{"id":912,"date":"2020-05-19T09:57:19","date_gmt":"2020-05-19T09:57:19","guid":{"rendered":"http:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/?page_id=912"},"modified":"2022-02-05T17:21:41","modified_gmt":"2022-02-05T17:21:41","slug":"chapitre-4","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/la-bataille-darmaguedon\/chapitre-4\/","title":{"rendered":"Chapitre 4"},"content":{"rendered":"<p>(P 75)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">ETUDE IV<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">BABYLONE ACCUS\u00c9E DEVANT LE TRIBUNAL SUPREME<\/p>\n<p>Les pouvoirs civils, sociaux et eccl\u00e9siastiques de Babylone, de la chr\u00e9tient\u00e9, sont dans la balance actuellement. \u00adAccusation contre les pouvoirs civils. \u2014 Accusation contre le syst\u00e8me social, actuel. \u2014 Accusation contre les pouvoirs eccl\u00e9siastiques. \u2014 M\u00eame maintenant, au milieu de son all\u00e9gresse, la main de sa condamnation trace sa sentence qu&#8217;on peut lire distinctement, bien que l&#8217;\u00e9preuve n&#8217;ait pas encore atteint son d\u00e9nouement final.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0LE DIEU Fort, Dieu, l\u2019\u00c9ternel, a parl\u00e9, et a appel\u00e9 la terre, du soleil levant jusqu&#8217;au soleil couchant.<\/p>\n<p>Il appellera les cieux d&#8217;en haut [les pouvoirs \u00e9lev\u00e9s ou dirigeants], et la terre [les masses populaires], pour juger [ceux qui pr\u00e9tendaient \u00eatre] son peuple [la chr\u00e9tient\u00e9] \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Ecoute, O mon peuple, et je parlerai ; Isra\u00ebl [Isra\u00ebl nominal spirituel \u2014 Babylone, la chr\u00e9tient\u00e9], et je t\u00e9moignerai au milieu de toi&#8230; Mais Dieu dit au m\u00e9chant : Qu&#8217;as-tu \u00e0 faire, de redire mes statuts, et de prendre mon alliance dans ta bouche, toi qui hais la correction, et qui as jet\u00e9 mes paroles derri\u00e8re toi ? Si tu as vu un voleur, tu t&#8217;es plu avec lui, et ta portion est avec les adult\u00e8res. Tu livres ta bouche au mal, et ta langue trame la tromperie. Tu t&#8217;assieds, tu parles contre ton fr\u00e8re [les vrais saints, la classe du froment] ; tu diffames le fils de ta m\u00e8re. Tu as fait ces choses-l\u00e0, et j&#8217;ai gard\u00e9 le silence ; tu as estim\u00e9 que j&#8217;\u00e9tais v\u00e9ritablement comme toi ; MAIS JE T&#8217;EN REPRENDRAI, ET JE TE LES METTRAI DEVANT LES YEUX.<\/p>\n<p>\u00ab Consid\u00e9rez donc cela, vous qui oubliez Dieu, de peur que je ne d\u00e9chire, et qu&#8217;il n&#8217;y ait personne qui d\u00e9livre \u00bb. \u2014 Ps. 50 : 1, 4, 7, 16-22.<\/p>\n<p>Comme cons\u00e9quence logique du remarquable accroissement de la connaissance accord\u00e9e providentiellement sur tous les sujets dans ce \u00ab jour de pr\u00e9paration \u00bb du r\u00e8gne mill\u00e9naire de Christ, les pouvoirs civils et<\/p>\n<p>(P76) eccl\u00e9siastiques de la chr\u00e9tient\u00e9, Babylone, sont maintenant dans la balance de la Justice, aux yeux du monde entier. L&#8217;heure du jugement \u00e9tant venue, le juge est \u00e0 son si\u00e8ge et les t\u00e9moins (le public en g\u00e9n\u00e9ral) sont pr\u00e9sents ; \u00e0 cette \u00e9tape de la mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve, il est permis aux \u00ab pouvoirs existants \u00bb d&#8217;entendre les accusations et ensuite de se d\u00e9fendre. Leur cause est jug\u00e9e au grand jour, et le monde entier suit les d\u00e9bats avec un int\u00e9r\u00eat intense et fi\u00e9vreux.<\/p>\n<p>L&#8217;objet de cette mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve n&#8217;est pas de convaincre le grand Juge de la position r\u00e9elle de ces pouvoirs, car nous sommes d\u00e9j\u00e0 avertis de leur condamnation par sa \u00ab s\u00fbre parole proph\u00e9tique \u00bb, et d\u00e9j\u00e0 les hommes peuvent lire sur la muraille de leur salle de festin l&#8217;\u00e9criture de la myst\u00e9rieuse mais fatale main : \u00ab M\u00c9N\u00c9, M\u00c9N\u00c9, TEXEL, UPHARSIN ! \u00bb. La pr\u00e9sente \u00e9preuve comporte la discussion des droits et des torts, des doctrines, des autorit\u00e9s, etc., pour manifester \u00e0 tous les hommes, le vrai caract\u00e8re de Babylone, de fa\u00e7on que, bien qu&#8217;ils aient \u00e9t\u00e9 pendant longtemps tromp\u00e9s par ses vaines pr\u00e9tentions, ils puissent \u00e9ventuellement, gr\u00e2ce \u00e0 cette proc\u00e9dure de jugement, discerner pleinement la justice de Dieu dans son renversement d\u00e9finitif. Dans cette mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve, les pr\u00e9tentions de Babylone \u00e0 une saintet\u00e9 sup\u00e9rieure, \u00e0 une autorit\u00e9 divine et au droit de gouverner le monde, aussi bien que ses nombreuses pr\u00e9tentions doctrinales exorbitantes et contradictoires, sont toutes mises en question.<\/p>\n<p>Evidemment honteux et confus devant une telle multitude de t\u00e9moins, les pouvoirs civils et eccl\u00e9siastiques, par leurs repr\u00e9sentants, les dirigeants et le clerg\u00e9, s&#8217;efforcent de se justifier. Jamais, dans toutes les annales de l&#8217;histoire, un tel \u00e9tat de choses n&#8217;a exist\u00e9. Jamais auparavant des eccl\u00e9siastiques, des hommes d&#8217;\u00c9tat et des dirigeants civils ne furent press\u00e9s de questions, soumis \u00e0 des interrogations contradictoires et critiqu\u00e9s comme ils le sont maintenant \u00e0 la barre du jugement public par lequel l&#8217;esprit du Seigneur qui scrute les c\u0153urs agit sur eux \u00e0 leur grande confusion. Malgr\u00e9 leur d\u00e9termination et leurs efforts pour<\/p>\n<p>(P 77) se soustraire aux questions et \u00e0 l&#8217;interrogation contradictoire auxquels les soumet l&#8217;esprit de nos jours, ils sont oblig\u00e9s de les subir et le jugement continue.<\/p>\n<p>BABYLONE PES\u00c9E DANS LA BALANCE<\/p>\n<p>Tandis que les masses mettent hardiment aujourd&#8217;hui les pouvoirs civils et eccl\u00e9siastiques de la chr\u00e9tient\u00e9 au d\u00e9fi de prouver qu&#8217;ils ont, selon leurs pr\u00e9tentions, l&#8217;autorit\u00e9 divine de gouverner, ni ces masses, ni ces dirigeants ne comprennent que Dieu a accord\u00e9, ou plut\u00f4t permis un bail de pouvoir (Vol. II, p. 80) \u00e0 des gouvernants tels que l&#8217;humanit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral a pu en choisir ou en tol\u00e9rer, bons ou mauvais, jusqu&#8217;\u00e0 la fin des \u00ab Temps des Gentils \u00bb, Ils ne comprennent pas que, durant ce temps, Dieu a permis au monde de diriger dans une grande mesure ses propres affaires et de se gouverner selon sa propre voie, dans le but qu&#8217;en agissant ainsi les hommes puissent apprendre que dans leur condition d\u00e9chue, ils sont incapables de se gouverner eux-m\u00eames et qu&#8217;ils ne gagnent pas \u00e0 essayer soit de se passer de Dieu ou \u00e0 se passer les uns des autres. \u2014 Rom. 13 : 1.<\/p>\n<p>Les gouvernants et les classes dirigeantes du monde, ne comprenant pas ces choses, mais profitant des occasions favorables et abusant des masses moins fortun\u00e9es qui, par ignorance ou volontairement les ont soutenus au pouvoir, ont essay\u00e9 d&#8217;imposer aux masses illettr\u00e9es l&#8217;absurde doctrine de la d\u00e9signation par Dieu et du \u00ab droit divin des rois \u00bb \u2014 civils et eccl\u00e9siastiques. Des si\u00e8cles durant, l&#8217;ignorance et la superstition ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es et encourag\u00e9es parmi les masses par ces pouvoirs civils et eccl\u00e9siastiques \u00e0 seule fin de perp\u00e9tuer cette doctrine qui convient si bien \u00e0 leur politique.<\/p>\n<p>Ce n&#8217;est que r\u00e9cemment que la connaissance et l&#8217;instruction se sont propag\u00e9es, et ceci gr\u00e2ce \u00e0 des circonstances providentielles et non aux efforts des rois et<\/p>\n<p>(P 78) du clerg\u00e9. La presse \u00e0 imprimer et les moyens de transport \u00e0 vapeur ont \u00e9t\u00e9 les principaux agents de leur progr\u00e8s. Avant ces interventions divines, les masses des hommes, \u00e9tant dans une grande mesure isol\u00e9es les unes des autres, \u00e9taient incapables d&#8217;apprendre quelque chose en dehors de leurs propres exp\u00e9riences. Mais ces moyens ont \u00e9t\u00e9 les instruments d&#8217;une augmentation prodigieuse des voyages et des relations sociales et commerciales, si bien que tous les hommes, quel que soit leur rang ou leur position, peuvent b\u00e9n\u00e9ficier des exp\u00e9riences des autres \u00e0 travers le monde entier.<\/p>\n<p>Le grand public est maintenant devenu celui qui lit, qui voyage, qui r\u00e9fl\u00e9chit, mais il est en train de devenir rapidement le public m\u00e9content et criailleur, n&#8217;ayant plus gu\u00e8re de respect pour les rois et les potentats qui ont ensemble maintenu l&#8217;ancien ordre des choses sous lequel\u00a0il s&#8217;irrite maintenant d&#8217;une mani\u00e8re incessante. Il y a seulement trois cent cinquante ans qu&#8217;un d\u00e9cret du Parlement anglais fut rendu en faveur des illettr\u00e9s parmi ses membres, en ces termes : \u00ab A tout Lord du Parlement et \u00e0 tout Pair du Royaume ayant place ou voix au Parlement, sur sa requ\u00eate ou sa pri\u00e8re, r\u00e9clamant le b\u00e9n\u00e9fice du pr\u00e9sent acte, bien qu&#8217;il ne sache pas lire \u00bb. Des vingt-six Barons qui sign\u00e8rent la Grande Charte, on dit que trois seulement \u00e9crivirent leurs noms, tandis que les vingt-trois autres firent une croix.<\/p>\n<p>Discernant que la tendance de l&#8217;instruction g\u00e9n\u00e9rale des masses populaires \u00e9tait de les conduire \u00e0 juger les pouvoirs dirigeants au lieu de contribuer \u00e0 leur stabilit\u00e9, le ministre russe de l&#8217;Int\u00e9rieur proposa, pour enrayer l&#8217;extension du nihilisme, de mettre fin \u00e0 l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur de tous les membres des classes pauvres. En 1887, il publia un d\u00e9cret d&#8217;o\u00f9 nous extrayons le passage suivant : \u00ab Les gymnases, les Ecoles sup\u00e9rieures et les Universit\u00e9s refuseront d\u00e9sormais de recevoir comme \u00e9l\u00e8ves ou comme \u00e9tudiants les enfants de domestiques, de paysans, de commer\u00e7ants, de boutiquiers, de fermiers, et ceux de condition semblable, dont les descendants<\/p>\n<p>(P79) ne devraient pas \u00eatre \u00e9lev\u00e9s hors du cercle auquel ils appartiennent, car ainsi qu&#8217;une longue exp\u00e9rience l&#8217;a montr\u00e9, ils sont amen\u00e9s \u00e0 devenir m\u00e9contents de leur sort, et irrit\u00e9s contre les in\u00e9galit\u00e9s in\u00e9vitables des positions sociales existantes \u00bb.<\/p>\n<p>Mais il est trop tard, \u00e0 pr\u00e9sent, pour qu&#8217;une politique comme celle-l\u00e0 r\u00e9ussisse, m\u00eame en Russie. .C&#8217;est cette politique que la Papaut\u00e9 a poursuivie alors qu&#8217;elle \u00e9tait toute puissante. Pourtant, cette institution rus\u00e9e se rend compte maintenant que ce serait un \u00e9chec qui am\u00e8nerait \u00e0 coup s\u00fbr une r\u00e9action contre la puissance qui essaierait pareille politique. La lumi\u00e8re a lui sur l&#8217;intelligence des masses, et l&#8217;on ne peut rel\u00e9guer celles-ci \u00e0 leurs t\u00e9n\u00e8bres ant\u00e9rieures. Avec l&#8217;augmentation graduelle de la connaissance, on a exig\u00e9 des formes r\u00e9publicaines de gouvernement, et l\u00e0 forme monarchique a \u00e9t\u00e9, de toute n\u00e9cessit\u00e9, grandement modifi\u00e9e par suite de leur exemple et des revendications du peuple.<\/p>\n<p>A l&#8217;aube du nouveau jour, les hommes commencent \u00e0 comprendre que, sous la protection de fausses pr\u00e9tentions, soutenues par le peuple dans son ignorance premi\u00e8re, les classes dirigeantes ont tir\u00e9 \u00e9go\u00efstement profit des droits et privil\u00e8ges naturels du reste de l&#8217;humanit\u00e9. Alors, consid\u00e9rant et pesant les pr\u00e9tentions de ceux qui sont au pouvoir, ils tirent rapidement leurs propres conclusions, sans \u00e9gard aux pauvres apologies qu&#8217;on leur pr\u00e9sente. Mais eux-m\u00eames n&#8217;\u00e9tant pas pouss\u00e9s par de plus nobles principes de justice et de v\u00e9rit\u00e9 que les classes dirigeantes, le jugement des masses est tout aussi \u00e9loign\u00e9 du droit et de la justice que celui des dirigeants, les uns et les autres ne voyant qu&#8217;un c\u00f4t\u00e9 de la question. Leurs disposition croissante est d&#8217;ignorer inconsid\u00e9r\u00e9ment toute loi et tout ordre plut\u00f4t que d&#8217;examiner calmement et sans passion les pr\u00e9tentions de justice sous toutes ses faces \u00e0 la lumi\u00e8re de la. Parole de Dieu.<\/p>\n<p>Pendant que Babylone, la chr\u00e9tient\u00e9 \u2014 l&#8217;organisation actuelle et l&#8217;ordre actuel de la soci\u00e9t\u00e9 tels qu&#8217;ils sont repr\u00e9sent\u00e9s par ses hommes d&#8217;Etat et son clerg\u00e9 \u2014 est maintenant pes\u00e9e dans la balance de l&#8217;opinion publique, on comprend que ses pr\u00e9tentions monstrueuses sont absurdes et sans fondement ; les lourdes accusations qui sont port\u00e9es contre elles \u2014 celles<\/p>\n<p>(P 80) d&#8217;\u00e9go\u00efsme et de transgression de la r\u00e8gle d&#8217;or de Christ, dont elle revendique- le nom et l&#8217;autorit\u00e9 \u2014 ont d\u00e9j\u00e0 fait pencher la balance \u00e0 tel point que, m\u00eame maintenant, le monde a peu de patience pour entendre les preuves suppl\u00e9mentaires du caract\u00e8re vraiment antichr\u00e9tien de Babylone.<\/p>\n<p>Ses repr\u00e9sentants appellent l&#8217;attention du monde sur la gloire de leurs royaumes, le triomphe de leurs armes, la splendeur de leurs villes et de leurs palais, sur la valeur et la force de leurs institutions, politiques et religieuses. Ils s&#8217;efforcent de faire rena\u00eetre l&#8217;esprit des temps pass\u00e9s de patriotisme \u00e9troit et de superstition qui poussait les gens \u00e0 se courber pleins de soumission et d&#8217;adoration devant ceux qui d\u00e9tenaient l&#8217;autorit\u00e9 et le pouvoir, qui les faisait crier de toutes leurs forces : \u00ab Vive le roi ! \u00bb et consid\u00e9rer avec v\u00e9n\u00e9ration ceux qui pr\u00e9tendaient \u00eatre des repr\u00e9sentants de Dieu.