondeur et leur expression limpide, et qui montrent l&#8217;attitude tr\u00e8s s\u00e9rieuse de r\u00e9formateurs pa\u00efens qui cherchent apr\u00e8s Dieu, s&#8217;ils pourraient en quelque sorte le toucher en t\u00e2tonnant et le trouver.<\/p>\n<p>(P 211)<\/p>\n<p>UNE VOIX DE L&#8217;INDE NOUVELLE<\/p>\n<ol>\n<li>Mozoomdar s&#8217;adressa \u00e0 l&#8217;assembl\u00e9e en ces termes :<\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00ab M. LE PRESIDENT, MM. LES REPR\u00c9SENTANTS DES NATIONS ET DES RELIGIONS : Le Brahmo Somaj de l&#8217;Inde que j&#8217;ai l&#8217;honneur de repr\u00e9senter, est une nouvelle soci\u00e9t\u00e9 ; notre religion est une nouvelle religion, mais elle vient d&#8217;une lointaine, tr\u00e8s lointaine antiquit\u00e9, des racines m\u00eames de notre vie nationale, il y a des centaines de si\u00e8cles.<\/p>\n<p>\u00ab Il y a soixante-trois ans, tout le pays de l&#8217;Inde \u00e9tait rempli d&#8217;une immense clameur. Le grand bruit discordant d&#8217;un polyth\u00e9isme h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne d\u00e9chirait le silence du ciel. Les pleurs des veuves, que dis-je, bien plus lamentables les cris de ces mis\u00e9rables femmes qui devaient \u00eatre br\u00fbl\u00e9es sur les b\u00fbchers fun\u00e9raires de leurs maris morts, profanaient la saintet\u00e9 de la terre de Dieu. Nous avions la d\u00e9esse bouddhiste du pays, la m\u00e8re du peuple, aux dix mains, tenant dans chaque main les armes pour d\u00e9fendre ses enfants. Nous avions la d\u00e9esse blanche du savoir, jouant sur sa Vena, instrument de musique \u00e0 cordes, les cordes de la sagesse. La d\u00e9esse de la bonne fortune, tenant dans ses bras, non la corne mais le panier d&#8217;abondance, b\u00e9nissant les nations de l&#8217;Inde, s&#8217;y trouvait aussi ; &#8216; et le dieu \u00e0 la t\u00eate d&#8217;\u00e9l\u00e9phant, et le dieu \u00e0 califourchon sur un paon, et les trente-trois millions de dieux et de d\u00e9esses en plus. J&#8217;ai ma-conception personnelle sur la mythologie de l&#8217;hindouisme, mais ce n&#8217;est pas le moment d&#8217;en discuter.<\/p>\n<p>Parmi le vacarme et le fracas de ce polyth\u00e9isme et du mal social, parmi toutes les t\u00e9n\u00e8bres de l&#8217;\u00e9poque, se dressa un homme, un pur brahmane de naissance et d&#8217;\u00e9ducation, qui s&#8217;appelait Raja Ram Dohan Roy. Avant de devenir un homme, il \u00e9crivit un livre pour prouver la fausset\u00e9 de tout polyth\u00e9isme et la v\u00e9rit\u00e9 de l&#8217;existence du Dieu vivant. Cela attira la pers\u00e9cution sur sa t\u00eate. En 1830, cet homme fonda une soci\u00e9t\u00e9 connue sous le nom de Brahmo-Somaj la soci\u00e9t\u00e9 des adorateurs du seul Dieu vivant.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le Brahmo-Somaj fonda ce monoth\u00e9isme sur l&#8217;inspiration des anciennes \u00e9critures hindoues, les Vedas et les Upanishads.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au cours du temps, alors que le mouvement grandissait, les membres commenc\u00e8rent \u00e0 douter de l&#8217;infaillibilit\u00e9 r\u00e9elle des \u00e9critures hindoues.<\/p>\n<p>(P 212) Dans leur \u00e2me, ils pensaient entendre une voix qui, tout d&#8217;abord timide, contredisait \u00e7\u00e0 et l\u00e0 les Vedas et les Upanishads. Quels seront nos principes de th\u00e9ologie ? Sur quels principes notre religion se tiendra-t-elle ? Le faible ton sur lequel la question fut d&#8217;abord pos\u00e9e, s&#8217;amplifia de plus en plus et trouva de plus en plus d&#8217;\u00e9cho dans la soci\u00e9t\u00e9 religieuse naissante jusqu&#8217;\u00e0 devenir le probl\u00e8me le plus positif sur le plan pratique : sur quel livre toute vraie religion doit-elle s&#8217;appuyer ?<\/p>\n<p>Rapidement, ils trouv\u00e8rent impossible que ce fussent les \u00e9critures hindoues le seul t\u00e9moignage de la vraie religion. Ils trouv\u00e8rent que bien qu&#8217;il y e\u00fbt des v\u00e9rit\u00e9s dans les \u00e9critures hindoues, ils ne pouvaient reconna\u00eetre ces derni\u00e8res comme le seul mod\u00e8le infaillible de la r\u00e9alit\u00e9 spirituelle. Aussi, vingt et un ans apr\u00e8s la fondation du Brahmo-Somaj on abandonna la doctrine de l&#8217;infaillibilit\u00e9 des \u00e9critures hindoues.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vint ensuite une autre question : N&#8217;y a-t-il pas d&#8217;autres \u00e9critures ? Ne vous ai-je pas dit, l&#8217;autre jour, que sur le tr\u00f4ne imp\u00e9rial de l&#8217;Inde, le christianisme si\u00e9geait maintenant, tenant l\u2019\u00c9vangile d&#8217;une main et le sceptre de la civilisation de l&#8217;autre ? La Bible a p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 en Inde. La Bible est le livre que l&#8217;humanit\u00e9 ne devrait pas ignorer. Reconnaissant donc, d&#8217;une part, la grande inspiration des \u00e9critures hindoues, nous ne pouvions, d&#8217;autre part, reconna\u00eetre l&#8217;inspiration et l&#8217;autorit\u00e9 de la Bible. En 1861 nous publi\u00e2mes un ouvrage dans lequel des extraits de toutes les \u00e9critures furent donn\u00e9s comme le livre qui devait \u00eatre lu au cours de nos d\u00e9votions. Ce ne fut pas le missionnaire chr\u00e9tien qui attira notre attention sur la Bible ; ce ne furent pas les pr\u00eatres mahom\u00e9tans qui nous montr\u00e8rent les excellents passages du Coran ; ce ne fut aucun disciple de Zoroastre qui nous pr\u00eacha la grandeur de son Zend-Avesta, mais il y avait dans nos c\u0153urs le Dieu de r\u00e9alit\u00e9 infinie, la source d&#8217;inspiration de tous les livres, de la Bible, du Coran, du Zend-Avesta, qui attira notre attention sur les vertus r\u00e9v\u00e9l\u00e9es dans le r\u00e9cit de l&#8217;exp\u00e9rience de saintet\u00e9 faite partout. C&#8217;est par sa direction et par sa lumi\u00e8re que nous reconn\u00fbmes ces faits, et c&#8217;est sur le roc de la r\u00e9alit\u00e9 durable et \u00e9ternelle que nous pos\u00e2mes notre fondement th\u00e9ologique.<\/p>\n<p>\u00ab Etait-ce de la th\u00e9ologie sans moralit\u00e9 ? Qu&#8217;est l&#8217;inspiration de ce livre ou l&#8217;autorit\u00e9 de ce proph\u00e8te sans<\/p>\n<p>(P 213) la saintet\u00e9 personnelle, la propret\u00e9 de ce temple fait par Dieu ? Peu apr\u00e8s que nous e\u00fbmes achev\u00e9 notre th\u00e9ologie, nous en v\u00eenmes \u00e0 discerner clairement que nous n&#8217;\u00e9tions pas des hommes bons, des hommes saints \u00e0 l&#8217;esprit pur, et qu&#8217;il y avait d&#8217;innombrables choses mauvaises autour de nous, dans nos maisons, dans nos usages nationaux, dans l&#8217;organisation de notre soci\u00e9t\u00e9. En cons\u00e9quence, le Brahmo-Somaj se mit \u00e0 r\u00e9former la soci\u00e9t\u00e9. En 1851, le premier \u00ab intermariage \u00bb fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9. En Inde, un intermariage veut dire le mariage de personnes appartenant \u00e0 des castes diff\u00e9rentes. La caste est une sorte de muraille de Chine qui entoure chaque famille et chaque petite communaut\u00e9 ; aucun homme audacieux, aucune femme audacieuse ne s&#8217;\u00e9garerait au-del\u00e0 de cette muraille. Dans le Brahmo-Somaj, nous demand\u00e2mes : \u00ab Est-ce que cette muraille chinoise couvrira \u00e0 jamais d&#8217;opprobre la libert\u00e9 des enfants de Dieu ? \u00bb Non ! Abattez-la ! Renversez-la ! et partez !<\/p>\n<p>\u00ab Ensuite, mon conducteur et honor\u00e9 ami, Keshub Chunder Sen, prit des dispositions pour que le mariage entre castes diff\u00e9rentes ait lieu. Les Brahmes furent scandalis\u00e9s. Des devins hoch\u00e8rent la t\u00eate ; m\u00eame des dirigeants du Brahmo-Somaj hauss\u00e8rent les \u00e9paules et mirent leurs mains dans les poches. \u00ab Ces jeunes incendiaires \u00bb, dirent-ils, \u00ab vont mettre le feu \u00e0 toute la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb. Mais l&#8217;\u00ab inter-mariage \u00bb se fit ainsi que le remariage des veuves.<\/p>\n<p>Savez-vous ce que sont les veuves en Inde ? Une petite fille de dix ou douze ans vient \u00e0 perdre son mari avant m\u00eame qu&#8217;elle ait bien connu ses traits ; depuis cet \u00e2ge tendre jusqu&#8217;au jour de sa mort, elle subira des p\u00e9nitences, une vie tr\u00e8s aust\u00e8re, mis\u00e9rable, la solitude et la. honte qui vous font trembler en en entendant seulement parler. Je n&#8217;approuve pas ou je ne comprends pas la, conduite d&#8217;une femme qui se marie une premi\u00e8re fois, puis une seconde fois, puis une troisi\u00e8me fois et une quatri\u00e8me \u2014 qui se marie autant de fois qu&#8217;il y a de saisons dans l&#8217;ann\u00e9e. Je ne comprends pas la conduite de tels hommes et de telles femmes. Mais je pense que lorsqu&#8217;une petite enfant de onze ans perd ce que les hommes appellent son mari, la faire tomber dans la mis\u00e8re de toute une vie de veuvage et lui infliger des calamit\u00e9s qui d\u00e9shonoreraient un criminel, est un acte inhumain dont il n&#8217;est pas trop t\u00f4t de se d\u00e9barrasser. D&#8217;o\u00f9, des \u00ab intermariages \u00bb et des remariages de veuves. Nous avions ainsi pris en main le probl\u00e8me de l&#8217;am\u00e9lioration sociale et domestique, et le r\u00e9sultat fut que tr\u00e8s rapidement une rupture se fit dans<\/p>\n<p>(P 214) le Brahmo-Somaj. Nous, jeunes gens, nous d\u00fbmes partir \u2014 nous et toute notre r\u00e9forme sociale \u2014 et nous tirer d&#8217;affaire nous-m\u00eames comme nous le pouvions au mieux. Lorsque ces r\u00e9formes sociales furent en partie achev\u00e9es,. survint une autre question.<\/p>\n<p>Nous avions remari\u00e9 la veuve ; nous avions pr\u00e9serv\u00e9 les veuves du b\u00fbcher ; mais qu&#8217;avions-nous fait de notre puret\u00e9 personnelle, de la sanctification de notre propre conscience, de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de notre \u00e2me ? Mais qu&#8217;avions-nous fait de notre acceptation devant le terrible tribunal de Dieu de justice infinie ? La r\u00e9forme sociale et l&#8217;accomplissement de bonnes \u0153uvres pour le public ne sont l\u00e9gitimes que s&#8217;ils se d\u00e9veloppent sous le principe d&#8217;application g\u00e9n\u00e9rale de la puret\u00e9 personnelle et de la saintet\u00e9 de l&#8217;\u00e2me.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mes amis, je suis souvent effray\u00e9, je le confesse, lorsque je m\u00e9dite sur la condition de la soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne et am\u00e9ricaine o\u00f9 vos activit\u00e9s sont si nombreuses, o\u00f9 votre travail est si \u00e9tendu que vous en \u00eates submerg\u00e9s et que, vous avez peu de temps pour prendre en consid\u00e9ration les grandes questions de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration, de sanctification personnelle, d&#8217;\u00e9preuve, de jugement et de l&#8217;acceptation devant Dieu. C&#8217;est la question de toutes les questions.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Apr\u00e8s la fin de notre travail de r\u00e9forme sociale, nous \u00e9tions amen\u00e9s devant le grand sujet : Comment cette, nature non r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e sera-t-elle r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e ? Ce temple souill\u00e9, quelles eaux le laveront-elles pour qu&#8217;il soit dans une condition nouvelle et pure ? Tous ces mobiles, tous ces d\u00e9sirs et impulsions mauvaises, les inspirations animales, qu&#8217;est-ce qui y mettra fin et rendra l&#8217;homme ce qu&#8217;il \u00e9tait, l&#8217;enfant immacul\u00e9 de Dieu, comme Christ l&#8217;\u00e9tait, comme tous les hommes r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s l&#8217;\u00e9taient ? Le principe de th\u00e9ologie d&#8217;abord, le principe moral ensuite, et en troisi\u00e8me lieu le spirituel du Brahmo-Somaj : d\u00e9votions, repentance, pri\u00e8re, louange, foi ; s&#8217;en remettre enti\u00e8rement et absolument \u00e0 l&#8217;esprit de Dieu et \u00e0 son amour salutaire.<\/p>\n<p>[Ce philosophe pa\u00efen ne discerne qu&#8217;en partie ce qu&#8217;est le p\u00e9ch\u00e9, comme l&#8217;indique l&#8217;expression qu&#8217;il emploie : \u00ab un enfant immacul\u00e9 de Dieu&#8230; comme tous les hommes r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s l&#8217;\u00e9taient \u00bb. Il ne voit pas que m\u00eame les meilleurs de la race d\u00e9chue sont loin d&#8217;\u00eatre r\u00e9ellement sans souillure, immacul\u00e9s, parfaits ; que, par cons\u00e9quent, tous ont besoin du m\u00e9rite de la perfection de Christ et du sacrifice pour le p\u00e9ch\u00e9 pour les justifier. Il parle de pri\u00e8res, de foi, etc., et de la mis\u00e9ricorde de Dieu, mais il n&#8217;a pas encore appris que la justice<\/p>\n<p>(P 215) est le fondement \u00e0 la base de toutes les transactions de Dieu, et que ce n&#8217;est que par le m\u00e9rite du sacrifice de Christ que Dieu peut \u00eatre juste et n\u00e9anmoins le justificateur des p\u00e9cheurs qui croient en Christ, couverts de cette mani\u00e8re par sa grande r\u00e9conciliation pour le p\u00e9ch\u00e9, accompli il y a dix-huit si\u00e8cles \u2014 une fois pour toutes \u2014 pour \u00eatre un t\u00e9moignage rendu \u00e0 tous en son propre temps].<\/p>\n<p>\u00ab Des aspirations morales ne signifient pas la saintet\u00e9 ; un d\u00e9sir d&#8217;\u00eatre bon ne signifie pas \u00eatre bon. Le taureau qui transporte sur Son dos quelques centaines de kilos de sucre ne go\u00fbte pas la moindre parcelle de sucre \u00e0 cause de son fardeau insupportable. Toutes nos aspirations, tous nos beaux souhaits, tous nos beaux r\u00eaves et tous nos beaux sermons, que nous les \u00e9coutions ou que nous les fassions &#8211; qu&#8217;ils nous endorment ou que nous les \u00e9coutions attentivement \u2014 tout cela ne rendra jamais la vie parfaite. La d\u00e9votion seule, la pri\u00e8re, la perception directe de l&#8217;esprit de Dieu, la communion avec lui, l&#8217;humiliation absolue de soi-m\u00eame devant sa majest\u00e9, la ferveur de d\u00e9votion, la stimulation religieuse, le grand int\u00e9r\u00eat aux choses spirituelles, vivre et agir en Dieu, voil\u00e0 le secret de la saintet\u00e9 personnelle. Et dans la troisi\u00e8me \u00e9tape de notre carri\u00e8re, l&#8217;\u00e9motion spirituelle, les longues d\u00e9votions, la ferveur intense, la contemplation, l&#8217;abaissement continuel de soi, non pas simplement devant Dieu mais devant l&#8217;homme, devinrent en cons\u00e9quence la r\u00e8gle de notre vie. Dieu est invisible ; cela ne fait de mal \u00e0 une personne ou ne la rend pas moins respectable si elle dit \u00e0 Dieu : \u00ab Je suis un p\u00e9cheur ; pardonne-moi \u00bb. Mais pour faire vos confessions devant l&#8217;homme, pour vous abaisser devant vos fr\u00e8res et vos s\u0153urs, pour essuyer la poussi\u00e8re des pieds des saints hommes, pour sentir que vous \u00eates un objet mis\u00e9rable, malheureux dans la sainte assembl\u00e9e de Dieu, cela exige un peu d&#8217;abaissement de soi, un peu de courage moral.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le dernier principe que j&#8217;ai \u00e0 exposer est la marche, progressive du Brahmo-Somaj.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le christianisme proclame la gloire de Dieu ; l&#8217;hindouisme parle de son excellence infinie et \u00e9ternelle ; le mahom\u00e9tanisme, par le feu et par le fer, prouve la toute puissance de sa volont\u00e9 ; le bouddhisme dit combien il est pacifique et joyeux. Il est le Dieu de toutes les religions, de toutes les d\u00e9nominations, de tous les pays, de toutes les \u00e9critures, et notre marche progressive consiste \u00e0 mettre en harmonie ces divers syst\u00e8mes, ces divers proph\u00e9ties et ces divers d\u00e9veloppements en un seul grand syst\u00e8me. C&#8217;est pourquoi le nouveau syst\u00e8me de religion dans le Brahmo-Somaj est appel\u00e9 la Nouvelle Dispensation.<\/p>\n<p>(P 216) Le chr\u00e9tien parle du christianisme en termes d&#8217;admiration ; ainsi le fait l&#8217;h\u00e9breu du juda\u00efsme, le mahom\u00e9tan du. Coran, le disciple de Zoroastre du Zend-Avesta. Le chr\u00e9tien admire ses principes de culture spirituelle ; l&#8217;hindou en fait autant, et le mahom\u00e9tan aussi.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mais le Brahmo-Somaj accepte et harmonise tous ces pr\u00e9ceptes, syst\u00e8mes, principes, enseignements et disciplines, et les amalgame en un syst\u00e8me unique, et c&#8217;est l\u00e0 sa religion. Depuis une d\u00e9cade enti\u00e8re, mon ami, Keshub Chunder Sen, moi-m\u00eame et d&#8217;autres ap\u00f4tres du Brahmo-Somaj avons voyag\u00e9 de village en village, de province en province, de continent en continent, proclamant cette nouvelle dispensation et l&#8217;harmonie de toutes les proph\u00e9ties religieuses et de tous les syst\u00e8mes religieux \u00e0 la gloire du seul vrai Dieu vivant. Mais nous sommes une race asservie ; nous sommes ignorants ; nous sommes incapables ; nous n&#8217;avons pas les ressources d&#8217;argent pour que notre message puisse \u00eatre entendu des hommes. Au temps convenable, vous avez convoqu\u00e9 cet auguste Congr\u00e8s des religions, et le message que nous ne pouvions propager, vous vous \u00eates charg\u00e9s de le propager.<\/p>\n<p>\u00ab Je ne viens pas aux sessions de ce Congr\u00e8s en simple \u00e9tudiant, ni comme quelqu&#8217;un qui a \u00e0 justifier sa propre organisation. Je viens en disciple, en partisan, en fr\u00e8re. Puissent vos travaux \u00eatre b\u00e9nis et prosp\u00e8res, et non seulement votre christianisme et votre Am\u00e9rique seront exalt\u00e9s, mais le Brahmo-Somaj se sentira tr\u00e8s exalt\u00e9, et ce pauvre homme qui est venu de si loin pour demander votre sympathie et votre bont\u00e9 se sentira abondamment r\u00e9compens\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Puisse la propagation de la Nouvelle Dispensation compter sur vous et faire de vous nos fr\u00e8res et nos s\u0153urs. Repr\u00e9sentants de toutes les religions, puissent toutes vos religions aboutir \u00e0 la paternit\u00e9 de Dieu et \u00e0 la fraternit\u00e9 de l&#8217;homme, afin que la proph\u00e9tie de Christ puisse s&#8217;accomplir, que l&#8217;esp\u00e9rance du monde puisse \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e et, que l&#8217;humanit\u00e9 puisse devenir un royaume unique avec Dieu, notre P\u00e8re D.<\/p>\n<p>Nous avons ici une d\u00e9claration claire de l&#8217;objet et des esp\u00e9rances d\u00e9 ces philosophes visiteurs, et qui pourra dire qu&#8217;ils n&#8217;ont pas r\u00e9ussi \u00e0 saisir des occasions favorables ? Si, devant le Congr\u00e8s, nous avons entendu beaucoup parler de la paternit\u00e9 de Dieu et de la fraternit\u00e9 des hommes non r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s \u2014 sans que soit reconnue<\/p>\n<p>(P 217) la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;un Sauveur, d&#8217;un R\u00e9dempteur, pour faire l&#8217;expiation du p\u00e9ch\u00e9 et ouvrir \u00ab un chemin nouveau et vivant [de retour \u00e0 la famille de Dieu] \u00e0 travers le voile, c&#8217;est-\u00e0-dire sa chair \u00bb, \u2014 nous avons entendu parler beaucoup plus de la m\u00eame chose depuis. Si, devant le Congr\u00e8s, nous avons entendu parler de la r\u00e9demption de la soci\u00e9t\u00e9 par des r\u00e9formes morales, en opposition \u00e0 la r\u00e9demption par le sang pr\u00e9cieux, nous avons depuis entendu parler plus encore de cette religion sans Christ. C&#8217;est la derni\u00e8re \u00e9tape de la chute de ces derniers jours de l&#8217;Age de l\u2019\u00c9vangile. Elle continuera et augmentera : les \u00c9critures d\u00e9clarent qu&#8217;\u00ab il en tombera mille \u00e0 ton c\u00f4t\u00e9 \u00bb, et l&#8217;ap\u00f4tre Paul demande avec insistance : \u00ab Rev\u00eatez-vous de l&#8217;armure compl\u00e8te de Dieu, afin que vous puissiez tenir ferme dans ce mauvais jour \u00bb, tandis que Jean le R\u00e9v\u00e9lateur demande d&#8217;une mani\u00e8re significative \u00ab Qui peut subsister ? \u00bb. Le th\u00e8me tout entier de l&#8217;Ecriture indique que c&#8217;est la volont\u00e9 de Dieu qu&#8217;une grande \u00e9preuve (\u00ab test \u00bb) vienne maintenant sur tous ceux qui ont pris le nom de Christ, et que la grande masse de la classe de l&#8217;\u00ab ivraie \u00bb abandonne toute profession de foi dans le sacrifice de la ran\u00e7on, accompli une fois pour toutes par notre Seigneur J\u00e9sus, parce qu&#8217;ils n&#8217;ont jamais re\u00e7u la v\u00e9rit\u00e9 dans l&#8217;amour de la v\u00e9rit\u00e9. &#8211; 2 Thess. 2 : 10-12.<\/p>\n<p>UNE VOIX DU JAPON<\/p>\n<p>Lorsque Kinza Ringe M. Harai, le savant japonais bouddhiste, lut son papier sur \u00ab La position r\u00e9elle du Japon \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du christianisme \u00bb, les sourcils de certains des missionnaires sur l&#8217;estrade se fronc\u00e8rent et ils secou\u00e8rent la t\u00eate en signe de d\u00e9sapprobation. Mais le bouddhiste lan\u00e7a ses reproches incisifs contre les faux chr\u00e9tiens qui avaient tant fait pour g\u00eaner l&#8217;\u0153uvre de propagation de l\u2019\u00c9vangile au Japon. Il d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Il y a tr\u00e8s peu de pays au monde qui soient aussi mal compris que ne l&#8217;est le Japon. Parmi les innombrables jugements injustes, on repr\u00e9sente sp\u00e9cialement sous un faux jour la pens\u00e9e religieuse de mes compatriotes, et l&#8217;on condamne la nation enti\u00e8re comme<\/p>\n<p>(P 218) \u00e9tant pa\u00efenne. Qu&#8217;elle soit pa\u00efenne ou quelque chose d&#8217;autre, c&#8217;est un fait que, depuis le commencement de notre histoire, le Japon a re\u00e7u tous les enseignements avec un esprit ouvert ; c&#8217;est un fait \u00e9galement que les instructions qui sont venues du dehors se sont m\u00eal\u00e9es \u00e0 la religion du pays en compl\u00e8te harmonie, comme on le voit par tant de temples \u00e9difi\u00e9s au nom de la v\u00e9rit\u00e9 avec une appellation mixte de bouddhisme et de shinto\u00efsme ; on le voit aussi par l&#8217;affinit\u00e9 parmi les instructeurs du Confucianisme et du Tao\u00efsme, ou d&#8217;autres ismes, et les bouddhistes et les pr\u00eatres du Shinto, comme on le voit \u00e9galement par les Japonais pris individuellement qui rendent hommage \u00e0 tous les enseignements d\u00e9sign\u00e9s ci-dessus ; on peut le voir encore par la construction particuli\u00e8re des maisons japonaises qui poss\u00e8dent g\u00e9n\u00e9ralement deux chambres, l&#8217;une pour un temple bouddhiste en miniature et l&#8217;autre pour un petit sanctuaire shinto, devant lesquels la famille \u00e9tudie les \u00e9critures respectives des deux religions. En r\u00e9alit\u00e9, la religion synth\u00e9tique est la sp\u00e9cialit\u00e9 japonaise, et je n&#8217;h\u00e9siterai pas \u00e0 l&#8217;appeler le Japonisme.