{"id":886,"date":"2020-04-22T13:36:42","date_gmt":"2020-04-22T13:36:42","guid":{"rendered":"http:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/?page_id=886"},"modified":"2021-04-25T14:30:30","modified_gmt":"2021-04-25T14:30:30","slug":"chapitre-15","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/la-reconciliation-entre-dieu-et-lhomme\/chapitre-15\/","title":{"rendered":"Chapitre 15"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\">ETUDE XV<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00ab\u00a0 UNE RAN\u00c7ON POUR TOUS \u00bb,<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">LA SEULE BASE DE LA RECONCILIATION.<\/p>\n<p>La r\u00e9conciliation est impossible sans une ran\u00e7on. \u00adProcur\u00e9e mais non impos\u00e9e. \u2014 Etre celui qui paierait la ran\u00e7on devint une faveur. \u2014 Signification des termes \u00ab payer la ran\u00e7on \u00bb et \u00ab racheter \u00bb. \u2014 Quelle fut la ran\u00e7on pay\u00e9e pour l&#8217;homme ? \u2014 La justification par la foi ainsi assur\u00e9e. \u2014 \u00ab Vous avez \u00e9t\u00e9 achet\u00e9s \u00e0 prix \u00bb. \u00adPar qui ? \u2014 A qui ? \u2014 Dans quel but ? &#8212; Comment l&#8217;amour coop\u00e9ra-t-il avec la justice ? \u2014 La \u00ab ran\u00e7on pour tous \u00bb ne fut pas reprise. \u2014 Les droits de paternit\u00e9 du premier Adam rachet\u00e9s par la second Adam. \u00adRan\u00e7on, non pardon. \u2014 La mort de l&#8217;homme n&#8217;est pas une ran\u00e7on. \u2014 Faux raisonnement des th\u00e9ories universalistes. \u2014 La justice n&#8217;a pas d&#8217;obligations par le fait de la ran\u00e7on. \u2014 Le seul nom. \u2014 La m\u00e9thode du m\u00e9diateur typifi\u00e9e en Mo\u00efse. \u2014 Ran\u00e7on, substitution. &#8212; Un plan diff\u00e9rent \u00e9tait-il possible ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab Car Dieu est un, et le m\u00e9diateur entre Dieu et les tommes est un, l&#8217;homme Christ J\u00e9sus, qui s&#8217;est donn\u00e9 lui-m\u00eame en ran\u00e7on pour tous, t\u00e9moignage [qui devait \u00eatre rendu] en son propre temps \u00bb. \u2014 1 Tim. 2 : 5, 6.<\/p>\n<p>LA RECONCILIATION entre Dieu et l&#8217;homme d\u00e9pendait enti\u00e8rement de la pr\u00e9sentation d&#8217;un sacrifice acceptable pour les p\u00e9ch\u00e9s de l&#8217;homme. A moins qu&#8217;elle ne p\u00fbt \u00eatre lev\u00e9e, la sentence divine aurait constitu\u00e9 un perp\u00e9tuel obstacle emp\u00eachant le r\u00e9tablissement de l&#8217;homme ou sa remise en la faveur divine, \u00e0 sa communion et \u00e0 la vie \u00e9ternelle. Aux termes de la loi divine, Dieu ne pouvait que dire \u00e0 l&#8217;homme : Tu es un p\u00e9cheur ; par ta propre transgression volontaire en Eden, tu as attir\u00e9 sur toi-m\u00eame ton affliction. J&#8217;ai prononc\u00e9 en toute justice contre toi la sentence de mort, et je ne puis<\/p>\n<p>502<\/p>\n<p>abroger cette sentence sans violer ma propre justice, le fondement m\u00eame de mon tr\u00f4ne, de mon Royaume<\/p>\n<p>(Ps. 89 : 14). En cons\u00e9quence, ta condamnation doit durer \u00e0 toujours. Elle doit \u00eatre subie par toi, \u00e0 moins qu&#8217;un substitut acceptable puisse prendre ta place pour la subir. Nous avons vu clairement que le ch\u00e2timent ou la sentence prononc\u00e9e contre l&#8217;humanit\u00e9 n&#8217;\u00e9tait pas la torture \u00e9ternelle, mais ainsi que l&#8217;exposa clairement et nettement le Cr\u00e9ateur \u00e0 Adam, c&#8217;\u00e9tait la mort. Supposer que c&#8217;\u00e9tait une autre punition quelconque que la mort, serait supposer que Dieu avait agi malhonn\u00eatement avec Adam et Eve en Eden, qu&#8217;il les avait mal renseign\u00e9s et tromp\u00e9s. Nous avons vu qu&#8217;une condamnation \u00e0 mort \u00e9tait une juste sentence contre le p\u00e9ch\u00e9, que la vie \u00e9tant un don conditionnel, le Cr\u00e9ateur avait parfaitement le droit de la reprendre. Il n&#8217;est pas n\u00e9cessaire, par contre, d&#8217;\u00eatre d&#8217;une intelligence sp\u00e9ciale pour discerner qu&#8217;infliger une \u00e9ternit\u00e9 de torture \u00e0 Adam, le p\u00e8re, n&#8217;aurait pas \u00e9t\u00e9 un juste ch\u00e2timent pour avoir mang\u00e9 du fruit d\u00e9fendu, m\u00eame si cet acte de d\u00e9sob\u00e9issance avait \u00e9t\u00e9 commis avec toute la culpabilit\u00e9, l&#8217;obstination et l&#8217;intelligence imaginables. Bien plus, il n&#8217;aurait pas \u00e9t\u00e9 juste d&#8217;avoir permis que pareille sentence de torture \u00e9ternelle se r\u00e9percut\u00e2t sur les innombrables millions d&#8217;\u00eatres de la post\u00e9rit\u00e9 d&#8217;Adam. Chacun peut comprendre, par contre, que la sentence de mort avec son terrible cort\u00e8ge de maladies, de souffrances et d&#8217;afflictions qui s&#8217;abattirent sur Adam, le p\u00e8re, et par lui descendirent naturellement sur sa prog\u00e9niture (car d&#8217;une source impure ne peut jaillir une eau pure), constitue un ch\u00e2timent raisonnable et juste, c&#8217;est une condamnation devant laquelle toute bouche doit rester-close ; tous doivent en admettre la justice : la bont\u00e9 et la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de Dieu.<\/p>\n<p>Sachant d&#8217;une mani\u00e8re pr\u00e9cise ce qu&#8217;est la condamnation prononc\u00e9e contre le p\u00e9ch\u00e9, nous pouvons ais\u00e9ment saisir ce qu&#8217;il faut que la Justice exige comme paiement<\/p>\n<p>503<\/p>\n<p>de cette condamnation, avant que la \u00ab mal\u00e9diction puisse \u00eatre lev\u00e9e, et le coupable rel\u00e2ch\u00e9 de la grande prison de la mort (Es. 61 : 1). Ce ne fut pas parce que la race enti\u00e8re p\u00e9cha que la sentence fut prononc\u00e9e, mais parce qu&#8217;un seul homme p\u00e9cha, cette sentence de mort s&#8217;abattit directement sur Adam seul, et indirectement seulement par lui sur sa race, par h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 ; en plein accord avec ces faits, la Justice ne peut exiger qu&#8217;un prix correspondant. Il faut donc que la Justice demande la vie d&#8217;un autre homme \u00e0 la place de la vie d&#8217;Adam, avant de rel\u00e2cher Adam et sa race. Si le prix de cette condamnation \u00e9tait pay\u00e9, tout serait pay\u00e9, un seul sacrifice pour tous, de m\u00eame qu&#8217;un seul p\u00e9ch\u00e9 les englobait tous. Nous avons d\u00e9j\u00e0 vu que le parfait Adam, le transgresseur qui fut condamn\u00e9, n&#8217;\u00e9tait pas un ange, ni un archange, ni un dieu, mais un homme, de nature un peu inf\u00e9rieure \u00e0 celle des anges. La justice la plus stricte ne pouvait donc exiger de la part de celui qui voudrait se substituer \u00e0 Adam, que la m\u00eame nature, les m\u00eames qualit\u00e9s, la m\u00eame perfection, c&#8217;est-\u00e0-dire exiger qu&#8217;il f\u00fbt un homme parfait et libre de la condamnation divine. Nous avons vu qu&#8217;aucun \u00eatre semblable ne pouvait \u00eatre trouv\u00e9 parmi les hommes : tous \u00e9taient de la race d&#8217;Adam et participaient ainsi par h\u00e9r\u00e9dit\u00e9, \u00e0 son ch\u00e2timent et \u00e0 sa d\u00e9gradation. Il fut donc n\u00e9cessaire qu&#8217;un \u00eatre des lieux c\u00e9lestes ayant une nature spirituelle, pr\u00eet la nature humaine et s&#8217;offr\u00eet alors comme substitut, en ran\u00e7on pour Adam et pour tous ceux qui ont perdu la vie par lui.<\/p>\n<p>Parmi les anges qui avaient conserv\u00e9 leur premier \u00e9tat et leur fid\u00e9lit\u00e9 envers Dieu, il aurait sans aucun doute pu s&#8217;en trouver beaucoup qui, joyeusement, se seraient engag\u00e9s \u00e0 accomplir la volont\u00e9 du P\u00e8re et \u00e0 devenir le prix de la ran\u00e7on ; mais une telle t\u00e2che constituait la plus grande mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve, le plus s\u00e9v\u00e8re examen auquel la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 Dieu pouvait \u00eatre soumise ; c&#8217;est pourquoi, celui qui manifesterait ainsi son d\u00e9vouement, sa fid\u00e9lit\u00e9<\/p>\n<p>504<\/p>\n<p>et sa foi serait digne d&#8217;occuper la position la plus \u00e9lev\u00e9e parmi tous les fils ang\u00e9liques de Dieu, bien au-dessus des anges, principaut\u00e9s et puissances, et de tout nom qui se nomme. Il entrait, en outre, dans les desseins de Dieu, de se servir de cette occasion pour d\u00e9montrer que quiconque cherche \u00e0 satisfaire ses propres ambitions \u00e9go\u00efstes (comme le fit Satan), sera abaiss\u00e9, avili, tandis qu&#8217;au contraire, quiconque s&#8217;humiliera le plus compl\u00e8tement, pour ob\u00e9ir \u00e0 la volont\u00e9 et au plan du P\u00e8re C\u00e9leste, sera \u00e9lev\u00e9 en cons\u00e9quence. Dieu a dispos\u00e9 Son plan de mani\u00e8re \u00e0 ce que cette condition f\u00fbt une n\u00e9cessit\u00e9 pour que par cette manifestation de sympathie et d&#8217;amour divins pour le monde, une occasion p\u00fbt aussi \u00eatre accord\u00e9e pour manifester l&#8217;amour, l&#8217;humilit\u00e9 et l&#8217;ob\u00e9issance de l&#8217;Unique Engendr\u00e9 du P\u00e8re, son Fils bien-aim\u00e9 qu&#8217;il prenait plaisir \u00e0 honorer.<\/p>\n<p>Ainsi que nous l&#8217;avons vu, notre Seigneur J\u00e9sus (que, dans sa condition pr\u00e9-humaine, nous reconnaissons comme \u00e9tant l&#8217;archange le plus \u00e9lev\u00e9 ou le principal messager, le Logos, l&#8217;Unique Engendr\u00e9 du P\u00e8re, plein de gr\u00e2ce et de v\u00e9rit\u00e9) avait, jusque-l\u00e0, \u00e9t\u00e9 l&#8217;agent de J\u00e9hovah dans toute l&#8217;\u0153uvre de la cr\u00e9ation. Etant le premier engendr\u00e9, il avait \u00e9t\u00e9 avec le P\u00e8re, d\u00e8s avant la cr\u00e9ation de tous les autres, l&#8217;avait connu intimement, avait contempl\u00e9 sa gloire et avait \u00e9t\u00e9 le canal de sa puissance. Vu que notre Seigneur \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le premier, le plus \u00e9lev\u00e9 dans le Royaume c\u00e9leste, apr\u00e8s le P\u00e8re, l&#8217;Ap\u00f4tre nous informe que cette \u0153uvre de R\u00e9demption \u2014 ce privil\u00e8ge d&#8217;ex\u00e9cuter la volont\u00e9 divine \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de l&#8217;homme &#8212; lui fut donn\u00e9e comme marque de confiance sp\u00e9ciale et comme une faveur \u00e0 cause des honneurs qui, selon la loi divine, devraient \u00eatre accord\u00e9s \u00e0 celui qui aurait fait preuve d&#8217;une si grande ob\u00e9issance, d&#8217;une si grande humilit\u00e9, d&#8217;un si grand sacrifice (Matth. 23 : 12 ; Jacq. 4 : 10 ; 1 Pi. .5 : 6). Confiant dans le Fils, et d\u00e9sirant qu&#8217;il parv\u00eent \u00e0 la haute exaltation qui r\u00e9sulterait de cette fid\u00e9lit\u00e9, le<\/p>\n<p>505<\/p>\n<p>P\u00e8re donna la premi\u00e8re occasion \u00e0 celui qui, dans tout le pass\u00e9, jouissait de la pr\u00e9\u00e9minence dans le plan divin, de fa\u00e7on qu&#8217;il p\u00fbt continuer \u00e0 \u00eatre le pr\u00e9\u00e9minent \u00ab afin qu&#8217;en, toutes choses il t\u00eent, lui, la premi\u00e8re place ; car en lui, toute la pl\u00e9nitude s&#8217;est plu \u00e0 habiter, \u00e0 r\u00e9concilier toutes choses avec elle-m\u00eame, ayant fait la paix par le sang de sa croix, par lui, soit les choses qui sont sur la terre, soit les choses qui sont dans les cieux [les hommes d\u00e9chus et les anges d\u00e9chus, recouvrant et r\u00e9conciliant tous ceux d&#8217;entre eux qui, lorsqu&#8217;une occasion compl\u00e8te leur sera offerte, voudront rentrer dans la faveur divine] \u00bb. \u2014 Col. 1 : 18-20.<\/p>\n<p>Le choix d&#8217;un \u00eatre-esprit pour qu&#8217;il dev\u00eent le R\u00e9dempteur de l&#8217;homme, n&#8217;implique pas que le sacrifice de l&#8217;existence d&#8217;un \u00eatre-esprit \u00e9tait n\u00e9cessaire comme prix de la r\u00e9demption de l&#8217;existence d&#8217;un \u00eatre terrestre ; tout au contraire, la Justice divine ne pouvait pas plus accepter pour l&#8217;homme le sacrifice d&#8217;un \u00eatre-esprit qu&#8217;accepter celui des taureaux et des boucs comme prix de la ran\u00e7on. De m\u00eame que le sang des taureaux et des boucs ne pouvait jamais \u00f4ter le p\u00e9ch\u00e9, parce que ces animaux \u00e9taient d&#8217;une nature inf\u00e9rieure, ainsi la mort d&#8217;anges ou d&#8217;archanges n&#8217;aurait jamais pu enlever le p\u00e9ch\u00e9 d&#8217;Adam, ni devenir pour lui un sacrifice de r\u00e9conciliation convenable, parce qu&#8217;ils n&#8217;\u00e9taient pas de sa nature (humaine). C&#8217;\u00e9tait la vie de l&#8217;homme qui avait \u00e9t\u00e9 perdue par le p\u00e9ch\u00e9, et seule la vie d&#8217;un homme pouvait \u00eatre accept\u00e9e comme prix de la r\u00e9demption, comme prix de la ran\u00e7on. C&#8217;est pour cette raison qu&#8217;il \u00e9tait n\u00e9cessaire que notre Seigneur quitt\u00e2t la gloire de sa condition pr\u00e9-humaine, s&#8217;humili\u00e2t et dev\u00eent un homme, parce que c&#8217;est seulement en devenant un homme qu&#8217;il pouvait donner le prix de la ran\u00e7on.<\/p>\n<p>Tout en montrant que notre Seigneur s&#8217;humilia en abandonnant la nature spirituelle sup\u00e9rieure, et en prenant la nature humaine inf\u00e9rieure, les \u00c9critures n&#8217;indiquent nulle part ceci comme \u00e9tant notre offrande pour<\/p>\n<p>506<\/p>\n<p>le p\u00e9ch\u00e9. Au contraire, il s&#8217;humilia ainsi, pour devenir l&#8217;offrande pour le p\u00e9ch\u00e9 et payer le prix de notre ran\u00e7on. L&#8217;Ap\u00f4tre indique clairement cela en disant : \u00ab Certes, il ne prit pas la nature des anges [comme s&#8217;il faisait allusion aux anges qui p\u00e9ch\u00e8rent], mais il prit la semence d&#8217;Abraham \u00bb. Etant donn\u00e9 que les enfants dont Dieu avait pr\u00e9vu et d\u00e9cid\u00e9 la r\u00e9demption, la d\u00e9livrance de l&#8217;esclavage du p\u00e9ch\u00e9 et de la &#8216;corruption, participaient \u00e0 la chair et au sang, \u00ab lui aussi y a particip\u00e9 [au sang et \u00e0 la chair, la nature humaine], afin que par la mort, il rend\u00eet impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c&#8217;est-\u00e0-dire le diable \u00bb, et les d\u00e9livr\u00e2t (H\u00e9b. 2 : 14, 16). Il d\u00e9montre la chose plus explicitement encore, en disant :<\/p>\n<p>Car puisque la mort est par un homme, c&#8217;est par un homme aussi qu&#8217;est la r\u00e9surrection des morts \u00bb (1 Cor. 15 : 21). L&#8217;Ap\u00f4tre Jean porte un t\u00e9moignage analogue en ces mots : \u00ab La Parole fut faite chair \u00bb (Jean 1 : 14). Notre Seigneur J\u00e9sus le confirma aussi, apr\u00e8s \u00eatre venu dans le monde et apr\u00e8s avoir atteint l&#8217;\u00e2ge viril, disant : \u00ab Dieu n&#8217;a pas, envoy\u00e9 son Fils dans le monde afin qu&#8217;il juge\u00e2t le monde, mais afin que le monde f\u00fbt sauv\u00e9 par lui \u00bb (Jean 3 : 17). Il ne nous donne pas \u00e0 entendre que le monde avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9, ou que quelque chose avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait pour le salut du monde, sauf l&#8217;envoi de celui qui, par son propre sacrifice, rach\u00e8terait le monde. La premi\u00e8re \u00e9tape dans l&#8217;accomplissement de sa mission fut indiqu\u00e9e par les paroles de notre Seigneur : \u00ab Le Fils de l&#8217;homme n&#8217;est pas venu pour \u00eatre servi, mais pour servir [les autres] et pour donner sa vie en ran\u00e7on pour plusieurs \u00bb (Marc 10 : 45). Nous avons ici la preuve positive qu&#8217;en abandonnant la gloire qu&#8217;il avait aupr\u00e8s du P\u00e8re avant que le monde f\u00fbt,<\/p>\n<p>507<\/p>\n<p>et en \u00e9changeant une nature sup\u00e9rieure contre la nature humaine, notre Seigneur n&#8217;avait pas, \u00e0 ce Moment-l\u00e0, donn\u00e9 sa vie en ran\u00e7on, mais avait simplement fait les pr\u00e9paratifs n\u00e9cessaires pour accomplir cette \u0153uvre qu&#8217;il \u00e9tait sur le point d&#8217;accomplir. Cela est en outre confirm\u00e9 par le fait qu&#8217;apr\u00e8s avoir atteint l&#8217;\u00e2ge viril fix\u00e9 par la loi, d\u00e8s qu&#8217;il fut \u00e2g\u00e9 de trente ans, il se pr\u00e9senta de suite en sacrifice vivant, consacrant sa vie, la d\u00e9posant comme cela fut repr\u00e9sent\u00e9 par son immersion symbolique effectu\u00e9e par Jean au Jourdain.<\/p>\n<p>L\u00e0 s&#8217;accomplit, comme l&#8217;Ap\u00f4tre le montre, la proph\u00e9tie de jadis : \u00ab Voici, je viens (il est \u00e9crit de moi dans le rouleau du livre) pour faire, O Dieu, ta volont\u00e9 \u00bb. Il \u00e9tait venu pour faire la volont\u00e9 de Dieu, pour offrir le sacrifice pour les p\u00e9ch\u00e9s ; donc il ne l&#8217;avait pas offert auparavant. Dans cet acte de cons\u00e9cration, il se pr\u00e9sentait lui-m\u00eame en sacrifice vivant, au service de Dieu, m\u00eame jusqu&#8217;\u00e0 la Mort. Remarquez que c&#8217;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que, selon l&#8217;ap\u00f4tre, il mit de c\u00f4t\u00e9 les, sacrifices-types de l&#8217;Alliance de la Loi, afin de pouvoir \u00e9tablir le second, l&#8217;antitype, le sacrifice r\u00e9el pour les p\u00e9ch\u00e9s, sa propre mort (et celle de ses membres) afin de sceller la Nouvelle Alliance entre Dieu et les hommes, par lui-m\u00eame, comme M\u00e9diateur de la Nouvelle Alliance. Notre texte nous dit la m\u00eame chose : que ce fut \u00ab l&#8217;homme Christ-J\u00e9sus qui se donna lui-m\u00eame en ran\u00e7on pour tous \u00bb, et non pas le Logos pr\u00e9-humain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>LA PREMI\u00c8RE \u00c9TAPE DU PROGRAMME<\/p>\n<p>L&#8217;Ap\u00f4tre (H\u00e9b. 2 : 5-9) passe en revue tout le plan de Dieu ; il remarque les promesses divines du r\u00e9tablissement humain, cite le Proph\u00e8te David (Ps. 8 : 4-8) d\u00e9clarant que le plan divin a pour but final la perfection du genre humain, comme ma\u00eetre de la terre, gouvernant la terre et ses cr\u00e9atures, en harmonie avec les lois du Cr\u00e9ateur divin, et ajoute : \u00ab Nous ne voyons pas encore<\/p>\n<p>508<\/p>\n<p>que toutes choses lui soient assujetties, [\u00e0 l&#8217;homme; comme l&#8217;indique la proph\u00e9tie] \u00bb. Nous ne voyons pas encore l&#8217;homme \u00e0 l&#8217;image de Dieu et ma\u00eetre de la terre, mais nous voyons bien la premi\u00e8re \u00e9tape de ce programme, c&#8217;est-\u00e0-dire : \u00ab Nous voyons J\u00e9sus, qui a \u00e9t\u00e9 fait un peu moindre que les anges \u00e0 cause .de la passion de la mort, couronn\u00e9 de gloire et d&#8217;honneur [la perfection de la nature humaine], en sorte que par la gr\u00e2ce de Dieu, il go\u00fbt\u00e2t la mort pour chacun [rendant ainsi possible le r\u00e9tablissement humain] \u00bb. Nous voyons l&#8217;\u0153uvre du salut de l&#8217;homme ainsi commenc\u00e9e par J\u00e9hovah, qui pourvut au prix d&#8217;une ran\u00e7on appropri\u00e9e pour notre r\u00e9demption ; il trouva un \u00eatre dont la gloire, l&#8217;honneur et la perfection humaine absolue, \u00e9taient semblables \u00e0 ceux du premier Adam. A cette fin et dans ce but, cet \u00eatre avait quitt\u00e9 les gloires d&#8217;une nature sup\u00e9rieure et avait \u00e9t\u00e9 fait inf\u00e9rieur aux anges, bien qu&#8217;ant\u00e9rieurement il poss\u00e9d\u00e2t une nature sup\u00e9rieure \u00e0 la leur. Nous le voyons, choisi, dans le dessein de \u00ab go\u00fbter la mort pour tous \u00bb. Nous voyons qu&#8217;il prit la nature humaine \u00ab pour la passion de la mort \u00bb, le ch\u00e2timent m\u00eame qui \u00e9tait appliqu\u00e9 \u00e0 notre race. En constatant ces choses, nous pouvons nous r\u00e9jouir que les mis\u00e9ricordieux desseins de notre P\u00e8re c\u00e9leste pour assurer notre ran\u00e7on et notre r\u00e9tablissement, et notre pleine r\u00e9conciliation avec lui, ont \u00e9t\u00e9 suffisamment \u00e9tablis et sur un plan de justice absolue, ce qui permit \u00e0 Dieu d&#8217;\u00eatre juste tout en justifiant ceux qui croient en J\u00e9sus. Le sacrifice que notre Seigneur J\u00e9sus donna ainsi pour le p\u00e9ch\u00e9 de l&#8217;homme ne fut pas un sacrifice spirituel, lequel n&#8217;aurait pas \u00e9t\u00e9 un sacrifice appropri\u00e9, acceptable, parce qu&#8217;il n&#8217;aurait pas \u00e9t\u00e9 \u00ab un prix correspondant \u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire en tous points le prix exact de la ran\u00e7on d&#8217;Adam.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>SIGNIFICATION DE \u00ab RAN\u00c7ON \u00bb ET DE \u00ab RACHETER \u00bb<\/p>\n<p>Ceci nous am\u00e8ne \u00e0 examiner le terme ran\u00e7on qui, dans<\/p>\n<p>509<\/p>\n<p>le Nouveau Testament, a un sens tr\u00e8s restreint et bien d\u00e9fini. Il ne s&#8217;y trouve que deux fois : une premi\u00e8re fois dans la description faite par notre Seigneur de l&#8217;\u0153uvre qu&#8217;il accomplissait, et une seconde fois dans la description faite par l&#8217;Ap\u00f4tre de cette \u0153uvre achev\u00e9e,\u2014 notre texte. L&#8217;expression grecque employ\u00e9e par notre Seigneur est lutron-anti, ce qui signifie \u00ab un prix en compensation, ou un prix correspondant \u00bb. Ainsi, notre Seigneur d\u00e9clara : \u00ab Le Fils de l&#8217;Homme est venu pour&#8230; donner sa vie en ran\u00e7on [lutron-anti \u2014 un prix qui correspond \u00e0] pour plusieurs \u00bb (Marc 10 : 45). L&#8217;Ap\u00f4tre Paul emploie les m\u00eames mots mais les dispose diff\u00e9remment, anti-lutron, qui signifient \u00ab un prix correspondant \u00bb, disant : \u00ab L&#8217;Homme Christ-J\u00e9sus qui s&#8217;est donn\u00e9 lui-m\u00eame en ran\u00e7on [anti-lutron \u2014 prix correspondant] pour tous, t\u00e9moignage en son propre temps \u00bb. \u2014 1 Tim. 2 : 6.<\/p>\n<p>Il est impossible d&#8217;ergoter ou de chicaner sur le sens de ces textes. Ce n&#8217;est qu&#8217;en alt\u00e9rant, en faussant la Parole de Dieu, que l&#8217;on peut \u00eatre aveugle, au point de ne pas voir la force et le sens r\u00e9el du t\u00e9moignage du Seigneur quant \u00e0 l&#8217;\u0153uvre qui a \u00e9t\u00e9 accomplie par notre grand M\u00e9diateur. Plus nous concentrons nos pens\u00e9es sur la ran\u00e7on ou \u00ab prix correspondant \u00bb, plus cette notion nous appara\u00eet puissante et plus elle projette de lumi\u00e8re sur l&#8217;\u0153uvre enti\u00e8re de la R\u00e9conciliation. La pens\u00e9e, la seule pens\u00e9e qu&#8217;elle renferme, est que, de m\u00eame qu&#8217;Adam, par la d\u00e9sob\u00e9issance perdit son existence, son \u00e2me, tous ses droits \u00e0 la vie et \u00e0 la terre, ainsi Christ J\u00e9sus, notre Seigneur, par sa mort comme prix correspondant, paya la valeur compl\u00e8te et exacte de l&#8217;\u00e2me, ou de l&#8217;existence d&#8217;Adam le p\u00e8re et, de ce fait, l&#8217;existence de toute sa post\u00e9rit\u00e9, de toute \u00e2me humaine, tous participant \u00e0 la chute et \u00e0 la perte d&#8217;Adam (Rom. 5 : 12).<\/p>\n<p>Cette m\u00eame pens\u00e9e est abondamment exprim\u00e9e dans beaucoup d&#8217;autres passages des \u00c9critures qui parlent de l&#8217;\u0153uvre de notre Seigneur comme celle d&#8217;un rachat, d&#8217;un<\/p>\n<p>510<\/p>\n<p>achat, etc. Nous avons dirig\u00e9 sp\u00e9cialement l&#8217;attention sur le mot \u00ab ran\u00e7on \u00bb, anti-lutron, parce qu&#8217;il exprime cette pens\u00e9e sous la forme la plus pure et la plus claire. Les mots \u00ab racheter \u00bb, \u00ab rachet\u00e9 \u00bb, \u00ab r\u00e9dempteur \u00bb et \u00ab r\u00e9demption \u00bb, renferment bien l&#8217;id\u00e9e du paiement d&#8217;un prix, mais \u00e9galement celle d&#8217;une mise en libert\u00e9, d&#8217;une lib\u00e9ration de ceux pour qui le prix fut pay\u00e9. C&#8217;est pourquoi ces mots, tant en fran\u00e7ais que dans l&#8217;original, sont parfois employ\u00e9s pour d\u00e9signer le sacrifice, ou le don du prix de la r\u00e9demption, et d&#8217;autres fois, ils se rapportent \u00e0 la mise en libert\u00e9 des rachet\u00e9s, \u00e0 leur d\u00e9livrance. Les nombreux ennemis de la doctrine de la ran\u00e7on, dont le chef est Satan, essaient parfois, avec une grande ruse, de d\u00e9tourner l&#8217;attention du prix donn\u00e9 pour lib\u00e9rer l&#8217;homme de la mal\u00e9diction de la mort ; ils montrent tels des textes des \u00c9critures dans lesquels les mots \u00ab racheter \u00bb et \u00ab\u00a0r\u00e9demption \u00bb sont appliqu\u00e9s simplement touchant la d\u00e9livrance compl\u00e8te de l&#8217;humanit\u00e9 des liens de la mort. En attirant l&#8217;attention sur la d\u00e9livrance, et en \u00ab falsifiant la Parole de Dieu \u00bb, ils essayent d&#8217;obscurcir le fait que la d\u00e9livrance future, que toutes les b\u00e9n\u00e9dictions actuelles et futures, accord\u00e9es \u00e0 l&#8217;humanit\u00e9 par la gr\u00e2ce divine, viennent du Fils et par le moyen du sacrifice de lui-m\u00eame pour la ran\u00e7on, qu&#8217;il donna en notre faveur et qui lut \u00ab accompli \u00bb au Calvaire. \u2014 Jean 19 : 30.