<\/p>\n<p>Mais ces jours-l\u00e0 sont pass\u00e9s : ce qui reste de l&#8217;ignorance et de la superstition d&#8217;antan dispara\u00eet rapidement, en m\u00eame temps que les sentiments de patriotisme \u00e9troit et d&#8217;aveugle r\u00e9v\u00e9rence religieuse pour faire place \u00e0 l&#8217;ind\u00e9pendance, \u00e0 la suspicion et au d\u00e9fi qui promettent, avant peu, de conduire \u00e0 la lutte mondiale, \u00e0 l&#8217;anarchie. Les peuples des divers navires d&#8217;Etat parlent avec col\u00e8re et menaces aux capitaines et aux pilotes, et en arrivent presque \u00e0 se mutiner. Ils d\u00e9clarent que la pr\u00e9sente politique de ceux qui sont au pouvoir consiste \u00e0 les attirer sur les march\u00e9s d&#8217;esclaves de l&#8217;avenir, de faire trafic de tous leurs droits naturels et de les r\u00e9duire \u00e0 l&#8217;esclavage de leurs p\u00e8res. Beaucoup insistent avec une v\u00e9h\u00e9mence croissante, pour qu&#8217;on destitue les capitaines et les pilotes actuels, et qu&#8217;on laisse aller les navires \u00e0 la d\u00e9rive, pendant qu&#8217;eux se disputent entre eux pour avoir le dessus. Mais contre cette clameur sauvage et dangereuse, les capitaines et les pilotes, les rois et les hommes d&#8217;Etat, s&#8217;opposent et maintiennent leur position de puissance, en criant pendant tout ce temps-l\u00e0 au peuple : \u00ab A bas les mains ! vous allez entra\u00eener le vaisseau contre les rochers ! \u00bb. Puis les instructeurs religieux<\/p>\n<p>(P 81) s&#8217;avancent et conseillent au peuple de se soumettre, et cherchant \u00e0 faire valoir leur propre autorit\u00e9 comme venant de Dieu, ils se mettent de connivence avec les pouvoirs civils pour maintenir le peuple sous la contrainte. Mais eux aussi commencent \u00e0 s&#8217;apercevoir que leur pouvoir dispara\u00eet et ils cherchent quelque moyen pour le renforcer. Ainsi parlent-ils d&#8217;union et de coop\u00e9ration entre eux, et nous les entendons discuter avec l&#8217;\u00c9tat pour obtenir plus d&#8217;assistance de lui, promettant en retour de soutenir de leur pouvoir (d\u00e9clinant) les institutions civiles. Pendant tout ce temps, une temp\u00eate se l\u00e8ve, et tandis que les masses populaires, incapables de comprendre le danger, continuent \u00e0 se plaindre \u00e0 grands cris, le c\u0153ur de ceux qui sont au gouvernail des navires d&#8217;Etat d\u00e9faille de frayeur \u00e0 la vue de ce qui doit s\u00fbrement arriver.<\/p>\n<p>Les pouvoirs eccl\u00e9siastiques, en particulier, sentent qu&#8217;il est de leur devoir de rendre des comptes afin de sauver les apparences, et si possible, contenir ainsi le courant r\u00e9volutionnaire du sentiment public contre eux. Mais en essayant de s&#8217;excuser des maigres bons r\u00e9sultats de leur puissance des si\u00e8cles pass\u00e9s, ils ne font qu&#8217;ajouter \u00e0 leur propre confusion, \u00e0 leur perplexit\u00e9, et \u00e9veillent l&#8217;attention des autres sur le r\u00e9el \u00e9tat de choses actuel. On peut voir constamment de telles apologies dans les colonnes de journaux profanes et religieux. Cependant, en contraste frappant avec ces apologies, paraissent librement et sans crainte, les critiques du monde \u00e0 l&#8217;adresse, \u00e0 la fois des pouvoirs civils et des pouvoirs eccl\u00e9siastiques de la chr\u00e9tient\u00e9. En voici quelques exemples extraits de rapports de presse :<\/p>\n<p>ACCUSATION DES POUVOIRS CIVILS PAR LE MONDE<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Parmi toutes les curieuses croyances de la race humaine, il n&#8217;en est pas de plus \u00e9trange que celle qui fait que le Dieu Tout-Puissant choisit avec soin quelques-uns des membres les plus ordinaires du genre humain, souvent maladifs, stupides et vicieux, pour r\u00e9gner sur de grandes communaut\u00e9s, sous sa protection sp\u00e9ciale, comme repr\u00e9sentants de Dieu sur la terre \u00bb. \u2014 New York Evening Post.<\/p>\n<p>(P 82)<\/p>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, un autre journal d\u00e9clarait, sous le titre \u00ab Une pauvre compagnie de rois \u00bb :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On dit avec quelque vraisemblance que le roi Milan de Serbie est fou. Le roi de W\u00fcrttemberg est un lunatique partial. Le dernier roi de Bavi\u00e8re s&#8217;est suicid\u00e9 alors qu&#8217;il \u00e9tait fou, et le dirigeant actuel de ce pays est un idiot. Le Tsar de Russie remplit cette fonction parce que son fr\u00e8re, l&#8217;h\u00e9ritier naturel, fut jug\u00e9 mentalement incapable, et le Tsar actuel est afflig\u00e9 de m\u00e9lancolie depuis le moment de Son couronnement ; il a fait appel aux soins des sp\u00e9cialistes psychiatres d&#8217;Allemagne et de France. Le roi d&#8217;Espagne est une victime de la scrofule et n&#8217;atteindra probablement pas l&#8217;\u00e2ge d&#8217;homme. L&#8217;empereur d&#8217;Allemagne a, dans une oreille, un abc\u00e8s incurable qui affectera \u00e9ventuellement son cerveau. Le roi du Danemark a l\u00e9gu\u00e9 un sang empoisonn\u00e9 \u00e0 une demi-douzaine de dynasties. Le sultan de Turquie est afflig\u00e9 de d\u00e9pression mentale. Il n&#8217;y a pas un tr\u00f4ne en Europe o\u00f9 les p\u00e9ch\u00e9s des p\u00e8res ne sont pas visiblement descendus sur les enfants, et dans une g\u00e9n\u00e9ration ou deux, il n&#8217;y aura plus ni Bourbon, ni Habsbourg, ni Romanoff, ni Guelf, pour irriter et gouverner le monde. Le sang bleu de cette esp\u00e8ce ne vaudra pas cher dans les ann\u00e9es 1900. Il s&#8217;\u00e9limine de lui-m\u00eame des probl\u00e8mes de l&#8217;avenir \u00bb.<\/p>\n<p>Un autre journaliste de la presse quotidienne calcule comme suit ce que co\u00fbte la royaut\u00e9 :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0A l&#8217;accession de la reine Victoria au tr\u00f4ne, il fut entendu qu&#8217;elle recevrait 385 000 \u00a3 par an, avec la possibilit\u00e9 de toucher de nouvelles pensions s&#8217;\u00e9levant \u00e0 1 200 \u00a3 par an, c&#8217;est-\u00e0-dire l&#8217;\u00e9quivalent d&#8217;une annuit\u00e9 de 19 871 \u00a3. Ceci fait un total complet de 404 871 \u00a3 par an pour la Reine seule, dont 60 000 \u00a3 pour sa bourse personnelle, c&#8217;est-\u00e0-dire simplement son argent de poche. Le duch\u00e9 de Lancaster qui demeure toujours sous l&#8217;administration de la couronne, verse \u00e9galement 50 000 \u00a3 par an dans la bourse personnelle. Ainsi la Reine a 110 000 \u00a3 \u00e0 d\u00e9penser par an, car les autres d\u00e9penses de sa maison sont couvertes sous d&#8217;autres chapitres de la- Liste civile. Lorsqu&#8217;on annonce qu&#8217;un don charitable de 50 \u00a3 ou de 100 \u00a3 est fait par la Reine, on ne doit pas supposer qu&#8217;il sort de la cassette personnelle, car il y a un article s\u00e9par\u00e9 de 13 200 \u00a3 pour les actions royales d&#8217;aum\u00f4nes, de charit\u00e9 et de bienfaisance. Parmi les charges<\/p>\n<p>(P 83) de la maison royale, vingt sont class\u00e9es comme \u00e9tant d&#8217;ordre politique, avec un montant total d&#8217;appointements de 21 582 \u00a3 par an, la r\u00e8gle \u00e9tant qu&#8217;un homme touche le salaire et qu&#8217;un autre fait le travail. La branche m\u00e9dicale comprend vingt-cinq personnes, depuis des docteurs \u00e9minents jusqu&#8217;aux pharmaciens tous ayant \u00e0 maintenir le corps royal en bonne sant\u00e9, tandis que trente-six aum\u00f4niers ordinaires et neuf pr\u00eatres ordinaires servent l&#8217;\u00e2me royale. Le minist\u00e8re, de Lord Chamberlain comprend une liste fastidieuse de charges, parmi lesquelles, tous m\u00e9lang\u00e9s confus\u00e9ment avec le r\u00e9gisseur de th\u00e9\u00e2tre, le po\u00e8te laur\u00e9at et le conservateur des tableaux de peinture, il y a le patron de barque, le gardeur de cygnes, et le conservateur des joyaux dans la Tour. La charge la plus curieuse sous le chapitre de la Chasse royale est celle de grand fauconnier h\u00e9r\u00e9ditaire, tenue par le duc de St-Albans aux appointements de 1 200 \u00a3 par an. Il est probable que le duc ne conna\u00eet pas la diff\u00e9rence qui existe entre un faucon et un pingouin, et qu&#8217;il n&#8217;a jamais eu l&#8217;intention de la trouver. Depuis son accession au tr\u00f4ne, la Reine Victoria a supprim\u00e9 beaucoup d&#8217;emplois inutiles, faisant ainsi des \u00e9conomies appr\u00e9ciables qui sont venues grossir sa volumineuse, cassette personnelle.<\/p>\n<p>Ayant ainsi pourvu g\u00e9n\u00e9reusement la Reine, la nation britannique devait donner quelque chose \u00e0 son mari. Le Prince Albert re\u00e7ut par un vote sp\u00e9cial 30 000 \u00a3 par an, en outre des 6 000 \u00a3 par an comme feld-mar\u00e9chal, 2 933 \u00a3 par an comme colonel de deux r\u00e9giments, 1 120 \u00a3 par an comme gouverneur du ch\u00e2teau de Windsor et 1 500 \u00a3 comme garde-forestier de Windsor et des parcs de la r\u00e9sidence. Dans l&#8217;ensemble, le mari de la Reine a co\u00fbt\u00e9 \u00e0 la nation 790 000 \u00a3 durant ses vingt et un ans de vie conjugale, et a \u00e9lev\u00e9 une grande famille sur le compte de la nation. Ensuite vient l&#8217;Imp\u00e9ratrice Augusta d&#8217;Allemagne, qui touche 8 000 \u00a3 par an, en plus d&#8217;une dot de 40 000 \u00a3 et de 5 000 \u00a3 pour les pr\u00e9paratifs de noces. Pourtant, cette allocation lib\u00e9rale n&#8217;est pas suffisante pour payer son voyage en Angleterre afin de voir sa m\u00e8re, car \u00e0 chaque fois, on lui paie 40 \u00a3 pour la travers\u00e9e. Lorsque le Prince de Galles a atteint sa majorit\u00e9, il a re\u00e7u une bagatelle de 601 721 \u00a3 comme cadeau d&#8217;anniversaire, c&#8217;est-\u00e0-dire le montant des revenus accumul\u00e9s du Duch\u00e9 de Cornouailles jusqu&#8217;\u00e0 cette \u00e9poque. Depuis lors, il a re\u00e7u une moyenne de 61 232 \u00a3 par an du Duch\u00e9. La nation a \u00e9galement d\u00e9pens\u00e9 44 651 \u00a3 pour les r\u00e9parations faites \u00e0 la Maison Marlborough, la r\u00e9sidence urbaine du Prince depuis 1871 ; elle lui paie 1 350 \u00a3 par an comme colonel du Dixi\u00e8me Hussards, lui donne<\/p>\n<p>(P 84) 23 450 \u00a3 pour r\u00e9gler ses d\u00e9penses de mariage, alloue 10 000 \u00a3 par an \u00e0 sa femme, et elle lui a donn\u00e9 \u00e0 lui 60 000 \u00a3 comme argent de poche lors de sa visite dans l&#8217;Inde en 1875. En tout, il a tir\u00e9 2 452 200 \u00a3 (plus de 12 000 000 de dollars) dans la poche de John Bull jusqu&#8217;\u00e0 il y a dix ans, et depuis il continue \u00e0 toucher r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p>\u00ab Voyons maintenant les fils et les filles plus jeunes. La Princesse Alice a re\u00e7u 30 000 \u00a3 lors de son mariage, en 1862, et une rente de 6 000 \u00a3 jusqu&#8217;\u00e0 sa mort en 1878. Le Duc d&#8217;Edimbourg a re\u00e7u 15 000 \u00a3 par an \u00e0 sa majorit\u00e9, en 1866, et en outre 10 000 \u00a3 par an \u00e0 son mariage, en 1874, en plus des 6 883 \u00a3 pour ses d\u00e9penses de mariage et les frais de r\u00e9parations \u00e0 sa demeure. C&#8217;est ce qu&#8217;il re\u00e7oit pour ne rien faire d&#8217;autre que d&#8217;\u00eatre un Prince. En travaillant comme capitaine, et plus tard dans la Marine comme amiral ? il a gagn\u00e9 15 000 \u00a3. Lors de son mariage avec le Prince Christian de Schleswig-Holstein, en 1866, la Princesse H\u00e9l\u00e9na a re\u00e7u une dot de 30 000 \u00a3 et un don annuel et pour la vie de 7 000 \u00a3, tandis que son mari re\u00e7oit 500 \u00a3 par an comme Garde-Forestier du parc r\u00e9sidentiel de Windsor. La Princesse Louisa a re\u00e7u les m\u00eames faveurs que sa s\u0153ur H\u00e9l\u00e9na. Le Duc de Connaught a commenc\u00e9 sa vie en 1871 en recevant de la nation 15 000 \u00a3 par an, et \u00e0 son mariage, en 1879, cette pension s&#8217;\u00e9leva \u00e0 25 000 \u00a3. Il exerce maintenant le commandement de l&#8217;arm\u00e9e de Bombay avec 6 600 \u00a3 par an, avec des \u00e9moluments consid\u00e9rables. Le Duc d&#8217;Albanie a re\u00e7u, en 1874, 15 000 \u00a3 par an, somme qui fut \u00e9lev\u00e9e \u00e0 25 000 \u00a3 lors de son mariage, en 1882, et sa veuve re\u00e7oit 6 000 \u00a3 par an. Le malheureux Duc fut le g\u00e9nie de la famille, et s&#8217;il avait \u00e9t\u00e9 un citoyen ordinaire avec des chances moyennes, il e\u00fbt pu gagner une vie confortable comme avocat, car- c&#8217;\u00e9tait un orateur. A son mariage, la Princesse B\u00e9atrice re\u00e7ut la dot habituelle de 30 000 \u00a3 et une rente annuelle de 6 000 \u00a3. Ainsi la nation, depuis l&#8217;accession de la Reine au tr\u00f4ne, jusqu&#8217;\u00e0 la fin de 1886, a pay\u00e9 4 766 083 \u00a3 pour le luxe d&#8217;un prince consort, cinq princesses et quatre princes, sans compter les frais sp\u00e9ciaux de poche, les r\u00e9sidences gratuites et l&#8217;exemption d&#8217;imp\u00f4ts.