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mais vous allez protester et dire : \u00ab Pourquoi donc le christianisme n&#8217;est-il pas aussi chaleureusement accept\u00e9 par votre nation que d&#8217;autres religions ? \u00bb. C&#8217;est l\u00e0 le point que je d\u00e9sire tout sp\u00e9cialement vous pr\u00e9senter. Il y a deux causes pour lesquelles le christianisme n&#8217;est pas aussi cordialement accept\u00e9. Cette grande religion fut largement r\u00e9pandue dans notre pays, mais en 1637 les missionnaires chr\u00e9tiens, unis aux convertis, provoqu\u00e8rent une tragique et sanglante r\u00e9bellion contre le pays, et l&#8217;on comprit que ces missionnaires avaient l&#8217;intention d&#8217;assujettir le Japon \u00e0 leur propre pays natal. Cela choqua le Japon, et il fallut un an au gouvernement du Shogun pour r\u00e9primer cette terrible et importune agitation. A ceux qui nous accusent que notre m\u00e8re patrie a interdit le christianisme, non actuellement mais dans le pass\u00e9, je r\u00e9pondrai que ce ne fut pas par antipathie religieuse ou raciale, mais pour pr\u00e9venir une autre insurrection, et pour prot\u00e9ger notre ind\u00e9pendance, nous f\u00fbmes oblig\u00e9s d&#8217;interdire la propagation des \u00e9vangiles.<\/p>\n<p>Si notre histoire n&#8217;avait pas eu le souvenir d&#8217;une d\u00e9vastation \u00e9trang\u00e8re accomplie sous le couvert de la religion, et si notre peuple n&#8217;avait pas conserv\u00e9 par h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 une horreur et un pr\u00e9jug\u00e9 contre le nom de christianisme, celui-ci aurait pu \u00eatre embrass\u00e9 avec&#8217; empressement par la nation enti\u00e8re. Mais cet incident est du pass\u00e9, et nous pouvons l&#8217;oublier. Cependant, il est assez raisonnable de penser que, dans la mentalit\u00e9 orientale, le christianisme soit gravement soup\u00e7onn\u00e9 (vous appellerez peut-\u00eatre cela de la superstition)<\/p>\n<p>(P 219) d&#8217;\u00eatre un instrument de d\u00e9pr\u00e9dation, si l&#8217;on admet le fait que certaines des puissantes nations de la chr\u00e9tient\u00e9 empi\u00e8tent graduellement sur l&#8217;Orient et que la circonstance dont je vais parler, frappe chaque jour notre esprit et ranime le souvenir tr\u00e8s vif de l&#8217;\u00e9v\u00e9nement historique du pass\u00e9. La circonstance dont je vais parler est l&#8217;exp\u00e9rience que nous faisons actuellement ; je la porte sp\u00e9cialement \u00e0 l&#8217;attention de ce Congr\u00e8s, et non seulement de ce Congr\u00e8s, mais \u00e9galement de toute la chr\u00e9tient\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Depuis 1853, lorsque le Commodore Perry vint au Japon comme ambassadeur du Pr\u00e9sident des Etats-Unis d&#8217;Am\u00e9rique, notre pays commen\u00e7a \u00e0 \u00eatre mieux connu de toutes les nations occidentales, les nouveaux ports furent largement ouverts et l&#8217;interdiction des \u00e9vangiles fut abolie, comme cela \u00e9tait avant la r\u00e9bellion chr\u00e9tienne. Par la convention de Y\u00e9do, aujourd&#8217;hui Tokyo en 1858, l&#8217;accord fut sign\u00e9 entre l&#8217;Am\u00e9rique et le Japon, et aussi avec les puissances europ\u00e9ennes. A l&#8217;\u00e9poque, notre pays \u00e9tait encore sous un gouvernement f\u00e9odal, et comme nous avions \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9cart plus de deux si\u00e8cles depuis la r\u00e9bellion chr\u00e9tienne de 1637, la diplomatie \u00e9tait tout \u00e0 fait une exp\u00e9rience nouvelle pour les officiels f\u00e9odaux qui mirent toute leur confiance dans les nations occidentales et accept\u00e8rent, sans aucune modification, chaque article du trait\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 par les gouvernements \u00e9trangers. D&#8217;apr\u00e8s ce trait\u00e9, nous sommes dans une situation tr\u00e8s d\u00e9savantageuse, et parmi les autres articles, il y en a deux tr\u00e8s importants qui nous privent de nos droits et de nos avantages. L&#8217;un concerne l&#8217;exterritorialit\u00e9 des nations occidentales au Japon, par laquelle toutes les affaires de droit, soit de propri\u00e9t\u00e9 ou de personne, s&#8217;\u00e9levant entre les sujets des nations occidentales dans mon pays aussi bien qu&#8217;entre eux et les Japonais, sont soumises \u00e0 la juridiction des autorit\u00e9s des nations occidentales. Un autre article concerne le tarif douanier qu&#8217;\u00e0 l&#8217;exception de 5 % ad valorem, nous n&#8217;avons aucun droit de pr\u00e9lever une taxe l\u00e0 o\u00f9 on pourrait le faire l\u00e9gitimement.<\/p>\n<p>\u00ab Il est \u00e9galement stipul\u00e9 que l&#8217;une ou l&#8217;autre des parties contractantes de ce trait\u00e9 peut, apr\u00e8s un pr\u00e9avis d&#8217;une ann\u00e9e donn\u00e9 \u00e0 l&#8217;autre, demander une r\u00e9vision le 1er juillet 1872 ou apr\u00e8s. En cons\u00e9quence, en 1871, notre gouvernement demanda<\/p>\n<p>(P 220) une r\u00e9vision, et depuis lors, nous l&#8217;avons constamment sollicit\u00e9e, mais les gouvernements \u00e9trangers ont simplement ignor\u00e9 nos demandes, en pr\u00e9textant beaucoup d&#8217;excuses. Une partie du trait\u00e9 entre les Etats-Unis d&#8217;Am\u00e9rique et le Japon concernant le tarif douanier, fut annul\u00e9e, ce dont nous remercions avec une sinc\u00e8re gratitude la bonne nation am\u00e9ricaine, mais je regrette de dire que, aucune nation europ\u00e9enne n&#8217;ayant suivi l&#8217;exemple de l&#8217;Am\u00e9rique \u00e0 cet \u00e9gard, notre droit au tarif douanier demeure dans la m\u00eame condition qu&#8217;auparavant.<\/p>\n<p>\u00ab Nous n&#8217;avons aucun pouvoir judiciaire sur les \u00e9trangers au Japon, et la cons\u00e9quence naturelle de cela est que nous subissons des dommages l\u00e9gaux et moraux dont on peut voir constamment les comptes rendus dans nos propres journaux. Comme les peuples occidentaux vivent loin de nous, ils ne connaissent pas exactement les faits. Il est probable que, de temps en temps, ils entendent les rapports des missionnaires et de leurs amis au Japon. Je ne nie pas que leurs rapports soient vrais, mais si quelqu&#8217;un d\u00e9sir\u00e9 obtenir des renseignements sans erreur possible concernant son ami, il doit entendre de nombreux c\u00f4t\u00e9s, les opinions \u00e0 son sujet. Si vous examinez de pr\u00e8s, avec un esprit impartial, quels dommages nous subissons, vous serez \u00e9tonn\u00e9s. Parmi de nombreux genres d&#8217;outrages qui nous sont faits, il y en a certains qui nous \u00e9taient totalement inconnus autrefois et enti\u00e8rement nouveaux pour nous \u00ab pa\u00efens \u00bb, et aucun d&#8217;entre nous n&#8217;oserait parler de ces outrages m\u00eame dans une conversation priv\u00e9e.<\/p>\n<p>L&#8217;une des excuses offertes par les nations \u00e9trang\u00e8res, est que notre pays n&#8217;est pas encore civilis\u00e9. Est-ce le principe d&#8217;une loi civilis\u00e9e que les droits et profits du soi-disant non-civilis\u00e9 ou du plus faible soient sacrifi\u00e9s ? Selon ma compr\u00e9hension, l&#8217;esprit et la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une loi est de prot\u00e9ger les droits et le bien-\u00eatre du plus faible contre l&#8217;agression du plus fort, mais je n&#8217;ai jamais appris dans mes \u00e9tudes superficielles de droit que le plus faible doit \u00eatre sacrifi\u00e9 pour le plus fort. Une autre sorte d&#8217;excuse provient de source religieuse et l&#8217;on pr\u00e9tend que les Japonais sont des idol\u00e2tres et des pa\u00efens. Vous saurez de suite si notre peuple est ou non idol\u00e2tre en voulant bien rechercher sans pr\u00e9jug\u00e9s nos vues religieuses d&#8217;apr\u00e8s des sources japonaises authentiques.<\/p>\n<p>Cependant, en admettant pour les besoins de l&#8217;argumentation, que nous soyons des idol\u00e2tres et des pa\u00efens, est-ce la moralit\u00e9 chr\u00e9tienne de fouler aux pieds les droits et les int\u00e9r\u00eats d&#8217;une nation non chr\u00e9tienne en ternissant tout leur bonheur naturel avec la sombre tache de<\/p>\n<p>(P 221) l&#8217;injustice ? Je lis dans la Bible : \u00ab Si quelqu&#8217;un te frappe sur la joue droite, pr\u00e9sente-lui aussi l&#8217;autre \u00bb, mais je ne puis y d\u00e9couvrir aucun passage qui dise : \u00ab Si quelqu&#8217;un te demande justice, frappe-lui la joue droite, et quand il se tournera, frappe-lui l&#8217;autre aussi \u00bb. De m\u00eame, je lis dans la Bible : \u00ab A celui qui veut plaider contre toi et t&#8217;\u00f4ter la tunique, laisse-lui encore le manteau \u00bb, mais je ne puis d\u00e9couvrir aucun passage qui dise : \u00ab Si tu plaides contre quelqu&#8217;un et lui enl\u00e8ves sa tunique, qu&#8217;il te donne aussi son manteau \u00bb.<\/p>\n<p>Vous envoyez vos missionnaires au Japon, et ils nous conseillent d&#8217;\u00eatre moraux et de croire au christianisme. Nous aimons \u00eatre moraux, nous savons que le christianisme est bon, et nous sommes tr\u00e8s reconnaissants pour cette bont\u00e9. Mais dans le m\u00eame temps, notre peuple est plut\u00f4t rendu perplexe ; il met tr\u00e8s fortement en doute cet avis, quand il se souvient que le trait\u00e9 sign\u00e9 au temps du f\u00e9odalisme, alors que nous \u00e9tions encore dans notre enfance, est toujours maintenu par les puissantes nations de la chr\u00e9tient\u00e9 ; lorsque nous trouvons que, chaque ann\u00e9e, un bon nombre de bateaux engag\u00e9s dans la p\u00eache au phoque s&#8217;introduisent en fraude dans nos mers, quand des affaires l\u00e9gales sont toujours tranch\u00e9es par les autorit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res au Japon dans un sens qui nous est d\u00e9favorable ; quand, il y, a quelques ann\u00e9es, il n&#8217;\u00e9tait pas permis \u00e0 un Japonais d&#8217;entrer dans une universit\u00e9 sur la c\u00f4te du Pacifique en Am\u00e9rique parce qu&#8217;il \u00e9tait d&#8217;une race diff\u00e9rente ; quand, il y a quelque mois, la commission des \u00e9coles de San-Francisco d\u00e9cr\u00e9ta qu&#8217;il ne serait permis \u00e0 aucun. Japonais d&#8217;entrer dans les \u00e9coles publiques de la ville ; quand, l&#8217;an dernier, les Japonais furent chass\u00e9s en gros de l&#8217;un des territoires des Etats-Unis d&#8217;Am\u00e9rique ; quand, \u00e0 San-Francisco, nos hommes d&#8217;affaires furent oblig\u00e9s par une certaine union de ne pas employer des assistants ou des collaborateurs japonais, mais des Am\u00e9ricains ; quand, \u00e0 la tribune, il y en a dans la m\u00eame ville qui parlent contre ceux d&#8217;entre nous qui sont d\u00e9j\u00e0 ici ; quand il y a de nombreux hommes qui vont en procession en hissant des lanternes portant ces mots \u00ab Les Japonais doivent partir \u00bb ; quand les Japonais des Iles Hawaii sont priv\u00e9s de leur droit de vote ; quand, au Japon, nous voyons certaines personnes occidentales dresser devant l&#8217;entr\u00e9e de leur maison un poteau sp\u00e9cial sur lequel on lit \u00ab Entr\u00e9e interdite aux Japonais \u00bb, exactement comme une pancarte sur laquelle est \u00e9crit : \u00ab Interdit aux chiens \u00bb ; quand nous nous trouvons dans une telle situation, est-il excessif \u2014 malgr\u00e9 la bont\u00e9 des nations occidentales,<\/p>\n<p>(P 222) d&#8217;un certain point de vue, qui nous envoient leurs missionnaires \u2014 pour nous \u00ab pa\u00efens \u00bb intelligents, d&#8217;\u00eatre embarrass\u00e9s et d&#8217;h\u00e9siter \u00e0 avaler le d\u00e9licieux et chaud liquide du ciel du christianisme ? Si telle est la morale chr\u00e9tienne, eh bien ! nous sommes parfaitement satisfaits d&#8217;\u00eatre des pa\u00efens.<\/p>\n<p>\u00ab Si quelqu&#8217;un devait d\u00e9clarer qu&#8217;il y a beaucoup de gens au Japon qui parlent et qui \u00e9crivent contre le christianisme, je ne suis pas un hypocrite, et je dirai franchement que je fus le premier dans mon pays qui aie jamais attaqu\u00e9 publiquement le christianisme \u2014 non, non pas le vrai christianisme, mais le faux christianisme, les torts commis \u00e0 notre \u00e9gard par les gens de la chr\u00e9tient\u00e9. Si quelqu&#8217;un bl\u00e2me les Japonais parce qu&#8217;ils ont eu de fortes soci\u00e9t\u00e9s anti-chr\u00e9tiennes, je d\u00e9clarerai en toute honn\u00eatet\u00e9 que je fus le premier au Japon qui ait jamais organis\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 contre le christianisme, \u2014 non, non pas contre le vrai christianisme, mais pour nous prot\u00e9ger contre le faux christianisme, et contre l&#8217;injustice que nous subissons de la part des gens de la chr\u00e9tient\u00e9. Ne pensez pas que j&#8217;ai pris cette position parce que je suis bouddhiste, car j&#8217;avais cette position bien avant d&#8217;entrer au temple bouddhiste. Mais en m\u00eame temps, je veux d\u00e9clarer avec fiert\u00e9 que si quelqu&#8217;un a discut\u00e9 de l&#8217;affinit\u00e9 de toutes les religions devant le public, sous le titre de Religion synth\u00e9tique, ce fut moi. Je vous dis cela parce que je ne d\u00e9sire pas qu&#8217;on me prenne pour un bouddhiste sectaire et bigot.<\/p>\n<p>\u00ab Il n&#8217;y a en r\u00e9alit\u00e9 aucun sectaire dans mon pays. Notre peuple sait bien quelle v\u00e9rit\u00e9 abstraite se trouve dans le christianisme, et nous, ou tout au moins moi-m\u00eame, ne nous soucions des noms si je dois parler du point de vue enseignement. Que le bouddhisme soit appel\u00e9 christianisme ou le christianisme appel\u00e9 bouddhisme, que nous soyons appel\u00e9s confucianistes ou shinto\u00efstes, nous ne sommes pas difficiles \u00e0 satisfaire ; mais nous le sommes au sujet de la v\u00e9rit\u00e9 enseign\u00e9e et de son application logique. Que Christ nous sauve ou qu&#8217;il nous conduise en enfer, que Gautama Bouddha ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement une personne ou qu&#8217;un tel homme n&#8217;ait jamais exist\u00e9, cela nous importe peu, mais que la conduite soit en rapport avec la doctrine, c&#8217;est l\u00e0 le- point sur lequel nous attachons le plus de prix. C&#8217;est pourquoi, \u00e0 moins que la contradiction que nous observons ne disparaisse, et en particulier que le trait\u00e9 injuste par lequel nous sommes d\u00e9savantag\u00e9s ne soit r\u00e9vis\u00e9 sur une base \u00e9quitable, notre peuple ne se d\u00e9barrassera jamais de ses pr\u00e9jug\u00e9s concernant le christianisme, malgr\u00e9 l&#8217;orateur \u00e9loquent qui pr\u00eache sa v\u00e9rit\u00e9 du haut de sa chaire.<\/p>\n<p>(P 223) On nous appelle souvent des \u00ab barbares \u00bb, et j&#8217;ai entendu et lu que les Japonais sont t\u00eatus et ne peuvent pas comprendre la v\u00e9rit\u00e9 de la Bible. Je veux bien admettre que ceci est vrai dans un certain sens, car, bien qu&#8217;ils admirent l&#8217;\u00e9loquence de l&#8217;orateur et soient \u00e9merveill\u00e9s de son courage, bien qu&#8217;ils approuvent son argumentation logique, cependant, ils sont tr\u00e8s ent\u00eat\u00e9s et ne s&#8217;uniront pas au christianisme aussi longtemps qu&#8217;ils pensent que c&#8217;est la moralit\u00e9 occidentale de pr\u00eacher une chose et d&#8217;en pratiquer une autre&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab Si une religion quelconque enseignait l&#8217;injustice \u00e0 l&#8217;humanit\u00e9, je m&#8217;opposerais \u00e0 elle, comme jamais je ne l&#8217;ai fait, avec mon sang et mon \u00e2me. Je serai le dissident le plus acharn\u00e9 du christianisme, ou je serai l&#8217;admirateur le plus ardent de son \u00e9vangile. Aux organisateurs de ce congr\u00e8s, et aux dames et aux messieurs du monde qui sont assembl\u00e9s ici, je d\u00e9clare que votre but est de r\u00e9aliser l&#8217;Union religieuse, non pour la forme, mais en pratique. Nous les quarante millions d&#8217;\u00e2mes du Japon, nous tenant fermement et avec persistance sur la base de la justice internationale, attendons encore d&#8217;autres manifestations touchant la moralit\u00e9 du christianisme \u00bb.<\/p>\n<p>Quel commentaire avons-nous l\u00e0 sur les causes de l&#8217;\u00e9chec de la chr\u00e9tient\u00e9 \u00e0 convertir le monde \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 et \u00e0 la droiture ! Et comme il invite davantage \u00e0 1 humiliation et, \u00e0 la repentance plut\u00f4t qu&#8217;\u00e0 la vantardise !<\/p>\n<p>La voix des jeunes hommes de l&#8217;Orient se fit entendre par l&#8217;interm\u00e9diaire de Herant M. Kiretchjian de Constantinople qui d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Fr\u00e8res du Soleil levant de tous les pays : je suis ici pour repr\u00e9senter les jeunes hommes de l&#8217;Orient, en particulier ceux des Pyramides aux banquises de Sib\u00e9rie, et en g\u00e9n\u00e9ral ceux des rivages de l&#8217;Eg\u00e9e aux eaux du Japon. Mais sur ce merveilleux plan d&#8217;action du Congr\u00e8s des religions o\u00f9 je me trouve moi-m\u00eame avec les fils du Levant en pr\u00e9sence du public am\u00e9ricain, ma premi\u00e8re pens\u00e9e est de vous dire que vous avez, \u00e0 votre insu, convoqu\u00e9 un Congr\u00e8s de vos cr\u00e9anciers. Nous ne sommes pas venus pour liquider vos affaires, mais pour lib\u00e9rer votre c\u0153ur. Sondez vos livres, et voyez si notre revendication n&#8217;est pas juste. Nous vous avons donn\u00e9 la science, la philosophie, la th\u00e9ologie, la musique et la po\u00e9sie, et \u00e0 grands frais nous avons \u00e9crit l&#8217;histoire pour vous. De plus, de la lumi\u00e8re qui brillait sur nos pays, sont sortis ceux qui constitueront \u00e0 jamais<\/p>\n<p>(P 224) votre nu\u00e9e de t\u00e9moins et votre inspiration : des saints, des ap\u00f4tres, des proph\u00e8tes, des martyrs. Avec ce riche capital, vous avez amass\u00e9 une fortune prodigieuse, au point que vos biens vous emp\u00eachent de voir vos engagements. Nous ne d\u00e9sirons pas partager votre opulence, mais il est juste que nous touchions notre dividende, et, selon la coutume, c&#8217;est un jeune homme qui pr\u00e9sente les titres.<\/p>\n<p>\u00ab Vous ne pouvez payer ce dividende avec de l&#8217;argent. Vous avez besoin pour vous-m\u00eames de votre or. Votre argent est tomb\u00e9 en disgr\u00e2ce. Nous d\u00e9sirons que vous nous donniez un riche dividende dans la pleine sympathie de votre c\u0153ur. L&#8217;artisan, appr\u00e9ciant ses p\u00e9pites de diff\u00e9rentes formes et de diff\u00e9rentes couleurs, les jette dans son creuset, et apr\u00e8s que le feu et la castine ont fait leur \u0153uvre, il fait sortir, le m\u00e9tal, et voici que coule de l&#8217;or pur. Ainsi, ayant convoqu\u00e9 les enfants des hommes des extr\u00e9mit\u00e9s de la terre, et les ayant ici devant vous dans le creuset de la r\u00e9flexion s\u00e9rieuse et de la recherche honn\u00eate de la v\u00e9rit\u00e9, vous trouverez, lorsque ce Congr\u00e8s sera termin\u00e9 que, hors des pr\u00e9jug\u00e9s de race et de dogme, et hors de la vari\u00e9t\u00e9 des coutumes et des cultes, ne coule devant vos yeux rien d&#8217;autre que l&#8217;or pur de l&#8217;humanit\u00e9, et d\u00e9sormais, vous nous consid\u00e9rerez, non plus comme des \u00e9trangers de pays \u00e9trangers, mais comme vos fr\u00e8res de la Chine, du Japon et de l&#8217;Inde, comme vos s\u0153urs des Ils de Gr\u00e8ce, des collines et des vall\u00e9es de l&#8217;Arm\u00e9nie ; ce faisant, vous nous aurez pay\u00e9 un tel dividende de vos c\u0153urs, et vous en aurez re\u00e7u vous-m\u00eames une telle b\u00e9n\u00e9diction, que ce pays-ci sera un B\u00e9la proph\u00e9tique pour les temps futurs, et rendra l&#8217;\u00e9cho de ce doux cantique qui fut entendu autrefois dans notre pays de \u00ab Paix sur terre et bonne volont\u00e9 \u00e0 tous les hommes \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Il vous a \u00e9t\u00e9 tant parl\u00e9 ici, par des hommes de sagesse et d&#8217;exp\u00e9rience, de la vie religieuse du grand Orient, que vous ne devez pas vous attendre \u00e0 ce que j&#8217;ajoute quoi que ce soit \u00e0 ce qu&#8217;ils ont dit. Je n&#8217;ai pas non plus la pr\u00e9tention d&#8217;\u00eatre ici devant vous pour vous renseigner davantage sur les religions du monde. Mais il y a une nouvelle race d&#8217;hommes qui a surgi de tout le grand pass\u00e9 et dont l&#8217;influence sera sans nul doute un facteur tr\u00e8s important dans l&#8217;\u0153uvre de l&#8217;humanit\u00e9 au si\u00e8cle prochain. Ils sont le produit de tout le pass\u00e9, entrant en contact avec la vie nouvelle du pr\u00e9sent : je veux parler des jeunes hommes de l&#8217;Orient ; ils se pr\u00e9parent \u00e0 prendre possession de la terre avec leurs fr\u00e8res du grand Occident.