{"id":868,"date":"2020-04-01T08:33:12","date_gmt":"2020-04-01T08:33:12","guid":{"rendered":"http:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/?page_id=868"},"modified":"2020-04-01T08:33:36","modified_gmt":"2020-04-01T08:33:36","slug":"chapitre-7","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/la-reconciliation-entre-dieu-et-lhomme\/chapitre-7\/","title":{"rendered":"Chapitre 7"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\">ETUDE VII<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">LE SOUVERAIN SACRIFICATEUR<br \/>\nDE LA RECONCILIATION<br \/>\n\u00ab LE FILS DE L&#8217;HOMME \u00bb<\/p>\n<p>Ce que ne signifie pas ce titre. \u2014 Sa signification. \u2014 Nul autre ne peut revendiquer les honneurs indiscutables qu&#8217;il comporte. \u2014 Le Fils de l&#8217;Homme vu par le monde. \u2014 Les opinions de Pilate, de Rousseau, de Napol\u00e9on. \u00adSignification des expressions : \u00ab Il n&#8217;avait ni beaut\u00e9, ni \u00e9clat qui nous le fasse d\u00e9sirer \u00bb ; et \u00ab Tellement son visage \u00e9tait d\u00e9fait \u00bb, \u00ab Il se distingue entre dix mille \u00bb, \u00ab Toute sa personne est pleine de charme \u00bb.<\/p>\n<p>BEAUCOUP de titres sont appliqu\u00e9s \u00e0 J\u00e9sus et parmi eux, l&#8217;un des plus fr\u00e9quemment employ\u00e9s par lui-m\u00eame est celui de \u00ab Fils de l&#8217;Homme \u00bb. Certains ont tendance \u00e0 croire qu&#8217;il s&#8217;agit de l&#8217;admission par J\u00e9sus qu&#8217;il \u00e9tait un fils de Joseph ; mais cela est enti\u00e8rement faux,, car il ne reconnut jamais que Joseph \u00e9tait son p\u00e8re. Au contraire, on remarquera que ce titre qu&#8217;il s&#8217;applique \u00e0 lui-m\u00eame est relatif non seulement \u00e0 sa vie terrestre, mais \u00e9galement \u00e0 sa condition et \u00e0 sa gloire pr\u00e9sentes. De ce fait, certains autres ont saut\u00e9 \u00e0 l&#8217;extr\u00eame oppos\u00e9 pour pr\u00e9tendre que cette appellation indique que notre Seigneur est maintenant un homme dans le ciel, poss\u00e9dant toujours sa nature humaine. Ceci, comme nous allons nous efforcer de le d\u00e9montrer, est une pens\u00e9e absolument sans fondement, une fausse interpr\u00e9tation du titre \u00ab Le Fils de l&#8217;Homme \u00bb. En attendant, notons qu&#8217;une telle id\u00e9e est en d\u00e9saccord complet avec l&#8217;enseignement g\u00e9n\u00e9ral de la Bible. Les Ecritures d\u00e9clarent avec force que l&#8217;abaissement de notre Seigneur jusqu&#8217;\u00e0 prendre la nature humaine ne devait pas durer \u00e9ternellement, mais avait simplement pour objet d&#8217;accomplir la r\u00e9demption de<\/p>\n<p>170<\/p>\n<p>l&#8217;homme en payant le ch\u00e2timent \u00e0 sa place ; ce faisant, notre Seigneur prouva accessoirement sa fid\u00e9lit\u00e9 personnelle au P\u00e8re, ce qui lui valut, imm\u00e9diatement apr\u00e8s, d&#8217;\u00eatre \u00e9lev\u00e9 hautement, non seulement \u00e0 la gloire qu&#8217;il avait aupr\u00e8s du P\u00e8re avant que le monde f\u00fbt, mais \u00e0 une gloire plus excellente, bien au-dessus des anges, principaut\u00e9s et puissances \u2014 \u00e0 la nature divine et \u00e0 la droite,<\/p>\n<p>\u00e0 la place de faveur, de la Majest\u00e9 dans les lieux tr\u00e8s hauts.<\/p>\n<p>Notez avec soin quelques-uns des emplois suivants de ce titre par notre Seigneur :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le Fils de l&#8217;Homme enverra ses anges \u00bb, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque<\/p>\n<p>de la moisson de cet Age de l\u2019\u00c9vangile. \u2014 Matth. 13 : 41. (D.)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ainsi sera la pr\u00e9sence du Fils de l&#8217;Homme \u00bb, \u00e0 la moisson, \u00e0 la fin de cet Age. \u2014 Matth. 24 : 27, 37. (D.)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand le Fils de l&#8217;Homme viendra dans sa gloire, et<\/p>\n<p>tous les saints anges avec lui \u00bb. Matth. 25 : 31. (D.).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le Fils de l&#8217;Homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son P\u00e8re \u00bb. \u2014 Marc 8 : 38: (D.)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si donc vous voyez le Fils de l&#8217;Homme monter o\u00f9 il \u00e9tait auparavant \u00bb. \u2014 Jean 6 : 62. (D.)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Celui qui est descendu du ciel, le Fils de l&#8217;Homme \u00bb. \u2014 Jean 3 : 13. (D.) (<em>Les mots \u00ab qui est dans le ciel \u00bb sont omis par les plus anciens<\/em>).