<\/p>\n<p>\u00ab Mais ceci n&#8217;est pas tout. La nation doit soutenir non seulement les descendants de la Reine mais aussi ses -cousins et cousines, ses oncles et ses tantes. Je ne vais indiquer que les sommes totales re\u00e7ues par ces royaux pensionn\u00e9s depuis 1837. L\u00e9opold, roi des Belges, a re\u00e7u, simplement parce qu&#8217;il avait \u00e9pous\u00e9 la tante de la Reine,<\/p>\n<p>(P 85) 50 000 \u00a3 par an jusqu&#8217;\u00e0 sa mort, soit un total de 1 400 000 \u00a3 durant le r\u00e8gne actuel. Toutefois, il avait un certain sens d&#8217;honn\u00eatet\u00e9, car lorsqu&#8217;il devint le roi des Belges, en 1834, il fit verser sa pension \u00e0 des fond\u00e9s de pouvoir, ne se r\u00e9servant que des rentes annuelles pour ses domestiques et l&#8217;entretien de sa Maison de Claremont, et lorsqu&#8217;il mourut la somme totale fut revers\u00e9e \u00e0 l&#8217;Echiquier. Il n&#8217;en a pas \u00e9t\u00e9 de m\u00eame pour le roi du Hanovre, oncle de la Reine. Il prit tout ce qu&#8217;il put toucher, savoir 21 000 \u00a3, ce qui, de 1837 \u00e0 1851, donne un total de 294 000 \u00a3. La Reine Adela\u00efde, veuve de Guillaume IV, toucha 100 000 \u00a3 par an pendant douze ans, soit 1 200 000 \u00a3 en tout. La m\u00e8re de la Reine, la Duchesse de Kent, re\u00e7ut 30 000 \u00a3 par an, depuis le couronnement de sa fille jusqu&#8217;\u00e0 sa mort, soit un total de 720 000 \u00a3. Le Duc de Sussex, un autre oncle, re\u00e7ut 18 000 \u00a3 par an pendant six ans, soit un total de 108 000 \u00a3. Le Duc de Cambridge, oncle n\u00b0 7, absorba 24 000 \u00a3 par an, soit en tout 312 000 \u00a3, tandis que sa veuve, -qui vit encore, a re\u00e7u 6 000 \u00a3 par an depuis la mort de son mari, soit un total de 222 000 \u00a3. La Princesse Augusta, autre tante, eut en tout 18 000 \u00a3 environ. La landgravine de Hesse, tante n&#8221; 3, s&#8217;assura environ 35 000 \u00a3. La Duchesse &#8216;de Gloucester, tante n\u00b0 4, s&#8217;en alla avec 14 000 \u00a3 par an, soit pendant vingt ans, un total de 280 000 \u00a3 en tout. La Princesse Sophia, une autre tante encore, re\u00e7ut 167 000 \u00a3, et la derni\u00e8re tante, la Princesse Sophia de Gloucester, ni\u00e8ce de Georges III, re\u00e7ut 7 000 \u00a3 par an pendant sept ans, soit 49 000 \u00a3. Ensuite, le Duc de Mecklenburg-Strelitz, le cousin de la Reine, fut, pay\u00e9 1 788 \u00a3 par an, pendant vingt-trois ans du r\u00e8gne, soit 42 124 \u00a3.<\/p>\n<p>\u00ab Le Duc de Cambridge, comme commandant en chef de l&#8217;arm\u00e9e britannique, avec des pensions, des soldes de commandant en chef, de colonel de plusieurs r\u00e9giments et de garde-forestier de plusieurs parcs dont il fit en grande partie des r\u00e9serves priv\u00e9es de gibier, re\u00e7ut 625 000 du tr\u00e9sor public. Sa s\u0153ur, la Duchesse de Mecklenburg\u00ad-Strelitz, a re\u00e7u 132 000 \u00a3, et sa seconde s\u0153ur, \u00ab la grosse Mary \u00bb, Duchesse de Teck, a pris 153 000 \u00a3. Ceci fait un \u00e9norme total de 4 357 124 \u00a3 que la nation a pay\u00e9 pour soutenir les oncles, tantes, cousins et cousines de la Reine durant son r\u00e8gne.<\/p>\n<p>\u00ab Outre les sommes donn\u00e9es sur la Liste civile de la Reine, le montant de l&#8217;achat des quatre yachts royaux et celui de leur entretien sont compris dans les budgets de la Marine, bien que ce<\/p>\n<p>(P86) soit-l\u00e0 l\u00e9gitimement des d\u00e9penses de la royaut\u00e9. Le prix d&#8217;achat fut de 275 528 \u00a3, et le total des frais d&#8217;entretien, des soldes, des pensions et de l&#8217;entretien des \u00e9quipages pendant dix ans s&#8217;\u00e9leva \u00e0 346 560 \u00a3, soit un total de 622,088 \u00a3 pour ce seul chapitre.<\/p>\n<p>\u00ab En r\u00e9sum\u00e9, les nombreux oncles, tantes, cousins et cousines de la Reine, ont co\u00fbt\u00e9 4 357 124 \u00a3, son mari, ses fils et ses filles 4 766 083 \u00a3&#8217; elle-m\u00eame et sa maison 19 838 679 \u00a3, et ses yachts 622088 \u00a3. Cela fait un total de 29 583 974 \u00a3 [pr\u00e8s de 150 millions de dollars] que la nation britannique a d\u00e9pens\u00e9 pour la monarchie durant le pr\u00e9sent r\u00e8gne [jusqu&#8217;en 1888]. Le jeu en vaut-il la chandelle ? C&#8217;est l\u00e0 un prix exorbitant pour avoir la stabilit\u00e9, car cela signifie que le peuple est impos\u00e9 \u00e0 la limite de sa capacit\u00e9 pour garder dans l&#8217;oisivet\u00e9 un grand nombre de personnes qui feraient plus de bien au pays si elles gagnaient honn\u00eatement leur vie \u00bb.<\/p>\n<p>Le couronnement spectaculaire du Tsar de Russie fut un exemple manifeste de l&#8217;extravagance royale, destin\u00e9e, comme le sont tous les panaches magnifiques de la royaut\u00e9, \u00e0 impressionner les masses avec l&#8217;id\u00e9e que leurs ma\u00eetres sont tellement au-dessus d&#8217;eux en gloire et en dignit\u00e9 qu&#8217;ils m\u00e9ritent leur adoration comme des \u00eatres sup\u00e9rieurs, et leur ob\u00e9issance la plus abjecte et la plus servile. On dit que ce grand faste royal co\u00fbta, en cette occasion 25 000 000 de dollars.<\/p>\n<p>A propos de cette extravagance, si en contraste avec les conditions lamentables des millions de paysans dont la mis\u00e8re fut port\u00e9e \u00e0 la connaissance du monde entier lors de la famine de 1893, nous extrayons des commentaires du journal anglais The Spectator, ce qui suit :<\/p>\n<p>\u00ab Il est difficile d&#8217;\u00e9tudier, \u00e0 propos des pr\u00e9paratifs en vue du couronnement russe, les comptes rendus qu&#8217;on croirait devoir \u00eatre imprim\u00e9s en or sur de la soie pourpre, sans avoir une sensation de d\u00e9go\u00fbt, et plus sp\u00e9cialement si, en m\u00eame temps, nous lisons les descriptions faites des Arm\u00e9niens que les Russes ont refus\u00e9 de prot\u00e9ger, bien qu&#8217;ils en eussent le pouvoir. Nous pouvons, avec un effort, \u00e9voquer la merveilleuse sc\u00e8ne se d\u00e9ployant dans Moscou, avec son architecture asiatique et ses coupoles \u00e9tincelantes, ses rues regorgeant d&#8217;uniformes europ\u00e9ens somptueux<\/p>\n<p>(P 87) et de v\u00eatements asiatiques plus somptueux encore, de princes blancs en rouge, de princes jaunes en bleu, de princes bruns en drap d&#8217;or, les ma\u00eetres des tribus venus de l&#8217;Extr\u00eame-Orient, le dictateur de Chine, le g\u00e9n\u00e9ral japonais brun devant qui s&#8217;est prostern\u00e9 ce dictateur, c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te avec des membres de toutes les familles r\u00e9gnantes d&#8217;Europe, et des repr\u00e9sentants de toutes les \u00e9glises connues, sauf celle des Mormons, et de tous les peuples qui ob\u00e9issent au Tsar ; il y en a, croyons-nous, quatre-vingts d&#8217;entre eux ; il se trouve \u00e9galement des repr\u00e9sentants de chaque arm\u00e9e de l&#8217;Occident, tous se d\u00e9pla\u00e7ant au milieu de r\u00e9giments infinis en nombre et en vari\u00e9t\u00e9s d&#8217;uniformes, et \u00e0 travers des millions d&#8217;humbles gens \u2014 \u00e0 demi-Asiatiques, \u00e0 demi-Europ\u00e9ens \u2014 remplis d&#8217;\u00e9motion et de d\u00e9votion pour leur seigneur terrestre. Nous pouvons, par anticipation, entendre les hurlements des foules interminables, les ch\u0153urs de la multitude des moines, les salves d&#8217;artillerie qui sont r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de place en place jusqu&#8217;\u00e0 ce que, \u00e0 travers toute la partie septentrionale du monde, de Riga \u00e0 Vladivostok, tous les hommes entendent au m\u00eame moment que le Tsar s&#8217;est plac\u00e9 la couronne sur la t\u00eate. L&#8217;Anglais \u00e9tudie tout cela comme il \u00e9tudierait un po\u00e8me de Moore, et il trouve que c&#8217;est \u00e0 la fois fastueux et \u00e9c\u0153urant. N&#8217;est-ce pas l\u00e0 trop grandiose pour la grandeur ? Cela ne tient-il pas plut\u00f4t de l&#8217;op\u00e9ra que de la vie ? N&#8217;est-ce pas l\u00e0 quelque chose comme un crime, dans un Empire comme la Russie avec ses millions sur millions de gens qui souffrent, dans la d\u00e9pense gigantesque qui produit ces effets de pourpre ? Cinq millions de livres sterling pour un c\u00e9r\u00e9monial ! Existe-t-il un principe sur lequel on puisse justifier une telle d\u00e9pense, m\u00eame d&#8217;une mani\u00e8re sp\u00e9cieuse ? N&#8217;est-ce pas l\u00e0 le gaspillage d&#8217;un Belshatsar, l&#8217;\u00e9talage d&#8217;un orgueil presque d\u00e9mentiel, un d\u00e9versement de tr\u00e9sor comme un flot ainsi qu&#8217;en d\u00e9versent parfois des rois orientaux, uniquement pour susciter une \u00e9motion dans un esprit plus que rassasi\u00e9 ? Rien ne pourrait d\u00e9cider un Anglais \u00e0 voter pareille somme pour un tel objet, et l&#8217;Angleterre pourrait \u00e9conomiser l&#8217;argent au moins dix fois plus vite que la Russie.<\/p>\n<p>\u00ab Cependant, on peut craindre que ceux qui gouvernent la Russie soient sages dans leur g\u00e9n\u00e9ration, et que cette d\u00e9pense d&#8217;\u00e9nergie et de tr\u00e9sor leur assure un r\u00e9sultat qui, \u00e0 leur point de vue, est un profit acceptable. Le but, l&#8217;objet, est de rendre plus profonde l&#8217;impression des Russes que la position du Tsar est en quelque sorte surnaturelle, que ses ressources sont illimit\u00e9es comme l&#8217;est sa puissance, qu&#8217;il occupe une certaine position sp\u00e9ciale apparent\u00e9e au divin, que son couronnement est une cons\u00e9cration si solennelle<\/p>\n<p>(P 88) et d&#8217;une telle signification pour le genre humain, qu&#8217;aucun faste ext\u00e9rieur pour la rendre visible ne peut \u00eatre excessif, que le genre humain peut \u00eatre appel\u00e9 \u00e0 le contempler sans le d\u00e9nigrer; que le calme momentan\u00e9 de paix qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9pandu avec tant de soin \u00e0 travers le monde septentrional est caus\u00e9, non par ordre, mais par l&#8217;attente d&#8217;un \u00e9v\u00e9nement d&#8217;importance. Et les Russes au pouvoir croient que le r\u00e9sultat est atteint, et que l&#8217;impression faite par le couronnement \u00e9gale \u00e0 travers l&#8217;Empire l&#8217;impression d&#8217;une victoire qui co\u00fbterait autant d&#8217;argent et beaucoup plus de larmes. Ils r\u00e9p\u00e8tent le c\u00e9r\u00e9monial \u00e0 chaque succession au tr\u00f4ne avec une splendeur et une grandeur de dessein toujours croissantes, correspondant \u00e0 la position croissante de la Russie, caract\u00e9ris\u00e9e maintenant selon eux, par le funeste affaiblissement du Japon, par la soumission de la Chine, et par la servilit\u00e9 rampante du ma\u00eetre de Constantinople. Ils croient m\u00eame que le couronnement augmente le prestige de leur ma\u00eetre en Europe, que la grandeur de son Empire, la multitude de ses soldats, la possession dont il dispose de toutes les ressources de la civilisation aussi bien que de toutes celles d&#8217;une Puissance barbare, tout cela impressionne bien mieux l&#8217;esprit collectif de l&#8217;Occident, et augmente l&#8217;aversion qui s&#8217;y trouve \u00e0 affronter la grande Puissance du Nord. A Berlin, pensent-ils, ils tremblent davantage \u00e0 l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une invasion, \u00e0 Paris le souvenir de l&#8217;Alliance fait davantage exulter les hommes, \u00e0 Londres, on s&#8217;interroge plus longuement alors que ses hommes d&#8217;Etat m\u00e9ditent, car ils m\u00e9ditent toujours, sur la mani\u00e8re dont on pourrait la prochaine fois arr\u00eater la marche du glacier ou l&#8217;\u00e9viter. Quelqu&#8217;un peut-il affirmer avec assurance qu&#8217;ils ont compl\u00e8tement tort, ou que pour un an la diplomatie russe ne sera pas plus hardie \u00e0 la- suite de la f\u00eate nationale, que la r\u00e9sistance de ceux qui r\u00e9sistent ne sera pas plus timide parce qu&#8217;ils ont vu, du moins avec leur vue mentale, une sc\u00e8ne qu&#8217;on pourrait peut-\u00eatre, si l&#8217;on voulait \u00eatre bref, mieux d\u00e9crire comme \u00e9tant la revue d&#8217;un Empire faite \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur des murailles de sa capitale, ou un d\u00e9fil\u00e9 de l&#8217;Europe septentrionale et de l&#8217;Asie en honneur de son commandant en chef ?<\/p>\n<p>\u00ab On peut se tromper, mais du moins sommes-nous s\u00fbrs que des sc\u00e8nes comme celle qui se d\u00e9roule \u00e0 ce couronnement constitue un des p\u00e9rils du monde. Elles doivent tendre \u00e0 d\u00e9moraliser le plus puissant de ses hommes. Du Tsar actuel, personne ne sait rien, except\u00e9 dit quelqu&#8217;un qui a \u00e9t\u00e9 mis, d&#8217;une fa\u00e7on inattendue,<\/p>\n<p>(P 89) en contact \u00e9troit avec lui, qu&#8217;il est un homme tr\u00e8s profond\u00e9ment \u00e9motif ; il doit l&#8217;\u00eatre, cependant, davantage que le commun peuple, si lui, un descendant d&#8217;Alexandre le&#8217; qui signa le Trait\u00e9 de Tilsit, peut se sentir pendant des jours le centre de cette sc\u00e8ne de couronnement, il peut, en fait, \u00eatre ador\u00e9 comme s&#8217;il r\u00e9gnait \u00e0 Ninive, sans songer de songes ; les r\u00eaves de roi sont habituellement des r\u00eaves de domination. Il y a, ainsi le comprenons-nous, une intoxication de rang social comme il y a une intoxication de pouvoir, et l&#8217;homme sur qui tous les yeux sont fix\u00e9s, et devant qui tous les princes semblent petits, doit \u00eatre en v\u00e9rit\u00e9 d&#8217;un temp\u00e9rament mod\u00e9r\u00e9 si, par moments, il ne s&#8217;enfle pas avec la conviction qu&#8217;il est le premier parmi tous les humains. Les ma\u00eetres de la Russie peuvent encore trouver que, si en \u00e9levant si haut leurs Tsars, ils ont affermi la loyaut\u00e9 et augment\u00e9 l&#8217;ob\u00e9issance, ils ont fait dispara\u00eetre la puissance de l&#8217;empire sur soi, qui est la d\u00e9fense n\u00e9cessaire de l&#8217;esprit (\u00ab mind \u00bb) \u00bb.<\/p>\n<p>Cependant, il est abondamment prouv\u00e9 que ces ma\u00eetres de royaumes pr\u00e9tendus chr\u00e9tiens sont dans leur ensemble d\u00e9pourvus de vrais sentiments chr\u00e9tiens et m\u00eame de sympathie humaine, par le fait que, tout en gaspillant la richesse (comme on gaspille l&#8217;eau) pour soutenir la royaut\u00e9 et sa vaine pompe et son vain \u00e9talage, et que des millions de soldats et de marins ainsi qu&#8217;un armement des plus prodigieux sont sous leurs ordres, ces gouvernants entendaient sans broncher les cris des pauvres chr\u00e9tiens arm\u00e9niens que les Turcs torturaient et tuaient par dizaines de milliers. Evidemment, les merveilleuses arm\u00e9es ne sont pas organis\u00e9es pour l&#8217;amour de l&#8217;humanit\u00e9, mais simplement pour servir les int\u00e9r\u00eats \u00e9go\u00efstes des dirigeants politiques et financiers du monde, c&#8217;est-\u00e0-dire pour s&#8217;emparer de territoires, pour prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats des porteurs de bons ou d&#8217;obligations, et pour se sauter \u00e0 la gorge les uns des autres, excit\u00e9s d&#8217;une haine sanguinaire, chaque fois qu&#8217;une bonne occasion se pr\u00e9sente d&#8217;agrandir leurs empires ou d&#8217;accro\u00eetre leurs richesses.