<\/p>\n<p>(P 225)<\/p>\n<p>\u00ab Je vous apporte une philosophie des rives du Bosphore et une religion de la ville de Constantin. Toutes mes fermes convictions et mes d\u00e9ductions qui ont grandi en moi depuis des ann\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9branl\u00e9es jusqu&#8217;\u00e0 leurs racines, sous l&#8217;influence de ce Congr\u00e8s. Mais aujourd&#8217;hui, je trouve ces racines plus profondes en mon c\u0153ur, et les branches s&#8217;\u00e9levant plus haut dans le ciel. Je ne pr\u00e9tends pas vous apporter quelque chose de nouveau, mais si toutes les d\u00e9ductions vous apparaissent logiques comme venant de pr\u00e9misses que l&#8217;intelligence humaine peut accepter, alors j&#8217;ai confiance que vous ne suspecterez pas notre dessein honn\u00eate et que vous nous accorderez le droit, en tant qu&#8217;\u00eatres intelligents de tenir ferme \u00e0 ce que je pr\u00e9sente devant vous.<\/p>\n<p>\u00ab Lorsque les jeunes hommes d&#8217;aujourd&#8217;hui \u00e9taient des enfants, ils n&#8217;entendaient et ne voyaient chaque jour que l&#8217;hostilit\u00e9 et la s\u00e9paration entre des hommes de religions et de nationalit\u00e9s diff\u00e9rentes. Il n&#8217;est pas n\u00e9cessaire que je vous parle de l&#8217;influence qu&#8217;a une telle vie sur celle de jeunes hommes qui se sont trouv\u00e9s s\u00e9par\u00e9s et dans des camps dress\u00e9s pour la bataille contre des hommes leurs fr\u00e8res, avec qui ils \u00e9taient venus en contact dans les occupations journali\u00e8res de la vie. Comme la lumi\u00e8re de l&#8217;instruction et des id\u00e9es de libert\u00e9 a commenc\u00e9 \u00e0 se r\u00e9pandre sur tout l&#8217;Orient dans la derni\u00e8re partie de ce si\u00e8cle, ce joug devint de plus en plus irritant sur le cou des jeunes hommes de l&#8217;Orient, et le fardeau trop lourd \u00e0 porter.<\/p>\n<p>\u00ab J&#8217;ai mentionn\u00e9 toutes les nationalit\u00e9s des jeunes hommes, qui, au cours des trente ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es, ont re\u00e7u leur instruction dans les universit\u00e9s de Paris, d&#8217;Heidelberg, de Berlin et d&#8217;autres villes d&#8217;Europe, aussi bien que du Lyc\u00e9e imp\u00e9rial de Constantinople ; ils ont, d&#8217;une mani\u00e8re consciente ou inconsciente, passive ou agressive, \u00e9labor\u00e9 le syst\u00e8me de leur religion, de sorte qu&#8217;aux milliers de jeunes hommes pour qui leur voix est un oracle, cette religion est venue comme une faveur et a ralli\u00e9 leur c\u0153ur et leur esprit.<\/p>\n<p>\u00ab Ils trouvent leurs fr\u00e8res en grand nombre dans toutes les villes de l&#8217;Orient o\u00f9 la civilisation europ\u00e9enne a trouv\u00e9 la plus petite entr\u00e9e, et il y a rarement une ville qui n&#8217;aura pas subi leur influence avant la fin du si\u00e8cle. Leur religion est la plus nouvelle de toutes les religions et je ne vous l&#8217;aurais pas expos\u00e9e ici \u00e0 la tribune, si elle n&#8217;\u00e9tait pas l&#8217;une des influences les plus puissantes agissant en Orient et avec laquelle, nous, jeunes hommes religieux de l&#8217;Orient,<\/p>\n<p>(P 226) avons \u00e0, nous mesurer d&#8217;une mani\u00e8re efficace si nous voulons avoir la moindre emprise sur les peuples de nos pays respectifs.<\/p>\n<p>\u00ab Car, souvenez-vous, il y a des hommes d&#8217;intelligence, des hommes d&#8217;excellentes facult\u00e9s, des hommes qui, avec tous les jeunes hommes de l&#8217;Orient, ont prouv\u00e9 que dans tous les arts et les sciences, dans les entreprises commerciales du monde civilis\u00e9, dans les arm\u00e9es des nations et \u00e0 la droite des rois, ils sont \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec n&#8217;importe quelle autre race d&#8217;hommes, du Levant au Couchant. Ils sont, au surplus, pour la plupart, des hommes aux meilleures intentions et aux convictions les plus sinc\u00e8res, et lorsque vous entendez leur opinion religieuse et que vous pensez \u00e0 la position qu&#8217;ils occupent, vous ne pouvez pas, j&#8217;en suis s\u00fbr, comme membres du Congr\u00e8s religieux, \u00e9prouver autre chose que le plus grand int\u00e9r\u00eat pour eux et pour les pays qu&#8217;ils habitent.<\/p>\n<p>\u00ab Personnellement, je repr\u00e9sente les jeunes hommes religieux de l&#8217;Orient, mais qu&#8217;il me soit permis, au nom des jeunes hommes de la religion la plus nouvelle, de parler devant vous aux ap\u00f4tres de toutes les religions : \u00ab Vous venez \u00e0 nous, au nom de la religion, pour nous apporter ce que nous avons d\u00e9j\u00e0. Nous croyons que l&#8217;homme se suffit \u00e0 lui-m\u00eame, si, comme vous le d\u00eetes, un Dieu parfait l&#8217;a cr\u00e9\u00e9. Si vous voulez le laisser tranquille, il sera tout ce qu&#8217;il devrait \u00eatre. Instruisez-le, \u00e9duquez-le, ne le liez point, pieds et poings, et il sera un homme parfait, digne d&#8217;\u00eatre le fr\u00e8re de n&#8217;importe quel autre homme. La nature a dot\u00e9 suffisamment l&#8217;homme, et vous devriez employer tout ce qui vous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 dans votre intelligence avant d&#8217;importuner Dieu pour qu&#8217;il vous en donne davantage. De plus, personne n&#8217;a trouv\u00e9 Dieu. Nous avons toute l&#8217;inspiration que nous d\u00e9sirons dans la douce po\u00e9sie et dans la musique enchanteresse, et dans la compagnie d&#8217;hommes et de femmes distingu\u00e9s et cultiv\u00e9s. Si nous voulons l&#8217;\u00e9couter, nous aimerons qu&#8217;H\u0153ndel nous parle du Messie, et si les cieux retentissent, il nous suffit d&#8217;avoir l&#8217;interpr\u00e9tation qu&#8217;en donne Beethoven.<\/p>\n<p>\u00ab Nous n&#8217;avons rien contre vous, chr\u00e9tiens, mais nous devons dire, comme \u00e0 toutes les religions, que vous avez fait le plus grand mal possible \u00e0 l&#8217;humanit\u00e9 en dressant des hommes contre des hommes et une nation contre une nation. Et \u00e0 pr\u00e9sent, pour rendre une mauvaise chose pire encore, dans ce jour de sens commun supr\u00eame vous venez pour remplir l&#8217;esprit des hommes avec des choses impossibles et pour surcharger leurs cerveaux avec des discussions sans fin d&#8217;un millier de sectes. Avant vous, en effet, j&#8217;en ai entendu beaucoup et je sais combien d&#8217;autres pourraient suivre. Nous vous consid\u00e9rons, de tous<\/p>\n<p>(P 227) les hommes, comme \u00e9tant ceux qu&#8217;on doit \u00e9viter, car votre philosophie et vos doctrines engendrent le pessimisme sur le pays.<\/p>\n<p>\u00ab Ensuite, avec l&#8217;instinct religieux et le respect inn\u00e9 que tout Oriental poss\u00e8de, je dois brusquement dire : mais, attention ! nous ne sommes pas des incroyants ou des ath\u00e9es ou des sceptiques. Nous n&#8217;avons simplement pas le temps pour ces choses. Nous sommes remplis d inspiration pour la vie la plus \u00e9lev\u00e9e, et nous d\u00e9sirons la libert\u00e9 pour tous les jeunes hommes du monde. Nous avons une religion qui unit tous les hommes de tous les pays, et qui remplit la terre de joie. Elle suppl\u00e9e \u00e0 tous les besoins, et c&#8217;est pourquoi nous savons que c&#8221;es\u00e9 la vraie religion, en particulier du fait qu&#8217;elle produit la paix et la plus grande harmonie. Aussi, nous ne voulons aucun de vos \u00ab ismes \u00bb ni aucun autre syst\u00e8me ou doctrine. Nous ne sommes pas des mat\u00e9rialistes, des socialistes, des rationalistes ou des pessimistes, et nous ne sommes pas\u2022 des id\u00e9alistes. Notre religion est celle qui fut la premi\u00e8re, et c&#8217;est aussi la plus nouvelle des nouvelles \u2014 nous sommes des gentlemen \u2014. Au nom de la paix et de l&#8217;humanit\u00e9, ne pouvez-vous pas nous laisser tranquilles ? Si vous nous invitez encore au nom de la religion, nous aurons \u00e9t\u00e9 retenus par un engagement ant\u00e9rieur, et si vous nous invitez encore \u00e0 pr\u00eacher, nous ne serons pas chez nous.<\/p>\n<p>\u00ab Tel est le jeune homme oriental, comme le laurier vert. Et l\u00e0 o\u00f9 l&#8217;un meurt, de sorte que vous ne le trouvez pas chez lui, il y en a vingt pour le remplacer. Croyez-moi, je n&#8217;ai pas exag\u00e9r\u00e9, car mot pour mot, et dix fois plus que celle-ci, j&#8217;ai eu des nouvelles d&#8217;hommes intelligents de l&#8217;arm\u00e9e et de la marine, d&#8217;hommes dans le commerce et d&#8217;hommes du barreau au cours de conversations et de discussions s\u00e9rieuses, dans les rues de Constantinople, dans les bateaux de la Corne d&#8217;Or et du Bosphore, en Roumanie et en Bulgarie, aussi bien qu&#8217;\u00e0 Paris et \u00e0 New York et \u00e0 l&#8217;Auditorium de Chicago, de la part de Turcs et d&#8217;Arm\u00e9niens, de Grecs et d&#8217;H\u00e9breux, aussi bien que de Bulgares et de Serbes, et je puis vous dire que ce substitut le plus nouveau pour la religion, qui garde les portes du commerce et de la litt\u00e9rature, de la science et de la loi, \u00e0 travers l&#8217;Europe et l&#8217;Orient, est une force la plus puissante \u00e0 modeler la destin\u00e9e des nations de l&#8217;Est, et l&#8217;on doit intelligemment en tenir compte lorsqu&#8217;on pense \u00e0 l&#8217;avenir de la religion ; il doit \u00eatre affront\u00e9 avec un argument aussi puissant aux yeux des jeunes hommes de l&#8217;Orient que celui que la science et la litt\u00e9rature ont plac\u00e9 dans les mains de la grande arm\u00e9e de la nouvelle classe de gentlemen.<\/p>\n<p>Il y a une autre classe de jeunes hommes en Orient, qui<\/p>\n<p>(P 228) se nomment eux-m\u00eames les jeunes hommes religieux, et qui maintiennent la foi ancienne de leurs p\u00e8res. Permettez-moi de revendiquer pour eux \u00e9galement, l&#8217;honn\u00eatet\u00e9 de dessein, l&#8217;intelligence d&#8217;esprit, aussi bien qu&#8217;une ferme persuasion. C&#8217;est pour eux \u00e9galement que je viens vous parler, et en parlant pour eux je parle \u00e9galement pour moi-m\u00eame. Vous verrez naturellement que nous devons \u00eatre d\u00e8s les premiers jours en contact avec la nouvelle Religion \u2014 permettez-moi que je l&#8217;appelle ainsi pour plus de commodit\u00e9. Nous devons \u00eatre dans les coll\u00e8ges et dans les universit\u00e9s avec ces m\u00eames jeunes hommes. Nous devons aller avec eux la main dans la main dans toute la science et l&#8217;histoire, la litt\u00e9rature, la musique et la po\u00e9sie, et avec eux naturellement nous partageons la ferme croyance dans toute d\u00e9duction scientifique et tenons ferme \u00e0 chaque principe de libert\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout d&#8217;abord, tous les jeunes hommes de l&#8217;Orient qui ont les convictions religieuses les plus profondes soutiennent la dignit\u00e9 de l&#8217;homme. Je regrette, mais j&#8217;aurais d\u00fb commencer par l\u00e0 ; cependant, des voix combin\u00e9es et des arguments des philosophies et des th\u00e9ologies se d\u00e9gage une telle d\u00e9duction in\u00e9vitable d&#8217;une humanit\u00e9 imparfaite que nous devons en sortir avant de pouvoir parler d&#8217;une religion quelconque pour nous-m\u00eames et dire : \u00ab Nous croyons que nous sommes des hommes \u00bb. Pour nous, c&#8217;est une diffamation \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de l&#8217;humanit\u00e9 et une mise en accusation de Dieu qui cr\u00e9a l&#8217;homme, de dire que l&#8217;homme ne se suffit pas \u00e0 lui-m\u00eame, et qu&#8217;il a besoin de religion pour le rendre parfait.<\/p>\n<p>[Remarquez comment l&#8217;homme naturel s&#8217;accuse et s&#8217;excuse tout d&#8217;une haleine. On ne peut nier l&#8217;imperfection, mais on pr\u00e9tend avoir le pouvoir de se rendre parfait soi-m\u00eame avec le temps ; ainsi les pa\u00efens ne tiennent-ils pas compte de la n\u00e9cessit\u00e9 du \u00ab pr\u00e9cieux sang \u00bb de l&#8217;offrande pour le p\u00e9ch\u00e9 \u00bb que Dieu a fourni, de m\u00eame que la rejettent maintenant dans la chr\u00e9tient\u00e9 ceux qui ont la sagesse de ce monde].<\/p>\n<p>C&#8217;est diffamer l&#8217;humanit\u00e9 que de consid\u00e9rer telle ou telle famille humaine en disant que si elle manifeste des conceptions de bont\u00e9 et de v\u00e9rit\u00e9, des &#8216;id\u00e9aux \u00e9lev\u00e9s et une vie au-dessus des simples d\u00e9sirs naturels, c&#8217;est parce qu&#8217;elle a re\u00e7u un enseignement religieux de tel ou tel homme, ou une r\u00e9v\u00e9lation du ciel. Nous croyons que &#8216;si l&#8217;homme est l&#8217;homme, il a tout cela en lui-m\u00eame, exactement comme il a toutes ses capacit\u00e9s corporelles. Me direz-vous qu&#8217;un chou-fleur que je cultive dans les champs cro\u00eet en beaut\u00e9 et dans la perfection<\/p>\n<p>(P 229) de ses fleurs naissantes, et que mon cerveau, que le m\u00eame Cr\u00e9ateur a cr\u00e9\u00e9 cent mille fois plus d\u00e9licat et plus parfait, ne pourrait pas d\u00e9velopper ses circonvolutions, faire le travail que Dieu entend que je fasse et avoir les conceptions les plus \u00e9lev\u00e9es qu&#8217;il entend que j&#8217;aie ? Me direz-vous qu&#8217;un t\u00eatard impuissant se d\u00e9veloppera et deviendra une grenouille avec des membres parfaits, \u00e9lastiques, une poitrine palpitante, que des grenouilles s&#8217;assembleront avec satisfaction et coasseront \u00e0 l&#8217;unisson, et que des hommes ont besoin de religion et d&#8217;aide ext\u00e9rieure afin qu&#8217;ils puissent se d\u00e9velopper dans la perfection humaine du corps et de l&#8217;\u00e2me, reconna\u00eetre la fraternit\u00e9 des hommes et vivre en paix sur la terre de Dieu ? Je dis que c&#8217;est d\u00e9nigrer Dieu qui cr\u00e9a l&#8217;homme, que de promulguer et accepter une pareille doctrine.<\/p>\n<p>\u00ab Nous n&#8217;acceptons pas davantage les conclusions incertaines de la science. Nous n&#8217;avons rien \u00e0 faire avec les singes. S&#8217;ils d\u00e9sirent nous parler, qu&#8217;ils viennent nous trouver. Il y a chez les Occidentaux une disposition \u00e0 cr\u00e9er des difficult\u00e9s que nous ne pouvons comprendre. L&#8217;une de mes premi\u00e8res exp\u00e9riences que je fis aux Etats-Unis fut de prendre part \u00e0 une r\u00e9union de jeunes gens \u00e0 Philadelphie. Le sujet trait\u00e9 ce soir-l\u00e0 portait sur la question de savoir si les animaux \u2014 et le chat en particulier \u2014 avaient une \u00e2me. On lut des journaux tr\u00e8s s\u00e9rieux et tr\u00e8s \u00e9rudits. Pourtant on parvint \u00e0 la conclusion que, ne sachant pas au juste ce qu&#8217;est un chat et ce qu&#8217;est une \u00e2me, on ne pouvait d\u00e9cider de l&#8217;affaire, mais c&#8217;\u00e9tait encore l\u00e0 un grave sujet portant sur la religion&#8230; Supposez maintenant qu&#8217;une fille arm\u00e9nienne demande \u00e0 sa m\u00e8re si des chats ont une \u00e2me. La m\u00e8re r\u00e9glerait la question par parenth\u00e8ses et dirait pas exemple : \u00ab Ma ch\u00e9rie, vous devez descendre pour voir si l&#8217;eau est en train de bouillir (Qu&#8217;est-ce qui vous passe par la t\u00eate de poser une telle question ? Naturellement des chats ont une \u00e2me. Des chats ont une \u00e2me de chat et des hommes ont une \u00e2me d&#8217;homme.). A pr\u00e9sent, descendez \u00bb. Et l&#8217;enfant descendrait heureuse de sa nature humaine. Si cette dame arm\u00e9nienne devait un jour avoir affaire au cha\u00eenon manquant dont nous entendons tant parler, son \u00e9galit\u00e9 d&#8217;\u00e2me demeurerait et elle se glorifierait encore dans sa nature humaine en vous informant que le cha\u00eenon manquant avait l&#8217;\u00e2me d&#8217;un cha\u00eenon manquant et que l&#8217;homme avait l&#8217;\u00e2me d&#8217;un homme.<\/p>\n<p>\u00ab Jusqu&#8217;ici, nous arrivons la main dans la main avec les jeunes hommes de la classe des gentlemen, sur le plan commun de l&#8217;humanit\u00e9. Mais<\/p>\n<p>(P 230) nous arrivons \u00e0 un tournant o\u00f9 nous nous s\u00e9parons, et o\u00f9 nous prenons des sentiers divergeant consid\u00e9rablement. Nous crions : \u00ab Laissez-nous tranquilles, et nous nous \u00e9panouirons et nous atteindrons l&#8217;apog\u00e9e de notre destin\u00e9e \u00bb ; et, voyez ! nous trouvons une puissance invisible qui ne nous laissera pas seuls. Nous trouvons que nous pouvons arriver \u00e0 une r\u00e9ussite totale dans les domaines de la science et de l&#8217;art. Cependant, lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de suivre notre conception de ce qui est \u00e9lev\u00e9 et noble, de ce qui est droit et n\u00e9cessaire \u00e0 notre d\u00e9veloppement, il nous manque la force et la puissance pour la r\u00e9aliser. J&#8217;expose ceci le plus simplement possible, car je ne puis m&#8217;\u00e9tendre ici \u00e0 ce sujet. Mais pour nous, est aussi r\u00e9el que la dignit\u00e9 de l&#8217;homme, le fait qu&#8217;il existe une puissance qui d\u00e9tourne les hommes et les femmes du sentier de la droiture et de l&#8217;honneur dans lequel ils savent qu&#8217;ils devraient marcher. Vous ne pouvez pas dire que cela est inh\u00e9rent \u00e0 l&#8217;homme, car nous sentons que nous ne poss\u00e9dons pas cette puissance. Or, si cela ne nous appartient pas et que sombrer dans la d\u00e9gradation, la mis\u00e8re, la rapacit\u00e9 et le d\u00e9sir d&#8217;\u00e9craser son prochain est pour l&#8217;homme une juste conception, alors nous dirons : \u00ab Laissez-le tranquille, et laissez-le faire ce que Dieu a entendu qu&#8217;il f\u00eet \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Aussi, je dis bri\u00e8vement \u00e0 quiconque ici se pr\u00e9pare \u00e0 condenser son credo, qu&#8217;il y place d&#8217;abord ceci : \u00ab Et je crois au d\u00e9mon, l&#8217;ennemi supr\u00eame de Dieu, celui qui accuse Dieu aux yeux de l&#8217;homme\u00a0\u00bb. Un seul d\u00e9mon pour l&#8217;univers entier ? Peu nous importe. Une l\u00e9gion de d\u00e9mons qui font le si\u00e8ge de chaque \u00e2me ? Cela nous est \u00e9gal. Nous savons une chose, c&#8217;est qu&#8217;il y a une puissance ext\u00e9rieure \u00e0 l&#8217;homme qui le d\u00e9tourne avec force. Aucune puissance sur la terre ne peut lui r\u00e9sister.<\/p>\n<p>\u00ab Et maintenant, venons-en \u00e0 notre religion. Si vous avez une religion \u00e0 apporter aux jeunes hommes de l&#8217;Orient, elle doit venir avec une puissance telle qu&#8217;elle \u00e9quilibre, que dis-je, qu&#8217;elle contrebalance la puissance du mal dans le monde. Alors l&#8217;homme sera libre pour arriver \u00e0 maturit\u00e9 et \u00eatre ce que Dieu a entendu qu&#8217;il f\u00fbt. Nous recherchons Dieu. Nous d\u00e9sirons l&#8217;esprit de Dieu, et la religion qui vient \u00e0 nous, sous quelque nom ou sous quelque forme que ce soit, doit apporter cela, sinon, pour nous elle n&#8217;est pas une religion. Nous croyons en Dieu, non pas au Dieu des protoplasmes qui se cache entre des mol\u00e9cules de mati\u00e8re, mais au Dieu dont nous sommes les enfants.<\/p>\n<p>\u00ab Ainsi pla\u00e7ons-nous la dignit\u00e9 de Dieu comme troisi\u00e8me article de notre philosophie et de notre protestation. La chevalerie est-elle morte ? Toute conception d&#8217;une vie \u00e9lev\u00e9e et noble, de parfaite int\u00e9grit\u00e9 a-t-elle disparu de notre c\u0153ur que nous ne puissions pas aspirer \u00e0 la qualit\u00e9 de chevalier<\/p>\n<p>(P 231) et de prince dans les parvis de notre Dieu ? Nous savons que nous sommes ses enfants, car nous, accomplissons ses \u0153uvres et pensons ses propres pens\u00e9es. Ce que nous d\u00e9sirons, c&#8217;est de lui \u00eatre semblables. Oh ! est-il vrai que je sois capable de parcourir terre et mer, de toucher le c\u0153ur de ma m\u00e8re et sentir ses bras me serrer, mais que moi, enfant de Dieu, sans secours dans l&#8217;univers contre une puissance que je ne peux vaincre, je ne puisse tendre mes mains vers lui et le supplier afin de recevoir son esprit dans mon \u00e2me et sentir ses bras \u00e9ternels me, soutenir dans ma faiblesse ?<\/p>\n<p>\u00ab Et ici intervient le pr\u00e9dicateur d&#8217;antan, et de l&#8217;\u00e9glise moderne ; il nous parle de quelqu&#8217;un qui, lui, a vaincu le monde, et qui est descendu du ciel. Il est inutile qu&#8217;on nous dise qu&#8217;il vint d&#8217;en-haut, car aucun homme n\u00e9 de femme ne fit une chose semblable. Mais nous sommes persuad\u00e9s que par le moyen de la gr\u00e2ce et par le sentier qu&#8217;il nous montre afin que nous l&#8217;empruntions, l&#8217;esprit de Dieu descend vraiment dans le c\u0153ur des hommes, et que je puis le sentir dans mon c\u0153ur combattant avec moi contre la p\u00e9ch\u00e9 et fortifiant mon c\u0153ur pour maintenir r\u00e9solument ce que je sais \u00eatre droit par ce qui est divin en moi.<\/p>\n<p>\u00ab Et ainsi, avec une main tremblante mais avec une conviction ferme, avec beaucoup de tristesse pour l&#8217;humanit\u00e9 mais avec la joie du triomphe \u00e9ternel, je viens avec vous tous aux portes d&#8217;or du vingti\u00e8me si\u00e8cle, o\u00f9 les anciens du prochain commonwealth de l&#8217;humanit\u00e9 si\u00e8gent pour \u00e9mettre un jugement sur la religion qui p\u00e9n\u00e9trera par ces portes pour venir soutenir le c\u0153ur humain. Aux c\u00f4t\u00e9s de l&#8217;antique Confucianisme et de la Th\u00e9osophie moderne, de l&#8217;antique Bouddhisme oriental et du Spiritualisme moderne et de toutes les croyances des temps anciens et du mat\u00e9rialisme, du rationalisme et de l&#8217;id\u00e9alisme modernes, je place l&#8217;antique christianisme oriental avec son Christ, la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu, ainsi que sa croix, rayonnant toujours dans l&#8217;amour de Dieu,<\/p>\n<p>\u00ab Se dressant toujours au-dessus des naufrages du temps \u00bb. Il est \u00e9vident que cet orateur, bien qu&#8217;il ne f\u00fbt pas un repr\u00e9sentant d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l&#8217;\u00e9glise catholique arm\u00e9nienne, pr\u00e9sente les choses du point de vue des chr\u00e9tiens arm\u00e9niens que les Turcs ont derni\u00e8rement pers\u00e9cut\u00e9s de la mani\u00e8re la plus barbare. Son discours fait ressortir d&#8217;excellents points. Toutefois, on ne doit pas<\/p>\n<p>(P 232) penser que cet orateur soit le type moyen des jeunes hommes de l&#8217;Orient, car il est en avance de beaucoup sur ceux pour qui il parle. Son discours ne pr\u00e9sente pas non plus une conception v\u00e9ritable du catholicisme arm\u00e9nien avec ses pri\u00e8res pour les morts, son culte des images et des saints et de la Vierge Marie, ses confessionnaux, et sa doctrine blasph\u00e9matoire de la Messe (<em>Voir Vol. III, p. 98.