<\/p>\n<p>Ces passages identifient \u00ab Le Fils de l&#8217;Homme \u00bb avec le Seigneur de gloire, avec l&#8217;homme Christ J\u00e9sus qui se donna lui-m\u00eame, et avec le Logos pr\u00e9-humain qui est descendu du ciel et fut fait chair. Et il est \u00e9vident que les Juifs n&#8217;avaient pas \u00e0 l&#8217;id\u00e9e que le titre \u00ab Le Fils de l&#8217;Homme \u00bb signifiait le fils de Joseph ou, dans le sens ordinaire, le fils d&#8217;un homme, celui qui re\u00e7oit la vie d&#8217;un p\u00e8re humain : cela est montr\u00e9 par le fait qu&#8217;ils s&#8217;inform\u00e8rent<\/p>\n<p>171<\/p>\n<p>en ces termes : \u00ab Nous avons appris par la loi que le Christ demeure \u00e9ternellement : et comment, toi, dis-tu qu&#8217;il faut que le Fils de l&#8217;Homme soit \u00e9lev\u00e9 ? Qui est ce Fils de l&#8217;Homme ? \u00bb (Jean 12 : 34). Les Juifs identifiaient \u00e9videmment l&#8217;expression \u00ab le Fils de l&#8217;Homme \u00bb avec leur Messie esp\u00e9r\u00e9, basant sans aucun doute leurs esp\u00e9rances, dans une grande mesure, sur la d\u00e9claration de Dan. 7 : 13 : \u00ab Je voyais dans les visions de la nuit, et voici, quelqu&#8217;un comme un fils d&#8217;homme vint avec les nu\u00e9es des cieux, et il avan\u00e7a jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;Ancien des jours, et on le fit approcher de lui. Et on lui donna la domination, et l&#8217;honneur, et la royaut\u00e9, pour que tous les peuples, les peuplades et les langues, le servissent. Sa domination est une domination \u00e9ternelle; qui ne passera pas, et son royaume, un royaume qui ne sera pas d\u00e9truit \u00bb.<\/p>\n<p>Notre Seigneur s&#8217;identifia avec cette description en Apoc. 14 : 14, o\u00f9 il se repr\u00e9sente lui-m\u00eame comme \u00e9tant quelqu&#8217;un \u00ab semblable au Fils de l&#8217;Homme, ayant sur sa t\u00eate une couronne d&#8217;or, et dans sa main une faucille tranchante \u00bb \u2014 le Moissonneur de la moisson de l&#8217;Age de l\u2019\u00c9vangile.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, m\u00eame si nous sommes assur\u00e9s que ce titre ne concerne en aucun sens le Fils de Joseph, m\u00eame si la preuve est faite que la nature humaine, prise dans ce dessein, fut \u00e0 jamais sacrifi\u00e9e, et que maintenant, il est un \u00eatre-esprit vivifiant de l&#8217;ordre le plus \u00e9lev\u00e9 (H\u00e9b. 2 : 9, 16 ; 1 Pi. 3 : 18 ; Jean 6 : 51 ; Phil. 2 : 9), la question se, pose toujours : Pourquoi notre Seigneur choisit-il pareil nom, pareil titre ? Ne sommes-nous pas en droit de croire qu&#8217;il doit certainement y avoir quelque motif particulier \u00e0 cela, sinon ce choix sp\u00e9cial n&#8217;aurait eu lien, \u00e9tant donn\u00e9 que chacun des titres de notre Seigneur (lorsqu&#8217;on les comprend) a une signification particuli\u00e8re ?<\/p>\n<p>Il y a une raison tr\u00e8s importante \u00e0 l&#8217;usage de ce titre : il est tr\u00e8s honorable, parce qu&#8217;il rappellera \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 la<\/p>\n<p>172<\/p>\n<p>grande Victoire de J\u00e9sus : son ob\u00e9issance humble et fid\u00e8le \u00e0 tous les arrangements du P\u00e8re C\u00e9leste, m\u00eame jusqu&#8217;\u00e0 la mort et m\u00eame jusqu&#8217;\u00e0 celle de la croix ; par son sacrifice il acquit le titre \u00e0 tous les honneurs pr\u00e9sents et futurs, \u00e0 la gloire, \u00e0 la dignit\u00e9, \u00e0 la puissance et \u00e0 la nature divine. Ce titre \u00ab Le Fils de l&#8217;Homme \u00bb rappelle d&#8217;une mani\u00e8re directe, \u00e0 la fois aux anges et aux hommes, la grande d\u00e9monstration de l&#8217;humilit\u00e9 de l&#8217;Unique Engendr\u00e9 du P\u00e8re, et le principe qui est \u00e0 la base du gouvernement divin : celui qui s&#8217;\u00e9l\u00e8ve sera abaiss\u00e9, et celui qui s&#8217;abaisse sera \u00e9lev\u00e9. Ainsi, chaque fois que ce titre est employ\u00e9, il exprime tout un volume d&#8217;instructions de haute valeur pour tous ceux qui veulent \u00eatre enseign\u00e9s de Dieu, qui ont le d\u00e9sir de l&#8217;honorer, et de faire les choses qui sont agr\u00e9ables \u00e0 ses yeux.<\/p>\n<p>Si nous pouvons dire que notre Seigneur fut fait \u00ab de la post\u00e9rit\u00e9 de David \u00bb, et \u00ab de la semence d&#8217;Abraham, d&#8217;Isaac et de Jacob \u00bb, il fut \u00e9galement de la semence d&#8217;Adam, par Eve la m\u00e8re ; et pourtant, comme nous l&#8217;avons vu, il fut \u00ab sans souillure et s\u00e9par\u00e9 des p\u00e9cheurs \u00bb. \u00ab La semence de la femme \u00bb est mise en antagonisme avec la semence du serpent ; cependant il n&#8217;est nullement laiss\u00e9 \u00e0 entendre qu&#8217;Eve aurait eu quelque semence que ce soit en dehors de son mari, Adam. Et, s&#8217;il est juste de penser et de dire que notre Seigneur est la semence de David, il est \u00e9galement juste de penser qu&#8217;il est la semence d&#8217;Adam, par Eve. Nous croyons que telle est l&#8217;id\u00e9e cach\u00e9e derri\u00e8re ce titre \u00ab Le Fils de l&#8217;Homme \u00bb.<\/p>\n<p>Adam, en sa qualit\u00e9 de chef de la race, et charg\u00e9 de lui donner la vie, ne put, \u00e0 cause de sa d\u00e9sob\u00e9issance, donner la vie \u00e9ternelle \u00e0 sa post\u00e9rit\u00e9 ; n\u00e9anmoins, selon la promesse divine, le temps viendrait o\u00f9 le Messie, s&#8217;identifiant avec la race d&#8217;Adam, rach\u00e8terait ce dernier et toute sa descendance. Adam fut l&#8217;homme par excellence parce<\/p>\n<p>173<\/p>\n<p>qu&#8217;il fut la t\u00eate (chef) de la race humaine, et qu&#8217;en lui r\u00e9sidait le titre donnant droit \u00e0 la possession de la terre et \u00e0 sa domination. Notez l&#8217;allusion proph\u00e9tique faite \u00e0 Adam : \u00ab Qu&#8217;est-ce que l&#8217;homme, que tu te souviennes de lui, et le fils de l&#8217;homme que tu le visites ? tu l&#8217;as fait de peu inf\u00e9rieur aux anges, et tu l&#8217;as couronn\u00e9 de gloire et d&#8217;honneur. Tu l&#8217;as fait dominer sur les \u0153uvres de tes mains ; tu as mis toutes choses sous ses pieds ; les brebis et les b\u0153ufs, tous ensemble, et aussi les b\u00eates des champs, l&#8217;oiseau des cieux, et les poissons de la mer, ce qui passe par les sentiers des mers \u00bb. \u2014 Ps. 8 : 4-8.