<\/p>\n<p>En contraste frappant avec cette royale extravagance qui pr\u00e9vaut, dans une certaine mesure, dans tout pays o\u00f9 une famille royale est maintenue, on trouve l&#8217;endettement consid\u00e9rable des pays europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>(P 90)<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9conomiste fran\u00e7ais a publi\u00e9 un article d\u00e9taill\u00e9 \u00e9crit par M. Ren\u00e9 Stourm, sur la dette publique en France. On estime le plus fr\u00e9quemment \u00e0 6 400 000 000 de $ le capital de la dette. Les estimations les plus mod\u00e9r\u00e9es le r\u00e9duisent de quelques millions. M. Paul Leroy-Beaulieu le chiffre \u00e0 6 343 573 630 $. Le r\u00e9sultat du calcul de M. Ren\u00e9 Stourra est un total de 5 900 800 000 $ avec, cependant, la restriction qu&#8217;il a omis 432 000 000 de $ de rentes viag\u00e8res que d&#8217;autres \u00e9conomistes ont trait\u00e9es comme faisant partie du capital de la dette. La charge annuelle pour l&#8217;int\u00e9r\u00eat et le -fonds d&#8217;amortissement, sur la dette enti\u00e8re, y compris les rentes viag\u00e8res, s&#8217;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 258 167 083 $. De la dette consolid\u00e9e, 2 900 000 000 $ sont de la rente perp\u00e9tuelle 3 %, 1 357 600 000 $ sont de la rente perp\u00e9tuelle 4,50 %, et 967 906 200 $ sont des bons amortissables de diverses esp\u00e8ces. Des rentes \u00e0 diverses compagnies et soci\u00e9t\u00e9s pour une valeur de 477 400 000 $, et 200 000 000 $ de dette flottante fournissent la balance du total de M. Stourm. Ceci est de loin la charge la plus lourde qui soit support\u00e9e par une nation sur le globe. La dette qui s&#8217;en approche le plus est celle de la Russie qui est fix\u00e9e \u00e0 3 605 600 000 $. L&#8217;Angleterre vient ensuite avec 3 565 800 000 dollars, puis l&#8217;Italie avec 2 226 200 000 $. La dette de l&#8217;Autriche est de 1 857 600 000 $, et celle de la Hongrie de 635 600 000 $. L&#8217;Espagne doit 1 208 400 000 $, et la Prusse 962 800 000 $. Tels sont les chiffres donn\u00e9s par Stourm. Aucune de ces nations, sauf l&#8217;Angleterre et la Prusse, ne dispose de revenus suffisants pour garantir un \u00e9quilibre permanent du budget, mais la France est la plus lourdement charg\u00e9e de toutes, et la croissance de sa dette a \u00e9t\u00e9 la plus rapide dans le pass\u00e9 r\u00e9cent et la plus mena\u00e7ante de l&#8217;avenir.<\/p>\n<p>\u00ab En conclusion, M. Stourm dit : \u00ab Nous nous abstenons de rester sur les r\u00e9flexions affligeantes qu&#8217;inspire le r\u00e9sultat de notre travail. Quel que soit l&#8217;aspect sous lequel nous consid\u00e9rions ces 29 milliards et demi, que ce soit avec les dettes des autres pays ou avec notre propre dette des dix ou vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, ils apparaissent comme un sommet d&#8217;une altitude inconnue, surpassant la limite que n&#8217;importe quel peuple du monde, \u00e0 n&#8217;importe quelle \u00e9poque, a suppos\u00e9 inaccessible. La Tour Eiffel sera leur vraie contrepartie ; nous dominons nos voisins et notre propre histoire de la hauteur de notre dette&#8230; devant laquelle il est temps que notre pays ressente une frayeur patriotique \u00bb.<\/p>\n<p>(P 91)<\/p>\n<p>The London Telegraph a publi\u00e9 un jour le r\u00e9sum\u00e9 suivant de la perspective financi\u00e8re nationale :<\/p>\n<p>\u00ab Le manque d&#8217;argent plane comme un nuage sombre et presque universel au-dessus des nations d&#8217;Europe. Les, temps sont tr\u00e8s mauvais pour les Puissances sans exception, mais plus mauvais encore pour les petites. Il y a. difficilement une nation sur le continent dont le bilan pour l&#8217;ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e ne pr\u00e9sente pas une sombre perspective, tandis que nombre de bilans sont de simples confessions de faillite. Des rapports s\u00e9rieux sur les conditions des divers Etats r\u00e9v\u00e8lent, dans les minist\u00e8res respectifs des finances, une lutte pour joindre les deux bouts qui n&#8217;avait jamais \u00e9t\u00e9 aussi g\u00e9n\u00e9rale. L&#8217;\u00e9tat de choses est en v\u00e9rit\u00e9 presque mondial, car si nous regardons au-dehors de notre propre continent, les Etats-Unis d&#8217;une part, et l&#8217;Inde et le Japon avec leurs voisins, d&#8217;autre part, ont senti le tenaillement qui pr\u00e9vaut&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab La Grande R\u00e9publique est trop vaste et a trop de ressources pour mourir de ses maladies financi\u00e8res, m\u00eame si elle est tr\u00e8s malade. La Grande-Bretagne, aussi, a un d\u00e9ficit \u00e0 affronter dans le prochain budget, et elle doit supporter des pertes lourdes et peut-\u00eatre irr\u00e9parables par l&#8217;action insens\u00e9e de la gr\u00e8ve du charbon. La France, comme nous-m\u00eames et comme l&#8217;Am\u00e9rique, est l&#8217;un des pays qu&#8217;on ne saurait imaginer insolvable, tant son sol est riche et son peuple laborieux. Cependant, son revenu manifeste de fr\u00e9quents d\u00e9ficits ; sa dette nationale a pris des proportions stup\u00e9fiantes, et le fardeau de son arm\u00e9e et de sa marine \u00e9crase presque l&#8217;industrie du pays. L&#8217;Allemagne \u00e9galement doit \u00eatre inscrite dans la cat\u00e9gorie des nations trop bien fond\u00e9es et trop fortes pour souffrir autre chose qu&#8217;une \u00e9clipse temporaire. Pourtant, durant l&#8217;ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e on a calcul\u00e9 qu&#8217;elle avait perdu 25 000 000 \u00a3, ce qui repr\u00e9sente environ la moiti\u00e9 de l&#8217;\u00e9pargne nationale. Beaucoup de cette perte provient des investissements allemands dans des fonds au Portugal, en Gr\u00e8ce, en Am\u00e9rique du Sud, au Mexique, en Italie et en Serbie, en m\u00eame temps que l&#8217;Allemagne a ressenti rudement la confusion dans le march\u00e9 de l&#8217;argent. Le fardeau de sa paix arm\u00e9e p\u00e8se d&#8217;un poids \u00e9crasant sur son peuple. Parmi les Puissances que nous groupons ensemble comme \u00e9tant naturellement solvables, il est frappant de trouver que l&#8217;Autriche-Hongrie a le meilleur et le plus satisfaisant compte rendu financier \u00e0 donner&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab Lorsque nous nous d\u00e9tournons de ce groupe important et que nous jetons le regard sur l&#8217;Italie, nous y trouvons un exemple de \u00ab grande Puissance \u00bb presque r\u00e9duite \u00e0 la mendicit\u00e9 par sa grandeur. Ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, ses revenus<\/p>\n<p>(P92) baissent et ses d\u00e9penses augmentent. Il y a six ans, la valeur du commerce ext\u00e9rieur de l&#8217;Italie s&#8217;\u00e9levait \u00e0 2 600 000 000 F ; elle est tomb\u00e9e maintenant \u00e0 2 100 000 000. Elle doit payer 30 000 000 \u00a3 comme int\u00e9r\u00eat de sa dette publique, outre une prime pour l&#8217;or n\u00e9cessaire. Ses obligations ne se vendent pas sur le march\u00e9 ; son \u00e9mission prodigieuse de billets de banque a \u00e9lev\u00e9 l&#8217;argent et l&#8217;or \u00e0 des prix arbitraires. Sa population est plong\u00e9e dans un \u00e9tat de pauvret\u00e9 et d&#8217;impuissance presque inimaginable ici, et lorsque ses nouveaux ministres inventent de nouveaux imp\u00f4ts, des \u00e9meutes sanglantes \u00e9clatent.<\/p>\n<p>\u00ab Quant \u00e0 la Russie, ses d\u00e9clarations financi\u00e8res, sont voil\u00e9es d&#8217;un tel myst\u00e8re que personne ne peut en parler avec confiance ; mais il y a peu de raison de douter que seule l&#8217;immensit\u00e9 de l&#8217;empire du Tsar l&#8217;emp\u00eache de faire faillite. La population a \u00e9t\u00e9 pressur\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 ce que la derni\u00e8re goutte de vitalit\u00e9 laborieuse ait \u00e9t\u00e9 extraite. Le Ministre des Finances le plus t\u00e9m\u00e9raire et le plus impitoyable ose rarement donner un autre demi-tour \u00e0 la vis d&#8217;imposition.<\/p>\n<p>\u00ab Une autorit\u00e9, mod\u00e9r\u00e9e et s\u00e9rieuse du &#8216;pays, \u00e9crit dans les termes suivants au sujet de la situation en Russie<\/p>\n<p>\u00ab Chaque copeck que le paysan r\u00e9ussit \u00e0 gagner est d\u00e9pens\u00e9, non pas pour mettre ses affaires en ordre, mais pour payer ses arri\u00e9r\u00e9s d&#8217;imp\u00f4t. L&#8217;argent pay\u00e9 par la population paysanne sous forme d&#8217;imp\u00f4t, s&#8217;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 un montant entre les deux tiers aux trois quarts du revenu du pays, y compris leur propre travail suppl\u00e9mentaire comme ouvriers de ferme. Le bon cr\u00e9dit apparent du gouvernement est soutenu par des moyens artificiels. Des observateurs s\u00e9rieux s&#8217;attendent \u00e0 une d\u00e9b\u00e2cle semblable dans les piliers social et financier de l&#8217;empire. Ici, aussi, le poids stup\u00e9fiant de la paix arm\u00e9e de l&#8217;Europe aide largement \u00e0 paralyser le commerce et l&#8217;agriculture. L&#8217;exemple du Portugal n&#8217;entre pas dans notre champ d&#8217;observation, car bien que le royaume jadis c\u00e9l\u00e8bre soit un d\u00e9biteur, sa position malheureuse n&#8217;est certainement pas due \u00e0 l&#8217;ambition militaire ou \u00e0 des d\u00e9penses f\u00e9briles. Cependant, la Gr\u00e8ce, bien qu&#8217;insignifiante parmi les Puissances, avec sa population de deux millions d&#8217;habitants, offre un exemple aveuglant de la ruine \u00e0 laquelle l&#8217;extravagance financi\u00e8re et des desseins d\u00e9mesur\u00e9s r\u00e9duisent une nation. La mal\u00e9diction de la petite Gr\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 sa \u00ab grande id\u00e9e \u00bb, et r\u00e9cemment, nous l&#8217;avons vue amen\u00e9e \u00e0 esquiver le poids de sa dette publique par un acte de malhonn\u00eatet\u00e9 absolue qui ne fut restreint en partie qu&#8217;en raison<\/p>\n<p>(P 93) des protestations de l&#8217;Europe. L&#8217;argent qu&#8217;elle a gaspill\u00e9 pour son \u00ab Arm\u00e9e et sa Marine \u00bb aurait pu aussi bien \u00eatre jet\u00e9 \u00e0 la mer. La politique est devenue pour elle une maladie qui infecte ses meilleurs et ses plus capables hommes publics. Avec un commun peuple trop instruit pour travailler, des \u00e9tudiants de l&#8217;universit\u00e9 plus nombreux que des ma\u00e7ons, des dettes publiques et des dettes priv\u00e9es que personne n&#8217;a l&#8217;intention de payer, un simulacre d&#8217;Arm\u00e9e et de Marine qui engloutit les fonds, la malhonn\u00eatet\u00e9 devenue un principe en politique, et des plans secrets qui doivent signifier ou bien plus de pr\u00eats ou bien un march\u00e9 malhonn\u00eate et dangereux avec la. Russie, telles sont les caract\u00e9ristiques de la Gr\u00e8ce contemporaine.<\/p>\n<p>\u00ab En consid\u00e9rant donc tout le Continent sans exception, on ne peut nier que l&#8217;\u00e9tat de choses touchant le bien-\u00eatre du peuple et les bilans nationaux est extr\u00eamement peu satisfaisant. Bien entendu, l&#8217;une des raisons principales et manifestes en est cette paix arm\u00e9e qui p\u00e8se comme un cauchemar sur l&#8217;Europe, et a transform\u00e9 tout le Continent en un camp permanent. Voyez seulement l&#8217;Allemagne ! Cet Empire sens\u00e9 et raisonnable ! Le budget militaire s&#8217;y est \u00e9lev\u00e9 de 17 500 000 \u00a3 en 1880 \u00e0 28 500 000 \u00a3 en 1893. L&#8217;accroissement paru dans la Nouvelle Loi de D\u00e9fense militaire ajoute 3 000 000 \u00a3 par an \u00e0 la masse colossale de l&#8217;armement d\u00e9fensif de l&#8217;Allemagne.<\/p>\n<p>\u00ab La France a us\u00e9 ses forces au point m\u00eame d&#8217;en arriver \u00e9galement \u00e0 un \u00e9croulement en voulant \u00eatre de la force de sa rivale. Il est inutile de dire la terrible part que prennent dans la pr\u00e9sente d\u00e9tresse populaire de l&#8217;Europe ces assurances de guerre. Non seulement elles soustraient des b\u00e9n\u00e9fices et des salaires les sommes consid\u00e9rables qui servent \u00e0 acheter de la poudre et des projectiles, et \u00e0 construire des casernes, mais elles enl\u00e8vent \u00e0 l&#8217;industrie d\u00e8s leur force virile des millions de jeunes travailleurs qui sont \u00e9galement perdus pendant la m\u00eame p\u00e9riode \u00e0 leurs familles et pour le renforcement des populations. Le monde n&#8217;a pas encore invent\u00e9 une meilleure Chambre de compensation pour les ch\u00e8ques internationaux que l&#8217;effrayant et co\u00fbteux Temple de la Guerre \u00bb.