<\/em>) \u2014 tout cela ressemblant exactement aux plans de l&#8217;Antichrist. Ceux qui sacrifient l&#8217;\u00ab abomination \u00bb de la messe montrent par l\u00e0 qu&#8217;ils connaissent et appr\u00e9cient bien peu la croix r\u00e9elle et son sacrifice unique, \u00ab une fois pour toutes \u00bb. Le \u00ab christianisme oriental \u00bb que ce jeune homme nous d\u00e9signe, n&#8217;est pas celui que nous respectons ni celui que nous voulons imiter : nous retournons au christianisme proclam\u00e9 et illustr\u00e9 par Christ, notre Seigneur et R\u00e9dempteur, et par ses ap\u00f4tres, et tel qu&#8217;il est pr\u00e9sent\u00e9 dans les \u00c9critures ; celui-l\u00e0 n&#8217;est ni oriental, ni occidental, ni catholique (c&#8217;est-\u00e0-dire universel ou g\u00e9n\u00e9ral), mais il est la puissance de -Dieu et la sagesse de Dieu seulement \u00e0 \u00ab quiconque CROIT \u00bb jusqu&#8217;\u00e0 obtenir la justice (unto \u00ab righteousness \u00bb). \u2014 Rom. 1 : 16.<\/p>\n<p>L&#8217;observateur r\u00e9fl\u00e9chi comprend les nobles sentiments de certains de ceux qui cherchent ainsi Dieu \u00e0 t\u00e2tons et aspirent \u00e0 la droiture ; mais il n&#8217;est pas sans remarquer un contraste : d&#8217;une part leur sinc\u00e8re gravit\u00e9, leurs nobles desseins et efforts pour dresser devant leur prochain les mod\u00e8les de droiture les plus \u00e9lev\u00e9s qu&#8217;ils peuvent discerner et, d&#8217;autre part, l&#8217;attitude de compromission de tant de chr\u00e9tiens qui ont \u00e9t\u00e9 plus hautement favoris\u00e9s \u00e0 la naissance et dans leur milieu par la connaissance de la v\u00e9rit\u00e9 et qui d\u00e9sirent maintenant la vendre au sacrifice immense de ses nobles principes, simplement pour obtenir la faveur populaire pr\u00e9sente. De celui qui a beaucoup re\u00e7u, il sera beaucoup exig\u00e9 par le Seigneur qui les p\u00e8se tous dans la balance.<\/p>\n<p>Cependant, si quelques-uns des repr\u00e9sentants \u00e9trangers suscitent<\/p>\n<p>(P 233) notre admiration et notre respect, la grande majorit\u00e9 d&#8217;entre eux se r\u00e9jouissaient dans leur privil\u00e8ge d&#8217;\u00e9taler et de recommander leurs superstitions \u00e0 cette assembl\u00e9e repr\u00e9sentative des nations civilis\u00e9es et \u00e9clair\u00e9es. Le bouddhisme, le shinto\u00efsme, le brahmanisme, le confucianisme et le mahom\u00e9tanisme furent, \u00e0 maintes reprises, expos\u00e9s avec force, et l&#8217;ap\u00f4tre du mahom\u00e9tanisme eut m\u00eame l&#8217;audace de recommander la polygamie. C&#8217;en \u00e9tait trop pour l&#8217;auditoire, mais les manifestations de d\u00e9sapprobation de ce dernier furent rapidement r\u00e9duites au silence par le pr\u00e9sident, le Dr Barrows, qui rappela \u00e0 tous l&#8217;objet de ce Congr\u00e8s, savoir, de donner \u00e0 tous et sans dispute la possibilit\u00e9 de s&#8217;exprimer. Aussi tous se firent-ils abondamment entendre, et d\u00e9battirent-ils librement leurs sujets devant les esprits d\u00e9j\u00e0 troubl\u00e9s de milliers de pr\u00e9tendus chr\u00e9tiens ; le r\u00e9sultat fut qu&#8217;ils eurent tous raison d&#8217;esp\u00e9rer en avoir converti beaucoup \u00e0 leurs religions ici en Am\u00e9rique. Les m\u00eames privil\u00e8ges furent \u00e9galement accord\u00e9s \u00e0 nombre des mouvements anti-chr\u00e9tiens, tels que la Science chr\u00e9tienne, la Th\u00e9osophie, le Swedenborgianisme, etc.<\/p>\n<p>SENTIMENTS EXPRIM\u00c9S \u00c0 LA FEN DU GRAND CONGR\u00c8S<\/p>\n<p>Les sentiments exprim\u00e9s \u00e0 la fin du grand Congr\u00e8s montrent jusqu&#8217;\u00e0 quel point va l&#8217;esprit de compromission du christianisme protestant. Le jugement de ce jour l&#8217;a conduit dans une d\u00e9tresse si grande qu&#8217;il acclame avec enthousiasme la moindre perspective d&#8217;une union possible m\u00eame avec les formes les plus grossi\u00e8res du paganisme. Nous donnons les brefs extraits suivants :<\/p>\n<p>Suamie Vive Kananda (pr\u00eatre de Bombay, en Inde) d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab On a beaucoup parl\u00e9 de la base commune d&#8217;une unit\u00e9 religieuse. Je ne vais pas \u00e0 pr\u00e9sent exposer ma propre conception, mais si quelqu&#8217;un, ici, esp\u00e8re que cette unit\u00e9 pourrait venir du triomphe de l&#8217;une quelconque de ces religions et de la destruction des autres religions, \u00e0 celui-l\u00e0 je dis : \u00ab Fr\u00e8re, votre esp\u00e9rance est irr\u00e9alisable. Est-ce que je souhaite que le chr\u00e9tien devienne<\/p>\n<p>(P 234) hindou ? A Dieu ne plaise ! Voudrais-je que l&#8217;hindou ou le bouddhiste dev\u00eent chr\u00e9tien ? A Dieu ne plaise ! Le chr\u00e9tien ne deviendra pas hindou, un bouddhiste ne deviendra pas chr\u00e9tien. Apprenez \u00e0 penser sans pr\u00e9jug\u00e9s&#8230; Si la th\u00e9ologie et les dogmes vous emp\u00eachent de chercher la v\u00e9rit\u00e9, mettez-les de c\u00f4t\u00e9. Soyez s\u00e9rieux et travaillez avec diligence \u00e0 votre propre salut ; c&#8217;est ainsi que vous porterez les fruits de la saintet\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Vichand Ghandi (un jainiste de l&#8217;Inde) d\u00e9clara \u00ab Si vous permettez \u00e0 un \u00ab pa\u00efen \u00bb de vous apporter son message de paix et d&#8217;amour, je vous demanderai seulement que vous consid\u00e9riez dans un esprit lib\u00e9ral et sans superstition ni bigoterie les diverses id\u00e9es qui vous ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es&#8230; Je vous supplie d&#8217;examiner les divers syst\u00e8mes religieux \u00e0 tous les points de vue. \u00bb<\/p>\n<p>Le \u00ab Tr\u00e8s-R\u00e9v\u00e9rend \u00bb Shabita, grand pr\u00eatre du shinto\u00efsme au Japon, d\u00e9clara\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab Ce que je d\u00e9sire faire, c&#8217;est de vous aider \u00e0 r\u00e9aliser le dessein d&#8217;obtenir la fraternit\u00e9 universelle sous le seul toit de la v\u00e9rit\u00e9. Vous savez que l&#8217;unit\u00e9 est une puissance. Maintenant, je prie les huit millions de divinit\u00e9s qui prot\u00e8gent le Japon, le beau pays des cerisiers, de vous prot\u00e9ger, vous et votre gouvernement, pour l&#8217;\u00e9ternit\u00e9, et avec ces paroles, je vous dis adieu. \u00bb<\/p>\n<ol>\n<li>H. Dharmapala, de Ceylan, d\u00e9clara :<\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00ab De la part de mes coreligionnaires, au nombre de quatre cent soixante-quinze millions, tous disciples du doux Seigneur Bouddha Gautama, je vous pr\u00e9sente mes respects affectueux&#8230; Vous avez appris de vos fr\u00e8res de l&#8217;Extr\u00eame-Orient ce que sont les syst\u00e8mes religieux respectifs qu&#8217;ils suivent ; &#8230; vous avez \u00e9cout\u00e9, avec une patience digne d&#8217;\u00e9loges, les enseignements du tout-mis\u00e9ricordieux Bouddha qui vous ont \u00e9t\u00e9 transmis par ses humbles disciples, \u00bb etc., etc.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9v\u00eaque Keane (catholique romain) d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Lorsque l&#8217;invitation de prendre part \u00e0 ce Congr\u00e8s fut adress\u00e9e \u00e0 la vieille \u00e9glise catholique, les gens dirent : \u00ab Viendra-t-elle ? \u00bb Et la vieille \u00e9glise catholique dit : \u00ab Parmi toutes les religions du monde, n&#8217;est-ce pas la vieille \u00e9glise catholique universelle qui a le plus de droit \u00e0 participer \u00e0 ce Congr\u00e8s ? \u00bb&#8230; M\u00eame si elle devait \u00eatre seule \u00e0 cette tribune, elle y serait. La vieille \u00e9glise est donc venue et elle se r\u00e9jouit de rencontrer<\/p>\n<p>(P 235) d&#8217;autres hommes, d&#8217;autres croyants de toutes nuances et de toutes confessions&#8230; Ne prierons-nous pas en d\u00e9sirant qu&#8217;une semence ait pu \u00eatre jet\u00e9e ici qui produise une union g\u00e9n\u00e9rale et parfaite ? Si ce n&#8217;\u00e9tait pas pr\u00e9f\u00e9rable d&#8217;\u00eatre unis plut\u00f4t que divis\u00e9s, notre Seigneur n&#8217;aurait pas pri\u00e9 afin que nous fussions un, comme lui et le p\u00e8re sont un. [Mais ils ne prient pas pour \u00eatre unis de la m\u00eame mani\u00e8re que le P\u00e8re et le Fils : l&#8217;union propos\u00e9e est bien diff\u00e9rente] \u00bb.<\/p>\n<p>Les sentiments ainsi exprim\u00e9s furent pleinement approuv\u00e9s par les repr\u00e9sentants protestants de ce Congr\u00e8s. Ainsi, par exemple, le R\u00e9v. Dr. Candlin, missionnaire en Chine, d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab La conception de la religion qui est admise et qui pr\u00e9vaut parmi les chr\u00e9tiens dans le monde entier est que le christianisme est vrai, tandis que toutes les autres religions sont fausses ; que le christianisme vient de Dieu, tandis que toutes les autres religions viennent du diable ; ou bien, avec une pointe de mod\u00e9ration, que le christianisme est une r\u00e9v\u00e9lation du ciel tandis que les autres religions sont invent\u00e9es de toutes pi\u00e8ces par les hommes. Vous \u00eates mieux inform\u00e9s, et vous pouvez t\u00e9moigner en pleine connaissance et avec une grande assurance, que l&#8217;amiti\u00e9 peut remplacer l&#8217;antagonisme entre les diverses religions, afin que, aussi s\u00fbrement que Dieu est notre P\u00e8re \u00e0 tous, de m\u00eame nos c\u0153urs ont soupir\u00e9 apr\u00e8s lui, et nos \u00e2mes, dans la plus grande d\u00e9votion, ont per\u00e7u des murmures de gr\u00e2ces provenant de son tr\u00f4ne. D\u00e8s lors, nous sommes \u00e0 la Pentec\u00f4te, et bient\u00f4t viendra la conversion du monde.\u00bb<\/p>\n<p>Est-ce bien l\u00e0 une Pentec\u00f4te ? Quelle ressemblance y a t-il entre cet effort de compromission de la v\u00e9rit\u00e9 et de la droiture en vue d&#8217;obtenir l&#8217;amiti\u00e9 de l&#8217;Antichrist et de l&#8217;Idol\u00e2trie, et cette attente patiente de la fid\u00e8le assembl\u00e9e de J\u00e9rusalem en pri\u00e8re pour obtenir la puissance d&#8217;en haut ? Y a-t-il eu, sur cette assembl\u00e9e de personnalit\u00e9s si diverses, une manifestation d&#8217;une effusion semblable du saint esprit ? Si la conversion du monde doit s&#8217;ensuivre, qu&#8217;on nous permette de demander : \u00ab A quoi le monde doit-il \u00eatre converti ? \u00bb. Une telle promesse, m\u00eame avec cette fanfare de trompettes, ne satisfait pas, \u00e0 cette heure de jugement, celui qui veut \u00e9prouver toutes choses.<\/p>\n<p>Le R\u00e9v. Dr Bristol, de l&#8217;\u00e9glise m\u00e9thodiste, dit :<\/p>\n<p>\u00ab Ce Congr\u00e8s nous apportera infiniment de bien et rien que du bien. Nous sommes \u00e9ternellement et profond\u00e9ment reconnaissants envers tous ceux qui sont venus de loin.<\/p>\n<p>(P 236) Certains d&#8217;entre eux repr\u00e9sentent une civilisation qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 ancienne lorsque Romulus fonda Rome, dont les philosophies et les chants \u00e9taient d&#8217;une sagesse avanc\u00e9e et riches de rythme avant qu&#8217;Hom\u00e8re ne chant\u00e2t son Iliade aux Grecs. Tous ces repr\u00e9sentants ont ouvert un horizon plus large \u00e0 nos id\u00e9es sur l&#8217;humanit\u00e9 qui nous est commune. Ils nous ont apport\u00e9 les fleurs odorif\u00e9rantes des croyances de l&#8217;Orient, des pierres pr\u00e9cieuses tir\u00e9es des anciennes mines des grandes philosophies, et nous sommes plus riches ce soir parce que nous avons re\u00e7u les contributions de leurs pens\u00e9es et en particulier parce que nous avons \u00e9t\u00e9 en contact avec eux en esprit. {Quelle confession !)<\/p>\n<p>\u00ab Il n&#8217;y a jamais eu un tel jour radieux et plein d&#8217;esp\u00e9rance pour notre humanit\u00e9 commune touchant la tol\u00e9rance et la fraternit\u00e9 universelle. Nous constaterons que, par les paroles que ces visiteurs nous ont apport\u00e9es, et par l&#8217;influence qu&#8217;elles ont exerc\u00e9e, ils seront richement r\u00e9compens\u00e9s, conscients d&#8217;avoir contribu\u00e9 au puissant mouvement qui contient en lui-m\u00eame la promesse d&#8217;une seule foi, d&#8217;un seul Seigneur, d&#8217;un seul P\u00e8re, d&#8217;une seule fraternit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Que notre Dieu, notre P\u00e8re vous b\u00e9nisse, fr\u00e8res de l&#8217;Orient ; que notre Sauveur, notre fr\u00e8re a\u00een\u00e9, celui qui a enseign\u00e9 la fraternit\u00e9 humaine; vous b\u00e9nisse, vous et vos peuples, \u00e0 jamais \u00bb.<\/p>\n<p>Le R\u00e9v. Augusta Chapin d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous qui vous avons accueillis, vous souhaitons bon voyage. Nous sommes contents que vous soyez venus, O sages de l&#8217;Orient. Par vos sages paroles, votre grande&#8217; tol\u00e9rance et vos mani\u00e8res aimables, nous avons \u00e9t\u00e9 heureux de nous asseoir \u00e0 vos pieds et de recevoir vos le\u00e7ons. Nous sommes heureux de vous avoir vus face \u00e0 face, et d\u00e9sormais, vous serez plus que jamais des amis et des collaborateurs dans les grandes choses de la religion.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0A pr\u00e9sent, nous sommes heureux que vous repartiez dans vos foyers lointains, pour raconter l&#8217;histoire de tout ce qui a \u00e9t\u00e9 dit et fait dans ce grand Congr\u00e8s, que vous resserrerez ainsi plus \u00e9troitement les relations entre l&#8217;Orient et l&#8217;Occident, et que vous montrerez clairement la sympathie qui existe parmi toutes les religions. Nous sommes heureux des paroles qui ont \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9es par les hommes et les femmes sages de l&#8217;Occident qui sont -venus et nous ont donn\u00e9 leurs grains d&#8217;or apr\u00e8s le lavage. Ce que j&#8217;ai dit au d\u00e9but, je le r\u00e9p\u00e9terai maintenant \u00e0 la fin de ce Congr\u00e8s : il a \u00e9t\u00e9 le plus grand rassemblement qui ait \u00e9t\u00e9 jamais tenu, au nom de la religion, sur la surface de la terre. \u00bb<\/p>\n<p>(P 237)<\/p>\n<p>Le R\u00e9v. Jenkin Lloyd Jones d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab A vous, les invit\u00e9s qui partez, je souhaite le \u00ab bon voyage \u00bb qui vient d&#8217;une \u00e2me heureuse d&#8217;identifier sa parent\u00e9 avec tous les pays et avec toutes les religions ; lorsque vous serez partis, vous laisserez derri\u00e8re vous dans nos c\u0153urs, non seulement des pens\u00e9es plus charitables pour ,les croyances que vous repr\u00e9sentez, mais aussi des liens de chaude affection lesquels vous lieront dans l&#8217;union qui sera notre joie et notre vie \u00e0 toujours. \u00bb<\/p>\n<p>Le Dr Barrows (pr\u00e9sident) d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Nos esp\u00e9rances ont \u00e9t\u00e9 plus que r\u00e9alis\u00e9es. Le sentiment qui a inspir\u00e9 ce Congr\u00e8s nous a maintenus ensemble. Les principes sur lesquels l&#8217;accord s&#8217;est fait pour tenir cette convention historique, ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve et parfois m\u00eame bl\u00e2m\u00e9s, mais ils n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 inad\u00e9quats. La tol\u00e9rance, la bienveillance fraternelle, la confiance r\u00e9ciproque dans la sinc\u00e9rit\u00e9 de chacun, la recherche sinc\u00e8re et s\u00e9rieuse d&#8217;une harmonie entre les diverses religions, le dessein honn\u00eate de chacun d&#8217;exposer en toute bonne foi sa croyance personnelle sans compromission et sans critiques inamicales \u2014 ces principes, que vous en soyez remerci\u00e9s pour votre loyaut\u00e9 et pour votre courage, n&#8217;ont pas fait d\u00e9faut.<\/p>\n<p>\u00ab Hommes d&#8217;Asie et d&#8217;Europe, votre venue nous a rendus heureux et nous a rendus plus sages. Nous sommes contents que vous ayez \u00e9t\u00e9 satisfaits de notre hospitalit\u00e9. \u00bb, etc.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident Bonney fit des remarques \u00e0 peu pr\u00e8s identiques, ensuite, le grand Congr\u00e8s se termina par une pri\u00e8re d&#8217;un rabbin juif et une b\u00e9n\u00e9diction d&#8217;un \u00e9v\u00eaque catholique romain ; cinq mille voix se joignirent pour r\u00e9p\u00e9ter le message de l&#8217;ange : \u00ab Paix sur la terre et bienveillance envers tous les hommes \u00bb.<\/p>\n<p>LA PERSPECTIVE<\/p>\n<p>Mais h\u00e9las, au prix de quel sacrifice des principes, de la v\u00e9rit\u00e9 et de la loyaut\u00e9 envers Dieu de telles d\u00e9clarations furent-elles faites au monde ! Et cela, \u00e9galement, au seuil m\u00eame d&#8217;un temps de d\u00e9tresse pr\u00e9dit par Dieu et tel qu&#8217;il n&#8217;y en eut jamais depuis qu&#8217;il y a une nation ; une d\u00e9tresse que tous les gens r\u00e9fl\u00e9chis commencent \u00e0 discerner, et dont ils redoutent grandement la crise et l&#8217;issue.\u00a0 C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette crainte qui am\u00e8ne cette masse h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne<\/p>\n<p>(P 238) \u00e0 s&#8217;assembler pour se prot\u00e9ger mutuellement et pour coop\u00e9rer ensemble. Ce n&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;un simple effort de politique humaine pour essayer de calmer les craintes de l&#8217;\u00e9glise en criant : Paix ! Paix ! et il n&#8217;y a point de paix ! (J\u00e9r. 6 : 14). Ce cri de paix \u00e9manant de l&#8217;\u00e9glise par ses repr\u00e9sentants est caract\u00e9ris\u00e9 par le m\u00eame son ridicule d&#8217;hypocrisie qui fut pouss\u00e9 par les repr\u00e9sentants des nations lors de la grande c\u00e9l\u00e9bration de Kiel rapport\u00e9e dans le chapitre pr\u00e9c\u00e9dent. Tandis que les pouvoirs civils proclamaient ainsi la paix dans le terrible grondement des canons, les pouvoirs eccl\u00e9siastiques la proclament de leur c\u00f4t\u00e9 dans une grande compromission impudente, orgueilleuse, de la v\u00e9rit\u00e9 et de la droiture. Le temps est proche o\u00f9 le Seigneur lui-m\u00eame annoncera la paix aux nations (Zach. 9 : 10), mais ce ne sera pas avant qu&#8217;il ait d&#8217;abord fait conna\u00eetre sa pr\u00e9sence dans le tourbillon de la r\u00e9volution et dans la temp\u00eate de la d\u00e9tresse. \u2014 Nah. 1 : 3.<\/p>\n<p>Consid\u00e9r\u00e9 sous son propre point de vue, le Congr\u00e8s fut d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre un grand succ\u00e8s, et les gens irr\u00e9fl\u00e9chis qui sont toujours charm\u00e9s par le bruit, le clinquant et la parade, r\u00e9pondirent : Amen ! Ils imaginent sottement que le monde entier non r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 doit \u00eatre assembl\u00e9 en une alliance universelle d&#8217;unit\u00e9 religieuse et de fraternit\u00e9, et pourtant tous vont penser, agir et t\u00e2tonner dans les t\u00e9n\u00e8bres de l&#8217;ignorance et de la superstition et marcher dans les voies immorales mentionn\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment, ainsi qu&#8217;ils l&#8217;ont toujours fait, refusant \u00ab la lumi\u00e8re qui brille sur la face de J\u00e9sus-Christ \u00bb, laquelle est la seule vraie lumi\u00e8re (2 Cor. 4 : 6 ; Jean\u00a0 1 : 9 ; 3 : 19). Et des chr\u00e9tiens se r\u00e9jouissent devant cette perspective, et saluent un pareil \u00e9v\u00e9nement imaginaire comme \u00e9tant l&#8217;\u00e9v\u00e9nement le plus glorieux de l&#8217;histoire.<\/p>\n<p>Pourtant, alors que l&#8217;impression g\u00e9n\u00e9rale cr\u00e9\u00e9e par le grand Congr\u00e8s fut que c&#8217;\u00e9tait l\u00e0 la premi\u00e8re \u00e9tape, et une longue, vers la r\u00e9alisation du message de l&#8217;ange lors de la naissance de Christ, de paix sur la terre et de bienveillance \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des hommes, c&#8217;\u00e9tait en fait pour qui discernait droitement la chose, une autre manifestation de l&#8217;infid\u00e9lit\u00e9 de la chr\u00e9tient\u00e9. Certainement, comme le d\u00e9clare le Proph\u00e8te,<\/p>\n<p>(P 239) \u00ab La sagesse de ses sages p\u00e9rira, et l&#8217;intelligence de ses intelligents se cachera \u00bb (Esa\u00efe 29 : 14). Nous l&#8217;entendons dire encore : \u00ab Associez-vous, peuples, et vous serez bris\u00e9s ; et pr\u00eatez l&#8217;oreille, vous tous qui habitez loin sur la terre ! Ceignez-vous [liez-vous ensemble], et vous serez bris\u00e9s ! Prenez un conseil, et il n\u2019aboutira \u00e0 rien ; dites la parole [pour l&#8217;Unit\u00e9] et elle n&#8217;aura pas d&#8217;effet \u00bb. \u2014 Esa\u00efe 8 : 9, 10.<\/p>\n<p>Avec le Psalmiste, nous voudrions poser la question : \u00ab Pourquoi les peuples m\u00e9ditent-ils la vanit\u00e9 ? [Pourquoi crient-ils : Paix ! Paix ! quand il n&#8217;y a point de paix ?]. Les rois de la terre [civils et eccl\u00e9siastiques] se l\u00e8vent, et les princes consultent ensemble contre l\u2019\u00c9ternel et contre son Oint, disant : \u00ab Rompons leurs liens, et jetons loin de nous leurs cordes ! \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Celui qui habite dans les cieux se rira [d&#8217;eux], le Seigneur s&#8217;en moquera. Alors il leur parlera dans sa fureur, et dans sa fureur, il les \u00e9pouvantera \u00bb \u2014 Ps. 2 : 1-5.<\/p>\n<p>Lorsque le peuple choisi de Dieu \u2014 l&#8217;Isra\u00ebl selon l&#8217;esprit maintenant, comme jadis ce fut l&#8217;Isra\u00ebl selon la chair \u2014 abandonne sa Parole et sa direction, cherche \u00e0 s&#8217;allier avec les nations qui ne connaissent point Dieu et \u00e0 m\u00e9langer la v\u00e9rit\u00e9 divine avec les philosophies du monde, il le fait \u00e0 ses risques et p\u00e9rils qu&#8217;il ne discerne pas ; aussi ferait-il bien de noter comment Dieu r\u00e9tribua son peuple jadis, et prenne garde.