<\/p>\n<p>Les traducteurs de la version commune anglaise de la Bible cuit \u00e0 leur insu, aid\u00e9 ces adversaires de la ran\u00e7on en se servant du terme \u00ab racheter \u00bb pour traduire des termes grecs qui ont des significations consid\u00e9rablement diff\u00e9rentes. Afin que le lecteur puisse avoir cette question clairement \u00e0 l&#8217;esprit, nous citerons ici tous les divers termes grecs rendus par \u00ab racheter \u00bb, \u00ab rachet\u00e9 \u00bb et \u00ab r\u00e9demption \u00bb, et apr\u00e8s chacun, nous donnerons la d\u00e9finition fournie par l&#8217;\u00e9rudit lexicographe, le Prof. Young, dans son Analytical Concordance :<\/p>\n<p>Le terme \u00ab racheter \u00bb est parfois employ\u00e9 pour traduire<\/p>\n<p>511<\/p>\n<p>le terme grec agorazo. Le Prof. Young le d\u00e9finit ainsi : acqu\u00e9rir sur le forum \u00bb, ou plus litt\u00e9ralement encore, il signifierait : acheter sur le march\u00e9 public, car la racine du mot, agora, signifie place du march\u00e9 et est ainsi employ\u00e9 maintes fois dans les \u00c9critures : Matth. 20 : 3 ; Marc 12 : 38 ; Luc 7 : 32 ; Actes 16 : 19. Les exemples qui suivent sont tous ceux dans lesquels le terme agorazo est traduit par \u00ab rachet\u00e9 \u00bb dans le Nouveau Testament :<\/p>\n<p>\u00ab Tu as \u00e9t\u00e9 immol\u00e9 et tu as achet\u00e9 pour Dieu par ton sang \u00bb. &#8211; Apoc. 5 : 9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et personne ne pouvait apprendre le cantique sinon les cent quarante-quatre milliers qui ont \u00e9t\u00e9 achet\u00e9s de la terre \u00bb. \u2014 Apoc. 14 : 3.<\/p>\n<p>\u00ab Ceux qui ont \u00e9t\u00e9 achet\u00e9s d&#8217;entre les hommes, des pr\u00e9mices \u00e0 Dieu et \u00e0 l&#8217;Agneau \u00bb. \u2014 Apoc. 14 : 4.<\/p>\n<p>Dans chacun de ces cas, l&#8217;id\u00e9e est celle d&#8217;un achat public, et tous les autres emplois de ce terme agorazo, dans tout le Nouveau Testament, soutiennent avec force ce sens nettement commercial. Il se trouve en tout trente et une fois dans le Nouveau Testament. Dans les trois exemples ci-dessus, il est traduit par rachet\u00e9, dans treize exemples par achet\u00e9 et dans quinze cas par acheter. Nous attirons sp\u00e9cialement l&#8217;attention sur sa signification, en raison de la tendance \u00e0 nier qu&#8217;il y eut un achat de notre race effectu\u00e9 par un prix donn\u00e9 pour obtenir la lib\u00e9ration de l&#8217;homme de la a mal\u00e9diction \u00bb ; cette tendance qui pr\u00e9domine et grandit est tr\u00e8s subversive de la \u00ab vraie foi une fois transmise aux saints \u00bb..<\/p>\n<p>Un autre terme traduit par \u00ab racheter \u00bb, \u00ab rachet\u00e9 \u00bb et e r\u00e9demption \u00bb, est apparent\u00e9 au terme ci-dessus et tir\u00e9 de lui par l&#8217;adjonction d&#8217;un pr\u00e9fixe, ex, qui signifie<\/p>\n<p>512<\/p>\n<p>hors de, c&#8217;est le mot exagorazo. Le Prof. Young en donne la d\u00e9finition suivante : \u00ab acqu\u00e9rir sur le forum \u00bb ou, plus litt\u00e9ralement encore : acheter publiquement et prendre possession de. Les seuls emplois de ce terme dans le Nouveau Testament sont les suivants :<\/p>\n<p>\u00ab Christ nous a rachet\u00e9s de la mal\u00e9diction de la Loi, \u00e9tant devenu mal\u00e9diction pour nous \u00bb (Gal. 3 : 13). L&#8217;Ap\u00f4tre indique ici que les chr\u00e9tiens qui, autrefois \u00e9taient juifs et avaient par cons\u00e9quent \u00e9t\u00e9 sous l&#8217;Alliance juda\u00efque ou Alliance de la Loi, avaient non seulement \u00e9t\u00e9 achet\u00e9s de sa sentence, mais \u00e9taient en outre lib\u00e9r\u00e9s de sa domination. Le mot agorazo signifie l&#8217;achat, et le pr\u00e9fixe ex signifie la lib\u00e9ration procur\u00e9e par cet achat, de sorte qu&#8217;ils n&#8217;\u00e9taient plus d\u00e9sormais sous la domination de la Loi.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dieu a envoy\u00e9 son Fils, n\u00e9 de femme, sous la Loi, afin qu&#8217;Il rachet\u00e2t ceux qui \u00e9taient sous la Loi, afin que nous re\u00e7ussions l&#8217;adoption (filiation)\u00a0\u00bb (Gal.- 4 : 4, 5). Cet expos\u00e9 est semblable au pr\u00e9c\u00e9dent et signifie l&#8217;achat du peuple juif rachet\u00e9 ainsi de la domination de la Loi, et la lib\u00e9ration des croyants du joug de cette loi, afin qu&#8217;ils puissent devenir des fils de Dieu. \u2014 Comparez avec Jean 1 : 12.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Prenez donc garde \u00e0 marcher soigneusement, non pas comme \u00e9tant d\u00e9pourvus de sagesse, mais comme \u00e9tant sages, rachetant le temps parce que les jours sont mauvais\u00a0\u00bb (Eph. 5 : 15, 16 ; Col. 4 : 5). Cet emploi du mot exagorazo est identique au pr\u00e9c\u00e9dent ; les disciples du Seigneur se rendent compte qu&#8217;ils vivent au milieu du mal dont la tendance est d&#8217;absorber leur \u00e9nergie, leur influence et leur temps par des choses coupables ou insens\u00e9es, ou pour le moins sans profit, en comparaison des int\u00e9r\u00eats plus importants qui leur tiennent<\/p>\n<p>513<\/p>\n<p>v\u00e9ritablement \u00e0 c\u0153ur, comme enfants de Dieu. Nous devons donc acheter du temps et le prendre sur notre temps mal employ\u00e9, en d\u00e9robant \u00e0 ces influences d\u00e9favorables une aussi grande proportion que possible de temps pour le consacrer \u00e0 des int\u00e9r\u00eats sup\u00e9rieurs : notre nourriture spirituelle personnelle et notre croissance spirituelle, et l&#8217;assistance des autres dans les choses spirituelles. Un tel achat nous co\u00fbtera un peu de renoncement \u00e0 nous-m\u00eames, de satisfaction de nos app\u00e9tits et penchants naturels, et un peu \u00e9galement de la bonne opinion et de 1-amiti\u00e9 des autres qui \u00ab trouveront \u00e9trange \u00bb que nous ne courions pas avec eux dans les m\u00eames exc\u00e8s qu&#8217;autrefois. &#8212; 1 Pi. 4 : 4.<\/p>\n<p>Un autre terme grec est \u00e9galement rendu par \u00ab racheter \u00bb, c&#8217;est lutroo. Le Prof. Young d\u00e9finit ainsi ce mot : c rel\u00e2cher par le moyen d&#8217;un prix \u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire lib\u00e9rer par le paiement d&#8217;un prix. La base ou la racine de ce mot est lutron qui, ainsi que nous l&#8217;avons dit plus haut avec anti, employ\u00e9 comme pr\u00e9fixe ou suffixe, signifie un prix correspondant.<\/p>\n<p>Ce terme \u00ab lutroo \u00bb se trouve trois fois dans le Nouveau Testament, dans les textes suivants : \u00ab Nous esp\u00e9rions qu&#8217;il \u00e9tait celui qui doit d\u00e9livrer Isra\u00ebl \u00bb \u2014 D. (Luc 24 : 21). Les Ap\u00f4tres \u00e9taient d\u00e9\u00e7us \u00e0 la mort de notre Seigneur, et firent voir cette d\u00e9ception en disant qu&#8217;ils avaient esp\u00e9r\u00e9 que le Seigneur aurait lib\u00e9r\u00e9 Isra\u00ebl du joug des Romains, par le paiement d&#8217;un prix. Ils n&#8217;avaient pas encore re\u00e7u le saint Esprit, et ne comprenaient pas la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur du plan divin, par lequel, non seulement Isra\u00ebl, mais le monde entier, \u00e9taient rachet\u00e9s, non seulement du joug des Romains, mais de celui de Satan et de la grande prison de la mort par le prix de la ran\u00e7on donn\u00e9 par notre Seigneur et consomm\u00e9 dans sa mort.<\/p>\n<p>514<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Notre Sauveur, J\u00e9sus-Christ qui s&#8217;est donn\u00e9 lui-m\u00eame pour nous, afin -qu&#8217;il nous rachet\u00e2t de toute iniquit\u00e9 \u00bb (Tite 2 : 14). Le prix que notre Seigneur donna au profit de toute l&#8217;humanit\u00e9 n&#8217;a pas seulement pour objet de procurer aux hommes un r\u00e9veil de la tombe, au propre temps de Dieu, pendant le Mill\u00e9nium, et une occasion, \u00e0 ce moment-l\u00e0, de venir en harmonie avec Dieu selon les termes de la Nouvelle Alliance, mais, en outre, il permet \u00e0 ceux qui \u00e9coutent la bonne nouvelle maintenant, d&#8217;\u00eatre d\u00e9livr\u00e9s actuellement d\u00e9j\u00e0 de l&#8217;esclavage de l&#8217;iniquit\u00e9 \u2014 afin que nous ne soyons plus d\u00e9sormais des serviteurs du p\u00e9ch\u00e9, mais devenions les serviteurs de celui qui mourut pour nous, qui nous acheta par son propre sang pr\u00e9cieux.<\/p>\n<ul>\n<li>Sachant que vous avez \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9s de votre vaine conduite, qui vous avait \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9e par vos p\u00e8res, non par des choses corruptibles, de l&#8217;argent ou de l&#8217;or, mais par le sang pr\u00e9cieux de Christ, comme d&#8217;un agneau sans d\u00e9faut et sans tache \u00bb (1 Pi. 1 : 18, 19). Ce texte renferme la m\u00eame pens\u00e9e que le pr\u00e9c\u00e9dent. Il se rapporte moins \u00e0 notre d\u00e9livrance finale de la mort par la r\u00e9surrection, qu&#8217;\u00e0 notre lib\u00e9ration actuelle d&#8217;une mauvaise conduite, d&#8217;une conversation futile, de propos insens\u00e9s et de l&#8217;iniquit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Cette libert\u00e9 fut achet\u00e9e pour nous par le sang de Christ, aussi bien que la libert\u00e9 plus grandiose de la r\u00e9surrection qui est encore future. Sans le paiement du prix de la ran\u00e7on, sans la satisfaction des exigences de la Justice, Dieu n&#8217;aurait pu nous accepter comme ses fils, ni nous traiter, de ce fait, comme des fils, ni nous sceller comme ses fils par l&#8217;esprit de filiation qui nous introduisit dans sa famille. Nous n&#8217;aurions pas pu non plus b\u00e9n\u00e9ficier des diff\u00e9rents instruments et agents actifs de sa gr\u00e2ce qui, maintenant, sont accessibles aux croyants et qui sont pour nous la puissance de Dieu \u00e0 salut. Cette puissance divine brise dans nos c\u0153urs la puissance du p\u00e9ch\u00e9, et \u00e9tablit \u00e0 sa place la disposition ou l&#8217;esprit du Seigneur, comme pouvoir r\u00e9gnant.<\/li>\n<li>515<\/li>\n<\/ul>\n<p>Un autre terme grec, lutrosis, est rendu par \u00ab r\u00e9demption \u00bb. Le Prof. Young le d\u00e9finit comme \u00ab une lib\u00e9ration \u00bb \u2014 litt\u00e9ralement rendre libre, d\u00e9livrance. Ce terme ne renferme pas l&#8217;id\u00e9e qu&#8217;un prix est pay\u00e9, et c&#8217;est pourquoi il n&#8217;aurait pas d\u00fb \u00eatre traduit par r\u00e9demption dans la Bible anglaise, mais plut\u00f4t par \u00ab d\u00e9livrance \u00bb. Ce terme se rencontre deux fois dans le Nouveau Testament :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Celle-ci (Anne) venant en ce m\u00eame moment, louait le Seigneur, et parlait de lui [l&#8217;enfant J\u00e9sus] \u00e0 tous ceux qui, \u00e0 J\u00e9rusalem, attendaient la d\u00e9livrance \u00bb (Luc 2 : 38). Anne parlait \u00e0 ceux qui, \u00e0 J\u00e9rusalem, attendaient la d\u00e9livrance, l&#8217;affranchissement du joug romain, mais ne comprenaient pas n\u00e9cessairement que la plus grande d\u00e9livrance devait venir par le paiement du prix d&#8217;une ran\u00e7on.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Christ \u00e9tant venu, souverain sacrificateur&#8230; non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, est entr\u00e9 une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une r\u00e9demption [d\u00e9livrance] \u00e9ternelle \u00bb (H\u00e9b. 9: 11, 12).<\/p>\n<p>L&#8217;Ap\u00f4tre n&#8217;indique pas ici comment notre Seigneur obtint la r\u00e9demption \u00e9ternelle de la d\u00e9livrance, et ne fait donc aucune allusion au prix pay\u00e9 ; il parle simplement de la d\u00e9livrance actuelle et future du peuple de Dieu et non de la m\u00e9thode par laquelle cette d\u00e9livrance fut assur\u00e9e, avant l&#8217;entr\u00e9e de &#8216;notre Seigneur dans le lieu saint (le sacrifice de lui-m\u00eame pour prix de la ran\u00e7on de l&#8217;homme).<\/p>\n<p>Un autre terme grec traduit par \u00ab rachet\u00e9 \u00bb dans le Nouveau Testament est : poieolutrosin. Le Prof. Young le d\u00e9finit ainsi : \u00ab rel\u00e2cher \u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire mettre en libert\u00e9, lib\u00e9rer. On ne le trouve qu&#8217;une seule fois :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0B\u00e9ni soit le Seigneur, le. Dieu d&#8217;Isra\u00ebl, car il a visit\u00e9 et sauv\u00e9 son peuple [litt. : a op\u00e9r\u00e9 la r\u00e9demption pour<\/p>\n<p>516<\/p>\n<p>son peuple \u2014 V. note D.] \u00bb (Luc 1 : 68). Le verset pr\u00e9c\u00e9dent montre que cette expression \u00e9tait une proph\u00e9tie, car elle parle ici de choses inachev\u00e9es comme si elles l&#8217;avaient \u00e9t\u00e9 ; le premier pas vers la d\u00e9livrance d&#8217;Isra\u00ebl avait \u00e9t\u00e9 fait, et l&#8217;on en parle avec joie comme si la chose enti\u00e8re \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 accomplie. Ce mot ne renferme pas l&#8217;id\u00e9e de la mani\u00e8re dont sera assur\u00e9e la d\u00e9livrance ; d&#8217;autres passages de l&#8217;\u00c9criture nous montrent, par contre, qu&#8217;elle est assur\u00e9e par le paiement d&#8217;un prix correspondant, d&#8217;une ran\u00e7on, et qu&#8217;elle doit venir par l&#8217;\u00e9tablissement du Royaume, de Dieu. Ce mot n&#8217;aurait pas d\u00fb \u00eatre traduit par \u00ab rachet\u00e9 \u00bb mais plut\u00f4t par d\u00e9livr\u00e9 ce qui aurait \u00e9vit\u00e9 toute confusion de pens\u00e9e chez le lecteur.<\/p>\n<p>Un autre terme grec, apolutrosis, a \u00e9t\u00e9 improprement traduit par \u00ab r\u00e9demption \u00bb. Il ne contient aucunement l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un prix d&#8217;achat mais signifie simplement d\u00e9livrance, mise en libert\u00e9. Le Prof. Young le d\u00e9finit ainsi comme \u00e9tant un \u00ab \u00e9largissement \u00bb, une \u00ab relaxation \u00bb. Le mot se rencontre dix fois, et n&#8217;est (dans l&#8217;anglais) convenablement traduit par \u00ab d\u00e9livrance \u00bb qu&#8217;une seule fois. Prenons-en note :<\/p>\n<p>(1) \u00ab Regardez en haut et levez vos t\u00eates, parce que votre r\u00e9demption [d\u00e9livrance] approche \u00bb (Luc 21 : 28). Il n&#8217;y a ici aucune allusion \u00e0 la ran\u00e7on ou aux conditions pr\u00e9c\u00e9dant la d\u00e9livrance de l&#8217;Eglise, mais simplement \u00e0 la d\u00e9livrance elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>(2) \u00ab Etant justifi\u00e9s gratuitement par sa gr\u00e2ce, par la r\u00e9demption [d\u00e9livrance] qui est dans le Christ J\u00e9sus \u00bb (Rom. 3 : 24). Dans ce texte l&#8217;Ap\u00f4tre ne fait pas allusion \u00e0 la ran\u00e7on, mais simplement \u00e0 la d\u00e9livrance, consid\u00e9r\u00e9e comme telle, dont les enfants de Dieu b\u00e9n\u00e9ficient maintenant, et bient\u00f4t effectivement par la r\u00e9surrection. Il traite de la question au point de vue divin : les croyants sont justifi\u00e9s gratuitement, sans conditions, en dehors de toute \u0153uvre m\u00e9ritoire de leur part. Ceci est accompli par la d\u00e9livrance que Dieu a accord\u00e9e en Christ J\u00e9sus, notre Seigneur. Dans le verset suivant, l&#8217;ap\u00f4tre poursuit en montrant comment cette d\u00e9livrance fut effectu\u00e9e, disant : \u00ab Que Dieu a pr\u00e9sent\u00e9 pour propitiation [litt\u00e9ralement : propitiatoire, canal de mis\u00e9ricorde] par la foi en son sang [le sacrifice, le prix de ran\u00e7on, donn\u00e9 pour les p\u00e9ch\u00e9s du monde entier] \u00bb.<\/p>\n<p>(3) \u00ab Mais nous-m\u00eames aussi [l&#8217;Eglise fid\u00e8le] &#8230;soupirons en nous-m\u00eames, attendant la filiation, la d\u00e9livrance de notre corps [l&#8217;Eglise, le Corps de Christ qui doit \u00eatre glorifi\u00e9 avec la t\u00eate, au propre temps] \u00bb (Rom. 8 : 23). Rien dans cette d\u00e9claration ne fait la moindre allusion \u00e0 la r\u00e9demption accomplie au Calvaire, au prix d&#8217;achat ; elle se rapporte purement et simplement \u00e0 la d\u00e9livrance de l&#8217;Eglise, laquelle doit \u00eatre une partie du r\u00e9sultat ou de la r\u00e9demption achev\u00e9e au Calvaire \u2014 la ran\u00e7on.<\/p>\n<p>(4) \u00ab Christ J\u00e9sus qui nous a \u00e9t\u00e9 fait sagesse de la part de Dieu, et justice, et saintet\u00e9 (sanctification), et r\u00e9demption [d\u00e9livrance] \u00bb (1 Cor. 1 : 30). Rien, ici, ne se rapporte au prix de la r\u00e9demption pay\u00e9 au Calvaire. L&#8217;ap\u00f4tre parle, non de ce que le Seigneur fit pour nous, mais de ce qu&#8217;il fera encore pour nous. Il est notre sagesse, en ce que nous devons laisser de c\u00f4t\u00e9 notre volont\u00e9 personnelle et accepter sa volont\u00e9, et en ce que nous avons ainsi un esprit de sobre bon sens et \u00ab marchons dans la sagesse \u00bb. Il est notre justice, en ce que, \u00e9tant notre repr\u00e9sentant, il se donna lui-m\u00eame en ran\u00e7on pour tous et, maintenant, dans sa justice, il repr\u00e9sente tous ceux qui viennent au P\u00e8re par lui. Il est notre sanctification en ce que, gr\u00e2ce \u00e0 ses m\u00e9rites, nous sommes accept\u00e9s, par le P\u00e8re comme des sacrifices vivants compt\u00e9s parfaits, bien qu&#8217;en r\u00e9alit\u00e9, ce soit la puissance de Christ en nous qui nous rende capables de nous offrir nous-m\u00eames en sacrifice vivant, de marcher sur ses traces et<\/p>\n<p>518<\/p>\n<p>d&#8217;accomplir les conditions de notre alliance. Il est notre celui qui, par la gr\u00e2ce de Dieu, nous racheta avec son d\u00e9livrance (mal rendu par \u00ab r\u00e9demption \u00bb) en ce fait que, pr\u00e9cieux sang vit, et que sa vie est la garantie que nous vivrons aussi ; qu&#8217;au temps convenable, il d\u00e9livrera de 1 l&#8217;esclavage de la corruption, de la mort, Son Eglise qu&#8217;il a rachet\u00e9e par son sang pr\u00e9cieux. L&#8217;Ap\u00f4tre fait allusion ici \u00e0 la d\u00e9livrance et non \u00e0 l&#8217;achat. C&#8217;est n\u00e9anmoins parce qu&#8217;il a fait l&#8217;achat, qu&#8217;il a le droit d&#8217;\u00eatre pour tous, sagesse, justice, sanctification, d\u00e9livrance.<\/p>\n<p>(5) \u00ab Il nous a rendus agr\u00e9ables dans le bien-aim\u00e9 en ce que nous avons la r\u00e9demption [d\u00e9livrance] par son sang, la r\u00e9mission des fautes selon les richesses de sa gr\u00e2ce \u00bb (Eph. 1 : 7). L&#8217;ap\u00f4tre ne fait pas allusion, ici, \u00e0 la r\u00e9demption achev\u00e9e au Calvaire. Au- contraire, il parle de notre acceptation par le P\u00e8re, et d\u00e9clare que cette acceptation par J\u00e9hovah est bas\u00e9e sur quelque chose qu&#8217;il fit pour nous dans le Bien-aim\u00e9, notre Seigneur J\u00e9sus, par le sang (le sacrifice, la ran\u00e7on) duquel nous avons la d\u00e9livrance. La construction de la phrase montre que l&#8217;Ap\u00f4tre parlait de notre d\u00e9livrance de la condamnation du p\u00e9ch\u00e9, la mort, car explique-t-il, cette d\u00e9livrance consiste dans \u00ab la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s \u00bb. Le sens de ce passage est donc celui-ci : Le P\u00e8re c\u00e9leste qui avait d\u00e9j\u00e0, dans son esprit, pr\u00e9destin\u00e9 l&#8217;adoption d&#8217;un \u00ab petit troupeau \u00bb pour \u00eatre des fils sur le plan de la nature divine, et coh\u00e9ritiers avec son Fils, premier engendr\u00e9 et Bien-aim\u00e9, notre Seigneur, fit tout ce qu&#8217;il \u00e9tait n\u00e9cessaire de faire, en mati\u00e8re de gr\u00e2ce, \u00e0 l&#8217;accomplissement de ce dessein, le sien envers nous. Il nous rendit agr\u00e9ables dans le Bien-aim\u00e9, car en lui, par son sang, par son sacrifice, nous avons la d\u00e9livrance de la mal\u00e9diction et de la col\u00e8re divines, c&#8217;est-\u00e0-dire le pardon de nos p\u00e9ch\u00e9s desquels nous sommes rendus libres ou justifi\u00e9s.<\/p>\n<p>(6) \u00ab Les arrhes de notre h\u00e9ritage pour la r\u00e9demption [d\u00e9livrance] de la possession acquise \u00bb (Eph. 1 : 14). La<\/p>\n<p>519<\/p>\n<p>possession que Christ acheta par le sacrifice pour les p\u00e9ch\u00e9s, en se substituant \u00e0 l&#8217;homme, comprend l&#8217;humanit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral ou, du moins, tous ceux qui accepteront la faveur aux conditions de l\u2019\u00c9vangile ; elle comprend \u00e9galement l&#8217;Eglise, l&#8217;\u00c9pouse. C&#8217;est dans le Royaume mill\u00e9naire que viendra le temps de la d\u00e9livrance, et c&#8217;est l&#8217;Eglise qui doit \u00eatre d\u00e9livr\u00e9e en premier lieu, \u00ab d\u00e8s l&#8217;aube du matin \u00bb. Mais la terre faisait partie de la possession originelle de l&#8217;homme et fut achet\u00e9e par le m\u00eame sacrifice une fois pouf toutes ; c&#8217;est pourquoi elle doit \u00eatre aussi d\u00e9livr\u00e9e de sa part de la mal\u00e9diction et deviendra comme le Jardin de l\u2019\u00c9ternel, le Paradis. L&#8217;achat est accompli, mais la d\u00e9livrance attend le \u00ab propre temps \u00bb de Dieu.<\/p>\n<p>(7) \u00ab En qui nous avons la r\u00e9demption [d\u00e9livrance] par son sang, la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s \u00bb (Col. 1 : 14).<\/p>\n<p>Cet expos\u00e9 est semblable au pr\u00e9c\u00e9dent. Nous, croyants,<\/p>\n<p>avons d\u00e9j\u00e0 la d\u00e9livrance, c&#8217;est-\u00e0-dire la r\u00e9mission de nos p\u00e9ch\u00e9s, et par suite, l&#8217;harmonie avec le P\u00e8re. Le mot<\/p>\n<p>\u00ab r\u00e9demption \u00bb ici ne s&#8217;applique pas au sacrifice pour les<\/p>\n<p>p\u00e9ch\u00e9s, mais \u00e0 son effet sur nous, nous lib\u00e9rant de nos p\u00e9ch\u00e9s. Cependant l&#8217;Ap\u00f4tre n&#8217;ignore pas le sacrifice, mais il d\u00e9clare que notre d\u00e9livrance de l&#8217;esclavage et de la domination du p\u00e9ch\u00e9, provient de l&#8217;efficacit\u00e9 du sang de notre Seigneur, de sa mort, de son sacrifice pour les p\u00e9ch\u00e9s, de la ran\u00e7on pay\u00e9e.<\/p>\n<p>(8) \u00ab N&#8217;attristez pas le saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez \u00e9t\u00e9 scell\u00e9s pour le jour de la r\u00e9demption [d\u00e9livrance] \u00bb (Eph. 4 : 30). Il n&#8217;y a ici aucune allusion faite au sacrifice de la ran\u00e7on accompli au Calvaire. Toutefois, ce n&#8217;est qu&#8217;apr\u00e8s que le sacrifice fut accompli et ses m\u00e9rites pr\u00e9sent\u00e9s dans le Tr\u00e8s-Saint et accept\u00e9s par le P\u00e8re que le saint Esprit vint sur chacun d&#8217;eux pour les sceller comme fils de Dieu. Mais maintenant, ceux qui ont \u00e9t\u00e9 scell\u00e9s doivent maintenir ce sceau de filiation, cet engendrement \u00e0 la nature divine, et ne pas le perdre.<\/p>\n<p>520<\/p>\n<p>Etre scell\u00e9 de l&#8217;Esprit, c&#8217;est avoir re\u00e7u les pr\u00e9mices de l&#8217;Esprit et c&#8217;est tout ce qui est accord\u00e9 pendant cette vie pr\u00e9sente, car pour obtenir la pleine mesure de la b\u00e9n\u00e9diction de la nature divine, nous devons attendre jusqu&#8217;au temps marqu\u00e9 par le P\u00e8re, \u00ab le jour de la d\u00e9livrance\u00bb, le Jour mill\u00e9naire, jour dans lequel la Bible d\u00e9clare de l&#8217;Eglise, l&#8217;\u00c9pouse de Christ que \u00ab Dieu la secourra au lever du matin \u00bb (Ps. 46 : 5). Quiconque perd le saint Esprit et son sceau n&#8217;aura ni part ni lot dans la premi\u00e8re r\u00e9surrection, au matin du \u00ab jour de la d\u00e9livrance [compl\u00e8te] \u00bb du pouvoir du p\u00e9ch\u00e9 et de la mort.