<\/p>\n<p>Ce droit (royaut\u00e9, domination) terrestre sombra dans la confusion, fut perdu par la chute, mais fit int\u00e9gralement partie de ce qui fut rachet\u00e9 par la grande offrande pour le p\u00e9ch\u00e9. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il fut \u00e9crit de notre Seigneur : \u00ab Et toi, Tour du Troupeau&#8230; \u00e0 toi arrivera et reviendra la domination premi\u00e8re \u00bb (Mich\u00e9e 4 : 8) Nous voyons ainsi que l&#8217;esp\u00e9rance du monde, d&#8217;apr\u00e8s l&#8217;arrangement divin, reposait sur la venue d&#8217;un fils illustre et h\u00e9ritier d&#8217;Adam, d&#8217;un fils illustre d&#8217;Abraham, d&#8217;un fils illustre de David, d&#8217;un fils illustre de Marie. Cela n&#8217;impliquait pas non plus que la vie de ce fils proviendrait soit d&#8217;Adam, soit d&#8217;Abraham, soit de David ou de Marie. Comme nous l&#8217;avons vu pr\u00e9c\u00e9demment, un beau-fils ou gendre, sous l&#8217;arrangement divin, est consid\u00e9r\u00e9 comme un membre de la famille, et a la capacit\u00e9 de racheter un h\u00e9ritage abandonn\u00e9 et d&#8217;en reprendre possession. Dans le cas de notre Seigneur, nous avons vu clairement que d&#8217;une parent\u00e9 terrestre ne provenait pas sa vie, mais seulement son organisme physique \u2014 que la vie proc\u00e9dait et venait de Dieu, et qu&#8217;\u00e0 l&#8217;origine il \u00e9tait connu comme le Logos.<\/p>\n<p>Plus nous \u00e9tudions ce sujet, et plus tout ce que nous venons de dire para\u00eet clair, car celui qui \u00e9tudie le grec peut, dans tous les exemples o\u00f9 notre Seigneur emploie cette expression \u00ab Le Fils de l&#8217;Homme \u00bb, se rendre compte sans peine, qu&#8217;il le fait d&#8217;une mani\u00e8re emphatique, forme<\/p>\n<p>174<\/p>\n<p>qu&#8217;on ne discerne pas dans les traductions anglaise et fran\u00e7aise et qui, pour \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e devrait \u00eatre exprim\u00e9e en appuyant, en soulignant les deux mots \u00ab le \u00bb, comme ceci : \u00ab Le Fils de l&#8217;Homme \u00bb. Notre Seigneur avait un droit indiscutable \u00e0 ce titre. Comme Adam seul fut parfait et- que tous ses descendants furent une race d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e, \u00e0 l&#8217;exception de ce seul Fils qui, de lui-m\u00eame, consentit \u00e0 devenir un membre de la race d&#8217;Adam, pour \u00eatre le R\u00e9dempteur de toutes ses possessions perdues, de m\u00eame, lorsque J\u00e9sus accomplit l&#8217;acte de r\u00e9demption de la race et qu&#8217;il la lib\u00e9ra ainsi de la mal\u00e9diction ou sentence de mort, il acquit d&#8217;une mani\u00e8re l\u00e9gale et indiscutable le titre ou droit d&#8217;\u00eatre le fils de l&#8217;homme.<\/p>\n<p>Ce titre n&#8217;appartint pas en toute l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 J\u00e9sus seulement pendant le temps o\u00f9 il donna sa vie en<\/p>\n<p>ran\u00e7on pour tous \u00bb, mais il lui appartient encore l\u00e9gitimement pendant le pr\u00e9sent Age de l\u2019\u00c9vangile, alors que progresse la s\u00e9lection de ceux qui travaillent avec lui \u00e0 r\u00e9aliser le programme grandiose du r\u00e9tablissement de toutes choses. Et ce titre appartiendra l\u00e9gitimement bien plus encore \u00e0 notre Seigneur, durant la p\u00e9riode de son R\u00e8gne mill\u00e9naire, lorsque lui, le Fils (maintenant haute&#8211; ment \u00e9lev\u00e9 et chang\u00e9) de l&#8217;homme (Adam), poursuivra l&#8217;\u0153uvre du r\u00e9tablissement, \u00ab la r\u00e9demption [d\u00e9livrance] de la possession acquise \u00bb. \u2014 Eph. 1 : 14 ; Ruth 4 : 1-10.<\/p>\n<p>\u00ab L&#8217;HOMME CHRIST J\u00c9SUS \u00bb VU PAR DES -INCROYANTS<\/p>\n<p>Les disciples d\u00e9vou\u00e9s du Seigneur J\u00e9sus Christ &#8220;ne furent pas les seuls \u00e0 reconna\u00eetre sa sagesse et sa gr\u00e2ce, et \u00e0 remarquer qu&#8217;il \u00e9tait \u00ab rempli de toute la pl\u00e9nitude de Dieu \u00bb, mais m\u00eame ses adversaires le reconnurent comme de beaucoup sup\u00e9rieur au commun de notre race. Nous lisons en effet : \u00ab Et tous lui rendaient t\u00e9moignage<\/p>\n<p>175<\/p>\n<p>et s&#8217;\u00e9tonnaient des paroles de gr\u00e2ce qui sortaient de sa bouche \u00bb (Luc 4 : 22). D&#8217;autres disaient : \u00ab Jamais homme n&#8217;a parl\u00e9 comme cet homme \u00bb (Jean 7 : 46). Pilate, r\u00e9pugnant de d\u00e9truire la vie du plus noble Juif qu&#8217;il e\u00fbt jamais vu, tenta, comme un dernier recours, d&#8217;apaiser la malveillance de la multitude ; car il se rendait compte qu&#8217;elle \u00e9tait excit\u00e9e par les scribes et les pharisiens, envieux et jaloux de la popularit\u00e9 de notre Seigneur. Finalement, Pilate fit amener J\u00e9sus devant ses accusateurs, \u00e9videmment avec l&#8217;id\u00e9e qu&#8217;un regard sur les nobles traits de J\u00e9sus d\u00e9tournerait leur haine et leur m\u00e9chancet\u00e9. Pilate pr\u00e9senta J\u00e9sus et s&#8217;exclama : \u00ab Voici l&#8217;Homme ! \u00bb, en mettant sur les mots, une insistance qui ne ressort pas de nos traductions, \u00e0 moins que l&#8217;on puisse appuyer sur 1&#8242;. C&#8217;est comme s&#8217;il avait dit : \u00ab L&#8217;homme que vous me demandez de crucifier n&#8217;est pas seulement le Juif sup\u00e9rieur \u00e0 tous les autres Juifs, mais il est l&#8217;Homme sup\u00e9rieur \u00e0 tous les autres hommes. C&#8217;est au sujet de la condition d&#8217;homme de J\u00e9sus que Jean d\u00e9clare : \u00ab Le Logos fut fait chair et&#8230; nous v\u00eemes sa gloire, une gloire comme d&#8217;un fils unique de la part du P\u00e8re, pleine de gr\u00e2ce et de v\u00e9rit\u00e9 \u00bb. \u2014 Jean 1 : 14 ; 19 : 5.