<\/p>\n<p>On peut discerner clairement plusieurs r\u00e9sultats tr\u00e8s d\u00e9favorables du Congr\u00e8s :<\/p>\n<p>(1) Il introduisit dans l&#8217;esprit d\u00e9j\u00e0 mal \u00e9tabli des chr\u00e9tiens les diverses philosophies pa\u00efennes dans leurs aspects les plus favorables. Par la suite, nous avons appris que l&#8217;un des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de l&#8217;Inde venus au Congr\u00e8s \u2014 M. Virchandi R. Gandhi, de Bombay, secr\u00e9taire de la Soci\u00e9t\u00e9 jainiste \u2014 \u00e9tait retourn\u00e9 en Am\u00e9rique pour propager ses id\u00e9es,<\/p>\n<p>(P 240) en installant son quartier g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 Chicago. Nous citons ci-apr\u00e8s ce qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur ses desseins :<\/p>\n<p>\u00ab M. Gandhi ne vient pas pour faire des pros\u00e9lytes. La r\u00e8gle de la foi jainiste interdit cela, mais il vient pour fonder une \u00e9cole de philosophie orientale dont le si\u00e8ge sera \u00e0 Chicago avec des branches \u00e0 Cleveland, Washington, New York, Rochester et d&#8217;autres villes. Il ne vient pas en i missionnaire pour convertir des Am\u00e9ricains \u00e0 une forme quelconque de l&#8217;hindouisme. Selon son id\u00e9e personnelle, \u00ab la v\u00e9ritable id\u00e9e du culte hindou n&#8217;est pas l&#8217;esprit de propagande, mais un esprit \u2014 un esprit universel d&#8217;amour et de puissance, propre \u00e0 la r\u00e9alisation de la fraternit\u00e9 \u2014, non de la fraternit\u00e9 humaine seulement, mais de toutes les choses vivantes, ce que les nations recherchent, disent-elles, mais qu&#8217;elles ignorent dans la pratique \u00bb. En gros, telles sont les doctrines de son credo et le plan d&#8217;action qu&#8217;il envisage, ne demandant pas aux Am\u00e9ricains de s&#8217;unir \u00e0 lui, mais d\u00e9sirant avoir leur coop\u00e9ration \u00bb.<\/p>\n<p>Sans doute, l&#8217;impression faite sur de nombreux esprits, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;y a aucune certitude religieuse. Il fut m\u00eame fait allusion \u00e0 un tel r\u00e9sultat par l&#8217;un des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de la Syrie, Christophore Jibara, qui d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Mes fr\u00e8res et s\u0153urs dans le culte de Dieu : \u00e0 pr\u00e9sent, dans ce Congr\u00e8s religieux g\u00e9n\u00e9ral toutes les religions sont, aux yeux du monde entier, parall\u00e8les entre elles. Chacune de ces religions a des partisans qui comprennent bien leur propre religion et la pr\u00e9f\u00e8rent aux autres ; ils pourraient apporter quelques arguments ou raisons pour en convaincre d&#8217;autres de la valeur et de la v\u00e9rit\u00e9 de leur propre forme de religion. A la suite de toutes nos discussions, un changement peut intervenir ; on peut peut-\u00eatre m\u00eame \u00e9lever des doutes sur toutes les religions, ou supposer que toutes sont des croyances identiques. Par suite, l&#8217;estime qu&#8217;on a pour une religion donn\u00e9e peut tomber ou diminuer ; on peut \u00e9mettre des doutes contre tous les livres inspir\u00e9s, ou une froideur g\u00e9n\u00e9rale peut advenir, et personne rester pour soutenir une religion certaine ; beaucoup peuvent n\u00e9gliger enti\u00e8rement les devoirs de la religion \u00e0 cause de l&#8217;inqui\u00e9tude dans leur c\u0153ur et de l&#8217;opinion selon laquelle il n&#8217;y a qu&#8217;une seule forme de religion. C&#8217;est justement ainsi que. vont les choses parmi de nombreux millions de personnes en Europe et en Am\u00e9rique. C&#8217;est pourquoi je pense qu&#8217;on devrait choisir, parmi les grandes religions, un comit\u00e9 pour examiner les dogmes et pour faire une compl\u00e8te et parfaite comparaison, en approuvant la vraie religion et en la proclamant au peuple. \u00bb<\/p>\n<p>(P 241)<\/p>\n<p>(2) Il cr\u00e9a une amiti\u00e9 sp\u00e9ciale entre \u00ab Babylone la grande, la m\u00e8re des prostitu\u00e9es \u00bb, l&#8217;\u00e9glise de Rome, et ses nombreuses filles, les diverses sectes protestantes, lesquelles se glorifient \u00e0 leur honte, et sont fi\u00e8res de poss\u00e9der cette amiti\u00e9 peu honorable<\/p>\n<p>(3) Il fit un grand pas, lequel sera suivi par d&#8217;autres J f d\u00e9j\u00e0 propos\u00e9s, vers l&#8217;affiliation, en quelque sorte, de toutes les religions, vers une union encore plus \u00e9troite entre i l&#8217;\u00e9glise (nominale) et le monde. A la derni\u00e8re session du Congr\u00e8s, le Pr\u00e9sident annon\u00e7a qu&#8217;une \u00ab proclamation de fraternit\u00e9 serait faite pour encourager, dans toutes les parties du monde, la continuation de cet important travail dans lequel le Congr\u00e8s de 1893 s&#8217;\u00e9tait engag\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>(4) Ce Congr\u00e8s d\u00e9montra en pratique aux pa\u00efens que les missions chr\u00e9tiennes ne sont r\u00e9ellement pas n\u00e9cessaires, que les chr\u00e9tiens eux-m\u00eames sont dans l&#8217;incertitude quant \u00e0 leur religion, que leurs propres religions \u00e0 eux, les pa\u00efens, \u00e9taient suffisamment bonnes, s&#8217;ils les suivaient sinc\u00e8rement, et que le christianisme, pour le moins, ne peut \u00eatre re\u00e7u qu&#8217;avec une grande mesure d&#8217;incr\u00e9dulit\u00e9. C&#8217;est un sujet d&#8217;\u00e9tonnement de remarquer comment les repr\u00e9sentants pa\u00efens ont mesur\u00e9 le christianisme nominal (ou : de nom seulement &#8212; Trad.) ; comment ils ont distingu\u00e9 clairement entre le christianisme de la \u00ab chr\u00e9tient\u00e9 \u00bb et le christianisme de la Bible, et comment leurs r\u00e9primandes furent souvent administr\u00e9es avec p\u00e9n\u00e9tration.<\/p>\n<p>(5) Il proclama \u00e0 la chr\u00e9tient\u00e9 d\u00e9sorient\u00e9e : Paix ! Paix ! quand&#8217; il n&#8217;y a point de paix, au lieu de sonner l&#8217;alarme, comme dit le Proph\u00e8te (Jo\u00ebl 2 : 1) : \u00ab Sonnez de la trompette en Sion, sonnez avec \u00e9clat dans ma sainte montagne !&#8230; car le jour de l\u2019\u00c9ternel vient ; car il est proche \u00bb \u2014 et \u00e0 les appeler tous \u00e0 s&#8217;humilier sous la puissante main de Dieu.<\/p>\n<p>(6) Ce fut \u00e9videmment une mesure de prudence, manifestant les craintes des conducteurs de la chr\u00e9tient\u00e9 alors qu&#8217;ils discernaient l&#8217;approche de la d\u00e9tresse de ce jour de l\u2019\u00c9ternel ;<\/p>\n<p>(P 242) le mouvement commen\u00e7a, dans l&#8217;\u00e9glise presbyt\u00e9rienne confuse et perplexe. Ce cri de Paix ! Paix 1 au sein m\u00eame de la temp\u00eate qui se l\u00e8ve nous rappelle la proph\u00e9tie \u00ab Quand ils diront : Paix et s\u00fbret\u00e9, alors une subite destruction viendra sur eux \u00bb. \u2014 1 Thess. 5 : 3.<\/p>\n<p>Que les enfants de Dieu ne se laissent pas tromper par les faux pronostics de Babylone. C&#8217;est en Dieu seulement que nous pouvons trouver une s\u00fbre retraite (Ps. 91). Rallions-nous \u00e9troitement autour de la croix de Christ, notre seule esp\u00e9rance. Que la fraternit\u00e9 universelle entre les fausses- religions et le christianisme apostat prouve la valeur de cette alliance, mais\u00a0 quant \u00e0 nous, ne reconnaissons que la fraternit\u00e9 en Christ \u2014 la fraternit\u00e9 de tous ceux qui ont confiance en Christ seul pour leur salut, par la foi en son pr\u00e9cieux sang. Les autres hommes ne sont pas des enfants de Dieu, et ne le seront pas jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;ils viennent \u00e0 lui par la foi en Christ comme leur R\u00e9dempteur, leur substitut. Ils sont les \u00ab enfants de col\u00e8re \u00bb, comme nous en \u00e9tions avant de venir \u00e0 Christ (Eph. 2 : 3), et certains sont les \u00ab enfants du Malin \u00bb dont ils font les \u0153uvres. Lorsque Dieu condamna \u00e0 mort Adam et sa post\u00e9rit\u00e9, \u00e0 cause du p\u00e9ch\u00e9, ils ne lui appartinrent plus et ils ne furent plus trait\u00e9s par lui comme des fils. Ce n&#8217;est que lorsque les hommes viennent \u00e0 Christ par la foi en son pr\u00e9cieux sang, qu&#8217;ils sont r\u00e9int\u00e9gr\u00e9s dans cette parent\u00e9 b\u00e9nie avec Dieu. En cons\u00e9quence, si nous ne sommes plus les enfants de col\u00e8re, mais appartenons \u00e0 Dieu comme ses fils par Christ, les autres hommes que Dieu ne reconna\u00eet plus ainsi, ne sont en aucun sens nos fr\u00e8res. Que tous les enfants de lumi\u00e8re veillent et -soient sobres (1 Thess. 5 : 5, 6) ; que les soldats de la croix soient vaillants pour la v\u00e9rit\u00e9 et ne re\u00e7oivent aucun autre \u00e9vangile, m\u00eame s&#8217;il \u00e9tait proclam\u00e9 par un ange du ciel (Gal. 1 : 8) ; qu&#8217;ils ne concluent aucune union avec aucune classe sauf celle des consacr\u00e9s et des fid\u00e8les disciples de \u00ab l&#8217;Agneau de Dieu qui \u00f4te le p\u00e9ch\u00e9 du monde \u00bb.<\/p>\n<p>Tandis que l&#8217;\u00e9glise nominale est ainsi d\u00e9sireuse et impatiente de se compromettre et de s&#8217;unir avec toutes les religions pa\u00efennes du<\/p>\n<p>(P 243) monde en une grande \u00ab religion du inonde \u00bb, qui perp\u00e9tuerait toutes leurs fausses doctrines et leurs mauvaises pratiques, \u00e9coutons certains aveux et certains expos\u00e9s de faits de la part d&#8217;autres personnes qui ne sont pas si infatu\u00e9es de l&#8217;id\u00e9e d&#8217;unit\u00e9 religieuse ; ces faits montrent la condition d\u00e9plorable du monde, les r\u00e9sultats pernicieux des fausses religions et l&#8217;impossibilit\u00e9 absolue d&#8217;esp\u00e9rer convertir le monde par le moyen de l&#8217;\u00e9glise dans sa condition actuelle. Ce n&#8217;est que lorsque l&#8217;Eglise \u2014 non pas la fausse, mais la vraie Eglise, dont les noms sont \u00e9crits dans les cieux, les loyaux et fid\u00e8les consacr\u00e9s engendr\u00e9s et conduits par l&#8217;esprit de Dieu \u00adsera rev\u00eatue de la puissance d&#8217;en-haut, ce n&#8217;est que lors&#8211;qu&#8217;elle aura atteint son plein d\u00e9veloppement et qu&#8217;elle aura \u00e9t\u00e9 exalt\u00e9e avec Christ dans le Royaume mill\u00e9naire, qu&#8217;elle sera capable d&#8217;accomplir la conversion du monde \u00e0 Dieu et \u00e0 sa droiture.<\/p>\n<p>Extrait d&#8217;un num\u00e9ro de Missionary Review d&#8217;il y a quelques ann\u00e9es, nous avons l&#8217;aveu suivant de l&#8217;\u00e9chec de l&#8217;\u00e9glise dans le travail de conversion du monde :<\/p>\n<p>\u00ab Un milliard d&#8217;\u00e2mes, soit les deux tiers de la race humaine, sont des irr\u00e9ligieux, des pa\u00efens, des mahom\u00e9tans ; la plupart d&#8217;entre eux n&#8217;ont encore jamais vu une Bible, ni entendu le message de l&#8217;\u00e9vangile. Vers ce milliard d&#8217;\u00e2mes, moins de 10 000 missionnaires protestants, hommes et femmes compris, sont envoy\u00e9s par les \u00e9glises de la chr\u00e9tient\u00e9. Le Tibet, presque toute l&#8217;Asie centrale, l&#8217;Afghanistan, le B\u00e9loutchistan, presque toute l&#8217;Arabie, la plus grande partie du Soudan, l&#8217;Abyssinie et les Iles Philippines sont sans un missionnaire. De grandes \u00e9tendues de la Chine occidentale, de l&#8217;\u00c9tat libre du Congo oriental et central, de grandes parties de l&#8217;Am\u00e9rique du Sud et beaucoup des \u00eeles de la mer sont ou presque, ou totalement inoccup\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p>Une petite brochure, intitul\u00e9e \u00ab Un si\u00e8cle de Missions protestantes \u00bb, par le R\u00e9v. James Johnston, F. S. S. [Fellow of the Statistical Society \u2014 Trad.] donne les chiffres suivants, lesquels, remarque-t-on, sont \u00ab suffisamment effrayants pour \u00e9lectriser la chr\u00e9tient\u00e9 \u00bb. D&#8217;apr\u00e8s cette brochure : (1) Le protestantisme a gagn\u00e9<\/p>\n<p>(P 244) 3 000 000 de convertis sur le paganisme au cours des cent derni\u00e8res ann\u00e9es, tandis que le nombre de pa\u00efens a augment\u00e9 durant cette m\u00eame p\u00e9riode de 200 000 000 au moins. (2) L&#8217;avance rapide du paganisme n&#8217;est pas due seulement \u00e0 l&#8217;augmentation naturelle des populations pa\u00efennes, mais au fait que les adh\u00e9rents de Brahma, de Bouddha et de Mahomet peuvent se vanter d&#8217;un plus grand nombre de convertis \u00e0 leurs credo que ne le peuvent les \u00e9glises protestantes. Ainsi, pour chaque converti au christianisme, que l&#8217;hindouisme a perdu, l&#8217;hindouisme en a gagn\u00e9 un millier des tribus arborig\u00e8nes de l&#8217;Inde qu&#8217;il absorbe constamment. Le bouddhisme fait de remarquables progr\u00e8s dans les d\u00e9pendances septentrionales de la Chine, allant jusqu&#8217;\u00e0 suivre les \u00e9migrants chinois et \u00e0 \u00e9difier ses temples \u00e9tranges sur le sol de l&#8217;Australie et de l&#8217;Am\u00e9rique. Pourtant, le plus extraordinaire progr\u00e8s de tous a \u00e9t\u00e9 fait par le mahom\u00e9tisme. Dans certaines parties de l&#8217;Afrique, il est en train de se r\u00e9pandre avec une rapidit\u00e9 \u00e9tonnante. Il en est de m\u00eame, \u00e0 une rapidit\u00e9 un peu moindre, en Inde et dans l&#8217;Archipel. Ce sont l\u00e0 des faits que l&#8217;auteur se sent oblig\u00e9 d&#8217;admettre, mais il s&#8217;efforce de calmer la critique en affirmant que l&#8217;\u00e9glise peut encore accomplir la conversion du monde. Il essaie de d\u00e9montrer que les \u00e9glises protestantes poss\u00e8dent d&#8217;abondantes ressources, \u00e0 la fois en argent et en hommes, pour changer compl\u00e8tement la situation et \u00e9vang\u00e9liser le monde. Le Methodist Times, citant ce qui pr\u00e9c\u00e8de, exprime la m\u00eame opinion, en ajoutant avec jactance :<\/p>\n<p>\u00ab Personne ne doit s&#8217;\u00e9tonner des terribles faits que nous avons bri\u00e8vement rapport\u00e9s&#8230; Dieu a si bien ordonn\u00e9 le cours des \u00e9v\u00e9nements pendant les cent derni\u00e8res ann\u00e9es, que nous sommes bien capables de conqu\u00e9rir le monde pa\u00efen au nom de l\u2019\u00c9ternel. Ce que nous avons fait prouve ce que nous aurions pu faire si nous avions fourni nous-m\u00eames les deux choses humaines essentielles : une politique audacieuse et beaucoup d&#8217;argent. \u00bb<\/p>\n<p>Un autre th\u00e9oricien d\u00e9clare : \u00ab Si nous avions un dixi\u00e8me du revenu des membres de l&#8217;\u00e9glise, ce serait pleinement suffisant pour tout le travail d&#8217;\u00e9vang\u00e9lisation<\/p>\n<p>(P 245) dans le pays et \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Ou encore, si, pour le travail \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, nous avions un dixi\u00e8me de leurs \u00e9conomies annuelles, apr\u00e8s que toutes les d\u00e9penses de la famille sont r\u00e9gl\u00e9es, nous pourrions placer 12 000 missionnaires dans le champ imm\u00e9diatement. \u00bb<\/p>\n<p>Oui, l&#8217;argent est la seule chose consid\u00e9r\u00e9e comme n\u00e9cessaire. Si l&#8217;\u00e9glise nominale pouvait susciter seulement assez d&#8217;esprit d&#8217;abn\u00e9gation pour obtenir un dixi\u00e8me du revenu des membres de l&#8217;\u00e9glise, ou m\u00eame un dixi\u00e8me de leurs \u00e9conomies annuelles, elle commencerait \u00e0 avoir plus d&#8217;esp\u00e9rances quant au salut du monde. Mais c&#8217;est l\u00e0 l&#8217;un des traits les moins encourageants de l&#8217;esp\u00e9rance illusoire. Ce serait plus facile de convertir \u00e0 demi les pa\u00efens \u00e0 professer le christianisme, que de vaincre dans cette mesure l&#8217;esprit du monde qui r\u00e8gne dans les \u00e9glises.<\/p>\n<p>Toutefois, si l&#8217;on pouvait placer imm\u00e9diatement dans le champ \u00e9tranger les douze mille missionnaires en question, auraient-il plus de succ\u00e8s que leurs fr\u00e8res dans notre pays favoris\u00e9 ? Ecoutez la confession pertinente de feu le R\u00e9v. T. Dewitt Talmage, le ministre protestant bien connu. Il d\u00e9clara, ainsi que le rapporte The Christian Standard :<\/p>\n<p>\u00ab Oh ! nous avons une organisation d&#8217;\u00e9glise magnifique dans ce pays ; nous avons soixante mille ministres ; nous avons de la musique de grande valeur ; nous avons de grandes \u00e9coles du dimanche, et pourtant, je vous communique le fait effrayant de la statistique que dans les vingt-cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, les \u00e9glises dans ce pays ont op\u00e9r\u00e9 moins de deux conversions en moyenne chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab Il y eut dans les \u00e9glises une moyenne de quatre ou cinq d\u00e9c\u00e8s. A ce compte-l\u00e0, quand ce monde sera-t-il ramen\u00e9 \u00e0 Dieu ? Nous en gagnons deux ; nous en perdons quatre. Eternel Dieu ! A quoi cela va-t-il aboutir ? Je vous dis carr\u00e9ment que, pendant que \u00e7\u00e0 et l\u00e0 un r\u00e9giment de soldats chr\u00e9tiens avance, l&#8217;\u00e9glise recule pour &#8216;la plus grande partie vers une terrible d\u00e9faite de Bull Run. \u00bb<\/p>\n<p>Il y a quelque temps, le Chanoine Taylor, de l&#8217;\u00e9glise anglaise, discutait la question : Les missions chr\u00e9tiennes sont-elles un \u00e9chec ? et on lut le document devant le Congr\u00e8s de l&#8217;\u00e9glise anglaise. Il y trouva la cause de l&#8217;\u00e9chec dans le fait que la religion mahom\u00e9tane n&#8217;est pas seulement \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec le christianisme \u00e0 certains \u00e9gards, mais qu&#8217;elle est<\/p>\n<p>(P 246) beaucoup mieux adapt\u00e9e aux besoins et aux capacit\u00e9s de nombreux peuples de l&#8217;Asie et de l&#8217;Afrique, et qu&#8217;en raison de sa rapide progression actuelle, le christianisme, lui, ne peut jamais esp\u00e9rer rattraper le paganisme. En estimant l&#8217;exc\u00e9dent des naissances sur les d\u00e9c\u00e8s en Asie et en Afrique comme \u00e9tant de 11 000 000 par an, et l&#8217;augmentation des chr\u00e9tiens de 60 000, il faudrait aux soci\u00e9t\u00e9s missionnaires 183 ans pour rattraper l&#8217;augmentation annuelle de la population pa\u00efenne. Le chanoine d\u00e9clara :<\/p>\n<p>\u00ab Extorquer aux enfants des \u00e9coles du dimanche les quelques sous de leur tirelire dans le but ostensible de convertir \u00ab les pauvres pa\u00efens \u00bb, et d\u00e9penser pr\u00e8s de 12 000 livres par an pour des missions st\u00e9riles dans des pays o\u00f9 il n&#8217;y a pas de pa\u00efens, me para\u00eet \u00eatre presque un crime, celui d&#8217;obtenir de l&#8217;argent sous de faux pr\u00e9textes. \u00bb<\/p>\n<p>Selon lui, la cause des \u00e9checs missionnaires est le sectarisme, en m\u00eame temps qu&#8217;un manque de cons\u00e9cration totale \u00e0 l&#8217;\u0153uvre de la part des missionnaires eux-m\u00eames qui s&#8217;efforcent de vivre comme des princes entour\u00e9s par des objets d&#8217;un plus grand luxe qu&#8217;en Europe. Ce faisant, il fit allusion au Dr Legge, missionnaire \u00e9tabli depuis trente-quatre ans, disant :<\/p>\n<p>\u00ab Il pense que nous ne r\u00e9ussirons pas \u00e0 convertir aussi longtemps que le christianisme se montrera infect\u00e9 par les dissensions acharn\u00e9es au sein des sectes chr\u00e9tiennes, que les indig\u00e8nes associent dans leur esprit \u00e0 l&#8217;ivrognerie, le d\u00e9r\u00e8glement et le mal social gigantesque visible parmi les nations chr\u00e9tiennes. L&#8217;\u00e9v\u00eaque Steere pensait que les, deux plus grands obstacles au succ\u00e8s \u00e9taient les querelles parmi les missionnaires eux-m\u00eames et la rivalit\u00e9 entre les soci\u00e9t\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Cependant, le Chanoine Taylor et beaucoup d&#8217;autres, dont les voix se firent entendre au grand Congr\u00e8s religieux, voudraient r\u00e9duire la critique au silence en nous disant que les religions pa\u00efennes sont suffisamment bonnes, et mieux adapt\u00e9es aux besoins des pays respectifs que le serait le christianisme. Nous tirons une tout autre suggestion du rapport de feu Foster, \u00e9v\u00eaque de l&#8217;\u00e9glise \u00e9piscopale m\u00e9thodiste qui, apr\u00e8s un voyage prolong\u00e9 autour du monde il y a des ann\u00e9es, donne l&#8217;image<\/p>\n<p>(P 247) suivante des tristes conditions du monde dans les t\u00e9n\u00e8bres du paganisme ; il d\u00e9clara :<\/p>\n<p>&#8216;\u00ab Rappelez-vous toutes les images de la pauvret\u00e9 et de la d\u00e9gradation que vous ayez jamais vues dans les lieux solitaires de la mis\u00e8re la plus extr\u00eame (ces tristes exemples dont l&#8217;horreur vous a hant\u00e9s apr\u00e8s les avoir vus, ces lieux lugubres d&#8217;ordure, et de salet\u00e9 repoussante) : rassemblez toutes ces images en un seul tableau, que ne vient adoucir la simple ombre d&#8217;un clair-obscur ou d&#8217;une lumi\u00e8re color\u00e9e, et suspendez-le au-dessus de la moiti\u00e9 du globe ; il n&#8217;atteindra pas encore la r\u00e9alit\u00e9. Vous devez y ajouter la perspective terrifiante que cela durera sans issue ; vous devez faire abstraction de tout espoir, et m\u00eame de toute aspiration. Le trait caract\u00e9ristique du paganisme, c&#8217;est la pauvret\u00e9. Vous n&#8217;avez jamais vu la pauvret\u00e9. C&#8217;est un terme dont vous ignorez la signification. Ce que vous appelez la pauvret\u00e9, c&#8217;est la richesse, le luxe. Ne pensez pas que ce soit occasionnel, dans les parages seulement, exceptionnel dans des lieux de mis\u00e8re plus profonde, non ; elle est universelle, \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle d&#8217;un continent. Ajoutez \u00e0 cela la faim, la nudit\u00e9, la bestialit\u00e9 ; enlevez-en tout espoir d&#8217;avoir quelque chose de mieux demain ; emplissez l&#8217;Afrique de cela, l&#8217;Asie ; peuplez la vision d&#8217;hommes, de femmes et d&#8217;enfants comprenant plus de vingt fois la population de toutes vos grandes cit\u00e9s, de vos villes, de vos villages et de vos r\u00e9gions rurales, vingt pour chaque individu dans tous vos Etats et vos territoires, et le tableau ne d\u00e9peint pas encore la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Placez maintenant, dans ce tableau, l&#8217;ombre morale de l&#8217;absence de Dieu, d&#8217;esp\u00e9rance ; pensez \u00e0 ces millions de mis\u00e9rables, vivant comme des b\u00eates dans ce monde et n&#8217;anticipant rien de mieux dans le monde \u00e0 venir. Ajoutez \u00e0 ce tableau le souvenir que ces mis\u00e9rables sont des \u00eatres qui ont la m\u00eame nature humaine que la n\u00f4tre, et consid\u00e9rez que, parmi ces millions d&#8217;\u00eatres, il n&#8217;y a aucun c\u0153ur qui n&#8217;ait pas de d\u00e9sirs humains, et qui ne puisse \u00eatre purifi\u00e9 et ennobli ; que ces pays, sous le destin d&#8217;une telle infortune, pourraient \u00e9galer, et nombre d&#8217;entre eux surpasser m\u00eame le pays dans lequel nous vivons, s&#8217;ils avaient ce que nous pourrions leur donner. Peignez un ciel sans \u00e9toiles, repr\u00e9sentez la nuit, couvrez de t\u00e9n\u00e8bres et \u00e0 perte de vue les montagnes, \u00e9tendez de sombres linceuls le long des rivages et des paysages, assombrissez tout le pass\u00e9, laissez l&#8217;avenir se draper d&#8217;une nuit plus profonde, toujours plus profonde, remplissez les terribles t\u00e9n\u00e8bres d&#8217;hommes affam\u00e9s, au visage triste, de femmes r\u00e9duites au chagrin et d&#8217;enfants sans esp\u00e9rance : tel est i le monde pa\u00efen, le peuple vu en<\/p>\n<p>(P 248) vision par le proph\u00e8te d&#8217;antan, \u00ab qui s&#8217;assied dans la r\u00e9gion et l&#8217;ombre de la mort \u00bb ; \u00e0 qui n&#8217;est encore parvenue aucune lumi\u00e8re, qui se tient l\u00e0 assis, tranquille, \u00e0 travers la longue, longue nuit, en attendant et en guettant le matin.