<\/p>\n<p>(9) \u00ab Et c&#8217;est pourquoi il est le m\u00e9diateur de la Nouvelle Alliance, en sorte que la mort \u00e9tant intervenue pour la ran\u00e7on [d\u00e9livrance] des transgressions qui \u00e9taient sous la premi\u00e8re [ant\u00e9rieure] alliance, ceux qui sont appel\u00e9s re\u00e7oivent la promesse de l&#8217;h\u00e9ritage \u00e9ternel \u00bb (H\u00e9b. 9: 15). Une fois de plus, une traduction d\u00e9fectueuse cache en partie le sens du texte ; mais si, par contre, l&#8217;on discerne ici la pens\u00e9e de d\u00e9livrance, tout devient clair. Pour Isra\u00ebl, la mort de notre Seigneur avait une port\u00e9e plus grande pour les Juifs que pour les Gentils. Elle ne signifiait pas seulement la r\u00e9demption de la transgression adamique et de sa condamnation \u00e0 mort, mais elle signifiait en outre pour les Juifs la d\u00e9livrance de la \u00ab mal\u00e9diction \u00bb ou condamnation de l&#8217;Alliance de la Loi qui demeurait sur cette nation parce qu&#8217;elle \u00e9tait incapable de se soumettre \u00e0 ses exigences. Les Isra\u00e9lites subissaient la \u00ab mal\u00e9diction \u00bb qui vint sur Adam, au m\u00eame titre que le reste de l&#8217;humanit\u00e9 ; mais de plus, ils \u00e9taient sous la \u00ab mal\u00e9diction \u00bb de leur Alliance de la Loi institu\u00e9e par Mo\u00efse, son M\u00e9diateur, au Sina\u00ef. C&#8217;est \u00e0 cette double \u00abmal\u00e9diction \u00bb sur ce peuple que se rapportent les paroles du cantique qui dit :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Maudits de Dieu (par sa Loi) par rebellion,\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La gr\u00e2ce fit r\u00e9demption (une fois pour toutes) \u00bb.<\/p>\n<p>521<\/p>\n<p>(10) \u00ab D&#8217;autres furent tortur\u00e9s, n&#8217;acceptant pas la d\u00e9livrance\u00bb (H\u00e9b. 11 : 35). Cet exemple est le &#8216;seul dans lequel les traducteurs ont convenablement traduit ce terme : ils essay\u00e8rent probablement de le rendre par \u00ab r\u00e9demption \u00bb, et trouv\u00e8rent qu&#8217;il aurait plut\u00f4t \u00e9t\u00e9 \u00e9trange de dire : \u00ab n&#8217;acceptant pas la r\u00e9demption \u00bb, et alors, ils traduisirent correctement par \u00ab d\u00e9livrance \u00bb.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;Ancien Testament, les termes \u00ab racheter \u00bb, rachet\u00e9 \u00bb, \u00ab r\u00e9dempteur \u00bb et \u00ab r\u00e9demption \u00bb, sont, en g\u00e9n\u00e9ral, de bonnes traductions des mots h\u00e9breux originaux ; par ex. Geai signifie lib\u00e9rer par vengeance ou par remboursement (Young).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je sais que mon R\u00e9dempteur est vivant \u00bb. &#8211; Job 19 : 25.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et ils se souvenaient&#8230; Dieu tr\u00e8s-haut, leur R\u00e9dempteur \u00bb. \u2014 Ps. 78 : 35.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Qui rach\u00e8te ta vie de la fosse \u00bb. \u2014 Ps. 103 : 4.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Un de ses fr\u00e8res le rach\u00e8tera ; ou son oncle, ou le fils de son oncle le rach\u00e8tera\u00a0 ou si sa main y peut atteindre, il se rach\u00e8tera lui-m\u00eame \u00bb. L\u00e9v. 25 : 48, 49.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous vous \u00eates vendus pour rien, et vous serez rachet\u00e9s sans argent \u00bb. \u2014 Es. 52 : 3 ; comparez avec 1 Pi. 1 : 18.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et le R\u00e9dempteur viendra \u00e0 Sion \u00bb. \u2014 Esa\u00efe 59 : 20.<\/p>\n<p>Notre but, en citant les cas dans lesquels le terme r\u00e9demption para\u00eet dans nos Nouveaux Testaments fran\u00e7ais, est de pr\u00e9venir contre les m\u00e9thodes trompeuses de certains \u00e9crivains et professeurs usant de sophismes. Niant la ran\u00e7on, niant que le monde ait \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9 par la mort de J\u00e9sus, ils sont port\u00e9s \u00e0 citer des passages o\u00f9 le mot racheter figure improprement \u00e0 la place de d\u00e9livrer, et ensuite ils d\u00e9duisent que d\u00e9livrer est la seule acception du mot racheter, dans tous les cas. En raison de la n\u00e9gligence de nos traducteurs, la seule m\u00e9thode<\/p>\n<p>522<\/p>\n<p>s\u00fbre et convenable \u00e0 suivre chaque fois que l&#8217;a signification d&#8217;un mot a une grande port\u00e9e, est de se reporter terme original, et d&#8217;en v\u00e9rifier le sens.<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;en maintes occasions, le saint Esprit agissant par les \u00e9crivains du Nouveau Testament, a parl\u00e9 du rachat de notre race et du prix correspondant pay\u00e9, dans les termes les plus forts, interpr\u00e9tables seulement dans le sens de transaction commerciale, ou de la substitution du prix d&#8217;achat pour la chose achet\u00e9e. Nous avons montr\u00e9 aussi que dans d&#8217;autres cas o\u00f9 le mot employ\u00e9 signifie simplement d\u00e9livrance, rien ne contredit la pens\u00e9e que cette d\u00e9livrance sera assur\u00e9e comme r\u00e9sultat d&#8217;une ran\u00e7on [anti-lutron, prix correspondant], mais que g\u00e9n\u00e9ralement le contexte montre explicitement que c&#8217;est par ce moyen que la d\u00e9livrance est obtenue.<\/p>\n<p>Si, toutefois, les \u00c9critures assurent d&#8217;une mani\u00e8re aussi positive que notre R\u00e9dempteur acheta le monde au prix<\/p>\n<p>de sa propre vie, de \u00ab son sang pr\u00e9cieux \u00bb, c&#8217;est simplement afin de donner au peuple de Dieu une \u00ab pleine assurance de foi \u00bb, de lui faire conna\u00eetre que la r\u00e9mission de la peine de mort ne viole pas la justice de Dieu, mais, au contraire, lui donne toute satisfaction par son amour. Cela nous assure \u00e9galement que la loi divine est immuable, qu&#8217;elle ne pouvait \u00eatre viol\u00e9e, mais qu&#8217;au contraire, elle pourvut \u00e0 la r\u00e9demption en donnant un grand prix. Cette assurance que l&#8217;amour et la justice de Dieu agissent en complet accord, nous donne confiance que les m\u00eames principes continueront de gouverner l&#8217;univers \u00e0 toujours, nous convainc que, la \u00abcol\u00e8re \u00bb, la \u00ab mal\u00e9diction \u00bb sera lev\u00e9e pour tous ceux qui rentreront en accord avec Dieu par J\u00e9sus, le M\u00e9diateur, et que tous ceux qui ne profiteront pas de cette gr\u00e2ce seront engloutis dans la Seconde Mort, car \u00ab la col\u00e8re de Dieu demeure sur eux \u00bb. &#8211; Actes 3 : 23 ; Jean 3 : 36 ; Apoc. 22 : 3.<\/p>\n<p>Pourtant, en ce qui concerne les rachet\u00e9s, il importe<\/p>\n<p>523<\/p>\n<p>peu&#8217; de savoir comment l&#8217;amour et la justice de Dieu dispos\u00e8rent les choses en vue de notre pardon, car pour eux il est un don gratuit que l&#8217;on ne peut obtenir qu&#8217;en l&#8217;acceptant comme tel. Nous ne pouvons pas l&#8217;acheter, pas plus que nous ne pouvons donner \u00e0 Dieu de compensation pour ce \u00ab don \u00bb. La question se pose donc : Si c&#8217;est un \u00ab don \u00bb qui nous est fait, pourquoi devrions-nous nous mettre en peine d&#8217;en rechercher les causes et les raisons ? Pourquoi le Seigneur aurait-il pris soin de nous r\u00e9v\u00e9ler le fait que ce don nous fut procur\u00e9 \u00e0 un prix, qu&#8217;il co\u00fbta la mort de Christ ? Pourquoi les \u00c9critures nous montrent-elles d&#8217;une mani\u00e8re si pr\u00e9cise que sa mort fut le prix exact, le prix correspondant qui \u00e9tait d\u00fb pour nos p\u00e9ch\u00e9s ? Nous r\u00e9pondons que Dieu nous explique en d\u00e9tail ses actes en notre faveur, \u00e0 seule fin que nous puissions mieux comprendre sa personnalit\u00e9, ainsi que ses lois, leur coordination et leur fonctionnement. Il donne de telles explications afin que nous puissions comprendre qu&#8217;il n&#8217;abroge pas ou ne met pas de c\u00f4t\u00e9 sa propre sentence contre le p\u00e9ch\u00e9, qu&#8217;il ne d\u00e9clare pas le p\u00e9ch\u00e9 tol\u00e9rable, permis, excusable. Il d\u00e9sire que nous nous rendions compte que sa justice est absolue et qu&#8217;il ne saurait y avoir de conflit dans lequel son amour dominerait ou vaincrait ou abolirait la sentence de la justice que la seule mani\u00e8re dont sa juste condamnation du p\u00e9ch\u00e9 et des p\u00e9cheurs pouvait \u00eatre mise de c\u00f4t\u00e9 \u00e9tait de satisfaire aux exigences de la justice par un prix correspondant, une \u00ab ran\u00e7on \u00bb. L&#8217;homme avait p\u00e9ch\u00e9, l&#8217;homme avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 mort, l&#8217;homme \u00e9tait all\u00e9 dans la mort. Il ne pouvait donc y avoir aucune esp\u00e9rance pour l&#8217;homme, except\u00e9 si l&#8217;amour et la mis\u00e9ricorde pouvaient pourvoir \u00e0 un substitut pour Adam. Et un substitut, comme nous l&#8217;avons vu, devait n\u00e9cessairement \u00eatre de la m\u00eame nature qu&#8217;Adam, de la nature humaine ; il fallait \u00e9galement que le substitut f\u00fbt libre du p\u00e9ch\u00e9, libre de la mal\u00e9diction, libre de la col\u00e8re ; il devait \u00e9galement \u00eatre<\/p>\n<p>524<\/p>\n<p>saint, sans souillure et s\u00e9par\u00e9 des p\u00e9cheurs, approuv\u00e9 Dieu, comme l&#8217;\u00e9tait Adam avant sa transgression.<\/p>\n<p>Nous avons vu que notre Seigneur J\u00e9sus fut fait chair (non pas chair de p\u00e9ch\u00e9) mais saint, sans souillure et&#8217; s\u00e9par\u00e9 des p\u00e9cheurs (<em>page 103<\/em>), qu&#8217;ainsi, l&#8217;homme-Christ J\u00e9sus \u00e9tait un homme parfait, l&#8217;image exacte du premier homme, Adam ; de ce fait, nous saisissons qu&#8217;il \u00e9tait tout pr\u00eat pour \u00eatre notre R\u00e9dempteur, notre ran\u00e7on, pour donner sa vie.-et tous ses droits humains pour le rachat, la r\u00e9demption d&#8217;Adam et de la race d&#8217;Adam qui, en lui, perdit la vie et tous ses, droits humains. Nous avons vu que notre Seigneur, \u00ab l&#8217;homme Christ J\u00e9sus \u00bb consacra, sacrifia, abandonna en faveur de l&#8217;homme, tout ce qu&#8217;il avait. Ceci ressort clairement de son enseignement \u00e0 ce sujet. Il se repr\u00e9senta dans l&#8217;homme qui, ayant trouv\u00e9 un tr\u00e9sor cach\u00e9 dans un champ, s&#8217;en \u00e9tait all\u00e9 et avait vendu tout ce qu&#8217;il avait, et avait achet\u00e9 le champ (Matt. 13 : 44). Le champ repr\u00e9sente l&#8217;humanit\u00e9 ainsi que la terre elle-m\u00eame (Eph. 1 : 14). Dans cette humanit\u00e9, notre Seigneur vit un tr\u00e9sor &#8212; proph\u00e9tiquement il vit le r\u00e9sultat de l&#8217;\u0153uvre r\u00e9demptrice, la d\u00e9livrance d&#8217;un grand nombre d&#8217;humains de l&#8217;esclavage de la corruption \u00e0 la pleine libert\u00e9 des enfants de Dieu (l&#8217;Eglise dans l&#8217;Age actuel et, dans l&#8217;Age \u00e0 venir, ceux des humains qui seront dignes). C&#8217;est en raison de ce tr\u00e9sor que le champ fut achet\u00e9. Parlant du r\u00e9sultat de la ran\u00e7on et de l&#8217;\u0153uvre de r\u00e9demption, telle qu&#8217;elle sera finalement accomplie \u00e0 la fin de l&#8217;Age mill\u00e9naire, le Proph\u00e8te dit en parlant de notre Seigneur Il verra le travail de son \u00e2me, et sera satisfait \u00bb (Es. 53 : 11). Notre Seigneur fut pleinement satisfait de donner sa vie, et tout ce qu&#8217;il avait &#8216;alors, pour racheter le monde.<\/p>\n<p>525<\/p>\n<p>QUELLE RAN\u00c7ON FUT PAY\u00c9E POUR ADAM<\/p>\n<p>Ce que notre Seigneur fit pour nous, ce prix qu&#8217;il donna rit notre faveur, ce qu&#8217;il livra ou d\u00e9posa dans la mort, (levait correspondre exactement \u00e0 ce que fut le ch\u00e2timent de l&#8217;homme, puisque c&#8217;\u00e9tait un prix correspondant, \u00ab une ran\u00e7on pour tous \u00bb. Or, notre Seigneur n&#8217;alla pas nu tourment \u00e9ternel ; nous avons donc ce t\u00e9moignage Indiscutable que le tourment \u00e9ternel n&#8217;est pas du p\u00e9ch\u00e9 le salaire ordonn\u00e9 par le grand Juge, mais simplement une fausse croyance que le grand Adversaire et ceux qu&#8217;il a mystifi\u00e9s ont impos\u00e9e \u00e0 l&#8217;humanit\u00e9. Aussi certainement que ce que notre Seigneur souffrit en lieu et place de l&#8217;homme, comme substitut de ce dernier, fut la condamnation enti\u00e8re que les hommes, autrement, auraient \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de souffrir, aussi certainement ceci est la preuve positive que Dieu ne pensa jamais au tourment \u00e9ternel, ne l&#8217;infligea pas comme ch\u00e2timent aux humains et ne les en mena\u00e7a pas. Ceux qui connaissent le t\u00e9moignage de la Parole de Dieu, savent qu&#8217;elle d\u00e9clare que \u00ab Christ mourut pour nos p\u00e9ch\u00e9s \u00bb, qu&#8217; \u00ab il mourut, le juste pour les injustes, pour nous amener \u00e0 Dieu \u00bb ; qu&#8217; \u00ab il est la \u00ab\u00a0propitiation \u00bb (<em>Deux mots grecs sont traduits par \u00ab propitiation \u00bb. Hilasmos est traduit exactement par \u00ab propitiation \u00bb dans deux textes (1 Jean 2 : 2 ; 4 : 10), mais hilasterion est traduit \u00e0 tort par \u00ab propitiation \u00bb en Rom. 3 : 25, alors qu&#8217;il signifie propitiatoire, c&#8217;est-\u00e0-dire lieu de satisfaction ou propitiation. Le \u00ab Propitiatoire \u00bb ou couvercle de l&#8217;Arche de l&#8217;Alliance \u00e9tait le lieu o\u00f9 s&#8217;accomplissait la satisfaction \u2014 le propitiatoire ou hilasterion ; mais le sacrificateur, en aspergeant le sang de r\u00e9conciliation, le sang de l&#8217;offrande pour le p\u00e9ch\u00e9 sur le hilasterion accomplissait hilasmos, c&#8217;est-\u00e0-dire la satisfaction ou la propitiation pour les p\u00e9ch\u00e9s du peuple.<\/em>) [hilasmos : satisfaction] pour nos p\u00e9ch\u00e9s [les p\u00e9ch\u00e9s de l&#8217;Eglise], et non seulement pour les n\u00f4tres, mais pour ceux du monde entier \u00bb, que \u00ab l\u2019\u00c9ternel a fait retomber sur lui l&#8217;iniquit\u00e9 de nous tous et que par ses meurtrissures [les choses qu&#8217;il a souffertes \u00c0 notre place, le renoncement \u00e0 lui-m\u00eame jusqu&#8217;\u00e0 la mort], nous sommes gu\u00e9ris \u00bb. Quelle harmonie et quelle<\/p>\n<p>526<\/p>\n<p>logique on remarque dans cet expos\u00e9 scriptural des choses et combien totalement illogiques sont les tromperies de Satan contraires aux \u00c9critures et que nous a transmises la tradition, et qui sont devenues populaires ! \u2014 1 Cor. 15 : 3 ; 1 Pi. 3 : 18 ; 1 Jean 2 : 2 ; Es. 53 : 5, 6.<\/p>\n<p>\u00ab Le salaire du p\u00e9ch\u00e9, c&#8217;est &#8216;la mort \u00bb. \u00ab L&#8217;\u00e2me qui) p\u00e9chera, celle-l\u00e0 mourra \u00bb, disent les \u00c9critures (Rom. 6 : 23 ; Ez\u00e9ch. 18 : 4). Elles nous montrent ensuite comment ce salaire fut pay\u00e9 compl\u00e8tement en d\u00e9clarant : \u00ab Christ mourut pour nos p\u00e9ch\u00e9s, selon les \u00c9critures \u00bb et ressuscita pour notre justification (1 Cor. 15 : 3 ; Rom. 4: 25). Sa mort fut le prix de la ran\u00e7on, mais le paiement du prix de la ran\u00e7on ne donna pas la justification. Notre Seigneur devait tout d&#8217;abord pr\u00e9senter ce prix de la ran\u00e7on au P\u00e8re en notre faveur ; c&#8217;est ce qu&#8217;il fit lorsqu&#8217; \u00ab il monta au ciel \u00bb afin d&#8217;y appara\u00eetre pour nous en pr\u00e9sence de Dieu. C&#8217;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu&#8217;il rendit utilisables pour nous les m\u00e9rites de son sacrifice de la ran\u00e7on. La justification vint ensuite, provenant : (1) du sacrifice de la ran\u00e7on, et (2) de son application \u00e0 tous ceux qui croiront en lui et lui ob\u00e9iront. Ainsi la r\u00e9surrection et l&#8217;ascension de notre cher R\u00e9dempteur furent des actes accessoires pour rendre efficace son sacrifice achev\u00e9 dans la mort.<\/p>\n<p>\u00ab Sans effusion de sang, il n&#8217;y a pas de r\u00e9mission \u00bb (H\u00e9b. 9 : 22). Pendant toute la dispensation de la Loi, Dieu mit en \u00e9vidence ce d\u00e9tail de son arrangement, en exigeant le sang des taureaux et des boucs ; non pas que ce sang-l\u00e0 p\u00fbt jamais enlever les p\u00e9ch\u00e9s, mais afin qu&#8217;au temps convenable on p\u00fbt reconna\u00eetre en eux des types ou des illustrations des meilleurs sacrifices par lesquels les p\u00e9ch\u00e9s sont effac\u00e9s et annul\u00e9s. L&#8217;expression \u00ab effusion de sang \u00bb signifie la mort simple, la vie r\u00e9pandue ;<\/p>\n<p>527<\/p>\n<p>toutefois, elle indique une mort en sacrifice et non ce qui est parfois appel\u00e9 une mort naturelle (quoique, \u00e0 vrai dire, aucune mort ne soit naturelle). Par nature, l&#8217;homme devait vivre : la mort est la violation de la loi de l&#8217;existence humaine, elle r\u00e9sulte de la transgression, et de la mal\u00e9diction \u00bb ou condamnation qui l&#8217;accompagna.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la justice seule, les Juifs auraient pu mettre notre Seigneur \u00e0 mort de toute autre mani\u00e8re, et les exigences de la Justice auraient \u00e9t\u00e9 \u00e9galement satisfaites. La chose n\u00e9cessaire \u00e9tait l&#8217;abandon de son \u00e2me (\u00eatre) innocente en compensation ou en \u00e9change d&#8217;une \u00e2me (\u00eatre) coupable dont l&#8217;existence fut perdue par la transgression. Il n&#8217;\u00e9tait pas non plus n\u00e9cessaire, en ce qui concerne la ran\u00e7on seule que la personne de notre Seigneur f\u00fbt meurtrie et que son sang f\u00fbt litt\u00e9ralement vers\u00e9 ou r\u00e9pandu sur le sol. Le salaire du p\u00e9ch\u00e9 \u00e9tait la mort, la cessation de l&#8217;existence, et c&#8217;est pourquoi lorsque ce fait fut accompli, la condamnation fut satisfaite. Ce furent d&#8217;autres consid\u00e9rations qui exig\u00e8rent la crucifixion et le c\u00f4t\u00e9 perc\u00e9.<\/p>\n<p>Le sang tombant sur la terre, au pied de l&#8217;autel du sacrifice, repr\u00e9sentait le fait que non seulement l&#8217;humanit\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9e, mais que la terre elle-m\u00eame \u00e9tait comprise dans ce rachat, c&#8217;est pourquoi le sang fut asperg\u00e9 sur elle. La honte et l&#8217;ignominie de la crucifixion publique, supplice des malfaiteurs, \u00e9taient n\u00e9cessaires parce que notre P\u00e8re c\u00e9leste avait d\u00e9cid\u00e9 que l&#8217;\u00e9preuve de l&#8217;ob\u00e9issance de notre Seigneur J\u00e9sus serait port\u00e9e au plus haut degr\u00e9 ; non seulement il fut \u00e9prouv\u00e9 pour voir s&#8217;il serait consentant de devenir un homme, mais en outre, s&#8217;il voudrait mourir comme prix de ran\u00e7on de l&#8217;homme ou substitut, et de plus, si oui ou non, il serait dispos\u00e9 \u00e0 souffrir l&#8217;ignominie extr\u00eame, et prouver ainsi au dernier degr\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait digne de l&#8217;\u00e9l\u00e9vation souveraine que lui accorda son P\u00e8re.<\/p>\n<p>L&#8217;Ap\u00f4tre pr\u00e9sente la chose sous cet aspect ; car apr\u00e8s<\/p>\n<p>528<\/p>\n<p>nous avoir racont\u00e9 comment le Seigneur quitta la gloire c\u00e9leste pour nous, et devint un homme, il ajouta : \u00ab Et \u00e9tant trouv\u00e9 en figure comme un homme, il s&#8217;est abaiss\u00e9 lui-m\u00eame, \u00e9tant devenu ob\u00e9issant jusqu&#8217;\u00e0 la mort, m\u00eame la mort de la croix. C&#8217;est pourquoi aussi Dieu l&#8217;a haut \u00e9lev\u00e9 et lui a donn\u00e9 un nom [titre, honneur, dignit\u00e9] au-dessus de tout nom \u00bb \u2014 le nom ou titre du P\u00e8re except\u00e9. \u2014 Phil. 2: 8, 9 ; comparez 1 Cor. 15 : 27.<\/p>\n<p>Chaque r\u00e9f\u00e9rence de la Bible \u00e0 la justification par la foi, montrant que nous sommes justifi\u00e9s par le sang de Christ, etc., est un t\u00e9moignage corroboratif de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, \u00e0 savoir que \u00ab Dieu \u00e9tait en Christ, r\u00e9conciliant le monde avec lui-m\u00eame, ne leur imputant pas leurs fautes \u00bb, mais les imputant \u00e0 celui \u00ab qui mourut pour nous et ressuscita \u00bb (2 Cor. 5 : 19, 21 ; 1 Thess. 4 : 14 ; 5 : 10). La culpabilit\u00e9 du p\u00e9cheur fut port\u00e9e par le R\u00e9dempteur qui donna le prix correspondant total pour nos p\u00e9ch\u00e9s, afin que tous ceux qui cherchent la justice puissent \u00eatre accept\u00e9s comme justes, par les m\u00e9rites de son sacrifice (Rom. 5: 17-19). Le fait que nous avions besoin d&#8217;\u00eatre justifi\u00e9s, ou faits justes, prouve que nous \u00e9tions mauvais, injustes aux yeux de Dieu. Le fait que les hommes ne pouvaient se justifier eux-m\u00eames par des \u0153uvres, fut d\u00e9montr\u00e9 par les Isra\u00e9lites sous leur Alliance de la Loi, et prouve que cette m\u00e9chancet\u00e9 ou p\u00e9ch\u00e9 \u00e9tait dans la nature m\u00eame des hommes ; ceci rendit donc n\u00e9cessaire que nous fussions rachet\u00e9s et justifi\u00e9s par les m\u00e9rites et le sacrifice d&#8217;un autre, d&#8217;un R\u00e9dempteur sans tache.<\/p>\n<p>Justifi\u00e9 veut dire fait juste, mais nous ne sommes pas faits justes ou parfaits r\u00e9ellement ; nous sommes simplement consid\u00e9r\u00e9s comme justes ou parfaits \u00e0 cause de notre foi en la justice de Christ et en son sacrifice en notre faveur et parce que nous les acceptons. Partout dans les \u00c9critures, il nous est montr\u00e9 que ce pouvoir de<\/p>\n<p>529<\/p>\n<p>justification de la part de notre R\u00e9dempteur provient de son sacrifice en notre faveur. Nos propres \u0153uvres ne pouvaient nous justifier, ou nous rendre acceptables \u00e0 Dieu, ainsi que nous le voyons en Gal. 2 : 16 ; Rom. 3 : 27, 28. La loi ne pouvait justifier ceux qui \u00e9taient sous elle, ainsi que le montre l&#8217;Ap\u00f4tre en Gal. 5 : 4 ; Rom. 3 : 20. Seule, la foi dans l&#8217;\u0153uvre achev\u00e9e de Christ [prouv\u00e9e par la cons\u00e9cration compl\u00e8te \u00e0 Dieu] justifie ; voir Gal. 2 : 17 ; 3 : 13, 14 ; Rom. 4 : 24, 25, etc.<\/p>\n<p>Divers passages des \u00c9critures parlent plus ou moins clairement de ce que nous avons \u00e9t\u00e9 lav\u00e9s, ou blanchis ou purifi\u00e9s du p\u00e9ch\u00e9. Tous ces textes viennent \u00e0 l&#8217;appui de la doctrine de la ran\u00e7on, parce qu&#8217;il est \u00e9tabli nettement dans les contextes, que le pouvoir purificateur est \u00ab le sang de Christ \u00bb, les m\u00e9rites du sacrifice de notre Seigneur. \u2014 Voir 1 Jean 1 : 7 ; Apoc. 1 : 5 ; 1 Cor. 6 : 11 ; 2 Pi. 2 : 22 ; Tite 3 : 5 ; H\u00e9b. 9 : 14 ; 1 Pi. 1 : 19.<\/p>\n<p>La justification est symboliquement repr\u00e9sent\u00e9e par une robe de justice, de fin lin, pur et blanc, dont le Seigneur couvre les d\u00e9fauts et les imperfections de tous ceux qu&#8217;il accepte par la foi en son sang pr\u00e9cieux. Tous nos efforts pour r\u00e9aliser la justice par nous-m\u00eames, sans les m\u00e9rites de Christ, sont de m\u00eame repr\u00e9sent\u00e9s symboliquement comme \u00ab le v\u00eatement souill\u00e9 \u00bb de notre propre justice (Es. 64 : 6). Il est vrai que certains passages des \u00c9critures font allusion \u00e0 nos efforts vers la justice, par l&#8217;ob\u00e9issance aux commandements de Dieu, comme \u00e9tant un travail de purification qui progresse durant toute notre course chr\u00e9tienne ; l&#8217;Ap\u00f4tre l&#8217;exprime ainsi : \u00ab Ayant nos corps lav\u00e9s d&#8217;une eau pure \u00bb, et la purification de l&#8217;Eglise par \u00ab l\u00e9 lavage d&#8217;eau de la Parole \u00bb; ces d\u00e9finitions sont tr\u00e8s bien appropri\u00e9es \u00e0 la purification de nos c\u0153urs, \u00e0 la purification des souillures de la chair \u00bb, et on comprend tr\u00e8s justement que ces passages s&#8217;appliquent \u00e0 un travail quotidien et durant toute la vie. Cependant, toutes ces purifications de pens\u00e9es, de paroles et d&#8217;actions, tous ces<\/p>\n<p>530<\/p>\n<p>efforts pour amener notre corps mortel \u00e0 se conformer toujours davantage \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu en Christ, ont comme base notre acceptation pr\u00e9alable de Christ et notre justification par la foi en son sang. Il ressort des \u00c9critures que d\u00e8s le moment o\u00f9 nous nous consacrons \u00e0 Dieu, toutes nos fautes, toutes nos imperfections sont cach\u00e9es \u00e0 la vue de l&#8217;\u00c9ternel par les m\u00e9rites du sacrifice de la ran\u00e7on, accord\u00e9s par la gr\u00e2ce de J\u00e9hovah, saisis et appropri\u00e9s par la foi. Puisque seul ce qui est parfait peut \u00eatre agr\u00e9able \u00e0 Dieu, et puisque nous, malgr\u00e9 tous nos efforts et nos lavages, serions toujours imparfaits, il est manifeste que nous sommes accept\u00e9s par le P\u00e8re parce que nous sommes couverts par la robe de la justice de Christ, par sa perfection qui est port\u00e9e \u00e0 notre compte ou imput\u00e9e. Ainsi, sommes-nous d&#8217;abord \u00ab accept\u00e9s dans le Bien-aim\u00e9 \u00bb (Eph. 1: 6), et ensuite nous manifestons journellement notre d\u00e9votion \u00e0 la justice et notre d\u00e9sir de plaire au Seigneur par nos efforts pour parvenir \u00e0 la saintet\u00e9.