<\/p>\n<p>Pourtant, malgr\u00e9 le lourd endettement et l&#8217;embarras financier des nations, des statisticiens capables estiment raisonnablement que les d\u00e9penses actuelles de l&#8217;Europe pour les divers budgets de l&#8217;arm\u00e9e et de la marine, l&#8217;entretien des garnisons et la perte de travail industriel ,occasionn\u00e9e par le retrait d&#8217;hommes de l&#8217;industrie productive, peuvent s&#8217;\u00e9lever \u00e0 1 500 000 000 $<\/p>\n<p>(P 94) par an, sans parler des pertes consid\u00e9rables de vies humaines ; dans les vingt-cinq derni\u00e8res ann\u00e9es du si\u00e8cle \u00e9coul\u00e9 (de 1855 \u00e0 1880) on estime ces pertes \u00e0 2 188 000, et ce, dans des conditions horribles qu&#8217;on ne peut d\u00e9crire. M. Charles Dickens a tr\u00e8s sinc\u00e8rement observ\u00e9 que :<\/p>\n<p>\u00ab Nous parlons d&#8217;un ton de triomphe, et avec une certaine fougue d&#8217;\u00ab une charge magnifique ! \u00bb, d&#8217;\u00ab une charge splendide ! \u00bb, et pourtant bien peu de gens se font une id\u00e9e des d\u00e9tails affreux qu&#8217;\u00e9voquent ces deux mots l\u00e9gers. La \u00ab charge splendide \u00bb est une charge fougueuse d&#8217;hommes mont\u00e9s sur de vigoureux chevaux, pouss\u00e9s \u00e0 leur plus grande allure, renversant et \u00e9crasant des masses d&#8217;hommes \u00e0 pied qui leur sont oppos\u00e9es. L&#8217;esprit du lecteur ne va pas plus loin ; satisfait de l&#8217;information que la ligne ennemie a \u00e9t\u00e9 \u00ab rompue \u00bb et \u00ab dispers\u00e9e \u00bb, il n&#8217;imagine pas les d\u00e9tails. Lorsque la \u00ab splendide charge \u00bb a accompli son \u0153uvre et s&#8217;est \u00e9loign\u00e9e, on croirait se trouver devant le spectacle d&#8217;un accident de chemin de fer. Il y a au grand complet des dos bris\u00e9s en deux, des bras tordus totalement arrach\u00e9s, des hommes empal\u00e9s sur leur propre ba\u00efonnette, des jambes fracass\u00e9es comme des morceaux de bois \u00e0 br\u00fbler, des t\u00eates partag\u00e9es comme des pommes, d&#8217;autres t\u00eates broy\u00e9es en molle gel\u00e9e par les sabots ferr\u00e9s des chevaux, des visages pi\u00e9tin\u00e9s qui n&#8217;ont plus rien d&#8217;humain. Voil\u00e0 ce qui se cache derri\u00e8re une \u00ab splendide charge \u00bb. Voici ce qui s&#8217;ensuit, comme une chose naturelle, lorsque \u00ab nos compagnons les charg\u00e8rent d&#8217;une fa\u00e7on magnifique \u00bb, et \u00ab les mirent en pi\u00e8ces avec furie \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Repr\u00e9sentez-vous \u00bb dit un autre auteur, \u00ab les millions de gens qui peinent sur toute l&#8217;\u00e9tendue de l&#8217;Europe, se pressant jour apr\u00e8s jour \u00e0 leur travail, travaillant sans cesse depuis la pointe du jour jusqu&#8217;\u00e0 la nuit humide, \u00e0 cultiver le sol, \u00e0 produire des tissus, \u00e0 \u00e9changer des marchandises, dans les mines, les usines, les forges, les docks, les ateliers, les magasins ; sur les chemins de fer, les fleuves, les lacs, les oc\u00e9ans ; en p\u00e9n\u00e9trant les entrailles de la terre, en dominant la r\u00e9sistance de la mati\u00e8re, en ma\u00eetrisant les \u00e9l\u00e9ments naturels, et en les faisant servir \u00e0 la convenance de l&#8217;homme et \u00e0 son bien-\u00eatre, et en cr\u00e9ant par tout cela, une masse de richesses qui pourrait apporter l&#8217;abondance et le confort dans chacun de leurs foyers. Et ensuite, imaginez la main du pouvoir arrivant et, chaque ann\u00e9e, raflant quelque six cents millions de l&#8217;argent si laborieusement gagn\u00e9 pour le mettre dans l&#8217;ab\u00eeme des d\u00e9penses militaires \u00bb.<\/p>\n<p>(P 95)<\/p>\n<p>Voici, bien au point \u00e9galement, un extrait de Harrisburg Telegram :<\/p>\n<p>\u00ab Il en co\u00fbte quelque chose aux nations \u00ab chr\u00e9tiennes \u00bb d&#8217;Europe pour expliquer leur notion de \u00ab paix sur la terre et bonne volont\u00e9 aux hommes \u00bb. Autrement dit, il leur en co\u00fbte quelque chose de se tenir tous pr\u00eats \u00e0 se volatiliser les uns les autres. Des statistiques publi\u00e9es \u00e0 Berlin montrent la somme des d\u00e9penses militaires des grandes puissances durant les trois ann\u00e9es 1888, 1889, 1890. Voici ces d\u00e9penses donn\u00e9es en chiffres ronds : France : 1 270 000 000 $ ; Russie : 813 000 000 $ ; Grande-Bretagne : 613 000 000 $ ; Allemagne : 607 000 000 $ ; Autriche-Hongrie : 338 000 000 $ ; Italie : 313\u00a0500 000$. Ces six puissances ont d\u00e9pens\u00e9 ensemble 3\u00a0954\u00a0500 000 $ \u00e0 des fins militaires pour trois ann\u00e9es, soit en moyenne 1 318 100 000 $ par an. Le total des trois ann\u00e9es exc\u00e8de consid\u00e9rablement la dette nationale de la Grande-Bretagne, et elle est presque suffisante pour payer plus de trois fois les int\u00e9r\u00eats de la dette des Etats-Unis. La d\u00e9pense correspondante des Etats-Unis a \u00e9t\u00e9 d&#8217;environ 145 000 000 $ sans compter les pensions. Si nous voulions ajouter ces derni\u00e8res, notre d\u00e9pense totale s&#8217;\u00e9l\u00e8verait \u00e0 environ 390 000 000 $ \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0D&#8217;apr\u00e8s les estimations de statisticiens fran\u00e7ais et allemands, 2 500 000 hommes ont p\u00e9ri dans les guerres des trente derni\u00e8res ann\u00e9es, tandis que pas moins de 13 000 000 000 $ ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9s pour mener ces guerres. Le Dr Engel, statisticien allemand, donne les chiffres suivants comme le co\u00fbt approximatif des principales guerres des trente derni\u00e8res ann\u00e9es : guerre de Crim\u00e9e : 2 000 000 000 $ ; guerre italienne de 1859 : 300 000 000 $ ; guerre prusso-danoise de 1864 : 35 000 000 $ ; guerre de S\u00e9cession (Nord) : 5 100 000 000 $ ; Sud : 2 300 000 000 $ ; guerre prusso-autrichienne de 1866 : 330 600 000 $ ; guerre franco-allemande de 1870 : 2 600 000 000 $ ; guerre russo-turque : 125 000 000 $ ; guerres sud-africaines : 8 770 000 $ ; guerre africaine : 13 250 000 $ ; guerre serbo-bulgare : 176 000 000 $.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Toutes ces guerres furent meurtri\u00e8res \u00e0 l&#8217;extr\u00eame. La guerre de Crim\u00e9e, au cours de laquelle peu de combats eurent lieu, co\u00fbta la vie \u00e0 750 000 hommes, soit 50 000 de moins seulement que le nombre de ceux qui furent tu\u00e9s ou moururent \u00e0 la suite de leurs blessures au cours de la Guerre de S\u00e9cession, Nord et Sud. Les exp\u00e9ditions au Mexique et en Chine co\u00fbt\u00e8rent 200 000 000 $<\/p>\n<p>(P 96) et 85 000 vies. Il y eut 250 000 tu\u00e9s et mortellement bless\u00e9s durant la guerre russo-turque, et 45 000 dans la guerre italienne de 1859 et autant dans la guerre entre la Prusse et l&#8217;Autriche \u00bb.<\/p>\n<p>Dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 Passy, D\u00e9put\u00e9 de Paris, feu Hon. John Bright, membre du Parlement britannique, d\u00e9clarait :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0A pr\u00e9sent, toutes les ressources de l&#8217;Europe sont englouties Par les exigences militaires. Les int\u00e9r\u00eats du peuple sont sacrifi\u00e9s aux fantaisies les plus mis\u00e9rables et les plus coupables de la politique \u00e9trang\u00e8re. Les vrais int\u00e9r\u00eats des masses sont foul\u00e9s aux pieds par d\u00e9f\u00e9rence aux fausses notions de gloire et d&#8217;honneur national. Je ne peux m&#8217;emp\u00eacher de penser que l&#8217;Europe est en marche vers quelque grande catastrophe d&#8217;un poids \u00e9crasant. Le syst\u00e8me militaire ne peut pas \u00eatre ind\u00e9finiment support\u00e9 avec patience, et il est possible que les populations, conduites au d\u00e9sespoir, puissent avant longtemps balayer les royaut\u00e9s et les pr\u00e9tendus hommes d&#8217;\u00e9tat qui gouvernent en leur nom \u00bb.<\/p>\n<p>Ainsi le jugement des pouvoirs civils leur est-il contraire. Non seulement la presse s&#8217;exprime de cette mani\u00e8re tout haut, mais partout les gens parlent et protestent bruyamment contre les pouvoirs en place. L&#8217;agitation est universelle et devient de plus en Drus dangereuse chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p>LE MONDE ACCUSE AUSSI L&#8217;ORGANISATION SOCIALE ACTUELLE<\/p>\n<p>L&#8217;organisation sociale actuelle de la chr\u00e9tient\u00e9 est aussi soumise \u00e0 un jugement : son syst\u00e8me mon\u00e9taire, ses institutions et plans financiers, et, naissant de tout cela, sa politique \u00e9go\u00efste des affaires et ses distinctions sociales bas\u00e9es essentiellement sur la fortune avec tout ce que cela implique d&#8217;injustice et de souffrance pour les masses ; toutes ces choses sont, dans le jugement actuel, aussi s\u00e9v\u00e8rement trait\u00e9es que les organisations civiles. Constatez les discussions interminables sur la question de l&#8217;argent, et sur l&#8217;\u00e9talon-or, et les d\u00e9bats sans fin entre le travail et le capital. Comme des vagues de la mer s&#8217;agitant sous un vent qui se l\u00e8ve, \u00e9coutez les murmures concert\u00e9s de voix innombrables contre<\/p>\n<p>(P 98) l&#8217;organisation sociale actuelle, particuli\u00e8rement dans la mesure o\u00f9 on la voit en contradiction avec le code moral contenu dans la Bible que la chr\u00e9tient\u00e9, en g\u00e9n\u00e9ral, pr\u00e9tend reconna\u00eetre et suivre.<\/p>\n<p>Un fait vraiment digne d&#8217;\u00eatre not\u00e9, c&#8217;est que dans le jugement de la chr\u00e9tient\u00e9, m\u00eame le monde en g\u00e9n\u00e9ral se base sur la Parole de Dieu. Les pa\u00efens brandissent la Bible et d\u00e9clarent hardiment : \u00ab Vous n&#8217;\u00eates pas aussi bons que votre livre \u00bb. Ils montrent, son Christ b\u00e9ni et disent : \u00ab Vous ne suivez pas votre mod\u00e8le \u00bb. Et, \u00e0 la fois les pa\u00efens et les masses de la chr\u00e9tient\u00e9 se basent sur la r\u00e8gle d&#8217;or et la loi d&#8217;amour pour reconna\u00eetre la valeur des doctrines, des institutions, de la politique et de la mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale d&#8217;agir de la chr\u00e9tient\u00e9, et toutes ensemble rendent t\u00e9moignage \u00e0 la v\u00e9racit\u00e9 des mots \u00e9tranges trac\u00e9s sur la muraille de la salle de festin : \u00ab Tu as \u00e9t\u00e9 pes\u00e9 dans la balance et tu as \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 l\u00e9ger \u00bb.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moignage du monde contre l&#8217;organisation sociale actuelle s&#8217;entend partout dans tous les pays. Tous les hommes d\u00e9clarent qu&#8217;elle a fait faillite ; l&#8217;opposition devient de plus en plus active, et r\u00e9pand l&#8217;alarme sur le monde entier, \u00ab \u00e9branlant terriblement \u00bb toute confiance dans les institutions existantes, et \u00e0 tout bout de champ paralysant l&#8217;industrie par des paniques, des gr\u00e8ves, etc. Il n&#8217;y a aucune nation parmi la chr\u00e9tient\u00e9 dans laquelle l&#8217;opposition \u00e0 l&#8217;organisation sociale actuelle ne soit marqu\u00e9e, opini\u00e2tre et de plus en plus mena\u00e7ante.<\/p>\n<ol>\n<li>Carlyle d\u00e9clare :<\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00ab L&#8217;existence industrielle britannique semble devenir rapidement une prison-mar\u00e9cage immense d&#8217;exhalaison pestilentielle, physiquement et moralement, un Golgotha vivant horrible d&#8217;\u00e2mes et de corps enterr\u00e9s vivants. Trente mille couturi\u00e8res se tuent rapidement au travail. Trois millions de pauvres croupissent dans une oisivet\u00e9 forc\u00e9e, aidant lesdites couturi\u00e8res \u00e0 mourir. Ce ne sont l\u00e0 que des d\u00e9tails dans le registre o\u00f9 s&#8217;inscrit le triste d\u00e9bit du d\u00e9sespoir \u00bb.<\/p>\n<p>D&#8217;un autre journal appel\u00e9 The Young man, nous extrayons l&#8217;article suivant intitul\u00e9 \u00ab Le monde s&#8217;am\u00e9liore-t-il ? \u00bb :<\/p>\n<p>(P 98)<\/p>\n<p>\u00ab Des hommes vigoureux, avides d&#8217;obtenir un labeur honn\u00eate, sont en train de supporter les souffrances de la faim et de l&#8217;abandon, et dans de nombreux cas, le chagrin suppl\u00e9mentaire de se rendre compte des souffrances de leur famille. D&#8217;autre part, l&#8217;extr\u00eame richesse s&#8217;unit souvent \u00e0 l&#8217;avarice et \u00e0 l&#8217;immoralit\u00e9, et pendant que les pauvres meurent lentement de faim, les riches, eux, ignorent dans une grande mesure, les besoins de leurs fr\u00e8res, et d\u00e9sirent seulement que Lazare n&#8217;acc\u00e8de pas mal \u00e0 propos \u00e0 une situation en vue. Des milliers de jeunes gens sont forc\u00e9s de travailler comme des esclaves dans des boutiques mal a\u00e9r\u00e9es et dans des magasins tristes pendant soixante-dix ou quatre-vingts heures par semaine, sans jamais un arr\u00eat de r\u00e9cr\u00e9ation physique ou mentale. Dans les quartiers populaires de Londres, des femmes cousent des chemises ou fabriquent des bo\u00eetes \u00e0 allumettes toute la journ\u00e9e pour un salaire qui ne suffit pas \u00e0 louer un lit \u2014 encore moins pour une chambre s\u00e9par\u00e9e \u2014 et elles sont souvent oblig\u00e9es de choisir entre l&#8217;inanition et le vice. Dans les quartiers aristocratiques de Londres, des art\u00e8res enti\u00e8res sont le domaine des sir\u00e8nes fard\u00e9es et maquill\u00e9es de la sensualit\u00e9 et du p\u00e9ch\u00e9 \u2014 chacune \u00e9tant un bl\u00e2me permanent \u00e0 la faiblesse et \u00e0 la perversit\u00e9 de l&#8217;homme. Quant aux jeunes gens, des milliers risquent la prison par le jeu ou la mort pr\u00e9matur\u00e9e par la boisson, et pourtant chaque journal respectable est rempli de longs rapports de courses de chevaux, et le gouvernement chr\u00e9tien (?) permet l&#8217;installation d&#8217;une maison publique \u00e0 chaque coin de rue. Le p\u00e9ch\u00e9 est rendu facile, le vice \u00e0 bon march\u00e9, la tromperie pr\u00e9vaut dans le commerce, l&#8217;acharnement dans la politique et l&#8217;apathie dans la religion \u00bb.<\/p>\n<p>Il y a quelque temps, The Philadelphie Press publiait ce qui suit :<\/p>\n<p>\u00ab Gare au danger ! Il n&#8217;y a aucun doute que New York est divis\u00e9e en deux grandes classes, celle des tr\u00e8s riches et celle des tr\u00e8s pauvres. Les classes moyennes compos\u00e9es de gens honorables, travailleurs, de commerce aimable, disparaissent graduellement, soit qu&#8217;elles montent \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle des richesses du monde ou qu&#8217;elles descendent dans la pauvret\u00e9 et l&#8217;embarras. Il para\u00eet certain qu&#8217;entre ces classes existe et grandit rapidement, sous l&#8217;encouragement intentionnel de m\u00e9chants hommes, une haine marqu\u00e9e, manifeste, malveillante. Il y a ici des hommes dont vous ne savez rien qui poss\u00e8dent 10 000 000 $ et 20 000 000 $. Je connais une dame, vivant dans une magnifique demeure, dont la vie est aussi calme que devrait l&#8217;\u00eatre celle d&#8217;un ministre, qui n&#8217;a pas d\u00e9pens\u00e9 en cinq ann\u00e9es, moins de 3 000 000 $, dont les donations<\/p>\n<p>(P 99) avant sa mort n&#8217;atteindront pas moins de 7 000 000 $, qui poss\u00e8de chez elle des tableaux, des statues, des diamants, des pierres pr\u00e9cieuses, de ravissants \u00e9chantillons d&#8217;or et d&#8217;argent, ainsi que des \u0153uvres pr\u00e9cieuses de tous les arts imaginables, estim\u00e9es \u00e0 1 500 000 $, et il lui manque plusieurs millions de dollars pour \u00eatre aussi riche que nombre de ses voisins. Il y a ici des hommes qui, il y a vingt ans, vendaient des v\u00eatements dans la rue de Chatham et qui, aujourd&#8217;hui, vivent en d\u00e9pensant 100 000 $ par an, et qui portent des bijoux co\u00fbtant 25 000 $ dans des magasins aux prix raisonnables.