<\/p>\n<p>\u00ab Un milliard d&#8217;\u00eatres dans la r\u00e9gion et l&#8217;ombre de la mort, dans la m\u00eame r\u00e9gion o\u00f9 leurs p\u00e8res ont v\u00e9cu il y a vingt-cinq si\u00e8cles, attendant silencieux, traversant la vie dans un d\u00e9nuement si extr\u00eame qu&#8217;ils ne sont pas capables de pourvoir \u00e0 leurs besoins les plus \u00e9l\u00e9mentaires; des millions d&#8217;entre eux subsistent gr\u00e2ce \u00e0 des racines et \u00e0 des herbes et aux provisions pr\u00e9caires que la nature, indompt\u00e9e par la raison, leur fournit. Ceux d&#8217;entre eux qui vivent sous des formes de gouvernement et dans une semi-civilisation lesquelles, dans un sens, r\u00e9glementent la propri\u00e9t\u00e9 et imposent le travail, ne disposent pas apr\u00e8s que leurs tyrans les ont d\u00e9pouill\u00e9s de leur salaire, de trois \u00ab cents \u00bb par jour en moyenne ou son \u00e9quivalent pour se nourrir, eux et leurs enfants, pas assez pour nourrir un animal ; des multitudes d&#8217;entre eux ne sont pas m\u00eame \u00e0 moiti\u00e9 nourries, pas m\u00eame \u00e0 moiti\u00e9 v\u00eatues ; elles vivent dans des \u00e9tables et des taudis qui ne conviennent m\u00eame pas au porc, sans provision d&#8217;aucune sorte pour leurs besoins humains. Opprim\u00e9es par la tyrannie de la force brutale jusqu&#8217;\u00e0 ce que toutes les caract\u00e9ristiques de la-nature humaine leur soient enlev\u00e9es, sauf la station droite et leurs d\u00e9sirs ind\u00e9racinables, muets et aveugles d&#8217;avoir ce qu&#8217;elles ne savent pas, tels sont les pa\u00efens, hommes et femmes, nos fr\u00e8res et s\u0153urs.<\/p>\n<p>\u00ab Les ombres farouches et redoutables du tableau nous glaceraient si elles n&#8217;\u00e9taient pas rejet\u00e9es dans le lointain, et si l&#8217;imagination ne l&#8217;embellissait et ne le dorait. De notre point de vue d&#8217;indiff\u00e9rence confortable, ces ombres sont enti\u00e8rement cach\u00e9es. Elles sont trop loin, et nous sommes trop accapar\u00e9s par nos plaisirs pour les voir ou m\u00eame pour y penser. Elles n&#8217;\u00e9mergent pas du tableau, et si d&#8217;aventure nous y pensons, ce n&#8217;est pas \u00e0 la lumi\u00e8re de la r\u00e9alit\u00e9, mais \u00e0 celle de la trompeuse fantaisie. Nous voyons les grandes cit\u00e9s et la magnificence des Mikados et des Rajahs, les pompes des cours, la beaut\u00e9 voluptueuse des paysages, tout cela transfigur\u00e9 par l&#8217;imagination et par la lumi\u00e8re \u00e9clatante et trompeuse que jettent sur eux les agences de voyage. La vision nous enchante. Si nous voulons p\u00e9n\u00e9trer davantage la question des foyers humains et leur condition religieuse, nous sommes de nouveau attir\u00e9s par les grands temples et par les descriptions fantaisistes de voyageurs de quelque sc\u00e8ne domestique pittoresque et attrayante.<\/p>\n<p>(P 249) Nous sommes consol\u00e9s. Apr\u00e8s tout, disons-nous, le monde pa\u00efen n&#8217;est pas en si mauvaise posture. Ils ont leur religion ; ils ont leurs plaisirs. Telle est la pens\u00e9e r\u00e9confortante avec laquelle nous contemplons le monde. Oh ! illusion fatale ! Le v\u00e9ritable tableau se trouve dans l&#8217;ombre. Les millions d&#8217;individus mis\u00e9rables, p\u00e9cheurs, qui marchent \u00e0 t\u00e2tons, sans Dieu et sans esp\u00e9rance, sans foyer, abrutis, sans amis, n\u00e9s pour h\u00e9riter d&#8217;une nuit sans rayons, et destin\u00e9s \u00e0 vivre et \u00e0 mourir dans les t\u00e9n\u00e8bres sans \u00e9toiles, ceux-l\u00e0, on ne les voit pas. Ils sont l\u00e0, se d\u00e9pla\u00e7ant furtivement dans ces ombres de la mort, d\u00e9charn\u00e9s, affam\u00e9s, nus et sans espoir, presque des b\u00eates ; ils ne sont pas quelques-uns seulement, tapis dans les sentiers, et se cachant \u00e0 leurs semblables, mais ils sont des millions et des millions, remplissant tous ces pays d\u00e9peints par l&#8217;imagination, grouillant dans les rues et les avenues de leurs magnifiques cit\u00e9s, et qui nous terrifieraient par leur multitude, si nous ne pouvions faire autrement que de les voir. C&#8217;est l\u00e0 que leurs anc\u00eatres ont v\u00e9cu et sont morts sans esp\u00e9rance. C&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;ils tra\u00eenent leur mis\u00e9rable vie. C&#8217;est l\u00e0 que leurs enfants sont n\u00e9s pour le m\u00eame destin. C&#8217;est l\u00e0 que, vivants ou mourants, personne ne prend soin de leur \u00e2me.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tel est le monde non chr\u00e9tien. Il poss\u00e8de de grandes cit\u00e9s, de grands temples, de magnifiques mausol\u00e9es, quelques tyrans choy\u00e9s qui s&#8217;affublent d&#8217;ornements en or, mais la splendeur exag\u00e9r\u00e9e de ses sanctuaires et de ses tr\u00f4nes s&#8217;abat sur un arri\u00e8re-plan de nuit obscure, dans lequel les millions d&#8217;individus se tapissent dans la peur, la faim et la mis\u00e8re. Je les ai vus, dans leurs tristes foyers et leurs orgies diaboliques, depuis le Bosphore jusqu&#8217;au Gange, dans leurs temples et \u00e0 leurs festins, accroupis et agenouill\u00e9s devant des idoles grima\u00e7antes, des statues de pierre et des dieux en forme de singes ; je les ai vus tra\u00eenant \u00e0 travers les rues et le long des grand-routes j&#8217;ai vu leurs visages sombres, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, affam\u00e9s, et jamais l&#8217;on ne peut oublier cette image.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous devrions, je pense, convenir que, dans le monde non chr\u00e9tien, il n&#8217;y a aucune esp\u00e9rance pour l&#8217;homme. Il n&#8217;a rien \u00e0 nous donner, ni un rayon, ni une miette. Tel un poids lourd, il pend au cou de la race en l&#8217;enfon\u00e7ant de plus en plus dans la nuit, dans la mort. Son haleine m\u00eame est contagieuse. Son contact, c&#8217;est la mort. Sa pr\u00e9sence nous terrifie comme un gigantesque spectre \u00e9mergeant du royaume de la nuit, dominant et gouvernant \u00e0 travers les si\u00e8cles et aveuglant tous les \u00e2g\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je ne soul\u00e8ve pas la question de savoir si, oui ou non, on peut dans le monde \u00e0 venir sauver ces innombrables millions d&#8217;individus. Je n&#8217;affirme pas<\/p>\n<p>(P 250) qu&#8217;en leur donnant l&#8217;\u00e9vangile, cela am\u00e9liorerait leurs esp\u00e9rances ou augmenterait en quoi que ce soit leur chance dans cette direction. Il est possible qu&#8217;il y en aura, parmi eux, autant qui seront sauv\u00e9s sans l&#8217;\u00e9vangile qu&#8217;avec lui. Cette question ne fait pas partie du probl\u00e8me que je suis en train de discuter, savoir la perspective du monde, j&#8217;entends celle du temps, non celle de l&#8217;\u00e9ternit\u00e9. Si mon esprit pouvait un jour \u00eatre accapar\u00e9 par la terrible id\u00e9e que le monde entier doive, de toute n\u00e9cessit\u00e9, \u00eatre perdu \u00e0 jamais simplement parce qu&#8217;il est pa\u00efen, je ne lui enverrais pas un \u00c9vangile qui lui r\u00e9v\u00e8le un tel Dieu. Cette cruelle pens\u00e9e seule interdirait toute esp\u00e9rance pour le monde et ferait de l&#8217;\u00e9ternit\u00e9 elle-m\u00eame un cachot, sans \u00e9gard \u00e0 qui pourrait \u00eatre sauv\u00e9.- Car, comment une cr\u00e9ature sens\u00e9e quelconque pourrait-elle profiter m\u00eame d&#8217;un ciel avec un Dieu dont le gouvernement pourrait permettre une telle tache de honte et de d\u00e9shonneur, de cruaut\u00e9 et d&#8217;injustice ? Allez convaincre des hommes qu&#8217;il y a un Dieu \u00e0 la t\u00eate de l&#8217;univers qui, sans qu&#8217;il y ait faute de leur part ou sans aucune chance d&#8217;\u00e9chapper, damnerait les morts, les vivants, et les millions \u00e0 venir du paganisme, et qui, en m\u00eame temps, ferait de la terre une gigantesque terreur o\u00f9 d&#8217;effrayantes horreurs ne permettraient aucun soulagement, et vous rendrez \u00e0 jamais impossible l&#8217;adoration d&#8217;un tel Dieu sauf par des d\u00e9mons, et par eux seulement parce qu&#8217;il devient leur chef \u00bb.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9v\u00eaque mentionna \u00e9galement le fait que, si la population du monde est estim\u00e9e \u00e0 1 milliard 450 millions [\u00e0 l&#8217;\u00e9poque &#8212; Trad.], pr\u00e8s de 1 milliard 100 millions ne sont pas des chr\u00e9tiens, et que beaucoup (oui, presque tous) des chr\u00e9tiens de nom sont soit des pa\u00efens, soit des anti-chr\u00e9tiens. Ensuite, \u00e0 cause de l&#8217;\u00e9chec de l&#8217;\u00e9glise dans la conversion du monde en dix-huit cents ann\u00e9es, et de l&#8217;impossibilit\u00e9 d&#8217;esp\u00e9rer y arriver, il tenta de d\u00e9gager l&#8217;\u00e9glise de la responsabilit\u00e9 qu&#8217;elle a assum\u00e9e en sugg\u00e9rant que ces millions de pa\u00efens doivent \u00eatre sauv\u00e9s sans avoir foi en Christ. En outre, pour d\u00e9gager en quelque sorte Dieu de la responsabilit\u00e9 de la d\u00e9tresse actuelle parmi les hommes, il d\u00e9clara : \u00ab Dieu fait du mieux qu&#8217;il peut avec le pouvoir qu&#8217;il a re\u00e7u \u00bb.<\/p>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, The Church Times publia un article r\u00e9dig\u00e9 par un Maori dont les extraits suivants sont tr\u00e8s suggestifs quant \u00e0 la cause de l&#8217;\u00e9chec de l&#8217;\u00e9glise pour \u00e9clairer le monde \u00e0 un degr\u00e9 notable quelconque. A l&#8217;origine, la lettre avait<\/p>\n<p>(P 251) paru dans un journal de la Nouvelle-Z\u00e9lande, et est ainsi con\u00e7ue :<\/p>\n<p>\u00ab Il y a quelques jours, vous avez publi\u00e9 le compte rendu de ce qui s&#8217;est pass\u00e9 lors d&#8217;une r\u00e9union de Maoris convoqu\u00e9e par l&#8217;\u00e9v\u00eaque de l&#8217;\u00e9glise de Christ. J&#8217;\u00e9tais pr\u00e9sent \u00e0 la r\u00e9union, et je d\u00e9sire que vous me donniez une occasion de r\u00e9pondre \u00e0 l&#8217;une des questions pos\u00e9es par l&#8217;\u00e9v\u00eaque, savoir : \u00ab Pourquoi le feu de la foi chr\u00e9tienne est-il si bas parmi le peuple Maori dans mon dioc\u00e8se ? \u00bb Je veux vous dire quelle en est, selon moi, la raison. Nous, Maoris, sommes rendus confus et perplexes dans nos esprits par la mani\u00e8re extraordinaire selon laquelle vous, Europ\u00e9ens, traitez votre religion. Personne, parmi vous, ne semble \u00eatre s\u00fbr qu&#8217;elle signifie quelque chose ou rien. Sur l&#8217;invitation des premiers missionnaires, \u00e0 la .religion de nos a\u00efeux qu&#8217;ils disaient \u00eatre fausse, nous avons substitu\u00e9 celle qu&#8217;ils nous ont dit \u00eatre la vraie. Nous avons accept\u00e9 le Livre contenant l&#8217;histoire et les pr\u00e9ceptes de la \u00ab Vraies Religion \u00bb comme \u00e9tant r\u00e9ellement la Parole de Dieu qui nous lie, nous ses cr\u00e9atures. Nous avons journellement&#8217; matin et soir, offert un culte au Cr\u00e9ateur dans chaque \u00ab\u00a0pah\u00a0\u00bb et dans chaque village \u00e0 travers la Nouvelle-Z\u00e9lande. Nous avons observ\u00e9 le septi\u00e8me jour comme saint, nous abstenant de toute forme de travail afin de respecter le commandement divin, et pour la m\u00eame raison, nous avons aboli l&#8217;esclavage et la polygamie, bien qu&#8217;en agissant ainsi nous ayons compl\u00e8tement d\u00e9sorganis\u00e9 notre syst\u00e8me social, r\u00e9duit nos gens \u00e0 la pauvret\u00e9 et inflig\u00e9 beaucoup de peine \u00e0 ceux qui furent forc\u00e9s de trancher certains des liens les plus tendres de la parent\u00e9 humaine. Juste au moment o\u00f9 nous commencions \u00e0 apprendre \u00e0 nos enfants \u00e0 conna\u00eetre Dieu et \u00e0 lui ob\u00e9ir comme il est manifest\u00e9 en J\u00e9sus-Christ, des Europ\u00e9ens vinrent en grand nombre dans ce pays. Ils visit\u00e8rent nos villages et parurent tr\u00e8s amis, mais nous remarqu\u00e2mes qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas, \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de la. Bible, le m\u00eame respect que celui que nous, des novices, avions. Les catholiques romains nous d\u00e9clar\u00e8rent qu&#8217;eux seuls connaissaient la v\u00e9ritable interpr\u00e9tation, et qu&#8217;\u00e0 moins de nous unir \u00e0 eux, nos \u00e2mes seraient perdues. Les baptistes suivirent, qui ridiculis\u00e8rent notre pr\u00e9sentation d&#8217;enfants \u00e0 Christ dans le bapt\u00eame, et qui nous d\u00e9clar\u00e8rent que n&#8217;ayant pas \u00e9t\u00e9 immerg\u00e9s, nous n&#8217;\u00e9tions pas du tout des chr\u00e9tiens baptis\u00e9s. Ensuite vinrent les presbyt\u00e9riens, qui dirent que la charge d&#8217;un \u00e9v\u00eaque n&#8217;\u00e9tait pas scripturale, et qu&#8217;en ayant accept\u00e9 d&#8217;\u00eatre confirm\u00e9s par l&#8217;\u00e9v\u00eaque Selwyn, nous avions accompli une c\u00e9r\u00e9monie d\u00e9nu\u00e9e de sens. Plus tard vinrent les Fr\u00e8res de Plymouth, qui nous d\u00e9clar\u00e8rent que Christ n&#8217;avait jamais institu\u00e9 une \u00e9glise visible ou un minist\u00e8re quelconque, mais, que<\/p>\n<p>(P 252) chacun devrait \u00eatre son propre ministre et fixer son propre credo.<\/p>\n<p>\u00ab Outre la confusion dans nos esprits, caus\u00e9e par l&#8217;exemple impie de la majorit\u00e9 des Europ\u00e9ens, et l&#8217;enseignement contradictoire donn\u00e9 par les ministres de la religion, nous \u00e9tions embarrass\u00e9s par la mani\u00e8re d&#8217;agir du gouvernement ; ce dernier, en effet, tout en professant \u00eatre li\u00e9 par la loi morale contenue dans la Bible, n&#8217;h\u00e9sita pas, lorsque nous dev\u00eenmes sans force, de manquer \u00e0 ses promesses qu&#8217;il nous avait faites lorsque nous \u00e9tions plus nombreux et plus forts que les Europ\u00e9ens. Grande fut notre surprise quand le Parlement, compos\u00e9 non pas d&#8217;hommes ignorants, de basse naissance, mais d&#8217;hommes du monde et de chr\u00e9tiens d\u00e9clar\u00e9s, fit enlever la Bible des \u00e9coles, et, tout en enjoignant aux instituteurs d&#8217;instruire avec soin les enfants de la Nouvelle-Z\u00e9lande en toutes sortes de connaissances, leur d\u00e9clara qu&#8217;en aucune fa\u00e7on, ils ne devaient leur enseigner quoi que ce f\u00fbt concernant la religion chr\u00e9tienne, concernant Dieu et ses lois. Mon ma\u00eetre pa\u00efen m&#8217;enseignait \u00e0 craindre et \u00e0 r\u00e9v\u00e9rer les Puissances invisibles, et mes parents m&#8217;enseignaient \u00e0 discipliner chaque action de ma vie en ob\u00e9issant aux \u00ab\u00a0Atuas\u00a0\u00bb qui me puniraient si je les offensais. Mais, dans les \u00e9coles de ce pays chr\u00e9tien, mes enfants ne sont pas enseign\u00e9s maintenant \u00e0 respecter aucun \u00eatre au-dessus d&#8217;un agent de police, ou de craindre aucun juge de leurs actions au-dessus d&#8217;un Magistrat R\u00e9sident.<\/p>\n<p>\u00ab Je pense, lorsque l&#8217;\u00e9v\u00eaque de l&#8217;\u00e9glise de Christ nous a pos\u00e9 l&#8217;autre jour la question \u00e0 laquelle j&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 fait allusion, que nous aurions bien pu lui demander de nous dire d&#8217;abord pourquoi le feu de la foi \u00e9tait si peu ardent parmi son propre peuple. Nous aurions pu citer des paroles appropri\u00e9es de ce Livre que le peuple anglais d\u00e9sire voir prendre par tous sauf par lui-m\u00eame comme r\u00e8gle de vie, et le r\u00e9v\u00e9rer comme \u00e9tant la Parole du Dieu vivant : \u00ab M\u00e9decin, gu\u00e9ris-toi toi-m\u00eame \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Des Maoris ignorants peuvent-ils \u00eatre bl\u00e2m\u00e9s pour leur ti\u00e9deur au service de Dieu dont l&#8217;existence, d&#8217;apr\u00e8s l&#8217;un de ses ministres ordonn\u00e9s, ne peut \u00eatre prouv\u00e9e par aucun homme dans la chr\u00e9tient\u00e9 ? Je pense souvent, monsieur, que mes enfants auraient eu plus de chance \u00e0 devenir des hommes et des femmes honorables et auraient eu une meilleure esp\u00e9rance de bonheur quand viendra le moment pour eux d&#8217;entrer dans le monde invisible et d&#8217;y rencontrer leur Cr\u00e9ateur, si, comme le premier roi Maori (Potatu) j&#8217;avais refus\u00e9 de confesser ouvertement votre religion<\/p>\n<p>(P 253) jusqu&#8217;\u00e0 ce que (ainsi qu&#8217;il le d\u00e9clara) : Vous eussiez d\u00e9termin\u00e9 entre vous ce qu&#8217;est vraiment la religion \u00bb. Il est mieux, je pense, de croire r\u00e9ellement au monde spirituel invisible qui a soutenu mes anc\u00eatres que de faire semblant de croire \u00e0 ce que le peuple europ\u00e9en nous a demand\u00e9 de substituer \u00e0 notre croyance.<\/p>\n<p>V\u00f4tre, etc.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab Tangata Maori \u00bb.<\/p>\n<p>L&#8217;extrait suivant d&#8217;un article paru dans la North American Review de Wong Chin Foo, Chinois instruit, dipl\u00f4m\u00e9 de l&#8217;un de nos coll\u00e8ges de New England, donne de la m\u00eame fa\u00e7on des raisons suggestives de pr\u00e9f\u00e9rer la religion de ses p\u00e8res au christianisme. Wong Chin Foo \u00e9crivait :<\/p>\n<p>\u00ab N\u00e9 pa\u00efen et \u00e9lev\u00e9 en pa\u00efen, j&#8217;ai appris et pratiqu\u00e9 ses r\u00e8gles morales et religieuses, et agissant en cons\u00e9quence j&#8217;\u00e9tais utile \u00e0 moi-m\u00eame et \u00e0 beaucoup d&#8217;autres. Ma conscience \u00e9tait claire, et mes esp\u00e9rances quant \u00e0 la vie future n&#8217;\u00e9taient troubl\u00e9es par aucun doute perturbateur. Mais, vers l&#8217;\u00e2ge de dix-sept ans, je fus transf\u00e9r\u00e9 au sein de votre clinquante civilisation, et \u00e0 cette p\u00e9riode impressionnable de la vie, le christianisme se pr\u00e9senta tout d&#8217;abord \u00e0 moi sous ses aspects les plus s\u00e9duisants ; de bons amis chr\u00e9tiens devinrent particuli\u00e8rement soucieux de mon bien-\u00eatre mat\u00e9riel et religieux, et je n&#8217;\u00e9tais que trop d\u00e9sireux de conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9. Puis, on me persuada de vouer ma vie \u00e0 la cause des missions chr\u00e9tiennes. Seulement, avant de m&#8217;engager dans cette haute mission, je devais d&#8217;abord apprendre la doctrine chr\u00e9tienne que j&#8217;allais enseigner, et c&#8217;est ici que je fus d\u00e9sorient\u00e9 devant la multiplicit\u00e9 des sectes, chacune d&#8217;elles revendiquant le monopole de la route unique et \u00e9troite vers le ciel.