<\/p>\n<p>Que de fois les \u00c9critures font mention de notre Seigneur comme \u00e9tant notre offrande pour le p\u00e9ch\u00e9, \u00ab l&#8217;Agneau de Dieu qui \u00f4te le p\u00e9ch\u00e9 du monde \u00bb ! (Jean 1 : 29). Tous les sacrifices de la Loi, tous le sang r\u00e9pandu sur les autels juifs annon\u00e7aient ce grand sacrifice futur pour le p\u00e9ch\u00e9, immol\u00e9 en notre faveur ; car, ainsi que l&#8217;Ap\u00f4tre nous en donne l&#8217;assurance, le sang des taureaux et des boucs n&#8217;aurait jamais pu enlever le p\u00e9ch\u00e9 \u2014 seul le sacrifice-antitype, \u00ab le pr\u00e9cieux sang \u00bb pouvait faire cela. Au sujet du sacrifice pour les p\u00e9ch\u00e9s, comme le pr\u00e9sente le Nouveau Testament, voir H\u00e9b. 9 : 12 ; 10 : 10 ; Eph. 5 : 2 ; 1 Cor. 5 : 7 ; 1 Pi. 2 : 22-24 ; 2 Cor. 5 : 21 \u2014 Diaglott.<\/p>\n<p>Les \u00c9critures exposent aussi tr\u00e8s clairement que ce sacrifice fut pour nous, l&#8217;Eglise, et pour toute l&#8217;humanit\u00e9 :<\/p>\n<p>531<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Par la gr\u00e2ce de Dieu, il go\u00fbta la mort pour tous \u00bb, le juste pour les injustes, afin de nous amener \u00e0 Dieu, afin d&#8217;ouvrir pour nous et pour toute l&#8217;humanit\u00e9, une voie de retour ou de r\u00e9conciliation pour rentrer en harmonie avec le P\u00e8re c\u00e9leste ; c&#8217;est ainsi qu&#8217;il ouvrit indirectement pour nous la voie qui ram\u00e8ne \u00e0 la vie \u00e9ternelle (la faveur, la b\u00e9n\u00e9diction ou le don du P\u00e8re) pour tous ceux qui sont vraiment ses enfants. Sur ce point, voir les passages suivants : 1 Thess. 5 : 10 ; Rom. 5 : 8 ; 1 Cor. 15 : 3 ; 2 Cor. 5 : 14, 15 ; Jean 10 : 15 ; 11 : 50-52 ; 1 Pi. 2 : 24 ; 3 : 18.<\/p>\n<p>Beaucoup de passages bibliques montrent sans aucune \u00e9quivoque que ce fut la mort de l&#8217;homme Christ-J\u00e9sus, \u00ab\u00a0son sang \u00bb, qui procura notre lib\u00e9ration du p\u00e9ch\u00e9 et de la mort ; on ne peut rejeter cette doctrine qu&#8217;en niant l&#8217;inspiration des Ecritures ou en \u00ab tordant les Ecritures \u00bb, ou \u00ab en frelatant la Parole de Dieu \u00bb. Voir 1 Pi. 1 : 2 Actes 4 : 12 ; 20 : 28 ; Apoc. 5 : 9 ; 1 : 5 ; Rom. 5 : 9 ; H\u00e9b. 13 : 12.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0VOUS AVEZ \u00c9T\u00c9 ACHET\u00c9S A PRIX \u00bb<\/p>\n<p>PAR QUI ? A QUI ? POURQUOI ? ET DANS QUEL BUT ?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous avez \u00e9t\u00e9 achet\u00e9s \u00e0 prix ; ne devenez pas esclaves des hommes \u00bb. \u2014 1 Cor. 7 : 23.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tu nous a achet\u00e9s pour Dieu par ton sang \u00bb. Apoc. 5 : 9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il y aura parmi vous de faux docteurs qui introduiront furtivement des sectes de perdition, reniant aussi le Ma\u00eetre qui les a achet\u00e9s \u00bb. \u2014 2 Pi. 2 : 1.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moignages de l&#8217;Ecriture, montrant que l&#8217;homme fut \u00ab achet\u00e9 \u00bb sont sans aucune \u00e9quivoque, et, comme nous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9, le mot grec rendu est agorazo, qui signifie achat public. Les questions suivantes se posent tout naturellement : (1) Par qui l&#8217;homme fut-il achet\u00e9 ? (2) A qui fut-il achet\u00e9 ? (3) Pourquoi fut-il achet\u00e9 ? Nous allons examiner ces questions dans leur ordre :<\/p>\n<p>532<\/p>\n<p>(1) Les \u00c9critures, d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9es, soutiennent clairement et sans \u00e9quivoque non seulement que l&#8217;humanit\u00e9 fut achet\u00e9e, mais que le Seigneur J\u00e9sus Christ lui-m\u00eame fut l&#8217;acheteur ; de plus, ces passages et d&#8217;autres encore nous assurent tr\u00e8s clairement que le prix d&#8217;achat fut le sang pr\u00e9cieux de Christ, le sacrifice de sa propre vie, la mort de l&#8217;homme Christ J\u00e9sus qui se donna en ran\u00e7on [anti-lutron, prix correspondant] pour tous. Nous estimons que cette question a \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 irr\u00e9futablement prouv\u00e9e et nous passerons \u00e0 la suivante :<\/p>\n<p>(2) A qui l&#8217;homme fut-il achet\u00e9 ? Les adversaires de la v\u00e9rit\u00e9 demandent en se moquant si oui ou non le Seigneur nous acheta au diable ; ils pr\u00e9tendent que le prix ne pouvait \u00eatre pay\u00e9 \u00e0 personne d&#8217;autre ; car d&#8217;apr\u00e8s le faux raisonnement de ceux qui nient la ran\u00e7on, Dieu ne pouvait \u00eatre partie dans une telle transaction. Ces gens-l\u00e0 pr\u00e9tendent que Dieu rechercha toujours la communion de l&#8217;homme, qu&#8217;il fit toujours tout ce qui \u00e9tait en son pouvoir pour r\u00e9aliser la r\u00e9conciliation de l&#8217;homme et sa d\u00e9livrance du p\u00e9ch\u00e9 et de la mort. C&#8217;est pourquoi, raisonnent-ils, Dieu ne voudrait pas exiger un prix de ran\u00e7on, avant d&#8217;avoir permis la lib\u00e9ration de l&#8217;homme. Nous r\u00e9pondons que de telles conceptions sont tout \u00e0 fait contraires \u00e0 l&#8217;enseignement scriptural qui montre, il est vrai, que Dieu est amour et qu&#8217;il a de la compassion pour le p\u00e9cheur ; par contre, il fait voir \u00e9galement que Dieu est juste et que l&#8217;homme, ayant \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 avec justice, ne peut \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 de cette condamnation avec justice sans qu&#8217;une ran\u00e7on soit pay\u00e9e pour lui.<\/p>\n<p>Les \u00c9critures d\u00e9clarent que Satan fut la cause de la condamnation inflig\u00e9e \u00e0 l&#8217;homme, la mort, disant : \u00ab Puis donc que les enfants ont eu part au sang et \u00e0 la chair [la nature humaine], lui aussi semblablement y a particip\u00e9, afin que, par la mort, il rend\u00eet impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c&#8217;est-\u00e0-dire le \u00ab diable \u00bb ; et ailleurs, elles parlent de Satan comme \u00e9tant le \u00ab prince<\/p>\n<p>533<\/p>\n<p>de ce monde \u00bb ; n\u00e9anmoins, elles n&#8217;indiquent nulle part qu&#8217;il ait un titre pour r\u00e9gner avec autorit\u00e9 dans le monde (H\u00e9b 2 : 14 ; Jean 14 : 30). Au contraire, les \u00c9critures d\u00e9clarent que Satan est l&#8217;usurpateur qui, profitant de la condition d\u00e9chue de l&#8217;homme a aveugl\u00e9 son esprit \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de Dieu, et en le trompant, l&#8217;a rendu esclave en se servant de son ignorance, de ses superstitions et de ses propres faiblesses. Il est en somme la personnification du p\u00e9ch\u00e9 et c&#8217;est cela qui constitue son pouvoir de mort. Si Satan n&#8217;avait pu se servir du p\u00e9ch\u00e9, il n&#8217;aurait pu exercer aucune domination sur l&#8217;humanit\u00e9. Ce fut \u00e0 cause du p\u00e9ch\u00e9 volontaire que l&#8217;homme fut priv\u00e9 de la faveur divine ; mais ce fut par la&#8217; suite, lorsque l&#8217;homme ne d\u00e9sira plus se faire de Dieu l&#8217;objet de ses pens\u00e9es, que Dieu le livra \u00e0 un esprit r\u00e9prouv\u00e9, etc. (Rom. 1 : 28). L&#8217;autorit\u00e9 supr\u00eame \u00e0 laquelle Satan puisse pr\u00e9tendre \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des humains ne serait donc que le pouvoir d&#8217;un usurpateur qui abuse de la faiblesse de ses esclaves.<\/p>\n<p>Au surplus, depuis que la condamnation fut prononc\u00e9e par Dieu : \u00ab Tu mourras certainement \u00bb, il a \u00e9t\u00e9 permis \u00e0 Satan et \u00e0 tout autre agent du mal, de coop\u00e9rer dans l&#8217;accomplissement de ce d\u00e9cret divin. Ainsi, Dieu fait-il concourir parfois la col\u00e8re de l&#8217;homme, parfois celle cl \u00eatres-esprits mauvais pour accomplir ses plans merveilleux, et pour le louer involontairement (Ps. 76 : 10). Dieu n&#8217;a cependant jamais reconnu Satan comme le possesseur de la race humaine. La race \u00e9tait la cr\u00e9ation de Dieu et elle lui devait tout, mais n&#8217;ayant pas reconnu son Cr\u00e9ateur et lui ayant d\u00e9sob\u00e9i, elle fut frapp\u00e9e par la condamnation, par la mal\u00e9diction de la loi divine, elle fut jug\u00e9e indigne de la vie, et elle demeure sous cette condamnation.<\/p>\n<p>Ce fut la Justice divine qui frappa nos premiers parents de la mal\u00e9diction de la mort, et c&#8217;est sous la sentence de la justice divine que la race reste encore dans la condition de mort. Il ne peut pas non plus y avoir une<\/p>\n<p>534<\/p>\n<p>esp\u00e9rance de vie pour quiconque, sauf pour la r\u00e9demption qui est en Christ J\u00e9sus. Puisque la Justice divine \u00e9tait le Juge dont la sentence enleva la vie \u00e0 l&#8217;homme, c&#8217;est donc \u00e0 la Justice divine que le prix de la ran\u00e7on devait \u00eatre n\u00e9cessairement pay\u00e9, afin d&#8217;obtenir la lib\u00e9ration du coupable Adam, et de sa race condamn\u00e9e en lui.<\/p>\n<p>C&#8217;est volontairement que Satan exerce son pouvoir ; mais il ne pourrait le faire si la chose ne lui \u00e9tait pas permise par le Grand Juge supr\u00eame J\u00e9hovah ; par contre, J\u00e9hovah n&#8217;aurait pas permis que la grande calamit\u00e9 de la mort f\u00fbt inflig\u00e9e sur l&#8217;humanit\u00e9 par le moyen de Satan ou de toute autre mani\u00e8re, si cela n&#8217;avait \u00e9t\u00e9 un juste ch\u00e2timent pour le p\u00e9ch\u00e9, pour la transgression de la loi de J\u00e9hovah. Le pouvoir de Satan, comme celui d&#8217;un bourreau est \u00ab un pouvoir de mort \u00bb qui lui est d\u00e9l\u00e9gu\u00e9. Le bourreau est simplement le serviteur de la loi ; il ex\u00e9cute ses sentences ; quant \u00e0 Satan, comme serviteur de la loi d\u00e9pos\u00e9e par le Juge supr\u00eame de toute la cr\u00e9ation, il est autoris\u00e9 et employ\u00e9 pour un temps, comme l&#8217;ex\u00e9cuteur de la sentence prononc\u00e9e : \u00ab Le salaire du p\u00e9ch\u00e9, c&#8217;est la mort \u00bb, \u00ab mourant, tu mourras \u00bb.<\/p>\n<p>Si la ran\u00e7on ou l&#8217;amende d&#8217;un prisonnier devait \u00eatre pay\u00e9e, le paiement n&#8217;en serait pas fait au ge\u00f4lier ou au bourreau, mais au Tribunal dont le jugement exigea ran\u00e7on ou l&#8217;amende. De m\u00eame, la ran\u00e7on pour le p\u00e9ch\u00e9 ne pouvait \u00eatre pay\u00e9e \u00e0 Satan (bien que dans une certaine mesure il serve comme ex\u00e9cuteur de la peine), mais elle devait \u00eatre pay\u00e9e \u00e0 l&#8217;autorit\u00e9 qui condamna le p\u00e9ch\u00e9, qui pronon\u00e7a la peine et ordonna l&#8217;ex\u00e9cution du coupable.<\/p>\n<p>Ainsi, la raison nous r\u00e9pondrait-elle que le prix de la ran\u00e7on pour le p\u00e9ch\u00e9 de l&#8217;homme devrait \u00eatre pay\u00e9 \u00e0 \u00ab Dieu, le Juge de tous \u00bb. Nous nous demandons maintenant Que disent les \u00c9critures au sujet du sacrifice de Christ, de l&#8217;offrande qu&#8217;il fit ? Disent-elles qu&#8217;elle fut faite \u00e0 Satan ou \u00e0 J\u00e9hovah Dieu ? Nous r\u00e9pondons que dans tous les types de la dispensation juive qui pr\u00e9figuraient<\/p>\n<p>535<\/p>\n<p>ce meilleur sacrifice, qui \u00f4te le p\u00e9ch\u00e9 du monde, les offrandes \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 Dieu, par les mains du sacrificateur qui typifiait notre Seigneur J\u00e9sus &#8211; Voir L\u00e9v. 4 : 3, 4, 24, 27, 31, 34, 35 ; 5 : 11, 12 ; 9 : 2, 6, 7 ; Ex. 30 : 10 ; 2 Chron. 29 : 7-11, 20-24.<\/p>\n<p>Ces textes r\u00e9pondent cat\u00e9goriquement \u00e0 notre question, t nous n&#8217;avons pas besoin d&#8217;autres t\u00e9moignages sur ce sujet. Si, cependant, nous d\u00e9sirons un autre t\u00e9moignage direct, nous le trouvons dans les paroles de l&#8217;Ap\u00f4tre : \u00ab Si le sang des boucs et des taureaux&#8230; sanctifie pour la puret\u00e9 de la chair, combien plus le sang de Christ qui, par l&#8217;esprit \u00e9ternel, s&#8217;est offert lui-m\u00eame \u00e0 Dieu sans tache, \u2026 Et c&#8217;est pourquoi, il est m\u00e9diateur de la Nouvelle Alliance \u00bb. \u2014 H\u00e9b. 9 : 13-15, 26\u00a0; 7 : 27 ; 10 : 4-10, 12, 20 ; Eph. 5 : 2 ; Tite 2 : 14 ; Gal. 1 : 4 ; 2 : 20 ; 1 Jean 3 : 16 ; Jean 1 : 29 ; 1 Pi. 1 : 19 ; 1 Cor. 10 : 20 ; Rom. 12 : 1.<\/p>\n<p>Nous avons ainsi d\u00e9montr\u00e9 que, selon les \u00c9critures, il est bien vrai que Dieu demanda et accepta la mort de Christ comme le sacrifice de ran\u00e7on pour l&#8217;homme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(3) Pourquoi l&#8217;homme fut-il rachet\u00e9 ?<\/p>\n<p>Dans l&#8217;homme, cr\u00e9ature d\u00e9chue et imparfaite, les qualit\u00e9s divines de justice, de sagesse, d&#8217;amour et de puissance sont tr\u00e8s imparfaites ; c&#8217;est pourquoi les uns ont plus de difficult\u00e9s que d&#8217;autres \u00e0 saisir le caract\u00e8re raisonnable de la m\u00e9thode divine qui exige une ran\u00e7on et l&#8217;accepte. Ceux qui ne peuvent comprendre cela par le raisonnement peuvent tr\u00e8s bien reconna\u00eetre et accepter le t\u00e9moignage de la Parole de Dieu ; ils devraient agir ainsi, m\u00eame s&#8217;ils ne comprennent pas le pourquoi et le comment de l&#8217;affaire. Telle est la ligne de conduite appropri\u00e9e et s\u00fbre. N\u00e9anmoins, nous offrons quelques suggestions qui peuvent aider certains \u00e0 saisir le sujet. Comme nous somm\u00e9s des cr\u00e9atures d\u00e9chues imparfaites, ces diverses qualit\u00e9s de sagesse, d&#8217;amour, de justice, de puissance,<\/p>\n<p>536<\/p>\n<p>sont en nous continuellement plus ou moins en conflit mutuel ; mais il n&#8217;en est pas de m\u00eame de notre P\u00e8re C\u00e9leste ; en lui, chacune de ces qualit\u00e9s est parfaite, et en parfait accord avec les autres. Aucun conflit n&#8217;existe. La sagesse divine entra la premi\u00e8re en activit\u00e9, prit une vue d&#8217;ensemble et tra\u00e7a le meilleur plan pour le salut de l&#8217;homme, avec le plein consentement de la justice, de la puissance et de l&#8217;amour. Sous la direction de la Sagesse, l&#8217;homme fut plac\u00e9 de suite sous une loi, dont la violation entra\u00eenait une condamnation \u00e0 mort, accompagn\u00e9e du cort\u00e8ge des malheurs qui vont avec la mort. La sagesse connut d&#8217;avance la chute de l&#8217;homme provenant de son inexp\u00e9rience, mais elle jugea bon, n\u00e9anmoins, en vue des le\u00e7ons profitables, etc., de tracer ainsi le programme de la providence et de la ligne de conduite de Dieu telles qu&#8217;elles nous sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es dans les \u00c9critures.<\/p>\n<p>D\u00e8s que l&#8217;homme eut viol\u00e9 la loi divine, la Justice intervint, le d\u00e9clara rebelle, le frappa de la sentence de mort, le chassa d&#8217;Eden, de la source de subsistance ant\u00e9rieurement dispos\u00e9e pour lui et le livra \u00e0 Satan, pour qu&#8217;il affront\u00e2t des circonstances d\u00e9favorables et afin que p\u00fbt \u00eatre inflig\u00e9e la pleine condamnation de la loi viol\u00e9e : \u00ab Mourant, tu mourras \u00bb. Tandis que cet \u00e9l\u00e9ment&#8217; du caract\u00e8re divin (la Justice) agissait avec l&#8217;homme, l&#8217;\u00e9l\u00e9ment Amour n&#8217;\u00e9tait pas indiff\u00e9rent, mais il \u00e9tait impuissant pour deux raisons : Premi\u00e8rement, il ne pouvait s&#8217;opposer \u00e0 la justice, ni emp\u00eacher l&#8217;ex\u00e9cution de la sentence, ni d\u00e9livrer l&#8217;homme du pouvoir de la Justice, parce qu&#8217;elle est le fondement m\u00eame du gouvernement divin ; secondement, l&#8217;Amour ne pouvait intervenir alors pour relever l&#8217;homme en payant le sacrifice de la ran\u00e7on pour le p\u00e9ch\u00e9, parce que cela aurait \u00e9t\u00e9 en opposition au plan d\u00e9j\u00e0 trac\u00e9 par la Sagesse infinie. Ainsi l&#8217;Amour et la Puissance de Dieu \u00e9taient-ils retenus pour le moment, incapables de secourir l&#8217;humanit\u00e9 ; ils \u00e9taient forc\u00e9s d&#8217;approuver la Justice qui pr\u00e9sidait \u00e0 l&#8217;ex\u00e9cution de la<\/p>\n<p>537<\/p>\n<p>condamnation, et la Sagesse qui a permis \u00e0 cette ex\u00e9cution de se poursuivre au cours de six mille ans de g\u00e9missements, de tribulations \u2014 la Mort. D&#8217;accord avec ce plan, l&#8217;Amour n&#8217;intervint pas pour d\u00e9livrer l&#8217;homme, sinon pour l&#8217;encourager et pour l&#8217;instruire par les promesses et les sacrifices-types qui pr\u00e9figuraient la m\u00e9thode par laquelle l&#8217;Amour accomplirait finalement la d\u00e9livrance de l&#8217;homme au temps marqu\u00e9 par la Sagesse. Ainsi l&#8217;Amour attendait-il patiemment le moment propice o\u00f9, sous la direction de la Sagesse, il pourrait agir et pourrait plus tard appeler \u00e0 son aide la Puissance divine.<\/p>\n<p>Ce moment de l&#8217;action pour l&#8217;attribut amour vint enfin ce fut lors de \u00ab la pl\u00e9nitude des temps \u00bb (Gal. 4 : 4), \u00ab au temps marqu\u00e9 \u00bb (Rom. 5 : 6) ; comme l&#8217;expriment les Ecritures, lorsque Dieu envoya son Fils comme \u00ab l&#8217;homme Christ-J\u00e9sus \u00bb, \u00ab afin que, par la gr\u00e2ce, [faveur, bont\u00e9, mis\u00e9ricorde] de Dieu, il go\u00fbt\u00e2t la mort pour tous \u00bb (1 Tim. 2 : 5 ; H\u00e9b. 2 : 9). C&#8217;est seulement alors que l&#8217;Amour divin fut manifest\u00e9 \u00e0 l&#8217;humanit\u00e9, quoiqu&#8217;il e\u00fbt toujours exist\u00e9, ainsi que nous le lisons : \u00ab En ceci a \u00e9t\u00e9 MANIFEST\u00c9 l&#8217;Amour de Dieu \u00bb, \u00ab en ce que, lorsque nous \u00e9tions encore p\u00e9cheurs, Christ est mort pour nous \u00bb. &#8211; 1 Jean 4 : 9 ; Rom. 5 : 8.<\/p>\n<p>En exer\u00e7ant son action conform\u00e9ment \u00e0 la loi de Dieu, et en satisfaisant aux exigences de cette loi, l&#8217;Amour divin n&#8217;entra pas en conflit avec la Justice divine. La voie suivie par l&#8217;Amour ne fut pas une tentative faite de rejeter et de combattre la sentence, ni d&#8217;emp\u00eacher son ex\u00e9cution compl\u00e8te, mais bien de trouver quelqu&#8217;un qui se substitu\u00e2t \u00e0 l&#8217;homme, qui f\u00fbt une ran\u00e7on pour lui. En donnant, pour l&#8217;homme, satisfaction \u00e0 la peine de mort inflig\u00e9e par la Justice, l&#8217;Amour apporta \u00e0 l&#8217;humanit\u00e9 sa d\u00e9livrance de la mal\u00e9diction adamique (la mort) que la Justice divine avait inflig\u00e9e. C&#8217;\u00e9tait l\u00e0 le triomphe de l&#8217;Amour divin, non moins que celui de la Justice divine. L&#8217;Amour divin triompha en offrant le sacrifice de la<\/p>\n<p>538<\/p>\n<p>ran\u00e7on, J\u00e9sus, \u00e0 la Justice, \u00e0 l&#8217;\u00e9l\u00e9ment du caract\u00e8re de Dieu qui met en vigueur les justes d\u00e9crets du Cr\u00e9ateur et applique leurs sanctions.<\/p>\n<p>Le triomphe de l&#8217;Amour n&#8217;est pas encore complet. Il a r\u00e9alis\u00e9 la ran\u00e7on, mais son dessein est de faire plus encore, \u00e0 savoir, d&#8217;op\u00e9rer un r\u00e9tablissement (restitution) pour tous les humains qui, apr\u00e8s leurs exp\u00e9riences, seront dispos\u00e9s \u00e0 redevenir fid\u00e8les \u00e0 Dieu et \u00e0 sa juste loi. Mais comme l&#8217;Amour attendit plus de quatre mille ans sous la direction de la Sagesse divine, avant d&#8217;apporter le sacrifice de la ran\u00e7on, ainsi doit-il attendre encore pr\u00e8s de deux mille ans, apr\u00e8s le paiement du prix de la ran\u00e7on, avant que l&#8217;\u0153uvre de r\u00e9tablissement puisse m\u00eame commencer (Actes 3 : 19, 21). Mais, dans l&#8217;intervalle. la Sagesse permet \u00e0 l&#8217;Amour de s&#8217;occuper d&#8217;une classe sp\u00e9ciale, le \u00ab Petit Troupeau \u00bb, les \u00e9lus de cet Age de l\u2019\u00c9vangile, pour tirer du milieu des rachet\u00e9s \u00ab un peuple qui port\u00e2t son nom \u00bb \u2014 qui est l&#8217;\u00c9pouse de Christ et sa coh\u00e9riti\u00e8re, l&#8217;Eglise.<\/p>\n<p>La n\u00e9cessit\u00e9 du rachat de la race par Christ r\u00e9side donc dans le fait qu&#8217;Adam, le p\u00e8re, s&#8217;\u00e9tait vendu lui et sa race au p\u00e9ch\u00e9 (et \u00e0 son salaire ou ch\u00e2timent, la mort) pour le prix de sa d\u00e9sob\u00e9issance (Rom. 7 : 14 ; 5 : 12). Il avait besoin d&#8217;\u00eatre rachet\u00e9 de l&#8217;esclavage du p\u00e9ch\u00e9, et le paiement du prix de la ran\u00e7on \u00e9tait n\u00e9cessaire avant que quiconque p\u00fbt \u00eatre d\u00e9livr\u00e9 de la condamnation ou p\u00fbt commencer une nouvelle mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve pour se prouver digne de la vie \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>Mais consid\u00e9rons maintenant ce rachat sous un angle plus large et notons que notre Seigneur J\u00e9sus, apr\u00e8s avoir pay\u00e9 le prix de la ran\u00e7on, devint non seulement th\u00e9oriquement mais r\u00e9ellement le possesseur, le gouverneur et le p\u00e8re de la race : dans ce rachat, il prit la place d&#8217;Adam, le p\u00e8re, qui avait vendu, sa race. De m\u00eame que la race fut vendue par Adam au p\u00e9ch\u00e9, pour sa satisfaction personnelle<\/p>\n<p>539<\/p>\n<p>et par d\u00e9sob\u00e9issance \u00e0 Dieu, ainsi, elle fut achet\u00e9e par l&#8217;homme Christ J\u00e9sus par le sacrifice de lui-m\u00eame pour ob\u00e9ir \u00e0 la volont\u00e9 du P\u00e8re, ce qui \u00e9tait un prix correspondant ou une ran\u00e7on pour Adam. Les \u00c9critures pr\u00e9sentent ainsi cette pens\u00e9e : \u00ab Christ est mort, et est ressuscit\u00e9 et a rev\u00e9cu, afin qu&#8217;il domin\u00e2t et sur les morts et sur les vivants \u00bb (Rom. 14.: 9). Ce fut en vertu de sa mort que le Seigneur devint le Ma\u00eetre, le gouverneur, le p\u00e8re de la race, et obtint le pouvoir d&#8217;agir avec la race comme avec ses propres enfants, les ayant lib\u00e9r\u00e9s de la mal\u00e9diction de la condamnation divine, par son propre sacrifice.<\/p>\n<p>C&#8217;est dans ce sens du mot que notre Seigneur est devenu le second Adam, parce qu&#8217;il prit la position du premier Adam comme chef de la race, en la rachetant de sa propre vie. Mais comme ce fut l&#8217;homme Christ J\u00e9sus qui se donna lui-m\u00eame comme prix de la ran\u00e7on, ce ne pouvait \u00eatre l&#8217;homme Christ J\u00e9sus qui serait le p\u00e8re de la race. L&#8217;homme Christ. J\u00e9sus, d\u00e9posa tout ce qu&#8217;il avait pour la r\u00e9demption de l&#8217;homme Adam et de sa race, un prix \u00e9quivalent parfait, un homme pour un homme. La race d&#8217;Adam n&#8217;\u00e9tant pas n\u00e9e au moment de sa transgression, elle ne fut pas condamn\u00e9e directement, mais indirectement ; c&#8217;est pourquoi elle eut besoin d&#8217;\u00eatre rachet\u00e9e non directement, mais indirectement. Une post\u00e9rit\u00e9, non encore n\u00e9e dans les reins de l&#8217;homme Christ J\u00e9sus, devint la compensation ou prix correspondant pour la post\u00e9rit\u00e9 d&#8217;Adam, non encore n\u00e9e au moment de la transgression.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>LE PRIX NON REPRIS<\/p>\n<p>Ainsi que nous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 vu, les \u00c9critures enseignent clairement que notre Seigneur fut mis \u00e0 mort dans la chair, mais rendu vivant en esprit ; il fut mis \u00e0 mort comme homme, mais fut ressuscit\u00e9 des morts comme \u00eatre-esprit de l&#8217;ordre le plus \u00e9lev\u00e9 de la nature divine :<\/p>\n<p>540<\/p>\n<p>ayant achev\u00e9 l&#8217;\u0153uvre pour laquelle il \u00e9tait devenu un homme, et ayant accompli, le service d&#8217;une mani\u00e8re agr\u00e9able au P\u00e8re, il fut ressuscit\u00e9 des morts et \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l&#8217;honneur et \u00e0 la dignit\u00e9 supr\u00eames, bien au-dessus des anges, des principaut\u00e9s, des puissances, et de tout nom qui se peut nommer.