<\/p>\n<p>\u00ab Venez avec moi n&#8217;importe quel jour, par temps de pluie ou de soleil, dans un \u00ab car \u00bb de l&#8217;avenue Medison, entre dix heures et dix-sept ou dix-huit heures ; je vous ferai trouver l&#8217;un apr\u00e8s l&#8217;autre des \u00ab cars \u00bb bond\u00e9s de dames dont les oreilles portent des diamants estim\u00e9s chacun entre 500 et 5 000 $, sur leurs mains d\u00e9gant\u00e9es, rouges et duveteuses, brillent des fortunes. Promenez-vous avec moi depuis le vieux magasin de Stewart, au coin de la Neuvi\u00e8me rue et Broadway, jusqu&#8217;\u00e0 la Treizi\u00e8me rue et Broadway, n&#8217;importe quel jour. Je ne veux pas dire les dimanches, les jours de cong\u00e9, ou \u00e0 des occasions sp\u00e9ciales, mais tout le temps, et je vous montrerai, p\u00e2t\u00e9 de maisons par p\u00e2t\u00e9 de maisons, des femmes v\u00eatues de longs manteaux de fourrure de phoque, riches de 500 \u00e0 1 000 $ chacune, portant des boucles d&#8217;oreilles et des bagues en diamant, aussi bien qu&#8217;avec d&#8217;autres pierres pr\u00e9cieuses, tenant \u00e0 la main un \u00e9l\u00e9gant portefeuille bourr\u00e9 d&#8217;argent. Elles repr\u00e9sentent les nouveaux riches dont New York est rempli.<\/p>\n<p>Dans- cette m\u00eame rue, au m\u00eame moment, je peux vous montrer des hommes pour qui un dollar serait une fortune, et dont les pantalons, arrach\u00e9s et d\u00e9shonorants dans leurs lambeaux, sont maintenus \u00e0 leur taille amaigrie par des cordes, des ficelles ou des \u00e9pingles, dont les pieds sans bas tra\u00eenent sur le trottoir dans des souliers si \u00e9cul\u00e9s qu&#8217;ils n&#8217;osent pas les soulever du sol, dont, les visages sont tach\u00e9s de rousseur, dont les barbes sont longues et hirsutes, comme l&#8217;est leur chevelure, tandis que leurs mains rougissantes s&#8217;effilent aux ongles comme des griffes. Combien de temps s&#8217;\u00e9coulera avant que ces griffes ne s&#8217;accrochent aux riches ? Ne vous trompez pas \u00e0 ce sujet, le sentiment est n\u00e9, le sentiment s&#8217;accro\u00eet, et le sentiment, t\u00f4t ou tard, \u00e9clatera.<\/p>\n<p>Pas plus tard qu&#8217;hier soir, j&#8217;arpentais la Quatorzi\u00e8me rue, o\u00f9 ne restent que quelques r\u00e9sidences, et en face de l&#8217;une d&#8217;elles, une vo\u00fbte de verdure m\u00e8ne de la porte au trottoir ; sous cette vo\u00fbte, des dames v\u00eatues de fa\u00e7on charmante, accompagn\u00e9es de leur escorte, s&#8217;engag\u00e8rent en sortant de leurs voitures, et se dirig\u00e8rent vers la porte ouverte, par laquelle sortirent des flots de lumi\u00e8re et de sons. Je me tins<\/p>\n<p>(P 100) un moment avec la foule, une grande foule, et l\u00e0 vint cette id\u00e9e d&#8217;une r\u00e9volte in\u00e9vitable \u00e0 moins que quelque chose soit fait, et rapidement fait, pour dissiper le pr\u00e9jug\u00e9 d\u00e9favorable qui non seulement existe, mais est entretenu intentionnellement contre les tr\u00e8s riches par les tr\u00e8s pauvres. Vous auriez fr\u00e9mi d&#8217;entendre de quelle fa\u00e7on les femmes parlaient. L&#8217;envie, la jalousie, la f\u00e9rocit\u00e9 haineuse, tous les \u00e9l\u00e9ments n\u00e9cessaires s&#8217;y trouvaient. Il ne manquait plus qu&#8217;un chef \u00bb.<\/p>\n<p>Le monde offre le contraste des \u00e9pouvantables conditions du syst\u00e8me d&#8217;exploitation de l&#8217;esclavage humain et des mis\u00e8res de l&#8217;immense arm\u00e9e de ch\u00f4meurs, et d&#8217;une autre immense arm\u00e9e de travailleurs mal pay\u00e9s, avec le luxe et la prodigalit\u00e9 d&#8217;une immense richesse ; il y a quelque temps un journal londonien le d\u00e9crivait ainsi<\/p>\n<p>\u00ab Le modeste foyer d&#8217;un millionnaire : \u00ab Nous apprenons de New York que M. Corn\u00e9lius Vanderbilt, le millionnaire de New York et roi des chemins de fer, vient juste d&#8217;inaugurer son nouveau palais par un grand bal. Cette modeste maison qui doit abriter environ dix personnes pendant six mois de l&#8217;ann\u00e9e, et rester ferm\u00e9e pendant les six autres mois, se tient au coin de la Cinquante-septi\u00e8me rue et de la Cinqui\u00e8me Avenue et elle a co\u00fbt\u00e9 \u00e0 son propri\u00e9taire 1 000 000 \u00a3. A l&#8217;ext\u00e9rieur, elle est de style espagnol, b\u00e2tie de pierre grise, avec des rev\u00eatements, des tourelles et des cr\u00e9neaux rouges. Elle est haute de trois \u00e9tages avec une mansarde imposante. La salle de danse est la salle de danse priv\u00e9e la plus spacieuse de New York, de 75 pieds de long sur 50 de large [23 m environ sur 15,24 m] , d\u00e9cor\u00e9e de blanc et d&#8217;or dans le style Louis XIV. Le plafond co\u00fbte une fortune, et a la forme d&#8217;un double c\u00f4ne, peint de nymphes et d&#8217;amours. Autour de la corniche se trouvent des fleurs finement model\u00e9es et portant chacune une lumi\u00e8re \u00e9lectrique, tandis qu&#8217;un immense lustre en cristal pend du centre du plafond. Le soir du bal d&#8217;ouverture, les murs \u00e9taient couverts de fleurs naturelles depuis le parquet jusqu&#8217;au plafond, au prix de 1 000 \u00a3, et l&#8217;on dit que la r\u00e9ception a co\u00fbt\u00e9 \u00e0 l&#8217;h\u00f4te 5 000 \u00a3. Attenant \u00e0 cet h\u00f4tel particulier s&#8217;\u00e9tend le jardin le plus co\u00fbteux du monde eu \u00e9gard \u00e0 ses dimensions, car bien qu&#8217;il n&#8217;ait seulement que l&#8217;\u00e9tendue d&#8217;une portion ordinaire de terrain, il a co\u00fbt\u00e9 la somme de 70 000 \u00a3, et pour faire place \u00e0 quelques parterres de fleurs, on dut abattre une maison qui avait co\u00fbt\u00e9 25 000 \u00a3 \u00bb.<\/p>\n<p>(P 101)<\/p>\n<p>Un journal de San-Francisco, Industry, a publi\u00e9 le commentaire suivant sur la prodigalit\u00e9 de deux hommes riches de ce pays :<\/p>\n<p>\u00ab Le d\u00eener de Wanamaker, \u00e0 Paris, et celui de Vanderbilt, \u00e0 New York, qui ont co\u00fbt\u00e9 ensemble au moins 40 000 $, et peut-\u00eatre beaucoup plus, sont parmi les signes des temps. De telles choses pr\u00e9sagent un changement dans ce pays. Cela, qui n&#8217;est qu&#8217;un exemple entre cent autres cas de m\u00eame \u00e9talage ostentatoire d&#8217;argent, peut \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 propos \u00e0 un festin de Rome avant sa chute, et au luxe qui, en France, il y a un si\u00e8cle, fut le pr\u00e9curseur de la r\u00e9volution. L&#8217;argent d\u00e9pens\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger chaque ann\u00e9e par les Am\u00e9ricains, en grande partie pour le luxe et pour pire encore, est estim\u00e9 au tiers de notre revenu national \u00bb.<\/p>\n<p>De Ward Mc Allister, qui fut un dirigeant c\u00e9l\u00e8bre de la soci\u00e9t\u00e9 de New York, nous relevons le renseignement tr\u00e8s int\u00e9ressant suivant, cit\u00e9 dans National View :<\/p>\n<p>\u00ab Les d\u00e9penses annuelles moyennes pour l&#8217;existence d&#8217;une famille de respectabilit\u00e9 ordinaire, comprenant le mari, la femme et trois enfants, s&#8217;\u00e9l\u00e8vent \u00e0 146 945 $, se d\u00e9composant ainsi : loyer d&#8217;une maison urbaine : 29 000 $ ; d&#8217;une maison de campagne : 14 000 $ ; d\u00e9penses pour la maison de campagne : 6 000 $ ; gages des gens de maison : 8 016 $ ; d\u00e9penses du m\u00e9nage, y compris les gages de la servante : 18 954 $ ; toilette de madame : 10 000 $ ; toilette de monsieur : 2 000 $ ; toilette des enfants et leur argent de poche : 4 500 $ ; d\u00e9penses scolaires pour les trois enfants : 3 600 $ ; divertissements en donnant des bals et des soir\u00e9es dansantes : &#8216;7 000 $ ; d\u00eeners de r\u00e9ception : 6 600 $ ; loge de th\u00e9\u00e2tre : 4 500 $ ; th\u00e9\u00e2tre et soupers apr\u00e8s le th\u00e9\u00e2tre : 1 200 $ ; journaux et revues : 100 $ ; compte-courant du joaillier : 1 000 $ ; papeterie : 300 $ ; livres : 500 $ ; cadeaux de mariage et cadeaux de f\u00eates : 1 400 $ ; si\u00e8ges \u00e0 l&#8217;\u00e9glise : 300 $ ; cotisations au club : 425 $ ; honoraires du docteur : 800 $ ; du dentiste : 500 $ ; transport de la famille \u00e0 la campagne et retour : 250 $ ; voyage en Europe : 9 000 $ ; d\u00e9penses pour les \u00e9curies : 17 000 $ \u00bb.<\/p>\n<p>On rapporte ce qu&#8217;aurait dit Chauncey M. Depew :<\/p>\n<p>Il existe aux Etats-Unis cinquante hommes qui, en raison de la fortune qu&#8217;ils poss\u00e8dent, peuvent se r\u00e9unir et s&#8217;entendre dans les vingt-quatre heures<\/p>\n<p>(P 102) pour paralyser les transports et le commerce, bloquer les branches du n\u00e9goce et r\u00e9duire au silence tous les moyens de transmission: Ces cinquante personnages ont la haute main sur la monnaie et peuvent d\u00e9clencher une panique quand ils le veulent \u00bb.<\/p>\n<p>LE MONDE JUGE LES PUISSANCES ECCL\u00c9SIASTIQUES<\/p>\n<p>Le monde critique aussi s\u00e9v\u00e8rement les puissances eccl\u00e9siastiques que les puissances monarchiques et aristocratiques, car il est reconnu qu&#8217;elles sont unies, ayant les m\u00eames int\u00e9r\u00eats. Ce qui suit le prouvera :<\/p>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, le North American Review publiait un bref article &#8220;de John Edgerton Raymond sur \u00ab Le d\u00e9clin des puissances eccl\u00e9siastiques \u00bb. D\u00e9crivant les forces qui sont oppos\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9glise, et qui, un jour, la renverseront, l&#8217;auteur d\u00e9clarait :<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9glise chr\u00e9tienne est au sein d&#8217;un grand conflit. Jamais depuis l&#8217;organisation du christianisme, il n&#8217;y eut autant de forces ligu\u00e9es contre elle. Ce que certains th\u00e9ologiens se plaisent \u00e0 nommer la \u00ab puissance du monde \u00bb n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi forte qu&#8217;aujourd&#8217;hui. Ce ne sont plus des races barbares, des philosophes superstitieux, des pr\u00eatres de religions mythiques qui s&#8217;opposent \u00e0 l&#8217;\u00e9glise, mais les personnes de la plus haute culture, les plus grands savants et les sages les plus profonds parmi les nations \u00e9clair\u00e9es. Sur toute la ligne de son avance, elle rencontre la r\u00e9sistance de la \u00ab puissance du monde \u00bb qui repr\u00e9sente le savoir le plus \u00e9lev\u00e9 et les meilleurs id\u00e9aux de l&#8217;intelligence humaine.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tous ses adversaires ne se trouvent pas non plus en dehors d&#8217;elle. Derri\u00e8re ses draperies somptueuses, rev\u00eatus de ses v\u00eatements, proclamant ses commandements, la repr\u00e9sentant devant le monde, nombreux sont ceux qui se tiennent pr\u00eats \u00e0 rejeter son autorit\u00e9 et \u00e0 contester sa supr\u00e9matie. Un grand nombre de ceux qui ob\u00e9issent encore \u00e0 ses d\u00e9crets commencent \u00e0 douter, et le doute est le premier pas vers la d\u00e9sob\u00e9issance et la d\u00e9sertion. Le monde ne saura jamais combien d&#8217;\u00e2mes honn\u00eates au sein de l&#8217;\u00e9glise g\u00e9missent en esprit et sont troubl\u00e9es, tout en gardant un sceau sur leurs l\u00e8vres et une cha\u00eene sur leur langue \u00ab par acquit de conscience \u00bb, afin de \u00ab ne pas offenser leurs fr\u00e8res \u00bb. Elles gardent le silence, non par crainte de<\/p>\n<p>(P 103) r\u00e9primande, car le temps est pass\u00e9 o\u00f9 parler librement amenait la pers\u00e9cution, et o\u00f9 sugg\u00e9rer que l&#8217;\u00e9glise n&#8217;\u00e9tait pas infaillible vous faisait accuser d&#8217;incr\u00e9dulit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Il dit que l&#8217;on ne demande pas un nouvel \u00e9vangile, mais un vieil \u00e9vangile ayant une nouvelle signification :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Partout l&#8217;on demande qu&#8217;une proclamation plus litt\u00e9rale et plus fid\u00e8le soit faite des pr\u00e9ceptes du fondateur du Christianisme. \u00ab Le Sermon sur la montagne \u00bb est pour beaucoup l&#8217;abr\u00e9g\u00e9 de la philosophie divine. \u00ab Pr\u00eachez-le ! Pr\u00eachez-le ! \u00bb s&#8217;\u00e9crient partout les r\u00e9formateurs de toutes les \u00e9coles ; \u00ab non seulement, pr\u00eachez-le, mais mettez-le en pratique ! \u00bb \u00ab Montrez-nous, disent-ils, que vos actes sont conformes \u00e0 ces pr\u00e9ceptes, et nous vous croirons ! Suivez Christ et nous vous suivrons ! \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mais c&#8217;est bien ici que se trouve la controverse. L&#8217;\u00e9glise pr\u00e9tend enseigner les pr\u00e9ceptes de Christ, pr\u00eacher son \u00e9vangile. Le monde \u00e9coute, et r\u00e9plique : \u00ab Vous avez perverti la v\u00e9rit\u00e9 ! \u00bb. Et voyez le spectacle d&#8217;un monde incroyant enseignant \u00e0 une \u00e9glise croyante les vrais principes de sa religion \u00e0 elle ! C&#8217;est l\u00e0 un des signes de l&#8217;\u00e9poque les plus frappants et les plus significatifs ! Et ceci est tout \u00e0 fait nouveau. D\u00e8s le commencement, le monde s&#8217;est familiaris\u00e9 avec la riposte : \u00ab Docteur, gu\u00e9ris-toi toi-m\u00eame \u00bb. Mais ce n&#8217;est que dans les temps modernes que les hommes ont os\u00e9 dire : \u00ab Docteur, laisse-nous prescrire le rem\u00e8de ! \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Lorsque les pauvres et les n\u00e9cessiteux, les opprim\u00e9s et les afflig\u00e9s \u00e0 qui l&#8217;on enseigne d&#8217;attendre une future r\u00e9compense au ciel, ont vu de saints pr\u00eatres et des princes honor\u00e9s v\u00eatus de pourpre et de fin lin et vivant chaque jour somptueusement, lorsqu&#8217;ils les virent amasser des tr\u00e9sors sur terre au m\u00e9pris de la teigne, de la rouille et des voleurs, lorsqu&#8217;ils les virent servir, leur conscience tranquille, Dieu et Mammon, ils commenc\u00e8rent \u00e0 douter de leur sinc\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0D\u00e8s lors, ils commenc\u00e8rent \u00e0 affirmer que toute la v\u00e9rit\u00e9 n&#8217;habite pas sous un clocher d&#8217;\u00e9glise, que l&#8217;\u00e9glise est impuissante, qu&#8217;elle ne peut emp\u00eacher le malheur, gu\u00e9rir les malades, rassasier ceux qui ont faim et v\u00eatir ceux qui sont nus, qu&#8217;elle ne peut ressusciter les morts, ni sauver l&#8217;\u00e2me. Alors, ils commenc\u00e8rent \u00e0 dire qu&#8217;une \u00e9glise aussi faible, aussi mondaine, ne pouvait \u00eatre une organisation divine. Et bient\u00f4t, ils commenc\u00e8rent \u00e0 d\u00e9serter ses autels. Ils d\u00e9clar\u00e8rent \u00ab Nier l&#8217;infaillibilit\u00e9 de l&#8217;\u00e9glise, l&#8217;efficacit\u00e9 de ses rites, ou la v\u00e9rit\u00e9 de ses credo,<\/p>\n<p>(P 104) n&#8217;est pas nier l&#8217;efficacit\u00e9 de la religion. Nous ne sommes pas en guerre avec le Christianisme, mais avec la repr\u00e9sentation qu&#8217;en fait l&#8217;\u00e9glise. La r\u00e9v\u00e9rence pour la v\u00e9rit\u00e9 divine est compatible avec le m\u00e9pris le plus profond pour le eccl\u00e9siastique. Pour la Personne sublime qui a foul\u00e9 la terre, dont le contact donnait la vie et dont le sourire \u00e9tait salut, nous n&#8217;avons que v\u00e9n\u00e9ration et amour, mais non plus d\u00e9sormais pour l&#8217;organisation qui pr\u00e9tend le repr\u00e9senter.