<\/p>\n<p>\u00ab Je ne p\u00e9n\u00e9trai dans le Presbyt\u00e9rianisme que pour en sortir effray\u00e9 d&#8217;une croyance en un Dieu sans mis\u00e9ricorde qui avait depuis longtemps vou\u00e9 la majorit\u00e9 de la race humaine sans secours \u00e0 un enfer \u00e9ternel. Pr\u00eacher une telle doctrine \u00e0 des pa\u00efens intelligents n&#8217;aurait fait que lever dans leur esprit des doutes sur ma sant\u00e9 mentale, \u00e0 moins de me prendre pour un menteur. Ensuite, j&#8217;examinai les doctrines baptistes, mais j&#8217;y trouvai tant de sectes de formes diff\u00e9rentes, en conflit sur les m\u00e9rites de l&#8217;initiation \u00e0 l&#8217;eau froide, sur la m\u00e9thode et le moment de l&#8217;employer, que je devins \u00e9c\u0153ur\u00e9 de telles banalit\u00e9s ; la question de communion, \u00e9troite ou non, m&#8217;a donn\u00e9 seulement la conviction que certains \u00e9taient mesquins et exclusifs avec leur morceau de pain et leur vin, et d&#8217;autres un peu moins. Le m\u00e9thodisme me fit l&#8217;effet d&#8217;une religion de tonnerre et d&#8217;\u00e9clair,<\/p>\n<p>(P 254) toute de d\u00e9clarations et de bruit. Vous veniez en contact avec elle, ou elle venait en contact avec vous, tel un spasme, et ainsi, vous \u00ab exp\u00e9rimentiez \u00bb la religion. Les Congr\u00e9gationalistes me rebut\u00e8rent par leurs mani\u00e8res affect\u00e9es, par leur conscience personnelle d&#8217;\u00eatre vraiment bons, ainsi que par leur d\u00e9sir de n&#8217;avoir que des membres tr\u00e8s dignes. L&#8217;unitarisme me parut douter de tout, m\u00eame de lui-m\u00eame. Pour un certain nombre d&#8217;autres sectes protestantes bas\u00e9es sur quelque nouveaut\u00e9 ou quelque excentricit\u00e9, tel que le Quakerisme, je ne trouvai pas qu&#8217;elles fussent dignes d&#8217;\u00eatre \u00e9tudi\u00e9es par un non-chr\u00e9tien. Mais sur un seul point, cette masse de dissension protestante s&#8217;accordait de tout c\u0153ur, \u00e0 savoir une haine unanime du Catholicisme, la forme la plus ancienne du christianisme. Quant au Catholicisme, il leur rendait bien cette animosit\u00e9. Il se d\u00e9clarait avec hauteur la seule vraie \u00e9glise, hors de laquelle il n&#8217;y avait aucun salut, en particulier pour les protestants ; il d\u00e9clarait que son principal pr\u00e9lat \u00e9tait le repr\u00e9sentant personnel de Dieu sur la terre, et qu&#8217;il \u00e9tait infaillible. On trouvait l\u00e0 l&#8217;unit\u00e9 religieuse, la puissance et l&#8217;autorit\u00e9 avec la vengeance. Mais en ch\u0153ur, mes affectueux amis protestants me suppli\u00e8rent de ne pas aborder le Catholicisme, d\u00e9clarant qu&#8217;il \u00e9tait pire que le paganisme \u2014 en quoi je fus d&#8217;accord ; toutefois, la m\u00eame sorte d&#8217;arguments me convainquit \u00e9galement que le Protestantisme se pla\u00e7ait dans la m\u00eame cat\u00e9gorie. En fait, plus j&#8217;\u00e9tudiais le Christianisme dans ses diverses phases, plus j&#8217;\u00e9coutais les critiques que les sectes s&#8217;adressaient r\u00e9ciproquement, et plus cela me parut \u00eatre de l&#8217;\u00ab airain qui r\u00e9sonne et des cymbales retentissantes \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Appelez-nous des pa\u00efens, si vous voulez, les Chinois sont encore sup\u00e9rieurs quant \u00e0 l&#8217;administration sociale et \u00e0 l&#8217;ordre social. Parmi quatre cents millions de Chinois, il y a moins de meurtriers et de voleurs en un an qu&#8217;il n&#8217;y en a dans l&#8217;Etat de New York. Oui, il est vrai que la Chine entretient un monarque voluptueux dont chaque caprice doit \u00eatre satisfait ; pourtant, son peuple est le moins impos\u00e9 du monde, n&#8217;ayant rien d&#8217;autre \u00e0 payer que l&#8217;imp\u00f4t sur les terres cultiv\u00e9es, sur le riz et sur le sel ; cependant la Chine n&#8217;a pas un seul dollar de dette nationale&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab Les chr\u00e9tiens font continuellement des histoires au sujet de la religion ; ils b\u00e2tissent de grandes \u00e9glises et font de longues pri\u00e8res, et pourtant il y a plus de m\u00e9chancet\u00e9 dans le voisinage d&#8217;une seule paroisse d&#8217;un millier de personnes \u00e0 New York que parmi un million de pa\u00efens, sans \u00e9glise et sans sermon. Le chr\u00e9tien parle longuement et bien haut sur la mani\u00e8re d&#8217;\u00eatre bon et d&#8217;agir avec charit\u00e9. Tout est charit\u00e9 et il n&#8217;y a aucune fraternit\u00e9 : \u00ab Tenez, chien, prenez votre cro\u00fbte et soyez reconnaissant ! \u00bb. Aussi est-il<\/p>\n<p>(P 255) surprenant qu&#8217;il y ait plus de c\u0153urs d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s et de suicides en un an dans le seul \u00e9tat de New York que dans toute la Chine ?<\/p>\n<p>\u00ab La diff\u00e9rence entre le pa\u00efen et le chr\u00e9tien est que le pa\u00efen fait le bien pour l&#8217;amour de faire le bien. Quant au chr\u00e9tien, le peu de bien qu&#8217;il fait, il le fait pour recevoir un honneur dans l&#8217;imm\u00e9diat et une r\u00e9compense dans l&#8217;avenir ; il pr\u00eate au Seigneur et d\u00e9sire un int\u00e9r\u00eat compos\u00e9. En fait, le chr\u00e9tien est le digne h\u00e9ritier de ses anc\u00eatres religieux. Le pa\u00efen fait beaucoup et en parle tr\u00e8s peu, le chr\u00e9tien fait un peu de bien, mais quand il le fait, il d\u00e9sire le faire savoir dans les journaux et le faire graver sur sa pierre tombale. Aimer les hommes pour le bien qu&#8217;ils vous font est une id\u00e9e chr\u00e9tienne pratique, non pour le bien que vous devriez leur faire par devoir humain. C&#8217;est ainsi que les chr\u00e9tiens aiment les pa\u00efens, oui, les possessions des pa\u00efens ; et l&#8217;amour des chr\u00e9tiens cro\u00eet en intensit\u00e9, en proportion de ces possessions. Lorsque les Anglais d\u00e9sir\u00e8rent l&#8217;or et le commerce chinois, ils d\u00e9clar\u00e8rent qu&#8217;ils d\u00e9siraient \u00ab ouvrir la Chine \u00e0 leurs missionnaires \u00bb. Et l&#8217;opium fut le principal, en fait le seul missionnaire dont ils s&#8217;occup\u00e8rent apr\u00e8s qu\u2019ils eurent forc\u00e9 l&#8217;entr\u00e9e des ports. Cette introduction chr\u00e9tienne inf\u00e2me parmi les Chinois a caus\u00e9 plus de mal, social et moral, en Chine, que toutes les agences humanitaires du christianisme n&#8217;ont pu apporter de rem\u00e8de en deux cents ann\u00e9es. C&#8217;est sur vous, chr\u00e9tiens, et sur votre avidit\u00e9 de l&#8217;or, que nous faisons retomber le poids du crime qui en r\u00e9sulte ; des dizaines de millions d&#8217;hommes et de femmes honn\u00eates et utiles envoy\u00e9s par ce moyen \u00e0 la mort apr\u00e8s une vie br\u00e8ve et mis\u00e9rable, en plus de la prostration physique et morale qu&#8217;il entra\u00eene m\u00eame s&#8217;il ne tue pas pr\u00e9matur\u00e9ment ! Et cette grande calamit\u00e9 nationale fut lanc\u00e9e sur nous \u00e0 la pointe des ba\u00efonnettes chr\u00e9tiennes. Et vous vous \u00e9tonnez que nous soyons des pa\u00efens ? Le seul point positif que les chr\u00e9tiens ont imprim\u00e9 sur le paganisme est qu&#8217;ils sacrifieraient la religion, l&#8217;honneur, le principe, comme ils sacrifient la vie, pour de l&#8217;or. Et, avec un air de saintet\u00e9, ils d\u00e9clarent aux pauvres pa\u00efens : \u00ab Vous devez sauver votre \u00e2me en croyant comme nous le faisons ! \u00bb&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab Faites aux autres ce que vous souhaitez qu&#8217;ils vous fassent \u00bb, ou \u00ab Aimez votre prochain comme vous-m\u00eame \u00bb, telle est la grande loi divine que poss\u00e8dent tant les chr\u00e9tiens que les pa\u00efens mais que les chr\u00e9tiens n\u00e9gligent. Voil\u00e0 ce qui fait que je reste pa\u00efen ! Et j&#8217;invite instamment les chr\u00e9tiens d&#8217;Am\u00e9rique \u00e0 venir \u00e0 Confucius \u00bb.<\/p>\n<p>(P 256)<\/p>\n<p>La presse a rapport\u00e9 l&#8217;exemple analogue d&#8217;une femme venant de l&#8217;Inde \u2014 Pundfta Ramabai \u2014 qui visita Boston il y a quelques ann\u00e9es et se pr\u00e9parait \u00e0 retourner en Inde pour se mettre \u00e0 enseigner les femmes de la caste sup\u00e9rieure de l&#8217;Inde. Il ne lui fut pas facile de dire \u00e0 quelle d\u00e9nomination des chr\u00e9tiens elle appartenait. Un reporter lui posa la question, et voici ce qu&#8217;elle r\u00e9pondit :<\/p>\n<p>\u00ab J&#8217;appartiens \u00e0 l&#8217;\u00e9glise universelle de Christ. J&#8217;ai rencontr\u00e9 de bons Baptistes, de bons M\u00e9thodistes, de bons Episcopaux et de bons Presbyt\u00e9riens, et chacun d&#8217;eux m&#8217;a parl\u00e9 de la Bible. Aussi me semble-t-il pr\u00e9f\u00e9rable d&#8217;aller moi-m\u00eame \u00e0 la Bible et d&#8217;y trouver ce que je peux de meilleur [Une sage d\u00e9cision]. Et l\u00e0, je trouve Christ le Sauveur du monde, et c&#8217;est \u00e0 lui que je donne mon c\u0153ur. Je fus baptis\u00e9e alors que j&#8217;\u00e9tais en Angleterre, et je communie avec toutes les personnes chr\u00e9tiennes qui me le permettent. Je ne professe pas appartenir \u00e0 une d\u00e9nomination particuli\u00e8re quelconque, car je veux retourner en Inde simplement comme une chr\u00e9tienne. Il appara\u00eet \u00e0 mon esprit que le Nouveau Testament, et sp\u00e9cialement les paroles de notre Sauveur, constituent un credo suffisamment complet. Je crois, ainsi que le Sauveur nous l&#8217;a enseign\u00e9, et son message nous est parvenu par Jean, que Dieu est un esprit, qu&#8217;il est lumi\u00e8re et amour ; qu&#8217;il a cr\u00e9\u00e9 l&#8217;univers, qu&#8217;il l&#8217;illumine et le p\u00e9n\u00e8tre ; que J\u00e9sus, son Fils et son Serviteur, l&#8217;ap\u00f4tre de notre foi, fut envoy\u00e9 par lui pour \u00eatre le sauveur et le conducteur de ses enfants ; que tous ceux qui croient en lui ont le droit d&#8217;\u00eatre les fils de Dieu, et que le saint esprit est notre guide et notre consolateur, le grand don de Dieu par Christ ; qu&#8217;il n&#8217;y a qu&#8217;une seule Eglise et que tous ceux qui reconnaissent J\u00e9sus comme leur Sauveur sont des membres de cette Eglise. Je crois que tout ce qui est n\u00e9cessaire pour mon salut me sera donn\u00e9, et je prie ardemment que Dieu veuille m&#8217;accorder la gr\u00e2ce de chercher et suivre la v\u00e9rit\u00e9, et de faire sa volont\u00e9. A Boston, on m&#8217;a dit que j&#8217;\u00e9tais une unitaire, je leur ai dit que non. Je ne suis pas non plus une trinitaire. Je ne comprends pas du tout ces inventions modernes. Je suis simplement une chr\u00e9tienne, et le Nouveau Testament m&#8217;enseigne ma religion \u00bb.<\/p>\n<p>Les Japonais convertis au christianisme manifest\u00e8rent un esprit semblable, leur noble conduite \u00e9tant \u00e0 la fois une s\u00e9v\u00e8re r\u00e9primande aux \u00e9glises nominales et \u00e0 leurs credo, et un admirable<\/p>\n<p>(P 257) commentaire sur la puissance de la Parole de Dieu. De l&#8217;opinion qu&#8217;ils ont des credo de la chr\u00e9tient\u00e9, et de leur d\u00e9termination de s&#8217;en tenir \u00e0 la Bible seule, nous avons le compte rendu suivant qui fut publi\u00e9 :<\/p>\n<p>\u00ab Lorsque l&#8217;Empire japonais fut ouvert tout grand au commerce am\u00e9ricain, les \u00e9glises am\u00e9ricaines furent z\u00e9l\u00e9es \u00e0 convertir ce pays \u00e0 leurs diverses confessions de foi. Les missionnaires qui y furent envoy\u00e9s trouv\u00e8rent que leur division serait une barri\u00e8re effective au succ\u00e8s, et ils convinrent de cacher leurs diff\u00e9rences, de travailler ensemble pour des \u00e2mes seulement, en pr\u00e9sentant simplement un seul Dieu, et Christ crucifi\u00e9 pour les p\u00e9cheurs, jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;ils obtiennent une situation solide. La dissimulation r\u00e9ussit si bien qu&#8217;en 1873, en raison des demandes de moissons sectaires de la part des Conseils religieux am\u00e9ricains, il fut entendu que les convertis \u00e9taient suffisamment nombreux pour permettre une division du butin.<\/p>\n<p>\u00ab Cependant, lorsqu&#8217;on r\u00e9v\u00e9la avec soin la tromperie aux pa\u00efens convertis, une difficult\u00e9 inattendue s&#8217;\u00e9leva. Ces chr\u00e9tiens japonais s&#8217;assembl\u00e8rent et r\u00e9dig\u00e8rent une p\u00e9tition dans laquelle ils expos\u00e8rent la joie, la paix et la droiture qu&#8217;ils avaient trouv\u00e9es dans le Christ J\u00e9sus et object\u00e8rent qu&#8217;on les divisait contrairement \u00e0 la Parole et \u00e0 l&#8217;esprit de Dieu ; ils press\u00e8rent les missionnaires, puisqu&#8217;ils avaient confess\u00e9 un tel \u00e9tat d\u00e9plorable de choses dans leur propre pays, de retourner en Am\u00e9rique et de leur laisser \u00e0 eux le soin de poursuivre l&#8217;\u00e9vang\u00e9lisation du Japon.<\/p>\n<p>\u00ab Des copies de cette p\u00e9tition furent exp\u00e9di\u00e9es aux divers Conseils par lesquels les missionnaires \u00e9taient entretenus et dirig\u00e9s, et des agents furent envoy\u00e9s sur place afin d&#8217;enqu\u00eater et de faire leur rapport. L&#8217;un de ces agents dont la lettre fut publi\u00e9e dans The independent (N.Y.), dit qu&#8217;\u00e0 ces esprits \u00e0 peine sortis des t\u00e9n\u00e8bres du paganisme, \u00ab les joies simples du salut \u00e9clipsent toutes autres consid\u00e9rations \u00bb et il faudra beaucoup d&#8217;ann\u00e9es avant qu&#8217;on puisse les endoctriner dans les distinctions subtiles qui divisent la chr\u00e9tient\u00e9 \u00bb. N\u00e9anmoins, ceux dont les \u00ab autres consid\u00e9rations \u00bb \u00e9clipsent les \u00ab joies du salut \u00bb et emp\u00eachent de voir l&#8217;amour de Dieu, pers\u00e9v\u00e9r\u00e8rent dans l&#8217;\u0153uvre de division. Ainsi qu&#8217;il le fait toujours, l&#8217;esprit de Dieu incita ces \u00e2mes honn\u00eates \u00e0 s&#8217;assembler au nom de J\u00e9sus seulement. La chose la plus difficile dans le travail du missionnaire sectaire est d&#8217;\u00ab endoctriner les convertis dans les<\/p>\n<p>(P 258) distinctions subtiles qui divisent la chr\u00e9tient\u00e9 \u00bb. Il y a tr\u00e8s peu d&#8217;adh\u00e9rents de n&#8217;importe quelle secte en Am\u00e9rique qui soient ainsi endoctrin\u00e9s. Ils ont des pr\u00e9jug\u00e9s et sont surcharg\u00e9s par d&#8217;autres consid\u00e9rations que de r\u00e9elles convictions. Un tr\u00e8s faible pourcentage a intelligemment conscience des professions de foi et des distinctions par lesquelles ils sont s\u00e9par\u00e9s des autres sectes \u00bb.<\/p>\n<p>Tels sont les sentiments de pa\u00efens intelligents, \u00e9gar\u00e9s et troubl\u00e9s par les fausses repr\u00e9sentations du caract\u00e8re et des doctrines de Dieu. Cependant, nous nous r\u00e9jouissons de savoir que, malgr\u00e9 le conflit des credo et la conduite peu chr\u00e9tienne de multitudes de soi-disant chr\u00e9tiens, et des pr\u00e9tendues nations chr\u00e9tiennes, tous les efforts missionnaires chr\u00e9tiens parmi les peuples pa\u00efens n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 vains, mais que \u00e7\u00e0 et l\u00e0 les semences de la v\u00e9rit\u00e9 divine sont tomb\u00e9es dans des c\u0153urs bons et honn\u00eates et ont produit les fruits de la justice et d&#8217;un v\u00e9ritable caract\u00e8re chr\u00e9tien. On ne peut toutefois pas porter de tels fruits au cr\u00e9dit des credo, mais \u00e0 la Parole et \u00e0 l&#8217;esprit de Dieu, malgr\u00e9 la confusion des credo humains. L\u2019\u00c9ternel se rapporte aux \u00c9critures de l&#8217;Ancien et du Nouveau Testament comme \u00ab Mes deux t\u00e9moins \u00bb (Apoc. 11 : 3), et ceux-ci ont port\u00e9 avec fid\u00e9lit\u00e9 leur t\u00e9moignage \u00e0 toutes les nations.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 savoir si les gens de religions pa\u00efennes seront ou non dispos\u00e9s \u00e0 s&#8217;affilier \u00e0 la chr\u00e9tient\u00e9 nominale, nous n&#8217;avons aucune indication affirmative. Au contraire, leurs repr\u00e9sentants au Congr\u00e8s mondial des Religions furent surtout impressionn\u00e9s par l&#8217;inf\u00e9riorit\u00e9 de la religion chr\u00e9tienne par rapport, et selon leur estimation, \u00e0 la leur propre ; cependant, la \u00ab s\u00fbre parole de la proph\u00e9tie \u00bb indique tr\u00e8s clairement que les diverses sectes protestantes formeront une union de coop\u00e9ration, ou f\u00e9d\u00e9ration, et que le catholicisme et le protestantisme s&#8217;associeront, sans perdre ni l&#8217;un ni l&#8217;autre leur propre identit\u00e9. Ils constituent les deux extr\u00e9mit\u00e9s des cieux eccl\u00e9siastiques qui, au fur et \u00e0 mesure que, leur confusion augmentera, s&#8217;enrouleront comme un livre (Esa\u00efe 34 : 4 ; Apoc. 6 : 14) pour leur &#8216;propre protection, mais comme des livres distincts et s\u00e9par\u00e9s, tout en \u00e9tant tr\u00e8s proches l&#8217;un de l&#8217;autre.<\/p>\n<p>(P 259)<\/p>\n<p>Afin d&#8217;atteindre ce but d\u00e9sir\u00e9, les protestants se montrent pr\u00eats \u00e0 faire \u00e0 peu pr\u00e8s n&#8217;importe quel compromis, tandis que, de son c\u00f4t\u00e9, la papaut\u00e9 a pris une attitude plus conciliante. Tout observateur intelligent est au courant de ces faits, et tout lecteur de l&#8217;histoire conna\u00eet le caract\u00e8re pernicieux de ce grand syst\u00e8me antichr\u00e9tien qui discerne maintenant, dans la grande confusion du protestantisme, une occasion pour lui-m\u00eame de reprendre sa puissance. Aussi, bien que se rendant compte qu&#8217;il a une force sup\u00e9rieure \u00e0 celle du protestantisme divis\u00e9, le grand syst\u00e8me papal craint \u00e9galement la crise qui s&#8217;approche et d\u00e9sire en cons\u00e9quence avec une grande anxi\u00e9t\u00e9, l&#8217;union de la chr\u00e9tient\u00e9, papale et protestante, civile et religieuse.<\/p>\n<p>L&#8217;extrait suivant d&#8217;un article \u00e9crit par un \u00ab p\u00e8re pauliste \u00bb \u00e9minent, Walter Elliot, de la ville de New York et qui fut lu au Congr\u00e8s catholique colombien de 1893, montre que l&#8217;\u00e9glise de Rome veut tirer parti de la confusion actuelle du protestantisme:<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;\u00e9croulement des dogmes protestants est pour nous une occasion favorable. Les d\u00e9nominations, les \u00ab credo \u00bb, les \u00ab \u00e9coles \u00bb et les \u00ab confessions \u00bb tombent en pi\u00e8ces sous nos yeux. De grands hommes ont \u00e9difi\u00e9 ces choses, et des hommes insignifiants peuvent les d\u00e9molir. Cette nouvelle nation ne peut consid\u00e9rer qu&#8217;avec d\u00e9dain des institutions [protestantes] dont la dur\u00e9e est \u00e0 peine le double de sa propre vie, laquelle est br\u00e8ve ; en outre, ces institutions sont totalement surann\u00e9es ; elle ne peut que consid\u00e9rer avec crainte et respect une institution [l&#8217;\u00e9glise catholique romaine] dont l&#8217;existence est pr\u00e8s de vingt fois plus longue. Je vous assure que la vigueur de la jeunesse nationale doit s&#8217;\u00e9tonner de la fra\u00eecheur de la religion \u00e9ternelle [catholique romaine], et qu&#8217;elle doit bient\u00f4t la saluer comme \u00e9tant divine. Les dogmes du protestantisme le plus ancien disparaissent de la mentalit\u00e9 de notre peuple, ou bien en sont chass\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>Dans une encyclique, le pape L\u00e9on XIII offrit une r\u00e9compense aux catholiques romains afin qu&#8217;ils prient pour la conversion des protestants \u00e0 l&#8217;\u00e9glise de Rome. Cette r\u00e9compense consistait dans les suppressions temporaires des souffrances du purgatoire. De son discours aux protestants, qui constituait une partie de l&#8217;encyclique, nous citons les paroles suivantes :<\/p>\n<p>(P 260)<\/p>\n<p>\u00ab C&#8217;est avec une charit\u00e9 fervente que nous nous tournons maintenant vers ces gens qui, \u00e0 une \u00e9poque plus r\u00e9cente, sous l&#8217;influence de convulsions exceptionnelles, d&#8217;ordre temporel et mat\u00e9riel, sortirent du giron de l&#8217;\u00e9glise romaine. Oubliant les vicissitudes pass\u00e9es, qu&#8217;ils \u00e9l\u00e8vent leur esprit au-dessus des choses humaines, et, n&#8217;ayant soif seulement que de v\u00e9rit\u00e9 et de salut, qu&#8217;ils regardent \u00e0 l&#8217;\u00e9glise fond\u00e9e par J\u00e9sus-Christ. Si, alors, ils veulent comparer leurs propres \u00e9glises avec celle-l\u00e0 et voir dans quelle situation la religion les a amen\u00e9s, ils admettront ais\u00e9ment que le flux et le reflux des variations religieuses ont emport\u00e9 leurs \u00e9glises dans de nouveaux domaines, car, sur plusieurs points importants, elles ont oubli\u00e9 les traditions primitives. Les protestants ne nieront pas que si les auteurs du nouvel \u00e9tat de choses ont emport\u00e9 avec eux certaines v\u00e9rit\u00e9s lorsqu&#8217;ils se sont s\u00e9par\u00e9s de Rome, il reste \u00e0 peine de formules certaines et ayant quelque autorit\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab Nous savons tr\u00e8s bien que de longs et durs labeurs sont n\u00e9cessaires pour produire l&#8217;ordre de choses que nous voudrions voir se r\u00e9tablir ; certaines personnes pensent peut-\u00eatre que nous avons de trop hautes esp\u00e9rances, que nous poursuivons un id\u00e9al plus d\u00e9sirable que r\u00e9alisable. Mais nous mettons toute notre esp\u00e9rance et notre confiance en J\u00e9sus-Christ, le Sauveur de la race humaine, en nous souvenant des grandes choses qui furent accomplies par la pr\u00e9tendue folie de la croix pr\u00each\u00e9e au monde sage qui en fut confondu et stup\u00e9fait. Nous demandons instamment aux princes et aux gouvernants, au nom de leur pr\u00e9voyance politique et de leur sollicitude pour les int\u00e9r\u00eats de leurs peuples, de peser nos desseins avec \u00e9quit\u00e9 et de les appuyer par leur bienveillance et par leur autorit\u00e9. Si une partie seulement des r\u00e9sultats que nous attendons aboutissait, le profit ne serait pas, \u00e0 d\u00e9daigner au temps actuel o\u00f9 tout s&#8217;\u00e9croule rapidement et o\u00f9 la crainte de, l&#8217;avenir vient s&#8217;ajouter encore au malaise g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>\u00ab Le si\u00e8cle dernier laissa l&#8217;Europe \u00e9puis\u00e9e par des d\u00e9sastres et encore tremblante des convulsions par lesquelles elle fut \u00e9branl\u00e9e. Le si\u00e8cle qui se termine ne pourrait-il pas l\u00e9guer comme h\u00e9ritage \u00e0 la race humaine quelques garanties de concorde et l&#8217;esp\u00e9rance des immenses bienfaits que l&#8217;on pourrait retirer de l&#8217;unit\u00e9 de la foi chr\u00e9tienne ?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>On ne peut nier que le protestantisme se rapproche de Rome. C&#8217;est ce qui ressortait du Congr\u00e8s des religions o\u00f9 l&#8217;on accordera aux catholiques romains une place pr\u00e9pond\u00e9rante.<\/p>\n<p>(P 261) C&#8217;est aussi ce qu&#8217;ont exprim\u00e9 tous ceux qui s&#8217;int\u00e9ressent au mouvement de l&#8217;union des protestants. Le but poursuivi est de faire alliance, sinon de s&#8217;unir \u00e0 l&#8217;\u00e9glise de Rome. L&#8217;un des articles de la confession de foi presbyt\u00e9rienne, qui, dit que la papaut\u00e9 est l&#8217;antichrist, est actuellement consid\u00e9r\u00e9 comme offensant ; on se propose de le changer.<\/p>\n<p>La lettre suivante, qu&#8217;un pasteur m\u00e9thodiste adressa au cardinal Gibbons au sujet de l&#8217;union des \u00e9glises, montre avec force que cette tendance existe parmi les protestants :<\/p>\n<p>Taunton, Mass.