<\/p>\n<p>A cet \u00e9gard, rappelons ici l&#8217;\u00e9loge souvent cit\u00e9 et bien connu sur \u00ab Le Fils de l&#8217;Homme \u00bb et ses enseignements, par (Jean-Jacques) Rousseau, le c\u00e9l\u00e8bre \u00e9crivain fran\u00e7ais, dans son ouvrage \u00ab Emile ou de l\u2019\u00e9ducation\u00bb comme suit\u00a0: Voyez les livres des philosophes avec toute leur pompe ; qu&#8217;ils sont petits pr\u00e8s de celui-l\u00e0 ! Se peut-il qu&#8217;un livre \u00e0 la fois si sublime et si simple soit l&#8217;ouvrage des hommes ? Se peut-il que celui dont il fait l&#8217;histoire ne soit qu&#8217;un homme lui-m\u00eame ? Est-ce l\u00e0 le ton d&#8217;un enthousiaste ou d&#8217;un ambitieux sectaire ? Quelle douceur, quelle puret\u00e9 dans ses m\u0153urs ! Quelle gr\u00e2ce touchante dans ses instructions\u00a0?<\/p>\n<p>176<\/p>\n<p>Quelle \u00e9l\u00e9vation dans ses maximes ! Quelle profonde sagesse dans ses discours ! Quelle pr\u00e9sence d&#8217;esprit, quelle finesse et quelle justesse dans ses r\u00e9ponses ! quel empire sur ses passions ! o\u00f9 est l&#8217;homme, o\u00f9 est le sage qui sait agir, souffrir et mourir sans faiblesse et sans ostentation ? Disons-nous que l&#8217;histoire de l&#8217;Evangile est invent\u00e9e \u00e0 plaisir ? Mon ami, ce n&#8217;est pas ainsi qu&#8217;on invente, et les faits de Socrate, dont personne ne doute, sont moins attest\u00e9s que ceux de J\u00e9sus-Christ. Jamais des auteurs juifs n&#8217;eussent trouv\u00e9 ni ce ton, ni cette morale ; et l\u2019\u00c9vangile a des caract\u00e8res de v\u00e9rit\u00e9 si grands, si frappants, si parfaitement inimitables, que l&#8217;inventeur en serait plus \u00e9tonnant que le h\u00e9ros \u00bb.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9loge qui suit sur \u00ab le Fils de l&#8217;Homme \u00bb est attribu\u00e9 au c\u00e9l\u00e8bre Napol\u00e9on Bonaparte.<\/p>\n<p>\u00ab Du commencement jusqu&#8217;\u00e0 la fin, J\u00e9sus est le m\u00eame, toujours le m\u00eame : majestueux et simple, infiniment s\u00e9v\u00e8re et infiniment bienveillant. Dans toute sa vie enti\u00e8rement connue du public, il ne fut jamais pris en faute. La prudence de sa conduite excite notre admiration, par son m\u00e9lange de forc\u00e9 et de douceur. Dans ses discours comme dans ses actes, il est \u00e9clair\u00e9, logique et calme. Le sublime est, dit-on, un des attributs de la divinit\u00e9 : quel nom donnerons-nous donc \u00e0 celui dont le caract\u00e8re r\u00e9unissait tous les \u00e9l\u00e9ments du sublime ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Je connais les hommes, et je puis vous dire que J\u00e9sus n&#8217;\u00e9tait pas un homme. Chez lui tout me confond. Il est impossible de le comparer avec tout autre \u00eatre humain. Il est v\u00e9ritablement un \u00eatre unique. Ses id\u00e9es, ses sentiments, la v\u00e9rit\u00e9 qu&#8217;il proclame, la mani\u00e8re dont il parle, tout cela d\u00e9passe ce qui est humain et l&#8217;ordre naturel des choses. Sa naissance, l&#8217;histoire de sa vie, la profondeur de sa doctrine qui surmonte toutes les difficult\u00e9s et donne leur solution compl\u00e8te, son \u00c9vangile, la singularit\u00e9 de cet \u00eatre myst\u00e9rieux, et son aspect ext\u00e9rieur, son empire, les progr\u00e8s qu&#8217;il a accomplis au cours des si\u00e8cles et des<\/p>\n<p>177<\/p>\n<p>royaumes, tout cela est pour moi un prodige, un myst\u00e8re insondable. Je ne vois rien en lui d&#8217;un homme. Je puis m&#8217;approcher aussi pr\u00e8s que possible, et le scruter aussi profond\u00e9ment que je puis, tout demeure au-dessus de toute comparaison, tout reste grand d&#8217;une grandeur qui m&#8217;\u00e9crase. J&#8217;ai beau r\u00e9fl\u00e9chir, tout demeure inconcevable ! Je vous mets au d\u00e9fi de citer une autre vie analogue \u00e0 celle de Christ \u00bb.<\/p>\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, la r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9passe la fiction, et l&#8217;homme parlait Christ J\u00e9sus, oint de l&#8217;esprit du Tr\u00e8s-Haut, fut si diff\u00e9rent de la race imparfaite dont il s&#8217;occupa en vue de sa r\u00e9demption, que le monde est certainement excusable lorsqu&#8217;il se demande si J\u00e9sus n&#8217;\u00e9tait pas plus qu&#8217;un homme. Assur\u00e9ment, il fut plus, beaucoup plus qu&#8217;un simple homme \u2014 beaucoup plus qu&#8217;un homme p\u00e9cheur : il fut s\u00e9par\u00e9 des p\u00e9cheurs, et, comme homme parfait, il \u00e9tait l&#8217;image et la ressemblance m\u00eames du Dieu invisible.