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&#8217;\u00e9glise d\u00e9nonce ses accusateurs comme \u00e9tant des incroyants, et elle va son chemin amassant des tr\u00e9sors, construisant des temples et des palais, faisant cause commune avec des rois et des alliances avec des puissants, tandis que les forces qui se coalisent contre elle, augmentent en nombre et en puissance. Elle a perdu sa supr\u00e9matie, son autorit\u00e9 a disparu. Elle n&#8217;est plus qu&#8217;un symbole, une ombre, et il lui est impossible de regagner son ascendant perdu ou de remonter sur son tr\u00f4ne. Ses r\u00eaves de domination universelle sont une illusion. Son sceptre a \u00e9t\u00e9 bris\u00e9 \u00e0 toujours. Nous sommes d\u00e9j\u00e0 dans une p\u00e9riode transitoire. Le mouvement r\u00e9volutionnaire de l&#8217;\u00e9poque est universel et irr\u00e9sistible. Les tr\u00f4nes commencent \u00e0 chanceler. Un volcan couve sous les palais des rois, et lorsque les tr\u00f4nes d\u00e9gringoleront, les chaires tomberont.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il y a eu, dans le pass\u00e9, des r\u00e9veils religieux, plus ou moins locaux et temporaires. Il doit encore y avoir un r\u00e9veil religieux qui sera mondial, un r\u00e9tablissement de la foi en Dieu et de l&#8217;amour envers l&#8217;homme ; alors seront r\u00e9alis\u00e9s les r\u00eaves les plus radieux de fraternit\u00e9 universelle. Mais ce r\u00e9veil arrivera malgr\u00e9 l&#8217;\u00e9glise plut\u00f4t que par elle. Il viendra comme une r\u00e9action contre la tyrannie eccl\u00e9siastique, comme une protestation contre ce qui n&#8217;est que formalisme et simples c\u00e9r\u00e9monies \u00bb.<\/p>\n<p>Dans un article de The Forum, d&#8217;octobre 1890, sur les \u00ab Probl\u00e8mes sociaux et l&#8217;Eglise \u00bb par l\u2019\u00c9v\u00eaque Huntington, nous lisons son commentaire \u00e0 propos d&#8217;un fait tr\u00e8s remarquable et tr\u00e8s significatif :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Lorsqu&#8217;un auditoire, immense et vari\u00e9, dans l&#8217;une des salles publiques de New York, acclama le nom de J\u00e9sus-Christ et hua le nom de l&#8217;\u00e9glise, cela ne r\u00e9gla aucune question, ne r\u00e9solut aucun probl\u00e8me, ne prouva aucune proposition, n&#8217;expliqua aucun, passage biblique, mais ce fut aussi significatif que la moiti\u00e9 \u00ab\u00a0les sermons qui sont pr\u00each\u00e9s \u00bb. Il se rapporta ensuite au fait qu&#8217;il fut un temps o\u00f9<\/p>\n<p>(P 105) les gens \u00e9coutaient les mots \u00ab Christ et l&#8217;\u00e9glise \u00bb dans un silence recueilli sinon avec une d\u00e9votion enthousiaste, puis il remarqua : \u00ab Ce n&#8217;est que dans ces derniers jours o\u00f9 les travailleurs pensent, lisent, raisonnent et r\u00e9fl\u00e9chissent, qu&#8217;une foule m\u00eal\u00e9e met les deux noms \u00e0 part d&#8217;une mani\u00e8re violente plut\u00f4t qu&#8217;irrespectueuse, honorant l&#8217;un et repoussant l&#8217;autre \u00bb.<\/p>\n<p>On trouve dans la presse d&#8217;autres expressions significatives du jugement populaire :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La Catholique Review et quelques autres journaux insistent pour qu&#8217;il y ait \u00ab l&#8217;instruction religieuse dans les prisons \u00bb. C&#8217;est bien. Nous allons plus loin que cela. L&#8217;instruction religieuse devrait \u00eatre donn\u00e9e aussi ailleurs que dans les prisons, dans les foyers par exemple, et dans les Ecoles du dimanche. Oui, nous ne voulons pas \u00eatre d\u00e9pass\u00e9s en lib\u00e9ralit\u00e9, nous sommes favorables \u00e0 l&#8217;instruction religieuse dans certaines \u00e9glises. Vous ne sauriez avoir trop d&#8217;une bonne chose, si vous la prenez avec mod\u00e9ration \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&#8217;aum\u00f4nier d&#8217;un certain p\u00e9nitencier d\u00e9clarait qu&#8217;il y a vingt ans, cinq pour cent seulement des prisonniers avaient \u00e9t\u00e9 autrefois des \u00e9l\u00e8ves d&#8217;\u00e9coles du dimanche, mais que maintenant, la proportion \u00e9tait de soixante-quinze pour cent des criminels r\u00e9els ou suspect\u00e9s d&#8217;\u00eatre tels. Un certain pasteur mentionne \u00e9galement un asile d&#8217;ivrognes o\u00f9 le pourcentage est de quatre-vingt pour cent, et un autre de femmes d\u00e9chues o\u00f9 toutes ont fr\u00e9quent\u00e9 des \u00e9coles du dimanche. Le commentaire de la presse sur ces faits \u00e9tait que le terme qu&#8217;on appliquait autrefois \u00e0 l&#8217;\u00e9cole d&#8217;\u00eatre \u00ab la p\u00e9pini\u00e8re de l&#8217;\u00e9glise \u00bb est en passe d&#8217;\u00eatre une terrible satire. Que va-t-on faire ? \u00bb.<\/p>\n<p>Des discussions qui eurent lieu, \u00e0 propos de l&#8217;ouverture, les dimanches, de l&#8217;exposition colombienne du Monde, \u00e0 Chicago, on a extrait ce qui suit :<\/p>\n<p>\u00ab Un reste de consolation : si le pire arrive \u00e0 son point culminant, et que des foires, comme des th\u00e9\u00e2tres et des bars, sont ouverts le dimanche \u00e0 Chicago, il est tr\u00e8s r\u00e9confortant de penser qu&#8217;aucun citoyen am\u00e9ricain n&#8217;est oblig\u00e9 d&#8217;y aller. A cet \u00e9gard, personne n&#8217;est plus d\u00e9savantag\u00e9 que ne le furent les ap\u00f4tres et les premiers chr\u00e9tiens. On ne leur permit pas de se servir d&#8217;un policier ou des l\u00e9gions romaines dans le but de propager leurs opinions et d&#8217;obliger leur prochain d&#8217;\u00eatre plus pieux qu&#8217;il ne d\u00e9sirait l&#8217;\u00eatre. Et pourtant ce fut cette \u00e9glise primitive qui, sans l&#8217;aide de l&#8217;Etat \u2014 bien plus, ce fut un<\/p>\n<p>(P 106) christianisme pers\u00e9cut\u00e9 et dans la souffrance \u2014 qui conquit r\u00e9ellement le monde \u00bb.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;agitation g\u00e9n\u00e9rale des temps actuels, beaucoup dans l&#8217;\u00e9glise aussi bien que dans le monde, sont grandement perplexes et d\u00e9sorient\u00e9s par la grande confusion. Les sentiments de ces gens-l\u00e0 furent clairement rapport\u00e9s il y a quelque temps dans The New York Sun :<\/p>\n<p>La question : \u00ab O\u00f9 en sommes-nous ? \u00bb, \u00ab O\u00f9 en sommes-nous y \u00bb devient une question religieuse significative. Dans les s\u00e9minaires, des professeurs enseignent de leur chaire, des doctrines assez \u00e9loign\u00e9es de celles qui furent enseign\u00e9es \u00e0 l&#8217;origine, pour faire retourner dans leur tombe les bienfaiteurs de jadis ; des eccl\u00e9siastiques signent des engagements sur l&#8217;ordination, auxquels l&#8217;administrateur lui-m\u00eame ne croit pas \u2014 et ils le savent probablement. Les r\u00e8glements \u00e9tablis, dans de nombreux cas, sont seulement les bou\u00e9es qui montrent combien les navires des \u00e9glises se sont \u00e9loign\u00e9s des canaux indiqu\u00e9s sur les cartes. C&#8217;est l&#8217;\u00e9poque du \u00ab laisser-aller \u00bb, du \u00ab chacun pour soi \u00bb, etc. Personne ne sait o\u00f9 tout cela finira, et ceux qui y sont les plus int\u00e9ress\u00e9s, semblent s&#8217;en soucier le moins \u00bb.<\/p>\n<p>Non seulement la conduite et l&#8217;influence des \u00e9glises sont ainsi s\u00e9v\u00e8rement critiqu\u00e9es, mais le sont \u00e9galement leurs doctrines les plus importantes. Notez, par exemple, comment la doctrine blasph\u00e9matoire du tourment \u00e9ternel pour la grande majorit\u00e9 de notre race par laquelle les hommes ont \u00e9t\u00e9 longtemps maintenus par la crainte, est rejet\u00e9e d&#8217;une mani\u00e8re semblable par le public r\u00e9fl\u00e9chi. Sur ce sujet, le clerg\u00e9 commence \u00e0 voir la tr\u00e8s urgente n\u00e9cessit\u00e9 de l&#8217;appuyer comme jamais auparavant, afin de contrecarrer les sentiments croissants de lib\u00e9ralisme.<\/p>\n<p>Il y a quelque temps, le R\u00e9v. Dr Henson, de Chicago, discutait au grand jour ses opinions sur ce sujet ; alors que des reporters interviewaient d&#8217;autres membres du clerg\u00e9 \u00e0 ce propos, la mani\u00e8re cavali\u00e8re, cruelle, railleuse de ces derniers de traiter un sujet sur lequel il est \u00e9vident qu&#8217;ils ne connaissent rien, mais qui, selon eux, engage les int\u00e9r\u00eats \u00e9ternels de millions de leurs compagnons humains, \u00e9tait vraiment digne de l&#8217;esprit de pers\u00e9cution du Romanisme.<\/p>\n<p>(P 107)<\/p>\n<p>Le R\u00e9v. Dr Henson d\u00e9clara : \u00ab Le had\u00e8s de la Nouvelle Version n&#8217;est que le d\u00e9guisement de l&#8217;enfer ; la mort est la mort bien que nous l&#8217;appelions sommeil, et l&#8217;enfer est l&#8217;enfer bien que nous l&#8217;appelions had\u00e8s ; l&#8217;enfer est une r\u00e9alit\u00e9, et \u00ab infernalement \u00bb horrible. Dans l&#8217;enfer, nous aurons des corps&#8230; La r\u00e9surrection du corps implique un lieu et implique un tourment physique. Mais le tourment physique n&#8217;est pas le pire. La peine mentale, le remords, l&#8217;anticipation qui font l&#8217;\u00e2me se tordre de souffrance comme le ver se tord de souffrance sur des charbons ardents sont des tourments bien pires, et c&#8217;est ce qu&#8217;auront \u00e0 souffrir les p\u00e9cheurs. La soif sans eau pour se d\u00e9salt\u00e9rer ; la faim sans nourriture pour se rassasier ; un couteau enfonc\u00e9 dans le c\u0153ur, mais pour y \u00eatre retourn\u00e9 sans fin, \u00e9pouvantable. Tel est l&#8217;enfer que nous devons endurer. La mort offre un soulagement du moulin disciplinaire de la vie, mais dans l&#8217;enfer, il n&#8217;y a aucun secours \u00bb.<\/p>\n<p>Quelle impression fit le sermon du \u00ab Docteur \u00bb ? Quelqu&#8217;un peut en juger d&#8217;apr\u00e8s les interviews suivantes des reporters et des ministres qui parurent le lendemain matin :<\/p>\n<p>\u00ab Que pensez-vous de l&#8217;enfer, et sommes-nous tous destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre baptis\u00e9s dans un \u00e9tang de soufre fondu et de gueuse de fer si nous n&#8217;amendons pas nos voies ? \u00bb dit un reporter au Professeur Swing, l&#8217;un des c\u00e9l\u00e8bres pr\u00e9dicateurs de Chicago. Ce fut alors que le Professeur Swing partit d&#8217;un grand \u00e9clat de rire jusqu&#8217;\u00e0 ce que ses joues rid\u00e9es devinssent aussi roses que celles d&#8217;une \u00e9coli\u00e8re. L&#8217;\u00e9minent pr\u00e9dicateur battit une retraite de tambour Sur le rebord d&#8217;une table orn\u00e9e de marqueterie, et le verre de sa petite lampe de bureau se mit \u00e0 vibrer et sembla rire aussi. \u00ab En premier lieu \u00bb, dit-il, \u00ab je suppose que vous vous rendez compte que ce sujet de l&#8217;enfer et d&#8217;un ch\u00e2timent futur est quelque chose que nous connaissons r\u00e9ellement tr\u00e8s peu. Eh bien ! ma m\u00e9thode pour mettre en accord chaque chose dans la Bible est de lui donner un sens spirituel. Mon id\u00e9e est que le ch\u00e2timent sera class\u00e9 selon les p\u00e9ch\u00e9s, mais comme l&#8217;autre monde doit \u00eatre spirituel, de m\u00eame les r\u00e9compenses et les ch\u00e2timents doivent \u00eatre spiritualis\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le R\u00e9v. M.V.B. Van Ausdale se mit \u00e0 rire quand il lut un rapport du sermon du Dr Henson, et dit : \u00ab Eh bien ! il doit avoir raison. Je connais le Dr Henson depuis pas mal de temps, et je voterais en sa faveur les yeux ferm\u00e9s. Tous, nous admettons qu&#8217;il y a un enfer ou un lieu de r\u00e9tribution, et il r\u00e9unit toutes les propri\u00e9t\u00e9s que lui assigne le Dr Henson \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le Dr Ray avait lu le sermon et pensait que le<\/p>\n<p>(P 108) Dr Henson exprimait les m\u00eames vues que lui-m\u00eame aurait exprim\u00e9es sur le sujet.