<\/p>\n<p>Notre Seigneur n&#8217;aurait pu non plus \u00eatre ressuscit\u00e9 des morts comme homme, et en m\u00eame temps laisser \u00e0 la Justice le prix de notre ran\u00e7on, afin de lib\u00e9rer Adam (et sa race condamn\u00e9e) de la sentence et de la prison de la mort ; il \u00e9tait n\u00e9cessaire, non seulement que l&#8217;homme Christ J\u00e9sus mour\u00fbt, mais il \u00e9tait exactement aussi n\u00e9cessaire que l&#8217;homme Christ J\u00e9sus ne rev\u00eent jamais \u00e0 la vie, il fallait qu&#8217;il rest\u00e2t mort, qu&#8217;il demeur\u00e2t le prix de notre ran\u00e7on pour toute l&#8217;\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p>Si, en effet, notre Seigneur avait \u00e9t\u00e9 ressuscit\u00e9 homme, cela aurait impliqu\u00e9 deux malheurs : (1) Cela aurait impliqu\u00e9 le retrait de notre ran\u00e7on, ce qui nous aurait laiss\u00e9s, comme auparavant, sous la condamnation \u00e0 mort. (2) Cela aurait impliqu\u00e9 pour lui la perte \u00e9ternelle de la nature sup\u00e9rieure qu&#8217;il avait abandonn\u00e9e pour devenir un homme et \u00eatre notre R\u00e9dempteur et, ainsi, cela aurait impliqu\u00e9 que sa fid\u00e9lit\u00e9 -envers Dieu aurait eu pour r\u00e9sultat sa d\u00e9gradation \u00e9ternelle \u00e0 une nature inf\u00e9rieure. Mais de telles absurdit\u00e9s et de telles contradictions ne figurent pas dans l&#8217;arrangement divin\u00a0! Notre Seigneur s&#8217;humilia, et devint un homme, et comme homme, il abandonna, sa vie, le prix de la ran\u00e7on ,pour l&#8217;homme d\u00e9chu ; en r\u00e9compense de sa fid\u00e9lit\u00e9, non seulement le P\u00e8re c\u00e9leste le r\u00e9tablit \u00e0 l&#8217;\u00e9tat d&#8217;\u00eatre conscient, mais il lui donna une nature non seulement sup\u00e9rieure \u00e0 la nature humaine, mais sup\u00e9rieure \u00e9galement \u00e0 celle qu&#8217;il avait auparavant, le rendant participant de la nature divine, avec ses attributs et honneurs supr\u00eames. Dans sa condition actuelle tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, la mort serait impossible, car il est maintenant immortel.<\/p>\n<p>Puisque l&#8217;homme J\u00e9sus fut le prix de la ran\u00e7on, donn\u00e9 pour le rachat d&#8217;Adam et d\u00e9 sa race, il n&#8217;\u00e9tait pas possible que l&#8217;homme J\u00e9sus f\u00fbt le Second Adam, le nouveau p\u00e8re de la race au lieu d&#8217;Adam ; car l&#8217;homme J\u00e9sus est mort, mort \u00e0 tout jamais, et ne pourrait \u00eatre un p\u00e8re ou dispensateur de vie au monde.<\/p>\n<p>Celui qui, maintenant par son rachat, poss\u00e8de le titre de p\u00e8re de la famille humaine, est le J\u00e9sus ressuscit\u00e9 et glorifi\u00e9, participant de la nature divine, c&#8217;est lui qui est le Second Adam. Comme nous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 vu (page 137), notre Seigneur J\u00e9sus dans la chair ne fut pas le Second Adam ; il n&#8217;\u00e9tait pas le p\u00e8re d&#8217;une race, mais il vint simplement pour racheter Adam et sa race afin d&#8217;en devenir ainsi le p\u00e8re ; cet achat &#8216;absorba tout ce qu&#8217;il poss\u00e9dait alors et il ne resta rien. Telle est la pens\u00e9e des \u00c9critures, telle que pr\u00e9sente l&#8217;Ap\u00f4tre : \u00ab Le premier homme est de la terre, \u2014 poussi\u00e8re \u2014 le second, homme [le Second Adam] est le Seigneur du ciel [\u00e0 sa seconde pr\u00e9sence durant le Mill\u00e9nium]&#8230; Et comme nous avons port\u00e9 l&#8217;image de celui qui est Poussi\u00e8re [Adam], nous [membres de l&#8217;Eglise, coh\u00e9ritiers avec Christ, et participants des plus grandes et des plus pr\u00e9cieuses promesses de la nature divine \u2014 Rom. 8 : 17 ; 2 Pi. 1 : 4], nous porterons aussi l&#8217;image du c\u00e9leste [le second Adam]. Ainsi qu&#8217;il est \u00e9crit : \u00ab le premier homme. Adam, devint une \u00e2me vivante ; le dernier [le second] Adam un esprit vivifiant. Mais ce qui est spirituel n&#8217;est pas le premier, mais ce qui est animal ; ensuite ce qui est spirituel \u00bb. 1 Cor. 15 : 45-48.<\/p>\n<p>Poussant plus loin la question de savoir pourquoi la race fut rachet\u00e9e, nous avons le t\u00e9moignage de l&#8217;Ap\u00f4tre que, par cet achat, notre Seigneur J\u00e9sus devint (c&#8217;est-\u00e0-dire acquit le droit de devenir) le m\u00e9diateur de la Nouvelle Alliance (H\u00e9b. 8 : 6 ; 9 : 14-16). La Nouvelle Alliance est un arrangement que Dieu fournit par lequel il peut<\/p>\n<p>542<\/p>\n<p>exercer la mis\u00e9ricorde \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de toute la race d\u00e9chue. La Nouvelle Alliance ne pourrait pas entrer en vigueur sans un m\u00e9diateur. Il faut que le m\u00e9diateur se porte garant envers Dieu de certaines choses en faveur de l&#8217;humanit\u00e9. En premier lieu, il faut qu&#8217;il rach\u00e8te l&#8217;homme en payant le prix total de la ran\u00e7on, et ce sacrifice que fit notre Seigneur J\u00e9sus est, en cons\u00e9quence, appel\u00e9 \u00ab le sang de l&#8217;Alliance \u00bb, par lequel l&#8217;alliance devient effective et efficace. Ayant rachet\u00e9 les humains de la condamnation qui reposait sur eux par le p\u00e9ch\u00e9, le. M\u00e9diateur peut sceller la Nouvelle Alliance, et la mettre en vigueur ; d\u00e8s lors, ce M\u00e9diateur est pleinement qualifi\u00e9 et autoris\u00e9 \u00e0 faire tout ce qui est en son pouvoir pour les humains rachet\u00e9s afin de les ramener \u00e0 la pleine perfection humaine et \u00e0 l&#8217;harmonie absolue avec Dieu, et ensuite, de pouvoir les pr\u00e9senter au P\u00e8re sans tache et irr\u00e9prochables, parfaits dans l&#8217;amour, n&#8217;ayant plus besoin \u00e0 ce moment-l\u00e0 d&#8217;une alliance sp\u00e9ciale de r\u00e9conciliation, ni d&#8217;une m\u00e9diation. Mais cette \u0153uvre, bien loin d&#8217;\u00eatre accomplie, commence seulement ; le monde n&#8217;a donc pas encore \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 par le P\u00e8re, et c&#8217;est cette t\u00e2che qui sera toute l&#8217;\u0153uvre du r\u00e9tablissement d\u00e9 l&#8217;Age mill\u00e9naire, pour adapter et pr\u00e9parer les humains bien dispos\u00e9s et ob\u00e9issants \u00e0 la parfaite harmonie d&#8217;une r\u00e9conciliation compl\u00e8te avec le P\u00e8re.<\/p>\n<p>En attendant, pendant cet Age de l\u2019\u00c9vangile, Dieu appelle un petit nombre de membres de la race rachet\u00e9e ; ceux qui entendent l&#8217;appel divin et s&#8217;approchent du P\u00e8re par la foi dans le Sauveur et dans son \u0153uvre, sont consid\u00e9r\u00e9s comme parfaits par Dieu et accept\u00e9s comme tels par lui, afin qu&#8217;ils puissent se pr\u00e9senter, avec leur R\u00e9dempteur, en sacrifices vivants au service du P\u00e8re et de son plan, et d\u00e9velopper ainsi en eux la ressemblance du cher Fils de Dieu. Si ces personnes-l\u00e0 souffrent volontairement et joyeusement avec Christ, ils pourront aussi \u00eatre glorifi\u00e9s avec lui bient\u00f4t, et faits h\u00e9ritiers et associ\u00e9s<\/p>\n<p>543<\/p>\n<p>avec lui dans l&#8217;\u0153uvre mill\u00e9naire qui doit b\u00e9nir le monde sous les conditions de la Nouvelle Alliance. Ces humains-l\u00e0, on s&#8217;en souvient, sont des exceptions par rapport au reste de l&#8217;humanit\u00e9 ; ils sont les \u00ab \u00e9lus \u00bb de l&#8217;Age de l\u2019\u00c9vangile, consid\u00e9r\u00e9s comme les \u00ab fr\u00e8res \u00bb de Christ,<\/p>\n<p>\u00ab \u00c9pouse \u00bb de Christ, l&#8217; \u00ab Eglise qui est son Corps \u00bb, mais ne sont, par contre, jamais appel\u00e9s les \u00ab enfants \u00bb de Christ. Ils sont accept\u00e9s par le P\u00e8re c\u00e9leste comme des fils, et engendr\u00e9s \u00e0 la nature c\u00e9leste par la Parole de V\u00e9rit\u00e9 et par l&#8217;esprit de cette Parole. Ainsi que nous l&#8217;avons vu, ils peuvent \u00e0 bon droit reconna\u00eetre J\u00e9hovah comme leur P\u00e8re, parce qu&#8217;ils sont directement engendr\u00e9s de lui, et sont ainsi des \u00ab fr\u00e8res \u00bb de Christ J\u00e9sus. \u2014 1 Pi. 1 : 3.<\/p>\n<p>Pour les humains en g\u00e9n\u00e9ral, cependant, le plan divin est quelque peu diff\u00e9rent : au lieu d&#8217;\u00eatre justifi\u00e9s par la foi, puis engendr\u00e9s \u00e0 la nature divine, etc., ils attendent jusqu&#8217;\u00e0 l\u2019Age mill\u00e9naire. A ce moment-l\u00e0, au lieu &#8216;d&#8217;\u00eatre engendr\u00e9s par J\u00e9hovah \u00e0 une nouvelle nature, ils obtiendront de nouveau leur ancienne nature, la nature humaine, affranchie de ses imperfections et de la corruption produite par le p\u00e9ch\u00e9. L&#8217;esp\u00e9rance du monde est le r\u00e9tablissement de ce qui fut perdu \u00bb en Eden (Matth. 18 : 11 ; Actes 3 : 19-21). Les dispositions de Dieu destin\u00e9es au monde sont exactement ce que nous avons vu dans la ran\u00e7on : l&#8217;homme Christ J\u00e9sus d\u00e9posa sa perfection humaine, et tous les droits et privil\u00e8ges qu&#8217;elle impliquait, afin de racheter pour l&#8217;humanit\u00e9 &#8216;\u00ab ce qui fut perdu \u00bb, la perfection humaine perdue en Eden, l&#8217;autorit\u00e9 souveraine, humaine et tous les droits et privil\u00e8ges de l&#8217;homme, y compris son privil\u00e8ge de la communion avec Dieu et la vie \u00e9ternelle. Ce sont ces choses qui furent achet\u00e9es pour l&#8217;humanit\u00e9 et qui, au propre temps, doivent \u00eatre offertes \u00e0 tous les humains sous la Nouvelle Alliance.<\/p>\n<p>L&#8217;Age de l\u2019\u00c9vangile a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9 par le Seigneur \u00e0 la<\/p>\n<p>544<\/p>\n<p>s\u00e9lection du \u00abcorps de Christ \u00bb. Pour le monde, ce fait signifie que notre Seigneur J\u00e9sus, le grand Chef (T\u00eate) de l&#8217;Eglise, ne r\u00e9serve pas pour lui seul les, fonctions de p\u00e8re, ou de dispensateur de vie au monde ; il s&#8217;est associ\u00e9 un \u00ab petit troupeau \u00bb dont les membres ont sa propre ressemblance ; ils ont particip\u00e9 aux souffrances du temps pr\u00e9sent et doivent \u00eatre participants de la gloire \u00e0 venir ; avec lui, ils doivent constituer le grand Proph\u00e8te, le Souverain Sacrificateur, le grand Roi, le grand Dispensateur de. Vie ou P\u00e8re de l&#8217;humanit\u00e9 \u2014 pour donner la vie \u00e0 quiconque voudra la recevoir sous les conditions de la Nouvelle Alliance. C&#8217;est d&#8217;accord avec cette pens\u00e9e que les \u00c9critures d\u00e9clarent que l&#8217;un des titres de notre Seigneur est \u00ab P\u00e8re \u00c9ternel \u00bb. Notre Seigneur n&#8217;a pas encore rempli cette charge en aucun sens ou degr\u00e9. Mais celui qui acheta le monde au prix de sa propre vie, a re\u00e7u, en vertu des dispositions divines, la puissance, le plein droit, le titre et l&#8217;autorit\u00e9 d&#8217;accorder \u00e0 tous ceux qui voudront le recevoir selon ses conditions, tout ce qui fut perdu et tout ce qui fut rachet\u00e9 : la vie, les droits et les perfections de l&#8217;homme avec une connaissance plus \u00e9tendue.<\/p>\n<p>Notre Seigneur est donc devenu le p\u00e8re l\u00e9gitime de la race, lui donnant une vie qui a co\u00fbt\u00e9 la sienne ; les \u00c9critures nous font comprendre que les humains sont enti\u00e8rement entre ses mains ; il agira avec eux d&#8217;une mani\u00e8re absolue, et pour juger ceux qui seront dignes ou indignes de la vie \u00e9ternelle, Ceci, notre Seigneur J\u00e9sus le fera pour le monde, \u00e0 titre de. P\u00e8re, dans l&#8217;Age prochain ; il le fait pour son Eglise, son \u00e9pouse, son Epous\u00e9e, pendant l&#8217;Age actuel. Nous voyons dans ce fait une illustration des paroles de l&#8217;Ap\u00f4tre montrant que de m\u00eame que le P\u00e8re c\u00e9leste est le Chef (T\u00eate) de Christ, ainsi Christ est le chef (T\u00eate) de l&#8217;Eglise, comme l&#8217;\u00e9poux est le chef (t\u00eate) de la femme et de la famille. En cons\u00e9quence, nous lisons : \u00ab Le P\u00e8re ne juge personne, mais il a donn\u00e9 tout le jugement au Fils \u00bb (Jean 5 : 22). La Fianc\u00e9e de Christ n&#8217;a<\/p>\n<p>545<\/p>\n<p>aucune position devant le P\u00e8re except\u00e9 dans et par son futur \u00c9poux bien-aim\u00e9. Ses requ\u00eates sont faites au nom de ce dernier, par ses m\u00e9rites, et doivent continuer d&#8217;\u00eatre ainsi faites jusqu&#8217;\u00e0 ce que ce qui est parfait soit venu, lorsqu&#8217;elle sera re\u00e7ue dans la gloire \u2014 dans la pleine libert\u00e9 des fils de Dieu, par la premi\u00e8re r\u00e9surrection.<\/p>\n<p>D&#8217;une mani\u00e8re semblable, les humains, les enfants de Christ, devront s&#8217;en rapporter enti\u00e8rement \u00e0 lui, comme leur Chef (T\u00eate), leur P\u00e8re, et n&#8217;auront aucun rapport avec le P\u00e8re c\u00e9leste, ni ne seront m\u00eame reconnus par Lui, avant que l&#8217;Age mill\u00e9naire ait r\u00e9tabli et ramen\u00e9 \u00e0 la perfection ceux qui voudront b\u00e9n\u00e9ficier de ces privil\u00e8ges. Mais au terme de l&#8217;Age mill\u00e9naire, lorsque notre Seigneur J\u00e9sus remettra le Royaume \u00e0 Dieu, au P\u00e8re m\u00eame, alors \u00e9galement ils seront pr\u00e9sent\u00e9s au grand, au supr\u00eame P\u00e8re de tons, \u00e0 J\u00e9hovah, le Tout-Puissant, et seront plac\u00e9s sous son gouvernement direct. \u2014 1 Cor. 15 : 24.<\/p>\n<p>De ce point de vue, on peut voir pourquoi notre Seigneur J\u00e9sus est appel\u00e9 le P\u00e8re de la race rachet\u00e9e et r\u00e9tablie, mais ne fut pas reconnu ant\u00e9rieurement comme le P\u00e8re d&#8217;Adam ou de ses enfants, bien qu&#8217;il f\u00fbt le cr\u00e9ateur direct d&#8217;Adam, ainsi qu&#8217;il est \u00e9crit : \u00ab Sans lui,, pas une seule chose ne fut faite de ce qui a \u00e9t\u00e9 fait \u00bb. La diff\u00e9rence tient dans le fait qu&#8217;\u00e0 la cr\u00e9ation originelle, le Logos fut l&#8217;agent de J\u00e9hovah, et accomplit une \u0153uvre sans aucun d\u00e9pense pour lui-m\u00eame ; tandis que, devenu le second Adam, il donnera aux hommes des droits \u00e0 la vie qui lui ont co\u00fbt\u00e9 sa propre vie et qu&#8217;il a achet\u00e9s par son sang pr\u00e9cieux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>RAN\u00c7ON ET NON PARDON<\/p>\n<p>Pour n&#8217;avoir pas su \u00e9tablir une distinction pr\u00e9cise, beaucoup de gens sont arriv\u00e9s \u00e0 avoir des id\u00e9es tr\u00e8s confuses sur ce sujet. Des chr\u00e9tiens d&#8217;intelligence ordinaire vous citeront des textes relatifs \u00e0 la ran\u00e7on qui<\/p>\n<p>546<\/p>\n<p>nous rach\u00e8te de la tombe et de la mort, qui nous rach\u00e8te \u00e0 prix, savoir le pr\u00e9cieux sang de Christ, etc., et au m\u00eame instant, ils vous parlent du pardon mis\u00e9ricordieux de toutes les offenses par le P\u00e8re. Selon toute apparence, peu de Chr\u00e9tiens pensent, m\u00eame si beaucoup doivent le savoir, que pardon et ran\u00e7on expriment des id\u00e9es diam\u00e9tralement oppos\u00e9es.<\/p>\n<p>Les d\u00e9finitions principales suivantes proviennent du dictionnaire standard :<\/p>\n<p>Racheter &#8211; Pour en prendre possession en payant le prix.<\/p>\n<p>Ran\u00e7on &#8211; Le montant ou la contrepartie vers\u00e9e pour la lib\u00e9ration d&#8217;une personne d\u00e9tenue en captivit\u00e9, en tant que prisonnier ou esclave.<\/p>\n<p>Maintenant, contrastez avec ceux-ci la signification de:<\/p>\n<p>Pardon \u2014 Remettre la p\u00e9nalit\u00e9 de; laisser passer.<\/p>\n<p>Webster &#8211; &#8220;S&#8217;abstenir d&#8217;exiger la peine. Dans la loi : &#8220;Lib\u00e9rer d&#8217;une peine qui a \u00e9t\u00e9 inflig\u00e9e par une condamnation&#8221;.<\/p>\n<p>Remarquez ici aussi la d\u00e9finition d&#8217;un autre mot qui, bien que \u00e9troitement li\u00e9 au pardon, n&#8217;est pas exactement le m\u00eame, \u00e0 savoir:<\/p>\n<p>Pardonner &#8211; pour \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 de la punition &#8211; pour cesser de nourrir du ressentiment.<\/p>\n<p>&#8220;La loi ne conna\u00eet pas de pardon.&#8221;<\/p>\n<p>L&#8217;intelligence la plus ordinaire doit discerner que la pens\u00e9e exprim\u00e9e par \u00ab racheter \u00bb et \u00ab ran\u00e7on \u00bb est oppos\u00e9e et contraire \u00e0 celle exprim\u00e9e par le mot pardon. Mais puisque tous ces termes sont employ\u00e9s dans les. \u00c9critures et ont trait aux transactions de Dieu avec l&#8217;homme d\u00e9chu, beaucoup de gens qui \u00e9tudient la Bible pensent que ces termes sont employ\u00e9s indiff\u00e9remment et avec le m\u00eame sens dans l&#8217;Ecriture Sainte ; ils en concluent alors qu&#8217;ils<\/p>\n<p>547<\/p>\n<p>peuvent faire \u00e0 leur gr\u00e9, donner le sens de \u00ab pardon \u00bb aux termes \u00ab ran\u00e7on \u00bb et \u00ab racheter \u00bb, ou, vice-versa, attribuer les d\u00e9finitions de \u00ab ran\u00e7on \u00bb et de \u00ab racheter&#8217;\u00bb aux mots \u00ab pardon \u00bb et \u00ab r\u00e9mission \u00bb. En proc\u00e9dant de cette fa\u00e7on, on est loin de \u00ab dispenser droitement la parole de v\u00e9rit\u00e9 \u00bb ; on confond deux choses s\u00e9par\u00e9es et distinctes et il en r\u00e9sulte de la confusion. Beaucoup de personnes paraissent ne pas d\u00e9sirer la v\u00e9rit\u00e9 sur cette question-l\u00e0 et ne la recherchent donc pas, craignant sans doute que leurs doctrines niant la ran\u00e7on ne soient, de ce fait, condamn\u00e9es.<\/p>\n<p>Il est d\u00e9montr\u00e9, avec une clart\u00e9 absolue, que Dieu ne pardonna pas la transgression d&#8217;Adam et ne lui remit pas sa condamnation ; tout ce qui se passe autour de nous, la cr\u00e9ation g\u00e9missante et mourante, non moins que le t\u00e9moignage de la Parole de Dieu concernant \u00ab la col\u00e8re de Dieu r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00bb \u2014 la \u00ab mal\u00e9diction \u00bb de la mort qui est ,le salaire du p\u00e9ch\u00e9 originel, tout t\u00e9moigne avec force que Dieu ne pardonna pas au monde, ne lui remit pas la condamnation de son p\u00e9ch\u00e9, sous laquelle il a souffert depuis plus de six mille ans. Celui qui confond la justification des p\u00e9cheurs par les m\u00e9rites du sacrifice d&#8217;expiation de Christ (qui se substitua au p\u00e9cheur, paya la ran\u00e7on) avec le pardon sans paiement, n&#8217;a pas eu ses sens convenablement exerc\u00e9s. Si Dieu avait pardonn\u00e9 \u00e0 Adam, il l&#8217;aurait r\u00e9tabli dans les privil\u00e8ges d&#8217;Eden au milieu des arbres qui entretenaient la vie ; il y vivrait encore, et sa nombreuse famille ne serait pas morte par e la d\u00e9sob\u00e9issance d&#8217;un seul \u00bb.<\/p>\n<p>Si, \u00e0 n&#8217;importe quel moment, Dieu devait venir au secours de l&#8217;homme et lui pardonner, cela impliquerait la lib\u00e9ration compl\u00e8te de toute imperfection, maladie, douleur et mort : cela signifierait la pleine restitution de tout ce qui fut perdu. D\u00e8s lors, il est \u00e9vident que Dieu n&#8217;a pas pardonn\u00e9 le p\u00e9ch\u00e9 originel, mais qu&#8217;il maintient encore les rigoureuses exigences de sa sainte loi et de<\/p>\n<p>548<\/p>\n<p>la condamnation prononc\u00e9e contre le p\u00e9cheur. Pour le monde, il n&#8217;existe m\u00eame aucun signe ext\u00e9rieur indiquant qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9, que la ran\u00e7on a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e. Seuls, les croyants le savent et ils l&#8217;acceptent, non par la vue, mais par la foi dans la Parole de l\u2019\u00c9ternel ; nous avons d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 de nombreux textes bibliques confirmant cela. Les preuves visibles &#8216;de la ran\u00e7on seront discernables durant le Mill\u00e9nium, lorsque l&#8217;\u0153uvre du r\u00e9tablissement sera en voie d&#8217;ex\u00e9cution, et que le R\u00e9dempteur commencera \u00e0 exercer les droits qu&#8217;il a rachet\u00e9s afin d&#8217;\u00eatre celui qui restitue et r\u00e9tablit.<\/p>\n<p>Les termes r\u00e9mission et pardon sont employ\u00e9s non pas relativement au monde et \u00e0 son p\u00e9ch\u00e9 originel, mais concernent ceux qui, par la foi dans le R\u00e9dempteur et dans son \u0153uvre, sont consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant pass\u00e9s de la mort \u00e0 la vie, de la condamnation \u00e0 la justification. Le grand R\u00e9dempteur qui les acheta, qui racheta aussi les accusations dress\u00e9es contre eux, leur pardonne gratuitement et les met de nouveau \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve pour la vie, en les soumettant \u00e0 l&#8217;esprit de la Loi divine et non \u00e0 sa lettre. Outre cette r\u00e9mission du pass\u00e9, il continue \u00e0 leur pardonner et \u00e0 pardonner toutes leurs offenses (lesquelles ne seront pas volontaires tant qu&#8217;ils auront son nouvel esprit ou disposition \u2014 1 Jean 3 : 9 ; 5 : 18). Il compte toutes ces imperfections involontaires de pens\u00e9es, paroles et actes comme faisant partie du p\u00e9ch\u00e9 originel et de sa d\u00e9pravation agissant encore dans leur chair par l&#8217;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9. De m\u00eame, il est dit du P\u00e8re C\u00e9leste qu&#8217;il a de la mis\u00e9ricorde pour nous, qu&#8217;il pardonne nos transgressions, et qu&#8217;il nous accorde sa gr\u00e2ce (faveur) ; mais l&#8217;explication en est que toute sa gr\u00e2ce nous est accord\u00e9e par l&#8217;interm\u00e9diaire du sacrifice de notre Seigneur J\u00e9sus : nous sommes \u00ab justifi\u00e9s gratuitement par sa gr\u00e2ce, par la r\u00e9demption qui est dans le Christ J\u00e9sus ; lequel Dieu a<\/p>\n<p>549<\/p>\n<p>pr\u00e9sent\u00e9 pour propitiation [satisfaction] par la foi en son sang \u2014 afin de montrer sa justice par la r\u00e9mission [pardon] des p\u00e9ch\u00e9s pr\u00e9c\u00e9dents \u00bb (Rom. 3 : 24, 25). Il est encore d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab Nous avons la r\u00e9demption par son sang, la r\u00e9mission des fautes [p\u00e9ch\u00e9s] selon les richesses de sa gr\u00e2ce \u00bb. \u2014 Eph. 1 : 7 ; Col. 1 : 14.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons \u00e9t\u00e9 r\u00e9concili\u00e9s avec Dieu par la mort de son Fils:, c&#8217;est-\u00e0-dire que Dieu cessa de retenir contre nous nos p\u00e9ch\u00e9s, parce que le prix de notre ran\u00e7on avait \u00e9t\u00e9 pay\u00e9, lui-m\u00eame ayant pourvu \u00e0 la chose, car il nous a tant aim\u00e9s qu&#8217;il a donn\u00e9 son Fils pour nous racheter. C&#8217;est ainsi que \u00ab Dieu \u00e9tait en Christ r\u00e9conciliant le monde avec lui-m\u00eame, en n&#8217;imputant point aux hommes leurs p\u00e9ch\u00e9s (mais les imputant \u00e0 son Fils bien-aim\u00e9 qui se donna librement en se substituant \u00e0 nous). Les p\u00e9ch\u00e9s furent imput\u00e9s \u00e0 l&#8217;humanit\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 la mort de J\u00e9sus ; alors Dieu nous remit nos p\u00e9ch\u00e9s, c&#8217;est-\u00e0-dire cessa de nous imputer ce qui avait \u00e9t\u00e9 pay\u00e9 par notre R\u00e9dempteur ou Substitut. Dieu ne PARDONNA pas, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00ab ne renon\u00e7a nullement \u00e0 l&#8217;ex\u00e9cution du ch\u00e2timent \u00bb, mais Il fit \u00ab tomber lui [notre R\u00e9dempteur] l&#8217;iniquit\u00e9 de nous tous \u00bb (Es. 53 : 6). \u00ab Il porta [le ch\u00e2timent de] nos p\u00e9ch\u00e9s en son corps sur le bois \u00bb (1 Pi. 2 : 24). Ainsi voyons-nous comment Dieu nous pardonna gratuitement \u00ab \u00e0 cause de Christs et parce qu&#8217;il paya le ch\u00e2timent qui \u00e9tait la pleine satisfaction de la justice. \u2014 1 Jean 1 : 7 ; 2 : 12 ; Eph. 4 : 32 ; Actes 4 : 12 ; 10 : 43 ; 13 : 38 ; Luc 24 : 47.