<\/p>\n<p>\u00ab IL N&#8217;AVAIT NI BEAUT\u00c9 NI \u00c9CLAT QUI NOUS LE FIT D\u00c9SIRER \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Il montera devant lui comme un rejeton et comme une racine sortant d&#8217;une terre aride. Il n&#8217;a ni forme ni \u00e9clat ; quand nous le voyons, il n&#8217;y a point d&#8217;apparence en lui pour nous le faire d\u00e9sirer. Il est m\u00e9pris\u00e9 et d\u00e9laiss\u00e9 des hommes, homme de douleurs, et sachant ce que c&#8217;est que la langueur, et comme quelqu&#8217;un de qui on cache sa lace \u00bb. \u2014 Es. 53 : 2, 3.<\/p>\n<p>D&#8217;aucuns ont insinu\u00e9 que ce passage biblique indique que l&#8217;apparence personnelle de J\u00e9sus \u00e9tait inf\u00e9rieure \u00e0 celle des autres hommes, et ont donc vu l\u00e0 la preuve qu&#8217;il n&#8217;\u00e9tait pas s\u00e9par\u00e9 des p\u00e9cheurs, mais \u00e9tait un p\u00e9cheur, qu&#8217;il subissait le ch\u00e2timent, la d\u00e9gradation du p\u00e9cheur. Nous ne sommes pourtant pas du tout de cet<\/p>\n<p>178<\/p>\n<p>avis, car cette conception est contraire \u00e0 l&#8217;orientation g\u00e9n\u00e9rale du t\u00e9moignage scriptural ; nous sommes enclin, au contraire, \u00e0 faire accorder cette d\u00e9claration avec le t\u00e9moignage g\u00e9n\u00e9ral des \u00c9critures sur ce sujet, si cela peut \u00eatre fait en respectant les principes corrects d&#8217;interpr\u00e9tation, et nous croyons que cela peut se faire et se d\u00e9montrer.<\/p>\n<p>Il y a divers types d&#8217;honorabilit\u00e9, de beaut\u00e9, de gr\u00e2ce, et les id\u00e9aux diff\u00e8rent d&#8217;une mani\u00e8re frappante, selon les peuples, et m\u00eame ceux du m\u00eame peuple selon les circonstances. L&#8217;id\u00e9al de beaut\u00e9 qui satisfait des barbares provoque la r\u00e9pulsion des gens plus civilis\u00e9s. Le guerrier indien, peint de rouge et de jaune, par\u00e9 de coquillages et de plumes color\u00e9es, et muni d&#8217;une ceinture de scalps sanglants, serait l&#8217;id\u00e9al d\u00e9sirable \u00e0 l&#8217;esprit \u2022de certains sauvages. Le boxeur sur le ring, presque nu pour le combat, est l&#8217;id\u00e9al de la forme virile pour certains dans ce que l&#8217;on appelle \u00ab l&#8217;art noble \u00bb. Pour d&#8217;autres, le matador ou le tor\u00e9ador, richement v\u00eatu, est l&#8217;id\u00e9al supr\u00eame du d\u00e9veloppement viril qui provoque l&#8217;admiration et les applaudissements de la foule. Ainsi, les id\u00e9aux varient selon les \u00e9poques, les circonstances et les conditions. Puisque ce passage de l&#8217;\u00c9criture traite de notre Seigneur J\u00e9sus \u00e0 son premier av\u00e8nement, on doit le comprendre comme signifiant que J\u00e9sus ne r\u00e9alisait pas l&#8217;id\u00e9al que se faisaient les Juifs du Messie. Ce qui le prouve bien, c&#8217;est que celui que Pilate leur pr\u00e9senta en s&#8217;exclamant : \u00ab Voici l&#8217;Homme ! \u00bb, \u00e9tait celui-l\u00e0 m\u00eame contre qui les Juifs hurl\u00e8rent : \u00ab Crucifie-le ! Crucifie-le ! nous n&#8217;avons pas d&#8217;autre roi que C\u00e9sar ! \u00bb.<\/p>\n<p>Nous devons nous souvenir que lors du premier av\u00e8nement, la nation juive \u00e9tait sous le joug des Romains, et qu&#8217;elle avait \u00e9t\u00e9 \u00ab foul\u00e9e aux pieds des Gentils \u00bb pendant plus de six cents ans. Nous devons nous souvenir aussi des esp\u00e9rances d&#8217;Isra\u00ebl, bas\u00e9es sur les promesses faites par Dieu \u00e0 Abraham, \u00e0 Isaac et \u00e0 Jacob, et renouvel\u00e9es<\/p>\n<p>179<\/p>\n<p>par tous les proph\u00e8tes, qu&#8217;au propre temps de Dieu, celui-ci leur enverrait son Oint, un l\u00e9gislateur plus grand que Mo\u00efse, un g\u00e9n\u00e9ral plus grand que Josu\u00e9, et un Roi plus grand que David ou Salomon. Nous ne devons pas oublier qu&#8217;\u00e0 cette \u00e9poque m\u00eame, les Isra\u00e9lites attendaient un Messie, mais un Messie selon l&#8217;id\u00e9al qu&#8217;ils avaient imagin\u00e9 ; selon le r\u00e9cit, tous \u00e9taient dans l&#8217;attente du Messie. Mais lorsqu&#8217;on annon\u00e7a que J\u00e9sus \u00e9tait le Messie, son apparence \u00e9tait tellement diff\u00e9rente de tout ce qu&#8217;ils avaient attendu, que leur c\u0153ur orgueilleux en \u00e9prouva de la honte, et pour ainsi dire ils lui cach\u00e8rent leur visage \u2014 lui tourn\u00e8rent le dos \u2014 en particulier les chefs et les hautes personnalit\u00e9s de cette nation dont le commun peuple suivait les directives. \u2014 Luc. 3 : 15.