<\/p>\n<p>\u00ab Cher Cardinal, Vous \u00eates sans nul doute int\u00e9ress\u00e9 par le mouvement qui se produit au sein des \u00e9glises protestantes en vue d&#8217;arriver \u00e0 l&#8217;union de tous. Si cette r\u00e9union est pour se produire, pourquoi l&#8217;\u00e9glise catholique romaine n&#8217;y serait-elle pas comprise ? L&#8217;\u00e9glise romaine n&#8217;a-t-elle pas une base d&#8217;entente \u00e0 proposer \u00e0 laquelle nous puissions tous nous rallier ? Ne peut-elle pas nous rencontrer en faisant des concessions qui peuvent \u00eatre temporaires, si elle croit que nous sommes dans l&#8217;erreur, jusqu&#8217;\u00e0 ce que nous ayons appris \u00e0 conna\u00eetre Christ et ses plans plus parfaitement ?<\/p>\n<p>\u00ab Je suis certain d&#8217;une chose, que personnellement j&#8217;ai une tendance croissante \u00e0 consid\u00e9rer avec soin tout le bien que renferment les diverses branches de l&#8217;\u00e9glise chr\u00e9tienne,\u00a0et je crois que je ne suis pas le seul \u00e0 penser ainsi. Meilleurs sentiments,<\/p>\n<p>Geo. W. King, Pasteur de la premi\u00e8re \u00e9glise \u00e9piscopale \u00bb.<\/p>\n<p>Voici la r\u00e9ponse du cardinal :<\/p>\n<p>Si\u00e8ge du Cardinal, Baltimore.<\/p>\n<p>\u00ab R\u00e9v. Geo W. King, cher Monsieur, En r\u00e9ponse \u00e0 votre estim\u00e9e lettre, j&#8217;ai l&#8217;honneur de vous dire que vos aspirations \u00e0 l\u00e0 r\u00e9union de la chr\u00e9tient\u00e9 sont dignes de toutes louanges.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9union ne serait que partielle si l&#8217;\u00e9glise catholique en \u00e9tait exclue ; elle serait m\u00eame impossible, car il ne peut exister d&#8217;union possible sans une base scripturale solide, et cette base consiste \u00e0 reconna\u00eetre Pierre et son successeur comme la t\u00eate visible de l&#8217;\u00e9glise.<\/p>\n<p>Il ne peut exister de gouvernement stable sans un chef, ni dans la vie civile, ni dans la vie militaire, ni dans la vie eccl\u00e9siastique. Chaque Etat doit avoir son gouverneur, chaque ville doit avoir son maire ou son chef municipal ayant un certain titre. Si les \u00e9glises du monde cherchent un chef, o\u00f9 en trouveront-elles un qui ait<\/p>\n<p>(P 262) assez d&#8217;autorit\u00e9, si ce n&#8217;est \u00e0 Rome ? C&#8217;est l&#8217;\u00e9v\u00eaque de Rome, et non celui de Canterbury ou de Constantinople.<\/p>\n<p>Quant aux conditions de l&#8217;union, elles sont plus faciles \u00e0 trouver qu&#8217;on ne se l&#8217;imagine. L&#8217;\u00e9glise catholique poss\u00e8de tout ce qu&#8217;il y a de positif dans les doctrines des \u00e9glises protestantes ; si ces derni\u00e8res voulaient reconna\u00eetre la supr\u00e9matie juridique du pape, elles accepteraient ensuite facilement ses autres doctrines. Vous \u00eates plus rapproch\u00e9s de nous que vous ne le pensez. Nombre de doctrines attribu\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9glise romaine sont d\u00e9savou\u00e9es par cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p>Meilleurs sentiments en Christ, J. Card. Gibbons \u00bb.<\/p>\n<p>A cette lettre fut r\u00e9pondue la suivante. D&#8217;un commun accord de la part des deux messieurs, les lettres furent rendues publiques dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat de l&#8217;union d\u00e9sir\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab Cher Cardinal, J&#8217;ai lu votre r\u00e9ponse avec beaucoup d&#8217;int\u00e9r\u00eat. Ne puis-je pas demander maintenant s&#8217;il ne serait pas sage et bon que l&#8217;\u00e9glise catholique pr\u00e9sente aux \u00e9glises protestantes une base possible d&#8217;union (en entrant suffisamment dans les d\u00e9tails), un peu selon l&#8217;ordre des propositions de Chicago-Lambeth faites par l&#8217;\u00e9glise \u00e9piscopale ? Je sais combien l&#8217;\u00e9glise m\u00e9thodiste, et en v\u00e9rit\u00e9 l&#8217;\u00e9glise chr\u00e9tienne enti\u00e8re, est mal comprise par beaucoup, et je con\u00e7ois qu&#8217;il est plus que possible, in\u00e9vitablement, que&#8217; l&#8217;\u00e9glise catholique soit \u00e9galement mal comprise et mal jug\u00e9e sur de nombreux points. L&#8217;\u00e9glise catholique ne peut-elle pas corriger cette mauvaise compr\u00e9hension de la part des protestants, dans une grande mesure tout au moins, et cela ne h\u00e2terait-il pas l&#8217;union d\u00e9sir\u00e9e ?<\/p>\n<p>\u00ab Je crois que la condition actuelle de division dans laquelle se trouve la chr\u00e9tient\u00e9, est une folie, une honte et une disgr\u00e2ce, et j&#8217;accepterais volontiers une autorit\u00e9 centrale sous certaines conditions, avec r\u00e9serves ou restrictions.<\/p>\n<p>Sinc\u00e8rement \u00e0 vous, Geo. W. Kings D.<\/p>\n<p>Les sentiments de la Soci\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne d&#8217;encouragement \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de l&#8217;\u00e9glise de Rome, dirig\u00e9e par les Jeunes gens du peuple, furent tr\u00e8s clairement manifest\u00e9s lors de sa convention annuelle \u00e0 Montr\u00e9al, en 1893. Parmi les d\u00e9l\u00e9\u00adgu\u00e9s \u00e0 la convention se trouvait un Hindou bien connu de Bombay (Inde), le R\u00e9v. M. Karmarkar, converti au christianisme protestant. Dans les remarques qu&#8217;il fit devant la Soci\u00e9t\u00e9, il d\u00e9clara que le romanisme<\/p>\n<p>(P 263) (la religion catholique romaine \u2014 Trad.) \u00e9tait un obstacle \u00e0 l&#8217;\u0153uvre missionnaire en Inde. La d\u00e9claration rencontra une tr\u00e8s vive d\u00e9sapprobation \u00e0 la convention, mais lorsque les quotidiens catholiques romains en fran\u00e7ais s&#8217;empar\u00e8rent de l&#8217;affaire et publi\u00e8rent ce que l&#8217;Hindou avait dit, en y ajoutant avec col\u00e8re des commentaires, la session suivante de la convention fut troubl\u00e9e par un groupe agressif de catholiques romains ; le pr\u00e9sident de la convention essaya alors d&#8217;apaiser leur col\u00e8re en se levant au sein de l&#8217;assembl\u00e9e et en d\u00e9clarant que lui et les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s n&#8217;\u00e9taient pas responsables de M. Karmarkar, laissant ainsi leur invit\u00e9 supporter seul la violence de leur col\u00e8re parce qu&#8217;il t\u00e9moignait courageusement \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9. Il est \u00e9vident qu&#8217;\u00e0 cette convention M. Karmarkar \u00e9tait le seul protestant \u2014 le seul qui ne craignait pas la b\u00eate, ne sympathisait pas avec elle, ni ne l&#8217;adorait (Apoc. 20 : 4). Voici quelles furent ses paroles m\u00eames, telles que les rapporta The American sentinel, d&#8217;ao\u00fbt 1893 :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il y a une concordance remarquable entre le culte romain et le culte hindou. Le romanisme n&#8217;est qu&#8217;une nouvelle \u00e9tiquette sur les vieilles bouteilles du paganisme contenant le poison mortel de l&#8217;idol\u00e2trie. Souvent les Hin\u00addous nous demandent, en assistant au culte romain : \u00ab Quelle diff\u00e9rence y a-t-il entre le christianisme et l&#8217;hindouisme ? \u00bb. En Inde, nous avons \u00e0 combattre non seulement le monstre de l&#8217;idol\u00e2trie \u00e0 t\u00eate d&#8217;hydre, mais \u00e9galement la pieuvre du romanisme \u00bb.<\/p>\n<p>Parmi les quelques voix qui s&#8217;\u00e9lev\u00e8rent pour s&#8217;opposer \u00e0 cette action de la Soci\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne d&#8217;encouragement, voici les r\u00e9solutions qui furent pr\u00e9sent\u00e9es lors d&#8217;une r\u00e9union patriotique des citoyens de Boston, et adopt\u00e9es \u00e0 l&#8217;unanimit\u00e9 par deux mille personnes :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Attendu que : lors de la convention de l&#8217;encouragement chr\u00e9tien qui se tient actuellement \u00e0 Montr\u00e9al, le R\u00e9v. S. V. Karmarkar a expos\u00e9 clairement et sinc\u00e8rement les obstacles qui s&#8217;opposent au progr\u00e8s du christianisme en Inde, en mentionnant l&#8217;influence d\u00e9moralisante de l&#8217;\u00e9glise catholique romaine, ce qui a eu pour effet de soulever l&#8217;animosit\u00e9 des catholiques romains fran\u00e7ais qui essay\u00e8rent alors d&#8217;emp\u00eacher par des actes d\u00e9sordonn\u00e9s la libert\u00e9 d&#8217;expression dans une convention protestante, en cons\u00e9quence :<\/p>\n<p>(P 264)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0D\u00e9cidons : que nous, citoyens protestants de Boston, approuvons pleinement le R\u00e9v. S. V. Karmarkar dans les faits qu&#8217;il a franchement exprim\u00e9s, et nous regrettons profond\u00e9ment qu&#8217;une assembl\u00e9e de chr\u00e9tiens ait cherch\u00e9 \u00e0 calmer des catholiques romains par un vote (qui fut fort applaudi), en bl\u00e2mant apparemment un homme de Dieu d&#8217;avoir dit la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0D\u00e9cidons : qu&#8217;une copie de ces r\u00e9solutions soit envoy\u00e9e aux quotidiens patriotes, et exp\u00e9di\u00e9e au R\u00e9v. S. V. Kar\u00admarkar<\/p>\n<p>Une autre institution populaire protestante, le Cercle litt\u00e9raire de Chautauqua, lors d&#8217;une de ses grandes conventions annuelles, envoya le message suivant \u00e0 une assembl\u00e9e analogue de catholiques romains, fond\u00e9e plus r\u00e9cemment et situ\u00e9e sur le Lac Champlain. Le message fut, adopt\u00e9 par un vote \u00e0 l&#8217;unanimit\u00e9 et dans un grand enthousiasme ; il d\u00e9clarait :<\/p>\n<p>\u00ab Chautauqua envoie ses salutations et ses meilleurs v\u0153ux \u00e0 l&#8217;Ecole estivale catholique \u00bb. En r\u00e9ponse, le Pr\u00e9sident Vincent re\u00e7ut du Dr Thomas J. Conarty, Directeur de l&#8217;Ecole estivale catholique d\u00e9 Plattsburgh, Lac Champlain, ce qui suit : \u2022 \u00ab Les \u00e9tudiants de l&#8217;Ecole estivale catholique d&#8217;Am\u00e9rique sont profond\u00e9ment reconnaissants pour les cordiales salutations de Chautauqua, et, en retour, envoient les meilleurs v\u0153ux \u00e0 Chautauqua \u00bb.<\/p>\n<p>Un autre groupement de protestants, principalement des Covenantaires, est fort d\u00e9sireux de faire rev\u00eatir \u00e0 la nation le costume de profession chr\u00e9tienne, m\u00eame si cela devait grandement d\u00e9shonorer cette profession. Or, depuis le d\u00e9but de son existence, notre nation a rejet\u00e9 la doctrine du droit divin des rois, et n&#8217;a jamais reconnu le droit \u00e0 aucun homme de r\u00e9gner comme \u00ab roi par la gr\u00e2ce de Dieu \u00bb. L&#8217;Un des principaux objets de ce Mouvement de r\u00e9forme nationale comme il s&#8217;appelle, est d&#8217;imposer \u00e0 tous la stricte observance du dimanche comme jour d&#8217;adoration. Esp\u00e9rant parvenir \u00e0 leurs fins par un vote majoritaire du peuple, ils d\u00e9sirent fortement voir leur influence renforc\u00e9e par le vote des catholiques romains. C&#8217;est pourquoi ils expriment leur consentement \u00e0 faire presque toutes les<\/p>\n<p>(P 265) concessions, m\u00eame celle de vendre leur libert\u00e9 religieuse achet\u00e9e avec le sang des martyrs, afin de gagner la coop\u00e9ration de l&#8217;\u00e9glise de Rame. Ecoutez leur proposition exprim\u00e9e par le principal organe de la d\u00e9nomination, The Christian statesman :<\/p>\n<p>\u00ab Toutes les fois qu&#8217;elle [l&#8217;\u00e9glise catholique romaine] d\u00e9sire coop\u00e9rer pour r\u00e9sister au progr\u00e8s de l&#8217;ath\u00e9isme politique, c&#8217;est avec joie que nous nous joindrons \u00e0 elle \u00bb. Puis : \u00ab Il est possible que nous essuyions quelques rebuffades lors de nos premi\u00e8res offres, car le temps n&#8217;est pas encore venu o\u00f9 l&#8217;\u00e9glise romaine consentira \u00e0 conclure un march\u00e9 avec d&#8217;autres \u00e9glises, comme telles ; pourtant, le temps est venu de faire des avances r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, et d&#8217;accepter avec joie de coop\u00e9rer avec elle de toute mani\u00e8re. C&#8217;est l&#8217;un des imp\u00e9ratifs de la situation \u00bb. \u2014 R\u00e9v. S. F. Scovel (Presbyt\u00e9rien).<\/p>\n<p>Le m\u00eame journal indique \u00e9galement quel est le devoir du gouvernement des Etats-Unis : \u00ab\u00a0Notre rem\u00e8de pour toutes ces influences mal\u00e9fiques est que le gouvernement \u00e9tablisse simplement la loi morale, reconnaisse derri\u00e8re cette loi l&#8217;autorit\u00e9 de Dieu, et frappe toute religion qui ne s&#8217;y conforme pas\u00bb. Oui, les imp\u00e9ratifs de la situation \u00bb forcent les puissances religieuses de la chr\u00e9tient\u00e9 \u00e0 prendre des positions \u00e9tranges, et il n&#8217;est pas besoin d&#8217;\u00eatre un observateur tr\u00e8s p\u00e9n\u00e9trant pour remarquer que les roues du progr\u00e8s religieux font marche arri\u00e8re, ni pour conjecturer o\u00f9 la libert\u00e9 religieuse sera brusquement supprim\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans un article publi\u00e9 dans The Century Magazine, un membre du clerg\u00e9 \u00e9piscopal, le R\u00e9v. F. H. Hopkins \u00e9crit :<\/p>\n<p>\u00ab Je suis certain d&#8217;une chose : si, au temps de l&#8217;une quelconque des grandes s\u00e9parations parmi les chr\u00e9tiens dans le pass\u00e9, la condition de l&#8217;\u00e9glise avait \u00e9t\u00e9 ce qu&#8217;elle est aujourd&#8217;hui et si la mentalit\u00e9 et le temp\u00e9rament de ceux qui devinrent des s\u00e9paratistes d&#8217;alors avaient \u00e9t\u00e9 les m\u00eames que ceux de leurs repr\u00e9sentants d&#8217;aujourd&#8217;hui, aucune s\u00e9paration n&#8217;e\u00fbt jamais eu lieu [Tr\u00e8s vrai]. Pour moi, ce changement des deux parties est une preuve que le Dieu d&#8217;unit\u00e9 et d&#8217;amour, en son propre temps et de sa propre mani\u00e8re, nous ram\u00e8ne tous ensemble en lui [Mais \u00e0 ceux qui ne sont pas intoxiqu\u00e9s<\/p>\n<p>(P 266) par l&#8217;esprit ou le vin de la grande Babylone (Apoc. 17: 2), c&#8217;est une preuve du d\u00e9clin de la pi\u00e9t\u00e9 vitale et de l&#8217;amour de la v\u00e9rit\u00e9, et un t\u00e9moignage que l&#8217;esprit de ce no le mouvement de la Grande R\u00e9formation est mort] \u00bb.<\/p>\n<p>Ecoutez encore le t\u00e9moignage plus raisonnable de l&#8217;Archidiacre Farrar. En r\u00e9signant ses fonctions de r\u00e9dacteur en chef de The Review of the Churches, il fit la remarquable d\u00e9claration suivante :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La cause enti\u00e8re de la R\u00e9formation d\u00e9cline par n\u00e9gligence, et si les la\u00efcs rendus indiff\u00e9rents ne se r\u00e9veillent pas \u00e0 temps et ne font pas valoir leurs droits comme participants \u00e0 la pr\u00eatrise commune de tous les chr\u00e9tiens, ils se r\u00e9veilleront trop tard, et se retrouveront comme membres d&#8217;une \u00e9glise qui est devenue en grande partie papiste chez tous, hormis le nom \u00bb.<\/p>\n<p>Nous voyons que, dans ce pays, l&#8217;\u00e9glise nominale, \u00e0 la fois papale et protestante, est en train de chercher la protection et la coop\u00e9ration de l&#8217;Etat, que .les diverses sectes sont en train de s&#8217;associer entre elles pour une coop\u00e9ration et une d\u00e9fense mutuelles en ne tenant pas compte de leurs d\u00e9saccords doctrinaux et en insistant sur leurs points d&#8217;accord, et que toutes sont d\u00e9sireuses de s&#8217;unir rapidement \u00e0 tout prix pourvu que cela n&#8217;affecte pas leur politique. En Europe, au contraire, nous assistons au ph\u00e9nom\u00e8ne quelque peu inverse. L\u00e0, ce sont surtout les puissances civiles qui \u00e9prouvent de l&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 et du danger, et en cons\u00e9quence, elles s&#8217;attendent aux puissances eccl\u00e9siastiques pour recevoir leur assistance dans toute la mesure possible. Ici, l&#8217;\u0153il languissant de l&#8217;\u00e9glise se tourne pour implorer l&#8217;Etat, tandis que l\u00e0, les tr\u00f4nes chancelants cherchent le soutien de l&#8217;\u00e9glise.<\/p>\n<p>Telle est la f\u00e2cheuse condition de ce grand syst\u00e8me qui est \u00e0 pr\u00e9sent amen\u00e9 en jugement devant l&#8217;assembl\u00e9e du monde, ce syst\u00e8me qui se donne lui-m\u00eame et avec fiert\u00e9 le titre de chr\u00e9tient\u00e9 (Royaume de Christ), mais que Christ avec promptitude et avec force d\u00e9savoue et appelle tr\u00e8s justement \u00ab Babylone \u00bb. Quelle absurdit\u00e9 \u00e9vidente que d&#8217;appliquer le nom de chr\u00e9tient\u00e9 aux royaumes de ce monde ! Les proph\u00e8tes d\u00e9crivent-ils une telle condition de choses dans le glorieux Royaume de Dieu ? Le grand Prince de Paix ira-t-il<\/p>\n<p>(P 267) implorer les nations pour qu&#8217;elles reconnaissent son autorit\u00e9 et lui accordent ses droits de territoire, de richesse ou de domination ? Mendiera-t-il la pitance du plus pauvre paysan ou recherchera-t-il la protection du riche ? Ou bien, implorera-t-il ses sujets de se remuer et d&#8217;exercer leur \u00e9nergie d\u00e9faillante pour soutenir son tr\u00f4ne chancelant ? Oh, non ! avec dignit\u00e9 et autorit\u00e9, quand viendra le temps marqu\u00e9, il prendra en main son grand pouvoir et commencera son r\u00e8gne glorieux ; qui alors g\u00eanera ou obstruera sa voie ?<\/p>\n<p>Ainsi y a-t-il un liement g\u00e9n\u00e9ral des puissances existantes, \u00e0 la fois civiles et eccl\u00e9siastiques, et une d\u00e9pendance des unes avec les autres ; avec elles sont li\u00e9s les int\u00e9r\u00eats de tous les riches, les grands et les puissants, les int\u00e9r\u00eats des rois et des empereurs et des hommes d&#8217;\u00e9tat et des lords et des femmes du monde et des fonctionnaires titr\u00e9s et des pr\u00eatres et des \u00e9v\u00eaques, et du clerg\u00e9 de tous ordres, et des grands capitalistes, et des banquiers et des soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9tentrices de monopoles, etc. La condition actuelle du conflit n&#8217;est que celle d&#8217;id\u00e9es qui s&#8217;entrechoquent et une pr\u00e9paration g\u00e9n\u00e9rale de la crise imminente. Les puissances eccl\u00e9siastiques que les \u00c9critures appellent les puissances des cieux (les puissances spirituelles de nom) approchent les unes des autres, et en v\u00e9rit\u00e9, \u00ab les cieux sont enroul\u00e9s comme un livre \u00bb ; mais \u00ab quand m\u00eame ils sont comme des ronces [car il ne peut y avoir chez les protestants qui aiment la libert\u00e9 une affiliation paisible et agr\u00e9able avec l&#8217;esprit tyrannique de la papaut\u00e9] entrelac\u00e9es, et comme ivres de leur vin [intoxiqu\u00e9s par l&#8217;esprit du monde, le vin de Babylone], ils seront d\u00e9vor\u00e9s comme du chaume sec, enti\u00e8rement \u00bb (Nahum 1 : 10), dans le grand cataclysme de d\u00e9tresse et d&#8217;ana chie pr\u00e9dit dans la Parole de Dieu comme \u00e9tant l&#8217;introduction du Royaume mill\u00e9naire.<\/p>\n<p>Nous ne voulons pas dire que tous les chr\u00e9tiens sont des. \u00ab Babyloniens \u00bb. Bien au contraire. De m\u00eame que le Seigneur reconna\u00eet qu&#8217;il y a de v\u00e9ritables chr\u00e9tiens dans Babylone et qu&#8217;il leur dit<\/p>\n<p>(P 268) actuellement : \u00ab Sortez du milieu d&#8217;elle, mon peuple \u00bb (Apoc. 18 : 4), ainsi faisons-nous ; et nous nous r\u00e9jouissons de croire qu&#8217;il existe aujourd&#8217;hui des milliers de chr\u00e9tiens qui n&#8217;ont pas courb\u00e9 le genou devant le Baal de notre \u00e9poque, Mammon, l&#8217;Orgueil et l&#8217;Ambition. Un certain nombre d&#8217;entre eux sont d\u00e9j\u00e0 \u00ab sortis du milieu d&#8217;elle \u00bb, et le reste est encore soumis \u00e0 la m\u00eame \u00e9preuve sur ce point avant que les fl\u00e9aux soient r\u00e9pandus sur Babylone. Ceux qui aiment le moi, la popularit\u00e9, la prosp\u00e9rit\u00e9 temporelle, les honneurs des hommes plus qu&#8217;ils n&#8217;aiment Dieu, et qui r\u00e9v\u00e8rent les th\u00e9ories et les syst\u00e8mes humains plus que la Parole de Dieu, ne sortiront pas de Babylone avant sa chute et devront passer par la \u00ab grande tribulation \u00bb (Apoc. 7 : 9, 14). Mais ceux-l\u00e0 ne seront pas jug\u00e9s dignes d&#8217;avoir part au Royaume : comparer Apoc. 2 : 26 ; 3 : 21 ; Matt. 10 : 37 ; Marc 8 : 34, 35 ; Luc 14 : 26, 27.<\/p>\n<p>Le temps de trouble s\u2019approche, &#8220;Il se h\u00e2te beaucoup&#8221; ;<\/p>\n<p>Et maintenant, ses ondes s&#8217;\u00e9tendent sur toute la plan\u00e8te ;<\/p>\n<p>O quand ses vagues sont gonfl\u00e9es jusqu&#8217;aux montagnes majestueuses,<\/p>\n<p>Les vagues de r\u00e9sistance vont-elles me balayer ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8220;Ou, terroris\u00e9, d\u00e9couvrirai-je alors<\/p>\n<p>Une pr\u00e9sence merveilleuse qui se tient dans la gloire,<\/p>\n<p>En route vers l&#8217;avenir ! Emmanuel-Donneur de vie,<\/p>\n<p>Avec des mots d&#8217;encouragement &#8211; &#8220;N&#8217;ayez pas peur &#8211; c&#8217;est moi&#8221;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8220;Oui, une main, forte, mais tendre comme celle d&#8217;une m\u00e8re,<\/p>\n<p>La volont\u00e9 des vagues me fait sortir.<\/p>\n<p>Avec une douce r\u00e9primande, plus aimante que celle d&#8217;un fr\u00e8re :<\/p>\n<p>De peu de foi ! O, pourquoi as-tu dout\u00e9 ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(P157) ETUDE VI BABYLONE DEVANT LA COUR SUPREME. SA CONFUSION DANS LE DOMAINE RELIGIEUX. La v\u00e9ritable Eglise, connue de l&#8217;Eternel, n&#8217;a point part au jugement frappant Babylone. \u2014 L&#8217;\u00e9tat religieux de la chr\u00e9tient\u00e9 est aussi lamentable que son \u00e9tat politique. &hellip; <a href=\"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/la-bataille-darmaguedon\/chapitre-6\/\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":890,"menu_order":6,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/932"}],"collection":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=932"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/932\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1120,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/932\/revisions\/1120"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/890"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=932"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}