<\/p>\n<p>Que l&#8217;on ne commette pas l&#8217;erreur de croire que Dieu contraignit le juste \u00e0 mourir pour les injustes. La Justice ne pouvait pas infliger le ch\u00e2timent du coupable \u00e0 l&#8217;innocent, \u00e0 moins que ce dernier ne se donn\u00e2t librement en se substituant au coupable ; c&#8217;est ce que fit notre Seigneur J\u00e9sus. Les \u00c9critures d\u00e9clarent qu&#8217;il donna sa vie de son propre gr\u00e9, non par crainte de la col\u00e8re divine, non parce qu&#8217;on l&#8217;y for\u00e7\u00e2t, \u00ab mais pour la joie qui \u00e9tait<\/p>\n<p>550<\/p>\n<p>plac\u00e9e devant Lui [la joie d&#8217;ob\u00e9ir au P\u00e8re, la joie de racheter et de r\u00e9tablir l&#8217;humanit\u00e9 et d&#8217;amener beaucoup<\/p>\n<p>de fils, \u00e0 la gloire] il endura la croix \u00bb &#8211; H\u00e9b. 12 : 2.<\/p>\n<p>Les termes grecs (apoluo, aphiemi et aphesis) traduits dans le Nouveau Testament par \u00abr\u00e9mission \u00bb, \u00abacquitt\u00e9 \u00bb et \u00ab remettre \u00bb, et aussi, improprement par \u00ab pardon \u00bb, ont le sens de \u00ab Lib\u00e9rer d&#8217;un ch\u00e2timent, cesser d&#8217;avoir du ressentiment \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de \u00bb. Ces termes ne signifient cependant pas, comme on le croit souvent, qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une lib\u00e9ration, d&#8217;une remise gratuite sans une contrepartie \u00e9quivalente, ainsi que le mot fran\u00e7ais pardon le laisserait entendre. Ce n&#8217;est pas que Dieu laissera partir le p\u00e9cheur sans conditions, mais comme le d\u00e9clarent les \u00c9critures, Dieu fera sortir les prisonniers de la fosse (de la mort), parce qu&#8217;il a trouv\u00e9 une ran\u00e7on (Job 33 : 24). L&#8217;homme Christ J\u00e9sus se donna en ran\u00e7on (prix correspondant) pour tous (1 Tim. 2: 6). C&#8217;est pourquoi tous ceux qui sont dans leurs s\u00e9pulcres (les prisonniers dans la fosse) entendront sa voix et sortiront (en temps voulu) lorsque le R\u00e9dempteur \u00ab prendra sa grande puissance et son r\u00e8gne \u00bb.<\/p>\n<p>Bien que le mot pardonner ne se trouve pas dans le texte grec du Nouveau Testament, il y a un terme grec d&#8217;une signification presque identique charizomai. Il veut dire remettre gratuitement. Nous allons donner quelques exemples de l&#8217;emploi de ce terme et l&#8217;on verra ainsi qu&#8217;il ne s&#8217;oppose pas, mais confirme au contraire la d\u00e9claration que notre P\u00e8re ne pardonne pas, ou ne lib\u00e8re pas inconditionnellement les p\u00e9cheurs du ch\u00e2timent du p\u00e9ch\u00e9. Le mot charizomai se trouve en tout douze fois seulement, comme par exemple : \u00ab Vous pardonnant les uns aux autres\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 comme aussi Christ vous a pardonn\u00e9 \u00bb (Col. 3 : 13). \u00ab Et comme ils n&#8217;avaient pas de quoi payer, il leur remit \u00e0 tous les deux leur dette\u00a0\u00bb\u00a0;<\/p>\n<p>551<\/p>\n<p>\u00ab Celui\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 auquel il a le plus remis \u00bb. &#8211; Luc 7 : 42, 43.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc quatre exemples dans lesquels il est question de r\u00e9mission gratuite ou pardon. Mais remarquez que ce n&#8217;est pas J\u00e9hovah, mais Christ J\u00e9sus et les disciples qui accordent le pardon gratuit. Notre Seigneur J\u00e9sus \u00e9tait en train de pourvoir au prix de la ran\u00e7on de Simon, de Marie et des autres, et se rendant compte que la Justice serait satisfaite par son acte, il pouvait en qualit\u00e9 d&#8217;acheteur, leur pardonner gratuitement. Le but m\u00eame de son rachat des p\u00e9cheurs \u00e9tait de pouvoir les lib\u00e9rer gratuitement de la condamnation du p\u00e9ch\u00e9. Si notre Seigneur J\u00e9sus n&#8217;avait pas \u00e9t\u00e9 dispos\u00e9 \u00e0 pardonner \u00e0 ceux qu&#8217;il avait rachet\u00e9s de- son propre sang, s&#8217;il avait toujours retenu contre eux le salaire du p\u00e9ch\u00e9 d&#8217;Adam, son sacrifice aurait \u00e9t\u00e9 sans valeur pour eux ; ils seraient rest\u00e9s ce qu&#8217;ils \u00e9taient, \u00ab maudits \u00bb, condamn\u00e9s. D&#8217;autre part, si le P\u00e8re nous avait pardonn\u00e9, la mort de Christ aurait \u00e9t\u00e9 inutile, sans valeur, puisqu&#8217;elle n&#8217;aurait rien accompli.<\/p>\n<p>Tous admettront que Dieu est juste ; s&#8217;il en est ainsi, il n&#8217;infligea pas un ch\u00e2timent trop s\u00e9v\u00e8re \u00e0 l&#8217;homme quand il le priva de la vie. Si donc cette condamnation \u00e9tait juste il y a six mille ans, elle l&#8217;est encore maintenant, et le sera toujours pendant les temps futurs. Si la condamnation fut trop s\u00e9v\u00e8re et que Dieu pardonne au p\u00e9cheur (le lib\u00e8re de la prolongation de la peine), cela prouve soit que Dieu fut alors injuste, ou qu&#8217;il l&#8217;est maintenant. S&#8217;il \u00e9tait juste, il y a six mille ans, qu&#8217;il prive de la vie l&#8217;humanit\u00e9 \u00e0 cause du p\u00e9ch\u00e9, il serait injuste, main-<\/p>\n<p>tenant encore, de lui restituer la vie \u00e0 moins que la peine prononc\u00e9e n&#8217;ait \u00e9t\u00e9 justement annul\u00e9e par le paiement<\/p>\n<p>d&#8217;un prix \u00e9quivalent. Cela ne pouvait \u00eatre accompli seulement que par le sacrifice volontaire d&#8217;un autre \u00eatre de la m\u00eame nature dont le droit \u00e0 la vie \u00e9tait intact, se donnant lui-m\u00eame comme substitut ou ran\u00e7on.<\/p>\n<p>552<\/p>\n<p>\u00ab Ta justice est ferme \u00e0 jamais,<\/p>\n<p>Comme les monts in\u00e9branlables \u00bb.<\/p>\n<p>Ce principe m\u00eame de justice, qui dirige tous les actes de Dieu, est le fondement de notre ferme confiance dans toutes ses promesses. Les \u00c9critures d\u00e9clarent qu&#8217;il est le m\u00eame hier, aujourd&#8217;hui et \u00e9ternellement, et que chez lui, e il n&#8217;y a ni variation, ni ombre de changement.\u00bb (Jacq. 1 : 17). S&#8217;il \u00e9tait changeant au point de condamner \u00e0 mort la race au jour d&#8217;Adam, puis, six mille ans apr\u00e8s, de r\u00e9voquer sa d\u00e9cision, quelle assurance pourrions-nous avoir que dans six mille ans, plus ou moins, il ne pourrait changer de nouveau, et nous renvoyer dans la prison de la mort en retirant son pardon \u00e0 quelques-uns ou \u00e0 tous ? Comme race de p\u00e9cheurs nous n&#8217;avons aucune raison d&#8217;esp\u00e9rer une vie \u00e9ternelle future, sinon le fait que, par la gr\u00e2ce de Dieu, Christ mourut pour nous et satisfit ainsi aux exigences de la Justice contre nous.<\/p>\n<p>Ainsi donc, pour autant que cela concerne J\u00e9hovah, nous obtenons la r\u00e9mission de nos p\u00e9ch\u00e9s par le moyen qu&#8217;il a choisi, c&#8217;est-\u00e0-dire par Christ. En ce qui concerne nos rapports avec notre Seigneur J\u00e9sus qui nous acheta, il pardonne gratuitement \u00e0 tous ceux qui veulent aller au P\u00e8re par lui. Et en ce qui nous concerne, nous sommes tr\u00e8s favoris\u00e9s par la r\u00e9alisation des dispositions divines ou du plan de Dieu ; en fait, cela revient au m\u00eame que si le P\u00e8re avait pardonn\u00e9 sans condition et sans ran\u00e7on \u00e0 cela pr\u00e8s que la connaissance du fait nous permet d&#8217;appr\u00e9cier les dispositions divines par la raison, et de comprendre comment, bien que nos p\u00e9ch\u00e9s \u00e9taient comme le cramoisi, nous sommes faits maintenant plus blancs que la neige, et comment Dieu est juste tout en nous justifiant et en nous lib\u00e9rant. Ainsi Dieu nous a-t-il fourni un s\u00fbr fondement pour notre foi et notre confiance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>553<\/p>\n<p>LA MORT N&#8217;ANNULE-T-ELLE PAS LA DETTE DE L&#8217;HOMME ?<\/p>\n<p>Lorsque, \u00e0 un moment donn\u00e9, on a saisi que a le salaire du p\u00e9ch\u00e9 c&#8217;est la mort \u00bb (et non le tourment \u00e9ternel), il y a chez beaucoup une tendance \u00e0 raisonner faussement sur ce sujet, ce qu&#8217;encourage, \u00e9videmment, le grand Adversaire. Ce faux raisonnement am\u00e8ne \u00e0 dire Si le salaire du p\u00e9ch\u00e9 c&#8217;est la mort, chaque homme qui meurt paie donc le ch\u00e2timent de son p\u00e9ch\u00e9, et par cons\u00e9quent, argumente-t-on, il n&#8217;est pas besoin d&#8217;un R\u00e9dempteur ni d&#8217;un prix de la ran\u00e7on, chacun se rachetant lui-m\u00eame en payant le prix de son propre ch\u00e2timent. Autre argument : la Justice n&#8217;a plus rien \u00e0 pr\u00e9tendre de l&#8217;homme apr\u00e8s la mort puisqu&#8217;elle a exerc\u00e9 toutes ses rigueurs et satisfait tous ses droits sur lui en le d\u00e9truisant. En conclusion, pr\u00e9tend-on, l&#8217;\u00e9tape suivante doit \u00eatre forc\u00e9ment une r\u00e9surrection des morts, la prochaine chose convenable \u00e0 attendre. Cette mani\u00e8re de voir ferait de l&#8217;exigence divine demandant un sacrifice de ran\u00e7on pour le p\u00e9ch\u00e9 de l&#8217;homme une injustice, un double paiement du ch\u00e2timent.<\/p>\n<p>Que ce raisonnement soit vrai ou faux, il est en violente opposition avec les \u00c9critures qui d\u00e9clarent, au contraire, que nous avions besoin d&#8217;un Sauveur et qu&#8217;il \u00e9tait essentiel qu&#8217;il donn\u00e2t le prix de notre ran\u00e7on, avant que nous puissions \u00eatre lib\u00e9r\u00e9s de la condamnation du p\u00e9ch\u00e9 d&#8217;Adam et avoir un droit quelconque \u00e0 une vie future. Nous avons d\u00e9j\u00e0 fait mention de ces passages bibliques, et ils sont trop nombreux pour \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9s maintenant ; nous nous bornerons donc \u00e0 d\u00e9voiler la fausset\u00e9 de cette conception pr\u00e9cit\u00e9e en nous effor\u00e7ant de montrer que le raisonnement correct sur les faits est en accord absolu avec le t\u00e9moignage des \u00c9critures selon lequel la mort de notre Seigneur, comme prix de notre ran\u00e7on, \u00e9tait essentielle, afin que Dieu p\u00fbt \u00eatre juste tout en justifiant celui qui croit en J\u00e9sus et l&#8217;accepte comme son R\u00e9dempteur.<\/p>\n<p>Si le ch\u00e2timent du p\u00e9ch\u00e9 avait simplement \u00e9t\u00e9 d&#8217;\u00eatre<\/p>\n<p>554<\/p>\n<p>mourant, si l\u2019\u00c9ternel avait dit \u00e0 Adam : Parce que tu as p\u00e9ch\u00e9, tu devras subir l&#8217;\u00e9preuve p\u00e9nible de demeurer dans une condition mourante, alors, en v\u00e9rit\u00e9, A.dam et les autres mourants auraient satisfait \u00e0 cette condamnation en subissant cette condition mourante. Mais cette condamnation est toute autre : c&#8217;est la mort, et non le fait d&#8217;\u00eatre mourant (*) ; or, la mort c&#8217;est l&#8217;absence de la vie, la destruction. Ainsi donc, si l&#8217;homme paie le prix de sa condamnation, cela signifie qu&#8217;il doit rester mort, priv\u00e9 de vie \u00e0 toujours. \u00ab L&#8217;\u00e2me \u00bb [l&#8217;\u00eatre] qui p\u00e8che, celle-l\u00e0 mourra \u00bb, Comme nous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 fait ressortir, cette destruction de l&#8217;\u00e2me (\u00eatre), conform\u00e9ment \u00e0 la sentence, aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9ternelle, sans la r\u00e9demption accomplie par notre Seigneur. C&#8217;est en consid\u00e9ration de cette r\u00e9demption que la mort est transform\u00e9e en ce qui, au figur\u00e9, est appel\u00e9 un \u00ab sommeil \u00bb ; en effet, gr\u00e2ce \u00e0, cette r\u00e9demption, il y aura un r\u00e9veil de ce sommeil de la mort en temps voulu, effectu\u00e9 Par le R\u00e9dempteur, en plein accord avec la Justice divine dont il a satisfait \u00e0 toutes les exigences. Si donc, comme nous l&#8217;avons vu, il n&#8217;y avait pas eu de r\u00e9demption [ran\u00e7on], la mort adamique e\u00fbt \u00e9t\u00e9 ce que doit \u00eatre la Seconde Mort, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00ab la destruction \u00e9ternelle de devant la pr\u00e9sence du Seigneur et de devant la gloire de sa force \u00bb (2 Thess. 1 : 9). Lorsqu&#8217;on a bien compris ce sujet, il ne peut subsister aucun doute dans l&#8217;esprit de tout homme raisonnable que le paiement du ch\u00e2timent du p\u00e9ch\u00e9 enl\u00e8ve \u00e0 l&#8217;homme tout ce qu&#8217;il a, et ne lui laisse rien ni pour souffrir, ni pour se r\u00e9jouir. D&#8217;autre part, plus nous approfondissons ce sujet d&#8217;apr\u00e8s ce point de vue, plus clairement nous pouvons voir dans quelle grave difficult\u00e9 fut englob\u00e9e notre race frapp\u00e9e parla sentence divine, et plus nous appr\u00e9cions la n\u00e9cessit\u00e9 de la ran\u00e7on. Lorsque nous avons<\/p>\n<p>555<\/p>\n<p>bien compris cette partie du sujet, il devient \u00e9vident pour nous que notre Seigneur J\u00e9sus, en devenant notre R\u00e9dempteur, en se donnant comme prix de notre ran\u00e7on, fut frapp\u00e9 de la m\u00eame condamnation originelle que l&#8217;humanit\u00e9, \u00e0 savoir que \u00ab l&#8217;homme Christ J\u00e9sus \u00bb go\u00fbta la mort pour nous, dans le sens le plus absolu du terme qui est celui de la \u00ab destruction \u00e9ternelle \u00bb. C&#8217;est pourquoi nous ne connaissons plus Christ selon la chair. La chair, la nature humaine, fut donn\u00e9e comme le prix de notre ran\u00e7on, et le fait qu&#8217;elle ne fut pas reprise nous garantit que tous les avantages b\u00e9nis de cette ran\u00e7on seront valables pour la famille humaine enti\u00e8re sous les conditions de la Nouvelle Alliance, que toutes les perfections et tous les droits qui appartenaient \u00e0 notre cher R\u00e9dempteur comme homme furent donn\u00e9s en \u00e9change des droits semblables d&#8217;Adam qui avaient \u00e9t\u00e9 perdus par sa d\u00e9sob\u00e9issance, et que ces droits devront donc \u00eatre donn\u00e9s \u00e0 tous ceux qui voudront les accepter aux conditions divines pendant les \u00ab temps du r\u00e9tablissement de toutes choses dont Dieu a parl\u00e9 par la bouche de tous ses saints proph\u00e8tes de tout temps \u00bb. \u2014 Actes 3 : 19-21.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab QUI VEUT QUE TOUS LES HOMMES SOIENT SAUV\u00c9S \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Qui veut que tous les hommes soient sauv\u00e9s et qu&#8217;ils parviennent \u00e0 la connaissance de la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb. &#8211; 1 Tim. 2 : 4.<\/p>\n<p>Un autre danger de faux raisonnement sur le sujet de la ran\u00e7on embarrasse le sentier de quelques-uns. Il y a beaucoup de gens qui, \u00e0 un moment donn\u00e9, ajoutaient facilement foi au t\u00e9moignage des hommes, sans aucune preuve scripturale, \u00e0 savoir : que le salaire du p\u00e9ch\u00e9 est le tourment \u00e9ternel, destin\u00e9 \u00e0 tous les humains \u00e0 l&#8217;exception de \u00ab ceux qui ont le c\u0153ur pur \u00bb, le \u00ab Petit Troupeau \u00bb, \u00ab l&#8217;Eglise \u00e9lue \u00bb ; apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9livr\u00e9es de cette terrible erreur, ces personnes sont port\u00e9es \u00e0 aller<\/p>\n<p>556<\/p>\n<p>\u00e0 l&#8217;extr\u00eame oppos\u00e9, et \u00e0 accepter sous quelque forme ou fa\u00e7on la doctrine du salut \u00e9ternel universel.<\/p>\n<p>La grande majorit\u00e9 de ceux qui adoptent cette erreur \u00ab universaliste \u00bb nient la ran\u00e7on d&#8217;une mani\u00e8re absolue, mais certains se rattachent \u00e0 l&#8217;universalisme \u00e0 cause de leur loi dans la ran\u00e7on dont ils n&#8217;arrivent pas cependant \u00e0 comprendre clairement la mise en \u0153uvre. Ces derniers s&#8217;appuient volontiers sur le texte cit\u00e9 plus haut et ils raisonnent ainsi : si Dieu veut que tous les hommes soient sauv\u00e9s, tout est r\u00e9solu, car le temps vient o\u00f9 sa volont\u00e9 sera faite sur la terre comme au ciel. Nous comprenons donc, disent-ils, que la ran\u00e7on donn\u00e9e pour tous les hommes par l&#8217;homme Christ J\u00e9sus a pour effet d&#8217;obtenir le salut de tous et, de ce fait, d&#8217;accomplir la volont\u00e9 de Dieu. Et ils se fortifient dans leur erreur en disant : lorsque nous consid\u00e9rons cela, \u00e9tant donn\u00e9 que Dieu a accept\u00e9 le sacrifice de la ran\u00e7on de J\u00e9sus, il est terni, en toute justice, de sauver tous les p\u00e9cheurs, et de leur rendre \u00e0 nouveau la vie \u00e9ternelle perdue en Eden. Nous \u00e9tablissons leur position aussi fortement que possible, de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir leur r\u00e9pondre d&#8217;une mani\u00e8re satisfaisante et sans trace d&#8217;esprit de contestation.<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 touchant ce raisonnement est qu&#8217;il n&#8217;est pas suffisamment compr\u00e9hensible. Il retient quelques points des \u00c9critures, mais en n\u00e9glige beaucoup d&#8217;autres auxquels il faudrait pr\u00eater l&#8217;oreille et dont le t\u00e9moignage devrait influencer&#8217; fortement la conclusion finale. En outre, ce raisonnement cite partiellement et interpr\u00e8te mal les \u00c9critures suppos\u00e9es l&#8217;appuyer d&#8217;une mani\u00e8re particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Notre P\u00e8re c\u00e9leste d\u00e9clare : \u00ab Je ne prends point plaisir \u00e0 la mort de celui qui meurt, dit l\u2019\u00c9ternel Dieu. Revenez donc et vivez \u00bb (Ez\u00e9ch. 18 : 32). Cette grande faveur d&#8217;une offre de vie, par le moyen d&#8217;un Lib\u00e9rateur au monde condamn\u00e9, n&#8217;est pas une chose nouvelle de la part de<\/p>\n<p>557<\/p>\n<p>notre P\u00e8re c\u00e9leste. Il ne change pas ; il a toujours eu cette bonne volont\u00e9 envers ses cr\u00e9atures. Il aurait pu en faire de simples machines, intellectuellement et moralement, sans \u00eatre libres de vouloir ou d&#8217;agir contrairement, son bon plaisir ; mais il voulut faire non pas des machines humaines, mais des hommes \u00e0 sa propre image, a sa propre ressemblance, ayant la libert\u00e9 de choisir, de vouloir, pouvant choisir l\u00e9 bien ou le mal. Il ne cherche pas, pour l&#8217;adorer, des \u00eatres qui ne pourraient faire autrement ou qui devraient le faire par force, mais comme il le d\u00e9clare : \u00ab Il cherche des adorateurs qui l&#8217;adorent en esprit et en v\u00e9rit\u00e9 \u00bb, volontairement, par amour et appr\u00e9ciation de ses principes de justice et de sa personne elle-m\u00eame, que ces principes repr\u00e9sentent. \u2014 Jean 4 : 23.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, c&#8217;est dans le m\u00eame temps o\u00f9 Dieu avait cette m\u00eame bonne volont\u00e9 envers les hommes, qu&#8217;il permit \u00e0 Adam de faire son propre choix entre l&#8217;ob\u00e9issance et la d\u00e9sob\u00e9issance, et lorsque ce dernier eut choisi la d\u00e9sob\u00e9issance, ce m\u00eame Dieu, qui ne prend aucun plaisir \u00e0 la mort de celui qui meurt, pronon\u00e7a la condamnation et, depuis six mille ans, en fait assurer l&#8217;ex\u00e9cution. Maintenant qu&#8217;il a pourvu \u00e0 une r\u00e9demption en Christ J\u00e9sus, et \u00e0 une occasion pour chaque membre de la famille humaine de rentrer en harmonie avec lui et d&#8217;obtenir par Christ la vie \u00e9ternelle, il a, en m\u00eame temps et d&#8217;une mani\u00e8re indiscutable, fix\u00e9 des conditions n\u00e9cessaires pour obtenir cette vie \u00e9ternelle. Selon les termes de la Nouvelle Alliance, tout homme devra renouveler son c\u0153ur, avoir un esprit droit envers Dieu, et lui ob\u00e9ir enti\u00e8rement. L&#8217;ex\u00e9cution des exigences de cette Nouvelle Alliance n&#8217;est seulement possible que gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;aide du M\u00e9diateur de cette Alliance ; c&#8217;est pourquoi il est d\u00e9clar\u00e9 que celui qui a le Fils peut avoir la vie, et que celui qui n&#8217;\u00e9prouve aucun int\u00e9r\u00eat pour le. Fils ne verra point la vie, mais la col\u00e8re de Dieu demeur\u00e9 sur lui. \u2014 Jean 3 : 36.<\/p>\n<p>Cela est en plein accord avec la d\u00e9claration faite que<\/p>\n<p>558<\/p>\n<p>Dieu ne prend point plaisir \u00e0 la mort de celui qui meurt, et d&#8217;accord aussi avec l&#8217;expos\u00e9 du Nouveau Testament que \u00ab Dieu veut que tous les hommes soient sauv\u00e9s et parviennent \u00e0 la connaissance de la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb. N\u00e9anmoins, les \u00c9critures indiquent que ceux qui repoussent la mis\u00e9ricorde divine offerte en Christ, d\u00e9daignent, ce faisant, la faveur divine et mourront s\u00fbrement de -la Seconde Mort qui est le salaire ou le ch\u00e2timent du p\u00e9ch\u00e9 qu&#8217;ils ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 la justice.<\/p>\n<p>Remarquez en outre que le texte, que nous examinons, indique simplement que c&#8217;est la volont\u00e9 de Dieu que tous les hommes soient sauv\u00e9s de l&#8217;ignorance, de l&#8217;aveuglement et de la d\u00e9gradation qui se sont abattus sur la race par le fait du p\u00e9ch\u00e9 d&#8217;Adam. Il n&#8217;y a pas ici la moindre allusion \u00e0 un salut \u00e9ternel ; il s&#8217;agit simplement de rentrer en possession de ce qui fut perdu par Adam ; on ne doit pas oublier qu&#8217;Adam le p\u00e8re n&#8217;a pas perdu la vie \u00e9ternelle, car bien qu&#8217;il poss\u00e9d\u00e2t une vie parfaite affranchie de tout \u00e9l\u00e9ment de mort, il fut n\u00e9anmoins plac\u00e9 en Eden pour \u00eatre mis \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve, afin de montrer si, par son ob\u00e9issance \u00e0 Dieu, il d\u00e9velopperait un caract\u00e8re en harmonie avec Dieu, et serait ainsi estim\u00e9 digne de la vie \u00e9ternelle. Si donc Adam et sa race sont rachet\u00e9s de la mal\u00e9diction de la mort, cette r\u00e9demption, ce salut qui les lib\u00e8re de la sentence de mort ne leur conf\u00e8re pas la vie \u00e9ternelle, mais leur octroie simplement le droit aux conditions favorables perdues par Adam, et leur offre une nouvelle mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve pour obtenir la vie \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>Cette nouvelle \u00e9preuve, procur\u00e9e \u00e0 Adam et \u00e0 toute sa race, sera vraiment plus favorable, \u00e0 certains \u00e9gards, que ne le fut l&#8217;\u00e9preuve originelle d&#8217;Adam, \u00e0 cause de la connaissance tr\u00e8s augment\u00e9e des humains. L&#8217;homme a eu une occasion d&#8217;apprendre l&#8217;excessive culpabilit\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9, et il aura celle d&#8217;apprendre la f\u00e9licit\u00e9 de la justice, et de la gr\u00e2ce de Dieu en Christ. Cette connaissance sera d&#8217;un grand secours \u00e0 tous ceux qui s&#8217;en serviront durant la<\/p>\n<p>559<\/p>\n<p>nouvelle mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve pour obtenir la vie \u00e9ternelle dans l&#8217;Age mill\u00e9naire, lorsque, pendant mille ans, le monde entier sera mis en jugement o\u00f9 \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve, devant le grand tr\u00f4ne blanc pour obtenir la vie \u00e9ternelle. Apoc. 20 : 4.<\/p>\n<p>Ce salut qui lib\u00e8re de la \u00ab mal\u00e9diction.