<\/p>\n<p>Celui qu&#8217;ils attendaient devait \u00eatre \u00e0 la fois un grand g\u00e9n\u00e9ral, un grand roi et un grand l\u00e9gislateur, plein de dignit\u00e9, tr\u00e8s hautain et fort ambitieux, imbu d&#8217;orgueil, d&#8217;opini\u00e2tret\u00e9, d&#8217;arrogance et en imposant par ses paroles et par ses actes. C&#8217;\u00e9tait l\u00e0 pour eux l&#8217;id\u00e9al des qualifications n\u00e9cessaires au Roi qui conquerrait le monde, et ferait d&#8217;Isra\u00ebl la nation dirigeante. Ils \u00e9taient t\u00e9moins de l&#8217;orgueil, de l&#8217;insolence, de l&#8217;arrogance d&#8217;H\u00e9rode, d\u00e9sign\u00e9 par, l&#8217;Empereur romain pour \u00eatre leur roi ; ils avaient appris \u00e0 conna\u00eetre les g\u00e9n\u00e9raux, les gouverneurs et les centurions, etc. de Rome ; ils s&#8217;imaginaient que l&#8217;empereur romain \u00e9lev\u00e9 au-dessus de tous dans l&#8217;empire avait obtenu sa place parce qu&#8217;il poss\u00e9dait au plus haut degr\u00e9 les qualit\u00e9s qu&#8217;ils pr\u00e9f\u00e9raient eux-m\u00eames : s&#8217;inspirant de ces qualit\u00e9s, ils s&#8217;attendaient \u00e0 ce que le Messie en poss\u00e9d\u00e2t beaucoup et \u00e0 un degr\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9 encore puisqu&#8217;il devait repr\u00e9senter la dignit\u00e9, la gloire et l&#8217;honneur bien plus grands encore de la Cour c\u00e9leste dont il devait exercer l&#8217;autorit\u00e9 sur la terre.<\/p>\n<p>Il n&#8217;est donc pas \u00e9tonnant qu&#8217;avec de telles esp\u00e9rances relativement au Messie, ils ne fussent pas pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 recevoir l&#8217;humble et doux Nazar\u00e9en qui accueillait pour<\/p>\n<p>180<\/p>\n<p>compagnons des publicains et des p\u00e9cheurs, et dont la seule arme pour conqu\u00e9rir le monde fut \u00ab l&#8217;\u00e9p\u00e9e de sa bouche \u00bb. Il n&#8217;est pas \u00e9tonnant que lorsqu&#8217;on proclama qu&#8217;il \u00e9tait l&#8217;esp\u00e9rance d&#8217;Isra\u00ebl, le Roi des Juifs, le Messie, on lui tourna le dos. On comprend aussi que les Juifs aient \u00e9t\u00e9 douloureusement d\u00e9\u00e7us dans leurs fausses esp\u00e9rances si longtemps ch\u00e9ries et qu&#8217;ils aient eu honte de reconna\u00eetre \u00ab J\u00e9sus, le Roi des Juifs \u00bb, disant : \u00ab Il n&#8217;a pas l&#8217;esp\u00e8ce de beaut\u00e9, d&#8217;honneur et de gloire que nous d\u00e9sirions. Il n&#8217;est pas le soldat id\u00e9al, l&#8217;homme d&#8217;\u00e9tat et le roi qui r\u00e9ponde aux besoins de notre nation, ou qui puisse r\u00e9aliser ses esp\u00e9rances tant attendues. Eh oui ! les Juifs, semblables en cela \u00e0 la classe de personnes qui, de nos jours, attend le second av\u00e8nement du Messie, \u00e9taient persuad\u00e9s que leurs attentes bas\u00e9es sur les \u00ab traditions des anciens \u00bb \u00e9taient justifi\u00e9es, et ils n\u00e9glig\u00e8rent en cons\u00e9quence de sonder honn\u00eatement et s\u00e9rieusement les \u00c9critures qui les auraient rendus \u00ab sages \u00e0 salut \u00bb.<\/p>\n<p>Il semble \u00e9vident que c&#8217;est bien \u00e0 cette apparence de J\u00e9sus, peu d\u00e9sirable aux yeux des Juifs, \u00e0 ce manque d&#8217; \u00ab honneur \u00bb (de beaut\u00e9) de J\u00e9sus, que le proph\u00e8te fait allusion. Il serait illogique de traduire et d&#8217;interpr\u00e9ter la proph\u00e9tie, contrairement aux faits de l&#8217;histoire admis comme \u00e9tant son accomplissement, ni sans tenir logiquement compte de l&#8217;affirmation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de sa puret\u00e9, comme l&#8217;Agneau de Dieu (saint, innocent, sans souillure et s\u00e9par\u00e9 des p\u00e9cheurs) qui \u00f4te le p\u00e9ch\u00e9 du monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>TELLEMENT SON VISAGE \u00c9TAIT D\u00c9FAIT \u00bb \u2014 Esa\u00efe 52 : 14, 15 \u2014<\/p>\n<p>Ici encore, une traduction d\u00e9fectueuse a suscit\u00e9 des id\u00e9es erron\u00e9es relativement \u00e0 l&#8217;apparence de notre Seigneur, et pourtant, m\u00eame les lecteurs les plus n\u00e9gligents qui ont vu des visages de cr\u00e9atures humaines s\u00e9rieusement<\/p>\n<p>181<\/p>\n<p>d\u00e9figur\u00e9s par la d\u00e9bauche, par la maladie ou d\u00e9form\u00e9s \u00e0 la suite d&#8217;un accident, ont trouv\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait impossible de se faire \u00e0 l&#8217;id\u00e9e que le visage ou l&#8217;aspect de notre Seigneur \u00ab \u00e9tait d\u00e9fait plus que celui d&#8217;aucun homme, et sa forme plus que celle d&#8217;aucun fils d&#8217;homme \u00bb. Evidemment, il y a quelque chose d&#8217;anormal dans cette d\u00e9claration, car Pilate n&#8217;aurait pas pr\u00e9sent\u00e9 au peuple un homme r\u00e9pondant \u00e0 une telle description en disant :<\/p>\n<p>\u00ab Voici l&#8217;homme\u00a0! Ce n&#8217;est pas quelqu&#8217;un ayant cet \u00a0aspect que la foule aurait acclam\u00e9 comme Fils de David, et pens\u00e9 le prendre de force pour le faire roi. En outre, n&#8217;avons-nous pas l&#8217;assurance qu&#8217;aucun de ses os ne fut rompu ? Mais combien cet expos\u00e9 proph\u00e9tique est mieux rendu, plus en harmonie avec les faits de l&#8217;histoire biblique et les d\u00e9ductions logiques de sa saintet\u00e9 et de sa puret\u00e9, quand il est traduit ainsi :<\/p>\n<p>\u00ab Comme beaucoup ont \u00e9t\u00e9 stup\u00e9faits (tellement son apparence a \u00e9t\u00e9 d\u00e9figur\u00e9e par l&#8217;homme et sa forme par les fils des hommes), ainsi il fera tressaillir d&#8217;\u00e9tonnement beaucoup de nations \u00bb. De m\u00eame que les gens de son temps furent surpris de ce qu&#8217;il put se soumettre aux injures de ceux qui le couronnaient d&#8217;\u00e9pines, le frappaient, lui crachaient au visage, le crucifiaient et le per\u00e7aient, ainsi les autres, dans toutes les nations, maintenant et dans l&#8217;avenir, en entendant