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les ministres congr\u00e9gationalistes, r\u00e9unis au Grand Pacific, en session r\u00e9guli\u00e8re, toutes portes closes et bien gard\u00e9es, admirent un reporter d&#8217;Evening News, lequel, apr\u00e8s que la r\u00e9union fut termin\u00e9e, posa la question : \u00ab Avez-vous lu le sermon pr\u00each\u00e9 hier soir par le Dr P.S. Henson sur l&#8217;enfer, ou en avez-vous entendu parler ? \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Un spectateur int\u00e9ress\u00e9 pendant la r\u00e9union fut le Dr H.D. Porter, de P\u00e9kin (Chine). Il s&#8217;\u00e9tait lev\u00e9 t\u00f4t ce matin, et avait lu dans les journaux le r\u00e9sum\u00e9 du sermon du Dr Henson. Il d\u00e9clara : \u00ab Je ne connais pas le Dr Henson, mais je pense que les sentiments qu&#8217;on lui pr\u00eate sont tout \u00e0 fait justes. L\u00e0-bas, en Chine, je ne pr\u00eacherai pas l&#8217;\u00e9tang de feu ni une vraie torture physique, pas plus que je ne dirai que l&#8217;enfer est un lieu o\u00f9 toutes les souffrances v\u00e9ritables feront place \u00e0 des souffrances mentales intenses et \u00e0 une angoisse de l&#8217;esprit seulement, mais j&#8217;adopterai l&#8217;opinion \u00e0 mi-chemin, c&#8217;est-\u00e0-dire celle qui d\u00e9crit l&#8217;enfer comme \u00e9tant un lieu de r\u00e9tribution, combinant les souffrances physiques et mentales et incorporant les principes g\u00e9n\u00e9ralement accept\u00e9s par les ministres modernes \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Un autre \u00e9tranger, le R\u00e9v. Spencer Bonnell, de Cleveland (Ohio), fut d&#8217;accord avec le Dr Henson sur tous les points. \u00ab Le temps vient \u00bb, d\u00e9clara-t-il, \u00ab o\u00f9 l&#8217;on devrait avancer quelque id\u00e9e universelle de l&#8217;enfer, afin d&#8217;amener tous les esprits dans un \u00e9tat d&#8217;\u00e9quilibre \u00bb. Le R\u00e9v. H.S. Wilson avait peu de choses \u00e0 dire, mais il admit qu&#8217;il \u00e9tait d&#8217;accord avec le Dr Henson. Le R\u00e9v. W.A. Moore exprima les m\u00eames sentiments.<\/p>\n<p>\u00ab Le R\u00e9v. W. Holmes \u00e9crivit : \u00ab Le Dr Henson est un brillant pr\u00e9dicateur qui comprend bien ses propres positions et sait les exprimer clairement et d&#8217;une mani\u00e8re significative. Ce r\u00e9sum\u00e9 montre qu&#8217;il a donn\u00e9 au peuple, comme d&#8217;habitude, un sermon tr\u00e8s int\u00e9ressant. Ses positions qu&#8217;on y trouve ont \u00e9t\u00e9 d&#8217;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale bien accept\u00e9es. Concernant le corps de chair, je ne sais pas.<\/p>\n<p>&#8211; Vous ne savez pas ?<\/p>\n<p>&#8211; Non. Un individu doit descendre dans la mort et ainsi s&#8217;informer personnellement pour \u00eatre certain.<\/p>\n<p>\u00ab Les ministres baptistes pensent que le sermon orthodoxe du Dr Henson sur l&#8217;enfer \u00e9tait parfaitement au point, et ceux qui en discut\u00e8rent \u00e0 la r\u00e9union du matin le lou\u00e8rent chaudement. Un reporter d&#8217;Evening News montra le rapport du sermon \u00e0 une douzaine de ministres, mais tandis que tous d\u00e9clar\u00e8rent&#8217; \u00eatre d&#8217;accord avec le sermon, on en trouva quatre seulement qui voulaient en discuter sous certaines conditions. Le R\u00e9v. C.T. Everett, \u00e9diteur<\/p>\n<p>(P 109) du Sunday-School Herald, d\u00e9clara que les vues exprim\u00e9es par le Dr Henson \u00e9taient en g\u00e9n\u00e9ral celles tenues par les ministres baptistes. \u00ab Nous enseignons le ch\u00e2timent \u00e9ternel et futur pour les p\u00e9ch\u00e9s de ce monde \u00bb, dit-il, \u00ab mais quant \u00e0 l&#8217;enfer r\u00e9el de feu et de soufre, c&#8217;est l\u00e0 une chose sur laquelle on ne s&#8217;\u00e9tend pas beaucoup. Nous croyons au ch\u00e2timent et savons qu&#8217;il est tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re, mais un tr\u00e8s grand nombre d&#8217;entre nous se rend compte qu&#8217;il est impossible de savoir de quelle mani\u00e8re il est administr\u00e9. Comme le dit le Dr Henson, il n&#8217;y a que des gens stupides pour penser que l&#8217;enfer implique compl\u00e8tement un ch\u00e2timent physique ; la peine mentale est la pire, et ces pauvres p\u00e9cheurs auront \u00e0 souffrir \u00bb. Le Dr Perrin d\u00e9clara avec force que c&#8217;\u00e9tait presque inutile de nier que tout ce que le Dr Henson pr\u00eache, on le trouverait dans la Bible et parfaitement juste.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le R\u00e9v. M. Ambroise, un ministre de l&#8217;ancienne mode, \u00e9tait grandement satisfait de ce sermon. Il croyait chaque mot de ce qu&#8217;avait dit le Dr Henson \u00e0 propbs du tourment futur des pauvres p\u00e9cheurs. \u00ab L&#8217;enfer est ce en quoi la plupart des pr\u00e9dicateurs croient \u00bb, d\u00e9clara-t-il, \u00ab et ils le pr\u00eachent aussi \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le R\u00e9v. M. Wolfenden dit qu&#8217;il n&#8217;avait pas vu le rapport du sermon, mais que s&#8217;il y avait dans ce sermon quelque chose au sujet d&#8217;un enfer de ch\u00e2timent futur, il \u00e9tait d&#8217;accord avec le Docteur, et il pensait que la plupart des ministres baptistes soutenaient les m\u00eames vues, bien qu&#8217;il y en e\u00fbt quelques-uns qui ne crussent pas \u00e0 un enfer dans le sens orthodoxe.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0D&#8217;apr\u00e8s ce que le reporter a recueilli, il est raisonnable de dire que si la question devait venir en discussion, les ministres baptistes ne seraient pas du tout les derniers \u00e0 soutenir chacun des arguments en faveur du r\u00e9el, d\u00e9mod\u00e9 et orthodoxe enfer du Dr Henson \u00bb.<\/p>\n<p>Ainsi le clerg\u00e9 exprime-t-il ses vues, comme si la torture \u00e9ternelle de leurs compagnons humains \u00e9tait un sujet de banale cons\u00e9quence, qu&#8217;on peut discuter en plaisantant avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et des rires, et proclamer comme une v\u00e9rit\u00e9 sans la moindre preuve ou examen de la Bible. Le monde remarque cette arrogance pr\u00e9somptueuse,<\/p>\n<p>(P 110) et tire ses propres conclusions dans l&#8217;affaire.<\/p>\n<p>Le Globe Democrat dit : \u00ab De New York parvient la bonne nouvelle que la Soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine de trait\u00e9s propose de retirer la niaiserie qu&#8217;elle a offerte ces cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es, et de r\u00e9viser compl\u00e8tement le sens de ses obligations. Le fait est que le monde a rejet\u00e9 les plats spirituels chauff\u00e9s \u00e0 blanc et poivr\u00e9s qui convenaient \u00e0 la derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, et il est bien hors de la possibilit\u00e9 d&#8217;un tr\u00e8s petit nombre de graves messieurs de produire une r\u00e9action. Les \u00e9glises aussi vont d&#8217;un pas l\u00e9ger avec le reste du monde, pr\u00eachant la tol\u00e9rance ou l&#8217;indulgence, l&#8217;humanit\u00e9, le pardon, la charit\u00e9 et la mis\u00e9ricorde. Il est possible que tout cela soit faux, et que ces proph\u00e9ties d&#8217;un genre tr\u00e8s sombre et tr\u00e8s mena\u00e7ant soient pr\u00e9cis\u00e9ment la chose convenable que nous devrions continuer \u00e0 croire et \u00e0 lire, mais alors le peuple ne le fait pas et n&#8217;en veut pas \u00bb.<\/p>\n<p>Un autre journal d\u00e9clare :<\/p>\n<p>\u00ab En s&#8217;opposant \u00e0 l&#8217;envoi de contributions au Bureau am\u00e9ricain des missions \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, le Dr Rossiter W. Raymond, a d\u00e9clar\u00e9 assez \u00e9nergiquement : \u00ab J&#8217;en ai assez et je suis fatigu\u00e9 d&#8217;aller vers le Bureau am\u00e9ricain en souffrance pour l&#8217;aider \u00e0 soutenir des missionnaires qui croient absolument en la damnation de tous les pa\u00efens et en cette odieuse h\u00e9r\u00e9sie que Dieu n&#8217;aime pas les pa\u00efens. J&#8217;en ai assez de toute cette mystification, et je ne donnerai pas un \u00ab cent \u00bb pour r\u00e9pandre la nouvelle de la damnation. Je ne laisserai pas se r\u00e9pandre cette doctrine par mon argent. Que Dieu est amour, voil\u00e0 une bonne nouvelle, mais ces hommes en font des sornettes en tra\u00eenant sur les pa\u00efens un char de Juggernaut et en voulant que nous nourrissions les b\u00eates qui le tirent. Il est de mon devoir de chr\u00e9tien de ne rien donner \u00e0 quiconque veut enseigner aux pa\u00efens que leurs anc\u00eatres sont all\u00e9s \u00e0 l&#8217;enfer \u00bb.<\/p>\n<p>Nous voyons ainsi que le pr\u00e9sent ordre des choses tremble dans la balance de l&#8217;opinion publique. Le temps marqu\u00e9 pour son renversement \u00e9tant arriv\u00e9, le grand Juge de toute la terre rel\u00e8ve les plateaux de la raison humaine, signale les poids de la v\u00e9rit\u00e9 et de la justice, et d\u00e9clenchant la lumi\u00e8re de la connaissance croissante, invite le monde \u00e0 mettre \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve et \u00e0 faire la preuve que sa d\u00e9cision est juste de condamner \u00e0 la destruction l&#8217;hypocrite moquerie des fausses pr\u00e9tentions de la chr\u00e9tient\u00e9. Graduellement, mais rapidement, le monde est en train d&#8217;appliquer le test, et \u00e0 la fin, tous arriveront \u00e0 la m\u00eame d\u00e9cision ; aussi, comme une<\/p>\n<p>(P 111) grande meule de pierre, Babylone, la grande ville de la confusion, avec toute sa puissance civile et eccl\u00e9siastique dont elle se vante, et avec toute sa pr\u00e9tendue dignit\u00e9, sa richesse, ses titres, son influence, ses honneurs, et toute sa vaine gloire, sera jet\u00e9e dans la mer (la mer agit\u00e9e des peuples ingouvernables) pour ne plus se relever. \u2014 Apoc. 18 : 21 ; J\u00e9r. 51 : 61-64.<\/p>\n<p>Sa destruction sera pleinement accomplie vers la fin des \u00ab Temps des Gentils \u00bb fix\u00e9s \u2014 1915 (<em>L&#8217;auteur pr\u00e9sente une \u00e9viction plus progressive des nations et l&#8217;\u00e9tablissement du Royaume dans l&#8217;Avant-propos de l&#8217;auteur (1916), Le temps est proche<\/em>). Les \u00e9v\u00e9nements font de rapides progr\u00e8s vers une telle crise finale. Bien que la mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve ne soit pas encore achev\u00e9e, d\u00e9j\u00e0 beaucoup peuvent lire sa condamnation \u00e9crite : \u00ab Tu as \u00e9t\u00e9 pes\u00e9 dans la balance et tu as \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 l\u00e9ger ! \u00bb. Bient\u00f4t, la terrible chute de Babylone, la chr\u00e9tient\u00e9, sera un fait accompli. Les vieilles superstitions qui l&#8217;ont si longtemps soutenue sont rapidement mises de c\u00f4t\u00e9 ; les vieux credo religieux et les codes civils qui, jusqu&#8217;ici, ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9s et suivis aveugl\u00e9ment, sont maintenant hardiment discut\u00e9s ; on constate leur peu de logique, et leurs erreurs palpables sont ridiculis\u00e9es. Cependant, la pens\u00e9e des masses humaines ne se tourne pas vers la v\u00e9rit\u00e9 de la Bible ni vers la saine logique, mais plut\u00f4t vers l&#8217;incr\u00e9dulit\u00e9, qui s\u00e9vit \u00e0 la fois au dedans et au dehors de l&#8217;\u00e9glise nominale. Dans la pr\u00e9tendue \u00e9glise de Christ, la Parole de Dieu n&#8217;est plus le standard de la foi ni le guide de la vie. Philosophies et hypoth\u00e8ses humaines prennent sa place, et m\u00eame des extravagances pa\u00efennes commencent \u00e0 prosp\u00e9rer l\u00e0 o\u00f9, autrefois, elles ne pouvaient p\u00e9n\u00e9trer.<\/p>\n<p>Un petit nombre seulement dans la grande \u00e9glise nominale ont les yeux suffisamment ouverts et sont assez sages pour se rendre compte de sa d\u00e9plorable condition, sans se laisser influencer par sa force num\u00e9rique et financi\u00e8re ; les ouailles, aussi bien que les pr\u00e9dicateurs, sont trop intoxiqu\u00e9s et stup\u00e9fi\u00e9s par l&#8217;esprit du monde si facilement re\u00e7u, pour remarquer son d\u00e9clin spirituel. Mais, num\u00e9riquement et financi\u00e8rement, sa condition de d\u00e9clin se fait profond\u00e9ment sentir, car \u00e0 la perp\u00e9tuit\u00e9 de ses organisations sont li\u00e9s tous<\/p>\n<p>(P 112) les int\u00e9r\u00eats, perspectives et plaisirs de la vie pr\u00e9sente, et pour se les procurer, il est n\u00e9cessaire de faire voir suffisamment qu&#8217;elle remplit ce que l&#8217;on cro\u00eet \u00eatre sa mission divine, savoir la conversion du monde. Nous montrerons dans un autre chapitre dans quelle mesure son effort est couronn\u00e9 de succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Tandis que nous voyons ainsi Babylone mise en accusation en pr\u00e9sence d&#8217;un monde assembl\u00e9, avec quelle force la proph\u00e9tie du Psalmiste, cit\u00e9e au d\u00e9but de ce chapitre et qui porte sur cet \u00e9v\u00e9nement, nous revient \u00e0 l&#8217;esprit ! Bien que Dieu ait gard\u00e9 le silence durant tous les si\u00e8cles pendant lesquels le mal a triomph\u00e9 en son nom et ses v\u00e9ritables saints ont souffert la pers\u00e9cution sous de multiples formes, il n&#8217;a pas oubli\u00e9 ces choses. Maintenant, le moment est venu o\u00f9 il parle par la bouche du proph\u00e8te, disant : \u00ab Mais je t&#8217;en reprendrai, et je te les mettrai devant les yeux \u00bb. Que ceux qui veulent se r\u00e9veiller et se trouver du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;\u00e9quit\u00e9 dans ces temps d&#8217;importance extraordinaire, remarquent bien ces choses et voient combien proph\u00e9tie et accomplissement correspondent parfaitement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(P 75) ETUDE IV BABYLONE ACCUS\u00c9E DEVANT LE TRIBUNAL SUPREME Les pouvoirs civils, sociaux et eccl\u00e9siastiques de Babylone, de la chr\u00e9tient\u00e9, sont dans la balance actuellement. \u00adAccusation contre les pouvoirs civils. \u2014 Accusation contre le syst\u00e8me social, actuel. \u2014 Accusation &hellip; <a href=\"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/la-bataille-darmaguedon\/chapitre-4\/\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":890,"menu_order":4,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/912"}],"collection":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=912"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/912\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1114,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/912\/revisions\/1114"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/890"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=912"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}