\u00bb, cette reprise de position face \u00e0 des occasions favorables de connaissance, c&#8217;est cela que Dieu veut ; et c&#8217;est pour cela qu&#8217;il a d\u00e9sign\u00e9 comme M\u00e9diateur entre Dieu et l&#8217;homme, l&#8217;homme Christ J\u00e9sus, qui se donna lui-m\u00eame en ran\u00e7on pour tous, t\u00e9moignage rendu en son propre temps. Cette d\u00e9claration que c&#8217;est la volont\u00e9 de Dieu que tous les hommes soient sauv\u00e9s \u00bb de la sentence adamique, trouve un parall\u00e8le dans la d\u00e9claration faite par le m\u00eame Ap\u00f4tre en Rom. 11 : 26 : \u00ab Et ainsi, tout Isra\u00ebl ocra sauv\u00e9 \u00bb. La pens\u00e9e exprim\u00e9e dans ce dernier passage, n&#8217;est pas que tout Isra\u00ebl sera sauv\u00e9 \u00e9ternellement, mais simplement que tout Isra\u00ebl sera sauv\u00e9 de son aveuglement, sera d\u00e9livr\u00e9 de l&#8217;aveuglement qui s&#8217;abattit sur le peuple dans son ensemble, parce que la nation rejeta le Messie. Ainsi, la pens\u00e9e du texte examin\u00e9 est \u00e9galement de port\u00e9e restreinte et s&#8217;applique seulement au d\u00e9sastre adamique : Dieu veut que tous les hommes soient sauv\u00e9s, non seulement de la juste sentence qu&#8217;il pronon\u00e7a et qui coupa court \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve d&#8217;Adam (il a d\u00e9j\u00e0 accompli ceci avec la mort de son Fils), mais il veut aussi que tous les hommes soient d\u00e9livr\u00e9s de l&#8217;ignorance et d\u00e9 l&#8217;aveuglement par lesquels, depuis la chute, Satan a obscurci leur esprit : \u00ab Le dieu de ce si\u00e8cle a aveugl\u00e9 les pens\u00e9es des incr\u00e9dules pour que l\u2019\u00c9vangile de la gloire du Christ, qui est l&#8217;image de Dieu, ne resplend\u00eet pas pour eux \u00bb (2 Cor. 4 : 4). Dieu veut que tous soient ainsi d\u00e9livr\u00e9s de tout le cort\u00e8ge de maux qui suivirent le p\u00e9ch\u00e9 d&#8217;Adam et sa mal\u00e9diction, afin de parvenir \u00e0 la connaissance de la v\u00e9rit\u00e9. Pourquoi veut-il cela ? Afin qu&#8217;ayant une claire connaissance de la v\u00e9rit\u00e9, ils puissent faire le<\/p>\n<p>560<\/p>\n<p>meilleur usage possible de la nouvelle mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve pour la vie que le sacrifice (la ran\u00e7on) de leur R\u00e9dempteur a obtenue pour eux. C&#8217;est pour accomplir ce programme, la volont\u00e9 de Dieu, que le R\u00e9dempteur inaugurera son Royaume mill\u00e9naire, en liant d&#8217;abord Satan (en supprimant toutes les mauvaises influences ext\u00e9rieures) et ensuite il lib\u00e9rera l&#8217;homme de son aveuglement, comme H est \u00e9crit : \u00ab les yeux des aveugles s&#8217;ouvriront \u00bb (Es. 35 : 5). Pour la m\u00eame raison, \u00e0 savoir que la nouvelle \u00e9preuve sera des plus favorables \u00e0 l&#8217;homme, Dieu a dispos\u00e9 que cette \u0153uvre se fera graduellement et exigera un millier d&#8217;ann\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>LA JUSTICE N&#8217;A PAS D&#8217;OBLIGATION DU FAIT DE LA RAN\u00c7ON<\/p>\n<p>Une autre erreur est celle de pr\u00e9tendre que Dieu est maintenant tenu, par sa propre justice, de r\u00e9tablir chaque humain. Nous trouvons, au contraire, que Dieu n&#8217;a contract\u00e9 aucune obligation ; il a simplement vendu la race au Seigneur J\u00e9sus Christ qui, nous l&#8217;avons vu pr\u00e9c\u00e9demment, \u00ab nous acheta avec son sang pr\u00e9cieux \u00bb. Le P\u00e8re c\u00e9leste n&#8217;a assum\u00e9 aucune responsabilit\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de la race ; il n&#8217;a pas de rapports avec elle ; il n&#8217;a m\u00eame pas l&#8217;intention d&#8217;en juger les membres, pour savoir si oui ou non, ils seront dignes d&#8217;obtenir la vie \u00e9ternelle ; la Parole nous assure, au contraire, qu&#8217;il a remis toute cette affaire au Fils : c&#8217;est ce dernier qui acheta la race ; par suite, il en est le Seigneur, le ma\u00eetre, le gouverneur, le possesseur, le Juge, le Proph\u00e8te, le Sacrificateur et le Roi ; en harmonie avec le plan du P\u00e8re, il dispose toutes choses pour rendre conforme \u00e0 lui-m\u00eame l&#8217;Eglise \u00e9lue de cet Age de l\u2019\u00c9vangile ; celle-ci doit participer \u00e0 l&#8217;\u0153uvre grandiose consistant \u00e0 \u00e9clairer le monde et \u00e0 r\u00e9tablir ceux qui seront ob\u00e9issants.<\/p>\n<p>Le fait que le P\u00e8re c\u00e9leste disposa de la race enti\u00e8re en<\/p>\n<p>561<\/p>\n<p>faveur de notre Seigneur J\u00e9sus ne veut pas dire qu&#8217;il prouve aucun int\u00e9r\u00eat pour elle, mais il a ainsi dispos\u00e9 les choses pour satisfaire aux exigences de sa loi. Les lois olivines sont inflexibles et ne tol\u00e8rent pas la plus l\u00e9g\u00e8re Imperfection, le plus petit p\u00e9ch\u00e9, car ces lois sont faites pour des \u00eatres parfaits, et notre P\u00e8re c\u00e9leste ne cr\u00e9a panais rien d&#8217;imparfait. Tout ce qu&#8217;il y a d&#8217;imperfection, de p\u00e9ch\u00e9 est venu de la d\u00e9pravation qui survint apr\u00e8s l&#8217;ach\u00e8vement de l&#8217;\u0153uvre cr\u00e9atrice de Dieu. Si donc Il devait admettre le p\u00e9ch\u00e9 chez les humains, et entrer en relation directe avec l&#8217;homme imparfait, cela signifierait :<\/p>\n<p>1) que tous seraient promptement condamn\u00e9s comme imparfaits et indignes de vivre ou bien (2) que Dieu ne Rendrait pas compte de nos fautes, ne les condamnerait pas et pardonnerait nos imperfections, ce qui serait en violation des lois de son empire. C\u2019est donc pour le bien de l&#8217;homme, aussi bien que pour pr\u00e9server intactes ses propres lois, que le P\u00e8re a remis toute la race entre les mains de J\u00e9sus, son R\u00e9dempteur. J\u00e9sus, par contre, peut traiter avec la race de mani\u00e8re \u00e0 \u00eatre mis\u00e9ricordieux (non pas \u00ab juste \u00bb) envers les \u00eatres imparfaits recherchant la perfection, jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;il les ait amen\u00e9s degr\u00e9 par degr\u00e9, plus haut, plus haut, plus haut, \u00e0 la perfection a la fin du Mill\u00e9nium. A ce moment-l\u00e0, ceux qui auront ob\u00e9i au grand Proph\u00e8te seront pr\u00eats \u00e0 \u00eatre remis par le M\u00e9diateur entre les mains du P\u00e8re, car ils auront atteint, par le moyen de Christ, la perfection, conforme au mod\u00e8le divin, tandis que tous les autres seront retranch\u00e9s dans la Seconde mort (Actes 3 : 23). Si donc, m\u00eame avec nos p\u00e9ch\u00e9s pass\u00e9s effac\u00e9s, nous \u00e9tions mis \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve devant le tribunal de la justice absolue du P\u00e8re, nos imperfections actuelles entra\u00eeneraient une nouvelle condamnation \u00e0 mort ; c&#8217;est pour cette raison que l&#8217;Ap\u00f4tre, nous mettant en garde contre le danger qu&#8217;il y a de se jouer des occasions qui nous sont offertes en Christ, d\u00e9clare : \u00ab C&#8217;est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>562<\/p>\n<p>(H\u00e9b. 10 : 31). Les dispositions divines \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des p\u00e9cheurs ne connaissent aucune mis\u00e9ricorde, sinon en Christ et par lui, par son \u0153uvre de r\u00e9conciliation et de r\u00e9tablissement en qualit\u00e9 de R\u00e9dempteur : en dehors de cette disposition, la loi de Dieu est la justice rigide, sans aucune indulgence, &#8216;pr\u00eate \u00e0 consumer comme un feu tout ce qui souill\u00e9.<\/p>\n<p>Qui ne peut voir que si Dieu pouvait traiter avec les p\u00e9cheurs et que, pardonnant leurs p\u00e9ch\u00e9s, il pouvait accepter leurs meilleurs efforts, malgr\u00e9 leurs imperfections, il n&#8217;y aurait pas eu besoin d&#8217;un R\u00e9dempteur, ni d&#8217;une Nouvelle Alliance en son sang ? En outre, chacun des saints anges pourrait logiquement, s&#8217;il le voulait, dire : Dieu a bien pardonn\u00e9 un p\u00e9ch\u00e9 dans la famille humaine, il ne saurait \u00eatre moins mis\u00e9ricordieux envers nous ; si donc nous en avons le d\u00e9sir, nous serons libres de commettre un p\u00e9ch\u00e9, et il nous est permis de compter sur la mis\u00e9ricorde divine pour nous le pardonner et d&#8217;esp\u00e9rer que Dieu ne nous rejettera pas en nous privant de sa communion. Ainsi donc, tous ceux qui n&#8217;avaient pas encore particip\u00e9 au p\u00e9ch\u00e9 seraient en danger de le commettre, pendant toute l&#8217;\u00e9ternit\u00e9. Ceux qui se confieraient dans une mis\u00e9ricorde divine dominant la justice et la loi divines, excusant et pardonnant leur p\u00e9ch\u00e9, seraient un exemple d\u00e9plorable invitant les saints anges \u00e0 go\u00fbter aussi au p\u00e9ch\u00e9 et \u00e0 se confier dans le pardon divin. Dans de telles conditions, il n&#8217;est pas surprenant pour nous que Dieu, dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat de toutes ses saintes cr\u00e9atures, aussi bien que pour son propre plaisir, ait d\u00e9cid\u00e9 qu&#8217;il n&#8217;admettrait que la perfection absolue chez toutes ses cr\u00e9atures, et qu&#8217;il fait de la Justice la base de son tr\u00f4ne. \u2014 Ps. 89 : 14.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0AUCUN AUTRE NOM&#8230; PAR LEQUEL IL NOUS FAILLE \u00caTRE SAUV\u00c9S \u00bb<\/p>\n<p>De ce point de vue, nous comprenons plus clairement<\/p>\n<p>563<\/p>\n<p>que jamais auparavant que toutes les mis\u00e9ricordes divines envers la race d\u00e9chue sont obtenues en Christ et par lui, que le P\u00e8re c\u00e9leste n&#8217;accorde personnellement, ou Ind\u00e9pendamment du Fils, aucune mis\u00e9ricorde et qu&#8217; \u00ab il n\u2019y a point d&#8217;autre nom sous le ciel, qui soit donn\u00e9 aux hommes, par lequel il nous faille \u00eatre sauv\u00e9s \u00bb (Actes 4 12). Nous comprenons aussi que l&#8217;\u0153uvre du Sauveur West pas accomplie simplement en rachetant la race, mais<\/p>\n<p>qu&#8217;apr\u00e8s l&#8217;avoir achet\u00e9e, il est n\u00e9cessaire qu&#8217;il soit le Grand M\u00e9decin, pour la gu\u00e9rir de la maladie du p\u00e9ch\u00e9, et pour la r\u00e9tablir \u00e0 la vie et \u00e0 toutes les perfections de la nature humaine ; ainsi, \u00e9ventuellement, par l&#8217;\u0153uvre graduelle du r\u00e9tablissement au cours des mille ans de r en r\u00e8gne, Christ ach\u00e8vera la pr\u00e9paration finale de tous F ceux qui lui ob\u00e9iront, pour les pr\u00e9senter absolument parfaits au P\u00e8re, \u00e0 la fin du Mill\u00e9nium.<\/p>\n<p>Nous tournant alors vers le Sauveur, \u00e0 qui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e toute puissance \u00bb pour sauver, nous nous demandons si oui ou non il se propose de sauver pour l&#8217;\u00e9ternit\u00e9 tous ceux qu&#8217;il a rachet\u00e9s, ou bien, si oui ou non, il a fait des r\u00e9serves \u00e0 cet \u00e9gard. Nous constatons que les \u00c9critures exposent clairement qu&#8217;il y a des restrictions : par exemple, elles nous d\u00e9crivent l&#8217;Age mill\u00e9naire comme le temps o\u00f9 la mal\u00e9diction adamique sera lev\u00e9e et ne reposera plus sur les hommes, le temps o\u00f9 n&#8217;aura plus cours le proverbe qui dit : les p\u00e8res ont mang\u00e9 des raisins verts et les dents des enfants en ont \u00e9t\u00e9 agac\u00e9es, \u00ab car en ce temps-l\u00e0, chacun de ceux qui mourront, mourra pour son propre p\u00e9ch\u00e9 et non pour celui d&#8217;un autre \u00bb (J\u00e9r. 31 : 29, 30). Nous trouvons \u00e9galement la d\u00e9claration que lorsque le Seigneur r\u00e9gnera sur les nations, \u00ab ceux qui font le mal seront retranch\u00e9s \u00bb (Ps. 37 : 9). D&#8217;autre part, l&#8217;Ap\u00f4tre Pierre, apr\u00e8s avoir parl\u00e9 de ces \u00ab temps de r\u00e9tablissement \u00bb, ou Age mill\u00e9naire, d\u00e9clare qu&#8217;alors \u00ab toute \u00e2me qui n&#8217;\u00e9coutera [n&#8217;ob\u00e9ira] pas [\u00e0] ce Proph\u00e8te, [le Christ glorifi\u00e9 \u2014 t\u00eate et corps] sera extermin\u00e9e d&#8217;entre<\/p>\n<p>564<\/p>\n<p>le peuple \u00bb (Actes 3: 19-23). Faisant allusion \u00e0 ce m\u00eame type, un autre des Ap\u00f4tres d\u00e9clare : \u00ab Si quelqu&#8217;un a m\u00e9pris\u00e9 la loi de Mo\u00efse, il meurt sans mis\u00e9ricorde &#8230; d&#8217;une punition combien plus s\u00e9v\u00e8re sera jug\u00e9 digne celui qui a foul\u00e9 aux pieds le Fils de Dieu, et qui a estim\u00e9 profane [litt. commun, ordinaire] le sang de l&#8217;alliance [de sacrifice] par lequel il avait \u00e9t\u00e9 sanctifi\u00e9 [rendu acceptable par Dieu, justifi\u00e9] et qui aura outrag\u00e9 l&#8217;Esprit de gr\u00e2ce [divine]\u00a0?&#8230; C&#8217;est une chose terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant \u00bb. \u00ab Car si nous p\u00e9chons volontairement apr\u00e8s avoir re\u00e7u la connaissance de la V\u00e9rit\u00e9 [la connaissance de la gr\u00e2ce de Dieu en Christ, \u00e0 laquelle Dieu veut que tous viennent \u00e0 un certain moment] il ne reste plus de sacrifice pour les p\u00e9ch\u00e9s, [l&#8217;expiation pour le p\u00e9ch\u00e9 adamique ne couvrira pas les p\u00e9ch\u00e9s volontaires contre la lumi\u00e8re et la connaissance], mais une certaine attente terrible de jugement [r\u00e9tribution] et l&#8217;ardeur d&#8217;un feu qui va d\u00e9vorer les adversaires \u00bb. \u2014 H\u00e9b. 10 : 26-31.<\/p>\n<p>Il nous est clairement montr\u00e9 ici que les adversaires du Mo\u00efse-antitype (le Christ glorifi\u00e9) seront d\u00e9vor\u00e9s ou d\u00e9truits d&#8217;une mani\u00e8re plus s\u00e9v\u00e8re encore que ne le furent ceux qui s&#8217;oppos\u00e8rent \u00e0 Mo\u00efse. Mais si ceux qui s&#8217;oppos\u00e8rent \u00e0 Mo\u00efse furent punis de mort, comment ceux qui s&#8217;opposent \u00e0 Christ peuvent-ils \u00eatre trait\u00e9s plus s\u00e9v\u00e8rement ? Nous r\u00e9pondons que la mort inflig\u00e9e par Mo\u00efse affectait simplement le reste de vie adamique poss\u00e9d\u00e9 par les condamn\u00e9s, mais ne pouvait toucher l&#8217;\u00eatre, ou \u00e2me, v\u00e9ritable que Dieu s&#8217;\u00e9tait propos\u00e9 de racheter et qu&#8217;il racheta effectivement par le sacrifice de la ran\u00e7on de Christ. Cependant, celui qui, apr\u00e8s avoir eu la connaissance de sa r\u00e9demption, refusera d&#8217;ob\u00e9ir au Mo\u00efse-antitype, sera puni plus s\u00e9v\u00e8rement, car il perdra non seulement quelques ann\u00e9es de sa vie condamn\u00e9e, mais encore son \u00e2me, son \u00eatre, son existence pour toujours, et<\/p>\n<p>565<\/p>\n<p>cela sans aucun espoir de d\u00e9livrance ; ceux-l\u00e0 et tous les adversaires seront d\u00e9vor\u00e9s, consum\u00e9s comme du chaume, sien \u00e9pines et des chardons qui encombrent le sol.<\/p>\n<p>Dune mani\u00e8re semblable, tout le Nouveau Testament t\u00e9moigne cat\u00e9goriquement que la loi de Dieu contre le p\u00e9ch\u00e9 sera rigoureusement appliqu\u00e9e par le M\u00e9diateur, les seules exceptions \u00e0 cette r\u00e8gle absolue \u00e9tant faites pour tenir compte des faiblesses et de l&#8217;ignorance des humains ; toms avons le t\u00e9moignage \u00e9galement que du fait que ces faiblesses et cette ignorance seront vaincues durant l&#8217;Age mill\u00e9naire, par l&#8217;\u0153uvre graduelle du r\u00e9tablissement, les exigences de la loi de Justice deviendront de plus en plus strictes jusqu&#8217;\u00e0 ce que, finalement, le jugement par lequel notre Seigneur \u00e9prouvera, \u00e0 la fin de l&#8217;Age mill\u00e9naire, tous ceux qui resteront, ne sera pas moins s\u00e9v\u00e8re, pas moins crucial, que celui du P\u00e8re c\u00e9leste ; dans cette \u00e9preuve, tomberont dans la Seconde Mort tous ceux qui pratiqueront le p\u00e9ch\u00e9 ou sympathiseront avec lui sous quelque forme et \u00e0 quelque degr\u00e9 que ce soit. La perfection ayant \u00e9t\u00e9 alors r\u00e9alis\u00e9e par les humains qui en auront \u00e9t\u00e9 dignes sous l&#8217;action de l&#8217;\u0153uvre graduelle du r\u00e9tablissement, les exigences de la Justice seront rigoureusement conformes \u00e0 toutes les prescriptions de la droiture, \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de toute parole, de toute action et de toute pens\u00e9e.<\/p>\n<p>Nous pouvons voir ainsi que la volont\u00e9 de Dieu sera faite sur la terre comme au ciel \u2014 nous souvenant : (1) que c&#8217;est la volont\u00e9 de Dieu que tous soient d\u00e9livr\u00e9s de la mal\u00e9diction adamique et parviennent \u00e0 la connaissance de la v\u00e9rit\u00e9 ; (2) que c&#8217;est la volont\u00e9 de Dieu que la vie \u00e9ternelle soit donn\u00e9e \u00e0 tous ceux qui ob\u00e9issent ; (3) que c&#8217;est \u00e9galement la volont\u00e9 de Dieu que tous ceux qui d\u00e9sob\u00e9issent \u00ab soient d\u00e9truits du milieu du peuple \u00bb. Cet accomplissement de la volont\u00e9 de Dieu aura lieu sur la terre, \u00e9galement, et nul ne pourra l&#8217;emp\u00eacher.<\/p>\n<p>La ran\u00e7on ayant \u00e9t\u00e9 fournie \u00e0 l&#8217;effet que tous les<\/p>\n<p>566<\/p>\n<p>hommes puissent \u00eatre d\u00e9livr\u00e9s de la transgression adamique, certains supposent qu&#8217;on doit s&#8217;attendre \u00e0 un r\u00e9tablissement instantan\u00e9 \u00e0 la perfection compl\u00e8te de la nature humaine pour le genre humain. Mais une telle attente n&#8217;est ni scripturale ni raisonnable. Les \u00c9critures ne laissent en rien entendre que l&#8217;\u0153uvre du r\u00e9tablissement sera instantan\u00e9e, mais au contraire elles montrent qu&#8217;elle sera graduelle. La tendance \u00e0 s&#8217;attendre \u00e0 un r\u00e9tablissement instantan\u00e9 \u00e0 la perfection absolue de la nature humaine est le r\u00e9sultat d&#8217;un faux raisonnement par lequel on suppose que la race ne pourrait \u00eatre convenablement mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve pour la vie \u00e9ternelle, sans \u00eatre plac\u00e9e dans des circonstances aussi favorables que le fut Adam le p\u00e8re, c&#8217;est-\u00e0-dire sans \u00eatre rendue aussi parfaite qu&#8217;il l&#8217;\u00e9tait. Nous allons prouver que cela est faux, que les hommes peuvent recevoir une \u00e9preuve beaucoup plus favorable pendant qu&#8217;ils sont imparfaits. Ce faux raisonnement pr\u00e9cit\u00e9 suppose aussi que les faiblesses et les imperfections, communes \u00e0 tous les hommes par suite de la chute, seraient des obstacles insurmontables qui emp\u00eacheraient les rachet\u00e9s d&#8217;ob\u00e9ir \u00e0 la loi divine, mais nous verrons que Dieu a abondamment pourvu \u00e0 toutes les exigences de la situation. Si, au contraire, l&#8217;humanit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral \u00e9tait r\u00e9tablie instantan\u00e9ment \u00e0 la perfection de la nature humaine identique \u00e0 celle dont jouissait Adam, cela signifierait pour les humains :<\/p>\n<p>(1) Qu&#8217;\u00e9tant des \u00eatres parfaits, il serait exig\u00e9 d&#8217;eux l&#8217;ob\u00e9issance parfaite \u00e0 la loi parfaite de Dieu, et qu&#8217;aucune excuse ne serait admise de m\u00eame qu&#8217;aucune ne le fut pour Adam, le p\u00e8re. S&#8217;il est vrai qu&#8217;un petit nombre d&#8217;humains pourrait passer favorablement une \u00e9preuve de ce genre, \u00e0 cause de l&#8217;exp\u00e9rience pr\u00e9sente du p\u00e9ch\u00e9 et des le\u00e7ons apprises sous cette exp\u00e9rience, nous devons n\u00e9anmoins nous souvenir que la majorit\u00e9 des humains seraient tout aussi d\u00e9ficients sous le rapport de la connaissance du p\u00e9ch\u00e9 et de son ch\u00e2timent que le fut Adam, le p\u00e8re,<\/p>\n<p>567<\/p>\n<p>parce que le plus grand nombre des humains sont morts dans lu premi\u00e8re enfance, et les autres, dans une grande proportion, sont morts dans une ignorance relativement grande des diff\u00e9rences entre la droiture et l&#8217;iniquit\u00e9.<\/p>\n<p>(2) Une telle mani\u00e8re de proc\u00e9der annulerait, dans une large mesure du moins, la grande le\u00e7on que Dieu a enseign\u00e9e au monde pendant six mille ans pour lui faire comprendre combien le p\u00e9ch\u00e9 est ex\u00e9crable et doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9, car jusqu&#8217;ici la plupart des humains n&#8217;ont eu vraiment que bien peu de connaissance de la justice. Le cours d&#8217;instruction ne sera achev\u00e9 pour l&#8217;humanit\u00e9, que lorsqu&#8217;elle aura re\u00e7u, durant l&#8217;Age mill\u00e9naire, les le\u00e7ons portant sur le c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 de la question, montrant combien il est sage et profitable de pratiquer la justice.<\/p>\n<p>(3) La race, si elle \u00e9tait r\u00e9tablie instantan\u00e9ment \u00e0 la perfection, serait pratiquement une nouvelle race qui aurait perdu, pour ainsi dire, tout le b\u00e9n\u00e9fice de ses exp\u00e9riences, car aucun de ses membres ressuscit\u00e9s parfaits, avec des facult\u00e9s et des pouvoirs parfaits, ne serait capable de s&#8217;identifier compl\u00e8tement avec l&#8217;\u00eatre qui, ant\u00e9rieurement, poss\u00e9dait des facult\u00e9s et des capacit\u00e9s imparfaites ; quant aux enfants qui n&#8217;auraient jamais eu de connaissance, m\u00eame d&#8217;eux-m\u00eames, il serait impossible de les identifier. Si donc, tel \u00e9tait le plan de Dieu, il aurait pu tout aussi bien cr\u00e9er tout d&#8217;abord en Eden des millions d&#8217;\u00eatres humains, et les mettre alors tous \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve, que d&#8217;adopter un plan qui, par un r\u00e9tablissement instantan\u00e9, placerait des millions d&#8217;\u00eatres dans des conditions identiques, sans aucun profit que ce soit de leurs exp\u00e9riences actuelles avec le p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<p>(4) Si chaque individu \u00e9tait ainsi rendu parfait, instantan\u00e9ment, il n&#8217;y aurait pour l&#8217;\u00c9glise, avec son Seigneur, comme post\u00e9rit\u00e9 d&#8217;Abraham, aucune occasion de b\u00e9nir le monde, ni de remplir envers lui la mission de la \u00ab Sacrificature royale \u00bb (Gal. 3 : 16, 29). La disposition prise pal Dieu pour former une \u00ab Sacrificature royale&gt; implique<\/p>\n<p>568<\/p>\n<p>qu&#8217;il y a des faiblesses, des imperfections chez certains de ceux que les sacrificateurs doivent aider et instruire. Ceux-ci auront aussi \u00e0 accepter sacrifice et offrandes pour le p\u00e9ch\u00e9, pr\u00e9sent\u00e9s par les humains, qui recevront d&#8217;eux, en retour, la mis\u00e9ricorde et le pardon des p\u00e9ch\u00e9s. Il n&#8217;y aurait aucune raison de former une telle sacrificature, si le plan de Dieu comportait un r\u00e9tablissement instantan\u00e9 au second av\u00e8nement.<\/p>\n<p>(5) Si le r\u00e9tablissement devait \u00eatre une \u0153uvre instantan\u00e9e, pourquoi le \u00ab temps de r\u00e9tablissement \u00bb aurait-il d\u00fb \u00eatre fix\u00e9 de mille ans, alors qu&#8217;une seule ann\u00e9e serait un temps largement suffisant pour un r\u00e9tablissement instantan\u00e9 \u00e0 la perfection humaine et pour une mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve comme celle que subit Adam ?<\/p>\n<p>(6) Si les humains devaient \u00eatre amen\u00e9s instantan\u00e9ment \u00e0 la perfection absolue, cela impliquerait qu&#8217;il n&#8217;y aurait plus d\u00e9sormais aucune possibilit\u00e9 de mis\u00e9ricorde en leur faveur. Ils seraient sans excuse \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de toute transgression volontaire, d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, intentionnelle. De plus, tout individu, coupable de transgression, serait frapp\u00e9 personnellement par la sentence de mort, comme p\u00e9cheur volontaire. Il n&#8217;y aurait plus de r\u00e9demption possible pour ceux-l\u00e0 ce ne serait plus du tout comme pour Adam, lorsque par \u00ab la d\u00e9sob\u00e9issance d&#8217;un seul \u00bb, une race enti\u00e8re fut comprise dans la condamnation, et qu&#8217;ainsi un autre homme parfait devint le r\u00e9dempteur de cette race. Dans notre cas particulier, chaque individu serait un transgresseur personnel, et serait frapp\u00e9 personnellement par la sentence de mort. Si l&#8217;on voulait alors lib\u00e9rer de nouveau un transgresseur individuel du ch\u00e2timent m\u00eame d&#8217;une seule transgression, il faudrait une vie pour racheter sa vie ; s&#8217;il y avait un million de transgresseurs, il faudrait qu&#8217;un million d&#8217;humains parfaits et saints meurent en sacrifice pour expier leurs p\u00e9ch\u00e9s ; mais Dieu, ayant pris des dispositions compl\u00e8tes pour tous en Christ, n&#8217;a pris aucune disposition en vue<\/p>\n<p>569<\/p>\n<p>de n&#8217;importe quel autre sacrifice pour les p\u00e9ch\u00e9s. Les humains, une fois r\u00e9tablis \u00e0 la perfection par Christ, ne pourraient pr\u00e9tendre \u00e0 rien de plus par le m\u00e9rite de son sacrifice parce que tous auraient re\u00e7u tous les dons mis\u00e9ricordieux projet\u00e9s et assur\u00e9s par sa ran\u00e7on. Ceux qui auraient subi un r\u00e9tablissement complet n&#8217;auraient plus, d\u00e8s lors, aucun droit \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier du sacrifice pour les p\u00e9ch\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais consid\u00e9rons maintenant le caract\u00e8re raisonnable du plan divin d&#8217;un r\u00e9tablissement graduel qui progresse en proportion du d\u00e9veloppement de la r\u00e9conciliation de l&#8217;homme avec le Cr\u00e9ateur et sa loi, et les bienfaits de ce plan pour l&#8217;humanit\u00e9 :<\/p>\n<p>(1) Tous, en vertu de la ran\u00e7on donn\u00e9e, doivent \u00eatre r\u00e9veill\u00e9s de la mort adamique, comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un sommeil ; ce sera le premier stade des b\u00e9n\u00e9dictions du r\u00e9tablissement. Ils seront d\u00e8s lors sous les soins, sous la garde, sous la haute surveillance des membres de la sacrificature royale, que l&#8217;exp\u00e9rience du p\u00e9ch\u00e9 et la victoire sur le p\u00e9ch\u00e9, dans cet Age de l&#8217;\u00c9vangile, auront form\u00e9s et pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 \u00eatre patients et secourables envers ceux sur lesquels ils r\u00e8gneront, comme Rois aussi bien que comme Sacrificateurs. \u2014 Apoc. 5 : 10.