parler d&#8217;une \u00ab telle contradiction des p\u00e9cheurs contre lui-m\u00eame \u00bb (H\u00e9b. 12 : 3) ont \u00e9t\u00e9 et seront \u00e9tonn\u00e9s d&#8217;une telle patience et d&#8217;une telle humilit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Les rois fermeront leur bouche en le voyant, car ils verront [illustr\u00e9 en lui par l&#8217;exemple] ce qui ne leur a pas \u00e9t\u00e9 racont\u00e9 [par les autres] ; ils comprendront ce qu&#8217;ils n&#8217;avaient jamais entendu dire par eux \u00bb. Jamais les grands de la terre n&#8217;ont entendu parler d&#8217;un roi se soumettant \u00e0 de semblables insultes de la part de ses sujets, et dans le dessein de leur faire du bien. En v\u00e9rit\u00e9, \u00ab son<\/p>\n<p>182<\/p>\n<p>amour surpasse celui d&#8217;un fr\u00e8re \u00bb. Il n&#8217;est pas surprenant que tous soient \u00e9tonn\u00e9s \u00ab au propre temps \u00bb.<\/p>\n<p>Il n&#8217;y a pas de doute non plus que le visage de notre cher R\u00e9dempteur portait les traces de la douleur, car ainsi que nous l&#8217;avons vu, son c\u0153ur profond\u00e9ment sympathique fut \u00ab \u00e9mu \u00bb de compassion par nos infirmit\u00e9s ; nul doute que la douleur creusa des sillons de plus en plus profonds jusqu&#8217;\u00e0 la fin de son minist\u00e8re, au Calvaire. Nous devons nous souvenir que plus l&#8217;organisme est fin, et d\u00e9licate sa sensibilit\u00e9, et plus il est susceptible de souffrir. Nous pouvons ais\u00e9ment discerner que les spectacles de d\u00e9sordres, de maladies, de douleurs et de d\u00e9pravation, auxquels nous nous habituons plus ou moins parce que nous subissons aussi nous-m\u00eames les cons\u00e9quences de la chute et parce que nous sommes en contact permanent avec les maux humains, tout cela doit avoir \u00e9t\u00e9 beaucoup plus p\u00e9nible \u00e0 supporter par celui qui est parfait \u2014 saint, innocent, sans souillure et s\u00e9par\u00e9 des p\u00e9cheurs.<\/p>\n<p>Nous voyons la m\u00eame chose illustr\u00e9e \u00e0 un certain degr\u00e9 dans notre propre exp\u00e9rience. Si des personnes de sensibilit\u00e9 plut\u00f4t d\u00e9licate, qui ont \u00e9t\u00e9 habitu\u00e9es au luxe, \u00e0 la distinction, \u00e0 la beaut\u00e9, \u00e0 un entourage bienveillant, visitent les quartiers d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s d&#8217;une ville, et remarquent la d\u00e9ch\u00e9ance, les conditions d\u00e9favorables, les mauvaises odeurs, les bruits d\u00e9sagr\u00e9ables, les spectacles lamentables de salet\u00e9 repoussante, elles sont s\u00fbres d&#8217;avoir le c\u0153ur profond\u00e9ment remu\u00e9 ; involontairement leur visage se tire, et elles pensent : Qu&#8217;il serait terrible de vivre dans de pareilles conditions ; mieux vaudrait mourir ! Et cependant, tout en faisant ces r\u00e9flexions, peut-\u00eatre ces personnes aper\u00e7oivent-elles des enfants qui s&#8217;amusent gaiement, et peut-\u00eatre la lavandi\u00e8re qui reprend un air de chanson tout en travaillant, ou un homme lisant son journal d&#8217;un air satisfait, ou encore un gamin essayant de tirer des sons d&#8217;un vieil instrument. Ces choses montrent que ceux qui sont accoutum\u00e9s \u00e0 vivre dans de semblables<\/p>\n<p>183<\/p>\n<p>conditions, \u00e0 voir de tels spectacles, \u00e0 entendre ces bruits, \u00e0 respirer ces odeurs, en souffrent beaucoup moins que ceux qui, depuis leur enfance, sont habitu\u00e9s \u00e0 vivre dans un milieu distingu\u00e9.<\/p>\n<p>Cette le\u00e7on illustre, cependant, dans une bien faible mesure, la diff\u00e9rence entre l&#8217;opinion de notre Seigneur sur la condition de p\u00e9ch\u00e9 et d&#8217;affliction de la terre, et la n\u00f4tre. Etant un \u00eatre parfait qui avait quitt\u00e9 les parvis de la gloire c\u00e9leste et s&#8217;\u00e9tait humili\u00e9 pour partager les maux de l&#8217;homme, pour lui montrer sa sympathie et pour le racheter, il ressentit certainement beaucoup plus que nous, les mis\u00e8res de \u00ab la cr\u00e9ation g\u00e9missante \u00bb. Quoi de surprenant, alors, \u00e0 ce que le poids de nos afflictions ait jet\u00e9 une ombre sur la magnifique beaut\u00e9 de son visage parfait ! Quoi d&#8217;\u00e9tonnant \u00e0 ce que le contact avec les d\u00e9tresses de la terre, et sa participation volontaire aux faiblesses et aux maladies humaines (au prix de sa vie, de sa vitalit\u00e9, comme nous l&#8217;avons vu) aient marqu\u00e9 profond\u00e9ment le visage et le corps du Fils de l&#8217;homme ! Et pourtant, nous ne pouvons douter un seul instant que le visage de notre R\u00e9dempteur n&#8217;ait eu une expression calme, dans laquelle on remarquait un m\u00e9lange de joie et de douleur, d&#8217;affliction et de paix ; son intimit\u00e9 avec le P\u00e8re C\u00e9leste, la communion du saint Esprit et l&#8217;approbation de sa propre conscience, le sentiment d&#8217;avoir accompli toutes choses dans le but d&#8217;\u00eatre agr\u00e9able \u00e0 Dieu, tout cela \u00e9tait la cause de la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 qui se lisait sur le front de notre Sauveur. La connaissance qu&#8217;il avait du plan du P\u00e8re C\u00e9leste l&#8217;avait certainement rendu capable de se r\u00e9jouir dans les choses dont il