<\/p>\n<p>L&#8217;identit\u00e9 de l&#8217;individu sera conserv\u00e9e, par le fait qu&#8217;il sera r\u00e9veill\u00e9 exactement aux m\u00eames conditions que celles perdues \u00e0 sa mort. Les diverses \u00e9tapes de son affranchissement progressif du p\u00e9ch\u00e9 et des faiblesses du temps pr\u00e9sent seront pour lui des le\u00e7ons tr\u00e8s profitables en ce qui concerne le p\u00e9ch\u00e9 et en ce qui concerne les bienfaits de la justice. Ainsi, pas \u00e0 pas, le grand R\u00e9dempteur \u00e9l\u00e8vera vers la perfection les humains qui feront des progr\u00e8s pour l&#8217;obtenir, et cela dans la proportion o\u00f9 ils voudront suivre cette voie ; ceux qui, par contre, ne feront pas de progr\u00e8s malgr\u00e9 toute la connaissance et les occasions qui leur seront alors accord\u00e9es, seront, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge<\/p>\n<p>570<\/p>\n<p>de cent ans, retranch\u00e9s de la terre des vivants, dans la seconde mort, sans aucun espoir d&#8217;un r\u00e9tablissement ou d&#8217;une occasion futurs ; en effet, ayant eu cette occasion, et \u00e9tant parvenus \u00e0 une connaissance notable du bien et du mal, ils auront repouss\u00e9 la gr\u00e2ce de Dieu en Christ, en ne tenant pas compte des instructions du Grand Proph\u00e8te, et auront refus\u00e9 de marcher dans le grand chemin de la saintet\u00e9 (Es. 65 : 20 ; 35 : 8). N\u00e9anmoins, comme l&#8217;indique le Proph\u00e8te, en mourant \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de cent ans, ils pourront \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s simplement comme des enfants, parce que tous ceux qui voudront faire quelque progr\u00e8s, pourront continuer \u00e0 vivre au moins jusqu&#8217;\u00e0 la fin de l&#8217;Age mill\u00e9naire.<\/p>\n<p>(2) Dans cette marche ascendante et progressive sur le grand chemin de la saintet\u00e9, au cours de l&#8217;Age mill\u00e9naire, les humains, bien que toujours imparfaits, seront dans cette mesure couverts encore par les m\u00e9rites du sacrifice de la ran\u00e7on pendant qu&#8217;ils apprendront graduellement des le\u00e7ons pr\u00e9cieuses et qu&#8217;ils cultiveront divers fruits de l&#8217;Esprit ; dans l&#8217;intervalle, nombre d&#8217;infractions ou d&#8217;\u00e9carts se produiront encore, d\u00fbs \u00e0 l&#8217;imprudence ou \u00e0 la suite d&#8217;essais d&#8217;autres m\u00e9thodes ; ces fautes seront encore consid\u00e9r\u00e9es comme des faiblesses adamiques, et seront \u00e0 ce titre, pardonnables par le Souverain Sacrificateur.<\/p>\n<p>Pr\u00e9tendre que la perfection physique ou la perfection de la connaissance soient n\u00e9cessaires pour une mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve pour la vie \u00e9ternelle ou la mort \u00e9ternelle, c&#8217;est nier que l&#8217;Eglise soit maintenant \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve dans ces conditions, alors que tous doivent conc\u00e9der que les \u00c9critures affirment le contraire. Des perfections de ce genre ne seront pas davantage essentielles pour la mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve du monde. Les humains seront amen\u00e9s, comme nous, d&#8217;abord \u00e0 la connaissance de la gr\u00e2ce de Dieu en Christ avant qu&#8217;aucune mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve puisse commencer, et cette connaissance, Dieu a promis qu&#8217;ils l&#8217;auraient.<\/p>\n<p>571<\/p>\n<p>Pendant qu&#8217;ils subiront l&#8217;\u00e9preuve, et pour couvrir leurs faiblesses h\u00e9r\u00e9ditaires, ils auront les m\u00e9rites de Christ, le M\u00e9diateur de la Nouvelle Alliance et cela pendant le temps fix\u00e9 pour parvenir \u00e0 la perfection. Ce n&#8217;est pas avant la fin du r\u00e8gne du Messie que les humains ob\u00e9issants parviendront \u00e0 la perfection compl\u00e8te.<\/p>\n<p>(3) Les \u00c9critures montrent que le Mill\u00e9nium est le Jour du Jugement du monde, disant : \u00ab Dieu a \u00e9tabli un jour auquel il doit juger en justice la terre habit\u00e9e, par l&#8217;homme [le Christ, T\u00eate et corps] qu&#8217;il a destin\u00e9 \u00e0 cela \u00bb (Actes 17 : 31). Si le plan de Dieu \u00e9tait de contraindre le monde entier ou de sauver \u00e9ternellement tous les membres de la race d&#8217;Adam, pourquoi appellerait-on l&#8217;Age prochain un Jour de Jugement ? Jugement signifie mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve, examen, et cela implique le rejet de ceux qui ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s impropres au but propos\u00e9 et, par contre, l&#8217;acceptation et la b\u00e9n\u00e9diction de ceux qui se sont prouv\u00e9s dignes. Le Jugement est pour la vie \u00e9ternelle ou pour la mort \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>Il est \u00e0 remarquer que la parabole de notre Seigneur sur les brebis et les boucs est applicable, non \u00e0, l&#8217;Age de l\u2019\u00c9vangile, mais au monde dans le Mill\u00e9nium. Elle d\u00e9bute ainsi : \u00ab Quand le Fils de l&#8217;Homme viendra dans sa gloire \u00bb &#8212; et s&#8217;assi\u00e9ra sur son tr\u00f4ne glorieux \u2014 quand, selon sa promesse, son \u00e9pouse, l&#8217;Eglise \u00ab \u00e9lue \u00bb prendra part \u00e0 son tr\u00f4ne et \u00e0 sa gloire \u2014 \u00ab alors toutes les nations seront rassembl\u00e9es devant lui \u00bb ; et il les jugera, et s\u00e9parera les brebis, les mettant \u00e0 la droite de sa faveur, et les boucs \u00e0 la gauche de sa d\u00e9faveur. Cette s\u00e9paration et ce jugement occuperont tout l&#8217;Age mill\u00e9naire, et \u00e0 la fin, les \u00ab brebis \u00bb seront toutes accueillies dans la faveur du P\u00e8re \u2014 la vie \u00e9ternelle \u2014 et les \u00ab boucs \u00bb d\u00e9sob\u00e9issants, avec leur chef Satan et tous les m\u00e9chants, seront punis<\/p>\n<p>572<\/p>\n<p>de la \u00ab destruction \u00bb \u00e9ternelle, retranch\u00e9s de la vie pour toujours, destruction symbolis\u00e9e par un \u00e9tang de feu et de soufre, la Seconde Mort.<\/p>\n<p>Les \u00c9critures montrent le jugement de ce grand jour de Jugement mill\u00e9naire comme ayant lieu devant un grand tr\u00f4ne blanc de puret\u00e9 et de justice ; elles nous font voir quelle sera la d\u00e9cision du Juge : ceux qui auront, durant ce temps, cultiv\u00e9 et d\u00e9velopp\u00e9 l&#8217;esprit du P\u00e8re c\u00e9leste, l&#8217;esprit d&#8217;amour, jusqu&#8217;\u00e0 la perfection, seront compt\u00e9s comme \u00e9tant le peuple du Seigneur et recevront le \u00ab Royaume [le Royaume terrestre] pr\u00e9par\u00e9 pour eux d\u00e8s la fondation du monde \u00bb. Les autres, qui, pendant cette occasion favorable, n&#8217;auront pas d\u00e9velopp\u00e9, au plus haut degr\u00e9, l&#8217;esprit d&#8217;amour dans leur caract\u00e8re, \u00e0 la ressemblance de celui du Seigneur, seront compt\u00e9s comme des adversaires du Seigneur et, avec Satan, seront d\u00e9truits. \u2014 comparez Apoc. 20 : 9-13.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>RAN\u00c7ON &#8211; SUBSTITUTION<\/p>\n<p>La doctrine de la substitution, clairement enseign\u00e9e dans les \u00c9critures, et fermement d\u00e9fendue pendant des si\u00e8cles par les chr\u00e9tiens, tend aujourd&#8217;hui \u00e0 \u00eatre abandonn\u00e9e par ceux qui croient au tourment \u00e9ternel : raisonnant plus clairement que par le pass\u00e9, ils discernent en g\u00e9n\u00e9ral que si le tourment \u00e9ternel est le salaire du p\u00e9ch\u00e9 et si notre Seigneur J\u00e9sus fut notre substitut dans le paiement de notre condamnation, cela impliquerait que, comme substitut, il faut qu&#8217;il soit dans le tourment \u00e9ternel, autrement nous ne pourrions \u00eatre lib\u00e9r\u00e9s du p\u00e9ch\u00e9. Ce raisonnement est assez juste, la difficult\u00e9 est que les pr\u00e9misses en sont fausses, car le tourment \u00e9ternel n&#8217;est pas le salaire du p\u00e9ch\u00e9 ni la peine inflig\u00e9e \u00e0 l&#8217;homme. N\u00e9anmoins, dans l&#8217;esprit de beaucoup, il reste un pr\u00e9jug\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral contre l&#8217;id\u00e9e de substitution, m\u00eame apr\u00e8s qu&#8217;ils ont compris que le salaire du p\u00e9ch\u00e9 c&#8217;est la mort,<\/p>\n<p>573<\/p>\n<p>que notre Seigneur pouvait \u00eatre et fut le substitut de l&#8217;homme dans la mort, et qu&#8217;il souffrit exactement ce que l&#8217;homme devait souffrir, dans le sens le plus positif et le plus absolu. Beaucoup de gens ont un pr\u00e9jug\u00e9 contre ce mot substitution et demandent : Est-ce que le terme \u00ab substitution \u00bb est employ\u00e9 dans les \u00c9critures ? Sinon, pourquoi l&#8217;employer ?<\/p>\n<p>Voici notre r\u00e9ponse : Le mot \u00ab substitution \u00bb est un terme anglais et aucun mot anglais n&#8217;est employ\u00e9 dans les \u00c9critures qui furent \u00e9crites en grec et en h\u00e9breu. Pourtant, si les traducteurs de nos versions fran\u00e7aises avaient voulu le faire, ils pouvaient, avec une parfaite convenance, employer le mot \u00ab substitution \u00bb parce qu&#8217;indubitablement, le texte grec contient l&#8217;id\u00e9e de substitution et de substitut en de nombreux endroits. Le fait que le mot ne s&#8217;y rencontre pas provient simplement de ce que les traducteurs ne l&#8217;ont pas employ\u00e9 ; cependant, \u00e9tant donn\u00e9 que nous cherchons \u00e0 nous p\u00e9n\u00e9trer de la pens\u00e9e des \u00c9critures dans les textes originaux, il est convenable que ce mot \u00ab substitut \u00bb soit utilis\u00e9 parce que tout ce qui est en opposition \u00e0 l&#8217;id\u00e9e renferm\u00e9e dans le substitut est \u00e9galement en opposition avec l&#8217;id\u00e9e contenue dans le mot ran\u00e7on. Comme nous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 vu, les \u00c9critures abondent en d\u00e9clarations que nous avons \u00e9t\u00e9 achet\u00e9s par le pr\u00e9cieux sang de Christ qui nous a d\u00e9livr\u00e9s en livrant sa propre \u00e2me \u00e0 la mort pour payer la ran\u00e7on de la n\u00f4tre. Qu&#8217;est-ce ceci, sinon une substitution ?<\/p>\n<p>Lorsqu&#8217;une chose est achet\u00e9e, ce qui est pay\u00e9 pour la chose achet\u00e9e est substitu\u00e9 \u00e0 cette derni\u00e8re. Par exemple, si nous achetons un pain avec une pi\u00e8ce de monnaie, nous \u00e9changeons l&#8217;argent pour le pain, autrement dit nous substituons l&#8217;argent au pain. Si un fermier porte un sac de bl\u00e9 au moulin, et re\u00e7oit en \u00e9change une valeur \u00e9quivalente en farine, le bl\u00e9 a \u00e9t\u00e9 substitu\u00e9 \u00e0 la farine et la farine a \u00e9t\u00e9 substitu\u00e9e au bl\u00e9. L&#8217;un est un prix<\/p>\n<p>574<\/p>\n<p>correspondant, une ran\u00e7on, un substitut pour l&#8217;autre. C&#8217;est ainsi que dans le sens le plus absolu du mot, notre Seigneur, l&#8217;homme Christ-J\u00e9sus, se livra lui-m\u00eame \u00e0 la mort comme une ran\u00e7on, en se substituant dans la mort \u00e0 Adam le p\u00e8re (et \u00e0 la race qui avait perdu la vie en lui) ; il fut une ran\u00e7on pour tous, un substitut, un prix correspondant. A la v\u00e9rit\u00e9, dans ce dernier exemple, les faits sont plus pr\u00e9cis que dans presque n&#8217;importe quel autre exemple que nous pourrions supposer, sauf dans le cas d&#8217;un \u00e9change de prisonniers de guerre, o\u00f9 l&#8217;on proc\u00e8de g\u00e9n\u00e9ralement avec grande minutie : celle d&#8217;\u00e9changer soldat pour soldat, colonel pour colonel, g\u00e9n\u00e9ral pour g\u00e9n\u00e9ral, chaque adversaire exigeant un prix \u00e9quivalent, homme pour homme. L&#8217;achat du pain avec de l&#8217;argent&#8217; n&#8217;est pas un exemple aussi parfait, parce que le pain et l&#8217;argent, quoique de m\u00eame valeur, ne sont pas de la m\u00eame esp\u00e8ce. Dans le cas de la r\u00e9demption de l&#8217;homme, Dieu exigea qu&#8217;il y e\u00fbt correspondance absolue en nature, en perfection, en toutes choses : un parfait substitut, un prix parfaitement correspondant devait \u00eatre pay\u00e9 avant que la race p\u00fbt \u00eatre lib\u00e9r\u00e9e de la sentence divine.<\/p>\n<p>Un emploi du mot \u00ab substitut \u00bb, commun parmi les hommes, a servi \u00e0 jeter la confusion \u00e0 cet \u00e9gard. En temps de guerre, lorsqu&#8217;un contingent est n\u00e9cessaire, et qu&#8217;un homme est pris pour servir dans l&#8217;arm\u00e9e, il est parfois autoris\u00e9 \u00e0 chercher un substitut qui le remplace, sert \u00e0 sa place dans l&#8217;arm\u00e9e ; l&#8217;homme qui fournit le substitut est ensuite lib\u00e9r\u00e9 de toute obligation militaire. Cet emploi particulier du mot \u00ab substitut \u00bb dans les choses militaires convient assez bien dans le sens que l&#8217;homme qui est accept\u00e9 par l&#8217;officier, comme substitut de celui qui est lib\u00e9r\u00e9, doit r\u00e9pondre aux exigences physiques du moment ; en second lieu, il faut qu&#8217;il soit lui-m\u00eame un homme non appel\u00e9 et, par cons\u00e9quent, libre de s&#8217;offrir<\/p>\n<p>575<\/p>\n<p>comme substitut. Ces d\u00e9tails correspondent au cas que nous consid\u00e9rons. Notre Seigneur s&#8217;offrit pour \u00eatre le substitut \u00e0 la place d&#8217;Adam le p\u00e8re ; il r\u00e9pondait \u00e0 toutes les exigences du gouvernement divin, en ce qu&#8217;il \u00e9tait, de toutes mani\u00e8res, qualifi\u00e9 pour \u00eatre le substitut d&#8217;Adam. Il r\u00e9pondait aussi \u00e0 l&#8217;exigence qu&#8217;il n&#8217;\u00e9tait pas d\u00e9j\u00e0 sous la sentence de mort quand il prit notre place, s&#8217;offrit lui-m\u00eame et fut accept\u00e9. Il avait une vie libre \u00e0 donner pour la. vie perdue d&#8217;Adam.<\/p>\n<p>Mais ici s&#8217;arr\u00eate l&#8217;analogie entre les deux substitutions, parce que, dans le cas du soldat, l&#8217;appel ou sentence \u00e9tait de prendre part \u00e0 la guerre et \u00e0 ses \u00e9preuves et difficult\u00e9s, etc., tandis que dans le cas d&#8217;Adam, l&#8217;appel, la sentence \u00e9tait pour la mort. L&#8217;harmonie entre ces deux emplois du mot \u00ab substitut \u00bb finit quand le soldat est accept\u00e9 et part pour l&#8217;arm\u00e9e, ceci correspondant \u00e0 l&#8217;acceptation par Dieu de l&#8217;offrande de notre Seigneur J\u00e9sus et \u00e0 son d\u00e9part pour la mort. Le soldat substitu\u00e9 ayant \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 \u00e0 l&#8217;arm\u00e9e, le nom de l&#8217;appel\u00e9 \u00e9tait donc ray\u00e9 des listes d&#8217;appel, comme exempt\u00e9 ; quand Christ entra dans la mort pour Adam, le nom d&#8217;Adam fut ray\u00e9 de la liste de la condamnation divine. Le parall\u00e8le ne va pas plus loin.<\/p>\n<p>Nous agirons certainement avec sagesse en ne cherchant pas sans n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 imposer ce terme \u00ab substitution\u00bb \u00e0 ceux qui, d\u00e9j\u00e0, sont victimes du pr\u00e9jug\u00e9, par suite d&#8217;une mauvaise compr\u00e9hension du sujet et (lui, en raison m\u00eame de ce pr\u00e9jug\u00e9, se trouveraient emp\u00each\u00e9s d&#8217;accorder \u00e0 cette question toute l&#8217;attention convenable et tout le s\u00e9rieux qu&#8217;elle m\u00e9rite. N\u00e9anmoins, nous devons veiller sp\u00e9cialement dans notre propre c\u0153ur, \u00e0 ce que nous soyons enti\u00e8rement fid\u00e8les \u00e0 l&#8217;id\u00e9e de substitution laquelle est l&#8217;id\u00e9e de la ran\u00e7on. Quiconque, apr\u00e8s avoir convenablement compris le sujet, ne croit pas que Christ fut notre substitut, n&#8217;exerce pas la foi en la ran\u00e7on et, partant, ne poss\u00e8de pas la foi qui justifie devant Dieu.<\/p>\n<p>576<\/p>\n<p>UN AUTRE PLAN DE SALUT N&#8217;\u00c9TAIT-IL PAS POSSIBLE ?<\/p>\n<p>Beaucoup de gens qui ne comprennent qu&#8217;imparfaitement le sujet de la ran\u00e7on, ont tendance \u00e0 le discuter, et \u00e0 dire qu&#8217;ils ne peuvent voir pourquoi Dieu n&#8217;aurait pu sauver le monde de quelque autre mani\u00e8re que par la mort de Son Fils, comme substitut ou prix de la ran\u00e7on de l&#8217;homme. Nous leur r\u00e9pondons qu&#8217;ils ne voient pas le sujet de la mani\u00e8re qui convient. La question qu&#8217;ils devraient se poser n&#8217;est pas de savoir si Dieu n&#8217;aurait pas pu adopter quelque autre moyen, mais bien : a-t-il adopt\u00e9 quelque autre moyen, ou a-t-il adopt\u00e9 le plan de la ran\u00e7on ?<\/p>\n<p>Sans aucun Cloute, la sagesse de Dieu aurait pu adopter un autre plan de salut pour l&#8217;humanit\u00e9, mais nous pouvons, tout aussi positivement, poser en principe qu&#8217;aucun autre plan, qui aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9, n&#8217;aurait \u00e9t\u00e9 meilleur et, pour autant que notre jugement et notre connaissance peuvent nous porter \u00e0 le concevoir, aucun autre plan n&#8217;aurait pu \u00eatre fait, m\u00eame par le Tout-Puissant, qui e\u00fbt \u00e9t\u00e9 aussi bon que celui qu&#8217;il adopta, toutes les circonstances et les r\u00e9sultats s&#8217;y rattachant \u00e9tant pris en consid\u00e9ration. Le fait que Dieu adopta un plan diff\u00e9rent \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des anges d\u00e9chus prouve, pourrions-nous dire, qu&#8217;il aurait pu adopter un plan diff\u00e9rent \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de l&#8217;homme d\u00e9chu. Il aurait pu faire avec l&#8217;homme ce qu&#8217;il fit avec les anges, mais (<em>Ce que disent les \u00e9critures sur le Spiritisme<\/em>), nous l&#8217;avons vu, cela n&#8217;aurait pas \u00e9t\u00e9 plus favorable, mais aurait peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 moins d\u00e9sirable, selon le jugement de beaucoup de personnes.<\/p>\n<p>M\u00eame si nous devions supposer que par de tels plans, Dieu aurait b\u00e9ni et finalement r\u00e9tabli un aussi grand nombre d&#8217;humains, nous verrions d&#8217;autres d\u00e9savantages de cette m\u00e9thode, \u00e0 savoir : (1) combien plus terrible<\/p>\n<p>577<\/p>\n<p>aurait \u00e9t\u00e9 la d\u00e9gradation morale de notre race, si elle avait \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e en possession de toutes ses facult\u00e9s mentales et physiques et s&#8217;il lui avait \u00e9t\u00e9 simplement permis de tomber oralement ! Quelle somme de p\u00e9ch\u00e9s peut \u00eatre apprise\u00a0 \u00e0 fond dans la courte p\u00e9riode de dix, vingt, cinquante ou cent ans, et quels ab\u00eemes de m\u00e9chancet\u00e9 auraient pu \u00eatre explor\u00e9s, et exploit\u00e9s, si les humains avaient continu\u00e9 \u00e0 vivre avec\u2022 des facult\u00e9s intactes pendant six mille ans, s\u00e9par\u00e9s de Dieu, mais non condamn\u00e9s \u00e0 mort !<\/p>\n<p>(2) Si m\u00eame un tel plan de salut arrivait \u00e0 sauver, \u00e9ventuellement, un nombre aussi grand d&#8217;humains que le fera le plan adopt\u00e9 par Dieu, il ne nous aurait jamais r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au m\u00eame degr\u00e9 les qualit\u00e9s du caract\u00e8re divin : a) Nous voyons la Justice de Dieu dans l&#8217;infliction de la peine de mort, \u00ab m\u00eame sur ceux qui ne p\u00e9ch\u00e8rent pas selon la ressemblance de la transgression d&#8217;Adam \u00bb mais qui naquirent simplement dans le p\u00e9ch\u00e9, furent con\u00e7us dans l&#8217;iniquit\u00e9, et enfant\u00e9s p\u00e9cheurs, par h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 (Rom. 5 : 14, 12 : Ps. 51 : 5). Dieu nous a ainsi r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une justice qui, en aucun sens, n&#8217;acquittera le coupable, et n&#8217;acceptera rien qui ne soit absolument parfait. (b) Il nous a ainsi r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un amour, infiniment plus grand que celui que nous aurions pu concevoir autrement, un amour qui nos suivit et qui prit possession de nous \u00ab alors que nous \u00e9tions encore des p\u00e9cheurs \u00bb, en payant pour nous le grand prix de la ran\u00e7on de notre d\u00e9livrance. (c) L&#8217;adoption de ce plan qui consista \u00e0 condamner l&#8217;homme \u00e0 mort, \u00e0 le racheter de la mort, et ensuite, en temps voulu. \u00e0 le r\u00e9tablir en le d\u00e9livrant de la mort par une r\u00e9surrection, fournit \u00e0 Dieu l&#8217;occasion de d\u00e9ployer sa puissance \u00e0 un degr\u00e9 qui surpasse de beaucoup tout ce qui avait trait \u00e0 sa cr\u00e9ation ant\u00e9rieure, si merveilleuse f\u00fbt-elle ; il est incontestable en effet, qu&#8217;il faut une puissance plus grande pour accomplir la promesse divine de la r\u00e9surrection de millions d&#8217;\u00eatres qui ont v\u00e9cu et qui sont morts<\/p>\n<p>578<\/p>\n<p>pour les faire revenir avec leur propre identit\u00e9, leur personnalit\u00e9 consciente \u00e9tant ce qu&#8217;elle \u00e9tait que celle qui fut n\u00e9cessaire pour la cr\u00e9ation du premier homme. (d) Apr\u00e8s son complet ach\u00e8vement, ce plan divin r\u00e9v\u00e9lera la sagesse divine d&#8217;une mani\u00e8re telle qu\u2019aucun autre plan n&#8217;aurait pu la montrer, pour autant que nous soyons aptes \u00e0 consid\u00e9rer d&#8217;autres plans. Il montrera comment Dieu connaissait la fin d\u00e8s le commencement, et comment il a ex\u00e9cut\u00e9 toutes choses selon le conseil de sa propre volont\u00e9, m\u00eame quand les anges et les hommes ne comprenaient pas le but et l&#8217;intention de ses op\u00e9rations, et m\u00eame quand les anges d\u00e9chus et Satan supposaient qu&#8217;ils d\u00e9jouaient la volont\u00e9 divine. Il d\u00e9montrera d&#8217;une mani\u00e8re indubitable que Dieu peut faire concourir toutes Choses au bien, et \u00e0 la r\u00e9alisation du dessein divin. Enfin de compte, il d\u00e9montrera que la Parole qui sort de sa bouche ne retourne pas \u00e0 lui sans effet, mais qu&#8217;elle ex\u00e9cute tout ce qui est son bon plaisir et accomplit les choses pour lesquelles il l&#8217;a envoy\u00e9e. \u2014 Esa\u00efe 55 : 11.<\/p>\n<p>En outre, si, \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de l&#8217;homme, Dieu avait suivi le m\u00eame plan qu&#8217;avec les anges qui p\u00e9ch\u00e8rent, ou tout autre plan concevable, jamais Dieu n&#8217;aurait offert une occasion aussi splendide pour l&#8217;\u00e9lection de l&#8217;Eglise de l\u2019\u00c9vangile qui doit \u00eatre le corps de Christ ; il n&#8217;y aurait pas eu, en effet, la m\u00eame occasion magnifique pour le Logos d&#8217;\u00eatre \u00e9prouv\u00e9, de d\u00e9montrer sa fid\u00e9lit\u00e9, son ob\u00e9issance au P\u00e8re c\u00e9leste, puis \u00e0 cause de cela, d&#8217;\u00eatre souverainement \u00e9lev\u00e9 et rendu participant de la nature divine. Il n&#8217;y aurait eu aucune occasion non plus pour le petit troupeau des rachet\u00e9s de marcher sur les traces du Ma\u00eetre. Et finalement, nous voyons que ces le\u00e7ons ne sont pas destin\u00e9es \u00e0 l&#8217;humanit\u00e9 seule, mais aussi \u00e0 toutes les cr\u00e9atures intelligentes de Dieu sur chaque plan d&#8217;existence ; ces le\u00e7ons ne serviront pas pour quelques si\u00e8cles seulement, mais pour toute l&#8217;\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p>O profondeur des richesses et de la sagesse et de la<\/p>\n<p>579<\/p>\n<p>connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et s voies introuvables ! Car qui a connu la pens\u00e9e du Seigneur, ou qui a \u00e9t\u00e9 Son conseiller ? \u00a0Car de Lui, et par Lui, et pour Lui, sont toutes choses ! A Lui soit la gloire \u00e9ternellement ! Amen ! \u00bb \u2014 Rom. 11 : 33-36.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ETUDE XV \u00ab\u00a0 UNE RAN\u00c7ON POUR TOUS \u00bb, LA SEULE BASE DE LA RECONCILIATION. 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