souffrait, compl\u00e8tement persuad\u00e9 que dans un court laps de temps elles produiraient non seulement une b\u00e9n\u00e9diction pour lui-m\u00eame, mais aussi \u00ab le salut jusqu&#8217;aux extr\u00e9mit\u00e9s de la terre \u00bb. Si donc les souffrances des hommes avaient assombri son visage, nous pouvons avoir l&#8217;assurance que J\u00e9sus n&#8217;en conservait pas moins une expression de foi et<\/p>\n<p>184<\/p>\n<p>d&#8217;esp\u00e9rance ; la paix de Dieu qui surpasse toute, intelligence gardait son c\u0153ur et lui permettait de se r\u00e9jouir sans cesse au milieu des plus grandes contradictions qu&#8217;il endurait de la part des p\u00e9cheurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>IL SE DISTINGUE ENTRE DIX MILLE \u00bb<\/p>\n<p>Tout ce qui s&#8217;apparente \u00e0 la beaut\u00e9, \u00e0 la bont\u00e9, \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 et \u00e0 l&#8217;amour, d\u00e9pla\u00eet au c\u0153ur corrompu, envieux, haineux, de la nature d\u00e9chue ; il n&#8217;y d\u00e9couvre rien de beau, rien de d\u00e9sirable \u2014 tout est pour lui comme un reproche, un bl\u00e2me. Notre Seigneur exprima cela avec force lorsqu&#8217;il d\u00e9clara : \u00ab Les t\u00e9n\u00e8bres ha\u00efssent la lumi\u00e8re et ceux qui sont des t\u00e9n\u00e8bres ne viennent pas \u00e0 la lumi\u00e8re, parce que la lumi\u00e8re manifeste leurs t\u00e9n\u00e8bres \u00bb (Jean 3 : 19, 20 \u2014 V.A.). Ainsi, un c\u0153ur mauvais peut-il parfois ha\u00efr et m\u00e9priser un visage splendide, un visage aimable ; nous en avons un exemple suppl\u00e9mentaire, non seulement parce que notre R\u00e9dempteur fut ainsi m\u00e9pris\u00e9 par ceux qui criaient : \u00ab Crucifie-le ! \u00bb mais aussi dans d&#8217;autres cas. Consid\u00e9rez les divers r\u00e9cits de martyre pour la cause de la V\u00e9rit\u00e9 et remarquez combien les pers\u00e9cuteurs furent peu touch\u00e9s par la douceur, la tendresse que refl\u00e9tait le visage de ceux qui pouvaient dominer leurs souffrances personnelles et prier pour la b\u00e9n\u00e9diction de leurs pers\u00e9cuteurs. Le t\u00e9moignage se rapportant au premier martyr chr\u00e9tien, Etienne, d\u00e9clare que son visage \u00e9tait rayonnant et beau, au point d&#8217;\u00eatre comparable m\u00eame \u00e0 celui d&#8217;un ange : \u00ab Tous ceux qui \u00e9taient assis dans le sanh\u00e9drin ayant les yeux arr\u00eat\u00e9s sur lui, virent son visage comme le visage d&#8217;un ange \u00bb (Actes 6 : 15). Et pourtant, leur c\u0153ur \u00e9tait si dur que loin d&#8217;aimer son visage ang\u00e9lique (lequel devait \u00eatre beaucoup moins ang\u00e9lique que celui du Ma\u00eetre), et au lieu de pr\u00eater attention \u00e0 ses merveilleuses paroles (qui devaient \u00eatre moins merveilleuse<\/p>\n<p>185<\/p>\n<p>que celles du Grand Instructeur), \u00ab d&#8217;un commun accord, ils se pr\u00e9cipit\u00e8rent sur lui&#8230; et ils lapid\u00e8rent Etienne \u00bb, de m\u00eame qu&#8217;ils avaient cri\u00e9 \u00e0 Pilate de crucifier le Seigneur de gloire.<\/p>\n<p>\u00ab Oui, toute sa personne est d\u00e9sirable \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>186<\/p>\n<p>La gloire de Dieu<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les cieux content ta gloire, \u00f4 Dieu,<\/p>\n<p>A travers l&#8217;insondable espace ;<\/p>\n<p>Si l&#8217;esprit l&#8217;explore en tout lieu,<\/p>\n<p>Partout, il peut trouver ta trace.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Auteur des lois de l&#8217;Univers,<\/p>\n<p>Et Pr\u00e9servateur de sa gr\u00e2ce,<\/p>\n<p>A toi, nos saluts sont offerts,<\/p>\n<p>Cause premi\u00e8re, Esprit sagace !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand tout en Christ sera parfait,<\/p>\n<p>Choses des cieux et de la terre,<\/p>\n<p>La terre et les cieux \u00e0 souhait,<\/p>\n<p>Chanteront ta louange alti\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Voyant ta gloire par la foi,<\/p>\n<p>Dieu de sagesse, amour et gr\u00e2ce,<\/p>\n<p>Nous nous inclinons devant Toi<\/p>\n<p>Et languissons de voir Ta face.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>( Hymne 283 )<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ETUDE VII LE SOUVERAIN SACRIFICATEUR DE LA RECONCILIATION \u00ab LE FILS DE L&#8217;HOMME \u00bb Ce que ne signifie pas ce titre. \u2014 Sa signification. \u2014 Nul autre ne peut revendiquer les honneurs indiscutables qu&#8217;il comporte. \u2014 Le Fils de l&#8217;Homme &hellip; <a href=\"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/la-reconciliation-entre-dieu-et-lhomme\/chapitre-7\/\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":852,"menu_order":7,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/868"}],"collection":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=868"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/868\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":869,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/868\/revisions\/869"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/852"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/frenchbiblestudents.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=868"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}